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>> 1885-1947
Les Indes s'émancipent
• 13 avril 1919 : massacre d'Amritsar
• 12 mars 1930 : marche du sel de Gandhi
• 18 mars 1944 : l'Indien Bose attaque les Indes britanniques
• 16 août 1946 : Jinnah impose la création du Pakistan
• 15 août 1947 : indépendance de l'Inde et du Pakistan
• 30 janvier 1948 : assassinat de Gandhi
• 4 février 1948 : indépendance de Ceylan
• 26 janvier 1950 : l'Inde devient une République
• 31 octobre 1984 : Indira Gandhi est assassinée
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1885-1947

La renaissance hindoue


À la fin du XIXe siècle, après huit siècles d'effacement face aux conquérants musulmans d'origine turco-mongole, les hindous reprennent leur destin en main... Paradoxalement, c'est aux colonisateurs britanniques qu'ils doivent cette opportunité.

L'Inde divisée

Dès 712, les cavaliers arabes introduisent l'islam dans la province du Sind, à l'ouest de l'Indus. Mais comme Alexandre le Grand, mille ans plus tôt, ils ne peuvent aller plus loin. Pendant trois siècles, l'Inde, bien que divisée en de multiples royaumes hindous, rivaux et batailleurs, va résister aux envahisseurs musulmans.

Tout change à l'époque de la Renaissance. En 1526, un conquérant turco-mongol, Babour Shah, installe dans le nord une puissante dynastie musulmane. C'est l'empire «moghol». Il survivra tant bien que mal jusqu'au XIXe siècle. À la même époque, les premiers navigateurs européens, des Portugais, atteignent les côtes méridionales de l'Inde en contournant le monde musulman par le sud de l'Afrique.

Français et Anglais sont attirés à leur tour par les fabuleux marchés indiens. C'est qu'au début de la révolution industrielle, l'Inde est riche non seulement de ses épices mais aussi de son artisanat. En témoignent les mots entrés dans le langage commun pour désigner des pièces textiles (madras, cachemire, indiennes...).

L'unité retrouvée

Au XVIIIe siècle, les agents des Compagnies des Indes orientales anglaise et française se comportent comme des rois locaux. Ils disposent d'armées privées et nouent des alliances avec les princes hindous ou musulmans.

François Dupleix tente sous le règne de Louis XV de créer un empire français des Indes en s'emparant de vastes territoires dans le sud. Mais, trop ambitieuse et surtout très coûteuse, sa politique est condamnée par sa Compagnie. Après le traité de Paris, il ne reste plus à la France que cinq comptoirs côtiers.

Les Anglais, solidement installés au Bengale, où ils fondent le port de Calcutta, ainsi qu'à Bombay et Madras, emportent la mise grâce au général Robert Clive.

Dans la première moitié du XIXe siècle, les agents de la Compagnie favorisent à tout va les importations de produits manufacturés en provenance de Grande-Bretagne. C'est ainsi que l'Inde contribue au décollage industriel de Manchester et Liverpool mais c'est au prix de la ruine de son artisanat textile et d'une aggravation considérable des inégalités sociales.

D'un autre côté, la conquête anglaise contribue à l'unification du sous-continent indien. Elle met fin aux guerres privées et au banditisme endémique. En échange de leur soumission, la plupart des princes sont maintenus en fonction. Ils continuent d'administrer leur État mais sous la tutelle des gouverneurs britanniques, lesquels ne se font pas faute de prélever sur les impôts la part de Londres.

Au milieu du XIXe siècle, le sous-continent indien, des confins de l'Afghanistan à la Birmanie, obéit pour la première fois depuis l'Antiquité à un seul maître ! Et celui-ci n'est pas musulman !

L'autonomie revendiquée

L'unification de l'Inde et l'éviction des musulmans des postes de commandement ont pour effet de réveiller le sentiment national hindou.

La révolte des cipayes entraîne la liquidation de la Compagnie des Indes et la mainmise du gouvernement britannique sur les Indes avec un secrétaire d'État à Londres et un vice-roi à Delhi. Le 1er janvier 1877, la reine Victoria reçoit le titre d'impératrice des Indes. Avec des vice-rois et des hauts fonctionnaires généralement compétents et probes, c'en est fini de la gabegie antérieure.

Les Britanniques introduisent des codes de lois communs à tous les habitants et intègrent les Indiens à l'administration, la justice et l'armée. Les enfants des élites, comme Gandhi et Nehru, accèdent aux universités anglaises. Ils découvrent les vertus de la démocratie parlementaire et de l'État de droit... et sauront plus tard user de ces principes dans leur lutte contre les Britanniques.

Grâce aux érudits anglais, les Indiens découvrent aussi les textes, l'art et l'histoire de l'Inde ancienne. On assiste à un «aggiornamento» de l'hindouisme, libéré de ses complexes après que l'islam eut perdu sa prééminence.

Le mouvement débouche en 1885 sur la constitution du Congrès national indien, à l'initiative du vice-roi britannique qui souhaite pouvoir dialoguer avec un organe représentatif de l'ensemble des Indiens. Le Congrès se présente à ses débuts comme un rassemblement des élites hindoues. Il prône des réformes dans le respect de la légalité britannique.

En 1906, à Calcutta, pour la première fois, le Congrès revendique l'autonomie interne de l'Inde. La même année, l'Aga Khan, chef de l'importante communauté musulmane des Ismaëliens, fonde la Ligue musulmane en vue de représenter les musulmans (environ un quart des 350 millions d'Indiens).

Pendant la Grande Guerre, les Indiens demeurent loyaux à l'égard des Anglais. 1.300.000 d'entre eux prennent part aux combats et 100.000 y trouvent la mort. En 1917, le secrétaire d'État pour l'Inde, lord Montagu, leur promet une autonomie interne analogue à celle des dominions, le Canada et l'Australie. Las, à peine le conflit est-il terminé que les promesses sont oubliées...

Après le massacre d'Amritsar, c'est rien moins que l'indépendance que réclame Mohandas Gandhi, chef le plus écouté du Congrès. Reste à s'assurer que celle-ci se fasse dans de bonnes conditions, sans violence et sans rupture de l'unité !...

L'indépendance dans la violence et la division

Les Britanniques réagissent à la montée des revendications en élargissant la représentation des communautés indiennes dans les assemblées et les gouvernements provinciaux. Mais rien n'y fait. Gandhi multiplie les actions de désobéissance civile jusqu'à la spectaculaire «marche du sel» qui oblige le gouvernement à renoncer aux taxes sur le sel.

Le Premier ministre travailliste Ramsay MacDonald ouvre dès le 13 novembre 1930 à Londres, sous l'égide du roi George V, une première table ronde destinée à débattre d'une hypothétique indépendance de l'Inde. Deux autres suivront les années suivantes mais sans plus de résultat les unes que les autres.

Les discussions achoppent en effet très vite sur les modalités de l'indépendance (faut-il accorder aux États princiers le droit de sécession ? quelle garantie pour la minorité musulmane ? quel statut pour les Intouchables ?...). Pendant ce temps, les mouvements de désobéissance civile n'en finissent pas de perturber le sous-continent.

En 1935, Londres détache de l'Inde la Birmanie et surtout transforme l'Inde en une fédération de onze provinces avec chacune leur gouvernement et leur assemblée. Les musulmans, qui s'estiment lésés, rompent avec les hindous. La Ligue musulmane et son chef Mohammed Ali Jinnah réclament un État musulman du nom de Pakistan, qui regrouperait les territoires à majorité musulmane.

Là-dessus arrive la Seconde Guerre mondiale. Les Japonais atteignent la Birmanie et menacent Calcutta ! Le Mahatma condamne l'alliance avec l'ennemi japonais mais lance le 8 août 1942, à Bombay, un mot d'ordre radical à l'adresse des Britanniques : «Quit India !» (Quittez l'Inde !). 

Les Britanniques, qui ont d'autres soucis en tête, se détournent des affaires indiennes... Ainsi ne font-ils rien ou presque pour enrayer une famine au Bengale en 1943 (trois millions de morts). Après la guerre, ils se retirent sans se faire prier.  L'indépendance est célébrée le 15 août 1947. Mais les réjouissances ne durent pas. Presqu'immédiatement, musulmans et hindous s'affrontent avec la plus extrême violence...


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Publié ou mis à jour le : 2013-02-20 16:17:34

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