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Devinette

Où repose le peintre Raphaël ? Réponse

Les lettres d'Hérodote
27 juillet 1214
Le dimanche de Bouvines
 

Le dimanche 27 juillet 1214 reste un jour béni dans l'Histoire de France.

Ce jour-là, le roi Philippe Auguste remporte à Bouvines, près de Lille, une victoire écrasante sur les armées de l'empereur allemand Otto IV de Brunswick et ses alliés, le comte Ferrand de Flandre, le duc Henri de Brabant et le comte Renaud de Boulogne.

Certains historiens modernes y voient l'émergence de la Nation française !

André Larané
Bouvines et l'orgueil national

La victoire de Bouvines, due à la coalition de la chevalerie féodale et des milices communales, est accueillie par le peuple de France avec soulagement et fierté et donne lieu aux premières manifestations d'orgueil national.

Le comte Ferrand de Flandre ayant été capturé, Philippe Auguste l'emmène, enchaîné dans une cage, jusqu'à Paris, sa capitale, pour un triomphe à la romaine.

«Ferrand, tu es ferré !», lance la foule sur le passage du prisonnier.

Un distique est composé pour l'occasion :
Quatre ferrands (chevaux) bien enferrés
Traînent Ferrand bien enferré
.

Rivalité franco-anglaise

La bataille de Bouvines est l'un des derniers grands épisodes du premier conflit franco-anglais inauguré 60 ans plus tôt par l'accession au trône d'Angleterre d'Aliénor d'Aquitaine et Henri II Plantagenêt.

En 1199, Richard Coeur de Lion, fils aîné d'Henri II étant mort, son frère Jean sans Terre lui a succédé sur le trône d'Angleterre. Il a aussitôt repris la lutte contre le roi de France mais sans avoir le courage et l'intelligence requis.

En avril 1202, Philippe Auguste prend prétexte de ce que Jean a enlevé la fiancée d'un seigneur poitevin pour confisquer toutes les terres qu'il possédait en France. Le roi met aussitôt la sentence à exécution.

Il s'empare de l'Anjou et de la Touraine, puis met le siège devant Château-Gaillard, une puissante forteresse construite par Richard Coeur de Lion en surplomb de la Seine pour garder la Normandie. Château-Gaillard tombe en 1204. La Normandie puis la Bretagne se rendent au roi de France.

Après de nouvelles péripéties, Jean sans Terre noue une coalition internationale avec les ennemis du roi de France, les comtes de Flandre et de Boulogne, le duc de Brabant ainsi que l'empereur d'Allemagne, unis dans une commune détestation de la monarchie capétienne.

C'est une première ! Pareille coalition entre Anglais et Allemands face à la menace hégémonique de la France se retrouvera au XVIe siècle, au temps de François 1er, Henri VIII et Charles-Quint.

Le roi d'Angleterre, premier prêt, débarque à la Rochelle en février 1214 et marche sur Paris. Il assiège le château de La Roche-aux-Moines, près d'Angers.

Philippe Auguste envoie contre lui son fils Louis (le futur Louis VIII le Lion). À son approche, le 2 juillet, l'armée anglaise se débande sans combattre. Pour le pitoyable Jean sans Terre, le pire reste à venir : les Français mobilisent contre lui les barons anglais eux-mêmes. La guerre se transporte en Angleterre. Elle conduira le roi à concéder à ses barons la Grande Charte.

Première victoire de la nation française

Jean sans Terre est éliminé mais il reste les coalisés, forts de 80.000 hommes au total. Face à eux, le roi de France n'en aligne que 25.000.De Tournai où il s'est établi, Philippe Auguste décide de faire retraite vers Lille. Il entame son mouvement le 27 juillet au matin.

Informé, l'empereur décide de l'attaquer sans attendre, ne se souciant guère que ce jour soit un dimanche, normalement consacré à la prière et au recueillement. Il se porte sur l'arrière-garde de l'armée française.

Le soleil est à son zénith quand l'armée française commence à traverser la rivière de la Marcq, sur le pont de Bouvines. Mais voilà qu'apparaît l'ennemi. Philippe Auguste rappelle sans délai les troupes qui ont déjà franchi le pont.

L'armée française se déploie face aux coalisés. Pour la première fois, chevaliers et milices communales combattent ensemble sous l'emblème royal de la fleur de lys, ce qui donne à la guerre un caractère national inédit.

La bataille s'engage à la manière féodale, dans un corps à corps indescriptible où chacun cherche son ennemi pour le tuer ou le capturer (s'il est digne d'une rançon).

Après trois heures de combat, le comte de Flandre est désarçonné et capturé. Le roi de France est aussi désarçonné et manque d'être capturé par les Flamands. Il ne doit son salut qu'à l'intervention de quelques chevaliers. L'empereur, à son tour, est assailli et s'enfuit en abandonnant son étendard.

Tandis que tombe le soir, le comte de Boulogne finit par se faire capturer. Beaucoup de fantassins restent sur le champ de bataille.

Pour Philippe Auguste, sorti vainqueur de la journée, la bataille s'avère un immense succès militaire mais aussi politique et dynastique. Elle consacre l'attachement des Français à la dynastie capétienne que symbolise désormais la fleur de lys.

Triomphe capétien

Tandis que Philippe Auguste combat les seigneurs du nord, les seigneurs du bassin parisien envahissent le bassin toulousain sous le prétexte d'éradiquer l'hérésie cathare.

Leur victoire en 1213, un an avant Bouvines, sur le comte de Toulouse et le roi d'Aragon à la bataille de Muret sonne le glas du particularisme toulousain.

Après deux cents ans de maturation lente, la dynastie capétienne, par ces victoires, fait la preuve de sa cohésion et de sa force. La France va s'affirmer dans le siècle qui s'ouvre comme le principal État européen, à la pointe du développement intellectuel (création des premières Universités) et artistique (art gothique).

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