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De quel pays venait Mata Hari ? Réponse
Le 5 mai 1789, le roi Louis XVI ouvre les états généraux à Versailles.
C'est le dernier moyen qui lui reste pour tenter de sauver le royaume de la faillite. La dette de l'État est telle que ses créanciers ne peuvent et ne veulent plus prêter de l'argent.
La crise de l'État est d'autant plus paradoxale que la France est alors le pays le plus riche et le plus puissant d'Europe. Ses industriels, ses marins et ses négociants tiennent la dragée haute aux Anglais et aux autres Européens.
Le contrôleur général des Finances Loménie de Brienne (par ailleurs archevêque de Toulouse) tente de lever de nouveaux impôts. Il s'en prend aussi aux dépenses sociales, soulevant contre lui la colère du peuple et des parlementaires. Le point d'orgue de cette colère est la «journée des tuiles» du 7 juin 1788, qui voit les habitants de Grenoble s'en prendre aux soldats à coup de tuiles jetées des toits.
Dans l'impasse, Loménie de Brienne ne voit bientôt plus d'autre issue que de convoquer les états généraux. Il pense que seule une assemblée des délégués de tout le pays peut imposer des réformes aux privilégiés et au Parlement. C'est ce qu'il suggère au roi avant de suspendre les paiements de l'État.
Le 25 août 1788, en attendant les états généraux, le roi renvoie Loménie de Brienne, exécré par le peuple et les parlementaires en raison de ses expédients financiers, et rappelle le banquier suisse Jacques Necker.
Les états généraux avaient vocation au Moyen Âge d'autoriser le roi à lever des impôts exceptionnels. Ils ne s'étaient plus réunis depuis 1614.
L'assemblée de 1614 était constituée des représentants des trois ordres qui composaient la population du royaume : le clergé, la noblesse et le tiers état, ce dernier représentant la très grande majorité des Français qui ne bénéficiaient d'aucun privilège. Ces trois ordres étaient représentés en nombre égal et votaient séparément, ce qui assurait normalement aux deux ordres privilégiés une majorité automatique face au troisième.
Ce mode de scrutin est mis en cause à peine connue la décision de Louis XVI de réunir les États. Combien de représentants pour le tiers état ? L'assemblée de 1789 doit-elle voter par ordres ou par députés ?
Le 27 décembre 1788, à la demande de Necker, Louis XVI accorde le doublement des voix pour le tiers état mais ne dit rien du mode de scrutin dans la future assemblée (les trois ordres réunis ou chacun séparément).
La tension reste forte. Les élections se déroulent dans un climat passionnel aggravé par un mauvais hiver et des récoltes médiocres. Tous les nobles de plus de 25 ans et les ecclésiastiques peuvent voter, de même que les roturiers qui paient une capitation d'au moins 6 livres.
Sur 1165 députés (environ), le tiers état en compte 578. Près de la moitié sont des avocats (Robespierre, Le Chapelier, Mounier, Barnave....). Les autres sont pour la plupart des bourgeois d'affaires. Quelques-uns sont des transfuges des autres ordres comme l'abbé Sieyès et le noble Mirabeau. Chez les 291 représentants du clergé, les humbles sont mieux représentés avec une quarantaine d'évêques seulement, les autres étant des curés de paroisses.
Chaque assemblée d'électeurs, dans les villes et les villages, rédige en prévision des états généraux un «cahier de doléances» (ensemble de souhaits à l'adresse du roi). Cette tradition remonte au XVe siècle. En 1789, elle aboutit à la rédaction d'environ 60.000 cahiers. Ils sont fusionnés au niveau de chaque bailliage par chacun des trois ordres puis réduits au niveau national à douze cahiers par ordre, enfin à une synthèse générale.
Beaucoup de ces cahiers sont calqués les uns sur les autres ou s'inspirent d'une brochure de l'abbé Sieyès. Ils n'en dressent pas moins un portrait fidèle des aspirations des Français. Ceux-ci se montrent respectueux de la monarchie mais souhaitent une limitation des pouvoirs du roi. Ils aspirent à la liberté individuelle ainsi qu'à la suppression des droits seigneuriaux et de la dîme (impôt d'Église qui frappe le tiers état).
Dès le 2 mai, les députés de chaque ordre sont présentés au roi selon un cérémonial mis au point par le maître des cérémonies, Henri Evrard, marquis de Dreux-Brézé. Les assistants sont choqués par les différences vestimentaires imposées aux différents ordres: costume chamarré pour les nobles, costume noir pour le tiers état.
Le 4 mai se déroule la procession solennelle du Saint Esprit. Le lendemain, enfin, a lieu l'ouverture solennelle des états généraux dans l'hôtel des Menus Plaisirs, à Versailles (l'hôtel, au milieu de la ville, a laissé la place aujourd'hui à un terrain vague).
Le long discours inconsistant de Louis XVI et celui, bourré de chiffres, de son ministre Necker déçoivent les députés.
Comme il est question de vérifier les pouvoirs des députés, le tiers état propose que la vérification se déroule en commun, première étape vers la fusion des trois ordres. Mais les ordres privilégiés s'y refusent. Après un mois de tergiversations, le tiers état décide enfin le 12 juin de procéder seul aux vérifications. Il est rejoint par une poignée de curés représentants du clergé. C'est un nouveau pas vers le renversement de l'ordre ancien... -
28 avril 1789





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