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L'Histoire en quatrième Le partage du monde |
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Introduction Grâce aux armes et aux richesses fournies par la science et l'industrie, les Européens achèvent au XIXe siècle de soumettre le monde à leurs volontés. A la veille de la Grande Guerre de 1914-1918, l'expansion européenne prend un tour exacerbé, les gouvernements en venant à se disputer les armes à la main des territoires misérables et sans avenir. Ce qu'il faut savoir Au commencement... La curiosité et l'intérêt des Européens pour les pays lointains remonte au temps des croisades. Marco Polo, qui voyagea jusqu'en Chine, a fait rêver des générations successives. Avec la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492, marchands et colons ont donné libre cours à leurs passions, faisant d'un continent entier, l'Amérique, un appendice de l'Europe. Au XVIIIe siècle, le siècle des «Lumières», les motivations scientifiques s'ajoutent aux motivations commerciales. Des explorateurs comme Cook, Bougainville ou La Pérouse révèlent l'existence d'un cinquième continent, l'Océanie. Quand éclate la Révolution française, la plus grande partie de la planète est déjà dominée par les Européens. En-dehors du continent américain, les Anglais ont solidement mis pied aux Indes et entament des missions de reconnaissance en Chine! De ces immenses empires affaiblis politiquement mais de haute culture, ils attendent des débouchés commerciaux pour leur industrie en plein essor. Les Hollandais conservent la haute main sur l'Indonésie riche en épices, entre la Chine et les Indes. Avec sa piteuse expédition d'Égypte, Napoléon Bonaparte porte un premier coup à l'empire ottoman en plein déclin. Le tsar de Russie s'intéresse de son côté aux territoires européens de cet empire. A peine sortie de la longue nuit mongole, la Russie repousse par ailleurs ses frontières vers l'orient et l'immense Sibérie. Ses paysans et ses soldats tentent de refaire leur vie dans ces immensités seulement peuplées de quelques tribus nomades... de la même façon que les Américains migrent vers les plaines du Far West et chassent devant eux les dernières tribus d'Indiens. Quand s'écroule l'empire napoléonien, seule l'Afrique noire échappe encore aux visées européennes. Inhospitalière et sans richesse notable, cette partie du monde n'intéresse pas les marchands et rebute les colons. Il n'y a guère qu'une poignée de paysans hollandais établis à la pointe du continent, près du cap de Bonne Espérance. Ils cultivent des légumes pour approvisionner les navires de passage. Il y a aussi quelques comptoirs portuaires de taille modeste comme Saint-Louis du Sénégal ou l'île de Gorée, qui permettent aux navires négriers de s'approvisionner en esclaves!... Car les esclaves sont la seule ressource d'exportation de ce malheureux continent. Les chefs de tribu vendent ainsi leurs captifs de guerre tant aux marchands arabes qu'aux négriers européens. Expansion tous azimuts Le congrès de Vienne de 1815 inaugure une longue pause dans les entreprises colonisatrices. Les Anglais consolident leur implantation aux Indes et prennent pied en Afrique du sud à la place des Hollandais. Les Russes poursuivent leur expansion vers la Sibérie. Mais rien de notable n'apparaît de prime abord... En 1830, c'est sans le vouloir vraiment que la France prend pied en Algérie et entreprend la conquête de ce pays. Un tournant apparaît dans les années 1840 quand les Européens, Anglais en tête, cherchent à ouvrir de nouveaux débouchés commerciaux pour leur industrie en pleine expansion. En 1841, Londres déclenche contre la Chine la guerre de l'Opium, une guerre ignominieuse motivée par l'interdiction de la vente de l'opium en Chine. En voulant protéger la santé de ses sujets, le gouvernement impérial chinois se heurte aux Anglais qui ont développé aux Indes la culture du pavot (la plante qui fournit l'opium) et prétendent vendre la drogue aux Chinois! Ayant vaincu sans difficulté les Chinois grâce à la supériorité de leur armement, les Anglais ont finalement gain de cause. Dans la suite, ils font alliance avec les Français, les Allemands et les Américains pour imposer de nouvelles concessions au gouvernement chinois. Les marchands européens s'installent dans des concessions portuaires d'où ils contrôlent le commerce dans l'ensemble de l'empire. A la veille de la Grande Guerre, la Chine, humiliée et impuissante, apparaît comme une demi-colonie de l'Europe. Les Français ne restent pas insensibles à l'expansion britannique. Sous Napoléon III, ils interviennent au Cambodge à l'appel du roi local, menacé par ses puissants voisins. De fil en aiguille, ils colonisent l'Indochine: Vietnam, Cambodge, Laos. Il est très vite clair qu'il ne reste plus de terrain de conquête disponible en-dehors du monde musulman et de l'Afrique noire. En 1869, l'ouverture du canal de Suez entre la mer Méditerranée et la mer Rouge ouvre de nouvelles perspectives au commerce intercontinental. Pour protéger la nouvelle route maritime entre la mer Méditerranée et l'océan Indien, les Britanniques imposent leur protectorat à l'Égypte et à Chypre, possessions ottomanes. Explorateurs et missionnaires (Livingstone, Stanley, Savorgnan de Brazza, Schweitzer,...) se lancent enfin à l'assaut du continent mystérieux, l'Afrique. Les militaires suivent de près. Ils imposent aux chefs de tribu l'allégeance à leur drapeau et à leur gouvernement, qu'il s'agisse de l'Anglais, du Français, de l'Allemand ou encore du Portugais. Cette conquête est baptisée à tort colonisation. Elle se traduit par l'installation d'une administration légère avec des fonctionnaires affectés sur place pour quelques années seulement. Mais à l'exception de l'Afrique du sud, où affluent les immigrants britanniques après la découverte de gisements d'or, et des hauts plateaux tempérés du Kénya où s'installent de nombreux planteurs également britanniques, il n'y a guère de colons européens qui s'installent à demeure en Afrique. A partir des années 1870, les bourgeoisies européennes s'enthousiasment pour cette conquête de l'Afrique. Le républicain Jules Ferry justifie la colonisation au nom de la «mission civilisatrice» de la France. Même tonalité en Angleterre, par la bouche de l'écrivain Rudyard Kipling qui évoque le «fardeau de l'homme blanc». La propagande fait valoir l'amélioration des conditions de vie des populations africaines: lutte contre les marchands d'esclaves musulmans, amélioration de l'hygiène et diffusion de la vaccination, introduction de l'alphabétisation et de l'école,... La réalité est parfois moins plaisante comme au Congo où le roi des Belges Léopold III couvre les exactions sanglantes de ses employés. Les gouvernements européens se glorifient d'étendre leur domination aux terres africaines et se disputent celles-ci avec autant de hargne qu'ils en mettent à protéger leurs propres frontières. C'est ainsi que la France et l'Angleterre sont sur le point de se déclarer la guerre en 1898 pour la possession du Soudan! En 1911, c'est avec l'Allemagne que la France est sur le point de se battre. La raison en est le Maroc. Migrations
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