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Les Chroniques d'Hérodote
L'Entente cordiale a rapproché deux pays. Lesquels ?
RéponseJusqu'au milieu du XIXe siècle, les Européens s'en tiennent en Afrique à des établissements côtiers où ils troquent leurs marchandises contre de l'ivoire et... des esclaves avec les chefs de l'intérieur.
Tout change en 1872 quand le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli annonce au Crystal Palace (Londres) sa volonté de promouvoir l'empire anglais.
La même année, un Français, le républicain de gauche Léon Gambetta lance à Angers : «Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C'est par l'expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu'on prend dans la vie générale de l'humanité que les nations persistent et qu'elles durent ; si cette vie s'arrêtait, c'en serait fait de la France».
De ce moment-là, les États européens vont s'engager dans la «course au drapeau» en Afrique et en Asie... mais sans que les citoyens s'y intéressent le moins du monde. L'Afrique noire, considérée comme une terre sans maître, fait l'objet d'un partage au cordeau au Congrès de Berlin en 1885.
La même année, en France, le porte-parole de la gauche républicaine, Jules Ferry, lance devant les députés : «Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures» (28 juillet 1885).
La colonisation (*) allie le meilleur et le pire : des missionnaires et des fonctionnaires pétris de bons sentiments tentent d'aménager les infrastructures et de développer une économie moderne ainsi que d'alphabétiser les populations et d'améliorer les conditions sanitaires ; mais des militaires, des fonctionnaires et des commerçants abusent aussi de leur position pour exploiter les populations, voire massacrer des groupes entiers.
Les conquêtes coloniales deviennent un enjeu politique dès les années 1870.
L'opposition à celles-ci est portée en Angleterre par le chef du parti libéral (whig), William Gladstone, un Écossais animé par des convictions religieuses très rigides, grand rival de Benjamin Disraeli...
En France, les principaux opposants se recrutent chez les royalistes, qui ne voient pas l'intérêt de disperser tous azimuts les forces vives de la nation, et dans la droite nationaliste qui veut privilégier la revanche sur l'Allemagne, vainqueur de la France en 1870-1871. A gauche, Georges Clemenceau, chef des radicaux, mû par le même patriotisme, fait figure d'électron libre en dénonçant lui aussi les équipées coloniales.
Quand se profile la décolonisation, au bout d'à peine un demi-siècle d'active présence européenne, celle-ci peut se targuer d'avoir lancé en Afrique l'urbanisation mais ses réalisations demeurent superficielles et fragiles.
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