Toute l'Histoire en un clic
Ami d'Herodote.net

Les Amis d'Herodote.net
ont accès à deux dossiers complets
autour de ce sujet :

Articles récents
Les 10 articles les plus lus
Publicité
Suivez Herodote.net sur twitter
Offrez-vous quelques minutes d'évasion
avec Les Chroniques d'Herodote.net

Adhérez aux Amis d'Herodote.net

À quel roi la ville de New York doit-elle son nom ?

Réponse
Publicité

15 septembre 1635

La Martinique devient française


Le 15 septembre 1635, Pierre Belain d'Esnambuc débarque à la Martinique et en prend possession au nom du roi Louis XIII.

Cette île volcanique des petites Antilles a été abordée par Christophe Colomb le 11 novembre 1493, lors de son second voyage.

L'«'île aux fleurs»

Le nom que ses découvreurs européens ont donné à la Martinique serait une déformation phonétique de son nom indien : Matinino, que l'on traduit approximativement par «l'île aux fleurs».

Une version plus vraisemblable vient de ce que Christophe Colomb avait déjà donné à une autre île le nom du saint du jour, Saint Martin (fêté le 11 novembre). Il aurait en conséquence appelé cette nouvelle découverte «petite Saint Martin», soit, en espagnol Martin nino, nom qui figure sur des cartes espagnoles ou hollandaises du XVIIe siècle, puis fut francisé en Martinique.

Active colonisation

D'Esnambuc amène avec lui une centaine d'habitants de l'île voisine de Saint-Christophe dont il est le gouverneur (cette île deviendra plus tard anglaise). Il construit sans attendre le fort Saint-Pierre, à l'origine de la ville du même nom. Ce faisant, d'Esnambuc se conforme à la volonté du cardinal de Richelieu d'occuper et de coloniser les îles des Antilles. L'un de ses lieutenants, la même année, occupe l'île voisine de la Guadeloupe.

Les deux îles font l'objet d'une mise en exploitation par la Compagnie des îles d'Amérique. Il s'agit d'une «compagnie à charte» ou compagnie privée qui a reçu du roi, en février 1635, différents privilèges fiscaux à charge de coloniser les îles en question (et de christianiser ses habitants).

L'objectif du roi et de son principal ministre, le cardinal Richelieu, est avant tout d'approvisionner la métropole en sucre, une denrée de luxe traditionnellement achetée dans les pays musulmans et qui occasionne d'importantes sorties de métaux précieux. Selon la doctrine mercantiliste de l'époque, ces sorties de numéraire sont le principal facteur d'appauvrissement de l'État.

La Compagnie organise la venue d'esclaves noirs du Sénégal, de Guinée et d'Angola, en vue de cultiver la canne à sucre. Les plantations, aussi appelées «habitations», généralement d'une centaine d'hectares, sont confiées à des officiers et aristocrates avides d'aventures.

Une histoire mouvementée

En 1636, les Indiens Caraïbes, premiers habitants de l'île, se soulèvent une dernière fois et obtiennent le droit de se replier dans la partie orientale de l'île, la Cabesterre. Les derniers Caraïbes finiront par se fondre avec les esclaves et les colons.

En 1664, le roi Louis XIV remplace la Compagnie des îles d'Amérique, dont la gestion est chaotique et suscite de nombreux conflits avec les planteurs, par une nouvelle compagnie : la Compagnie des Indes orientales. Pour tenter de codifier les rapports entre maîtres et esclaves, le marquis de Seignelay, fils du grand Colbert, édicte en 1685 un texte connu sous le nom de Code Noir.

Les disputes entre colons, les révoltes d'esclaves et les guerres avec les autres puissances coloniales, Hollande et Angleterre, font longtemps le quotidien de l'île. À plusieurs reprises, au XVIIIe siècle, les Anglais s'en emparent.

Le 23 juin 1763, aux Trois-Ilets, l'île voit naître Rose Marie-Josèphe Tascher de la Pagerie, plus connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon et impératrice des Français. À cette époque-là, la Martinique compte déjà près de 100.000 habitants dont 90% d'esclaves noirs ou métis (elle en a 400.000 aujourd'hui, sur 1100 km2).

Quand éclate la Révolution et que la France entre en guerre contre l'Angleterre, celle-ci met la main sur l'île, de sorte que les esclaves de la Martinique ne bénéficieront pas de l'abolition de l'esclavage prononcée par la Convention en 1794.

L'île reviendra à la France en 1802, à la suite de la paix d'Amiens, mais les esclaves de Martinique devront attendre l'abolition définitive de 1848 pour être enfin affranchis.

Le 8 mai 1902, l'île est victime de l'éruption dramatique de la Montagne Pelée. La ville de Saint-Pierre et ses 28.000 habitants sont anéantis. Depuis le 19 mars 1946, la Martinique est un département d'outre-mer de la République française.

Alban Dignat
Les Antilles

Cliquez pour agrandir
Les Antilles constituent un chapelet d'îles entre l'Amérique du Nord (péninsule de Floride) et l'Amérique du Sud. Entre l'archipel et l'isthme d'Amérique centrale s'étend la mer des Caraïbes, d'après le nom d'un peuple amérindien qui est aussi le nom que les Anglo-Saxons donnent aux Antilles elles-mêmes. Celles-ci se subdivisent entre Grandes Antilles (Cuba, Jamaïque, Hispaniola, Porto-Rico) et Petites Antilles (Îles-du-Vent et Îles-sous-le-Vent).

Publié ou mis à jour le : 2013-03-27 12:17:14

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Gregory Marie-helene (07-02-200803:15:06)

Il n'est pas exact que Christophe Colomb ait abordé la Martinique en 1493. C'est au cours de son 4eme voyage, en 1502, qu'il approche de ses côtes et bien que l'on dise qu'il ait accosté sur le site qui s'appelle aujourd'hui le Carbet, les historiens s'accordent pour dire qu'il n'aurait pas posé le pied sur la terre martiniquaise.


Les Amis d'Herodote.net peuvent envoyer un commentaire sur cet article.