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À qui devons-nous les notes de musique ? Réponse
Le 9 août 870, Louis le Germanique et Charles le Chauve se rencontrent à Mersen, dans l'actuel Limbourg (près de Maastricht). Le premier règne sur la Francie orientale, le second sur la Francie occidentale. Ces deux petis-fils de Charlemagne se mettent d'accord pour se partager l'héritage de leur neveu Lothaire II, qui vient de mourir. Il s'agit du royaume auquel il a donné son nom, la Lotharingie.
La Francie occidentale de Charles le Chauve (future France) et la Francie orientale de Louis le Germanique (future Allemagne) ont désormais une frontière commune qui suit à peu près les cours de la Moselle et de la Meuse. Cette frontière ne cessera de fluctuer au fil des siècles et, jusqu'à nos jours, des millions de soldats et de victimes civiles paieront la disparition de l'état-tampon de Lotharingie.
Les deux larrons qui se sont emparés de la Lotharingie inaugurent sans tarder les hostilités entre eux. Charles le Chauve profite de la mort de son frère Louis le Germanique pour mettre la main sur son domaine. Il réussit très provisoirement à refaire l'unité de l'empire et obtient d'être couronné empereur à Rome par le pape Jean VIII à la Noël 875. Mais il doit, sitôt après, combattre ses neveux, les fils de Louis le Germanique. Il est battu à Andernach, le 8 octobre 876.
A peine Charles le Chauve perd-il la Francie orientale qu'il doit déjà partir pour l'Italie, au secours du pape menacé par les Sarrasins. Ses compagnons d'armes rechignent à une nouvelle expédition. Ils appréhendent de quitter les terres qu'ils ont reçu mission de défendre.
Avec la fin de la «paix romaine», les rois et empereurs, qui ne pouvaient être partout à la fois, avaient délégué à chacun de leurs meilleurs guerriers la défense d'une portion du territoire. Au fil du temps, la plupart des terres de l'empire étaient ainsi passées sous la tutelle d'un seigneur. En échange des services rendus à leur souverain, ceux-ci pouvaient pleinement jouir des revenus de leurs terres. Pour rassurer ses compagnons (en latin, comitis, dont nous avons fait comtes), Charles le Chauve les réunit à Quierzy-sur-Oise avant leur départ pour l'Italie.
Le 16 juin 877, il leur présente un capitulaire par lequel il les assure que les droits de leurs fils sur leurs terres seront préservés au cas où ils viendraient à mourir pendant l'expédition. Ce capitulaire est une étape significative vers la constitution d'une noblesse héréditaire, ce que les historiens modernes appellent la «société féodale». Charles le Chauve n'aura pas le temps d'en voir les conséquences car il meurt à son retour d'Italie, au pied du Mont Cenis, à Avrieux, le 6 octobre 877, à 54 ans.
En 34 ans de règne, Charles le Chauve s'est épuisé à lutter contre ses frères mais aussi contre les Sarrasins et surtout les Normands ou Vikings. Après lui, le déclin de l'empire carolingien s'accélère.
Charles le Gros, arrière-petit-fils de Charlemagne, récupère la Francie orientale (l'actuelle Allemagne) après la disparition de son père Louis le Germanique et de ses frères aînés.
En 884, la mort de son cousin Carloman lui vaut d'être également élu roi de Francie occidentale. Ainsi est restaurée une nouvelle fois l'unité de l'empire carolingien, quarante ans après que les fils de Louis Le Pieux, successeur de Charlemagne, se le soient partagé ! Mais l'empereur Charles II le Gros se montre incapable d'organiser la défense de l'Occident contre les envahisseurs de tous poils.
Les barons allemands le dépouillent de la couronne de Francie orientale et leurs homologues occidentaux s'apprêtent à en faire de même quand il meurt opportunément le 13 janvier 888 après un règne d'à peine deux ans. C'en est (presque) fini des Carolingiens. -
Moins d'un siècle après sa fondation, l'empire de Charlemagne est au plus mal. Cet ensemble qui s'étend de l'Ebre, au sud des Pyrénées, à l'Elbe, à l'extrême limite des terres de langue germanique, n'est plus que l'ombre de lui-même.
Le Regnum francorum ou royaume des Francs (nom que les clercs de l'époque donnent à l'héritage commun de Clovis et Charlemagne) est partout assiégé :
– Les Normands sèment la terreur le long des grands fleuves.
– Les Sarrasins s'établissent en Sicile et en Provence. Ils poussent des razzias ( *) jusqu'à Rome, détruite en 846, et dans... les Vosges.
– Les Magyars viennent de l'Est, d'où sont venus aussi les Huns puis les Avars, qu'a écrasés Charlemagne. Ils effectuent des chevauchées jusqu'à... Nîmes.
14 février 842




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