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A quel roi la ville de New York doit-elle son nom ? Réponse

XVIe au XIXe siècles
La traite atlantique
 

La traite atlantique désigne le transfert forcé de 12 à 20 millions d'Africains en Amérique entre le XVIe et le XIXe siècle. Ce trafic d'esclaves noirs est une tache indélébile au front de la civilisation occidentale. Il commence au XVe siècle avec l'introduction de plusieurs milliers d'esclaves sur l'île portugaise de Sao Tomé, dans le golfe de Guinée.

Les prémices de la traite

L'Afrique noire était connue des navigateurs espagnols et portugais depuis bien avant la conquête de l'Amérique. Mais Espagnols et Portugais l'évitaient pour des raisons sanitaires. Ils ne supportaient pas le climat insalubre du continent et ceux qui tentaient de s'y établir ne résistaient pas longtemps aux maladies locales.

Convoi d'esclaves en Afrique (gravure du XVIIIe siècle)C'est par le biais des marchands arabes avec lesquels ils sont en relations en Afrique du nord que les marchands portugais et espagnols s'accoutument aux esclaves africains. Et c'est assez naturellement qu'ils commencent à en acheter sur les marchés nord-africains au XVe siècle, avant même la découverte de l'Amérique, pour travailler sur de grandes exploitations agricoles de la péninsule ibérique.

On estime que 150.000 Africains transitent ainsi par le port de Lisbonne dans le demi-siècle qui précède le premier voyage de Christophe Colomb (1492). Les Noirs en viennent à constituer de la population de Lisbonne. Personne ne se soucie alors de codifier le statut de ces travailleurs forcés dont le sort s'apparente à celui des anciens serfs du Moyen Âge.

Après la découverte de l'Amérique, les colons européens veulent développer dans le Nouveau Monde les cultures tropicales (café, cacao, tabac,...) et exploiter les mines d'argent. Ils cherchent une main-d'oeuvre nombreuse et soumise et font d'abord appel aux Indiens des hauts plateaux. Mais ceux-ci ne supportent pas les climats des basses terres tropicales ni les virus importés du Vieux Monde, comme la variole. Accoutumés par ailleurs à une existence autonome, ils résistent à l'asservissement.

Les colons, à défaut d'Indiens, recourent à des prisonniers européens ou à des engagés volontaires avant de trouver une solution idoine dans l'importation d'esclaves africains. Le prédicateur espagnol Bartolomeo de Las Casas croit bien faire en recommandant cette solution pour remédier au mal être des Indiens.

C'est ainsi que le Nouveau Monde hispanique commence à importer des captifs africains dès 1502, soit dix ans à peine après l'arrivée de Christophe Colomb !

Les planteurs portugais et espagnols les traitent sans ménagement, non sans accorder un intérêt concupiscent aux femmes noires. D'où l'apparition d'une importante population métissée et d'une classe importante d'affranchis.

Couple mixte au XVIIIe siècle

L'esclavage et le droit

Au milieu du XVe siècle, en 1454, lorsque les Portugais et les Espagnols commencent à importer des esclaves noirs, le pape Nicolas V croit bon de les y autoriser sous réserve qu'ils les convertissent à la foi chrétienne. Moins d'un siècle plus tard, en 1537, son successeur Paul III, révolté par l'ampleur de la traite atlantique, condamne l'esclavage. Mais ses injonctions n'ont aucun écho chez les planteurs et les marchands du Nouveau Monde.

Voyage pittoresque, gravure de Jean-Baptiste Debret (1835) Les relations entre maîtres et esclaves restent dans un premier temps hors du cadre légal et donnent lieu à d'innombrables abus.

Au XVIIe siècle, désireux de limiter les abus sans renoncer pour autant à une source d'énormes profits, Français et Anglais commencent à réglementer l'esclavage et, ce faisant, à le légitimer.

Alban Dignat
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