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Devinette

A qui le docteur Frankenstein doit-il sa naissance ? Réponse

La lettre d'Hérodote
Robespierre (1758 - 1794)
L'Incorruptible
 

Le 31 mars 1790, Maximilien de Robespierre est élu président du Club des Jacobins. C'est ainsi que le futur dictateur sort de l'anonymat des 1139 députés de l'Assemblée Constituante.

Un jeune homme solitaire

Maximilien de Robespierre (Paris, musée Carnavalet)Le jeune avocat d'Arras (31 ans) a eu jusque-là une vie très effacée.

Fils d'un avocat d'Arras, qui appartient à la petite noblesse de robe, il a perdu très tôt ses parents et a été élevé par son grand-père maternel, un brasseur prospère d'Arras.

Garçon solitaire au sourire rare, il effectue des études au collège des Oratoriens d'Arras et au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Parmi ses condisciples du lycée parisien figure Camille Desmoulins. Élève brillant, Robespierre est choisi pour prononcer un éloge du roi Louis XVI, un jour où celui-ci passe devant le lycée.

Après ses études, il devient avocat comme l'était son père. Il vivote à Arras avec sa soeur Charlotte. Séduit par les écrits sentimentaux de Rousseau, intraverti, studieux, il ne fréquente pas de femme et n'a guère d'amis. Il n'en est pas moins élégant jusqu'à la manie.

Au tribunal de l'Église, où il plaide, il se signale une fois par la défense du paratonnerre de Benjamin Franklin ! Quelques maladresses affectent le déroulement de sa carrière... C'est alors que surviennent les élections aux états généraux, en 1789. Sa vie bascule.

Un orateur passionné

Député d'Arras à Versailles, Robespierre se montre discret à l'assemblée mais assidu à un café fréquenté par des députés bretons et auquel on donnera le nom de club breton.

À l'automne 1789, le roi et l'Assemblée se transportent à Paris. Le club breton s'installe de son côté dans le couvent désaffecté des Jacobins (c'est aujourd'hui un immeuble commercial au milieu de la place du marché Saint-Honoré).

Robespierre prend pension dans une modeste chambre chez le menuisier Duplay, rue Saint-Honoré, se vouant tout entier à la Révolution.

Tandis qu'à la tribune de l'Assemblée, Robespierre suscite des ricanements avec sa voix éraillée et son emphase, il va donner toute sa mesure au club des Jacobins. Ce haut lieu de l'agitation révolutionnaire est fréquenté par les députés comme par les artisans de la ville, les «sans-culottes» ( *).

Les discours passionnels et abstraits de Robespierre, au demeurant bien préparés, séduisent les sans-culottes. Son détachement des plaisirs terrestres refroidit les opposants et lui vaut le qualificatif d'«incorruptible défenseur du peuple».

Absent de la plupart des journées révolutionnaires, Robespierre les théorise à merveille. Il participe toutefois à l'insurrection du Champ-de-Mars du 17 juillet 1791, au cours de laquelle des républicains demandent la déposition du roi, coupable d'avoir tenté de s'enfuir. Avant que l'Assemblée constituante ne se sépare, il suggère à ses collègues députés qu'il soit interdit à tous de se représenter dans la nouvelle Assemblée législative. Cette suggestion lui est inspirée par la méfiance que lui inspire l'assemblée issue des états généraux, où dominent aristocrates et ecclésiastiques. Mais elle va avoir de très graves conséquences sur la nouvelle assemblée...

Après la chute de la monarchie, Robespierre est à nouveau élu député et entre à la Convention le 20 septembre 1792. Il se signale par son intervention du 3 décembre 1792 à la tribune de l'assemblée avant le procès de Louis XVI. Il organise ensuite l'élimination de la Gironde, un parti coupable de s'opposer à la Terreur. Ses chefs sont proscrits le 31 mai 1793.

L'«Incorruptible» va personnifier la Révolution à partir de son entrée au Comité de Salut Public (le gouvernement révolutionnaire), le 27 juillet 1793.

Dans un célèbre discours du 5 février 1794, il en appelle à la terreur pour sauver la Révolution menacée de l'intérieur comme de l'extérieur et lui donne une justification inattendue : «La terreur n'est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier qu'une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie».

Dictateur de fait après l'exécution de son principal rival Danton, le 5 avril 1794, il relance précisément la Terreur et tente même d'imposer l'éphémère culte de l' être suprême en remplacement du christianisme. Gagnés par la lassitude et la peur, rassurés par les victoires des armées françaises sur le front, les députés de la Convention finissent par s'insurger et décrètent l'arrestation de Robespierre et de ses proches le 9 thermidor An II (27 juillet 1794). L'«Incorruptible» est exécuté le lendemain.

Bibliographie

On peut lire un petit essai de Max Gallo, intéressant mais touffu, sur la psychologie de l'Incorruptible : Maximilien Robespierre, histoire d'une solitude (Livre de poche).

Pour apprécier le style emphatique du personnage et de l'époque, il vaut la peine de jeter un oeil sur Robespierre : Discours et Rapports à la Convention (10/18).

Le néophyte a intérêt à aborder la Révolution par un livre de référence tel que La Révolution française (Pierre Gaxotte, Livre de poche). -

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Les commentaires des Amis d'Hérodote

Le premier commentaire sur cet article :

J M MAUGER (14-09-2006 16:38:31)

Dans un souci d'objectivité, il serait souhaitable de citer un autre ouvrage de référence, à côté de celui de M. Max Gallo, afin de permettre au lecteur de se faire une idée moins caricaturale de Robespierre. De même, continuer à véhiculer l'idée qui soutient que c'est Robespierre lui même qui a voulu instaurer le culte de l'Être suprême relève aujourd'hui soit d'une image partisane, soirt d'une profonde erreur historique. Vous avez Soboul, Mathiez et la Socièté d'études robespierristes. Salutat... Lire la suite


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