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Qui fut surnommé le tsar libérateur ? Réponse
Le 24 janvier 661, le calife Ali est assassiné par des musulmans dissidents de la secte des kharidjites devant la mosquée de Koufa, en Mésopotamie. Avec le gendre du Prophète disparaît le dernier des quatre califes dits orthodoxes, après Abou Bekr, Omar et Othman.
Les kharidjites (du verbe arabe kharadja, sortir) avaient suivi Ali dans son combat contre les partisans du précédent calife, Othman. Mais ils lui en avaient voulu d'avoir accepté un arbitrage avec ses ennemis au lieu de les combattre et de les écraser et s'étaient retournés contre lui.
Ali avait dû les combattre sur les bords du Tigre, au nord de l'Irak. Pendant ce temps, son rival, le gouverneur de Damas, Moawiya, en avait profité pour soumettre l'Égypte, l'Irak et la péninsule arabe, soit la plus grande partie de l'empire musulman.
À la mort d'Ali, Moawiya se voit confirmé comme nouveau calife. Ainsi, dans les vingt années qui ont suivi la mort de Mahomet, pas moins de cinq califes se sont succédé à la tête des musulmans dont trois ont été assassinés. Le quatrième, Ali, a suscité la scission des kharidjites, aujourd'hui marginale, et celle des chiites.
Le cinquième calife, Moawiya, gouverne en se faisant assister par la shoûrâ, un conseil qui réunit les sheikhs ou princes arabes. Mais lui-même désigne son fils Yazîd comme son successeur et fait avaliser sa décision par le conseil. Il institue de ce fait la dynastie héréditaire des Omeyyades, du nom de son aïeul Omeyya, lié à la famille du Prophète.
C'en est fini du principe électif qui avait présidé à la nomination des califes. Cela vaut d'ailleurs aux Omeyyades de se voir contester, par certains historiens traditionalistes, la qualité de califes pour n'être considérés que comme des rois (malik en arabe).
Moawiya a eu le loisir comme gouverneur de la Syrie, d'apprécier l'administration byzantine. Il abandonne donc les villes saintes de Médine et La Mecque, trop éloignées des riches régions conquises par les musulmans, et établit la capitale de l'empire arabe à Damas, capitale de la Syrie.
À la différence des quatre premiers califes, peu sensibles au luxe des grandes villes hellénistiques, les Omeyyades profitent pleinement des richesses qui affluent de toutes les provinces conquises par les cavaliers musulmans : tributs des vaincus et lourdes taxes payées par les chrétiens au titre de la «protection» (dhimmi en arabe) que leur assurent les musulmans.
Soucieux de préserver leurs revenus, les califes se gardent d'encourager les conversions à l'islam ! Ils se montrent ouverts à l'égard de leurs sujets chrétiens et juifs qui leur apportent leur savoir-faire et leur culture hérités de la Grèce.
En moins d'un siècle d'existence, jusqu'à leur renversement par les Abbassides, tandis que l'Occident connaît les affres des guerres entre royaumes mérovingiens, les Omeyyades vont porter la civilisation arabe à son maximum de gloire et de prospérité en s'appuyant sur le très riche fonds culturel des univers byzantin et persan.
Sur les premiers siècles de l'islam, on peut se fier à un petit livre de caractère universitaire écrit par le professeur Robert Mantran : L'expansion musulmane (VIIe-XIe siècles) (PUF, Nouvelle Clio, 1969).
17 juin 656


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