Bienvenue parmi tous ceux qui aiment l'Histoire sur www.herodote.net
Herodote.net
Dossier
Grandes heures des croisades

Identifiant

Mot de passe



Mot de passe oublié ?
Adhérer aux Amis d'Hérodote
periode9 periode7 periode6 periode5 periode4 periode3 periode2 periode1
voir tous les dossiers
Le dossier d'Hérodote
1095-1096
De l'appel de Clermont au départ des croisés
 

Les croisades commencent le 27 novembre 1095 lorsque le pape Urbain II invite les guerriers d'Occident à délivrer le Saint-Sépulcre et secourir les chrétiens d'Orient.

Le Saint-Sépulcre (le tombeau du Christ à Jérusalem) avait été détruit en 1009, sur ordre du sultan fatimide d'Égypte El-Hakim, dans un accès de fanatisme. Plus gravement encore, la Palestine avait été occupée en 1071 par les Turcs Seldjoukides, lesquels empêchaient depuis lors les pèlerins d'aller faire leurs dévotions à Jérusalem. De son côté, l'empereur chrétien de Byzance bien qu'en froid avec le pape, attendait une aide militaire urgente pour résister à la pression turque. C'était pour les chrétiens d'Occident autant de raisons de prendre la route de Jérusalem, selon une tradition déjà bien établie.

Du pèlerinage pacifique...

En Europe, la tradition des pèlerinages remonte au lendemain du règne de l'empereur romain Julien l'Apostat (IVe siècle) : les fidèles désirent se rendre sur les lieux où Jésus a vécu et partent à pied sans se soucier du temps qu'ils mettront ni des souffrances qui les attendent. Ils veulent mettre en pratique les paroles du Christ : «Quiconque abandonnera son père, sa mère, son épouse, ses enfants et ses champs à cause de moi, recevra le centuple et possèdera la vie éternelle».

En 638, lorsque les musulmans s'emparent de Jérusalem, les pèlerinages continuent comme si de rien n'était. Il est vrai qu'ils assurent des revenus importants aux Orientaux et ceux-ci ont soin de les protéger. Sous le règne des califes abbassides de Bagdad, des monastères relais se multiplient sur les routes des pèlerins pour apporter aide et secours à ceux-ci.

L'aspiration au salut éternel pousse tant les nobles que les paysans sur les routes de la Terre sainte. En 1054, par exemple, on dénombre 3.000 pèlerins de Picardie et de Flandre qui n'hésitent pas à affronter les dangers de la route et les attaques des Bédouins. En 1064, plusieurs centaines de pèlerins allemands, moins chanceux, conduits par l'évêque Gunther de Blamberg, sont massacrés par les Bédouins.

... à la guerre sainte

La coexistence pacifique des chrétiens d'Occident et des musulmans d'Orient prend fin lorsque les Turcs font irruption en Asie mineure et au Proche-Orient, au tournant du IIe millénaire.

Le 19 août 1071, tout bascule avec la victoire des Turcs sur les armées byzantines à Malazgerd. L'empereur byzantin Romain Diogène est fait prisonnier. LesTurcs s'emparent de Jérusalem, jusque là sous l'autorité des Arabes fatimides d'Égypte. En dix ans, tirant parti des dissensions au sein des troupes chrétiennes, les Turcs enlèvent aussi l'Asie mineure aux Byzantins. Constantinople, la capitale de l'empire byzantin, n'est pas loin de tomber entre leurs mains.

En accourant à l'aide des chrétiens orientaux, les croisés d'Occident vont repousser de quatre siècles la chute de Constantinople.

Enthousiasme général

L'appel du pape tombe à pic et obtient un écho inespéré.

C'est que la «chrétienté» (ainsi appelle-t-on alors l'Europe occidentale), encore fragile et fruste, beaucoup moins avancée que les empires byzantin ou arabe, garde le souvenir des invasions hongroises et sarrasines du siècle précédent. Mais elle déborde d'énergie et commence à se sentir à l'étroit dans ses terres du bout du monde.

Depuis l'An Mil, cette chrétienté vit une grande époque de renouveau religieux. Les guerriers codifient leurs combats et respectent les trêves de Dieu avec plus ou moins bonne grâce. Bénéficiant d'une meilleure sécurité, les paysans améliorent leurs conditions de vie. La population se met à croître rapidement et beaucoup de jeunes gens peinent à trouver leur place dans leur région de naissance.

Dans les familles, les cadets reçoivent l'appel du pape Urbain II avec un enthousiasme d'autant plus débordant qu'ils entrevoient un champ d'aventures à la mesure de leurs frustrations.

L'idée de combattre les infidèles n'est pas nouvelle. Dès l'époque de Charlemagne, trois siècles plus tôt, les guerriers francs ont été nombreux à partir combattre les musulmans au-delà des Pyrénées, aux côtés des chrétiens d'Espagne. Vers l'an 880, le pape Jean VIII leur a apporté sa caution en expliquant dans une lettre, en contrepoint à la «guerre sainte» pratiquée par les musulmans, que les guerriers morts en combattant les païens ou les infidèles seraient assurés d'accéder à la vie éternelle (*).

Échec de la croisade populaire

Suite à l'appel d'Urbain II, les paysans partent les premiers, par milliers, sans autres armes que leur foi. Ils suivent un apôtre d'Amiens quelque peu fanatique, Pierre l'Ermite, et un simple chevalier, Gautier-sans-Avoir.

Ces pèlerins, comme la plupart de leurs contemporains, n'ont guère conscience du temps historique. Ils se figurent le Christ comme à peine antérieur à eux et sont enclins à reconnaître ses meurtriers dans les juifs de rencontre. C'est ainsi que certains égarés, sous la conduite de chefs peu recommandables, se livrent à des massacres de juifs en Rhénanie, malgré la défense des évêques, et commettent des pillages jusqu'en Hongrie. C'est le début de l'antijudaïsme en Occident après plusieurs siècles de coexistence relativement pacifique entre juifs et chrétiens.

La croisade populaire arrive à Constantinople le 1er août 1096.

L'empereur Alexis Comnène recommande à Pierre l'Ermite d'attendre la croisade seigneuriale et installe les pèlerins de l'autre côté du Bosphore, sur la rive asiatique, pour prévenir les débordements. Mais, désobéissant à leurs chefs, les croisés se remettent en route. Leur périple tourne court et ils ne tardent pas à être massacrés ou capturés par les Turcs.

Les guerriers, quant à eux, prennent le temps de se préparer, et attendent le 15 août 1096 pour se mettre en route selon les instructions du pape. Près de trois ans s'écouleront avant qu'ils atteignent leur but, la libération de Jérusalem et du tombeau du Christ.

André Larané.
Les croisades en Terre Sainte

Cliquez pour agrandir
Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II invite les guerriers d'Occident à délivrer le Saint-Sépulcre et secourir les chrétiens d'Orient. En deux siècles, les croisades vont mettre en branle plusieurs centaines de milliers de personnes...


Articles liés à celui-ci, que vous pouvez lire aussi avec profit :

Définition : croisade

27 novembre 1095 : Urbain II prêche la croisade

1055 à 1923 : Histoire des Turcs

Haroun al-Rachid : Le calife des Mille et une Nuits

29 mai 1453 : Prise de Constantinople par les Turcs

An Mil : Féodalité, Église et chevalerie

22 avril 1073 : Grégoire VII et la réforme grégorienne

610 à 1492 : De l'antijudaïsme à l'antisémitisme

15 juillet 1099 : Les croisés s'emparent de Jérusalem

haut de la page haut de page Envoyer cette page à un(e) ami(e)
Les commentaires des Amis d'Hérodote

Le premier commentaire sur cet article :

chafik (21-07-2006 12:57:31)

J'ai beaucoup apprécié l'objectivité de cet article.


Les Amis d'Hérodote peuvent envoyer un commentaire sur cet article.

fermer
Animation cartographique avec Histoire à la carte
Pour accéder à la carte :
Identifiant       
Mot de passe


Mot de passe oublié ?
Adhérer aux Amis d'Hérodote