













Premiers immigrants en Australie
Les premiers colons européens débarquent en Australie, non loin de Botany Bay. Il s'agit de « convicts », autrement dit de petits délinquants.
L'anniversaire de l'arrivée de cette « First Fleet » (la Première Flotte) est devenu la fête nationale du pays...
L'abbé Grégoire fonde la « Société des Amis des Noirs »
Le 19 février 1788, l'abbé Henri Grégoire fonde avec quelques nobles libéraux, comme les marquis de Mirabeau, de Lafayette et de Condorcet, la « Société des Amis des Noirs ». Elle prône l'abolition de l'esclavage dans les colonies.Lamoignon réforme la justice
Le 8 mai 1788, sous le règne de Louis XVI, le garde des sceaux Chrétien-François II de Lamoignon et le contrôleur général des finances Étienne Charles Loménie de Brienne tentent une ambitieuse tentative de réforme de la justice.
À leur initiative, le Parlement se réunit en séance plénière en présence du roi. Au cours de ce lit de justice, Louis XVI enlève aux parlementaires leur droit de remontrance et confie le droit d'enregistrement à une cour plénière. Il rapproche aussi la justice des plaignants en créant 47 tribunaux dits de grands bailliages et abolit la question préalable (la torture).
Cette réforme trop tardive ne sauvera pas la monarchie. Elle n'en témoigne pas moins de l'esprit libéral des membres du gouvernement.
Journée des tuiles à Grenoble
Le 7 juin 1788, les habitants de Grenoble, dans les Alpes, défient les troupes du roi. Juchés sur les toits de leurs maisons, ils jettent des tuiles du toit de leurs maisons sur les soldats qui avaient reçu l'ordre de disperser les parlementaires de la province...Mutinerie à bord du Bounty
Le 28 avril 1789, au large de Tahiti, une mutinerie se produit à bord du Bounty. Elle oppose le commandant du navire, William Bligh, à ses hommes conduits par l'officier Fletcher Christian. Une partie des mutins trouvera refuge sur l'atoll de Pitcairn...Ouverture des états généraux
Le 5 mai 1789, le roi Louis XVI ouvre les états généraux à Versailles en compagnie de son ministre Jacques Necker...Les états généraux deviennent Assemblée nationale
Le 17 juin 1789, à Versailles, le tiers état et quelques représentants du clergé aux état généraux se proclament Assemblée nationale sur une suggestion de l'abbé Sieyès et décident d'élaborer une Constitution pour la France...Le serment du jeu de paume
Le 20 juin 1789, les députés des états généraux, après s'être proclamés Assemblée nationale, se retrouvent dans une salle de Versailles, au Jeu de Paume, où ils jurent sous la présidence de Bailly, « de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeraient, jusqu'à ce que la constitution du royaume fût établie et affermie par des fondements solides ».
Épopée révolutionnaire
Le peintre Louis David a réalisé une composition dramatique autour de cet événement. On voit ci-dessus, au centre, l'abbé Grégoire réunir par les épaules le moine chartreux Dom Gerle, élu de Riom, et le pasteur protestant Rabaut-Saint-Étienne. Derrière le trio, Bailly, président de l'Assemblée, lit le texte du serment...
Renvoi de Necker
Le 11 juillet 1789, le roi Louis XVI renvoie Necker. Son ministre s'est acquis une grande popularité payée de quelques distributions de secours aux Parisiens et son renvoi provoque dans la capitale un début d'agitation qui mènera à la prise de la Bastille.La prise de la Bastille
Le 14 juillet 1789, la Bastille est prise d'assaut par des Parisiens. Sous le commandement de deux officiers, Élie et Hulin, les émeutiers s'emparent de la prison et massacrent le gouverneur de Launay.
Le prévôt des marchands, de Flesselles, compte aussi parmi les victimes de cette première journée révolutionnaire. Deux jours plus tard, l'entrepreneur Palloy se voit confier la démolition de la vieille forteresse cependant que l'astronome et député Bailly devient maire de la Commune insurrectionnelle de Paris...
Abolition des droits féodaux
Dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclament l'abolition des droits féodaux...
Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen
La « Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen » est adoptée par l'Assemblée Constituante du 20 au 26 août 1789...
Naissance de la droite et de la gauche
Le 11 septembre 1789, les députés de l'Assemblée constituante, réunis pour délibérer sur le droit de veto accordé au roi Louis XVI, se répartissent spontanément de part et d'autre du président : à gauche, les opposants au veto, à droite les partisans du roi.Les Parisiennes vont chercher le roi à Versailles
Le 5 octobre 1789, à Paris, quelques milliers de femmes mécontentes de la cherté de la vie et de la disette se rendent à Versailles auprès du roi Louis XVI. Des chômeurs sont de la partie ainsi que d'anciens combattants de la Bastille. Chacun brandit une arme improvisée, fourche ou pique.
L'Assemblée est envahie et une délégation de femmes se rend auprès du roi. Celui-ci les écoute et promet de ravitailler Paris.
Mais le lendemain, les grilles du château sont forcées et la foule se rue vers les appartements de la reine. Celle-ci s'enfuit et échappe de peu au massacre, mais plusieurs de ses gardes du corps sont tués. Le roi n'ose pas s'opposer par la force à la sédition et accepte de regagner Paris avec les émeutiers...
Les biens du clergé nationalisés
Le 10 octobre 1789, sur une proposition de Talleyrand, évêque d'Autun, l'Assemblée constituante décide de nationaliser les biens de l'Église de France.
Par cet expédient, elle compte remédier à la crise financière qui étrangle le royaume. En contrepartie de cette sécularisation de leurs biens, les ecclésiastiques reçoivent l'assurance d'être rémunérés par l'État....
Première « Fédération »
Le 29 novembre 1789, près de Valence, 12.000 gardes nationaux et les représentants des villages environnants célèbrent la première « Fédération ». C'est l'époque bénie de la première Révolution, avant que les contraintes financières, le sectarisme religieux et les égoïsmes des uns et des autres n'engagent le pays dans la voie de la Terreur et de la guerre.Les Français découvrent la guillotine
Le 1er décembre 1789, le député Joseph Guillotin, docteur de son état, suggère à la tribune de l'Assemblée constituante que soit introduite l'égalité de tous les citoyens devant le juge.
« Les délits du même genre seront punis par le même genre de peine, quels que soient le rang et l'état du coupable, écrit-il dans son projet de loi. Dans tous les cas où la loi prononcera la peine de mort, le supplice sera le même (décapitation), et l'exécution se fera par un simple mécanisme ».
Sa proposition va déboucher sur une machine qui connaîtra très vite une immense notoriété : la guillotine...
Premiers assignats
Le 14 décembre 1789, deux mois après avoir nationalisé les biens du clergé français, l'Assemblée constituante crée les premiers assignats. Il s'agit dans un premier temps de bons échangeables contre une fraction des biens nationalisés. Du fait du laxisme des dirigeants politiques, ils vont se transformer rapidement en « monnaie de singe » (sans aucune valeur).La France est divisée en 83 départements
Le 15 janvier 1790, l'Assemblée constituante établit la carte des départements et fixe leur nombre à 83. Les limites et le chef-lieu de ces nouvelles circonscriptions coïncident le plus souvent avec les anciens pays gaulois et les comtés carolingiens d'où leur succès immédiat.
Aujourd'hui, il est devenu de bon ton de revendiquer la suppression de ces départements, jugés trop petits bien qu'analogues en taille aux cantons suisses et aux shires anglais...
Robespierre président du Club des Jacobins
Le 31 mars 1790, Maximilien de Robespierre est élu président du Club des Jacobins. Il sort de l'anonymat des 1139 députés de l'Assemblée Constituante.Une Constitution civile pour le clergé
Le 12 juillet 1790, à Paris, l'Assemblée constituante vote la Constitution civile du clergé. Ce décret va causer la ruine de la Révolution démocratique inaugurée un an plus tôt...
Fête de la Fédération, Fête nationale
Le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération commémore le premier anniversaire de la prise de la Bastille. Les représentants des 83 départements fraternisent sur le Champ de Mars...
Depuis une loi du 6 juillet 1880, l'anniversaire de ces deux jours, est aujourd'hui en France fête nationale.
Une justice démocratique... et sans lendemain
À Paris, par le décret du 16 août 1790, les députés de l'Assemblée constituante abolissent la justice coûteuse et compliquée de l'Ancien Régime, avec ses parlements, ses tribunaux de bailliages,... Au nom du principe de séparation des pouvoirs popularisé par Montesquieu, ils instituent des magistrats élus par les citoyens actifs.
- Chaque canton a un juge de paix élu pour deux ans.
-Chaque district un tribunal de première instance et chaque département un tribunal criminel. Dans ce dernier, un jury d'accusation de 8 membres décide s'il y a lieu de poursuivre l'accusé et un jury de jugement de 12 membres décide de la peine à appliquer.
Les juges de district siègent aussi dans les tribunaux criminels. Ils sont élus pour 6 ans et obligatoirement choisis parmi les hommes de loi.
- Dans la capitale, un tribunal de cassation veille à la conformité des jugements.
Les députés prévoient par ailleurs d'uniformiser les peines pour tous les citoyens, sans distinction de classe sociale (c'est ainsi que la mort est pour tous les condamnés donnée par la guillotine).
Cette justice démocratique, efficace et peu coûteuse révélera de grandes qualités pendant les quelques mois que durera l'Assemblée législative. Elle disparaîtra avec cette dernière.
Le clergé français astreint au serment
Le 27 novembre 1790, le clergé est astreint à prêter serment sur la Constitution civile. La Révolution connaît son premier dérapage.Le décret d'Allarde abolit les corporations
Le 2 mars 1791, un décret de l'Assemblée constituante française abolit les corporations au nom de la liberté d'entreprendre : « À compter du 1er avril prochain, il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouvera bon », écrit le baron Pierre d'Allarde, rapporteur du décret.
Dans un souci de cohérence, la loi Le Chapelier interdit par ailleurs le 14 juin 1791 la reconstitution de toute association professionnelle tant de patrons que de salariés.
Mirabeau inaugure le Panthéon
Le 5 avril 1791, l'Assemblée nationale constituante décerne à Mirabeau, mort trois jours plus tôt, trois jours après sa mort, l'honneur d'être inhumé en l'église Sainte Geneviève, transformée pour l'occasion en Panthéon des gloires nationales. Le vibriant orateur en sera exclu le 21 septembre 1794, après qu'auront été découvertes les preuves de sa duplicité et de sa collaboration avec le roi Louis XVI dans une « armoire de fer », au palais des Tuileries.Une Constitution polonaise sans lendemain
Le 3 mai 1791, la Grande Diète polonaise adopte une Constitution inspirée des principes libéraux de la Révolution française. Ses velléités réformatrices réveillent l'animosité de la Prusse, de l'Autriche et de la Russie à l'égard de la Pologne. Celle-ci, victime d'une vieille disposition constitutionnelle absurde, le « Liberum veto », ne vas pas tarder à disparaître de la carte !...
Fête nationaleEn souvenir de cette tentative de rénovation politique, les Polonais ont fait du 3 mai leur fête nationale.
Le Québec à la conquête de sa souveraineté
Le 10 juin 1791, le roi anglais George III signe l'Acte constitutionnel du Canada. Il partage la colonie nord-américaine en deux provinces :
– À l'ouest de la rivière Outaouais (Ottawa en anglais), est créé le Haut-Canada, à dominante anglophone.
– À l'est, le Bas-Canada réunit les Canadiens de souche française. Il compte 160.000 habitants dont seulement 20.000 anglophones. Sa capitale est la ville de Québec...
Le Chapelier interdit les associations professionnelles
Le 14 juin 1791, dans un souci de cohérence avec le décret d'Allarde qui interdit les corporations, l'Assemblée constituante française interdit la reconstitution de toute association professionnelle tant de patrons que de salariés. L'article second de la loi du député Isaac Le Chapelier énonce : « Les citoyens d'un même état ou profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, se nommer ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibération, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs ».
Cette loi révolutionnaire est bienvenue à l'origine car elle met fin aux dérives corporatistes de l'Ancien Régime : protection des nantis, entraves à l'épanouissement professionnel des ouvriers et compagnons. Mais au XIXe siècle, par un effet pervers, elle entravera la création de syndicats. Elle sera pour cette raison abolie sous la IIIe République, le 21 mars 1884.
La fuite à Varennes
Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette et leurs deux enfants, Madame Élisabeth, la soeur du roi, et la gouvernante des enfants s'enfuient de Paris avec la complicité du comte suédois Axel de Fersen.Fusillade du Champ de Mars
Le 17 juillet 1791, une fusillade se produit sur le Champ de Mars, à Paris, à l'initiative de La Fayette et Bailly, sur ordre de l'assemblée constituante...
Les esclaves de Saint-Domingue s'insurgent
Le 22 août 1791, la colonie de Saint-Domingue (Haïti) est secouée par une insurrection des « Nègres marrons » (ainsi appelait-on les esclaves qui avaient fui les plantations et s'étaient réfugiés dans les forêts).
Prenant au mot les députés français qui avaient proclamé à Paris, peu avant, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, ils revendiquent l'abolition de l'esclavage et l'égalité des droits...
Entrevue de Pillnitz
Le 27 août 1791, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II, l'empereur allemand Léopold II et l'Électeur de Saxe ont une entrevue à Pillnitz, en Saxe. À la suite de celle-ci, l'empereur exige des révolutionnaires français qu'ils rétablissent le roi de France dans la plénitude de ses droits. Depuis la fuite à Varennes, en effet, Louis XVI, beau-frère de l'empereur, avait été suspendu de ses droits.Triomphe de La Flûte enchantée
Le 30 septembre 1791, La Flûte enchantée de Mozart est accueillie à Vienne par une ovation triomphale...Assemblée législative
Le 1er octobre 1791 se tient la première séance de l'Assemblée législative. Elle inaugure une monarchie constitutionnelle relativement démocratique sur la base de la Constitution rédigée par l'Assemblée nationale élue en 1789...Décret contre les prêtres réfractaires
Le 29 novembre 1791, la Législative prend un décret contre les prêtres réfractaires qui refusent la Constitution civile du clergé, votée un an plus tôt. La Révolution démocratique et quasi-unanime des débuts tourne à la guerre civile.Vote du Bill of Rights
Peu après l'entrée en fonction du premier président de la République américaine, Georges Washington, le Congrès ajoute à la Constitution des États-Unis d'Amérique dix amendements relatifs aux droits individuels. C'est la Déclaration des Droits (en anglais Bill of Rights). Elle est publiée le 17 décembre 1791. Il y a déjà eu un précédent avec le vote d'une première Bill of rights par le Congrès de la colonie de Virginie, le 12 juin 1776, à l'initiative d'un certain George Mason. L'expression elle-même dérive de l'acte agréé par le roi d'Angleterre Guillaume d'Orange en 1688.Les Girondins prennent la tête de la Révolution
Le 23 mars 1792, après s'être séparé de ses ministres du club des Feuillants, tous favorables à la monarchie constitutionnelle, le roi Louis XVI appelle au gouvernement des amis du député de la Gironde Brissot, que l'on appelle Brissotins et qui seront plus tard connus sous le nom de Girondins. Ardents révolutionnaires, ils participent aussi au Club des Jacobins. À l'Assemblée Législative, ils plaident pour la guerre contre l'Autriche. Le roi, pour des raisons opposées, est aussi favorable à la guerre. C'est ainsi qu'il nomme Roland à l'Intérieur, Clavière aux Finances, Dumouriez aux Relations extérieures, Duranthon à la Justice et Servan à la Guerre.Création du dollar
Le 4 avril 1792, une loi fait du dollar la monnaie officielle des États-Unis à l'initiative d'Alexander Hamilton, secrétaire du Trésor sous la présidence de George Washington. Son nom vient d'une déformation phonétique de thaler.
Le thaler, devise universelle avant l'heureLe thaler est une monnaie d'origine autrichienne illustrée par le portrait bien en chair de l'impératrice Marie-Thérèse, morte en 1780. Cette monnaie en argent de très bon aloi était devenue très populaire en Europe centrale mais aussi dans le Nouveau Monde et même dans la péninsule arabe, où elle était encore en usage au début du XXe siècle !
Son nom est une abréviation de Joachimsthaler. Il vient de Joachimsthal (« vallée de Joachim ou Jacques »), ville autrichienne entourée de riches gisements argentifères, dans les monts Métallifères. Située au nord de l'actuelle République tchèque, la ville porte aujourd'hui le nom de Jáchymov et les montagnes s'appellent Krušné hory (« Monts rudes »).
La France déclare la guerre à l'Autriche
Le 20 avril 1792, le roi Louis XVI déclare officiellement la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie », en fait l'archiduc d'Autriche François II de Habsbourg.
C'est l'aboutissement d'une crise internationale en germe depuis plusieurs mois... et le début d'une longue série de guerres entre la France et le reste de l'Europe qui vont bouleverser la carte du continent...
Rouget de Lisle chante la Marseillaise
Le 25 avril 1792, à Strasbourg, dans le salon du baron de Dietrich, maire de la ville et ami de Lafayette, l'effervescence est à son comble...Naissance de la bourse de Wall Street
Le 17 mai 1792, à New York, au numéro 68 de la rue du mur (Wall Street), près de l'ancien mur d'enceinte des Hollandais, 24 agents de change signent la convention du Buttonwood tree, du nom du platane sous lequel ils ont pris l'habitude de se réunir.
Par cette convention, ils décident d'appliquer un taux de commission unique sur toutes leurs ventes de titres. C'est la naissance du New York Stock Exchange (NYSE), la Bourse des valeurs de New York, surnommé Wall Street depuis 1863.
Le roi boit à la santé du peuple
Le 20 juin 1792, le roi Louis XVI fait front à la première« journée révolutionnaire » conduite par les sans-culotte...Le « baiser Lamourette »
Le 7 juillet 1792, les gouvernants français sont aux abois. L'ennemi est aux frontières et, à l'Assemblée Législative, à Paris, les représentants de la Nation se déchirent entre Feuillants, Fayettistes, Brissotins, Montagnards...
C'est alors que le député Antoine-Adrien Lamourette, évêque constitutionnel de Lyon, monte à la tribune et en appelle à la réconciliation par un discours si émouvant que tous ses collègues tombent dans les bras les uns des autres. Ils réclament la publication de l'appel de Lamourette. Une délégation conduite par Lamourette va même au palais des Tuileries chercher le roi Louis XVI. Celui-ci se rend à l'Assemblée et, attendri, la félicite pour son esprit de fraternité.
Mais dès le lendemain, au club des Jacobins, refuge des sans-culottes et des révolutionnaires les plus endurcis, Jacques Billaud-Varenne remet les pendules à l'heure : « À voir certains membres se jeter dans les bras d'autres membres, il me semble voir Néron embrassant Britannicus et Charles IX tendant la main à Coligny ».
En définitive, le brave Lamourette meurt sur l'échafaud dix-huit mois plus tard, le 11 janvier 1794.
Le manifeste de Brunswick
Le 15 juillet 1792, à Coblence, sur les bords du Rhin, le duc de Brunswick (ou Braunschweig), qui commande l'armée prussienne, promet par un manifeste de « livrer Paris à une exécution militaire et à une subversion totale » si « la famille royale subissait le moindre outrage ».
Trois mois plus tôt, le gouvernement français, avec l'accord de Louis XVI, a déclaré la guerre aux Autrichiens, lesquels se sont rapprochés des Prussiens en vue d'envahir la France. Contrairement à ses attentes, le duc de Brunswick constate que son manifeste, loin d'effrayer les Français, a provoqué un sursaut patriotique...
Chute de la monarchie
Au matin du 10 août 1792, une « commune insurrectionnelle » s'installe à l'Hôtel de ville de Paris, sous la présidence de Pétion. Par ailleurs, une foule de sans-culottes et de fédérés se rassemble aux abords du palais des Tuileries à l'initiative des meneurs Santerre et Westermann.
La résidence royale est défendue par 900 gardes suisses et quelques centaines de gardes nationaux, sous le commandement du marquis de Mandat. Danton le fait convoquer à l'Assemblée. Il est arrêté puis sommairement exécuté. Les troupes passent sous le commandement de La Chesnaye.
La foule donne l'assaut aux Tuileries. La monarchie capétienne s'écroule après 800 ans d'existence. Le roi Louis XVI et sa famille prennent le chemin de la prison du Temple...
Massacres de Septembre
Les 2 et 3 septembre 1792, à l'instigation de meneurs comme le journaliste Jean-Paul Marat qui agitent la crainte des complots et celle, bien réelle, de l'invasion, des dizaines de sans-culottes envahissent les prisons parisiennes. À l'Abbaye, la Force, la Conciergerie, Bicêtre, ils massacrent les prisonniers prétendument contre-révolutionnaires. Au total un millier de victimes : aristocrates, prêtres réfractaires mais aussi droit commun et citoyens ordinaires.

Parmi les victimes figure la princesse Marie-Thérèse de Lamballe (42 ans), ancienne confidente de la reine, connue pour être aussi belle que vertueuse ! Elle avait été enfermée à la prison de la Force après avoir accompagné la famille royale à la prison du Temple. Son corps est mis en lambeaux par les émeutiers. Sa tête, plantée au bout d'une pique, est promenée sous la fenêtre de la cellule de la reine ! Avec ces massacres, la Révolution française entre dans sa phase la plus violente.
Vol des joyaux de la Couronne
Dans la nuit du 16 au 17 septembre 1792, à Paris, une patrouille de police arrête une poignée de malandrins devant le Garde-Meuble national où sont exposés le mobilier et les joyaux de la Couronne, à l'angle de la place de la Concorde et de la rue Saint-Florentin (l'actuel Hôtel de la Marine).
Elle découvre sur eux quelques mauvais diamants. Une enquête rapide montre alors que d'autres joyaux autrement plus précieux, les Joyaux de la Couronne, ont été posément dérobés dans les jours précédents. Parmi eux de fameux diamants : le « Grand Diamant Bleu », le « Régent » ou « Pitt » qui sera retrouvé plus tard, le « Sancy », le « Miroir du Portugal ».
C'est ainsi qu'éclate l'affaire du « Vol du Garde-Meuble » dans une capitale enfiévrée par la chute de la monarchie et les massacres de Septembre. Dix sept seconds couteaux sont rapidement jugés et cinq exécutés sous l'inculpation de menées contre-révolutionnaires.
Mais très vite des rumeurs courent sur les commanditaires du vol et l'on suspecte rien moins que les ministres girondins d'y avoir trempé. Parmi eux le ministre de l'Intérieur Roland et le ministre de la Justice Danton qui aurait fait remettre quelques joyaux au duc de Brunswick, commandant des troupes d'invasion prussiennes, pour le convaincre de se retirer. La victoire française de Valmy en serait la conséquence mais tout cela n'est qu'hypothèse...
Droit au divorce et interdiction des voeux perpétuels
Par un même texte de loi, l'Assemblée législative, avant de se séparer, vote le 20 septembre 1792 l'autorisation du divorce et l'interdiction des voeux perpétuels (la possibilité d'entrer au couvent). Pour les révolutionnaires, en effet, la liberté exige qu'aucun engagement ne soit irrévocable ! Un an plus tôt avait été institué le mariage civil.
Modeste canonnade à Valmy
Le 20 septembre 1792, devant le moulin de Valmy, la Révolution française est sauvée in extremis de l'invasion étrangère.
Les généraux Dumouriez et Kellermann, aux côtés desquels se tient le duc de Chartres (futur Louis-Philippe 1er), font reculer les Prussiens du duc de Brunswick, lequel est en compagnie du poète Goethe...
Ouverture de la Convention
Le 21 septembre 1792, la Convention succède à l'assemblée de la Législative et met fin à la première expérience de monarchie constitutionnelle. La nouvelle assemblée décrète l'abolition de la royauté en France. L'événement survient sous les bons auspices de la victoire de Valmy, la veille, le 20 septembre 1792, face aux troupes prussiennes.
Le lendemain 22 septembre 1792, les députés décident, sur une proposition de Danton, que les actes publics seront désormais datés de « l'An 1 de la République ». C'est de cette manière « furtive », selon le mot de Robespierre, que la France se découvre en République !
Avènement de la République française
Le 22 septembre 1792, six semaines après l'incarcération du roi Louis XVI et deux jours après la victoire de Valmy, les députés de la nouvelle assemblée de la Convention décident, sur une proposition de Danton, que les actes publics seront désormais datés de « l'An 1 de la République ».
C'est de cette manière « furtive », selon le mot de Robespierre, que la France se découvre en République.
Sous l'Ancien Régime, le mot République était synonyme d'État (que celui-ci ait ou non un souverain à sa tête). À la fin du XVIIIe siècle, il commence à se confondre avec un régime non monarchique (que celui-ci soit ou non démocratique).
Jemmapes
Le 6 novembre 1792, les volontaires de l'armée française battent les soldats autrichiens à Jemmapes, près de Mons, en Belgique...Louis XVI devant la Convention
Le 11 décembre 1792, Louis Capet, anciennement Louis XVI, comparaît devant la Convention. L'assemblée nationale s'est constituée en tribunal. Elle siège dans la salle du Manège, aux Tuileries.Exécution de Louis XVI
En ce 21 janvier, on peut commémorer la mort du roi Louis XVI, guillotiné en place publique à Paris en 1793 à 38 ans.
Louis XVI est exécuté le dimanche 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (précédemment place Louis XV, aujourd'hui place de la Concorde).
Dans les rues de la capitale, la garde nationale est sur le qui-vive et défile en armes. Les tambours battent partout la générale...
La Convention lève 300.000 hommes
Le 24 février 1793, l'assemblée de la Convention décide de lever 300.000 hommes pour faire face à la première coalition européenne contre la France révolutionnaire. Trois jours plus tôt, elle a instauré l'amagalme des volontaires et des troupes de ligne régulières issues des armées royales. De fait, la République ne réussira à recruter que la moitié des effectifs souhaités et elle devra recourir le 10 mars à la levée en masse autoritaire, ce qui aura entre autres conséquences de pousser les Vendéens à la révolte.Création du Tribunal révolutionnaire
Le dimanche 10 mars 1793, à Paris, l'assemblée révolutionnaire de la Convention décrète la levée en masse de 300.000 hommes pour protéger les frontières.
Le soir même, à l'instigation de Danton (« Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être »), elle institue un Tribunal criminel extraordinaire, plus tard appelé Tribunal révolutionnaire, pour « juger sans appel et sans recours les conspirateurs et les contre-révolutionnaires ».
Un tribunal d'exception avait déjà été institué pour juger les « conspirateurs du 10 août 1792 » mais dissous le 29 novembre 1792, une fois sa tâche accomplie. Le nouveau tribunal va devenir l'outil de la Terreur jusqu'à la chute de Robespierre. Il compte cinq juges, douze jurés, un accusateur public et deux substituts nommés par l'Assemblée. Il s'installe dans la Grande Chambre de l'ancien Parlement, dissous en 1790, sur l'île de la Cité, à l'emplacement de l'actuel Palais de Justice.
L'accusateur public Fouquier-Tinville use de son autorité pour envoyer à la guillotine aussi bien d'innocents suspects que Charlotte Corday, meurtrière de Marat, l'ex-reine Marie-Antoinette ou des chefs de la Révolution comme ses propres amis Danton, Robespierre et même son cousin Camille Desmoulins.
Du 6 avril 1793 au 7 mai 1795, le tribunal voit passer 5.215 accusés et en envoie 2.791 à la guillotine, surtout après la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794) qui inaugure la Grande Terreur. Il est supprimé le 31 mai 1795, l'une de ses dernières victimes ayant été Fouquier-Tinville lui-même...
Le même jour commence dans toute la France la levée en masse. Cette mesure entraîne aussitôt le soulèvement des paysans de Vendée...
Massacre de Machecoul
Le 11 mars 1793, à Machecoul, en Loire-Inférieure (aujourd'hui Loire-Atlantique), des paysans exaspérés par la conscription militaire massacrent plusieurs gardes nationaux ainsi que quelques bourgeois, connus pour leurs sympathies républicaines, et le curé assermenté (il a approuvé la Constitution civile du clergé). C'est le début des guerres de Vendée.
Salm-Salm rattachée à la France
Le 17 mars 1793, la petite principauté de Salm-Salm, située à l'ouest de l'Alsace, entre Schirmeck et Senones, sa capitale, est rattachée à la France à la demande de la population, empêchée de se ravitailler autrement qu'à travers le territoire français. Le prince de Salm possédait à Paris un hôtel particulier qui abrite aujourd'hui le musée de la Légion d'honneur.Bataille de Neerwinden
Le 18 mars 1793, les Français subissent une demi-défaite à Neerwinden (Belgique). Par leur politique de conquête, les révolutionnaires ont dressé tous les Européens contre eux. Ils perdent ainsi le bénéfice de leurs victoires antérieures. Le général Dumouriez, l'ancien vainqueur de Valmy, déserte pour échapper à des sanctions. La France est à nouveau menacée d'invasion. À Paris, Robespierre renforce la Terreur.Création du Comité de Salut public
Le 6 avril 1793, la Convention crée le Comité de Salut public. À la suite de la défaite de Neerwinden et des insurrections royalistes, ce nouveau gouvernement révolutionnaire dirigé par Maximilien de Robespierre prend sans tarder des mesures d'urgence. C'est notamment l'envoi de représentants en mission aux armées et la levée en masse. Carnot lève 14 armées et 800.000 hommes. Quinze mois plus tard, la victoire de Fleurus efface Neerwinden.Mise en accusation de la Gironde
Le 31 mai 1793, à l'appel de Robespierre, des sans-culottes parisiens guidés par Varlet et Roux encerclent la Convention et réclament la mise en accusation des députés de la Gironde qui gouvernent le pays. Ils leur reprochent leur incapacité à faire face à l'invasion étrangère et les soupçonnent de préparer le retour de la monarchie. 3 jours plus tard, les chefs girondins, au nombre de 22, seront arrêtés et envoyés à la guillotine. À la faveur de ce coup d'État parisien, les députés de la Montagne prendront le pouvoir et installeront la Grande Terreur.Arrestation des Girondins
Le 2 juin 1793, 80.000 Parisiens en colère assiègent l'Assemblée. Le sans-culotte Hanriot, à la tête de la garde nationale, menace les députés de la Convention.
Il réclame la destitution et l'arrestation des députés girondins, que l'on appelle ainsi parce que plusieurs sont originaires du département de la Gironde...
Assassinat de Marat
Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday poignarde le tribun révolutionnaire Jean-Paul Marat dans sa baignoire où il soignait un eczéma généralisé (forme de lèpre).
Médecin devenu député à la Convention nationale, Marat (50 ans) s'était rendu populaire auprès des sans-culottes parisiens par ses diatribes assassines, publiées dans L'Ami du peuple.
Sa meurtrière est une Normande de petite noblesse de 25 ans, arrière-petite-fille du grand Corneille et nourrie de lectures classiques. Ayant noué des sympathies avec les Girondins modérés, traqués par Marat, elle voit en ce dernier le fossoyeur de son idéal de liberté.
Elle espère, à l'image des héroïnes antiques, faire oeuvre utile en l'éliminant, quitte à sacrifier aussi sa jeune vie... Mais son geste n'aura d'autre effet que d'amplifier la Terreur. Elle-même sera guillotinée le 17 juillet 1793 sur la place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde), après l'entrée de la dépouille de sa victime au Panthéon. Lamartine, plus tard, la qualifiera d'« Ange de l'assassinat ».
Le peintre Louis David, par ailleurs député montagnard à la Convention, laisse de l'assassinat un tableau célèbre, qui exalte l'image du tribun et gomme celui de sa jeune meurtrière. De celle-ci, on retient le portrait ci-contre, réalisé pendant son procès et achevé dans sa cellule à sa demande, par Jean-Jacques Hauer.
Plan de destruction de la Vendée
Le 1er août 1793, un décret de la Convention ordonne la destruction et l'incendie de la Vendée en état d'insurrection. La mise en oeuvre de ce plan est confiée au général François Westermann...
Extrait du décret de la convention nationale du 1er août 1793 :
Article premier : « le ministre de la guerre donnera sur-le-champ les ordres nécessaire pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée ; Il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce, pour incendier les bois, les taillis et les genêts... Les femmes, les enfants et les vieillards, seront conduits dans l'intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l'humanité... Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la république » (ADV, 52J4).
« La Terreur à l'ordre du jour »
Le 5 septembre 1793, la Convention met « la Terreur à l'ordre du jour ». À l'appel de Barère, porte-parole du Comité de Salut public, elle décide de prendre toutes les mesures de circonstance propres à sauver la Révolution française...
Loi des suspects
Le 17 septembre 1793, à la veille d'instaurer la Grande Terreur, la Convention vote la loi des suspects. Elle permet l'arrestation de ceux qui « n'ayant rien fait contre la Liberté, n'ont rien fait pour elle ». Autant dire que tout le monde est menacé. La loi sera abrogée après la chute de Robespierre, le 9 thermidor an II.Loi du « maximum général »
Le 29 septembre 1793, en pleine Terreur, les députés de la Convention votent la loi du « maximum général » qui bloque les salaires et les prix, pour donner satisfaction aux sans-culottes qui s'indignent des pénuries et proclament haut et fort : « Guerre aux accapareurs ».
La loi impose un prix maximum pour les produits de première nécessité, variable selon les régions et en général supérieur d'un tiers aux prix courants de 1790. Le maximum des salaires est quant à lui de moitié supérieur au niveau moyen de 1790.
C'est la première fois qu'un gouvernement intervient de la sorte sur le marché. Mais cette première forme d'économie administrée se solde par une impopularité sans précédent. Instantanément, les greniers et les magasins se vident de leurs marchandises. Chacun achète tout ce qu'il peut pendant qu'il est temps et les paysans dissimulent leurs récoltes plutôt que de les vendre à vil prix. Le gouvernement tente de réagir en appliquant des peines très dures aux contrevenants, y compris la prison et la guillotine.
« Le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix »
Le 10 octobre 1793, à l'instigation de Saint-Just (27 ans), la Convention proclame dans un décret : « Le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix ». Ce décret fait suite à la proclamation du 5 septembre qui a mis « la Terreur à l'ordre du jour » et à la loi des suspects du 17 septembre.Bataille de Wattignies
Le 16 octobre 1793, à Wattignies, une victoire du général Jourdan et de Lazare Carnot permet de libérer Maubeuge assiégée par les Autrichiens...Exécution de Marie-Antoinette
La reine Marie-Antoinette est guillotinée le 16 octobre 1793, dix mois après Louis XVI.
Le procès expéditif de la reine (38 ans) n'est justifié par aucune raison politique mais il est provoqué par une intensification de la Terreur, sous l'effet d'attaques tant extérieures qu'intérieures contre le pouvoir parisien...
Les Vendéens sont défaits à Cholet
Le 17 octobre 1793, les insurgés Vendéens sont défaits à Cholet par les « Bleus »...Naissance de la baguette de pain
La traditionnelle baguette de pain, symbole de l'identité nationale, remonte à la Révolution. Le 15 novembre 1793 (26 brumaire An II selon le calendrier républicain), un décret de la Convention stipule que tous les Français doivent manger le même pain : « La richesse et la pauvreté devant également disparaître du régime de l'égalité, il ne sera plus composé un pain de fleur de farine pour le riche et un pain de son pour le pauvre. Tous les boulangers seront tenus, sous peine d'incarcération, de faire une seule sorte de pain : Le Pain Égalité ».
En 1856, Napoléon III, à son tour, tente de réglementer la taille et le poids du pain : 40 cm et 300 g environ. Après la Seconde Guerre mondiale se généralise la baguette, aussi appelée flûte ou petite selon les régions. D'une longueur de 80 cm et d'un poids de 250 g, son prix a été jusque dans les années 1980 fixé par arrêté préfectoral.
Ouverture du musée du Louvre
Le 18 novembre 1793 ouvre officiellement le musée du Louvre, dans l'ancien palais de la monarchie.
Le 10 août précédent, pour fêter le premier anniversaire de la chute de la royauté, l'assemblée révolutionnaire de la Convention avait décidé la création d'un « Museum de la République » où seraient mis à disposition du peuple collections royales et oeuvres d'art confisquées aux émigrés et aux églises.
Richard Fremder nous raconte l'histoire du musée depuis ses origines...
Naissance du calendrier révolutionnaire
Le 24 novembre 1793 paraît le nouveau calendrier républicain ou « calendrier des Français », une création originale du poète et révolutionnaire Fabre d'Églantine, qui s'est fait connaître avant la Révolution en composant l'immortel « tube » : « Il pleut, il pleut,bergère... ».
Les semaines sont portées à dix jours (primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi) et prennent le nom de décades. Quant aux mois, ils ont chacun 30 jours. Dotés de belles sonorités, leurs noms évoquent les quatre saisons : vendémiaire, brumaire, frimaire, nivôse, pluviôse, ventôse, germinal, floréal, prairial, messidor, thermidor, fructidor. Pour s'aligner sur un cycle solaire, ces douze mois sont complétés par cinq ou six jours consacrés à des fêtes patriotiques, les « sanculottides ». Le principe n'est pas à proprement parler nouveau. Il était déjà employé par les pharaons !...
Fin du siège de Toulon
Le 18 décembre 1793, Anglais et Espagnols se retirent de Toulon. Leur défaite met en lumière le talent d'un jeune officier d'artillerie, le capitaine Napoléon Bonaparte...
Le port de Toulon, essentiel à la défense de la France, a été occupé par les coalisés le 27 août 1793, à la faveur des troubles civils qui ont agité la France après l'exécution du roi Louis XVI.
Le capitaine Dommartin, chargé par la Convention de reprendre la ville, a été blessé le 7 septembre et remplacé le 16 par le capitaine Bonaparte (24 ans). Celui-ci comprend qu'il est vain d'assiéger la ville aussi longtemps qu'elle peut être ravitaillée par le port.
Aussi tourne-t-il ses batteries vers les forts Mulgrave et de l'Éguillette qui barrent l'entrée de la rade. Comme prévu, une fois les deux forts aux mains de l'armée révolutionnaire, les Toulonnais, ne pouvant plus être ravitaillés par la Royal Navy, se résignent à la reddition.

Ce premier succès vaut à Bonaparte d'être nommé général de brigade le 22 décembre suivant. L'amitié du frère cadet de Robespierre lui permet dès lors de faire valoir ses vues stratégiques au Comité de salut public (le gouvernement révolutionnaire). C'est le début d'une fabuleuse épopée.
Les « colonnes infernales » de Turreau
Le 19 janvier 1794, le général Turreau présente à la Convention un plan d'extermination de la Vendée.
24 colonnes vont pénétrer en Vendée avec la consigne de tout brûler et de tout massacrer. Les horreurs perpétrées par ces colonnes leur vaudront dans l'Histoire le qualificatif d'infernales...
La Convention abolit l'esclavage
Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), à l'instigation de l'abbé Henri Grégoire, la Convention vote l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises (ou ce qu'il en reste).
Cette mesure méritante, imposée par les circonstances plus que voulue, sera abrogée dès la fin de la Révolution...
Trois couleurs pour la France
Le 15 février 1794, la Convention nationale « décrète qu'à compter du 1er prairial an II (20 mai 1794), le pavillon sera formé des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales posées verticalement,... » pour mettre fin à la fantaisie des couleurs dans la Marine française, sujette à confusion dans les combats.
Ces règles destinées aux pavillons des navires s'appliquent dans la foulée à l'ensemble des drapeaux de la Nation.C'est la naissance du drapeau tricolore...
Les Hébertistes guillotinés
Le 24 mars 1794, les Hébertistes montent à l'échafaud.Danton et Desmoulins guillotinés
Le 17 Germinal An II (5 avril 1794), Danton et Camille Desmoulins sont guillotinés avec quelques autres partisans. Robespierre reste pour quelques mois seul maître à Paris. Il se laisse aller à des excès de pouvoir. La Grande Terreur se profile.Le Vengeur livre son dernier combat
Le 1er juin 1794, au plus fort de la Révolution, une escadre française livre un combat désespéré à la flotte anglaise, au large de Brest...La fête de l'Être suprême
Maximilien de Robespierre, chef du Comité de Salut public, conduit le 8 juin 1794 (20 prairial An II) la première fête en l'honneur de l'Être suprême...La Grande Terreur
Le 10 juin 1794, à Paris, la loi du 22 prairial An II réduit les procès révolutionnaires à de simples formalités. C'est le début de la « Grande Terreur » qui entraînera la mort sur l'échafaud de milliers de simples suspects, jusqu'à la mort du premier responsable de cette loi, Maximilien de Robespierre, le 10 thermidor suivant (28 juillet 1794)...La Révolution est sauvée à Fleurus
Le 8 messidor an II (26 juin 1794), les Français remportent une bataille décisive sur les Autrichiens à Fleurus, en Belgique, entre Charleroi et Namur...Inauguration du télégraphe optique
Le 16 juillet 1794 est inauguré le télégraphe optique entre Paris et Lille. Inventé par Claude Chappe, il permet d'acheminer en quelques dizaines de minutes des messages entre les deux villes grâce à une quinzaine de stations-relais.Arrestation de Robespierre
Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794 selon le calendrier grégorien) marque la fin de la dictature de Maximilien de Robespierre sur la France révolutionnaire...
Exécution de Robespierre
Le 28 juillet 1794 (10 thermidor an II), Maximilien Robespierre monte à l'échafaud. Saint-Just, Couthon et Robespierre jeune, son frère, partagent son sort.la bataille du Texel
À l'aube du 21 janvier 1795, en mer de Frise, se déroule une bataille comme l'Histoire n'en a jamais connu ni avant ni après. Profitant d'un hiver glacial qui a gelé la mer, un escadron de hussards de l'armée française monte à l'assaut de la flotte hollandaise. Combat unique dans les annales...
La liberté des cultes est rétablie
Le 21 février 1795, un décret de la Convention du 3 ventôse an III rétablit la liberté des cultes. En mettant fin à une longue période d'intolérance inaugurée par la Constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790, les députés espèrent réconcilier les Français avec la Révolution ou ce qu'il en reste.Adoption du système métrique
Le 7 avril 1795, la Convention adopte le rapport du député Prieur de la Côte d'Or qui officialise le système métrique. Elle propose une unité de mesure universelle destinée à remplacer les unités locales.
La nouvelle unité, le mètre (du grec metron, mesure) est définie comme étant la dix millionnième partie du quart d'un méridien terrestre. C'est une révolution (mondiale) dans la Révolution (française) !
Louis XVII meurt au Temple
Le 8 juin 1795, Louis XVII meurt à la prison du Temple, à Paris, dans l'anonymat et la détresse...Débarquement de Quiberon
Le 21 juillet 1795, le général Lazare Hoche rejette à la mer des émigrés royalistes qui avaient tenté un débarquement sur la presqu'île de Quiberon, avec le soutien de la flotte anglaise.
Bonaparte devient le « général Vendémiaire »
Le 5 octobre 1795, ou 13 Vendémiaire An IV, le général Napoléon Bonaparte fait une entrée remarquée dans les affaires politiques de la France...Effacement de la Pologne
Le 24 octobre 1795, la Pologne est effacée de la carte par un troisième et dernier partage auquel participent l'Autriche, la Prusse et la Russie.La Convention cède la place au Directoire
Le 26 octobre 1795, la Convention cède la place au Directoire...Les planches à assignats au bûcher
Le 19 février 1796 (30 pluviôse an IV), on brûle les planches à assignats en place Vendôme.Napoléon épouse Joséphine de Beauharnais
Le 9 mars 1796, sous le Directoire, le général Napoléon Bonaparte (26 ans) épouse sans formalités, devant un officier d'état-civil, Marie-Josèphe-Rose de Tascher de La Pagerie (32 ans), veuve du vicomte Alexandre de Beauharnais...
Quelques jours plus tard, il prend le commandement de l'armée d'Italie. Son prodigieux destin se met en marche.
Edward Jenner invente la vaccination
Le 14 mai 1796 a lieu la première vaccination antivariolique. Édouard Jenner inocule la variole au bras d'un petit garçon. Après une dizaine de jours, celui-ci est immunisé contre la maladie.
Les grandes campagnes de vaccination qui ont suivi cet exploit ont pratiquement éliminé le virus de la surface de la terre...
Mungo Park atteint le Niger
Le 20 juillet 1796, l'explorateur écossais Mungo Park, un jeune chirurgien de marine de 25 ans, atteint le fleuve Niger à Ségou (Mali actuel), après de terribles épreuves, comme le vol de tous ses biens et la captivité par des nomades maures. Il est le premier Européen à explorer cette région du monde. De retour dans son pays, il publie un ouvrage à succès avant de repartir à la tête d'une expédition officielle. Celle-ci tournera au désastre et à la mort.Bataille d'Arcole
Le 15 novembre 1796, le général Bonaparte remporte une brillante victoire sur les Autrichiens du général Avinczy à Arcole, dans le Piémont italien.Victoire de Napoléon Bonaparte à Rivoli

Nous sommes à l'hiver 1797. Engagé en Italie contre les Autrichiens, le général Bonaparte tarde à emporter la décision. Il manque d'effectifs et le siège de la citadelle de Mantoue, qui verrouille la route de Vienne, traîne en longueur depuis six mois. Et voilà que les Autrichiens du général Alvinczy descendent en quatre colonnes des Alpes pour débloquer la citadelle.
Voyant cela, Bonaparte ordonne à Masséna et Ney de concentrer leurs divisions près du lac de Garde, à Rivoli, en soutien à un autre général de l'armée d'Italie, Joubert. L'affrontement se produit le 14 janvier 1797, près de Rivoli. Les Français, inférieurs en nombre mais bien coordonnés, tiennent les Autrichiens en respect. À la mi-journée, Masséna débouche avec ses troupes sur le champ de bataille au terme d'une longue marche. L'« enfant chéri de la victoire », comme le surnommera Bonaparte, décide de la victoire. Mantoue, réduite à la famine, capitule le 2 février. La route de Vienne est ouverte aux Français. Il ne reste plus aux Autrichiens qu'à solliciter la paix. Le traité est signé à Campoformio le 18 octobre de la même année.
Avignon cédé à la France
Le 19 février 1797, Avignon et le Comtat-Venaissin, propriétés du Saint-Siège depuis un demi-millénaire, sont formellement cédés par le pape à la France révolutionnaire.Fin de la « Conjuration des Égaux »
Le 26 mai 1797, la mort sur la guillotine de Gracchus Babeuf et d'un acolyte, Darthé, met fin à la « Conjuration des Égaux »...Coup d'État de Fructidor
Le 4 septembre 1797 (18 fructidor An V), le Directoire, présidé par Larevellière, organise un coup d'État contre les royalistes, redevenus majoritaires à l'Assemblée, avec le concours d'un général de Bonaparte, Pierre Augereau...Mort de Lazare Hoche
Le 19 septembre 1797, le général Lazare Hoche, qui commande l'armée de Sambre et Meuse, meurt de maladie en Allemagne tandis que monte en Italie la gloire de son rival Napoléon Bonaparte. À 29 ans, Hoche laisse le souvenir d'un révolutionnaire loyal et compétent. Il sut se montrer humain aussi bien qu'impitoyable comme le montra son comportement pendant la pacification de la Vendée.Le traité de Campoformio
Le 18 octobre 1797, le général Bonaparte, victorieux en Italie, impose aux Autrichiens le traité de Campoformio...Réunion de Mulhouse à la France
Le 28 janvier 1798, les bourgeois de Mulhouse votent la réunion de leur République à la France. La réunion devient effective le 1er mars sous le gouvernement du Directoire.La Suisse « une et indivisible »
Le 22 mars 1798, les révolutionnaires français imposent aux Suisses une « République helvétique une et indivisible ». Elle n'aura qu'une existence éphémère...Genève perd sa liberté
Le 15 avril 1798, le gouvernement français du Directoire occupe la ville libre de Genève. C'en est fini de l'indépendance de celle-ci...Coup d'État du 22 floréal
Le 11 mai 1798 a lieu le coup d'État dit du 22 floréal An VI. Les Directeurs, qui possèdent le pouvoir exécutif, cassent les élections aux deux assemblées, élections trop favorables à leurs yeux aux Jacobins. Pour mettre un terme à ce type de conflit, certains Directeurs en viennent à souhaiter une dictature militaire. Napoléon Bonaparte sera leur homme.Bataille des Pyramides
Le 21 juillet 1798, Napoléon Bonaparte défait les Mamelouks au pied des Pyramides...
Nelson coule la flotte française à Aboukir
Le 1er août 1798, dans la rade d'Aboukir, l'amiral anglais Horatio Nelson détruit la flotte française qui a transporté en Égypte le corps expéditionnaire du général Napoléon Bonaparte.
L'un des héros du jour est le commandant du Tonnant, Aristide du Petit Thouars (38 ans). Il contraint le Bellérophon à amener son pavillon avant que son navire ne soit lui-même assailli. Les deux bras et une jambe emportés par un boulet, il se fait placer dans un baril de son afin de continuer à donner des ordres jusqu'à son dernier souffle.
L'amiral français Brueys saute avec son navire-amiral L'Orient (118 canons) tandis que Villeneuve, celui-là même qui sera défait à Trafalgar, s'échappe avec quelques vaisseaux. Bonaparte se trouve ainsi prisonnier de sa conquête...
Fondation de l'Institut d'Égypte
Le 22 août 1798, le général Bonaparte fonde au Caire l'Institut d'Égypte, sur le modèle de l'Institut de France. Les savants et les artistes, peintres et graveurs qui accompagnent son expédition militaire en deviennent les membres actifs, de même que le général lui-même.
Sous la direction de Vivant Denon, ils se mettent au travail pour sortir l'antique civilisation pharaonique de son mystère. Bonaparte aura à coeur de monter en épingle leurs travaux et leurs compte-rendus pour mieux faire oublier à l'opinion métropolitaine le fiasco militaire de son expédition. Ainsi se développe l'égyptologie, qui trouvera en Jean-François Champollion un martyr.
Naissance du service militaire
Le 19 fructidor An VI (5 septembre 1798), sous le Directoire, Jean-Baptiste Jourdan, à l'assemblée des Cinq-Cents et ancien vainqueur de Fleurus, fait voter une loi qui institue la conscription et le service militaire obligatoire. L'article premier de la loi Jourdan énonce : « Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie »...Humboldt s'embarque pour l'aventure
Le 5 juin 1799, le naturaliste allemand Alexander von Humboldt et son compagnon français, le botaniste Aimé Bonpland appareillent à La Corogne à destination de l'Amérique du sud. C'est le début d'une exploration très compl ète du Nouveau Monde, de sa faune, de sa flore, de sa géologie et des moeurs de ses indigènes.Les chevaliers de Malte abandonnent la partie
En route pour l'Égypte, la flotte de Napoléon Bonaparte arrive en vue de La Valette, capitale de l'île de Malte, le 9 juin 1799. Trois siècles plus tôt, l'île avait été confiée par Charles Quint aux Chevaliers de l'Ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, dénommés ensuite de Rhodes puis de Malte.
Face aux Français, le grand-maître Ferdinand von Hompesch zu Bolheim aurait les moyens de tenir un long siège. Il peut qui plus est bénéficier de l'aide du roi de Naples. Au demeurant, les chevaliers en ont vu d'autres en trois siècles de présence sur l'île.
Mais le coeur n'y est plus et la place rend les armes le 12 juin.
Bonaparte s'installe pour quelques jours à La Valette, édicte toutes sortes de dispositions révolutionnaires, puis poursuit sa croisière vers l'Égypte cependant qu'une garnison de 4.000 hommes se charge de défendre l'île contre les convoitises britanniques.
Malgré cela, en 1800, la Royal Navy fait une entrée triomphale dans le Grand Port et, en 1814, par le premier traité de Paris, Londres obtient la cession de l'île de Malte (et de sa petite voisine, l'île de Gozo).
A Zurich, Masséna sauve la France de l'invasion
Le 26 septembre 1799, le général André Masséna, commandant de l'armée française d'Helvétie, remporte une victoire décisive sur les armées russe et autrichienne à Zurich ou plus précisément à Dietikon, une localité voisine.
La France échappe à l'invasion et le gouvernement du Directoire est provisoirement sauvé...
Bonaparte débarque à Fréjus
Le 8 octobre 1799, le général Napoléon Bonaparte débarque à Fréjus après une campagne hasardeuse en Égypte...le coup d'État de Brumaire
Le 9 novembre 1799 (18 Brumaire An VII), par un coup d'État, Napoléon Bonaparte prend le pouvoir et inaugure le Consulat avec un gouvernement constitué d'un Premier Consul (lui-même, dictateur de fait) et de deux Consuls : Cambacérès et Lebrun.
En quelques mois, voire quelques semaines, Bonaparte va bouleverser la donne. Il met fin à l'instabilité chronique et clôt pour de bon la Révolution tout en parachevant son oeuvre. «J'assume tout, de Clovis au Comité de Salut public», aurait-il déclaré en 1799...
Constitution de l'An VIII
Le 24 décembre 1799 est publiée la Constitution de l'An VIII qui officialise la naissance du Consulat, issu du coup d'État du 18 Brumaire. Les royalistes et autres opposants, excellents journalistes, savent lire les constitutions. Ils voient immédiatement que celle-ci annonce la dictature de fait de Napoléon Bonaparte. Ils voient aussi que le régime, en tant qu'héritier de la Révolution, est consubstantiel à la guerre. Non seulement il est contraint à la guerre mais celle-ci lui apparaît indispensable comme dérivatif aux crises intérieures...Naissance de la Banque de France
Le 18 janvier 1800, le Premier Consul Napoléon Bonaparte crée par décret la Banque de France et lui donne le droit d'imprimer - avec modération - du papier-monnaie...La Banque de France en activité
Le 13 février 1800, la Banque de France entre en fonctionnement. Par son intermédiaire, la France renoue en douceur avec le papier-monnaie.Une nouvelle capitale pour les États-Unis
Le 3 juin 1800, John Adams, deuxième président des États-Unis d'Amérique, quitte Philadelphie pour Washington. La nouvelle capitale du pays est implantée au bord de la rivière Potomac, sur le district de Columbia (District of Columbia, DC), un territoire fédéral administré par le gouvernement central. Son plan d'urbanisme est l'oeuvre de Pierre Charles L'Enfant, un Français qui a combattu pour l'indépendance du pays.
Le « triangle fédéral » est constitué par le Memorial de George Washington, le Capitole, où siège le Congrès (Chambre des représentants et Sénat), la Maison Blanche, où réside le Président. Le nom officiel de cette dernière, jamais employé, est Executive Mansion. Elle est située sur PennsylvaniaAvenue...
Bonaparte victorieux de justesse à Marengo
Le 14 juin 1800, Napoléon Bonaparte bat de justesse les Autrichiens du général Melas à Marengo, grâce à l'intervention de Louis Desaix, qui meurt dans la mêlée, et de François-Étienne Kellerman.
Le même jour, fatale coïncidence, le général Jean-Baptiste Kléber est assassiné au Caire. Sa mort laisse présager la déroute de l'armée d'Égypte que Bonaparte avait abandonnée quelques mois auparavant pour se saisir du pouvoir à Paris...
Mort du « Premier Grenadier de la République »
Le 27 juin 1800, Théophile de La Tour d'Auvergne, « Premier Grenadier de la République », est frappé à mort par un uhlan autrichien...Les Autrichiens battus à Hohenlinden
Le 3 décembre 1800, les Autrichiens sont défaits à Hohenlinden, en Bavière, par l'armée du Rhin, sous le commandement de Moreau.
Fort de sa victoire inattendue, le général poursuit son chemin vers Vienne. Pris de panique à la perspective de perdre sa capitale, l'empereur François II se résigne à négocier contre l'avis de ses alliés anglais. C'est la fin de la deuxième coalition...
L'attentat de la rue Saint-Nicaise
Le soir du 24 décembre 1800, le Premier Consul Napoléon Bonaparte est visé par une «machine infernale» dans la rue Saint-Nicaise, à Paris, en se rendant à l'opéra. Il est miraculeusement épargné par l'explosion. Joseph Fouché, ministre de la Police générale, ouvre l'enquête...
Paix de Lunéville
Le 9 février 1801, la République française signe à Lunéville un traité de paix avec l'Autriche...Assassinat du tsar Paul 1er
Le 24 mars 1801, le tsar Paul 1er (46 ans) est étranglé après cinq ans de règne dans un complot aristocratique auquel s'est vraisemblablement associé son fils et héritier, le futur tsar Alexandre 1er, adversaire de Napoléon 1er !
Paul 1er est le fils de la Grande Catherine et du tsar Pierre III qui fut, lui, déposé et assassiné par sa propre épouse ! On ne s'étonnera pas qu'il fut fantasque et tyrannique. Son entourage lui reproche avant tout d'avoir, en octobre 1799, projeté un rapprochement avec la France révolutionnaire et la constitution d'une « ligue des neutres » pour barrer la route au commerce anglais dans la Baltique.
Bonaparte et Pie VII signent le Concordat
Le 15 juillet 1801, Napoléon Bonaparte et Pie VII signent le Concordat et mettent fin à dix ans de guerres civiles et religieuses.L'armée d'Égypte se rend aux Anglais
Le 31 août 1801, à Alexandrie, les Anglais reçoivent la reddition du général Menou et de ce qui reste de l'expédition française d'Égypte...Le décret Chaptal met en place les musées français
À la demande du Premier Consul Napoléon Bonaparte, le ministre de l'Intérieur Jean-Antoine Chaptal publie un arrêté le 13 fructidor an IX (31 août 1801) en vue d'instituer quinze musées dans autant de grandes villes françaises.
Du fait de la nationalisation des biens du clergé et des émigrés, ainsi que des rapines des armées révolutionnaires à travers l'Europe, le gouvernement de la République est débordé par des oeuvres d'art dont il ne sait que faire. Le musée du Louvre, de création récente, ne peut toutes les recevoir.
Chaptal propose de les répartir entre chacune des villes concernées des lots tels que « chaque collection présente une suite intéressante de tableaux de tous les maîtres, de tous les genres, de toutes les écoles ». Le 1er septembre 1801, paraît un autre décret qui impose aux villes de préparer à leurs frais « une galerie convenable » pour recevoir lesdites œuvres. Ainsi vont naître les musées des beaux-arts de Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Genève (annexé à la France)...
Conclusion de l'expédition d'Égypte
Le 1er octobre 1801, à Londres, un accord franco-anglais met un terme à la piteuse expédition d'Égypte, conduite d'abord par Bonaparte puis confiée à Kléber et enfin à Menou.Lord Elgin pille le Parthénon
Le 26 décembre 1801, Thomas Bruce, septième comte d'Elgin, entame le démontage des frises du Parthénon, à Athènes. D'aucuns y voient le plus important acte de vandalisme commis en temps de paix...
Mariage de Louis Bonaparte et Hortense de Beauharnais
Le 4 janvier 1802 a lieu le mariage de Louis Bonaparte et Hortense de Beauharnais.
Souhaité par le Premier Consul Napoléon Bonaparte, le mariage entre son frère Louis et la fille de Joséphine, sa femme, sera très malheureux. De cette union naîtra néanmoins Charles Louis Napoléon Bonaparte qui deviendra empereur sous le nom de Napoléon III le 2 décembre 1852.
Traité de paix d'Amiens
Le 25 mars 1802, Cornwallis et Joseph Bonaparte, représentant respectivement l'Angleterre et la France, signent à Amiens un traité de paix qui met un point final à la deuxième coalition européenne contre la France. Le retour de la paix hisse Napoléon Bonaparte au sommet de la popularité...Concordat et paix religieuse en France
Le 8 avril 1802, le Corps législatif de la République française adopte et promulgue le Concordat signé le 15 juillet de l'année précédente par Napoléon Bonaparte, Premier Consul, et le pape Pie VII...Chateaubriand publie le Génie du christianisme
Le 14 avril 1802 sort en librairie Génie du christianisme ou beautés de la religion chrétienne. Son auteur est le vicomte François-René de Chateaubriand, un écrivain romantique de 34 ans rendu célèbre par ses oeuvres Atala et René. Le livre est une apologie de la religion et survient opportunément quatre jours après la promulgation de la loi du 24 germinal an X qui rétablit officiellement le culte catholique en France, conformément au Concordat signé par le pape Pie VII et le Premier Consul Napoléon Bonaparte.« Le dernier cri de l'innocence et du désespoir »
Le 10 mai 1802, le métis Louis Delgrès (36 ans) adresse « à l'univers entier le dernier cri de l'innocence et du désespoir ». En affichant cette proclamation sur les murs de Basse-Terre, en Guadeloupe, il revendique le devoir d'insurrection et lance un appel à la fraternité, par-dessus les barrières de races.
Quelques jours plus tard, dans l'habitation Danglemont, à Matouba, dans les hauteurs de Basse-Terre (Guadeloupe), il se fait sauter avec ses hommes pour échapper à la cruauté du corps expéditionnaire du général Antoine Richepance (on écrit aussi Richepanse) et de Magloire Pelage. Son ami Joseph Ignace et beaucoup d'autres insurgés dont la mulâtresse Solitude sont tués ou exécutés...
Journée du souvenir de l'esclavageLe gouvernement français a institué en 2001 une Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition et, par une curieuse démarche, l'a raccrochée au 10 mai 2001, vote de la loi Taubira établissant cette journée !...
Qu'il me soit permis de suggérer de la raccrocher plutôt au 10 mai 1802, lorsque le métis Louis Delgrès (36 ans) adressa « à l'univers entier le dernier cri de l'innocence et du désespoir ».
Ce brillant officier de la Révolution, fervent républicain et bonapartiste convaincu, se fit sauter avec ses hommes le 28 mai suivant, pour ne pas tomber entre les mains du général Richepance, lequel avait outrepassé les ordres de Paris en rétablissant l'esclavage sur l'île.
J'émets le vœu que les pouvoirs publics érigent Louis Delgrès au rang de héros français, au même titre que Louise Michel, Jeanne d'Arc et Honoré d'Estienne d'Orves. Autant de héros dans lesquels pourraient se reconnaître tous les petits Français sans considération de couleur ou d'origine.
Création de la Légion d'honneur
Le 19 mai 1802, le Premier Consul Napoléon Bonaparte publie un décret qui porte création de l'Ordre national de la Légion d'honneur. Les premiers dignitaires en seront le comte de Lacépède, un naturaliste (civil), qui sera nommé Grand Chancelier, et le général Dejean (militaire), Grand Trésorier...Bonaparte légalise l'esclavage
Le 20 mai 1802, le Premier Consul Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage dans les colonies qui restent à la France...
Bonaparte Premier Consul à vie
Le 2 août 1802, la Constitution de l'An X désigne Napoléon Bonaparte comme Premier Consul à vie. C'est une étape vers l'Empire.Les Suisses adoptent l'« Acte de médiation »
Le 19 février 1803, le Premier Consul Napoléon Bonaparte, las des désordres dans la République helvétique «une et indivisible» constituée cinq ans plus tôt, décide de donner au pays une structure confédérale plus conforme à ses traditions.
Il convoque les représentants de la République helvétique à Paris et leur fait signer l'Acte de médiation. Cette structure a survécu pour l'essentiel jusqu'à nos jours...
Recez de Francfort
Le 25 février 1803, la Diète de Ratisbonne, réunie par le Premier Consul Napoléon Bonaparte, adopte le recez de Francfort qui redécoupe l'Allemagne et entérine la déchéance du Saint Empire romain germanique.Naissance du franc Germinal
Le 27 mars 1803, par la loi du 7 Germinal an XI, le Premier Consul Napoléon Bonaparte définit la nouvelle pièce de 1 Franc...
Bonaparte cède la Louisiane
Le 3 mai 1803, le Premier Consul Napoléon Bonaparte, qui a besoin d'argent pour reprendre la guerre contre l'Angleterre, cède les immenses territoires de la Louisiane aux États-Unis d'Amérique pour 80 millions de francs (15 millions de dollars)...Haïti chasse les Français
Le 18 novembre 1803, à Haïti, les débris de l'armée française capitulent devant les indépendantistes. L'île devient le premier État noir indépendant...Haïti devient indépendant
Le 1er janvier 1804, Haïti proclame son indépendance au terme d'une longue et meurtrière...Naissance du chemin de fer
Une locomotive à vapeur circule pour la première fois au monde le 21 février 1804, à Pen-y-Darren, une région minière du pays de Galles, près de Merthyr Tydfil. La locomotive a été conçue par l'ingénieur Richard Trevithick.
Après ce premier succès, d'autres inventeurs, Georges Stephenson et son fils Robert, vont se lancer dans l'industrialisation du chemin de fer...
Arrestation de Cadoudal
Le 9 mars 1804, le comploteur royaliste Georges Cadoudal (32 ans) est arrêté à Paris, rue Monsieur le Prince, par la police du Premier Consul Napoléon Bonaparte, après avoir tué deux des agents qui tentaient de l'interpeller.
Le Premier Consul tire parti de l'arrestation de Georges Cadoudal pour faire exécuter le duc d'Enghien sous prétexte de complicité. Les royalistes n'osant plus se manifester, Napoléon peut se faire lui-même couronner empereur ! « Nous voulions faire un roi, nous avons fait un empereur », dit justement Cadoudal dans sa prison.
Exécution du duc d'Enghien
Le 21 mars 1804, le Premier Consul Napoléon Bonaparte fait exécuter le jeune duc d'Enghien, prince de sang royal et dernier rejeton de la lignée prestigieuse des Condé...
Bonaparte promulgue le Code CivilQuelques heures après avoir fait exécuter le duc d'Enghien, le Premier Consul Napoléon Bonaparte promulgue le Code Civil.
La Constitution de l'an XII institue l'Empire
Par le sénatus-consulte du 18 mai 1804, le Sénat français déclare : « Article premier. Le gouvernement de la République est confié à un empereur, qui prend le titre d'Empereur des Français... » Ce texte curieux, aussi appelé « Constitution de l'An XII », établit l'Empire français sans abolir formellement la République !
Napoléon Bonaparte échange son titre de Premier Consul contre celui d'Empereur, sous le nom de Napoléon 1er. C'est la récompense que lui accordent les Français pour avoir rétabli (provisoirement) la paix et la prospérité sans sacrifier les conquêtes de la Révolution.
L'acte législatif fondateur du Sénat sera suivi pour la forme d'un sacre solennel à Notre-Dame de Paris le 2 décembre suivant.
Des maréchaux pour la gloire de l'Empire
Le 19 mai 1804, au lendemain d'un sénatus-consulte qui a établi l'Empire et promulgué la Constitution de l'An XII, Napoléon 1er, empereur d'un jour, porte à la nouvelle dignité de maréchal dix-huit de ses fidèles. Cette première promotion est donc composée de quatorze généraux : Berthier, Murat, Moncey, Jourdan, Masséna, Augereau, Bernadotte, Soult, Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davout, Bessières. À ces généraux, s'ajoutent, en raison de leurs services rendus, quatre maréchaux honoraires dits « sénateurs ayant le titre de maréchaux del'Empire » : Kellermann, Lefebvre, Pérignon, Sérurier...Le dernier combat d'Hamilton
Le 11 juillet 1804, Alexander Hamilton (47 ans) affronte dans un duel au pistolet le vice-président américain Aaron Burr.
Celui-ci lui reproche de l'avoir qualifié d'«homme dangereux à qui l'on ne doit pas faire confiance», définition au demeurant proche de la réalité.
Opposé par principe au duel, Hamilton tire en l'air. Son adversaire riposte par un tir à l'abdomen. Hamilton meurt après 30 heures d'agonie. Avec lui, les États-Unis perdent un économiste de talent et un chef politique méritant.
Sacre de Napoléon 1er
Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte est sacré empereur des Français. Général de la Révolution française, il reconstitue à son profit l'Empire de Charlemagne !...
Napoléon 1er distribue les Aigles
Le 5 décembre 1804, trois jours après son couronnement à Notre-Dame, l'empereur Napoléon 1er distribue les Aigles à la Grande Armée.
Cette cérémonie met en avant les fondements militaires de la nouvelle dynastie. La survie de celle-ci est liée aux succès militaires. Les premiers revers entraîneront son effondrement.
Le métier jacquard à l'honneur
Le 12 avril 1805, Napoléon 1er, de passage à Lyon, se fait présenter le métier à tisser inventé par Joseph Jacquard (35 ans).
Fils d'un maître-fabricant de la soie, celui-ci a repris les recherches de Vaucanson sur les cartes perforées et mis au point un mécanisme qui sélectionne les fils de chaîne à partir d'un programme préétabli. De la sorte, le métier à tisser peut être manoeuvré par un seul ouvrier sans qu'il ait besoin de se faire assister par des « tireurs de lacs ». Cet ouvrier peut dès lors tisser 15 cm par jour au lieu de 2 à 3 par jour à 8 ou 10 personnes selon la manière traditionnelle.

L'inventeur va être couvert d'honneurs. Mais son métier, en augmentant la productivité des ateliers, va conduire les soyeux à réduire la rémunération des artisans, que l'on appelle « canuts ». Ceux-ci ne reçoivent plus que l'équivalent d'un franc par jour, soit le prix d'un kilogramme de pain. Réduits au désespoir, les canuts se révoltent en 1831 et à nouveau en 1834, s'en prenant notamment aux métiers Jacquard qu'ils jettent en nombre dans le Rhône.
Batailles de Michelsberg et Ulm
Le 15 octobre 1805, les armées de Napoléon prennent d'assaut le village bavarois de Michelsberg...Napoléon victorieux des Autrichiens à Ulm
Le 20 octobre 1805, cinq jours après la prise du village bavarois de Michelsberg par la Grande Armée, Napoléon 1er reçoit la capitulation de l'armée autrichienne du général Karl Mack retranchée dans la ville voisine d'Ulm.
Cette capitulation ne manque pas de surprendre les observateurs car le général autrichien avait tous les atouts pour affronter les Français avec succès avant que ceux-ci ne le prennent au piège dans la ville. Il semble qu'il ait été trompé par les informations communiquées par un espion alsacien à la solde de l'empereur, Charles Schulmeister...
Nelson triomphe à Trafalgar
Le 21 octobre 1805, l'amiral anglais Horatio Nelson livre sa dernière bataille au large du cap Trafalgar, non loin de Cadix.
Il détruit la flotte franco-espagnole qui lui fait face. Lui-même meurt à l'issue de la bataille. Dans le camp adverse, l'amiral de Villeneuve est capturé et l'amiral espagnol Gravina tué...
Napoléon 1er entre à Vienne
Le 14 novembre 1805, fort de sa victoire sur la troisième coalition à Ulm, Napoléon 1er fait son entrée à Vienne à la tête de la Grande Armée. L'empereur des Français est au faîte de sa gloire et peut jouir de son triomphe dans la capitale de l'empire autrichien désertée par l'empereur François II de Habsbourg.Mungo Park disparaît en Afrique
Du 16 novembre 1805 sont datées les dernières notes de voyage de Mungo Park. L'explorateur écossais disparaît peu après avec les derniers survivants de son équipe dans un naufrage sur le Niger. Ainsi s'achève l'épopée du premier Européen qui ait réussi à pénétrer dans l'intérieur du continent noir...Napoléon triomphe au soleil d'Austerlitz
Le 2 décembre 1805, un an tout juste après son sacre, Napoléon 1er remporte à Austerlitz sa victoire la plus éclatante...Traité de Presbourg
Le 26 décembre 1805, à Presbourg (aujourd'hui Bratislava, capitale de la Slovaquie), l'empereur d'Autriche François 1er tire les conséquences de l'écrasement de son armée à Austerlitz.
Il signe avec Napoléon 1er un traité de paix par lequel il renonce à la Vénétie, tandis que la Bavière, alliée de Napoléon, lui enlève le Tyrol. Par un article secret, François 1er renonce à son titre d'empereur du Saint Empire romain germanique. Sa décision va être rendue officielle, dans l'indifférence générale sept mois plus tard.
Napoléon 1er fonde l'Université
Le 10 mai 1806, une loi de Napoléon 1er Napoléon 1er jette les bases de l'Université : « Il sera formé, sous le nom d'Université impériale, un corps chargé exclusivement de l'enseignement et de l'éducation publics dans tout l'Empire ».
L'Université apparaît d'emblée comme un corps enseignant investi d'un monopole, organisé et hiérarchisé à la manière d'un ordre religieux. L'écrivain Louis de Fontanes en est nommé grand maître en 1808. Rallié à Louis XVIII en 1815, il sera fait marquis.
Fin du Saint Empire Romain Germanique
Le 6 août 1806, dans l'indifférence générale, l'empereur d'Autriche François 1er déclare renoncer à la dignité d'empereur du Saint Empire Romain Germanique fondé par Otton 1er près de mille ans auparavant...
La Prusse s'incline à Iéna
Le 14 octobre 1806, les Prussiens sont battus à Iéna et Auerstaedt, en Saxe, par les armées napoléoniennes...
Napoléon 1er entre à Berlin
Le 27 octobre 1806, suite à ses victoires de Iéna et Auerstaedt, l'empereur Napoléon 1er entre à Berlin, capitale de la Prusse. C'est là qu'il va signer le décret instaurant le Blocus continental. La quatrième coalition, qui réunit l'Angleterre, la Russie et la Prusse, va définitivement s'effondrer l'année suivante après la défaite du tsar à Friedland et la conclusion du traité de Tilsit.Décret de Berlin sur le « Blocus continental »
Le 21 novembre 1806, par un décret signé à Berlin, Napoléon 1er organise le « Blocus continental » contre l'Angleterre.
Faute de pouvoir battre militairement l'Angleterre, l'empereur tente de l'étouffer économiquement en empêchant ses commerçants de vendre à leurs clients habituels. Il interdit à tous les pays européens de commercer avec elle. Et pour s'assurer de la mise en application du blocus, l'empereur n'hésite pas à envahir les pays récalcitrants. C'est ainsi qu'il sera entraîné dans deux expéditions fatales, en Espagne et en Russie.
Karageorges s'empare de Belgrade
Le 12 décembre 1806, le Serbe Karageorges s'empare de Belgrade. 24 ans plus tard jour pour jour, l'empire ottoman reconnaît l'autonomie de la Serbie...Du sang dans la neige à Eylau
Le 8 février 1807, Napoléon 1er bat les Russes à Eylau. Une victoire aussi sanglante qu'inutile...L'Angleterre interdit la traite
Le 2 mars 1807, les Anglais interdisent la traite atlantique, c'est-à-dire la déportation des noirs en Amérique, où ils doivent travailler sur les plantations de coton ou de canne à sucre...Bataille de Friedland
Le 14 juin 1807, quatre mois après l'inutile et sanglante bataille d'Eylau, l'empereur Napoléon 1er bat les Russes à Friedland. Le tsar est obligé de négocier la paix. Celle-ci, très provisoire, sera signée à Tilsit, sur un radeau au milieu du Niémen.Le traité de Tilsit
Le 7 juillet 1807, le tsar Alexandre 1er et l'empereur Napoléon 1er signent un traité secret à Tilsit, une petite ville fortifiée de Prusse-orientale (on écrit aussi Tilsitt)...Napoléon 1er crée la Cour des Comptes
Le 16 septembre 1807, l'empereur Napoléon 1er crée la Cour des Comptes. Cette administration remplace la Chambre des Comptes de l'Ancien Régime.Prise de Lisbonne par Andoche Junot
Après une victoire sur les Portugais à Abrantès, le général Andoche Junot entre à Lisbonne le 30 novembre 1807 à la tête d'une armée française.
Volontaire de 1792, le sergent Junot a été remarqué par Napoléon Bonaparte au siège de Toulon l'année suivante, en 1793. Il devient son aide de camp et le suit en Italie. Blessé à la tête, son équilibre mental commence à être affecté. Pendant la campagne d'Égypte, il se couvre de gloire à Nazareth, où il met en fuite 10.000 Turcs.
Suite à sa nouvelle victoire, Napoléon 1er le fait duc d'Abrantès et le nomme gouverneur du Portugal cependant que le roi Jean VI s'enfuit au Brésil avec la cour. Junot est cependant, un an plus tard, le 21 août 1808, battu à Vimeira par Arthur Wellesley, futur duc de Wellington et vainqueur de Waterloo. Dans le même temps, l'Espagne voisine se soulève contre l'occupation française.
Menacé d'être pris au piège, Junot doit signer avec les Anglais la convention de Cintra (ou Sintra), le 30 août 1808, et abandonne sans délai le Portugal. Devenu fou, il se suicide le 29 juillet 1813, à 42 ans.
Napoléon 1er institue les consistoires israélites
Le 17 mars 1808, Napoléon 1er institue par décret treize consistoires régionaux en vue de gérer les synagogues et les organisations israélites (les consistoires régionaux seront ramenés à sept à la chute de l'Empire en 1815). Ces consistoires sont supervisés par un Consistoire central de France, qui réunit trois grands rabbins et deux laïcs. Il est assimilable au Grand Sanhédrin traditionnel.
C'est la première tentative en France d'organiser et contrôler le culte israélite. Elle a été inspirée à l'empereur par le souci de prévenir les pogroms et les conflits religieux, notamment en Alsace où les juifs étaient relativement nombreux et suscitaient l'ire de la population locale, notamment par leur refus de s'intégrer (la France de 1789 en compte environ 40.000 sur 26 millions d'habitants, soit environ cinq fois moins qu'aujourd'hui en proportion de la population globale).
Le décret est publié au terme d'un à deux ans de délibérations entre les représentants des communautés israélites. Ceux-ci acceptent en définitive de renoncer à la loi mosaique («loi de Moïse»). Ils rejettent la polygamie et la répudiation, admettent le divorce et les mariages mixtes ; ils se reconnaissent pleinement français, respectueux du Code Civil (ou Code Napoléon) et disposés à défendre le territoire national.
Les Espagnols contre Napoléon
Le 2 mai 1808, les Madrilènes se soulèvent contre les troupes françaises d'occupation de Murat. C'est le début d'une impitoyable guerre d'usure dont témoignent les magnifiques chef-d'oeuvre de Goya. Selon la propre expression de Napoléon 1er, la guerre d'Espagne aura été pour lui comme un « ulcère » jamais guéri...Reddition de Bailén
Le 22 juillet 1808, à Bailén (ou Baylen), en Andalousie, à l'entrée des défilés de la Sierra Morena, 18.000 soldats français aux ordres du général Dupont se rendent aux Espagnols.
Le général a capitulé contre la promesse d'un rapatriement. Au lieu de cela, la junte de Séville, qui a pris en main le soulèvement du peuple espagnol contre l'occupant, fait interner les Français dans une île-pénitencier, dans des conditions épouvantables !
L'Europe est subjuguée ; elle découvre que quelques poignées de paysans déterminés peuvent mettre en échec les armées napoléoniennes, invaincues jusque là. C'est la première application de la guérilla, une tactique appelée à une grande diffusion au XXe siècle (le mot lui-même date de la guerre contre Napoléon).
Napoléon et Alexandre au congrès d'Erfurt
Du 27 septembre au 14 octobre 1808 se réunit un prestigieux congrès à Erfurt, en Thuringe, à l'initiative de Napoléon 1er. Presque tous les souverains allemands y sont présents, ainsi que le tsar de Russie Alexandre 1er. Le roi de Prusse et l'empereur d'Autriche brillent par leur absence. Les fêtes s'enchaînent. Talma et la Comédie-Française jouent devant un «parterre de rois»...
Napoléon victorieux à Eckmühl
Le 22 avril 1809, à Eckmühl, Napoléon 1er et Davout empêchent les Autrichiens de l'archiduc Charles d'entrer en Bavière. Mais l'Empereur est ensuite blessé au pied lors du siège de Ratisbonne. Enfin, le 13 mai, il peut pénétrer à Vienne mais c'est pour s'apercevoir que l'empereur François II et son frère Charles ont abandonné la ville et traversé le Danube en coupant les ponts derrière eux. Il les vaincra enfin à Wagram...L'archiduc Charles frôle la victoire à Essling
Le 22 mai 1809, aux abords d'Essling et Aspern, au bord du Danube, une partie de la Grande Armée, sous les ordres de Masséna, est écrasée par les Autrichiens. Le maréchal Lannes est blessé à mort. Napoléon 1er et le reste de la Grande Armée, momentanément bloqués au milieu du fleuve, sur l'île de Lobau, prendront leur revanche à Wagram, sept semaines plus tard.Napoléon victorieux de justesse à Wagram
Le 6 juillet 1809, à Wagram, sur un plateau qui domine le Danube et la plaine du Marchfeld, Napoléon 1er vainc l'archiduc Charles, frère de l'empereur d'Autriche.
La veille, MacDonald, Davout et Bernadotte ont bousculé les Autrichiens sans pouvoir les vaincre. Les artilleurs d'Oudinot emportent la décision en les écrasant sous un orage de boulets avant que MadDonald et ses fantassins ne montent à la charge...
Paix de Schönbrunn
Le 14 octobre 1809, Napoléon 1er et l'empereur d'Autriche François 1er signent la paix de Vienne ou « paix de Schönbrunn » qui met fin à la cinquième coalition européenne. Il fait suite à la bataille de Wagram. Le traité se solde par la cession de Salzbourg, de Berchtesgaden et du district de l'Inn à la Bavière alliée de la France ; de Cracovie et de Lubin au grand-duché de Varsovie, réminiscence de l'ancienne Pologne ; de Parnopol à la Russie ; de Trieste et de la côte dalmate à la France. L'Autriche doit également verser une indemnité de 85 millions de francs et s'engage à limiter ses forces armées à 150.000 hommes.Divorce de Napoléon et Joséphine
Le 15 décembre 1809, Napoléon 1er divorce de Joséphine de Beauharnais pour raison d'État, son épouse ne pouvant lui donner un héritier. Sans attendre, l'Empereur se met en quête d'une princesse jeune et surtout féconde. Ce sera Marie-Louise d'Autriche (18 ans), qu'il épousera quatre mois plus tard.
Prise de Séville
Le 1er février 1810, une armée française sous les ordres de Soult entre à Séville. Elle tente de s'emparer de la junte qui refuse de se soumettre à Joseph Bonaparte, roi d'Espagne par la volonté de son frère, Napoléon 1er. Mais la junte, qui réclame le retour des Bourbons prisonniers en France, parvient à s'enfuir à Cadix, ultime foyer de la résistance espagnole.Marie-Louise et Napoléon unis devant Dieu
Le lundi 2 avril 1810, l'empereur Napoléon 1er (40 ans) épouse l'archiduchesse d'Autriche Marie-Louise (18 ans). Elle n'est autre que la fille de l'empereur d'Autriche François 1er et la petite-nièce de la reine Marie-Antoinette, guillotinée par les révolutionnaires français...
Révolution de Mai en Argentine
Le 25 mai 1810, les bourgeois de Buenos Aires chassent le vice-roi d'Espagne Baltasar Hidalgo de Cisneros, qui a le tort de représenter Joseph Bonaparte, le roi imposé par Napoléon 1er. Ils lui substituent une « junte » destinée à gouverner la colonie... C'est la « Revolución de Mayo ». La même année, dans toute l'Amérique hispanique, se multiplient les révoltes contre la métropole.
Le cri de Dolores
Le 16 septembre 1810, dans le village de Dolores, au Mexique, alors sous colonisation espagnole, le curé Miguel Hidalgo rassemble ses ouailles et les invite à se rebeller contre les représentants de Madrid.
Il conclut sa harangue par ce cri : « ¡Viva la Virgen de Guadalupe! ¡Viva Fernando VII! ¡Abajo el mal gobierno ! » (Vive la Vierge de Guadeloupe, vive Fernand VII, à bas le mauvais gouvernement !). Sa tentative tournera court et il sera arrêté et pendu par les autorités l'année suivante. C'est seulement en 1821 que deviendra indépendant le Mexique, anciennement appelé Nouvelle-Espagne.
Depuis lors, le 16 septembre, anniversaire du « grito de Dolores » (le cri de Dolores) est célébré comme le jour de l'Indépendance.
Les créoles prennent le pouvoir au Chili
Le 18 septembre 1810, prenant acte de ce que le roi d'Espagne légitime, Ferdinand VII, a été emprisonné par Napoléon 1er, un groupe de créoles prend le pouvoir à Santiago-du-Chili. L'anniversaire de ce jour est devenu la fête nationale du Chili mais celui-ci n'accèdera pleinement à l'indépendance que huit ans plus tard, à l'initiative de Bernardo O'Higgins, « directeur suprême » du Chili.Naissance de l'Aiglon
Le 20 mars 1811 naît François Charles Joseph Bonaparte. Son père n'est autre que l'empereur Napoléon 1er et sa mère Marie-Louise d'Autriche...Bris de machines au nom du « luddisme »
Le 26 mars 1811, à Nottingham (Angleterre), des ouvriers de la bonneterie brisent les machines accusées de leur voler travail et salaire. Leur mouvement est appelé « luddisme », du nom d'un ouvrier légendaire, John ou Ned Ludd, qui aurait détruit deux métiers à tisser vers 1780...
Le Venezuela se proclame indépendant
Le 5 juillet 1811, les guerres napoléoniennes et l'occupation de l'Espagne encouragent la bourgeoisie de Caracas, capitale du Venezuela, à revendiquer l'indépendance du pays, sous la conduite de Francisco de Miranda.
Le petit peuple, toutefois, se tient en retrait de ce mouvement, par attachement au roi Ferdinand VII et surtout dans la crainte (justifiée) d'être davantage exploité par les futurs dominants qu'ils ne le sont par les fonctionnaires espagnols...
Une médaille en sucre pour Delessert
Le 2 janvier 1812, le banquier Benjamin Delessert accueille Napoléon 1er dans sa fabrique de Passy où il produit du sucre de betterave...Les États-Unis en guerre contre les Anglais
Le 18 juin 1812, pour la première fois de son Histoire, le Congrès des États-Unis vote une déclaration de guerre. L'ennemi n'est autre que l'ancienne puissance coloniale, l'Angleterre.
Cette «Seconde Guerre d'indépendance», sous le président James Madison, est inspirée par les «War Hawks» («Faucons de guerre») désireux d'annexer le Haut- et le Bas-Canada. Elle se conclut par le traité de Gand qui confirme le statu quo. On en retient l'exploit du général Andrew Jackson qui reprend aux Anglais La Nouvelle-Orléans... après la conclusion de la paix !
Début de la campagne de Russie
Le 24 juin 1812 débute la campagne de Russie. La Grande Armée de l'empereur Napoléon 1er traverse le Niémen et envahit l'empire du tsar Alexandre 1er. Avec près de 700.000 hommes, dont une moitié seulement de Français, cette Grande Armée mérite d'être appelée aussi l'armée des Vingt nations. Sa puissance ne l'empêchera pas d'être vaincue par l'hiver russe et par la résistance opiniâtre des partisans russes et des soldats du vieux général Koutouzov...Pétra sort de l'oubli
Le 22 août 1812 un jeune Suisse de 28 ans retient son souffle. À l'issue d'une longue marche au sud de la mer Morte, il vient d'apercevoir une immense façade sculptée dans le grès rose.
Johann Ludwig Burckhardt a découvert Pétra, l'antique capitale des Nabatéens...
La bataille de Borodino ou de la Moskova
Le 7 septembre 1812, sur les bords de la Moskova, près du village de Borodino, à 150 kilomètres de Moscou, la Grande Armée de Napoléon 1er trouve en face d'elle l'armée russe au grand complet.
Il va en résulter une meurtrière et indécise bataille, dont chaque belligérant revendiquera la victoire. Baptisée Borodino par les Russes, elle est plus connue sous le nom de Moskova par les Français, ce nom rappelant la proximité de Moscou, l'ancienne capitale russe...
L'incendie de Moscou
Le 15 septembre 1812, un incendie détruit Moscou. La Grande Armée de Napoléon 1er était entrée la veille en vainqueur dans l'ancienne capitale de toutes les Russies, désertée par le tsar et sa cour...
Décret « de Moscou »
Napoléon 1er réorganise la Comédie-Française par un décret supposé signé à Moscou, le 12 octobre 1812.
En bon communiquant, l'Empereur a voulu ainsi signifier qu'il pouvait garder la tête froide dans une ville en feu à des milliers de kilomètres des Tuileries. Mais l'historien Jean Tulard a montré que le décret a été en fait rédigé à Paris au retour de Russie et sciemment antidaté !
Toujours est-il que la Comédie-Française s'en trouve profondément transformée.
La troupe a été créée en 1680 par une ordonnance du roi Louis XIV prescrivant la fusion des Anciens Compagnons de Molière et des Grands comédiens de l'Hôtel de Bourgogne, deux troupes rivales de l'époque. Par cette ordonnance, la Comédie-Française obtient le monopole du répertoire français, concurrent du théâtre italien alors en vogue.
Napoléon 1er la transforme en une association de comédiens d'une trentaine de sociétaires cooptés, avec mission de sauvegarder l'héritage dramatique français et de l'enrichir avec de nouveaux chefs-d'oeuvre. La célèbre troupe a aujourd'hui plus de 2600 pièces à son répertoire et en joue chaque année une soixantaine.
Conspiration de Malet
Le 22 octobre 1812, profitant de ce que Napoléon 1er est embourbé avec son armée dans les plaines russes, le général de Malet tente de renverser le gouvernement impérial...Le passage de la Bérézina
Le 26 novembre 1812, la Grande Armée de Napoléon 1er arrive au bord de la Bérézina. Survient l'épisode le plus dramatique de la retraite de Russie.
Tandis que les Cosaques harcèlent les troupes démunies de tout, les pontonniers du général Eblé aménagent un passage sur la rivière gelée. La plupart y laissent leur vie. Pendant 3 jours, ce qui reste de la Grande Armée, entrée en Russie cinq mois plus tôt, va franchir les ponts improvisés...
Frédéric-Guillaume III crée la Croix de fer
Le 10 mars 1813, en pleine guerre contre l'Empire napoléonien, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III crée l'ordre de la Croix de fer (Eiserne Kreuz), avec une médaille en forme de croix de Malte.
Cette décoration honorifique est calquée sur la Légion d'Honneur mais va demeurer strictement militaire. De prussienne, elle va devenir allemande en 1939, sur une décision de Hitler. Elle est depuis 1956 la décoration de référence de la Bundeswehr, l'armée de l'Allemagne démocratique.
Wellington franchit les Pyrénées
Le 8 octobre 1813, le général anglais Wellington traverse les Pyrénées avec son armée et envahit la France de Napoléon 1er. Il a chassé les Français du Portugal et les a battus à Vitoria, dans le pays basque. Il les oblige enfin à quitter l'Espagne et s'apprête à battre le maréchal Soult aux portes de Toulouse. Mais c'est dix-huit mois plus tard, à Waterloo, que Wellington connaîtra son plus grand succès en battant la dernière armée de Napoléon 1er.La « bataille des Nations »
Le 16 octobre 1813 commence la « bataille des Nations », près de Leipzig, au coeur de l'Allemagne...Morelos y Pavon tente de libérer le Mexique
Le 6 novembre 1813, le prêtre Morelos y Pavon prend la tête d'une insurrection et proclame l'indépendance du Mexique. Mais sa tentative échoue comme celle du curé de Dolores, trois ans plus tôt, et c'est seulement le 24 février 1821 que le pays s'émancipera pour de bon de la tutelle de Madrid.Traité de Valençay
Le 11 décembre 1813, le roi d'Espagne Ferdinand VII, interné au château de Valençay par la volonté de Napoléon 1er, se voit proposer par l'ambassadeur de ce dernier la restitution de son royaume.
Ferdinand, que son peuple surnomme «Le Désiré», signe le traité de Valençay et peut rentrer à Madrid après 5 ans d'exil, heureux bénéficiaire de la résistance populaire à l'occupant.
Le Sénat appelle au trône Louis XVIII
Le 6 avril 1814, le jour même où, à Fontainebleau, Napoléon 1er se résigne à abdiquer sans conditions, le Sénat, réuni à Paris, appelle au trône le frère du roi guillotiné, le comte de Provence devenu Louis XVIII (59 ans).Napoléon fait ses adieux à la Garde
Devant l'escalier d'honneur du château de Fontainebleau, le 20 avril 1814, L'ex-empereur Napoléon 1er fait solennellement ses adieux à un détachement de la Garde et baise son drapeau ! Deux semaines plus tôt, l'empereur s'est résigné à abdiquer sans conditions sous la pression de ses maréchaux cependant que les sénateurs avaient proclamé sa déchéance. Les Alliés, qui l'ont vaincu, lui ont concédé le 11 avril la souveraineté sur l'île d'Elbe, un îlot italien à la latitude de la Corse!Louis XVIII entre à Paris
Le 3 mai 1814, tandis que Napoléon 1er arrive à l'île d'Elbe, le comte de Provence fait son entrée à Paris.
Acclamé par une population avide de paix, le frère de Louis restaure l'ancienne monarchie. Il avait pris le titre de Louis XVIII après la mort du malheureux Louis XVII à la prison du Temple mais il avait dû patienter en exil, dans l'humiliation et la gêne avant d'accéder au trône. Le 7 septembre 1800, le Premier Consul Bonaparte l'avait mis en garde : « Vous ne devez pas souhaiter votre retour en France. Il vous faudrait marcher sur cinq cent mille cadavres ».
La Norvège proclame son indépendance
Le 17 mai 1814, à Eidsvoll, en Norvège, une Assemblée de notables vote une Constitution, proclame l'indépendance du pays, précédemment uni au Danemark, et donne la couronne à l'ancien vice-roi danois, le prince Christian-Frédéric.
Les Norvégiens ont fait de ce jour leur fête nationale.
Napoléon quitte l'île d'Elbe
Le 26 février 1815, Napoléon 1er quitte l'île d'Elbe en catimini avec quelques compagnons d'infortune. Dédaignant la souveraineté de l'île, à lui concédée par ses vainqueurs, il projette rien moins que de restaurer l'Empire français. Son entreprise réussira à la barbe des gouvernants européens, réunis en Congrès en Vienne pour remodeler l'Europe. Il ne faudra que Cent jours avant que Napoléon 1er rende définitivement les armes. Les royalistes et les réactionnaires de tout poil prendront alors leur revanche.Napoléon débarque à Golfe-Juan, début des Cent-Jours
Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan avec 900 grenadiers, en provenance de l'île d'Elbe.
Confiné par les Alliés dans cette île pauvre et à peine peuplée de 10.000 habitants, l'ex-empereur des Français s'est refait une santé. Ruminant son abdication forcée, il ne se satisfait pas de la souveraineté sur l'île et du titre d'empereur qui lui a été généreusement laissé. Il est aussi contrarié de ne pas recevoir la pension de 2 millions de livres promise par son successeur Louis XVIII et regrette l'absence de sa femme Marie-Louise et de son fils. Il a par ailleurs vent de rumeurs faisant état de son possible transfert sur un îlot beaucoup plus hostile, Sainte-Hélène !
Informé du mécontentement latent chez les paysans français et surtout les militaires, tenus à l'écart par le nouveau roi, rentré à Paris dans les fourgons des Alliés, Napoléon se convainc que les Français n'attendent que son retour et décide de s'enfuir. Il profite de ce que le commandant anglais de la petite escadre chargée de surveiller l'île est amoureux d'une Florentine et se rend fréquemment sur le continent. Il profite de l'une de ces escapades pour quitter l'île et gagner Golfe-Juan.
Évitant la Provence, qui lui est hostile, Napoléon emprunte la route des Alpes, reçoit le ralliement du 5e de ligne puis du maréchal Ney et remonte triomphalement jusqu'à Paris, d'où s'est enfui le roi. Mais cette équipée va à peine durer cent jours avant de s'achever à Waterloo par une défaite militaire définitive (18 juin 1815). Les Cent-Jours vont aboutir à un deuxième traité de Paris, beaucoup plus dur que le précédent à l'égard de la France.
La fuite piteuse de Louis XVIII
Le 19 mars 1815, le roi Louis XVIII quitte piteusement Paris pour l'exil, laissant le champ libre à l'ex-Empereur Napoléon 1er, de retour de l'île d'Elbe...Éruption du volcan Tambora
Le 10 avril 1815, en Indonésie, le volcan Tambora entre en éruption. Outre la destruction des villages alentours, le phénomène se solde par l'émission dans l'atmosphère d'une quantité inhabituelle de cendres.
Pendant plus d'une année, ces cendres, en tournant autour de la planète, vont refroidir le climat de celle-ci. En Europe, l'été 1816 sera particulièrement froid et pluvieux, avec des chutes de neige dans les hauteurs... et des conséquences inattendues pour la littérature !
L'éruption aura sans doute aussi des conséquences pour l'art pictural, du fait que, dit-on, le peintre William Turner (1775-1851), précurseur de l'impressionnisme, puisera son inspiration dans la contemplation des ciels rougeoyants induits par les nuages de poussière du Tambora...
L'Acte final du Congrès de Vienne
Le 9 juin 1815 est signé l'Acte final du Congrès de Vienne. Cet épais document de 300 pages en français (la langue universelle de l'époque) redéfinit les contours de l'Europe après la chute de Napoléon 1er et la défaite des armées françaises.
Il élabore un retour à l'ordre monarchique et aux valeurs de la religion, sans oublier parmi d'autres considérations l'interdiction de la traite des Noirs...
Crépuscule à Waterloo
L'épopée napoléonienne s'achève le 18 juin 1815 à Waterloo, à quelques kilomètres au sud de Bruxelles...Signature de la Sainte-Alliance
Le 26 septembre 1815, signature à Paris de la Sainte-Alliance...Traité de Paris et fin de l'Empire
Le traité de Paris du 20 novembre 1815 sanctionne le retour de Napoléon de l'île d'Elbe et sa défaite à Waterloo...Augustin-Louis Cauchy
Naissance le 21 août 1789 à ParisJames Fenimore Cooper
Naissance le 15 septembre 1789 à Burlington (New Jersey, États-Unis)César Dumont d Urville
Naissance le 23 mai 1790 à Condé-sur-NoireauAlphonse de Lamartine
Naissance le 21 octobre 1790 à MâconJean-François Champollion
Naissance le 23 décembre 1790 à FigeacThéodore Géricault
Naissance le 26 septembre 1791 à RouenMarie-Louise de Habsbourg-Lorraine
Naissance le 12 décembre 1791 à Vienne (Autriche)Pie IX
Naissance le 13 mai 1792 à Senigalia (Marches, Italie)Antonio Lopez de Santa Anna
Naissance le 21 février 1794 à Jalapa (Nouvelle-Espagne (Mexique))Jean-Baptiste Corot
Naissance le 16 juillet 1796 à ParisAdolphe Thiers
Naissance le 15 avril 1797 à MarseilleHeinrich Heine
Naissance le 13 décembre 1797 à Dusseldorf (Allemagne)Eugène Delacroix
Naissance le 26 avril 1798 à CharentonJules Michelet
Naissance le 21 août 1798 à ParisHonoré de Balzac
Naissance le 20 mai 1799 à ToursAlexandre Pouchkine
Naissance le 26 mai 1799 à Moscou (Russie)Victor Hugo
Naissance le 26 février 1802 à BesançonHenri Lacordaire
Naissance le 12 mai 1802 à Recey-sur-Ource (Côte d'Or)Alexandre Dumas
Naissance le 24 juillet 1802 à Villers-CotterêtsHector Berlioz
Naissance le 11 décembre 1803 à La Côte-Saint-André (Isère, France)George Sand
Naissance le 1er juillet 1804 à ParisBenjamin Disraeli
Naissance le 21 décembre 1804 à Londres (Angleterre)Hans-Christian Andersen
Naissance le 2 avril 1805 à Odense (Danemark)Alexis de Tocqueville
Naissance le 29 juillet 1805 à ParisFrédéric Le Play
Naissance le 11 avril 1806 à La Rivière-Saint-Sauveur (Calvados, France)Robert Edward Lee
Naissance le 19 janvier 1807 à Stratford House (États-Unis)Giuseppe Garibaldi
Naissance le 4 juillet 1807 à NiceLouis-Napoléon Bonaparte, Napoléon III
Naissance le 20 avril 1808 à ParisGérard de Nerval
Naissance le 22 mai 1808 à ParisAbd el-Kader
Naissance le 6 septembre 1808 à Mascara (Algérie)Pierre Joseph Proudhon
Naissance le 15 janvier 1809 à BesançonCharles Darwin
Naissance le 12 février 1809 à Shrewsbury (Shropshire, Angleterre)Abraham Lincoln
Naissance le 12 février 1809 à Harding County (Kentucky, États-Unis)William Gladstone
Naissance le 29 décembre 1809 à Liverpool (Angleterre)Frédéric Chopin
Naissance le 1er mars 1810 à Zelazowa-Wola (Pologne)Léon XIII
Naissance le 2 mars 1810 à Carpineto Romano (Italie)Alfred de Musset
Naissance le 11 décembre 1810 à Saint-DenisVictor Duruy
Naissance le 11 septembre 1811 à ParisFranz Liszt
Naissance le 22 octobre 1811 à Raiding (Autriche)Charles Dickens
Naissance le 7 février 1812 à Portsmouth (Angleterre)David Livingstone
Naissance le 19 mars 1813 à Blantyre (Lanarkshire, Écosse)Otto von Bismarck
Naissance le 1er avril 1815 à Schönnhausen (Saxe-Anhalt, Allemagne)