











Le Sénat appelle au trône Louis XVIII
Le 6 avril 1814, le jour même où, à Fontainebleau, Napoléon 1er se résigne à abdiquer sans conditions, le Sénat, réuni à Paris, appelle au trône le frère du roi guillotiné, le comte de Provence devenu Louis XVIII (59 ans).Napoléon fait ses adieux à la Garde
Devant l'escalier d'honneur du château de Fontainebleau, le 20 avril 1814, L'ex-empereur Napoléon 1er fait solennellement ses adieux à un détachement de la Garde et baise son drapeau ! Deux semaines plus tôt, l'empereur s'est résigné à abdiquer sans conditions sous la pression de ses maréchaux cependant que les sénateurs avaient proclamé sa déchéance. Les Alliés, qui l'ont vaincu, lui ont concédé le 11 avril la souveraineté sur l'île d'Elbe, un îlot italien à la latitude de la Corse!Louis XVIII entre à Paris
Le 3 mai 1814, tandis que Napoléon 1er arrive à l'île d'Elbe, le comte de Provence fait son entrée à Paris.
Acclamé par une population avide de paix, le frère de Louis restaure l'ancienne monarchie. Il avait pris le titre de Louis XVIII après la mort du malheureux Louis XVII à la prison du Temple mais il avait dû patienter en exil, dans l'humiliation et la gêne avant d'accéder au trône. Le 7 septembre 1800, le Premier Consul Bonaparte l'avait mis en garde : « Vous ne devez pas souhaiter votre retour en France. Il vous faudrait marcher sur cinq cent mille cadavres ».
La Norvège proclame son indépendance
Le 17 mai 1814, à Eidsvoll, en Norvège, une Assemblée de notables vote une Constitution, proclame l'indépendance du pays, précédemment uni au Danemark, et donne la couronne à l'ancien vice-roi danois, le prince Christian-Frédéric.
Les Norvégiens ont fait de ce jour leur fête nationale.
Napoléon quitte l'île d'Elbe
Le 26 février 1815, Napoléon 1er quitte l'île d'Elbe en catimini avec quelques compagnons d'infortune. Dédaignant la souveraineté de l'île, à lui concédée par ses vainqueurs, il projette rien moins que de restaurer l'Empire français. Son entreprise réussira à la barbe des gouvernants européens, réunis en Congrès en Vienne pour remodeler l'Europe. Il ne faudra que Cent jours avant que Napoléon 1er rende définitivement les armes. Les royalistes et les réactionnaires de tout poil prendront alors leur revanche.Napoléon débarque à Golfe-Juan, début des Cent-Jours
Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan avec 900 grenadiers, en provenance de l'île d'Elbe.
Confiné par les Alliés dans cette île pauvre et à peine peuplée de 10.000 habitants, l'ex-empereur des Français s'est refait une santé. Ruminant son abdication forcée, il ne se satisfait pas de la souveraineté sur l'île et du titre d'empereur qui lui a été généreusement laissé. Il est aussi contrarié de ne pas recevoir la pension de 2 millions de livres promise par son successeur Louis XVIII et regrette l'absence de sa femme Marie-Louise et de son fils. Il a par ailleurs vent de rumeurs faisant état de son possible transfert sur un îlot beaucoup plus hostile, Sainte-Hélène !
Informé du mécontentement latent chez les paysans français et surtout les militaires, tenus à l'écart par le nouveau roi, rentré à Paris dans les fourgons des Alliés, Napoléon se convainc que les Français n'attendent que son retour et décide de s'enfuir. Il profite de ce que le commandant anglais de la petite escadre chargée de surveiller l'île est amoureux d'une Florentine et se rend fréquemment sur le continent. Il profite de l'une de ces escapades pour quitter l'île et gagner Golfe-Juan.
Évitant la Provence, qui lui est hostile, Napoléon emprunte la route des Alpes, reçoit le ralliement du 5e de ligne puis du maréchal Ney et remonte triomphalement jusqu'à Paris, d'où s'est enfui le roi. Mais cette équipée va à peine durer cent jours avant de s'achever à Waterloo par une défaite militaire définitive (18 juin 1815). Les Cent-Jours vont aboutir à un deuxième traité de Paris, beaucoup plus dur que le précédent à l'égard de la France.
La fuite piteuse de Louis XVIII
Le 19 mars 1815, le roi Louis XVIII quitte piteusement Paris pour l'exil, laissant le champ libre à l'ex-Empereur Napoléon 1er, de retour de l'île d'Elbe...Éruption du volcan Tambora
Le 10 avril 1815, en Indonésie, le volcan Tambora entre en éruption. Outre la destruction des villages alentours, le phénomène se solde par l'émission dans l'atmosphère d'une quantité inhabituelle de cendres.
Pendant plus d'une année, ces cendres, en tournant autour de la planète, vont refroidir le climat de celle-ci. En Europe, l'été 1816 sera particulièrement froid et pluvieux, avec des chutes de neige dans les hauteurs... et des conséquences inattendues pour la littérature !
L'éruption aura sans doute aussi des conséquences pour l'art pictural, du fait que, dit-on, le peintre William Turner (1775-1851), précurseur de l'impressionnisme, puisera son inspiration dans la contemplation des ciels rougeoyants induits par les nuages de poussière du Tambora...
L'Acte final du Congrès de Vienne
Le 9 juin 1815 est signé l'Acte final du Congrès de Vienne. Cet épais document de 300 pages en français (la langue universelle de l'époque) redéfinit les contours de l'Europe après la chute de Napoléon 1er et la défaite des armées françaises.
Il élabore un retour à l'ordre monarchique et aux valeurs de la religion, sans oublier parmi d'autres considérations l'interdiction de la traite des Noirs...
Crépuscule à Waterloo
L'épopée napoléonienne s'achève le 18 juin 1815 à Waterloo, à quelques kilomètres au sud de Bruxelles...Signature de la Sainte-Alliance
Le 26 septembre 1815, signature à Paris de la Sainte-Alliance...Traité de Paris et fin de l'Empire
Le traité de Paris du 20 novembre 1815 sanctionne le retour de Napoléon de l'île d'Elbe et sa défaite à Waterloo...Naissance du docteur Frankenstein
Dans la nuit du 16 juin 1816, les poètes Lord Byron et Percy Shelley devisent avec leurs compagnes respectives, Claire et Mary, ainsi qu'un ami, le docteur John Polidori, dans une grande villa des bords du lac Léman, en Suisse. Pour tromper l'ennui, Mary (19 ans) imagine l'histoire du docteur Frankenstein, qui tenta de créer la vie à l'égal de Dieu...Échouage de la Méduse
Le 2 juillet 1816, la frégate La Méduse s'échoue sur un banc de sable au large de l'actuelle Mauritanie, avec 395 marins et soldats à son bord.
Ce fait divers tragique va bouleverser la France et engendrer un chef-d'oeuvre de l'art romantique...
Indépendance de l'Argentine
Le 9 juillet 1816, la bourgeoisie créole de Buenos Aires proclame officiellement l'indépendance de l'ancienne vice-royauté espagnole du Rio de la Plata sous le nom de « Provinces-Unies de la Plata ».O'Higgins proclame l'indépendance du Chili
Le 12 février 1818, Bernardo O'Higgins renouvelle solennellement la proclamation d'indépendance du Chili de 1810...Massacre de « Peterloo »
Le 16 août 1819, survient à Manchester le massacre dit de « Peterloo », une étape douloureuse de la marche de l'Angleterre vers la démocratie.
Alors qu'une crise économique frappe les ouvriers anglais et que ceux-ci se plaignent de n'être pas représentés au Parlement, le gouvernement suspend certaines libertés civiles garanties par l'Habeas corpus. Excédée, l'opposition organise une réunion à Manchester, à St-Peter's Fields. Pas moins de 50.000 personnes s'y retrouvent pour écouter Henry Hunt « l'Orateur ». Mais la réunion ayant été au dernier moment interdite par les autorités locales, celles-ci font intervenir la milice à cheval et un régiment de hussards. On relève onze morts et des centaines de blessés !
Le gouvernement promulgue à la suite de ce massacre des lois qui restreignent encore plus le droit de manifestation.
Assassinat du duc de Berry
Le soir du 13 février 1820, sur les marches de l'Opéra de Paris, un ouvrier cordonnier dénommé Louvel assassine le duc de Berry, ultime héritier du trône...Compromis du Missouri sur l'esclavage
Le 2 mars 1820, par le compromis du Missouri, les Américains conviennent que l'esclavage sera désormais autorisé dans tous les nouveaux États qui seront créés en-dessous d'une certaine latitude. Ce compromis ne sera que provisoire et ne permettra pas aux États-Unis d'échapper à une affreuse guerre civile...Ampère découvre l'électromagnétisme
Le 18 septembre 1820, le physicien lyonnais André-Marie Ampère publie une première explication concernant l'électromagnétisme, un phénomène observé quelques mois plus tôt par le physicien danois Oersted.
Insurrection en Grèce
Le 25 mars 1821, Germanos, archevêque de Patras, donne aux Grecs le signal de l'insurrection contre la tutelle ottomane. Quelques mois plus tard, le congrès d'Épidaure proclame l'indépendance de la Grèce.
En moins de dix ans mais au prix de grandes souffrances comme les massacres de Scio (ou Chio), et avec le concours des Occidentaux, parmi lesquels Lord Byron, les Grecs vont gagner leur indépendance et se libérer des Turcs...
Mort de Napoléon 1er à Sainte-Hélène
Le 5 mai 1821, Napoléon 1er s'éteint à Sainte-Hélène...Bolívar à Carabobo
Le 24 juin 1821, Simón Bolívar vainc les Espagnols à Carabobo et les chasse du Venezuela.La Grèce se proclame indépendante
Faisant suite à l'appel à la rébellion de l'archevêque de Patras, en mars 1821, des Grecs se réunissent en congrès à Épidaure, dans le Péloponnèse. Après deux semaines de délibérations, le 12 janvier 1822, ils proclament unilatéralement leur indépendance et appellent les nations chrétiennes à leur secours.
C'est le début d'une longue guerre d'indépendance contre les Turcs. Elle durera jusqu'en 1829 et sera marquée par de mémorables atrocités (massacres de Chio).
Iturbide empereur du Mexique
Le 18 mai 1822, le général Augustin de Iturbide se fait couronner empereur du Mexique sous le nom d'Augustin 1er.
Profitant de la révolution libérale qui a éclaté en Espagne en 1820, l'ambitieux général a réussi à arracher l'indépendance de la Nouvelle-Espagne, désormais connue sous le nom de Mexique. Fugace empereur du Mexique, il est détrôné au bout de quelques mois...
Le Brésil se libère en douceur
Le fils cadet du roi du Portugal proclame l'indépendance du Brésil le 7 septembre 1822, à Sao Paulo. Lui-même se fait nommer empereur constitutionnel du nouvel État sous le nom de Pedro 1er. Ce jour est fête nationale au Brésil...Les Quatre Sergents de La Rochelle
Le 21 septembre 1822, sous le règne du vieux Louis XVIII, l'exécution des Quatre Sergents de La Rochelle, coupables d'avoir comploté contre le régime de la Restauration, émeut les foules et l'opinion romantique...
Champollion déchiffre les hiéroglyphes
Le 27 septembre 1822, Jean-François Champollion, qui a fait à l'archéologie le sacrifice de sa santé et de sa jeunesse, perce le secret des hiéroglyphes.
Grâce aux inscriptions trilingues de la pierre de Rosette, il devance son rival anglais Thomas Young...
Le Brésil se donne un empereur
Le 12 octobre 1822, dom Pedro, fils du roi du Portugal, est proclamé empereur du Brésil à Sao Paulo, un mois après l'indépendance du pays.La prise du Trocadéro
Le 31 août 1823, un corps expéditionnaire français s'empare du fort du Trocadéro, qui commande l'entrée du port de Cadix, en Andalousie, en vue de mettre fin à une expérience libérale.
L'opération est menée à l'initiative du vicomte François de Chateaubriand, qui a délaissé le métier d'écrivain pour devenir ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII...
La doctrine de Monroe
Le 2 décembre 1823, James Monroe, 5e premier Président des États-Unis, énonce devant le Congrès la doctrine qui portera son nom et fixera pour un siècle et demi les fondements de la diplomatie américaine...
Mort du « Roi-fauteuil »
Perclus de goutte, obèse et incapable de marcher, le vieux roi Louis XVIII, qui se surnomme lui-même le « Roi-fauteuil », meurt d'une gangrène infectieuse à près de 69 ans, le 16 septembre 1824, sans avoir réussi à réconcilier la Révolution et l'Ancien Régime.
L'intronisation de son frère, le comte d'Artois (61 ans), sous le nom de Charles X, et son sacre anachronique à Reims, semblent assurer le complet triomphe des ultraroyalistes, désireux de restaurer l'Ancien Régime et d'effacer 1789. Le comte d'Artois lui-même avait pris le chemin de l'exil dès le lendemain de la prise de la Bastille.
Les Espagnols défaits par Sucre à Ayacucho
Le 9 décembre 1824, le jeune général Antonio Sucre (29 ans), fidèle lieutenant du « Libertador » Simón Bolívar, est piégé par les troupes espagnoles dans la vallée d'Ayacucho, sur l'Altiplano andin. Il ne dispose que de 4 canons contre 24 à l'ennemi.
N'ayant rien à perdre, Sucre et ses cavaliers se jettent à l'attaque avec l'énergie du désespoir et finalement l'emportent ! Le vice-roi du Pérou, ses généraux, pas moins de 600 officiers et 2000 soldats se rendent avec tout leur armement.
Suite à cette victoire, qui lui livre le Pérou (à l'exception du haut-Pérou, l'actuelle Bolivie), Bolívar réunit un congrès panaméricain à Panama dans l'espoir de fédérer l'Amérique hispanique du Mexique au río de la Plata...
La loi du Sacrilège
Le 20 avril 1825, le roi Charles X fait voter une loi sur le Sacrilège en croyant de la sorte «re-christianiser la France». Le texte condamne à mort, avec amende honorable (obligation de se repentir en public avant l'exécution) toute personne qui aurait en public profané des hosties ou les vases les contenant ! C'est du jamais vu. Cette loi, qui assimile le sacrilège à un parricide, est promulguée malgré les critiques, y compris chez les «ultras» (Chateaubriand, Molé, Broglie...). Mais elle ne sera jamais appliquée et le successeur de Charles X l'abrogera sans attendre, le 11 octobre 1830.
Soulignons que le sacrilège (profanation d'objets sacrés) pas plus que le blasphème (insultes adressées à Dieu et à ses saints) n'ont jamais été formellement réprimées par l'Église et la monarchie au Moyen Âge.C'est seulement à partir du XVIe siècle, avec l'émergence des États nationaux, que les gouvernants ont vu l'intérêt d'instrumentaliser ces délits d'ordre religieux à des fins personnelles ou politiques...
Sacre de Charles X
Le 29 mai 1825, le roi de France Charles X se fait sacrer à Reims en grande pompe, tentant de ressusciter un rite que les vicissitudes de la Révolution avaient rendu obsolète et que son frère Louis XVIII avait judicieusement évité. L'apparat anachronique de la cérémonie retourne l'opinion contre le roi.
Avec le dernier frère du malheureux Louis XVI, les « ultra-royalistes » prennent officiellement le pouvoir et tentent d'enrayer la marche vers une monarchie parlementaire. Leurs outrances seront fatales à la dynastie des Bourbons.
La France impose une indemnité à Haïti
Le 11 juillet 1825, sous la menace d'une escadre de 14 vaisseaux et 500 canons, le président haïtien Jean-Pierre Boyer se résigne à signer un traité avec le roi de France Charles X. Celui-ci reconnaît l'indépendance de leur ancienne colonie en échange d'une indemnité de 150 millions de francs-or qui sera plus tard ramenée à 90 millions. Les Haïtiens vont l'acquitter par échéances jusqu'en 1888 !
Prenant prétexte de cette indemnité dans laquelle ils voient une forme de protectorat de la France sur Haïti, les États-Unis et les jeunes États latino-américains refusent de reconnaître la république noire (ils ne s'y résoudront qu'en 1862, sous la présidence d'Abraham Lincoln).
Soulèvement des Décembristes
Le 14 décembre 1825, un groupe de jeunes officiers et aristocrates russes tente de soulever la garnison de Saint-Pétersbourg en profitant de la confusion créée par la mort du précédent souverain, Alexandre 1er. Qualifiés de Décembristes (ou Décabristes), ils échouent dans leur tentative (une de plus) d'introduire en Russie un gouvernement moderniste.
Le nouveau tsar, Nicolas 1er, ordonne la pendaison de cinq meneurs et coupe court à toute velléité de réforme. Son successeur Alexandre II se hasardera avec courage (et un succès mitigé) à faire bouger enfin le pays.
Le sultan massacre ses janissaires
Le 16 juin 1826, le sultan ottoman Mahmoud II choisit d'en finir avec le puissant corps des janissaires qui conteste son autorité ! À Constantinople, ses troupes ordinaires aidées de la population attaquent au canon les casernes des janissaires. En une après-midi, pas moins de 7.000 hommes sont tués ! Le massacre se poursuit dans le reste de l'empire, avec au final 120.000 tués sur un effectif total d'environ 140.000 janissaires.Premiers omnibus à Nantes
Le 10 août 1826, Stéphane Baudry fonde à Nantes la première compagnie d'omnibus du monde...
Le coup d'éventail du dey d'Alger
Le 30 avril 1827, à Alger, le dey Hussein soufflette de son éventail le consul de France, un affairiste du nom de Deval qui avait refusé avec insolence de s'engager sur le remboursement d'un prêt. C'est le prétexte à une tension entre les deux pays qui débouche trois ans plus tard sur la conquête de l'Algérie.La bataille de Navarin
Le 20 octobre 1827, dans la rade du port grec de Navarin, la flotte turco-égyptienne est attaquée sans préavis et détruite par une escadre anglo-franco-russe sous le commandement de l'amiral de Rigny...René Caillié entre à Tombouctou
Le 20 avril 1828, l'explorateur René Caillé (29 ans) entre à Tombouctou, une ville sainte des bords du Niger...
Émancipation des catholiques anglais
Le 24 mars 1829, le parlement britannique vote l'acte d'émancipation des catholiques en abolissant le « Test Act » de 1672. Il met fin à une discrimination remontant au XVIIe siècle...Paix d'Andrinople
Le 14 septembre 1829 est signée la paix d'Andrinople. Après la défaite navale de Navarin, le sultan Mahmoud II se résout à reconnaître une très large autonomie à la Grèce. Son indépendance pleine et entière sera reconnue un peu plus tard à Londres. La Moldavie, la Valachie et la Serbie, autres principautés chrétiennes des Balkans sous domination turque, deviennent autonomes.idIndépendance de la Grèce
Le 3 février 1830, le sultan ottoman reconnaît officiellement l'indépendance de la Grèce...La « bataille d'Hernani »
Le 25 février 1830 se déroule à la Comédie française, à Paris la plus fameuse bataille qu'aient jamais livrée des hommes de plume et des artistes ! Elle reste connue sous le nom de « bataille d'Hernani », du nom d'une pièce de Victor Hugo que l'on jouait ce soir-là pour la première fois...Naissance de l'Église des Mormons
Le 6 avril 1830, Joseph Smith (25 ans) fonde une Église du Christ, avant de partir avec ses premiers disciples en direction du Far West.
La nouvelle religion va prendre plus tard le nom d'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Church of Jesus Christ of latter-day saints) et connaître un surprenant succès...
Les Français débarquent en Algérie
Le 14 juin 1830, les troupes françaises débarquent sur la plage de Sidi Ferruch, à 25 km d'Alger...Prise d'Alger
Le 5 juillet 1830, le maréchal Bourmont s'empare d'Alger avec un corps expéditionnaire de 35.000 hommes. L'expédition était prévue pour ne pas durer...
Louis-Philippe d'Orléans régent
Le 30 juillet 1830, suite à la Révolution des Trois Glorieuses qui a chassé du trône son cousin Charles X, le duc Louis-Philippe d'Orléans devient lieutenant général du royaume, c'est-à-dire régent. Il lui revient de gouverner le pays pendant la minorité de l'héritier légitime, le petit comte de Chambord, petit-fils de Charles X.
Mais le régent, cédant à la pression des bourgeois libéraux, choisit très vite de garder la couronne pour lui-même. Il monte sur le trône sous le nom de Louis-Philippe 1er. Ce faisant sans s'en rendre compte, il ruine le principe de légitimité qui fondait la monarchie. Il sera le dernier roi de l'Histoire de France.
Les Chambres déclarent Louis-Philippe 1er « roi des Français »
Le 7 août 1830, tandis que s'apaise dans les rues de Paris la Révolution des « Trois Glorieuses », la Chambre des pairs et la Chambre des députés se réunissent malgré l'ordonnance de dissolution dont les a gratifiées le roi Charles X.
Les parlementaires, habilement manoeuvrés par Talleyrand, Thiers et le banquier Laffitte, écartent la perspective d'une République. Ils écartent de même le remplacement du roi par son petit-fils le duc de Bordeaux (10 ans) sous la régence du duc Philippe d'Orléans. Ce dernier se laisse convaincre d'accepter la couronne. C'est ainsi que les parlementaires, constatant la vacance du trône, décernent au duc d'Orléans le titre de « roi des Français » sous le nom de Louis-Philippe 1er.
Deux jours plus tard, en guise de sacre, le roi prête serment sur la Charte constitutionnelle au Palais-Bourbon. De cette trahison familiale va résulter une solide inimitié entre les royalistes « légitimistes », partisans du duc de Bordeaux, et les « orléanistes ».
Le crime mystérieux de Saint-Leu
Le 27 août 1830, au château de Saint-Leu, un valet découvre Monseigneur le duc de Bourbon-Condé pendu à l'espagnolette de la fenêtre de sa chambre...La Belgique se libère sur un air d'opéra
Le 4 octobre 1830 est proclamée l'indépendance de la Belgique...
L'insurrection se déclenche au théâtre royal de Bruxelles, ou théâtre de la Monnaie, qui donne une représentation de La Muette de Portici, un opéra d'Auber. Le public s'enflamme quand le ténor Lafeuillade entonne le refrain : «Amour sacré de la patrie, rends-nous l'audace et la fierté»...
Insurrection en Pologne
Le 29 novembre 1830, le peuple de Pologne se soulève contre l'occupant russe.
La répression par les Cosaques du tsar Nicolas 1er est féroce. Interpellé à la Chambre des députés, le ministre français de la Guerre Bastien Sébastiani a un mot malheureux à ce propos : «L'ordre règne à Varsovie»...
La Serbie devient autonome
L'empire ottoman reconnaît l'autonomie de la principauté de Serbie le 12 décembre 1830. Presque au même moment, la Grèce acquiert son indépendance...Neutralité de la Belgique
Le 20 janvier 1831, au cours de la conférence qui s'est réunie à Londres le 4 novembre 1830 en vue de reconnaître l'indépendance de la Belgique, les grandes puissances (Angleterre, Autriche, Prusse, France, Russie) proclament solennellement la neutralité du nouvel État.
La Diète proclame l'indépendance de la Pologne
Le 25 janvier 1831, la Diète polonaise proclame l'indépendance du pays et la déchéance du tsar Nicolas 1er. Quelques mois plus tôt, les habitants de Varsovie s'étaient insurgés à l'annonce que le tsar s'apprêtait à envoyer des troupes polonaises réprimer l'insurrection des Parisiens contre le roi Charles X. Le tsar va très durement réprimer la révolte polonaise et anéantir pour plusieurs décennies le mouvement patriotique. Celui-ci s'épanouit dans l'exil et trouve un chaleureux appui dans les cercles romantiques d'Occident.Le duc de Nemours refuse la couronne belge
Le 3 février 1831, le duc de Nemours, fils de Louis-Philippe 1er, est élu roi des Belges mais il refuse le titre pour éviter d'indisposer les Britanniques. C'est finalement Léopold, prince de Saxe-Cobourg-Gotha, futur gendre de Louis-Philippe 1er, qui deviendra le premier roi des Belges sous le nom de Léopold 1er.Publication de Notre-Dame de Paris
Notre-Dame de Paris sort en librairie le 16 mars 1831...Les Russes reviennent à Varsovie
Le 8 septembre 1831, l'armée du tsar russe reprend Varsovie aux insurgés polonais qui avaient proclamé leur indépendance. La répression est féroce.Nat Turner est pendu en Virginie
Le 11 novembre 1831, à Southampton, en Virginie, Nat Turner est pendu après jugement pour avoir entraîné dans la révolte une centaine d'esclaves comme lui et assassiné en 24 heures une soixantaine de blancs. Ainsi finit la principale révolte d'esclaves qu'aient connue les États-Unis.Révolte des canuts de Lyon
Le 22 novembre 1831 éclate sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise : «Vivre en travaillant ou mourir en combattant». Ils s'emparent de Lyon.
Le Président du Conseil de Louis-Philippe 1er, Casimir Perier, rétablit l'ordre sans effusion de sang...
Darwin embarque sur le Beagle
Le 27 décembre 1831, Charles Darwin embarque sur le Beagle. Au cours d'un voyage de cinq ans autour du monde, le jeune savant accumule des observations et des notes qui vont nourrir sa réflexion pendant toute sa vie et lui permettront de préciser ses vues sur la sélection naturelle des espèces.Révélation de George Sand
Le 2 mai 1832, la critique littéraire salue la sortie à Paris d'un roman intitulé Indiana. Tiré à 750 exemplaires, il fait la critique de la vie bourgeoise. Son auteur est un inconnu du nom de George Sand...Les Anglais en finissent avec les « bourgs pourris »
Le 7 juin 1832, le roi Guillaume IV approuve la réforme qui met fin à certaines aberrations du système électoral anglais et notamment aux « bourgs pourris ». C'est une avancée importante dans l'approfondissement de la démocratie anglais...La Caroline du Sud se soumet
Le 24 novembre 1832, la Caroline du Sud rejette le tarif douanier défini par le gouvernement fédéral des États-Unis...Union douanière allemande
Le 22 mars 1833, un traité d'union douanière amorce l'unification de l'Allemagne.Frédéric Ozanam fonde la Conférence de Charité
Issu d'une famille bourgeoise de la région lyonnaise, Frédéric Ozanam, 20 ans, étudiant en droit à la Sorbonne, fonde le 23 avril 1833, avec cinq amis, près de l'église Saint-Sulpice, à Paris, la première Conférence de Charité pour venir en aide aux pauvres, victimes collatérales de la révolution industrielle. C'est le début de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, association spirituelle à vocation caritative, qui regroupe aujourd'hui 700.000 hommes et femmes dans 141 pays.
Le jeune homme, devenu professeur d'histoire à la Sorbonne, va continuer de militer toute sa vie pour une Église sociale. Disciple de Lamennais et Lacordaire, il plaide pour une réconciliation entre l’Église et son époque.
En 1848, il adhère aux idées républicaines parce qu’il y voit la solution à la question sociale. «C’est dans le peuple, écrit-il dans un célèbre discours, que je vois assez de restes de foi et de moralité pour sauver une société dont les hautes classes sont perdues».
D'une santé fragile, Frédéric Ozanam meurt à 40 ans. Il a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 22 août 1997.
Guizot instaure un enseignement primaire public
Le 28 juin 1833, au début du règne de Louis-Philippe 1er, le ministre François Guizot fait voter une loi instaurant en France un enseignement primaire public. Dans un pays où un adulte sur deux est encore analphabète, cette loi va contribuer de manière décisive à répandre l'instruction. Elle sera complétée sous le règne de Napoléon III, dans les années 1860, par l'action législative du ministre Victor Duruy et sous la IIIe République, dans les années 1880 par celle de Jules Ferry.L'Angleterre abolit l'esclavage
Le 26 juillet 1833, la Chambre des Communes une loi d'émancipation qui abolit l'esclavage dans toutes les colonies britanniques en prévoyant de confortables indemnités pour les planteurs. Le Premier ministre whig (ou libéral) Charles Grey soutient l'initiative.
« Je rends grâce à Dieu d'avoir vécu un tel jour où l'Angleterre accepte de payer 20 millions de livres sterling pour l'abolition de l'esclavage », déclare William Wilberforce. Celui-ci avait réussi à faire interdire la traite en 1807 et, en 1823, participé avec Thomas Fowell Buxton à la fondation de la « Société anti-esclavagiste » (« Anti-Slavery Society »), à l'origine de la nouvelle loi.
Mort de Ferdinand VII en Espagne
Le 29 septembre 1833 meurt Ferdinand VII, roi d'Espagne (49 ans). Peu avant de mourir, il a abrogé la loi salique qui exclut les filles de la transmission de la couronne. C'est ainsi que la couronne échoit à sa fille Isabelle II (3 ans) au détriment de son frère cadet, don Carlos. Il en résultera deux guerres carlistes qui ensanglanteront l'Espagne au XIXe siècle.Abd el-Kader s'allie avec l'envahisseur français
Le 26 février 1834, le général Desmichels signe un traité par lequel il reconnaît l'autorité de l'émir Abd el-Kader sur la région d'Oran. Désireux qu'il pacifie la région, il l'aide à constituer son armée : 2.000 cavaliers, 8.000 fantassins avec fusils modernes à baïonnette, 250 artilleurs.
Les Français, embarrassés par la prise d'Alger, n'ont aucune envie de s'aventurer dans l'arrière-pays ni de soumettre celui-ci. Ils y seront contraints par la révolte d'Abd el-Kader...
Seconde insurrection des canuts
À Lyon, le 9 avril 1834, les ouvriers de la soie, les canuts, se soulèvent après que des meneurs aient été traduits en justice pour avoir dénoncé des baisses de salaires et fait grève. Le ministre de l'Intérieur Adolphe Thiers laisse les manifestants ériger des barricades puis fait donner la troupe. Celle-ci va méthodiquement reconquérir la ville.Paroles d'un croyant
Le 30 avril 1834 paraît à Paris Paroles d'un croyant. L'auteur, le prêtre Félicité de Lamennais, en appelle à l'insurrection contre l'injustice au nom de l'Évangile. Il est immédiatement condamné par le Saint-Siège.Les Français s'installent en Algérie
Le roi des Français Louis-Philippe 1er institue le 22 juillet 1834 un gouvernement général pour les « possessions françaises du nord de l'Afrique », sans plus de précision. Les Français, qui comptent sur Abd el-Kader pour pacifier l'arrière-pays, l'aident à constituer son armée : 2.000 cavaliers, 8.000 fantassins avec fusils modernes à baïonnette, 250 artilleurs,...La démocratie en Amérique
Le 23 janvier 1835, un jeune inconnu, Alexis de Tocqueville, publie le premier tome de La démocratie en Amérique. L'ouvrage recueille un immense succès. En lointain héritier de Montesquieu, Tocqueville apporte une vision révolutionnaire de l'histoire longue.
Publication du Kalevala
Le 28 février 1835, Elias Lönnrot, un médecin de campagne finlandais de 33 ans, publie un recueil de 32 chants inspirés des contes traditionnels de Carélie, sous le nom de Kalevala (le Pays des héros).
Fait rare dans l'histoire, les 32 chants du Kalevala sont devenus le fondement mythique de la culture finlandaise. Deux grands artistes finlandais, le peintre Akseli Gallen-Kallela (1865-1931) et le compositeur Jean Sibelius (1865-1957), y ont puisé une bonne part de leur inspiration.
Célébration nationaleLe 28 février est commémoré chaque année en Finlande à l'égal de la fête nationale (celle-ci commémore l'indépendance du pays, le 6 décembre 1917).
Bataille des marais de La Macta
Le 28 juin 1835, une armée française s'étant aventurée loin de ses bases, elle est proprement décimée par les troupes de l'émir Abd el-Kader dans les marais de La Macta. Fort de sa victoire, l'émir installe sa capitale à Tagdemt (ou Tagdempt).
La défaite française survient après que le général Trézel eut remplacé le général Desmichels à Oran et rompu avec la politique conciliante de son prédécesseur à l'égard d'Abd el-Kader. Son échec lui vaut d'être rappelé en France ainsi que le gouverneur général Drouet d'Erlon. Le général Thomas Bugeaud débarque en renfort avec trois régiments...
Attentat de Fieschi
Le 28 juillet 1835, le conspirateur républicain Giuseppe Fieschi tente d'assassiner le roi Louis-Philippe 1er alors qu'il se rend à la Bastille pour commémorer la révolution des Trois Glorieuses (1830).
Sa machine infernale n'atteint pas le roi mais fait 18 morts dans le cortège royal, dont le maréchal Mortier. Le roi promulgue peu après les lois de septembre ou « lois scélérates » sur les actes de rébellion et la liberté de la presse. La « monarchie de Juillet » évolue vers l'autoritarisme et l'impopularité.
Traité de New Echota
Le 29 décembre 1835, une poignée de chefs de la Nation cherokee, parmi lesquels Major Ridge et son neveu Stand Watie, signent avec le gouvernement des États-Unis le traité de New Echota. Par ce traité proposé par le président Andrew Jackson, les Indiens acceptent de renoncer à leurs terres ancestrales de Georgie et de Caroline du Nord, en échange d'argent et de nouvelles terres à l'ouest du Missisipi, en Oklahoma. C'est une réserve qualifiée de « Territoire indien ».
Mais le texte est rejeté par la très grande majorité des Cherokees et scinde la communauté en deux factions rivales qui vont s'opposer violemment jusqu'au milieu des années 1840.
2.000 Cherokees seulement se rendent volontairement sur leurs nouvelles terres et il faut l'intervention des forces fédérales, aidées de la milice de Georgie, en 1838, pour faire appliquer les clauses du traité et transférer les autres Indiens. 4.000 périssent lors de cet exode forcé et un millier s'échappent en se cachant dans les montagnes. Cet épisode dramatique de l'histoire cherokee est connu sous le nom de « Trail of Tears » (le Chemin des Larmes). Les signataires du traité sont assassinés en juin 1839 par des vengeurs, à l'exception de Stand Watie qui, averti, a pu s'enfuir à temps et deviendra un riche propriétaire d'esclaves et un brillant général de l'armée confédérée sudiste pendant la guerre de Sécession.
Le Texas se proclame indépendant
Le 2 mars 1836, le Texas se sépare du Mexique et proclame son indépendance. Celle-ci ne durera que jusqu'à l'annexion par les États-Unis, en 1845.Massacre à Fort Alamo
Le 6 mars 1836, 5000 soldats mexicains, sous le commandement de l'illustre général Antonio Lopez de Santa Anna, s'emparent de Fort Alamo, au Texas, après des combats acharnés.
Le fort n'était défendu que par 187 ressortissants texans ou américains. Tous succombent au terme de l'assaut non sans avoir mis hors de combat, dit-on, 1.500 ennemis. Parmi les morts figurent des trappeurs légendaires du Kentucky, Davy Crockett et Jim Bowie...
Victoire des Texans à San Jacinto
Le 21 avril 1836, à San Jacinto, les volontaires texans de Sam Houston battent l'armée mexicaine de Santa Anna. Ils ont pu se préparer à la bataille grâce à la résistance désespérée de Fort Alamo. Le Texas devient pour quelques années un pays indépendant avant de se rattacher aux États-Unis...Bataille de l'oued Sikkak
Le général Thomas Bugeaud, nouveau gouverneur général des « possessions françaises du nord de l'Afrique » (l'Algérie), inflige à l'émir Abd el-Kader une sévère défaite sur les bords de l'oued Sikkak, le 6 juillet 1836.Érection de l'obélisque de la Concorde
Le 25 octobre 1836, est érigé à Paris, sur la place de la Concorde, un obélisque en provenance du temple pharaonique de Louqsor (Égypte) et vieux d'environ 4.000 ans (on peut le considérer comme « le plus ancien monument de Paris »).

Son érection se déroule sous les yeux d'une foule ébahie et du roi Louis-Philippe 1er en personne. Notons qu'on avait d'abord songé à ériger le monolithe sur le pont Neuf, au milieu de la Seine.
L'obélisque est le deuxième cadeau diplomatique du vice-roi d'Égypte Méhémet Ali à la France. Le 9 juillet 1827, sous le règne de Charles X, Paris avait déjà accueilli un girafon répondant au doux nom de Zarafa, premier animal de son espèce à fouler le sol français.
Conçue en 1763 par l'architecte Anne-Jacques Gabriel dans le prolongement du Louvre et des Tuileries, la place Louis XV a d'abord servi d'écrin à la statue du roi. Rebaptisée place de la Révolution sous la Convention, en 1792, elle a accueilli la guillotine et vu l'exécution de Louis XVI. Après la Terreur, elle a pris son nom actuel, plus consensuel, de place de la Concorde.
Abd el-Kader et Bugeaud signent le traité de la Tafna
Le 30 mai 1837, le général Thomas Bugeaud impose à l'émir Abd el-Kader le traité de la Tafna. C'est la seule fois de leur vie que les deux ennemis auront eu l'occasion de se rencontrer...Le palais de Versailles retrouve sa splendeur
Le palais de Versailles retrouve sa splendeur le 10 juin 1837. Ce jour-là, à l'occasion du mariage du prince héritier Ferdinand-Philippe d'Orléans, le roi Louis-Philippe 1er inaugure en son sein un Musée de l'Histoire de France. Au fronton des deux ailes du palais est gravée la formule : «À toutes les gloires de la France».
Le «roi-bourgeois» a formulé le projet de ce musée quatre ans plus tôt, dans un esprit d'oecuménisme, afin de rassembler les Français de toutes tendances politiques autour de leur Histoire commune...
La reine Victoria et l'apogée de l'Angleterre
Le 20 juin 1837, Victoria (18 ans) succède à son oncle Guillaume IV sur le trône du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande.
La dynastie des Hanovre (plus tard Windsor) semble alors discréditée par la longue folie du roi George III et les frasques de ses deux fils et successeurs. Tout va changer pendant les 64 années du règne de Victoria...
incendie du Palais d'Hiver
Le soir du 17 décembre 1837, à Saint-Pétersbourg, dans le Palais d'Hiver, des poêles qui chauffent à plein régime mettent le feu aux boiseries de la salle Pierre 1er.
L'incendie va ravager l'édifice pendant trente heures malgré l'intervention de 6000 pompiers et grenadiers de la Neva qui pompent l'eau de la Néva.
Les oeuvres d'art du Palais d'Hiver sont heureusement sauvées pour la plupart. Dans l'urgence, on s'est généralement contenté de les jeter dans la neige.
Sitôt après le drame, le tsar Nicolas 1er lance la construction d'un nouveau palais. Il sera achevé en un peu plus d'un an et accueillera les collections impériales, jusque là à l'étroit dans le Petit Ermitage.

La guerre de la pâtisserie
Le 4 septembre 1838, le saccage à Mexico d'une pâtisserie tenue par un Français entraîne une guerre entre la France de Louis-Philippe et le tout jeune Mexique.
Cette «guerre de la pâtisserie» se soldera par la destruction du port de Veracruz. À cette occasion s'illustreront le prince de Joinville, François d'Orléans, et le général Antonio López de Santa Anna.
La bataille de la Rivière de sang
Le 16 décembre 1838, en Afrique australe, près de la rivière Ncome, une poignée de paysans afrikaners (des protestants d'origine hollandaise et française) repoussent avec succès une armée zouloue de dix mille hommes. C'est la bataille de la Rivière de sang («Blood River»)...
La France fait don de la photo au monde !
Le 19 août 1839, devant les Académies des sciences et des beaux-arts, François Arago, savant et homme politique, informe que l'État français a acheté le daguerréotype, une invention de Louis Daguerre à l'origine de la photographie, afin d'« en doterlibéralement le monde entier » !Reprise de la guerre sainte en Algérie
Le 28 octobre 1839, le duc d'Orléans, fils du roi Louis-Philippe, s'engage dans le défilé des « Portes de fer » afin d'établir une liaison entre Alger et Constantine. Abd el-Kader dénonce cette intrusion sur son territoire et en prend prétexte pour annoncer le 18 novembre 1839 la reprise de la guerre sainte (jihad ou djihad) au général Bugeaud, de retour en Algérie. Sans attendre, ses troupes ravagent la plaine de la Mitidja, autour d'Alger, où déjà commencent à s'installer des colons français...La Sublime Porte se réforme
Le 3 novembre 1839, le sultan ottoman Abdul-Medjid 1er (en turc Abdulmecit) publie la charte de Gulhané (hatti chérif) qui proclame l'égalité devant la loi de tous les sujets de l'empire ottoman, quelle que soit leur religion.
C'est le début d'une longue période de bouleversements connue sous le nom de Tanzimat, d'après un mot turc qui signifie organisation et désigne un Conseil qui sera établi en 1854 pour veiller à l'application des réformes...
Découverte de la terre Adélie
Le 19 janvier 1840, Dumont d'Urville aborde une terre inconnue de l'Antarctique. Il la nomme terre Adélie... par amour pour sa femme...Traité de Waitangi entre Anglais et Maoris
Le 6 février 1840, par le traité de Waitangi, les chefs maoris de Nouvelle-Zélande reconnaissent la souveraineté de la Grande-Bretagne sur leurs îles. Tous les habitants, y compris les indigènes maoris, obtiennent la citoyenneté britannique.
Londres s'engage à respecter les droits des Maoris sur leurs terres ancestrales mais ces promesses ne tarderont pas à être bafouées par les colons et il en résultera de violentes guerres maories...
« Reunion Act » au Canada
Le 10 février 1840, le gouvernement britannique applique le « Reunion Act » au Canada. Une union fédérale regroupe les provinces du Canada avant d'en faire le premier dominion du Commonwealth.Naissance du timbre-poste
Le timbre-poste naît à Londres le 6 mai 1840, sous le surnom de « Penny Black », à l'initiative de l'imaginatif Rowland Hill...Retour des cendres de l'Empereur
Le 15 décembre 1840, au cours d'une cérémonie populaire et grandiose, l'auguste cercueil de Napoléon 1er entre à Paris après un long voyage en mer sur la Belle-Poule depuis l'île de Sainte-Hélène où est mort l'empereur près de vingt ans plus tôt...
Limitation législative du travail des enfants
Le 22 mars 1841, sous le règne de Louis-Philippe, une loi limite en France, pour la première fois, le travail des enfants.Mayotte sous protection française
Le sultan Andriantsouli qui règne sur Mayotte, se place sous le protectorat de la France par le traité du 25 avril 1841 signé avec le commandant Pierre Passot. Il reçoit en contrepartie une indemnité de 1000 piastres ! C'est ainsi que Mayotte entre dans le giron de la France.
De proche en proche, l'ensemble de l'archipel des Comores (Mayotte, Anjouan, Grande Comore et Mohéli) devient colonie française...
Convention de Londres sur les Détroits
Le 13 juillet 1841, la convention de Londres sur les Détroit clôt la politique aventureuse d'Adolphe Thiers, qui avait mis la France au bord de la guerre avec l'Angleterre.Les Afghans humilient les Britanniques
Le 2 novembre 1841, à Kaboul, le meurtre d'un officier britannique allait déboucher sur l'une des plus horribles défaites qu'ait jamais connue l'armée britannique.
Obligée de fuir vers Jalalabad, la garnison indo-britannique de Kaboul - environ 16.500 hommes - va être décimée dans les semaines qui suivent par les guerilleros afghans...
Traité de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire
Le 10 février 1842, l'amiral Bouet-Willaumez signe un traité avec le roi de Bassam, un modeste royaume du littoral africain. Premier pas vers la colonisation de la Côte d'Ivoire...Un drapeau pour la jeune Irlande
En 1842, une poignée d'Irlandais romantiques, tant catholiques que protestants, s'unissent en vue de s'émanciper de la tutelle anglaise, au besoin par la violence.
Ils revivifient et exaltent la culture gaélique et le souvenir des Saints et des Héros.
Le 15 avril de la même année, ces « Jeunes Irlandais » se donnent un drapeau tricolore : vert pour représenter les catholiques, orange pour représenter les protestants et blanc pour signifier l'espoir d'une trêve permanente entre les deux communautés ! Ce sera le drapeau de l'Irlande républicaine.
Premier accident de chemin de fer
Le 8 mai 1842, sous le règne de Louis-Philippe 1er, se produit le premier accident grave de l'histoire du chemin de fer : 55 morts.
Le drame survient à Meudon, sur la ligne Paris-Versailles, dans un train qui ramène des Parisiens venus passer la journée à Versailles pour le spectacle des grandes eaux. Les dix-huit voitures en bois déraillent et prennent feu. Les voyageurs succombent sans pouvoir sortir des compartiments, fermés à clé de l'extérieur selon l'usage de l'époque. Parmi les victimes figurent le navigateur Dumont d'Urville, découvreur de la terre Adélie, ainsi que sa femme et son fils.
Malgré son caractère spectaculaire et inédit, le drame ne remet pas en cause la confiance de l'opinion publique dans le progrès technique. «Plaignons les victimes et marchons [sous-entendu : continuons d'aller de l'avant] !» déclare en guise d'épitaphe le député et poète Alphonse de Lamartine à la tribune de l'Assemblée législative, au lendemain de la catastrophe.
Le traité de Nankin met fin à la guerre de l'opium
Le 29 août 1842, le traité de Nankin met fin à la « guerre de l'opium ». Le gouvernement chinois renonce à interdire l'importation de la drogue en provenance des Indes britanniques...Le président Jean-Pierre Boyer chassé d'Haïti
Le 13 février 1843, à Haïti, le président Jean-Pierre Boyer est chassé du pouvoir et la première république noire des Temps modernes sombre alors dans une instabilité politique dont elle n'est pas encore sortie...Prise de la smala d'Abd el-Kader
Le 16 mai 1843, un escadron de 500 hommes commandé par le duc d'Aumale enlève la smala d'Abd el-Kader...Bugeaud maréchal de France
Tandis que l'émir Abd el-Kader se réfugie au Maroc avec ses derniers fidèles, le général Bugeaud (59 ans) est fait maréchal de France en récompense de ses succès dans la soumission de l'Algérie.
Sa casquette est légendaire : une nuit, surpris par une attaque ennemie, il serait sorti de sa tente sabre au clair et encore coiffé de son bonnet de nuit en guise de casquette !
Drame familial à Villequier
Le 4 septembre 1843, en villégiature à Villequier, sur la Seine, Léopoldine Hugo, fille de Victor Hugo, monte dans un canot avec son mari Charles Vacquerie...
Naissance de la République dominicaine
Le 27 février 1844, quarante ans après l'indépendance d'Haïti, la population créole de la partie orientale de l'île, de langue espagnole, profite d'une grave crise politique pour s'émanciper.
C'est ainsi que naît la République dominicaine (República Dominicana), aussi appelée Saint-Domingue (Santo Domingo), du nom de sa capitale. D'une superficie de 49.000 km2, elle occupe les deux tiers de l'île d'Hispaniola.
Au contraire de sa voisine, la nouvelle république s'ouvre très largement à l'immigration européenne (à l'époque du nazisme, elle sera le seul pays du Nouveau Monde à ouvrir ses portes aux juifs européens).
Ses premières années d'existence sont marquées par des coups d'État et une grande instabilité politique. En mars 1861, Saint-Domingue étant menacée d'invasion par Haïti, le président Santana remet ses pouvoirs à l'ancienne métropole, au gouvernement de Madrid. Cas unique d'un État qui revient librement à son ancien statut de colonie. L'indépendance est restaurée en 1865 au terme d'une brève guerre de Restauration.
Suite à une banqueroute, en 1905, les États-Unis prennent le contrôle des finances publiques. Leurs troupes occupent même le pays de 1916 à 1924, comme à la même époque, Haïti !
L'instabilité politique prend fin avec la prise de pouvoir du colonel Rafael Trujillo en 1930. Il restera à la tête du pays, avec le titre de Bienfaiteur (« Benefactor »!), jusqu'à son assassinat le 30 mai 1961. Sous sa férule et celle de ses successeurs, Saint-Domingue va accomplir des progrès notables en économie (agriculture, tourisme) comme dans le domaine social.
Aujourd'hui, les Dominicains, au nombre d'environ 10 millions, jouissent d'un niveau de vie très supérieur à celui des Haïtiens (aussi nombreux).
Prédication du Bâb
Le 23 mai 1844, à Chiraz, en Perse, Mirza Ali Muhammad, dit el Bâb (la Porte), annonce la venue d'un grand prophète. Il est exécuté par le chah en 1850 avec 20.000 de ses disciples et sera enseveli en 1899 au Mont Carmel, près d'Haïfa (aujourd'hui en Israël). Mais le 21 avril 1863, un homme se présente comme le prophète annoncé. Il sera à l'origine de la religion baha'ie.Première ligne de télégraphe
Le 24 mai 1844 est inaugurée la première ligne de télégraphe du monde, entre Washington et Baltimore. Le télégraphe a été inventé sept ans auparavant par Samuel F. B. Morse.Enfumage des grottes du Dahra
Des centaines de malheureux de la tribu des Ouled Riah périssent le 19 juin 1845 dans l'«enfumade» des grottes du Dahra. Le colonel Pélissier avait proposé une reddition honorable aux combattants et à leurs familles qui s'étaient réfugiés dans les grottes. Devant leur refus, et considérant qu'il ne pouvait prendre le risque de les laisser aller, il avait enfumé les grottes en espérant de la sorte les en faire sortir. Las, hommes, femmes et enfants finissent presque tous asphyxiés.
Le général Bugeaud, interpellé à la Chambre, assume la responsabilité de ce crime de guerre en faisant valoir qu'il ne voit pas d'autre moyen de gagner la guerre en Algérie !...
Bataille de l'Isly
Le 14 août 1844, le maréchal Thomas Bugeaud bat les troupes marocaines du sultan Abd al-Rahman III sur l'oued Isly.
Les États-Unis annexent le Texas
Le 29 décembre 1845, les États-Unis annexent officiellement le Texas. Après s'être détachée du Mexique, la république du Texas demande et obtient son admission au sein de la Fédération américaine.La France impose à la Chine un traité de tolérance
Le 20 février 1846, la France de Louis-Philippe 1er impose à la Chine de l'empereur Daoguang un édit de tolérance en faveur du christianisme.
L'édit concédé par le vieil empereur Daoguang autorise la pratique de la religion dans les principaux ports et interdit toute forme de persécution. Il ordonne même la reconstruction des vieilles églises détruites lors des persécutions précédentes...
Abrogation des « corn laws »
Le 15 mai 1846, le Parlement de Westminster abroge les « corn laws ». Ces lois avaient été votées en 1815 à l'initiative des grands propriétaires terriens afin de protéger les agriculteurs britanniques contre les importations à bas prix de céréales du Nouveau Monde.
L'industrie étant désormais en mesure de relayer l'agriculture comme moteur de l'économie, le gouvernement anglais ne voit plus aucune utilité à ces lois protectionnistes.
En les abrogeant, Londres permet aux ouvriers de se nourrir à moindre prix, ce qui a pour effet de relâcher la pression sur les salaires de l'industrie. Désormais en situation d'exporter plus facilement, les industriels vont en profiter pour conquérir les marchés de la planète !
Les économistes anglais, au premier rang desquels Richard Cobden (1804-1865), font de la loi de 1846 un acte de foi dans les vertus du libre-échange. Ils ne vont avoir de cesse d'y rallier leurs concurrents. Richard Cobden va ainsi négocier avec le Français Michel Chevalier le traité franco-anglais de 1860.
C'est le début d'une deuxième « mondialisation », après la très brève période de libre-échange inaugurée par le traité Eden-Rayneval en 1786.
Évasion de Louis-Napoléon
Le 25 mai 1846, le prince Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1er, s'évade du fort de Ham, déguisé en ouvrier avec une solive sur l'épaule, après six ans de captivité pour cause de complot contre l'État. Deux ans plus tard, le révolutionnaire sera le premier président de la République française et cinq ans plus tard, il restaurera à son profit le titre d'empereur et règnera sous le nom de Napoléon III !Découverte de Neptune
Le 31 août 1846, l'astronome Le Verrier présente un rapport à l'Académie des Sciences où il démontre par le calcul l'existence d'une nouvelle planète, Neptune.Bou-Maza se rend au colonel de Saint-Arnaud
En 1844, tandis qu'Abd el-Kader éprouve défaite sur défaite, les paysans du massif du Dahra, à l'est de Mostaganem et d'Oran, se soulèvent à l'appel d'un Berbère surnommé « Bou Maza » (l'homme à la chèvre). La réaction de l'armée française ne se fait pas attendre. Des « colonnes infernales » ravagent la contrée jusqu'à la reddition de « Bou Maza » le 13 avril 1847.La guerre du Sonderbund
Le 20 juillet 1847, la Diète fédérale suisse vote à une courte majorité la dissolution du Sonderbund (ou Sondrebond, en allemand : la Ligue particulière), l'expulsion des Jésuites et le principe d'une nouvelle constitution fédérale.
Il s'ensuit une courte guerre civile remportée par le général Guillaume-Henri Dufour, au terme de laquelle les 22 cantons de la Confédération suisse se donnent une constitution solide, avec un État central et des institutions fédérales, ainsi qu'un drapeau fédéral...
Le Libéria indépendant
Le 26 juillet 1847, le Libéria (en anglais, Liberia) devient le premier État africain officiellement reconnu par les puissances occidentales.
C'est aussi au XIXe siècle le seul État indépendant d'Afrique noire à l'exception de l'Éthiopie (ou Abyssinie). Il compte aujourd'hui environ 3 millions d'habitants sur 111000 km2...
Assassinat de la duchesse de Choiseul-Praslin
Dans la nuit du 17 au 18 août 1847, la duchesse de Choiseul-Praslin, fille unique du célèbre général de l'Empire Bastien Sébastiani, est assassinée dans son hôtel particulier du faubourg Saint-Honoré, à Paris.
L'enquête s'oriente très vite vers son mari, un pair de France qui bénéficie du privilège de l'inviolabilité...
Abd el-Kader se rend au général Lamoricière
Le 23 décembre 1847, l'émir Abd el-Kader se rend au général Lamoricière. C'est la fin de toute résistance organisée à la conquête de l'Algérie par la France.Découverte de l'or en Californie
Le 24 janvier 1848, en Californie, sur les terres du Suisse John Sutter, un ouvrier découvre des pépites d'or mêlées à des cailloux alors qu'il travaille à la réparation d'un moulin à eau.
Instantanément, le bruit se répand dans la région et les prospecteurs affluent tant et si vite que la propriété de Sutter est ravagée et lui-même ruiné. Il mourra en 1880 avec tout juste une pension de l'État de Californie. C'est la première victime de la ruée vers l'or !...
Traité de Guadalupe Hidalgo
Le 2 février 1848, le traité de Guadalupe Hidalgo met fin à la guerre entre les États-Unis et le Mexique, surnommée « Mr. Polk's War » (la guerre de M. Polk, du nom du président américain James Polk...
Insurrection républicaine à Paris
Le 22 février 1848, lassée par le règne débonnaire du roi des Français, Louis-Philippe 1er, ennuyeux à force de paix et de prospérité, l'opposition se soulève et, au terme de trois jours d'émeute, impose un régime républicain (la Seconde République).
Conduite par des républicains modérés : Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l'Eure, Marie,... la « Révolution de Février » met ainsi fin à la « Monarchie de Juillet » (parce que née en juillet 1830). Le poète Lamartine repousse le drapeau rouge des manifestants populaires et promeut le drapeau tricolore.
Louis-Philippe 1er abdique
Le 24 février 1848, le roi des Français Louis-Philippe 1er abdique et part en exil au terme de trois jours d'émeutes. C'est la naissance de la IIe République - une naissance romantique à l'image de son époque.Ouverture des Ateliers nationaux
Le 27 février 1848, le jeune gouvernement de la IIe République prend la décision d'ouvrir des Ateliers nationaux pour donner du travail aux chômeurs. Cette mesure se révèle coûteuse et inefficace. Qui plus est, les chantiers deviennent des foyers d'agitation révolutionnaire.
Lorsque l'Assemblée nationale décide en désespoir de cause de les fermer, le 20 juin 1848, les ouvriers s'insurgent. La répression est sanglante. Elle consacre la rupture entre la République et la classe ouvrière.
Victor Hugo dénonce la fainéantiseLe débat parlementaire du 20 juin 1848 sur les Ateliers nationaux donne au député Victor Hugo l'occasion d'un bel effet de tribune, inattendu dans sa bouche :
«Les ateliers nationaux sont un expédient fatal. Vous avez abâtardi les vigoureux enfants du travail ; vous avez ôté à une partie du peuple le goût du labeur, goût salutaire qui contient la dignité, la fierté, le respect de soi-même et la santé de la conscience. À ceux qui n'avaient connu jusqu'alors que la force généreuse du bras qui travaille, vous avez appris la honteuse puissance de la main tendue ; vous avez déshabitué les épaules de porter le poids glorieux du travail honnête, et vous avez accoutumé les consciences à porter le fardeau humiliant de l'aumône. Nous connaissions déjà le désœuvré de l’opulence, vous avez créé le désœuvré de la misère, cent fois plus dangereux pour lui-même et pour autrui. La monarchie avait les oisifs, la République aura les fainéants (...).
Cette fainéantise fatale à la civilisation est possible en Turquie, en Turquie et non pas en France. Paris ne copiera pas Naples ; mais, jamais Paris ne copiera Constantinople ».
La France limite la journée de travail
Le 2 mars 1848, un décret du jeune gouvernement de la IIe République réduit d'une heure la journée de travail parce que, selon ses termes, « un travail manuel trop prolongé non seulement ruine la santé mais en l'empêchant de cultiver son intelligence porte atteinte à la dignité de l'homme ». La journée de travail tombe à... dix heures à Paris et à onze en province (serait-ce que le travail est plus éprouvant à Paris qu'ailleurs ?).
Mais en avril 1848 est élue à l'Assemblée une majorité de députés issue de la bourgeoisie de province. Elle considère d'un mauvais oeil les réformes sociales et ne craint pas de massacrer les manifestants ouvriers lors des journées dramatiques de juin. Quarante ans plus tard va s'amplifier dans le monde industrialisé la revendication des « trois huit », soit huit heures par jour pour le travail, huit pour les loisirs et autant pour le sommeil.
Metternich chassé de Vienne
Le 13 mars 1848, une émeute oblige le prince de Metternich à s'enfuir de Vienne. Mais le fin diplomate ne tardera pas à restaurer l'autorité de l'empereur autrichien et à mettre fin au « printemps des peuples ».Les Milanais chassent les Autrichiens
Le 23 mars 1848, les Milanais chassent les Autrichiens de leur ville au terme d'un soulèvement de cinq jours. La révolte avait débuté par la guerre des cigares, les Milanais s'abstenant de fumer pour ne pas payer la taxe sur le tabac... et les troupes d'occupation se plaisant à fumer sous leur nez de voluptueux cigares. Les Autrichiens du feld-maréchal Radetzky reprendront pied dans la ville et auront raison des vélléités patriotiques des Italiens.Élections à l'Assemblée constituante
Le 23 avril 1848 ont lieu les élections des députés à l'Assemblée constituante de la IIe République. À cette occasion, les Français votent pour la première fois au suffrage universel : c'est la mort du suffrage censitaire (du mot cens qui désignait le montant minimal d'impôt à partir duquel un homme adulte avait le droit de voter). Avec le suffrage universel, le droit de vote n'est plus soumis à des conditions de revenu... mais seulement de sexe ou de statut (les femmes en sont encore privées, ainsi que les militaires, pour des motifs de neutralité). Le suffrage universel amène à l'Assemblée une majorité conservatrice, les paysans ayant massivement voté pour les notables locaux. Cette modération apaise les réticences de la bourgeoisie à l'égard du suffrage universel.Abolition de l'esclavage en France
Le 27 avril 1848, les décrets d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises sont publiés à l'initiative de Victori Schoelcher et François Arago, ministres de la IIe République. Sont concernés les Antilles, la Réunion et Saint-Louis du Sénégal...Réunion du Parlement de Francfort
À la faveur des révolutions qui bouleversent l'Europe, les représentants du peuple allemand, élus au suffrage universel, se réunissent en Assemblée nationale le 28 mai 1848 à l'église Saint-Paul de Francfort et décident de restaurer sous une forme constitutionnelle l'empire dissous en 1806 (le 1er Reich).
Ils constituent un gouvernement fédéral provisoire confié à un archiduc autrichien de tendance libérale puis publient une déclaration des «droits fondamentaux» d'inspiration également libérale. En janvier 1849, ils se prononcent pour le maintien des États existants et la constitution, au-dessus d'eux, d'un Empire fédéral avec un souverain et un Parlement élu.
Très vite s'opposent les partisans d'une Grande Allemagne, qui inclurait dans ses frontières l'empire d'Autriche et ses importantes minorités allogènes ou non-allemandes), aux partisans d'une Petite Allemagne d'où serait exclue l'Autriche. Sur les 568 membres de l'Assemblée, une courte majorité se prononce en faveur de la deuxième solution et propose le 28 mars 1849 la couronne impériale au roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV.
Mais celui-ci ne veut pas d'une «couronne ramassée dans le ruisseau». De son côté, l'empereur d'Autriche proteste contre cette entorse à sa traditionnelle hégémonie. Toute l'oeuvre du Parlement de Francfort s'écroule d'un coup. Les députés sont dispersés par la force. Le roi de Prusse tente de reprendre l'initiative en réunissant un Parlement de l'Union restreinte à Erfurt.
Insurrection ouvrière à Paris
À Paris, le 23 juin 1848, au point du jour, une foule s'ébranle sur la place de la Bastille, au pied de la colonne de Juillet. Guidé par un dénommé Pujol, au cri de : « La Liberté ou la Mort », elle commence de dresser des barricades. Il va s'ensuivre trois jours de violents combats avec la troupe. Au terme de ces émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux et le licenciement de 120.000 ouvriers, 5.000 insurgés seront tués, dont beaucoup fusillés sans jugement. 25.000 seront arrêtés, 11.000 condamnés à la prison ou à la déportation en Algérie.Mémoires d'Outre-tombe
Le 21 octobre 1848 commencent à paraître les Mémoires d'Outre-tombe. Conformément à la volonté de l'auteur, le vicomte François-René de Chateaubriand, l'oeuvre est publiée dès l'année de sa mort. Rédigée dans une prose magnifique, elle constitue le testament de l'époque romantique.Le pape chassé de Rome
Le 24 novembre 1848, à l'imitation des révolutionnaires français, le peuple de Rome fomente une émeute. Le pape s'enfuit à Gaëte.Élection de Louis-Napoléon Bonaparte
Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte (40 ans) est élu président de la République au suffrage universel (masculin) après une violente mais courte campagne électorale. Le neveu de Napoléon 1er est porté par le prestige de son nom, le discrédit de l'Assemblée conservatrice qui anime la IIe République et ses propres options socialisantes.
Il bénéficie à droite du soutien du parti de l'Ordre et à gauche de la sympathie des ouvriers, ce qui lui vaut de recueillir 5,6 millions de voix soit les trois quarts des suffrages exprimés ! Son principal adversaire, le général Cavaignac, bourreau des journées de juin, obtient seulement 1,5 millions de voix. Les autres candidats, l'avocat Ledru-Rollin, le chimiste Raspail, le poète Lamartine et le général Changarnier, se partagent les 444.000 voix restantes.
Le 20 décembre, l'élu s'installe au palais de l'Élysée, ancien hôtel particulier de la marquise de Pompadour, désormais résidence officielle de la présidence de la République. Il nomme le monarchiste modéré Odilon Barrot à la présidence du Conseil (la direction du gouvernement).
Otto von Bismarck
Naissance le 1er avril 1815 à Schönnhausen (Saxe-Anhalt, Allemagne)Alexandre II Romanov
Naissance le 29 avril 1818 à Saint-Pétersbourg (Russie)Karl Marx
Naissance le 5 mai 1818 à Trèves (Allemagne)Louis Faidherbe
Naissance le 3 juin 1818 à LilleVictoria
Naissance le 24 mai 1819 à Londres (Angleterre)Gustave Courbet
Naissance le 10 juin 1819 à Ornans (Doubs, France)Nadar
Naissance le 6 avril 1820 à ParisFriedrich Engels
Naissance le 28 novembre 1820 à Barmen (Wuppertal) (Allemagne)Fédor Dostoïevski
Naissance le 30 octobre 1821 à Moscou (Russie)Gustave Flaubert
Naissance le 12 décembre 1821 à RouenHenrich Schliemann
Naissance le 6 janvier 1822 à Neubukow (Allemagne)Louis Pasteur
Naissance le 27 décembre 1822 à Dole, JuraErnest Renan
Naissance le 27 février 1823 à TréguierJean-Henri Fabre
Naissance le 21 décembre 1823 à Saint-Léons (Aveyron)Jules Verne
Naissance le 8 février 1828 à NantesHenri Dunant
Naissance le 8 mai 1828 à Genève (Suisse)Louise Michel
Naissance le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne)François-Joseph 1er
Naissance le 18 août 1830 à Vienne (Autriche)James Abram Garfield
Naissance le 19 novembre 1831 à Orange, Ohio (États-Unis)Édouard Manet
Naissance le 23 janvier 1832 à ParisJules Ferry
Naissance le 5 avril 1832 à Saint-DiéGustave Eiffel
Naissance le 15 décembre 1832 à DijonAlfred Nobel
Naissance le 21 octobre 1833 à Stockholm (Suède)Léopold II
Naissance le 9 avril 1835 à Bruxelles (Belgique)Cixi ou Ci Xi
Naissance le 29 novembre 1835(Chine)Sadi Carnot
Naissance le 11 août 1837 à LimogesLéon Gambetta
Naissance le 2 avril 1838 à CahorsJohn Davison Rockefeller
Naissance le 8 juillet 1839 à Richford (New York) (États-Unis)Émile Zola
Naissance le 2 avril 1840 à ParisPiotr Tchaïkovski
Naissance le 7 mai 1840 à Votkinsk (Russie)Claude Monet
Naissance le 14 novembre 1840 à ParisAuguste Renoir
Naissance le 25 février 1841 à LimogesClément Ader
Naissance le 2 avril 1841 à Muret (Haute-Garonne, France)Georges Clemenceau
Naissance le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée, France)Armand Fallières
Naissance le 6 novembre 1841 à Mézin, Lot-et-GaronneÉdouard VII
Naissance le 9 novembre 1841 à Londres (Angleterre)Jean-Frédéric Bazille
Naissance le 6 décembre 1841 à MontpellierStéphane Mallarmé
Naissance le 18 mars 1842 à ParisCharles Cros
Naissance le 1er octobre 1842 à Fabrazan (Aude, France)William McKinley
Naissance le 29 janvier 1843 à Niles (Ohio) (États-Unis)Paul Verlaine
Naissance le 30 mars 1844 à MetzAnatole France
Naissance le 16 avril 1844 à ParisJules Guesde
Naissance le 11 novembre 1845 à ParisThomas Alva Edison
Naissance le 11 février 1847 à Milan (Ohio, États-Unis)Graham Bell
Naissance le 3 mars 1847 à Edimbourg (Écosse)Paul Gauguin
Naissance le 7 juin 1848 à Paris