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L'Histoire en sixième
La Grèce
 
 
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Programme de sixième :


Naissance de l'écriture

L'Égypte des pharaons

Les Hébreux

La Grèce

Rome

Les débuts du christianisme

Héritages de l'Antiquité
 

  Introduction

La Grèce est aujourd'hui un petit pays brûlé par le soleil et baigné par les eaux bleues de la mer Méditerranée.

Qui le croirait? Il y a 2.500 ans, la philosophie, les sciences et les arts, ainsi que la démocratie, se sont épanouies sur ses rivages. Aussi la Grèce de cette lointaine époque est-elle considérée comme la mère de notre civilisation!

Aux Grecs nous sommes par-dessus tout redevables d'avoir inventé la pensée rationnelle, c'est-à-dire d'avoir cherché à expliquer la nature par le raisonnement et l'expérimentation, sans s'en tenir aux superstitions et aux mythes.


Ce qu'il faut savoir

Au commencement...

La Grèce et sa principale cité, Athènes, se sont épanouies au Ve siècle avant notre ère, c'est-à-dire 500 à 400 ans avant Jésus-Christ.

Les Grecs de cette époque dite
«classique» avaient déjà une longue Histoire: leur propre Antiquité commence 2.000 ans avant Jésus-Christ avec l'arrivée dans la péninsule grecque de tribus guerrières, les Achéens.

Les Achéens conquièrent toute la péninsule. Puis ils entrent en relations avec les habitants de la Crète, une grande île du milieu de la mer Méditerranée où se développe une civilisation pleine de beauté et de douceur.

La salle du trône à Cnossos (restauration hasardeuse de Sir A. Evans)

C'est ainsi que les Achéens se civilisent à leur tour et fondent de belles cités comme Mycènes.

Mais voilà que vers 1.200 avant Jésus-Christ arrivent de nouvelles tribus plus brutales que les précédentes. Ce sont les Doriens. Les cités de la péninsule grecque se meurent sous les coups des nouveaux envahisseurs.


Naissance d'une grande civilisation

Seules survivent les cités d'Asie mineure (une région qui fait aujourd'hui partie de la Turquie).


Le salut de la Grèce va venir de ces cités dont la plus célèbre est Milet. Elles manquent sur place de ressources agricoles car la terre est aride. Alors, elles font du commerce maritime dans toute la Méditerranée.

Pour offrir du travail et des terres aux jeunes ménages, elles multiplient les colonies en Sicile, en Italie du sud et même en Corse et à Marseille.

Grâce au commerce et aux colonies, la prospérité gagne l'ensemble du monde grec. Les Grecs, qui parlent la même langue et prient les mêmes divinités en profitent pour multiplier les rassemblements pacifiques, comme les Jeux Olympiques dont les premiers ont lieu en 776 avant Jésus-Christ dans le sanctuaire d'Olympie, d'où leur nom.

Des poètes, ou aèdes, vont de cité en cité et chantent les exploits des héros du passé et des dieux.

C'est ainsi que naissent L'Iliade et L'Odyssée. L'Iliade tire son nom de Ilion, nom grec de la ville de Troie. Ce récit en vers raconte un siège, celui de Troie, qui aurait eu lieu vers l'an 1200 avant Jésus-Christ. En fait, L'Iliade se limite aux exploits d'un héros achéen, Achille. L'Odyssée raconte le retour d'un autre héros achéen dans son royaume après la prise de Troie. Il s'agit d'Ulysse, roi de la petite île d'Ithaque. Ulysse est connu en grec sous le nom d'Odysseus. De là L'Odyssée.

Ces deux récits poétiques et pleins de merveilleux sont attribués à un aède aveugle et sans doute légendaire, Homère.

Vers 650 avant Jésus-Christ, les marchands grecs imaginent de frapper
des pièces en métal précieux pour faciliter les échanges commerciaux. C'est l'invention de la monnaie!

Les Grecs de Milet et d'Asie mineure font aussi preuve d'une science exceptionnelle. D'illustres savants comme Thalès et Pythagore jettent les bases des mathématiques.

Mais les vieilles familles nobles, qui possèdent des propriétés immenses et gouvernent les cités, sont jalouses de la richesse des marchands. Le petit peuple s'oppose aux uns et aux autres. Les disputes se multiplient et tournent à la guerre civile...

Solon et la démocratie athénienne

Pour surmonter les désordres, les cités-États (polis en grec) se donnent des législateurs. Ils mettent en place des assemblées et des lois destinées à ramener la paix civile entre citoyens nobles, riches et pauvres.

Dracon et Solon sont les législateurs les plus célèbres d'Athènes, une cité promise à un avenir grandiose.

Solon ouvre la voie à la démocratie. Le mot démocratie vient du grec dêmos, peuple, et kratein, commander). Il désigne le gouvernement par l'ensemble des citoyens, autrement dit des hommes de plus de 20 ans nés de père et de mère athéniens.

A Athènes, les familles des citoyens représentent à peine le tiers de la population, le reste étant constitué par les esclaves, généralement des prisonniers de guerre, et par les métèques, c'est-à-dire les étrangers venus des autres cités (du grec meto, qui a changé, et oikos, maison).

Solon a l'idée de répartir les citoyens en quatre classes selon leur richesse. Les plus riches ont davantage de droits que les autres. Ils participent aux choix politiques et prennent part aux fêtes civiques.

Mais ils doivent aussi financer les services publics, les liturgies (du grec leitos, public, et ergos, oeuvre). Ils doivent également servir dans l'armée comme cavaliers, marin ou hoplite, c'est-à-dire soldat à pied.

Les citoyens de la quatrième classe, les plus pauvres, sont exemptés d'impôts et dispensés de servir dans l'armée.

Tous les citoyens athéniens se réunissent au moins quatre fois par mois sur la colline du Pnyx. Ils forment l'Ecclésia (assemblée en grec, un mot que nous retrouvons dans ecclésiastique et... Église).

Ils débattent et votent à main levée les lois et les déclarations de guerre. Tous les ans, ils élisent les stratèges, c'est-à-dire les chefs du gouvernement, ainsi que les archontes.

Ils tirent au sort les magistrats parmi des volontaires (le volontariat limite le risque d'incompétence). Ces 500 personnes constituent la Boulê ou conseil des citoyens. Elles sont chargées d'administrer la cité et d'appliquer les décisions de l'Ecclésia.

L'assemblée des citoyens tire également au sort les membres du tribunal populaire, l'Héliée, qui traite en appel les décisions des tribunaux aristocratiques, ce qui limite l'arbitraire de ceux-ci.

Quand les législateurs n'arrivent pas à convaincre les citoyens de l'utilité de leurs réformes et que la guerre civile menace de revenir, des tyrans s'emparent de tous les pouvoirs. Le mot tyran vient du grec turannos qui signifie maître.

A Athènes, le tyran Pisistrate et ses fils poursuivent l'oeuvre du grand législateur Solon. Ils tranchent les conflits en faveur du peuple. Ils imposent le partage des terres. Ils permettent aux habitants les plus pauvres d'être mieux écoutés dans l'assemblée.

Clisthène, chef du parti populaire, abolit la tyrannie en 510 avant JC et instaure la démocratie. Mais les Athéniens ne sont pas au bout de leurs peines.

Voilà que dans l'Orient lointain, un nouvel empire se forme sous l'autorité de Cyrus, roi des Perses et des Mèdes...

Haro sur les envahisseurs

Les Perses ravagent les cités grecques de l'Asie mineure qui refusaient de leur obéir. Athènes et quelques autres cités de la péninsule se portent à leur secours mais ne réussissent pas à les libérer.

Les Perses sont agacés que des cités de rien du tout prétendent leur résister. Ils décident de les mettre à la raison. Mais en 490 avant Jésus-Christ, à la surprise générale, une armée perse est rejetée à la mer par les hoplites athéniens dans la plaine de Marathon.

Dix ans plus tard, désireux de laver cet affront, les Perses attaquent massivement la péninsule. Les Grecs tremblent. Seuls ou presque, les Athéniens se montrent résolus à se défendre.

Leur cité et leurs temples sont ravagés par les Perses mais eux-mêmes, animés par un patriotisme exceptionnel, détruisent la puissante flotte perse près de l'île de Salamine.

Les Perses abandonnent la partie. La Grèce est sauvée. Et Athènes, auréolée de sa victoire, réunit toutes les cités dans une alliance défensive commune, la Ligue de Délos.

Le siècle de Périclès

Le siècle qui s'ouvre avec la défaite des Perses est le plus grand siècle d'Athènes. Ce Ve siècle avant JC est appelé «siècle de Périclès», du nom du principal dirigeant athénien de cette époque.

Périclès est élu stratège sans discontinuer de 462 à 431 avant JC. Il convainc les Athéniens de reconstruire l'Acropole, la colline sacrée ravagée par les Perses. Le sculpteur Phidias s'emploie à décorer cet ensemble monumental. Le résultat suscite encore l'admiration universelle malgré les ravages du temps et de la bêtise des hommes.

L'époque favorise l'épanouissement de grands dramaturges: Eschyle, Euripide, Sophocle,... Sous l'impulsion de leur génie, les traditionnelles cérémonies religieuses, avec un choeur et un récitant, se transforment en pièces de théâtre à part entière, à caractère plus ou moins profane. Elles mettent en scène les sentiments et la condition humaine.

Dans le même temps, de grands savants comme Thalès, Euclide, Pythagore,... inventent la pensée rationnelle. Face aux mystères de la nature, ils ne se contentent pas comme leurs contemporains de chercher des explications dans les mythes. Ils réfléchissent, raisonnent et vérifient par l'expérience la validité de leurs conclusions.

La guerre du Péloponnèse

Malheureusement, Périclès doit faire face à une guerre fratricide qui met aux prises les Grecs eux-mêmes, divisés en deux camps, celui d'Athènes et celui de Sparte, grande cité de la péninsule du Péloponnèse.

Cette guerre de trente ans, avec de multiples rebondissements, épuise les cités grecques et les laisse exsangues. Elle prend fin peu après la mort de Périclès.

Pour les Athéniens, le «siècle de Périclès» s'achève tristement malgré le rayonnement intellectuel des philosophes Socrate et Platon.

La démocratie est mise à mal par les rivalités de clans et de personnes. La suite n'est plus qu'un long déclin... jusqu'à l'avènement d'un héros. Sans doute le plus grand que l'Histoire ait jamais connu.

Alexandre le Conquérant

Alexandre est le prince héritier d'un petit royaume qui porte le nom assez drôle de Macédoine. Les habitants de ce petit royaume situé au nord de la Grèce sont des guerriers redoutables mais qui admirent la culture de leurs voisins grecs.

Alexandre aide son père à soumettre la Grèce. Puis, devenu lui-même roi de Macédoine, il réunit une armée de Macédoniens et de Grecs et part à la conquête de l'Asie. Rien moins que ça!

Alexandre à Issos, mosaïque

En quelques années, il conquiert le Proche-Orient, l'Égypte, la Mésopotamie et la Perse. Il fait même un petit tour en Inde avant de revenir à Babylone, dont il fait sa nouvelle capitale. C'est là qu'il meurt de maladie, en l'an 323 avant Jésus-Christ,... À 33 ans seulement!,

A peine Alexandre est-il mort que ses généraux se partagent ses conquêtes et les divisent en autant de royaumes. Grâce à leurs soldats et administrateurs, la langue grecque devient la langue usuelle des échanges (comme aujourd'hui l'anglais).

La civilisation grecque se répand dans tout l'Orient (on parle désormais de civilisation hellénistique, d'après Hellas, nom de la Grèce en grec).

Quand les Romains vont 150 ans plus tard renverser les royaumes issus de l'équipée d'Alexandre, ils vont eux-mêmes
subir l'influence de la civilisation hellénistique.

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Pour aller plus loin

Découvrez la Crète et son aimable civilisation qui a donné naissance à la Grèce classique [récit]


Suivent la lente gestation de la démocratie athénienne [récit]


Applaudissez les athlètes à Olympie [récit]


Vibrez avec les Grecs de Marathon et Salamine, héroïques défenseurs de la mère patrie [récit]

Chevauchez avec Alexandre et son cheval Bucéphale à la conquête de l'Asie [récit]


Pleurez sur le Parthénon, victime de la bêtise des hommes [récit]


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Des outils pour comprendre

Se repérer dans l'espace

Alexandre et la conquête du monde

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Alexandre et la conquête du monde (cartographie AFDEC)Cette carte montre l'empire d'Alexandre. Le conquérant macédonien a atteint dans tous les sens les limites du monde connu des Grecs sous l'Antiquité.
 


Une époque chasse l'autre

L
a civilisation de la Grèce classique sort de l'ombre vers les années 800 à 600 avant Jésus-Christ, quand les cités grecques se donnent des institutions politiques, quand les poètes chantent les mythes de l'Iliade et de l'Odyssée, quand les marchands ont l'idée de frapper les premières pièces de monnaie de l'Histoire.

Dans ces siècles-là, la Mésopotamie connaît un automne doré sous le règne de grands rois comme Assourbanipal et Nabuchodonosor. L'Égypte des pharaons quitte la scène de l'Histoire, vieillie et meurtrie par les invasions étrangères. Les modestes tribus juives de Palestine se déchirent et perdent leur indépendance, de même que les ports marchands de Phénicie (au Liban actuel).

La Grèce classique inaugure de la sorte une nouvelle période de l'Histoire. L'historien Hérodote, contemporain de la Grèce classique, voit les monuments d'Égypte, de Babylone et de Crète comme les témoins d'un lointain passé.


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Vérifier les connaissances

- Quelle est l'origine de l'Acropole? [réponse]

- A quand remonte le premier marathon (facile) [réponse]

- Différence entre les mots grec et hellénisme? [réponse]

- Quelle est l'origine de nos musées? [réponse]
 

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