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Quelle était la nationalité de Marco Polo ? Réponse
Mao Zedong (Mao Tsé-toung dans l'ancienne graphie chinoise) a été idolâtré pendant deux ou trois décennies comme seul l'avait été avant lui Staline. En Chine mais aussi en Occident, des millions de jeunes ne jurent que par lui...
Quand le «Grand Timonier» meurt à 82 ans, le 9 septembre 1976, le fondateur de la République Populaire de Chine n'est plus le héros de la Longue Marche mais un vieillard népotique et paranoïaque. Les langues se délient et bientôt apparaissent dans toute leur ampleur les dommages de sa politique.
Mao est né le 28 décembre 1893 à Shaoshan, un village du Hounan (ou Hunan), au coeur de la Chine, dans la famille d'un riche paysan.
Il est marié d'office à 14 ans, selon la tradition, mais la jeune épouse meurt au bout d'un an et Mao, libéré, quitte son village pour des études dans la capitale de la région.
On est en 1911 et le vieil empire mandchou laisse la place à une République.
Devenu instituteur puis directeur d'école, Mao se remarie tout en manifestant dès ce moment une fringale sexuelle qui ne le quittera plus jusqu'à la sénilité. Il participe, semble-t-il, au mouvement étudiant du 4 mai 1919 puis, de façon discrète, à la fondation du Parti communiste chinois (PCC), en 1921, à Shanghai. Il est l'un des treize délégués de ce premier congrès.
Président du comité du parti communiste au Hounan, il accède à un statut de hiérarque plutôt confortable, grâce aux subsides de Moscou, la Mecque de l'Internationale communiste. Il rencontre à cette occasion un intellectuel, lui aussi originaire du Hounan, Liu Shaoki (Liu Shao-Shi), qui le secondera à la tête du pays puis deviendra son rival avant d'être éliminé par la Révolution culturelle de 1966.
L'alliance de raison entre les communistes et les nationalistes du républicain Sun Yat-sen débouche sur une rupture brutale après la mort de ce dernier. Tchang Kaï-chek, le nouveau chef du parti nationaliste, le Guomindang (ou Kuomintang) massacre ses ex-alliés à Shanghai en 1927.
Mao en profite pour consolider son emprise sur le parti communiste dans sa province. Profitant de la déliquescence des pouvoirs publics, il crée un Etat communiste au Kiang-sii (Jiangxi), au sud du Yang Tsé Kiang et à l'est du Hounan. Il impose son autorité sans rechigner aux exécutions sommaires, aux tortures et aux massacres de masse. Mais l'offensive de Tchang Kaï-chek sur ce dernier bastion communiste chinois l'oblige à fuir vers le nord. C'est la Longue Marche qui le mènera au Chen-si (ou Shaanxi) au terme d'un périple de 12000 km.
Désormais en sécurité au Shaanxi et assuré d'une autorité sans faille sur ses troupes (ou ce qu'il en reste), Mao introduit la révolution dans les campagnes, par le partage des terres (et le massacre des mécontents).
Fort du ralliement de l'influent Chou En-lai (Zhou Enlai), l'un des chefs de l'insurrection ouvrière de Shanghai de 1927, il se fait enfin élire président du Comité central du Parti Communiste Chinois en février 1935... Il convole aussi en troisièmes noces avec une militante ambitieuse, Jiang Qing, ex-actrice. Bien que séparée de Mao dès 1940, l'«impératrice rouge» ne cessera d'influer dans l'ombre sur les destinées du Parti.
Mao est très vite confronté comme tous les Chinois à la menace japonaise. Les Japonais ont en effet entamé en 1931 la conquête de l'immense Chine.
Contre eux, le nouveau chef du parti communiste impose à son rival Tchang Kaï-chek une alliance tactique en l'«invitant» le 16 décembre 1936 à Si-ngnan (ou Xian), capitale de sa province. Après dix jours de séquestration, Tchang Kaï-chek s'incline. Les deux rivaux concentrent dès lors leurs forces contre l'envahisseur. Mais ils reprennent leur lutte dès la capitulation de Tokyo en 1945. Battu, Tchang Kaï-chek doit se réfugier sur l'île de Taïwan (Formose) avec ses partisans.
Le 1er octobre 1949, triomphal, Mao proclame à Pékin la République populaire de Chine.
Cumulant les fonctions de président du Parti communiste chinois et de président de la République, le leader chinois jouit d'une autorité sans partage sur le pays le plus peuplé du monde (un cinquième de l'humanité).
En 1956, après de brutales campagnes de collectivisation, la Chine donne des signes de fatigue. Les communistes, sous l'impulsion de Zhou Enlai, amorcent alors un virage à droite qui n'est pas sans rappeler la NEP de Lénine : les paysans bénéficient de lopins plus vastes, les grandes coopératives sont éclatées,... Par ailleurs, les intellectuels sont encouragés à s'exprimer en toute liberté ou presque !
Mao, contraint et forcé, approuve cette timide libéralisation le 2 mai 1956, dans un discours où il rappelle une célèbre formule de l'époque des Royaumes combattants, vieille de 2500 ans : «Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent !»
Les choses s'accélèrent l'année suivante, après la publication du rapport secret de Khrouchtchev et l'insurrection de Budapest. La campagne dite des «Cent Fleurs» monte en pression et, le 27 février 1957, Mao lui-même invite le peuple à critiquer le Parti pour lui permettre de se réformer («De la juste solution des contradictions au sein du peuple »).
Les gens ne se font pas prier et les communistes sentent bientôt que le pouvoir est sur le point de leur échapper. Dès septembre, c'est la reprise en main. Brutale. Cette fausse ouverture se solde au final par un demi-million de victimes et 400.000 déportés, surtout des intellectuels et des enseignants. Peu de chose, somme toute.....
En mai 1958, à gauche toute ! Mao lance la Chine populaire dans le «Grand Bond en avant». L'objectif est de dépasser la Grande-Bretagne en quinze ans, grâce à la création de communes populaires fondées sur un mode de vie collectiviste, à la multiplication des hauts fourneaux ruraux etc. C'est un échec épouvantable qui se solde par 30 millions de morts et des famines à la chaîne.
Plombé par ses échecs, Mao chasse en 1960 les encombrants conseillers et experts soviétiques. Les raisons géopolitiques finissent par l'emporter sur la solidarité idéologique : la Chine populaire se fâche avec son protecteur et ex-allié soviétique, qui est aussi son voisin et dont elle n'oublie pas qu'il lui a volé d'immenses territoires quand il était encore gouverné par un tsar.
Moscou et Pékin revendiquent l'un et l'autre la conduite des mouvements révolutionnaires dans le monde et leur rivalité devient si vive que l'on craint un moment une guerre entre les deux voisins sur le fleuve Amour, si mal nommé. Comme si cela ne suffisait pas, la Chine entre dans une querelle frontalière avec son autre grand voisin, l'Inde.
Affaibli, Mao doit partager le pouvoir avec Liu Shaoqi et les réformistes. Il prend sa revanche en 1966, en lançant la «Révolution culturelle». Il mobilise la jeunesse contre les hiérarques du Parti communiste et toutes les valeurs du passé. Liu Shaoqi est éliminé comme un ou deux millions d'autres Chinois. Le pays sort exsangue de cette nouvelle épreuve.
C'est l'époque où, dans les universités occidentales, les étudiants issus de la bourgeoisie et les intellectuels tombent en pamoison à la seule évocation du «Grand Timonier» et son Petit Livre Rouge, un recueil de formules prudhommesques que tout bon révolutionnaire se doit d'apprendre par coeur et de répéter à tout propos. Les représentants des droites européennes, comme Alain Peyrefitte ou Valéry Giscard d'Estaing, n'échappent pas à la «maolâtrie» ambiante !
En septembre 1971, l'un des derniers chefs du clan réformiste, Lin Biao, s'écrase en avion en tentant de s'enfuir en URSS. Sa mort laisse le champ libre au clan des ultra-révolutionnaires, plus tard surnommé la «Bande des Quatre» et dont l'une des principales figures est Jiang Qing, épouse de Mao.
Mettant à profit l'affaiblissement physique et intellectuel du vieux chef, Jiang Qing durcit le régime et enfonce le pays dans une crise apparemment sans issue. A la mort de Mao, elle n'attend pas la fin des funérailles pour tenter de s'approprier le pouvoir.
On s'attend à une catastrophe de dimension planétaire. Mais la «Bande des Quatre» est finalement renversée par le clan réformiste de Deng Xiaoping, miraculé des purges antérieures. Jiang Qing est finalement jugée et condamnée. Et sous la direction de Deng Xiaoping, le «Petit Timonier» (à peine plus de 1m 50 de taille !), la Chine populaire va s'engager dans un redressement aussi rapide qu'imprévisible.
À sa façon palpitante et violente, le romancier Lucien Bodard a décrit la mort de Mao et la vie de Jiang Jing dans un excellent livre : Les dix mille marches. -
Charles de Gaulle




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