1520 à 2010 - Le Mexique moderne, de Cortès à nos jours - Herodote.net

1520 à 2010

Le Mexique moderne, de Cortès à nos jours

Quand, en 1519, l'Espagnol Hernan Cortés quitte Cuba avec une petite troupe de soldats et gagne la côte du Mexique, dans l'idée de conquérir les royaumes mystérieux qui s'y trouvent, quelque onze millions d'Indiens (ou Amérindiens) peuplent la région.

Les conquistadores espagnols soumettent progressivement ces peuples aux civilisations urbaines élaborées. Ils profitent de la haine qui règne entre les Aztèques, peuple guerrier qui domine la région, et ses voisins, victimes de sacrifices humains pratiqués à grande échelle par les prêtres aztèques. À la suite du soulèvement de la célèbre «Noche triste», Cortès s'empare par la force de la capitale aztèque, Tenochtitlan, et la fait raser.

En 1535 est créée la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, la conquête du territoire progresse à petits pas. Extrêmement violente, elle aboutit à l'extinction de certains peuples, comme les Lacandons qui occupaient les hauteurs du Chiapas. La population indienne est rapidement décimée, par les violences et le travail forcé, mais surtout par les maladies: au milieu du XVIIe siècle, elle ne comprend plus qu'1,5 millions de personnes.

La très catholique Espagne de Charles-Quint donne une justification providentialiste de la conquête : les franciscains baptisent les Indiens par centaines de millions. Plus prosaïquement, les nouveaux venus découvrent d'importants filons argentifères et exploitent jusqu'à l'épuisement la main d'œuvre indienne dans ces mines. La couronne espagnole interdit le commerce avec tout autre pays que la métropole.

Les Blancs accaparent les postes de commandement, au gouvernement comme dans l'armée, au détriment des Indiens, bien sûr, mais aussi des créoles et des métis.

Choc bactérien et démographie

D'une superficie équivalent à plus de trois fois la France, le Mexique abrite aujourd'hui 106 millions d'habitants.

L'évolution démographique du pays a été marquée par le choc bactérien causé par l'arrivée des Européens. Cortès et ses hommes ont en effet introduit en Amérique centrale la variole, le typhus et la rougeole, provoquant une mortalité très forte parmi les Indiens.

Le pays a connu une importante croissance démographique au XXe siècle, une fois la période troublée de la révolution terminée. Aujourd'hui, il est rentré dans une phase de stabilisation, grâce à un taux de fécondité divisé par trois depuis les années 1970.

Vers l'indépendance

Au XVIIIe siècle, des colons pauvres venant du nord de l'Espagne affluent au Mexique. Les révolutions américaines et françaises ainsi que le creusement des inégalités entre les riches propriétaires terriens et la masse des indigents nourrissent les premiers sentiments révolutionnaires à l'égard du despotisme royal.

Le 16 septembre 1810, dans le village de Dolores, le curé Miguel Hidalgo rassemble ses ouailles et les invite à se rebeller contre les représentants de Madrid. Sa tentative tourne court : il est arrêté et pendu par les autorités l'année suivante. Pourtant, depuis lors, le 16 septembre, anniversaire du «grito de Dolores» (le Cri de Dolores) est célébré comme le jour de l'Indépendance.

Le 6 novembre 1813, le prêtre Morelos y Pavon prend à son tour la tête d'une insurrection et proclame l'indépendance du Mexique. Mais sa tentative échoue elle aussi. C'est seulement le 24 février 1821 que le pays s'émancipe pour de bon de la tutelle de Madrid, grâce à l'alliance paradoxale du guérillero Vincente Guerrero et de l'officier loyaliste Augustin de Iturbide.

Instabilité politique et pertes territoriales

Cependant, le Mexique rentre au terme de sa lutte pour l'indépendance dans une période de très grande instabilité politique.

Artisan non désintéressé de l'indépendance, Augustin de Iturbide se fait couronner empereur en 1822, à la suite du premier coup d'État d'une très longue série. Après 11 mois de règne sous le nom d'Augustin 1er, il est détrôné en 1823. L'année suivante, le Mexique se dote d'une constitution fédérative, proche de celle des États-Unis mais incapable d'endiguer les changements permanents à la tête de l'État.

L'instabilité politique du XIXe siècle s'accompagne de la perte de vastes territoires : le Mexique est amputé du Texas, du Nouveau-Mexique et de la Californie.

Publié ou mis à jour le : 2020-01-09 17:23:39

 
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