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Devinette

Deux capitales sont officiellement nées un 21 avril. Lesquelles ? Réponse

29 décembre 1170
Meurtre dans la cathédrale de Cantorbéry
 

Le 29 décembre 1170, l'archevêque Thomas Becket (52 ans) est assassiné dans sa cathédrale de Cantorbéry (*) pendant qu'il célèbre les vêpres. C'est l'épilogue d'une amitié entre le prêtre et le roi Henri II qui s'est transformée en haine. Une tragédie de théâtre appliquée à l'Histoire !

André Larané.

Un homme de principes

Fils d'un marchand de Rouen, Thomas Becket conjugue tous les talents : beauté, intelligence, adresse. Après des études à Paris, il entre au service de Théobald, archevêque de Cantorbéry et primat d'Angleterre. Celui-ci lui confie la charge d'archidiacre.

Thomas Becket devient le chancelier et l'ami du roi Henri II Plantagenêt dès l'avènement de celui-ci sur le trône d'Angleterre. Il se montre administrateur efficace et bon courtisan. Il partage les plaisirs du roi, part avec lui faire la guerre en Aquitaine et ne se prive pas de taxer les abbayes pour couvrir les besoins de la cour.

Lorsque meurt Théobald en 1162, Henri II croit habile de confier l'archevêché de Cantorbéry à son ami. Il espère avoir de la sorte un interlocuteur complaisant à la tête du clergé anglais. Mal lui en prend. Thomas Becket change très vite de manière et prend sa nouvelle tâche à coeur. Il abandonne sa charge de chancelier et, dès le synode de Westminster, en octobre 1163, s'oppose publiquement à son ancien ami qui veut lever des taxes sur les terres d'Église et soumettre les ecclésiastiques à sa juridiction.

Le roi promulgue à cet effet les Constitutions de Clarendon. Celles-ci placent l'Église anglaise sous l'autorité du trône. On peut lire par exemple : «Les clercs, lorsqu'ils auront été convoqués devant un tribunal du roi, devront se rendre à son tribunal et aussi au tribunal ecclésiastique.
Et si un clerc a été convaincu ou s'il a avoué, l'Eglise n'a plus le droit de le protéger.
Les archevêques, les évêques et toutes les personnes dans le royaume qui sont vassaux directs du roi tiennent leurs possessions du seigneur roi en baronie et doivent en rendre compte aux fonctionnaires et aux officiers du roi,...
Et si l'archevêque ne rend pas bonne justice, l'appel doit venir en dernier ressort au roi et il ne doit pas aller plus loin sans l'autorisation du seigneur roi.»

Thomas Becket accepte dans un premier temps les Constitutions puis se rétracte à la demande du pape Alexandre III.

Sommé de comparaître devant une assemblée de barons, l'archevêque prend la poudre d'escampette. Il traverse la Manche et se réfugie à l'abbaye de Saint-Colombe, à Sens, sous la protection du roi de France et du pape. Son séjour sur le Continent se prolonge pendant six ans.

Enfin, sur la foi d'une promesse de réconciliation d'Henri II, qui le rencontre à Fréteval, en France, il consent à revenir en Angleterre.

Mais les querelles reprennent de plus belle. Un jour, comme l'archevêque a excommunié tous les évêques qui ont pris le parti du roi, celui-ci s'écrie : «Eh ! quoi, parmi tous ces lâches que je nourris, aucun n'est donc capable de me venger de ce misérable clerc !» Quatre chevaliers ne se le font pas dire deux fois et courent à la cathédrale faire ce qu'ils croient être leur devoir.

Repentance

Devant le scandale national et international que soulève le crime, Henri II abroge les Constitutions de Clarendon et fait amende honorable. Il se rend devant la châsse de l'archevêque, à Cantorbéry, et y passe un jour et une nuit en prière. Puis, devant les 70 moines du chapitre de la cathédrale, il se dépouille de ses vêtements et se fait fouetter. Il reçoit enfin l'absolution. Comme, le même jour, ses troupes triomphent des Écossais, ses sujets estiment que Dieu l'a effectivement absous.

La châsse du saint archevêque martyr vaut à Cantorbéry de devenir pendant un temps une destination de pèlerinage aussi prisée que Compostelle. Deux auteurs modernes ont rendu vie à cette histoire. Il s'agit de Thomas Eliot (Meurtre dans la cathédrale) et Jean Anouilh (Becket).

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Les commentaires des Amis d'Hérodote

Les 3 derniers commentaires sur cet article ( 5 en tout) :

montreal (05-05-2009 04:08:47)

Pour les fans de cette époque, à lire absolument "les piliers de la terre" de Ken Follett

Anonyme (08-06-2008 23:33:46)

Notons aussi l'adaptation cinématographique du Becket de J. Anouilh : "Becket" en 1964, avec R. Burton (Becket) et P. O'Toole (Henri) et... Gino Cervi !

koutchouk jean-claude (25-07-2006 15:58:53)

Jamais, sans doute, je n'aurais connu l'histoire de Thomas Becket sans la magnifique représentation que fit, il y plus de 50 ans, Jean Vilar de la pièce de T.S.Eliot, je l'en remercie et garde en mémoire toute l'adimiration et l'affection que je voue à ce TNP qui, de Chaillot en Avignon, a fait les plus belles heures de mes 20 ans -


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