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Introduction
La Grande Guerre de 1914-1918, ou Première Guerre mondiale, est le plus grand drame qu'ait eu à connaître l'Europe par le nombre de morts et par les déchirements moraux et politiques qui en ont résulté.
Les régimes totalitaires du XXe siècle et la Seconde Guerre mondiale en sont les conséquences directes.
Ce qu'il faut savoir
Au commencement...
Au terme d'un siècle de paix relative et de très grande expansion industrielle et économique, l'Europe apparaît extrêmement nerveuse au début du XXe siècle.
Première constatation: la carte politique de l'Europe apparaît plus homogène que jamais. Les myriades de petits États italiens et allemands ont disparu et à leur place sont apparus quelques nouveaux États issus de la décomposition de l'empire turc: Serbie, Roumanie, Bulgarie, Grèce, Albanie, Monténégro.
L'Europe centrale est dominée par trois États majeurs:
1) le royaume d'Italie, unifié depuis peu et qui continue de s'interroger sur lui-même,
2) l'empire austro-hongrois, prospère mais vermoulu, où un vieil empereur, François-Joseph 1er, tente de contenir les revendications nationalistes des populations slaves, roumaines et italiennes,
3) l'empire allemand, prospère et solidement organisé autour de la Prusse, avec un empereur, Guillaume II, qui rêve d'un destin mondial et dont le plus grand désir est de concurrencer les Britanniques sur les mers.
En 1914, ces trois États constituent la Triple-Alliance ou Triplice. Ils sont liés par une alliance défensive pour des raisons conjoncturelles et se promettent assistance en cas d'attaque de l'un ou de l'autre. L'empire turc est proche de la Triplice et les conseillers allemands exercent une très forte influence auprès du gouvernement.
La République française entretient des rapports tendus avec l'Allemagne depuis sa défaite de 1870 et cultive envers l'Autriche une grande méfiance qui remonte... À la rivalité de Charles Quint et de François 1er. C'est pourquoi elle a constitué avec le Royaume-Uni et avec le tsar de Russie une autre alliance défensive: la Triple-Entente.
L'Allemagne accroît sa flotte de guerre et entraîne le Royaume-Uni dans une périlleuse course aux armements. La France, devant la montée des menaces, porte en 1913 la durée du service militaire obligatoire de deux à trois ans.
Il suffit bientôt d'une étincelle pour déclencher l'incendie.
La conflagration
L'étincelle survient aux marges de l'Europe, à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, une ancienne province ottomane passée sous la souveraineté autrichienne.
Le 28 juin 1914, un terroriste serbe tue l'archiduc Ferdinand, héritier de la couronne austro-hongroise, et sa femme. L'empereur allemand Guillaume II encourage François-Joseph 1er à saisir ce prétexte pour attaquer la Serbie. La Russie apporte son soutien à cette dernière. La France se sent obligée d'apporter sa garantie à la Russie, l'Allemagne à l'Autriche...
Le Royaume-Uni reste dans l'expectative, ce qui donne l'espoir à Guillaume II d'une victoire rapide sur la France. Début août, l'Allemagne attaque donc la France mais pour cela n'hésite pas à envahir la Belgique dont la neutralité est garantie par... Londres. C'est ainsi que les Anglais déclarent à leur tour la guerre à l'Allemagne.
Seule l'Italie reste encore en-dehors du conflit, s'interrogeant sur le meilleur parti à prendre.
En septembre, l'invasion allemande est stoppée net grâce à la contre-offensive du général Joffre sur la Marne. Derechef, les troupes allemandes creusent des tranchées et s'y réfugient pour éviter de reculer davantage. Les troupes françaises font de même. Le front franco-allemand se stabilise dans la boue, de la mer du nord aux Vosges. On ne sait pas encore que cette situation va durer quatre longues et terribles années!
Même stabilisation en Russie où la victoire du général allemand Hindenburg à Tannenberg a eu raison du «rouleau compresseur» russe.
Les combats
Le conflit a débuté à l'ancienne mode, avec charges de cavaliers en gants blancs et progressions de fantassins en uniformes joliment colorés, baïonnettes en avant.
Très vite, il change de nature et se transforme en une guerre d'un genre encore inconnu. Des armes et des techniques nouvelles apparaissent au fil des mois: gaz de combat, chars d'assaut, mitrailleuse, barbelés, aviation,...
On a pour la première fois affaire à une guerre totale. La France mobilise à elle seule 4 millions d'hommes (10% de sa population totale!), l'Angleterre 2 millions,...
Pendant l'année 1915, toutes les tentatives de part et d'autre pour rompre le front échouent au prix de pertes sanglantes. L'empire ottoman s'étant associé à l'Allemagne et à l'Autriche, les Alliés franco-britanniques tentent d'ouvrir un nouveau front en débarquant aux portes d'Istamboul mais ils sont repoussés sans ménagement.
En mai 1915, suite à un traité secret qui lui promet de substantielles annexions en cas de victoire, l'Italie se rallie à la Triple-Entente (France, Angleterre, Russie). Dans le même temps, l'Allemagne engage la guerre sous-marine contre les navires qui approvisionnent ses ennemis.
L'année 1916 est celle des grandes offensives de Verdun et de la Somme où des masses de «poilus» sont engagées après d'intenses préparations d'artillerie. Ces grandes offensives se soldent par des centaines de milliers de morts sans donner de résultats.
La lassitude commence à se faire sentir à la fin de l'année. L'empereur Charles 1er, qui succède à François-Joseph 1er à Vienne, fait en vain des offres de paix séparée. Guillaume II lui-même demande au président américain Harold Wilson de s'entremettre entre les combattants. Mais ces efforts échouent.
1917 se signale par des crises gravissimes. Le tsar est détrôné en février-mars au profit d'une république démocratique. Le nouveau gouvernement poursuit le combat contre l'Allemagne et l'Autriche. Désormais, pour la propagande franco-britannique, la guerre prend l'aspect d'un combat entre les démocraties et les monarchies absolues (Allemagne, Autriche et Turquie).
Le 6 avril, le président Wilson entraîne les États-Unis dans la guerre aux côtés de l'Entente.
Mais à la fin de l'année éclatent des mutineries sur le front, les poilus ayant le sentiment de combattre et mourir pour rien tandis que l'«arrière» vit comme si la guerre n'existait pas!
Plus gravement a lieu en Russie en octobre-novembre 1917 un coup de force des bolcheviques, à l'instigation de leur chef Lénine. Ce dernier profite de la faiblesse du gouvernement républicain pour instaurer sa dictature. Il obtient l'appui des soldats en arrêtant les combats de façon unilatérale. C'est une aubaine pour l'Allemagne qui peut dès lors reporter tous ses efforts sur le front occidental.
Quand s'ouvre l'année 1918, il devient impératif pour les empires centraux d'emporter la décision sur le terrain avant que ne débarquent en Europe les troupes de Washington.
En mars 1918, au prix d'un gigantesque effort, les Allemands arrivent à Château-Thierry et bombardent Paris avec des canons à longue portée!
Face au péril, le chef du gouvernement français Georges Clemenceau obtient que le commandement des armées franco-anglaises soit confié à un seul homme pour plus d'efficacité. C'est le général Foch qui coordonne désormais toutes les opérations sur le front occidental.
En juillet, Foch peut enfin passer à la contre-offensive avec les premières troupes américaines. Les Allemands sont partout repoussés.
En Allemagne même, les militants révolutionnaires encouragés en sous-main par les bolcheviques russes s'agitent. Les grèves et les insurrections se multiplient. Pour éviter que l'Allemagne ne tombe comme la Russie sous une dictature communiste, les gouvernants et les chefs militaires convainquent l'empereur d'abdiquer et se hâtent de demander l'armistice. L'arrêt des combats est signé le 11 novembre 1918 dans l'attente du traité de paix définitif.
En Autriche-Hongrie, les militants indépendantistes tchèques encouragés par les Occidentaux poussent à la désintégration de l'empire. L'empereur Charles 1er doit aussi abdiquer.
En novembre 1918, la débandade des empires centraux est consommée... avant même que les vainqueurs aient franchi les frontières de l'Allemagne.
Dramatique bilan de la Grande Guerre
Quatre ans de conflit généralisé laissent 11 millions de morts. De nombreuses régions comme le nord de la France sont transformées en champs de ruines. Les États européens entrent dans la paix avec des dettes énormes contractées pour l'essentiel auprès des États-Unis. Ces derniers apparaissent contre les grands vainqueurs de la guerre bien que leurs soldats n'y aient participé que de façon marginale.
En Russie est apparu un gouvernement d'une espèce encore inconnue. Le gouvernement bolchevique ou communiste dirigé par Lénine est le premier régime de nature «totalitaire». Il sacrifie les libertés, les droits des individus et les prescriptions morales à une idéologie messianique qui promet le bonheur pour tous... sous réserve d'une obéissance inconditionnelle à la minorité qui tient le pouvoir.
Au vu de ces bouleversements, chacun sent que plus rien ne sera comme avant et que c'en est fini de la grande Europe qui imposait quelques années plus tôt ses volontés au monde.
En attendant, il faut signer les traités de paix avec l'Allemagne et chacune des puissances qui se sont alliées à elle: l'Autriche, la Hongrie et la Turquie.
Éprouvés par la dureté extrême de la guerre, les négociateurs du camp vainqueur, en particulier Georges Clemenceau, veulent humilier et écraser les vaincus, au risque d'empêcher toute réconciliation durable.
Le traité signé le 28 juin 1919 avec les plénipotentiaires allemands dans la Galerie des Glaces du château de Versailles prend acte de la fin des monarchies en Allemagne et de l'établissement d'un régime républicain décentralisé. Il impose à Berlin une réduction de son armée à 100.000 hommes seulement et des réparations financières colossales que le vaincu est bien incapable de fournir.
L'Alsace et la Lorraine du nord font retour à la France. La Pologne est reconstituée sur le dos de l'Allemagne et de la Russie communiste, de même que d'autres petits États: Finlande, Lituanie, Lettonie, Estonie.
L'Autriche-Hongrie laisse place à une petite république autrichienne germanophone, à laquelle il est expressément interdit de s'unir à l'Allemagne, ainsi qu'à une Hongrie indépendante et à une Tchécoslovaquie enclavée en Allemagne.
La Turquie est sauvée du dépeçage grâce à la poigne d'un général, Moustafa Kémal. Celui-ci fonde une république laïque. Il échange aussi les Grecs installés depuis des temps immémoriaux en Asie mineure contre les Turcs de Grèce. C'est le premier nettoyage ethnique de l'époque moderne. Il fait de la Turquie une nation proprement asiatique.
La Serbie s'agrandit de provinces autrichiennes et devient Yougoslavie...
L'Italie, amère, reproche aux Alliés de ne pas avoir récompensé son entrée dans la guerre (au demeurant peu efficace) par des concessions territoriales aussi étendues que prévue.
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Pour aller plus loin
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L'Europe à la veille de la Première Guerre mondiale
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Cette carte montre l'Europe en 1914. On peut noter la très nette diminution du nombre d'États, en comparaison des siècles antérieurs (1648). Deux empires à dominante germanique et par ailleurs alliés: l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie occupent le coeur du continent. Ils seront l'âme du conflit à venir.
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- Quelle fut la bataille la plus meurtrière de la Grande Guerre [réponse]
- A quel navire attribue-t-on l'entrée en guerre des États-Unis? [réponse]
- Quel était le vrai nom du «Tigre»? [réponse]
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