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A quel architecte français doit-on les plans de Washington ? Réponse
Le 25 novembre 1174, Saladin entre à Damas, capitale de la Syrie. Déjà maître de l'Égypte, le guerrier kurde réunit ainsi sous son autorité les deux principales régions de l'ancien empire arabe.
Saladin a succédé cinq ans plus tôt à son oncle comme vizir de l'Égypte. Il impose très vite son autorité sur le pays, en s'appuyant sur l'armée.
Il fait aussi venir de Syrie les membres de sa famille qu'il place partout aux postes de responsabilité. Solidement installé au pouvoir, il repousse une tentative de débarquement des croisés de Palestine et des Byzantins à Damiette, dans le delta du Nil.
Sous l'influence de ses officiers syriens qui s'affligent du grand nombre d'églises et de synagogues qui subsistent dans la vallée et le delta du Nil, il prend des mesures de répression contre les non-musulmans juifs ou chrétiens, appelés «protégés» (dhimmis en arabe coranique). Ceux-ci sont astreints à de lourds impôts, interdits de porter des armes et de monter à cheval, contraints de porter un vêtement de reconnaissance,...
De plus en plus indépendant, Saladin prend ses distances avec son ancien suzerain Nour el-Dîn, l'atâbeg de Syrie, qui lui demande de lui remettre le gouvernement de l'Égypte. En désespoir de cause, le vieil atâbeg exige de son ancien lieutenant qu'il ordonne de lancer l'appel à la prière dans les mosquées du Caire au nom du calife sunnite de Bagdad et non du calife fatimide d'Égypte, de confession chiite (*).
Saladin, qui craint une révolte populaire, hésite longuement. Mais la mort du calife hérétique va lui faciliter la tâche. Il abolit le califat fatimide. Il n'y a plus désormais qu'un seul calife ou chef spirituel pour l'ensemble des musulmans, celui de Bagdad.
Par la même occasion, en septembre 1171, Saladin se donne le titre prestigieux de sultan. Il n'en reste pas moins prudent. C'est ainsi qu'il envoie l'un de ses frères s'emparer du Yémen, à la pointe de la péninsule arabe, pour s'y replier dans l'éventualité d'un retournement du destin. Mais celui-ci lui restera favorable...
Nour el-Dîn s'apprête à marcher contre lui mais il tombe malade et meurt à Damas le 15 mai 1174, ne laissant qu'un enfant pour successeur.
Là-dessus, le 11 juillet de la même année, à Jérusalem, le roi Amaury 1er meurt du typhus. Pour les croisés établis en Palestine depuis trois générations, c'est une perte immense. À ce vigoureux souverain, qui aurait pu contrarier les projets de l'ambitieux Saladin, succède un enfant de 13 ans, Baudouin IV, courageux jusqu'à l'héroïsme mais atteint d'une terrible maladie qui l'emportera à 24 ans : la lèpre !
Saladin peut ainsi conquérir la Syrie et soumettre les principautés turques de Mésopotamie (l'Irak actuel). Mais ses domaines restent séparés par les États francs de Palestine, fondés par les croisés 75 ans auparavant, et les communications par la vallée du Jourdain sont constamment menacées par le seigneur de Kérak et d'outre-Jourdain, le redoutable Renaud de Châtillon.
Ayant bâti un empire syro-égyptien, Saladin va désormais diriger ses coups contre les croisés de Palestine. Ce sera la victoire de Hattîn et la reconquête de Jérusalem.
29 décembre 1170



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