Bienvenue parmi tous ceux qui aiment l'Histoire sur www.herodote.net
  événements

Identifiant

Mot de passe



Mot de passe oublié ?
Adhérer aux Amis d'Hérodote
situez l'événement dans le temps
Les Dossiers d'Hérodote

Herodote.net vous propose
un dossier complet
autour de cet événement :


voir tous les dossiers

La lettre d'Hérodote
Recherche d'un article
Dans la boutique
Dans la boutique
Dans la boutique
Devinette

Qui appela-t-on l'enfant du miracle ? Réponse

13 avril 1942
Rawa-Ruska, le camp de la mort lente
 

Le 13 avril 1942, deux mille prisonniers de guerre français entrent dans le camp disciplinaire de Rawa-Ruska. Ils seront bientôt suivis de milliers d'autres...

Prisonniers résistants

La défaite de juin 1940 s'est soldée par un bilan très lourd pour l'armée française : 120.000 morts, 200.000 blessés. Près de deux millions de prisonniers sont envoyés en Allemagne dans des camps de prisonniers (en allemand, «stalags»).

Beaucoup de ces prisonniers ne se résignent pas à leur sort et entrent en résistance par des actes de sabotages et des tentatives d'évasions. Malgré la création de commandos disciplinaires, les Straf-Kompagnie, et l'incarcérations des fortes têtes dans des prisons civiles, les actes d'insubordination continuent.

Pour mettre enfin un terme à la résistance, l'Oberkommando der Wehrmacht décide le 21 mars 1942 de transférer les prisonniers «coupables» de récidive dans le camp 325, à Rawa-Ruska (on écrit aussi Ravaruska), près de Lemberg, en Galicie (aujourd'hui Rava-Russkaja, près de Lwow, en Ukraine).

Un premier convoi de 2.000 prisonniers français part vers l'Est pour un voyage de six ou sept jours dans des wagons à bestiaux. Il croise en gare de Dresde un train de soldats en uniforme de la Wehrmacht portant l'écusson bleu-blanc-rouge. Il s'agit de la Légion des Volontaires Français, autrement dit des Français engagés volontaires dans l'armée allemande !

Après les quolibets et les invectives, les prisonniers entonnent la Marseillaise. Rapidement, les autorités militaires font repartir le train pour mettre un terme à cette rencontre pour le moins inopportune.

Le camp de la mort lente

RawaRska.jpg (63311 octets) Le camp de Rawa-Ruska a été à l'origine ouvert pour accueillir les prisonniers de guerre soviétiques. Sa localisation ne doit rien au hasard.

Annexée par la Pologne lors du traité de Riga, le 18 mars 1921, la Galicie était devenue partie intégrante de l'URSS après un traité germano-russe du 28 septembre 1939. Après que le 22 juin 1941, Hitler eût envahi l'URSS, elle passe rapidement sous le contrôle du Reich.

Comme la Galicie est une zone d'opérations militaires hors des contrôles de la Croix Rouge internationale, les gardiens allemands ont toute latitude pour perpétrer des exactions contre les prisonniers.

Sur cette terre marécageuse infestée de moustiques favorisant la propagation de maladies, règne un climat continental alternant hivers rigoureux et étés chauds.

Il suffit d'évoquer les noms des camps voisins de Treblinka, Chelmno, Belzec, Sobibor ou Auschwitz-Birkenau, pour comprendre que le camp 325 de Rawa-Ruska est situé dans le terrifiant «triangle de la mort» de la «Solution finale».

Bien que Rawa-Ruska ne figure pas parmi les camps d'extermination, les conditions de vie y sont similaires à celles des camps où sont déportés les résistants et les juifs.

Quatre bâtiments en dur dont deux inachevés, une écurie de l'armée soviétique également inachevée, des baraquements en bois, le tout entourés de barbelés et de miradors constituent l'infrastructure du camp.

Travail forcé, régime disciplinaire, brutalités, menaces de mort permanentes sont le lot quotidien aussi bien dans le camp que dans les commandos satellites.

Habillés de vieux uniformes, pour la plupart sans sous-vêtement, les pieds nus chaussés de sabots ou de claquettes, les prisonniers doivent affronter les rigueurs du climat. Une soupe de millet dans des récipients de fortune, quelquefois des légumes (le plus souvent gelés ou avariés) ou une miche de pain pour 35 hommes sert de nourriture. Un seul robinet délivre une eau polluée aux 10.000 prisonniers !

L'arrivée des Français

Le 13 avril 1942, quand arrive le premier convoi de prisonniers de guerre français, vingt mille Russes ont déjà péri victimes de la famine et des mauvais traitements.

Plus de vingt mille prisonniers français et belges suivront dans les mêmes conditions. Rapidement, le camp s'avère trop petit et les nouveaux arrivants sont alors répartis dans des commandos satellites.

Squelettiques, épuisés, les prisonniers sont des victimes toutes désignées pour les maladies endémiques, les maladies pulmonaires ou digestives, l'avitaminose et la décalcification.

Avant l'arrivée des premiers prisonniers de guerre français, les Allemands ont fait transférer dans le camp dix médecins français juifs pour «assurer» leur suivi sanitaire. Évidemment, ils ne disposent strictement d'aucun moyen, d'aucun médicament, mais leur dévouement est exemplaire pour tenter de soulager leurs compatriotes.

Malgré ce régime inhumain, la résistance continue aussi bien dans le camp que dans les commandos et il y a de nombreuses et improbables tentatives d'évasion. Quelques-unes réussissent, mais beaucoup se soldent par des exécutions.

Rawa-Ruska est définitivement abandonné le 19 janvier 1943. Les prisonniers sont délivrés par l'armée soviétique mais c'est pour repartir dans de nouveaux camps de détention. Ils ne regagneront la France que le 2 juillet 1945.

Évoquant Rawa-Ruska sur les ondes de la BBC, Winston Churchill le baptise le «camp de la goutte d'eau et de la mort lente».

Jean Brillet
haut de la page haut de page Envoyer cette page à un(e) ami(e)
Les commentaires des Amis d'Hérodote

Les 3 derniers commentaires sur cet article ( 12 en tout) :

FRANCOIS (28-09-2008 19:54:50)

Monsieur FRANCOIS Georges a été fait prisonnier à rawa ruska. Il est mort en 1987 et ne parlait jamais de son passé et pourtant ,nous, ses enfants sommes en manque cruel d'informations.
Quelqu'un a t'il connu papa ?

Véronique Jaminon (23-09-2007 20:35:06)

Mon grand père Jaminon prosper était militaire pendant la guerre et a été prisonnier de guerre à ravaruska. il s'en est échappé 2 fois. ma grand mère vient de décéder et on a retrouvé un document l'attestant. J'en suis fière.

Perotti Thaddée (21-08-2007 08:43:16)

Mon père PEROTTI Francis Joseph Albert décédé le 17 mars 1966 a été interné à Rawa Ruska. Je suppose qu'il y était en 1943, il s'en est évadé ensuite avec son frère Jean, ils ont rejoint tous les deux un réseau de la résistance polonaise à Lwow. Mon pére y a connu ma mère Aniela Bernaczeck.
Mon père et mon oncle faisait partie de L'UNEG. Mon père s'est évadé à sept reprises pendant les 5 années de sa captivité.
Quelqu'un peut-il me fournir des témoignages...? Des compagnons d'infor... Lire la suite


Les Amis d'Hérodote peuvent envoyer un commentaire sur cet article.