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L'Histoire
en seconde VI - L'Europe en mutation dans la première moitié du XIXème siècle |
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Introduction Libérée des turbulences guerrières de l'époque napoléonienne, l'Europe en paix de la première moitié du XIXe siècle connaît les prémices de la Révolution industrielle. Née en en Angleterre au siècle précédent, cette mutation majeure s'étend à toute l'Europe occidentale. Elle se traduit par des innovations technologiques de grande ampleur (utilisation de la machine à vapeur, développement de la sidérurgie,...). Elle voit aussi la naissance d'une classe aisée d'entrepreneurs et d'hommes d'affaires. C'est la bourgeoisie. Elle voit aussi le développement d'une catégorie sociale nouvelle: les ouvriers d'usine, qui supporte mal des conditions de vie difficiles. Les institutions démocratiques favorisent la libre initiative. Mais leurs principes sont parfois trahis par une bourgeoisie qui craint les mouvements révolutionnaires issus du monde ouvrier Ce qu'il faut savoir Au commencement... Dès le Moyen Âge, les paysans et les artisans européens ont développé de nouvelles techniques pour produire davantage de richesses avec moins de peine: moulins à eau et à vent, jachère agricole etc. Les innovations techniques se multiplient dès la fin du XVIIe siècle en Angleterre, en liaison avec les progrès de l'alphabétisation et une plus grande liberté d'expression. Avec la mise au point par James Watt de la machine à vapeur en 1769, on peut parler de révolution industrielle tant les changements deviennent rapides, une invention en appelant une autre. Triomphe de la technique La machine à vapeur permet d'actionner automatiquement de puissantes machines dans les mines comme dans les ateliers de tissage. Au début, elle fonctionne avec du charbon de bois. Bientôt, le bois ne suffit plus et il faut aller chercher du charbon dans le sous-sol pour satisfaire aux besoins d'énergie de l'industrie. Riches en gisements houillers, l'Angleterre, la Belgique et l'Allemagne de l'ouest (la vallée de la Ruhr) prennent de ce fait une certaine avance dans l'industrialisation. En 1856, l'invention d'un four innovant par l'Allemand Bessemer permet la production d'acier en grande quantité et à bas prix. Cette nouvelle invention stimule la sidérurgie, c'est-à-dire la production d'acier, et l'industrie mécanique: fabrication de machines-outils, de rails et de locomotives, d'armements etc. La locomotive ayant été inventée en 1813 par Stephenson, la première ligne commerciale de chemin de fer est ouverte en 1830 entre Manchester et Liverpool, pour le transport des marchandises et des passagers. Les chemins de fer prennent dès lors un immense essor dans toute l'Europe et aux États-Unis. Le commerce maritime trouve un nouveau souffle avec la multiplication des bateaux à vapeur et l'ouverture des canaux transocéaniques: le canal de Suez permet à partir de 1869 de passer directement de la Méditerranée à l'océan Indien; à partir de 1914, le canal de Panama évite aux navires de contourner le continent américain pour passer du Pacifique à l'Atlantique. Au tournant du siècle, entre 1890 et 1910, apparaissent l'automobile, le cinéma, l'aviation,... Albert Einstein découvre la théorie de la relativité, Pierre et Marie Curie les propriétés de l'uranium. Un nouveau monde émerge. Naissance de la classe ouvrière Avec la mécanisation, les ateliers artisanaux traditionels sont peu à peu remplacés par de grandes usines où travaillent des dizaines, des centaines, voire des milliers d'ouvriers soumis à une discipline de fer. Pour développer leur activité et affronter avec succès leurs concurrents, les chefs d'entreprise s'efforcent de fabriquer leurs produits à un coût aussi bas que possible. Pour cela, ils compriment les salaires de leurs ouvriers et s'efforcent d'améliorer la productivité, c'est-à-dire le nombre de produits fabriqués dans un temps donné. La productivité de l'industrie progresse très vite au cours du XIXe siècle en Europe et aux États-Unis, du fait des inventions techniques comme l'électricité et d'une organisation rigoureuse du travail. A la veille de la Grande Guerre de 1914-1918, un constructeur américain d'automobiles, John Ford, a l'idée de diviser chaque tâche en une succession d'opération très simples, chaque opération étant confiée à un ouvrier. Ainsi, aucun ouvrier ne perd de temps à passer d'une opération à une autre. Cette organisation du travail appelée «taylorisation», du nom de l'ingénieur Taylor qui en a eu l'idée, facilite aussi l'emploi de personnes sans qualification venues du monde rural ou des faubourgs. Quelques minutes suffisent parfois pour former un ouvrier à son travail. Capitalisme et revendications sociales Les nouvelles usines nécessitent beaucoup d'argent ou de capitaux pour l'achat des machines. C'est ainsi que se développent les entrepreneurs «capitalistes». Ces personnes font appel à l'épargne des particuliers pour bâtir et développer leur entreprise. Les épargnants placent leur argent dans l'entreprise et se rémunèrent année après année en fonction de ses bénéfices. Les entreprises qui font ainsi appel à des épargnants sont des «sociétés anonymes». En échange de leur argent, les épargnants reçoivent des reçus appelés «actions» qui leur donnent droit à une part des bénéfices annuels de l'entreprise, le «dividende», et qu'ils peuvent vendre aux enchères à la Bourse. Les détenteurs d'actions sont appelés «actionnaires». Tandis que la paysannerie se fait de moins en moins nombreuse, la population des villes s'accroît prodigieusement avec d'une part des ouvriers, d'autre part des classes moyennes composées de boutiquiers, de fonctionnaires et d'employés de bureau. Les ouvriers s'organisent dans la mesure du possible pour se protéger contre les aléas de la vie: maladie, vieillesse, chômage. Ils mettent en commun leurs économies dans des mutuelles pour les utiliser en cas de besoin. Ils créent aussi des syndicats qui interpellent les patrons, dénoncent leurs abus et réclament de meilleures conditions de travail et de salaire. La grève est le moyen privilégié qu'utilisent les ouvriers pour faire entendre leurs revendications par leur employeur. Mais elle peut parfois tourner à l'affrontement sanglant avec les forces de l'ordre ou déboucher sur un licenciement collectif. Des idéalistes issus de la bourgeoisie intellectuelle sont sensibles au sort de la classe ouvrière. Le plus connu d'entre eux est le philosophe allemand Karl Marx qui développe une imposante théorie, la «lutte des classes», pour justifier le combat des ouvriers ou «prolétaires» contre le patronat capitaliste. Il est à l'origine d'une idéologie et d'un courant politique qui vont dominer le XXe siècle européen, le «communisme». De meilleures conditions de vie L'industrialisation
entraîne l'extension à l'infini des villes. Celles-ci se dotent d'équipements
bienfaisants: tout à l'égoût, électricité, éclairage urbain, transports en commun,...
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