















Découverte de l'or en Californie
Le 24 janvier 1848, en Californie, sur les terres du Suisse John Sutter, un ouvrier découvre des pépites d'or mêlées à des cailloux alors qu'il travaille à la réparation d'un moulin à eau.
Instantanément, le bruit se répand dans la région et les prospecteurs affluent tant et si vite que la propriété de Sutter est ravagée et lui-même ruiné. Il mourra en 1880 avec tout juste une pension de l'État de Californie. C'est la première victime de la ruée vers l'or !...
Traité de Guadalupe Hidalgo
Le 2 février 1848, le traité de Guadalupe Hidalgo met fin à la guerre entre les États-Unis et le Mexique, surnommée « Mr. Polk's War » (la guerre de M. Polk, du nom du président américain James Polk...
Insurrection républicaine à Paris
Le 22 février 1848, lassée par le règne débonnaire du roi des Français, Louis-Philippe 1er, ennuyeux à force de paix et de prospérité, l'opposition se soulève et, au terme de trois jours d'émeute, impose un régime républicain (la Seconde République).
Conduite par des républicains modérés : Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l'Eure, Marie,... la « Révolution de Février » met ainsi fin à la « Monarchie de Juillet » (parce que née en juillet 1830). Le poète Lamartine repousse le drapeau rouge des manifestants populaires et promeut le drapeau tricolore.
Louis-Philippe 1er abdique
Le 24 février 1848, le roi des Français Louis-Philippe 1er abdique et part en exil au terme de trois jours d'émeutes. C'est la naissance de la IIe République - une naissance romantique à l'image de son époque.Ouverture des Ateliers nationaux
Le 27 février 1848, le jeune gouvernement de la IIe République prend la décision d'ouvrir des Ateliers nationaux pour donner du travail aux chômeurs. Cette mesure se révèle coûteuse et inefficace. Qui plus est, les chantiers deviennent des foyers d'agitation révolutionnaire.
Lorsque l'Assemblée nationale décide en désespoir de cause de les fermer, le 20 juin 1848, les ouvriers s'insurgent. La répression est sanglante. Elle consacre la rupture entre la République et la classe ouvrière.
Victor Hugo dénonce la fainéantiseLe débat parlementaire du 20 juin 1848 sur les Ateliers nationaux donne au député Victor Hugo l'occasion d'un bel effet de tribune, inattendu dans sa bouche :
«Les ateliers nationaux sont un expédient fatal. Vous avez abâtardi les vigoureux enfants du travail ; vous avez ôté à une partie du peuple le goût du labeur, goût salutaire qui contient la dignité, la fierté, le respect de soi-même et la santé de la conscience. À ceux qui n'avaient connu jusqu'alors que la force généreuse du bras qui travaille, vous avez appris la honteuse puissance de la main tendue ; vous avez déshabitué les épaules de porter le poids glorieux du travail honnête, et vous avez accoutumé les consciences à porter le fardeau humiliant de l'aumône. Nous connaissions déjà le désœuvré de l’opulence, vous avez créé le désœuvré de la misère, cent fois plus dangereux pour lui-même et pour autrui. La monarchie avait les oisifs, la République aura les fainéants (...).
Cette fainéantise fatale à la civilisation est possible en Turquie, en Turquie et non pas en France. Paris ne copiera pas Naples ; mais, jamais Paris ne copiera Constantinople ».
La France limite la journée de travail
Le 2 mars 1848, un décret du jeune gouvernement de la IIe République réduit d'une heure la journée de travail parce que, selon ses termes, « un travail manuel trop prolongé non seulement ruine la santé mais en l'empêchant de cultiver son intelligence porte atteinte à la dignité de l'homme ». La journée de travail tombe à... dix heures à Paris et à onze en province (serait-ce que le travail est plus éprouvant à Paris qu'ailleurs ?).
Mais en avril 1848 est élue à l'Assemblée une majorité de députés issue de la bourgeoisie de province. Elle considère d'un mauvais oeil les réformes sociales et ne craint pas de massacrer les manifestants ouvriers lors des journées dramatiques de juin. Quarante ans plus tard va s'amplifier dans le monde industrialisé la revendication des « trois huit », soit huit heures par jour pour le travail, huit pour les loisirs et autant pour le sommeil.
Metternich chassé de Vienne
Le 13 mars 1848, une émeute oblige le prince de Metternich à s'enfuir de Vienne. Mais le fin diplomate ne tardera pas à restaurer l'autorité de l'empereur autrichien et à mettre fin au « printemps des peuples ».Les Milanais chassent les Autrichiens
Le 23 mars 1848, les Milanais chassent les Autrichiens de leur ville au terme d'un soulèvement de cinq jours. La révolte avait débuté par la guerre des cigares, les Milanais s'abstenant de fumer pour ne pas payer la taxe sur le tabac... et les troupes d'occupation se plaisant à fumer sous leur nez de voluptueux cigares. Les Autrichiens du feld-maréchal Radetzky reprendront pied dans la ville et auront raison des vélléités patriotiques des Italiens.Élections à l'Assemblée constituante
Le 23 avril 1848 ont lieu les élections des députés à l'Assemblée constituante de la IIe République. À cette occasion, les Français votent pour la première fois au suffrage universel : c'est la mort du suffrage censitaire (du mot cens qui désignait le montant minimal d'impôt à partir duquel un homme adulte avait le droit de voter). Avec le suffrage universel, le droit de vote n'est plus soumis à des conditions de revenu... mais seulement de sexe ou de statut (les femmes en sont encore privées, ainsi que les militaires, pour des motifs de neutralité). Le suffrage universel amène à l'Assemblée une majorité conservatrice, les paysans ayant massivement voté pour les notables locaux. Cette modération apaise les réticences de la bourgeoisie à l'égard du suffrage universel.Abolition de l'esclavage en France
Le 27 avril 1848, les décrets d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises sont publiés à l'initiative de Victori Schoelcher et François Arago, ministres de la IIe République. Sont concernés les Antilles, la Réunion et Saint-Louis du Sénégal...Réunion du Parlement de Francfort
À la faveur des révolutions qui bouleversent l'Europe, les représentants du peuple allemand, élus au suffrage universel, se réunissent en Assemblée nationale le 28 mai 1848 à l'église Saint-Paul de Francfort et décident de restaurer sous une forme constitutionnelle l'empire dissous en 1806 (le 1er Reich).
Ils constituent un gouvernement fédéral provisoire confié à un archiduc autrichien de tendance libérale puis publient une déclaration des «droits fondamentaux» d'inspiration également libérale. En janvier 1849, ils se prononcent pour le maintien des États existants et la constitution, au-dessus d'eux, d'un Empire fédéral avec un souverain et un Parlement élu.
Très vite s'opposent les partisans d'une Grande Allemagne, qui inclurait dans ses frontières l'empire d'Autriche et ses importantes minorités allogènes ou non-allemandes), aux partisans d'une Petite Allemagne d'où serait exclue l'Autriche. Sur les 568 membres de l'Assemblée, une courte majorité se prononce en faveur de la deuxième solution et propose le 28 mars 1849 la couronne impériale au roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV.
Mais celui-ci ne veut pas d'une «couronne ramassée dans le ruisseau». De son côté, l'empereur d'Autriche proteste contre cette entorse à sa traditionnelle hégémonie. Toute l'oeuvre du Parlement de Francfort s'écroule d'un coup. Les députés sont dispersés par la force. Le roi de Prusse tente de reprendre l'initiative en réunissant un Parlement de l'Union restreinte à Erfurt.
Insurrection ouvrière à Paris
À Paris, le 23 juin 1848, au point du jour, une foule s'ébranle sur la place de la Bastille, au pied de la colonne de Juillet. Guidé par un dénommé Pujol, au cri de : « La Liberté ou la Mort », elle commence de dresser des barricades. Il va s'ensuivre trois jours de violents combats avec la troupe. Au terme de ces émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux et le licenciement de 120.000 ouvriers, 5.000 insurgés seront tués, dont beaucoup fusillés sans jugement. 25.000 seront arrêtés, 11.000 condamnés à la prison ou à la déportation en Algérie.Mémoires d'Outre-tombe
Le 21 octobre 1848 commencent à paraître les Mémoires d'Outre-tombe. Conformément à la volonté de l'auteur, le vicomte François-René de Chateaubriand, l'oeuvre est publiée dès l'année de sa mort. Rédigée dans une prose magnifique, elle constitue le testament de l'époque romantique.Le pape chassé de Rome
Le 24 novembre 1848, à l'imitation des révolutionnaires français, le peuple de Rome fomente une émeute. Le pape s'enfuit à Gaëte.Élection de Louis-Napoléon Bonaparte
Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte (40 ans) est élu président de la République au suffrage universel (masculin) après une violente mais courte campagne électorale. Le neveu de Napoléon 1er est porté par le prestige de son nom, le discrédit de l'Assemblée conservatrice qui anime la IIe République et ses propres options socialisantes.
Il bénéficie à droite du soutien du parti de l'Ordre et à gauche de la sympathie des ouvriers, ce qui lui vaut de recueillir 5,6 millions de voix soit les trois quarts des suffrages exprimés ! Son principal adversaire, le général Cavaignac, bourreau des journées de juin, obtient seulement 1,5 millions de voix. Les autres candidats, l'avocat Ledru-Rollin, le chimiste Raspail, le poète Lamartine et le général Changarnier, se partagent les 444.000 voix restantes.
Le 20 décembre, l'élu s'installe au palais de l'Élysée, ancien hôtel particulier de la marquise de Pompadour, désormais résidence officielle de la présidence de la République. Il nomme le monarchiste modéré Odilon Barrot à la présidence du Conseil (la direction du gouvernement).
Mazzini proclame la République à Rome
Le 9 février 1849, à Rome, un groupe de républicains mené par Giuseppe Mazzini proclame la déchéance du pouvoir temporel du pape.
La République française enverra des troupes sous le commandement du général Oudinot pour rétablir le souverain pontife...
Le rêve d'unité italienne échoue à Novare
Le 23 mars 1849, le roi du Piémont est battu par les Autrichiens à Novare. Charles-Albert voulait aider les Milanais, révoltés contre leur souverain, l'empereur d'Autriche. Mal lui en prit...Émeute à Montréal
Le 25 avril 1849, à Montréal, une émeute populaire se solde par l'incendie de l'hôtel du Parlement, où le gouverneur général du Canada, lord Elgin, venait de sanctionner une loi controversée.
À la suite de ce drame, Montréal perd le statut de capitale des deux parties du Canada, le Haut- et le Bas-Canada, dont elle avait hérité à peine deux ans plus tôt.
Le Parti de l'Ordre remporte les législatives
Aux élections législatives du 13 mai 1848, précédées d'une intense campagne électorale, s'opposent pour la première fois deux mouvances bien définies :
- d'un côté le « Parti de l'Ordre », qui réunit tous les conservateurs (royalistes légitimistes et royalistes orléanistes, bonapartistes,...) autour d'un slogan : Ordre, Propriété Religion,
- de l'autre, la gauche républicaine qui a emprunté aux révolutionnaires d'antan le nom de « Montagne », de quoi effrayer pour de bon les modérés.
Entre ces deux extrêmes, les républicains modérés (les « hommes de 48 », tels Lamartine, Marie,...) sont laminés. Le scrutin ne leur donne qu'environ 70 sièges sur 715. Les montagnards en remportent 200 et le Parti de l'Ordre 450 ! Les conservateurs et les monarchistes, qui auraient toutes les raisons de se réjouir, s'inquiètent en fait de la poussée de l'extrême-gauche montagnarde et de sa solide implantation géographique, qui coïncide encore peu ou prou avec les départements dévoués à la gauche... La Seconde République, qui s'est disqualifiée lors des tragiques Journées de Juin 1848, va dès lors tourner le dos aux idéaux républicains...
Loi Falloux sur l'enseignement confessionnel
Le 15 mars 1850, après deux mois de vifs débats, les députés de la Seconde République votent une loi qui permet aux congrégations catholiques d'ouvrir en toute liberté un établissement secondaire avec les enseignants de leur choix. Qui plus est, elle soumet les établissements publics et les instituteurs au contrôle des autorités administratives et « morales », autrement dit religieuses.
Cette loi, due au comte Alfred de Falloux, ministre de l'Instruction publique, supprime de fait le monopole de l'État dans l'enseignement établi par Napoléon 1er.
Elle intervient moins d'un an après le succès du « Parti de l'Ordre » aux élections législatives. Son promoteur, le comte de Falloux, résume ainsi, dans ses Mémoires, son programme politique : « Dieu dans l'éducation, le pape à la tête de l'Église, l'Église à la tête de la civilisation ».
La loi Falloux est approuvée sans surprise par la droite conservatrice et en particulier le député Adolphe Thiers, mais elle suscite l'ire du député « montagnard » Victor Hugo et, par ses excès, va raviver l'anticléricalisme et la haine de l'institution ecclésiastique. La querelle ne s'apaisera qu'après les lois de Jules Ferry sous la République suivante.
La reculade d'Olmütz
Le 29 novembre 1850, à Olmütz, la Prusse doit renoncer provisoirement à son projet de fédérer autour d'elle l'Allemagne...
Révolte des Taiping
Le 11 janvier 1851, jour de son trente-huitième anniversaire, Hung se proclame « Roi céleste de la Grande Paix ». Ce Chinois qui s'est converti au protestantisme va prendre la tête de la révolte des Taiping, au Kwangsi, une province arriérée et montagneuse de l'ouest de Canton. Cette jacquerie du désespoir illustre le déclin de la dynastie mandchoue qui gouverne la Chine depuis 1644.Première Exposition universelle
Le 1er mai 1851, la reine Victoria inaugure à Londres la première Exposition universelle du monde. L'initiative en revient à son époux, le prince Albert. Elle témoigne des magnifiques espoirs suscités par la Révolution industrielle. Le Crystal Palace érigé au coeur de la capitale, à Hyde Park, par sir Joseph Paxton, va accueillir en six mois six millions de visiteurs émerveillés. C'est l'âge d'or victorien.

Mariette découvre Saqqara
Le 12 novembre 1851, Auguste Mariette découvre à Saqqara le Serapeum de Memphis et la nécropole des taureaux sacrés. L'archéologue va faire de l'égyptologie la discipline prestigieuse qu'elle est devenue.Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte
Le 2 décembre 1851, anniversaire du sacre de Napoléon 1er et de la bataille d'Austerlitz, Louis-Napoléon Bonaparte conduit le coup d'État qui lui permettra de passer du statut de Prince-Président à celui d'Empereur des Français...Mort du représentant Baudin
Le 3 décembre 1851, le représentant Baudin se fait tuer sur une barricade en tentant, mais en vain, de soulever le peuple de Paris quelques heures après le coup d'État de Louis-Napoléon.

Constitution sur mesure pour Louis-Napoléon
Le 14 janvier 1852 est promulguée en France une nouvelle Constitution. Elle donne au Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte, que d'aucuns surnomment avec mépris Badinguet, des pouvoirs quasi-dictatoriaux pour une durée de... dix ans. C'est la fin de la IIe République.Louis-Napoléon devient Napoléon III
Le 2 décembre 1852, avec l'approbation du suffrage universel, Louis-Napoléon Bonaparte est couronné empereur des Français sous le nom de Napoléon III (le deuxième du nom est supposé être le fils unique de Napoléon 1er, mort en pleine jeunesse à Vienne).Les Lyonnais honorent la Vierge à Fourvière
La fête de la Vierge est très populaire à Lyon depuis le 8 décembre 1852.
Ce jour-là avait été choisi pour bénir la statue de la Vierge sur le clocher de l'ancienne basilique de Fourvière. Une illumination était prévue en soirée mais elle fut annulée en raison de pluies violentes. À la faveur d'une éclaircie, les Lyonnais prirent d'eux-mêmes l'initiative d'illuminer leurs fenêtres avec des bougies. Cette tradition se perpétue de nos jours et s'accompagne de joyeuses virées dans les rues.
Ne confondons pas cette bénédiction avec le voeu des échevins (ou magistrats) en 1643. Lyon étant menacée par la peste, ils consacrèrent leur cité à la Vierge et s'engagèrent à accomplir un pèlerinage sur la colline de Fourvière le jour de sa Nativité, le 8 septembre (soit, bien sûr, neuf mois après l'Immaculée Conception). L'actuelle basilique Notre-Dame de Fourvière, à l'architecture si particulière (un éléphant renversé), fait suite à un autre voeu des Lyonnais pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Elle a été inaugurée le 2 juin 1884.
Napoléon III épouse Eugénie de Montijo
Le 30 janvier 1853, faute d'avoir pu convaincre une famille royale de lui donner la main d'une princesse, l'empereur Napoléon III (44 ans) épouse par inclination une jeune et belle aristocrate espagnole, Eugénie de Montijo, comtesse de Teba, née à Grenade 26 ans plus tôt.Prise de Nankin par les Taiping
Le 19 mars 1853, une troupe de « rebelles aux cheveux longs » aux ordres d'un certain Hung Xiuquan s'emparent de Nankin, la prestigieuse capitale de la Chine du sud, sur le fleuve Yang Tsé Kiang.
Leur révolte va se solder par... 20 millions de victimes. Tout cela pour déboucher sur une nouvelle intervention des Occidentaux en Chine et une « Seconde guerre del'opium » !...
Le commodore Perry débarque au Japon
Le 8 juillet 1853, le commodore Matthew Perry amène à l'empereur du Japon un message d'amitié du président américain Franklin Pierce. En fait d'amitié, il s'agit d'une injonction à se soumettre.
Les Japonais, qui s'étaient jusque-là tenus à l'écart des affaires du monde, se laisseront-ils assujettir comme, avant eux, les Chinois et la plupart des autres peuples d'Asie ?...
La France découvre la corrida
Le 21 août 1853, Bayonne est le théâtre de la première corrida « à l'espagnole » jamais organisée en France. Parmi les spectateurs figure l'épouse espagnole de Napoléon III, l'impératrice Eugénie de Montijo, à l'origine de cette initiative.
La tauromachie (du grec tauros, taureau, et machê,combat), remonte à l'Antiquité. Mais c'est seulement au XVIIIe siècle qu'elle a pris en Espagne la forme popularisée sous le nom de corrida, ou course de taureaux, , avec mise à mort du taureau.
La Nouvelle-Calédonie devient française
Le 24 septembre 1853, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de l'empereur Napoléon III. L'archipel devient français...
Alliance contre la Russie
Le 12 mars 1854, la France, l'Angleterre et le sultan ottoman concluent une alliance contre la Russie. Le traité débouchera sur la guerre de Crimée.Début de la guerre de Crimée
Le 27 mars 1854, sur un motif à première vue ridicule, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à la Russie. C'est le début de la guerre de Crimée, qui voit pour la première fois depuis 700 ans les Français et les Anglais combattre côte à côte...Création du bagne de Cayenne
Le 30 mars 1854, une loi officialise la création du bagne de Cayenne, en Guyane. 3.000 condamnés y ont déjà été envoyés dans les deux années précédentes.Traité de Kanagawa entre États-Unis et Japon
Le 31 mars 1854, suite aux menaces du commodore Perry, les Japonais se résignent à signer avec les États-Unis le traité de Kanagawa par lequel ils consentent à ouvrir leurs ports aux navires de commerce battant pavillon américain.Siège de Sébastopol
Le 26 septembre 1854, Français et Anglais pour une fois alliés mettent le siège devant Sébastopol, en Crimée.La charge de la Brigade légère
Le 25 octobre 1854, au cours de la guerre de Crimée, se produit la célèbre « Charge de la Brigade légère », un combat aussi meurtrier qu'inutile immortalisé au cinéma...Faidherbe à la conquête du Sénégal
Le 16 décembre 1854, le colonel Faidherbe est nommé gouverneur du Sénégal. Il entreprend la conquête de la vallée du fleuve pour protéger les arrières du comptoir de Saint-Louis-du-Sénégal, où les commerçants français se plaignent des exactions des indigènes.Prise de Malakoff
Le 8 septembre 1855, le général de Mac-Mahon s'empare avec ses zouaves de la tour Malakoff, qui surplombe la citadelle de Sébastopol. Ce succès laisse entrevoir la fin de l'épuisante guerre de Crimée, entamée un an plus tôt...Martyre d'Auguste Chapelaine
Au milieu du XIXe siècle, en France, après la tragédie révolutionnaire, l'Église catholique bénéficie d'un afflux croissant de vocations et beaucoup de jeunes prêtres sont envoyés comme missionnaires en Extrême-Orient par les Missions étrangères de Paris. Parmi eux, Auguste Chapdelaine.
Ce prêtre d'origine normande est arrêté par les autorités chinoises du Guangxi, soumis à la torture et exécuté le 27 février 1856, à 42 ans. Son supplice est largement évoqué par la presse française. Le gouvernement impérial de Napoléon III va en prendre prétexte pour s'associer à l'Angleterre dans une nouvelle guerre contre la Chine. Ce sera la « Seconde guerre de l'opium ».
Traité de Paris, fin de la guerre de Crimée
Le 30 mars 1856, le traité de Paris met un terme à la guerre de Crimée en consacrant la défaite de la Russie face à l'Angleterre et la France. Pour l'empereur Napoléon III, neveu de l'inexpiable ennemi des Anglais, la guerre de Crimée, bien que mal engagée et mal gagnée, s'avère un succès sur la scène internationale (le premier et le dernier). Le bonheur de l'empereur est à son comble avec la naissance de son fils Eugène Louis Napoléon, le 16 mars 1856, pendant le congrès !... Le jeune tsar Alexandre II découvre quant à lui dans l'humiliation de la défaite la nécessité de moderniser son pays.La révolte des Cipayes
Le 10 mai 1857 éclate dans les Indes britanniques la révolte des cipayes, cavaliers indigènes au service des colonisateurs (en anglais Indian Mutiny ou Sepoys Rebellion). Elle ébranle la domination de l'« Honorable East Indian Company » et débouche sur la prise de Delhi, Lucknow puis de Cawnpore, défendue par le général Sir Hugh Wheller.
Ordonnée par le Premier ministre Palmerston et menée par les généraux Campbell et Havelock, la reconquête, brutale, aboutit à la gestion directe des Indes par le gouvernement de Londres. C'est le British Raj (l'Empire britannique en anglo-hindi...
L'akkadien enfin déchiffré
Début 1857, la Royal Asiatic Society de Londres remet sous scellés aux Britanniques E. Hincks, W.H.F. Talbot, H.C. Rawlinson et au Français J. Oppert la copie d'une inscription en caractères cunéiformes du roi assyrien Tiglath-phalazar Ier, qui venait d'être découverte, afin qu'ils en réalisent une traduction chacun de leur côté. Le 25 mai 1857, une commission examine leurs travaux et déclare les traductions suffisamment concordantes pour que l'akkadien, langue de communication de la Mésopotamie du IVe au 1er millénaire avant JC, soit considéré comme enfin déchiffré.Faidherbe chasse El-Hadj Omar du Sénégal
Le 18 juillet 1857, le colonel Louis Faidherbe, à la tête de quelques centaines de soldats français et de supplétifs sénégalais, se présente devant le fort de Médine, sur le cours supérieur du fleuve Sénégal.
À son approche, les Toucouleurs qui assiègent le fort prennent la fuite. Leur chef El-Hadj Omar, un guerrier charismatique de 60 ans, renonce à se créer un royaume sur les rives du Sénégal. Il gagne le Soudan et va y poursuivre la lutte...
Attentat d'Orsini
Le 14 janvier 1858, Felice Orsini commet un attentat contre Napoléon III devant l'opéra de la rue Le Peletier, à Paris. Il en veut à l'empereur d'entraver l'unification de l'Italie. Napoléon III en profite pour faire passer une loi de sûreté générale.Loi de sûreté générale
Le 19 février 1858, une loi de sûreté générale marque le durcissement du régime impérial de Napoléon III suite à l'attentat d'Orsini.Traité d'Aigun entre Russes et Chinois
Le 28 mai 1858, par un traité signé à Aigun, en Mandchourie, le général russe Nicolas Mouraviev, gouverneur de la Sibérie orientale, impose à la Chine la cession de la rive gauche du fleuve Amour. Ce fleuve délimite encore aujourd'hui la frontière entre la Russie et la Chine.Entrevue secrète de Plombières
Suite à l'attentat de Felice Orsini, l'empereur Napoléon III invite secrètement à Plombières, station thermale des Vosges, Camilo Cavour, Premier ministre du roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II. Lors de cette entrevue secrète, les 20 et 21 juillet 1858, les deux hommes conviennent d'une intervention militaire conjointe contre l'Autriche en vue de l'unification de l'Italie.Occupation de Saigon par les Français
Le 18 février 1859, une flotte française remonte une rivière au sud du Viêt-nam.
Les nouveaux venus, sous le commandement de l'amiral Rigault de Genouilly, occupent le site de Saigon. Ce port sert au ravitaillement de Hué, la capitale de l'empire du Viêt-nam.
Pour les Vietnamiens, l'arrivée des Français est le début d'une longue parenthèse dans une Histoire deux fois millénaire...
Les Pays-Bas abolissent l'esclavage
Le 7 mai 1859, les Pays-Bas abolissent l'esclavage dans leurs colonies des Indes orientales, de Guyane et de Trinidad et Tobago.Napoléon III risque tout à Magenta
Le 4 juin 1859, un mois après avoir déclaré la guerre à l'Autriche, l'empereur Napoléon III et son allié, le roi de Piémont-Sardaigne affrontent l'ennemi à Magenta, à l'ouest de Milan.
Les alliés franco-sardes l'emportent difficilement et Napoléon III manque d'être fait prisonnier avec son état-major. Son armée arrive malgré tout à prendre la ville au terme d'une bataille qui laisse 9.000 morts sur le terrain. Trois jours plus tard, elle entre à Milan et le général de Mac-Mahon est fait maréchal et duc de Magenta.

Trois semaines plus tard, à Solferino, l'empereur des Français, peu porté à la guerre, décide d'arrêter les frais...
Solferino donne naissance à la Croix-Rouge
Le 24 juin 1859, les armées franco-sardes se heurtent aux armées autrichiennes à Solferino dans une mêlée sanglante et désordonnée...
L'imâm Chamil se rend aux Russes
Chef religieux du Daghestan, une région du Caucase, l'imâm Chamil prend la tête des tribus tchétchènes et combat les Russes à partir de 1834. N'ayant plus qu'une centaine de partisans, il est contraint à la reddition le 25 août 1859 par le gouverneur Buriatinski. Comme son homologue algérien Abd el-Kader, il est assigné à résidence avant d'être enfin autorisé à finir sa vie en terre musulmane.Du pétrole en Pennsylvanie !
Le 27 août 1859, du pétrole jaillit pour la première fois du sous-sol de la Pennsylvanie, au lieu-dit Oil Creek («la mare d'huile» !), près deTitusville. L'auteur du miracle est un bourlingueur du nom d'Edwin L. Drake (39 ans) qui se fait abusivement appeler «colonel Drake».
La découverte survient à point nommé, à un moment où les besoins d'éclairage n'arrivent plus à être satisfaits avec l'huile de baleine traditionnelle et le kérozène, un combustible extrait du charbon...
La Légende des Siècles
Le 26 septembre 1859 paraît La Légende des Siècles, monument poétique de Victor Hugo. Le poète romantique s'est volontairement exilé à Guernesey pour protester contre le coup d'État de Napoléon III. Il acquiert avec cette oeuvre une stature de prophète.Darwin publie L'Origine des espèces
Le 24 novembre 1859 sort en librairie, à Londres, un ouvrage au titre ambitieux qui résume à lui seul le contenu : De l'Origine des espèces par la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie.
Son auteur est un quinquagénaire seulement connu des spécialistes, Charles Darwin. Pourtant, son ouvrage bénéficie d'un succès immédiat et le premier tirage (1250 exemplaires) est épuisé dans la journée. Les théories développées par Charles Darwin allaient bouleverser le dogme d'une nature immuable depuis la création du monde.
Richard Fremder nous raconte Charles Darwin.
John Brown, le Spartacus blanc
Le 2 décembre 1859, en Virginie, est pendu John Brown, un Américain blanc de 59 ans, coupable d'avoir tenté de soulever les esclaves noirs et tué plusieurs esclavagistes...
Traité de libre-échange franco-britannique
Le 23 janvier 1860 est signé le traité de libre-échange franco-britannique, négocié par Michel Chevalier et Richard Cobden, avec le soutien de William Gladstone, chancelier de l'Échiquier dans le cabinet Palmerston, et l'appui de Napoléon III.
L'Europe va dès lors se vouer au libre-échange et lui rester jusqu'en 1892 en dépit de la «grande dépression européenne», qui débute vers 1873...
La France reçoit Nice et la Savoie
Le 24 mars 1860, par le traité de Turin, le comté de Nice et la Savoie reviennent à la France. Napoléon III obtient ces deux territoires en récompense de son intervention militaire contre l'Autriche, aux côtés du Piémont, et en échange de l'annexion de l'Italie centrale par le Piémont...Référendum à Nice et en Savoie
Suite au traité de Turin, qui prévoyait la cession de la Savoie et du comté de Nice à la France, les populations concernées sont invitées à donner leur avis sur ce rattachement le 22 avril 1860. C'est la première fois au monde qu'est mis en pratique le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».
Sans surprise, les habitants de ces provinces francophones approuvent à une écrasante majorité leur rattachement à la France. À Nice, on compte 25.743 oui, 160 non et 5.000 abstentions ; en Savoie, 235 non et une poignée d'abstentions sur 130.000 votants. Ces résultats montrent que les habitants s'étaient par avance résignés à leur sort. Un sénatus-consulte du 12 juin 1860 confirme l'incorporation des deux provinces à l'Empire français.
Affrontements entre maronites et Druzes
Le 26 mai 1860, maronites et Druzes s'affrontent pour la première fois sur les pentes du mont Liban...La bataille du pont de Palikao
En août 1860, un corps expéditionnaire de 3000 Anglais et autant de Français débarque dans le golfe de Hobai et prend la route de Pékin, sous le commandement du général Charles Cousin-Montauban. Le 21 septembre 1860, la troupe arrive devant le pont de Pa-li-kao, qui donne accès à la voie dallée menant vers la capitale chinoise.
De l'autre côté du pont manoeuvrent 30.000 cavaliers tatares et un plus grande nombre encore de fantassins chinois, sous le commandement d'un général énergique, San-ko-li-tsing, décidé à en découvre avec les « longs-nez », surnom méprisant donné aux Européens.
Les Français repoussent l'assaut de la redoutable cavalerie tatare. Une fois celle-ci hors-jeu, ils marchent sans faillir vers le pont, faisant refluer devant eux les malheureux fantassins chinois. La journée se solde par une dizaine de tués du côté européen, un millier du côté chinois. Cette victoire vaudra à son héros, Cousin-Montauban, le titre honorifique de comte de Palikao.
Le reste n'est plus qu'une promenade et le corps expéditionnaire franco-anglais entre le 13 octobre 1860 à Pékin, d'où s'est enfui l'empereur Xianfeng.
Pékin occupé par les Occidentaux
Le 13 octobre 1860, Pékin est occupée par une expédition franco-anglaise qui veut punir l'empire chinois pour ne s'être pas soumis aux injonctions du traité de Nankin du 29 août 1842 et aux promesses de l'année précédente. Au terme de cette « Seconde guerre de l'opium », le gouvernement impérial devra une nouvelle fois s'incliner devant les exigences occidentales.
Le sac du Palais d'Été
Le 18 octobre 1860, quelques jours après l'entrée des troupes françaises et anglaises dans Pékin, lord Elgin ordonne la mise à sac et l'incendie du Palais d'Été de l'empereur de Chine, en représailles des tortures infligées à des Européens. Il faut dire que l'homme a de qui tenir. Son grand-père démonta le Parthénon en 1801.
Convention de Pékin
Le 24 octobre 1860, après avoir occupé Pékin, Français et Anglais imposent à l'empereur manchou la signature de la convention de Pékin. Par ce traité qui met fin à la « Seconde guerre de l'opium », le gouvernement impérial accorde des indemnités aux Occidentaux, ouvre à leurs commerçants le bassin du Yang Jikiang et à leurs missionnaires l'ensemble de l'empire et concède enfin un agrandissement de la colonie de Hong-Kong.
De la sorte, en usant de la « diplomatie de la canonnière », les Occidentaux n'en finissent pas de grignoter des avantages commerciaux dans l'Empire du Milieu. Mais leurs actes de vandalisme et l'arrogance que traduisent les « traités inégaux » comme celui-ci génèrent dans le même temps de violents ressentiments au sein du peuple chinois...
La Russie s'empare de la Sibérie maritime
Profitant de ce que Français et Anglais tiennent la dynastie mandchoue à leur merci, les Russes se font accorder par les Chinois, le 14 novembre 1860, la rive gauche de l'Amour, ainsi que, le long de l'océan Pacifique, la région qui s'étend de l'embouchure du fleuve Amour, au nord, à la Corée, au sud. Cette région devient leur Province maritime et pour s'en assurer le contrôle, ils construisent une capitale portuaire au nom prometteur : Vladivostok (« Domination de l'Orient » en russe).
Libéralisation du Second Empire
Le 24 novembre 1860, le Corps législatif acquiert le droit d'adresse. C'est une première atteinte au pouvoir absolu de Napoléon III. Sous la pression de l'opinion et aussi sous l'effet de ses propres penchants politiques, l'empereur entreprend de démocratiser le régime.La Caroline du Sud fait sécession
En réaction à l'élection d'Abraham Lincoln à la présidence des États-Unis, deux semaines plus tôt, les parlementaires de Caroline du Sud votent à l'unanimité la sécession de leur État le 20 décembre 1860. Ils rejettent par avance l'abolition de l'esclavage.
Le président sortant, le démocrate James Buchanan, encore en fonction à la Maison Blanche jusqu'au début de l'année suivante, se montre décontenancé. Sa faiblesse encourage les sécessionnistes du Sud. L'initiative de la Caroline du Sud est rapidement imitée par dix autres États du Sud. Elle va déboucher sur la guerre de Sécession.
Naissance des États confédérés d'Amérique
Le 8 février 1861, les États sécessionnistes du Sud des États-Unis forment les États confédérés d'Amérique.Abolition du servage en Russie
Le 3 mars 1861, le tsar Alexandre II abolit le servage en Russie...Investiture de Lincoln
Le 4 mars 1861, dans son discours d'investiture, le nouveau président des États-Unis, Abraham Lincoln, exclut tout compromis avec les États esclavagistes du Sud. La guerre de Sécession devient inévitable.Victor-Emmanuel II proclamé roi d'Italie
Le 17 mars 1861, grâce à la diplomatie habile de son Premier ministre Camilo Cavour, Victor-Emmanuel II se fait proclamer « roi d'Italie par la grâce de Dieu et la volonté de la nation » par un Parlement national réuni à Turin...Attaque de Fort Sumter
Le 12 avril 1861, les sécessionistes du sud des États-Unis attaquent Fort Sumter, une dépendance de l'État fédéral. Prémice de la guerre de Sécession.Une Constitution pour la Tunisie
Le 26 avril 1861, dans le souci de se concilier ses créanciers européens, le bey de Tunis promulgue une Constitution qui instaure en Tunisie un régime monarchique de type parlementaire à l'occidentale !
C'est la première Constitution promulguée dans un pays musulman.
Mohammed es-Sadok (on écrit aussi Muhammadal-Sadiq), au pouvoir de 1859 à 1882, complète de la sorte l'effort de modernisation de ses prédécesseurs, qui a vu l'abolition de l'esclavage, l'émancipation des juifs... Mais le bey manque de fermeté et son effort vient trop tard.
La Tunisie, victime d'une grave crise économique et d'un endettement excessif, va tomber sous la tutelle européenne malgré les efforts de son Premier ministre Khayr al-Dîn (ou Kheireddine).
Mort du sultan Abdul-Medjid 1er
Le sultan ottoman Abdul-Medjid 1er meurt le 25 juin 1861. Son frère Abdul-Aziz lui succède. Malgré l'obstruction des partisans de la tradition (les « Vieux Turcs ») et les insurrections locales, il poursuit tant bien que mal la politique réformatrice de son frère (Tanzimat). Il tente aussi d'alléger la dette publique mais ne peut empêcher la banqueroute de l'État et doit se soumettre au bon vouloir de l'ambassadeur russe, au grand scandale de ses sujets.
Début de la guerre de Sécession
Le 21 juillet 1861, pour la première fois de leur Histoire, les Américains s'affrontent sur un champ de bataille, à Bull Run.
C'est le début de la plus terrible guerre qu'aient eu à subir les Américains : la guerre de Sécession, plus communément appelée en Amérique du Nord «Civil War» (guerre civile). Elle a déchiré les États-Unis pendant 4 ans et fait 617.000 morts parmi les combattants, soit davantage qu'aucune autre des guerres qui ont impliqué le pays...
Une Française accède pour la première fois au baccalauréat
Le 16 août 1861, sous le règne de Napoléon III, Julie-Victoire Daubié, une institutrice de 36 ans, militante entêtée des droits de la femme, passe avec succès le baccalauréat à Lyon. Elle est la première Française dans ce cas.
Le ministre de l'Instruction publique refuse de signer le diplôme au prétexte qu'il « ridiculiserait le ministère de l'Instruction publique » ! Son successeur Victor Duruy montrera beaucoup plus d'ouverture d'esprit en faisant voter en avril 1867 une loi imposant l'ouverture dans chaque commune de plus de 500 habitants d'une école primaire réservée aux filles.
Publication des Misérables
Le 3 avril 1862 sortent en librairie les deux premiers tomes d'un roman promis à un succès exceptionnel : Les Misérables.
L'auteur est un proscrit à barbe blanche, qui, de son exil de Guernesey, n'en finit pas de lancer des philippiques à l'encontre de l'empereur Napoléon III, alors à l'apogée de son règne.
Mais comme l'empereur lui-même, comme beaucoup de ses contemporains, comme le peintre Millet (L'Angélus, Le vanneur...), Victor Hugo se montre dans les années 1850-1860 très sensible au sort des humbles et à la condition ouvrière.
Les Misérables lui valent une popularité dans tous les pays et toutes les classes sociales. On dit que des ouvriers se cotisent pour acheter l'oeuvre et se la passer de main en main...
Bataille de Puebla
Le 5 mai 1862, la progression des armées françaises au Mexique se heurte à la résistance de Puebla, une ville fortifiée sur la route de Mexico. Cette bataille est le premier accroc dans la guerre franco-mexicaine que les courtisans de l'empereur Napoléon III ont qualifiée de « plus grande pensée du règne ».
7.000 hommes piétinent devant Puebla et mis en déroute par des renforts mexicains ; en grande partie des Indiens descendus des montagnes voisines. Leur victoire sur la « meilleure armée du monde » a un immense retentissement en France comme au Mexique. « Habitants dePuebla (...) vous avez raison de croire que je suis avec vous. Ce n'est pas laFrance qui vous fait la guerre, c'est l'empire... », écrit Victor Hugo aux défenseurs de la ville, de son exil de Guernesey.
Il faut envoyer en catastrophe 28.000 hommes en renfort, sous le commandement du général Forey, pour enfin avoir raison de la résistance de la ville.
Fierté mexicaineEn souvenir de leur victoire sur les Français, les Mexicains ont fait de l'anniversaire du 5 mai 1862 un jour férié et chômé.
La France s'implante en Indochine
Le 5 juin 1862, par le traité de Saigon (aujourd'hui Hochiminh-ville), l'empereur du Vietnam Tu Duc cède la Cochinchine à la France. Il officialise ainsi la présence française en Indochine...
Lincoln abolit en partie l'esclavage
Dans les premiers temps de la guerre de Sécession, le président Abraham Lincoln s'était refusé à abolir brutalement l'esclavage. Lui-même le jugeait l'esclavage intolérable mais ne concevait pas, comme la plupart de ses concitoyens, que les anciens esclaves noirs pussent massivement obtenir une pleine et entière citoyenneté, à égalité avec les Blancs.
Mais à mesure que se creuse le fossé entre les frères ennemis, le président se résigne à franchir le pas vers l'abolition et à l'utiliser comme arme de guerre. C'est ainsi que le 22 septembre 1862, quelques jours après le premier succès nordiste à la bataille d'Antietam, Lincoln annonce l'émancipation des esclaves dans les États qui persisteront dans la rébellion le 1er janvier 1863.
Cette émancipation sera immédiate et sans indemnité d'aucune sorte dans ces États où vivent 80% des 4 millions d'esclaves noirs des États-Unis de l'époque. Par contre, dans les États intermédiaires, esclavagistes et néanmoins fidèles à l'Union nordiste, elle sera progressive, négociée et indemnisée.
Il n'est pas encore question d'inscrire l'abolition de l'esclavage dans la Constitution, faute d'une majorité suffisante au Congrès. Cependant, en janvier 1865, comme la victoire se rapproche et que le Sud, ruiné et défait, n'est plus en état de négocier quoi que ce soit, Lincoln rédige le texte du futur amendement.
Bismarck devient ministre-président de la Prusse
Le 24 septembre 1862, le roi de Prusse Guillaume 1er nomme un inconnu, Otto von Bismarck, à la présidence du Conseil des ministres, avec le titre de chancelier.
Jusqu'à sa mort, en 1888, il va lui conserver sa confiance malgré leur incompatibilité de caractère et de très violents heurts entre les deux hommes ! La Prusse, l'Allemagne et l'Europe sortiront profondément transformées de cette nomination...
Fondation de la religion bah 'aie
Le 21 avril 1863 marque la naissance en Perse de la religion baha'ie (aussi appelée bahaïsme ou babisme) ; elle est aujourd'hui pratiquée par cinq millions de fidèles. Sa naissance est célébrée du 21 avril au 2 mai par tous les baha'is du monde sous le nom de Ridvan. Cette religion a été fondée par Mirza Husayn-Ali, dit Baha'u'llah (la gloire de Dieu), prophète de Mirza Ali Muhammad, dit el Bâb (la Porte). Ce dernier repose depuis 1899 sur le mont Carmel, au-dessus d'Haïfa...La Légion résiste à Camerone
Le 30 avril 1863, à Camerone, au Mexique, une poignée de légionnaires français, sous les ordres du capitaine Jean Danjou, résiste à plusieurs milliers de Mexicains...Le Cambodge devient protectorat français
Le 11 août 1863, une convention franco-khmer établit un protectorat de l'empire français sur le Cambodge du roi Norodom 1er...
La Journée des Princes
Le 1er septembre 1863, l'empereur d'Autriche François-Joseph 1er convie à Francfort tous les chefs d'État allemands pour une « Journée des Princes »...Discours de Lincoln à Gettysburg
Le 19 novembre 1863, en pleine guerre de Sécession, le président Abraham Lincoln prononce un discours de haute tenue morale au cimetière des combattants de Gettysburg.
The Gettysburg Address figure parmi les textes que les écoliers américains apprennent par coeur.
Le tsar Alexandre II crée les « zemstva »
Le 13 janvier 1864, le tsar libérateur Alexandre II institue par décret les« zemstva » (« zemstvo » au singulier). Dans ces assemblées locales russes, toutes les classes sociales sont représentées et la noblesse n'a plus le monopole du pouvoir...Le sous-marin CSS Hunley en action
Le 17 février 1864, en pleine guerre de Sécession, un submersible sudiste, le CSS Hunley, devient le premier sous-marin à couler un navire de guerre ennemi.Gordon s'empare de la citadelle de Changchow
Le 11 mai 1864, le général anglais Charles Gordon s'empare de la citadelle chinoise de Changchow. Son succès met un terme à la révolte des T'ai P'ing (ou Taiping) inaugurée en 1851. S'étant emparés de Nankin, la capitale de la Chine centrale, les Taiping menaçaient de faire tomber la dynastie mandchoue au pouvoir à Pékin. Les Occidentaux apportèrent leur appui à celle-ci pour préserver leurs intérêts commerciaux en Chine. Plus de vingt millions de Chinois périrent du fait de cette révolte.Convention de Genève sur la Croix-Rouge
Le 22 août 1864, douze États signent la Convention de Genève et mettent en place la Croix-Rouge à l'initiative d'un homme d'affaires et philanthrope genevois, Henri Dunant.
Fondation de la 1ère Internationale
Le 28 septembre 1864, des ouvriers venus de toute l'Europe fondent à Londres la Première Internationale socialiste sous le nom d'Association internationale des travailleurs (AIT). Ses principaux inspirateurs ont nom Bakounine et Karl Marx...Fin de la « guerre des duchés »
Le 30 octobre 1864, la paix de Vienne met un terme à la « guerre des duchés » qui avait vu l'Autriche, la Prusse et d'autres États allemands attaquer le petit Danemark pour lui enlever les duchés du Slesvig, du Holstein et du Lauenbourg. C'était la première des trois guerres qui allaient conduire le chancelier prussien Otto von Bismarck à l'unification de l'Allemagne.Pie IX publie le Syllabus
Le 8 décembre 1864, en annexe de l'encyclique Quanta cura, le pape Pie IX publie le Syllabus. Il s'agit d'un catalogue à la Prévert de tout ce que le souverain pontife pense être les erreurs de la pensée moderne. Ce document témoigne de son appréhension face à des États de plus en plus envahissants, qui tendent à limiter la liberté des individus. Il illustre aussi un rejet viscéral de la démocratie que partageront ses successeurs jusqu'à Pie XII, mort en 1958.Fin de la guerre de Sécession
Le 9 avril 1865, la bataille d'Appomattox met fin à la guerre de Sécession. Le général Lee capitule face au général Grant.
C'est la défaite définitive des Sudistes après une lutte impitoyable de quatre ans, qui aura fait 617.000 victimes. Ainsi, la guerre la plus dure qu'aient jamais livrée les États-Unis aura été une guerre civile...
Abraham Lincoln assassiné
Ce soir du 14 avril 1865, le président Lincoln manifeste le désir d'un moment de détente. Il se rend avec sa femme au Ford's Theatre de Washington...Stand Watie, le dernier rebelle
Le 23 juin 1865, le dernier général confédéré dépose les armes. Symbole à la fois de deux causes perdues pour lesquelles il a lutté, le général de brigade Stand Watie a la particularité d'être le seul Indien à avoir atteint le grade de général durant la Guerre de Sécession...Léopold II, roi des Belges
Le 17 décembre 1865, Léopold II devient roi des Belges à la suite de son père Léopold 1er de Saxe-Cobourg, élu roi en 1831.Abolition de l'esclavage aux États-Unis
Le 18 décembre 1865, le Congrès des États-Unis vote un 13e amendement à leur Constitution...
Naissance de l'Union latine
Le 23 décembre 1865 naît l'Union latine monétaire. La France, la Belgique, la Suisse et l'Italie fixent les parités de leurs monnaies les unes par rapport aux autres...
Premier attentat contre Alexandre II
Le 4 avril 1866, un premier attentat vise le tsar Alexandre II de Russie. C'est un étudiant isolé, Dimitri Karakozov, inspiré par la propagande nihiliste du moment, qui en est l'auteur. À dater de ce jour, le tsar va suspendre le grand chantier de réformes qu'il avait engagé dès son avènement, une dizaine d'années plus tôt.« Coup de tonnerre » à Sadowa
Le 3 juillet 1866, les Prussiens du roi Guillaume 1er, commandés par le feld-maréchal Helmuth von Moltke, écrasent les Autrichiens de François-Joseph 1er et du maréchal Benedek à Sadowa (Königgrätz en allemand), en Bohême, près de l'Elbe. Cette seule bataille met fin à la guerre entre les deux pays. Elle fait en Europe l'effet d'un « coup de tonnerre » car nul n'imaginait une victoire aussi complète de la Prusse...Naissance de l'Autriche-Hongrie
Le 8 février 1867, l'empire autrichien cède la place à une double-monarchie austro-hongroise...Les États-Unis achètent l'Alaska à la Russie
Le 9 avril 1867, les États-Unis achètent l'Alaska à la Russie. Le président des États-Unis saute sur l'affaire que lui présente le tsar, malgré les réticences de son opinion publique à payer 7 millions de dollars pour quelques déserts de glace. Nul n'imagine le bénéfice que le pays retirera un jour de sa nouvelle acquisition : bases stratégiques, pétrole…Le traité de Londre consolide l'indépendance du Luxembourg
État-tampon issu du Congrès de Vienne (1815), le grand-duché de Luxembourg a pour souverain le roi des Pays-Bas mais fait également partie d'une Confédération germanique et doit, à ce titre, accepter sur son petit territoire une garnison prussienne.
En 1867, l'empereur des Français Napoléon III confie au chancelier prussien Otto von Bismarck son désir d'être récompensé pour sa médiation dans la guerre entre l'Autriche et la Prusse. Le Luxembourg paraît être un « pourboire » acceptable et la France pourrait l'acheter au roi des Pays-Bas.
Cependant, lorsque ce projet est communiqué à l'opinion publique allemande, celle-ci s'oppose catégoriquement à cette cession, considérant le Luxembourg comme un territoire historiquement allemand.
Pour régler cette crise, une conférence réunit à Londres les principales puissances. Par un traité signé le 11 mai 1867, la France renonce à l'annexion du Luxembourg, en échange de quoi la Prusse retire ses garnisons du grand-duché de Luxembourg, lequel est déclaré neutre et peut dès lors savourer une pleine indépendance.
François-Joseph roi de Hongrie
Le 8 juin 1867, l'empereur d'Autriche François-Joseph et sa femme « Sissi » ceignent à Budapest la couronne de Saint-Étienne. Ils consacrent ainsi la naissance de la monarchie bicéphale d'Autriche-Hongrie.Maximilien fusillé à Queretaro
Le 19 juin 1867, l'archiduc Maximilien de Habsbourg est fusillé au Cerro de las Campanas, une butte qui domine la ville de Queretaro, au Mexique, avec deux de ses généraux, par les partisans du président Juarez. Sa dernière pensée est pour sa femme, devenue folle de chagrin : « Pauvre Charlotte », murmure-t-il avant de mourir. Sa mort met un point final à la malencontreuse expédition du Mexique, engagée par Napoléon III.Naissance du Canada actuel
Le 1er juillet 1867 naît le Canada sous sa forme actuelle. Ce jour-là, la reine Victoria promulgue l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Ce texte issu des conférences de Charlottetown et de Québec jette les bases de la Confédération canadienne avec un Parlement fédéral et un gouvernement central à Ottawa.
Les deux anciennes provinces du Haut-Canada et du Bas-Canada, qui avaient fusionné avec l'Acte d'Union du 23 juillet 1840, réapparaissent sous la dénomination respective d'Ontario et de Québec (à ne pas confondre avec la ville fondée par Samuel de Champlain). Deux autres colonies britanniques leur sont par ailleurs adjointes au sein de la nouvelle Confédération : le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.
Fête de la Fédération canadienneEn souvenir de l'acte fondateur du Canada actuel, le 1er juillet est devenu la fête de la Fédération canadienne.
Karl Marx publie Das Kapital
Le 17 juillet 1867, Karl Marx publie à Londres le premier tome de son oeuvre principale, Das Kapital (Le Capital). Les deux tomes suivants sont publiés par Engels après la mort de leur auteur, le 14 mars 1883. Cet ouvrage volumineux et indigeste va devenir pendant plus d'un siècle la référence obligée des socialistes et révolutionnaires du monde entier.
Premier câble transatlantique
Le 27 juillet 1867 est inauguré le premier câble télégraphique transatlantique. Long de 3700 km, il marque le début de l'ère des télécommunications. Les câbles sous-marins sont aujourd'hui relayés - ou concurrencés - par les satellites.Droit de vote pour les ouvriers britanniques
Le 15 août 1867, à l'initiative du Premier ministre Benjamin Disraeli, les ouvriers qualifiés des villes obtiennent le droit de vote. La loi électorale double pratiquement le nombre d'électeurs...Les chassepots font merveille à Mentana
Le 3 novembre 1867, des volontaires garibaldiens tentent de pénétrer à Rome et d'en chasser le pape Pie IX. Ils veulent remettre la ville au roi d'Italie Victor-Emmanuel II pour achever l'unité politique de la péninsule...
Le Japon entre dans l'« ère des Lumières »
Le 9 novembre 1867 commence au Japon l'ère Meiji, du nom de règne de l'empereur Mutsuhito (Meiji veut dire lumière en japonais). Ce nom est significatif de sa volonté de moderniser l'empire du Japon et de l'ouvrir sur le monde.
Ce jour-là, le jeune souverain (15 ans) décide de gouverner désormais en personne, avec le concours des grands seigneurs (daimyo) réformistes qui piaffent d'impatience dans l'ombre du shogun Tokugama, le maître tout-puissant du gouvernement.
En moins d'une génération, il va hisser son pays parmi les grandes puissances de la planète, toutes les autres appartenant à la sphère occidentale...
Charte de Cinq articles au Japon
Le 6 avril 1868, au Japon, l'empereur Meiji (Mutsuhito) promulgue la Charte de Cinq articles. Elle marque la fin du régime féodal et la modernisation administrative.Gladstone Premier ministre du Royaume-Uni
Le 9 décembre 1868, le chef du parti libéral (whig), William Gladstone, devient à 59 ans Premier ministre du Royaume-Uni.
Cet Écossais est animé par des convictions religieuses très rigides qui le portent à émanciper les catholiques et les israélites, pacifier l'Irlande, développer l'éducation et moderniser les règles démocratiques... ainsi qu'à raccoler des prostituées pour leur lire la Bible et les remettre sur le droit chemin !
Gladstone se fait d'abord élire élu député du parti conservateur (tory) en 1832. Favorable au libre-échange en tant que ministre du Commerce dans le gouvernement de Robert Peel, en 1841-1842. Le gouvernement est renversé en 1846 du fait d'une scission à l'intérieur du parti sur la question du libre-échange provoquée par Benjamin Disraeli.
Chancelier de l'Échiquier (ministre de l'Économie) dans le gouvernement Palmerston (1858-1866), Gladstone a la satisfaction de conclure le traité de libre-échange avec la France.
Devenu chef du parti libéral, il s'oppose aux ambitions impérialistes et coloniales de son rival de toujours, Disraeli, qui a le soutien de la reine Victoria. Gladstone en est par contre détesté. C'est au point que, contre l'usage, la reine lui refuse un siège lors de ses visites protocolaires en qualité de Premier ministre... à l'exception de la dernière, par pitié pour le vieil homme.
Mendeleïev met de l'ordre dans la chimie
Le 6 mars 1869, un chimiste russe de 35 ans, Dimitri Ivanovitch Mendeleïev, présente devant la Société chimique russe la première version de sa classification périodique des éléments. Elle conserve toute sa pertinence et est aujourd'hui connue de tous les collégiens du monde entier...Les États-Unis unifiés par le chemin de fer
Le 10 mai 1869, les États-Unis sont enfin traversés d'est en ouest par une ligne de chemin de fer. Les deux équipes chargées de sa construction, l'une partie de Sacramento, en Californie, l'autre d'Omaha, dans le Nebraska, opèrent une jonction triomphale en un lieu appelé Promontory Point, dans l'Utah.
Les États-Unis forment désormais un ensemble humain unifié. Il s'ensuit la fixation des fuseaux horaires afin de pouvoir établir des horaires rigoureux pour les trains transcontinentaux (les fuseaux horaires sont adoptés au plan international en 1884, lors de l'International Prime Meridian Conference, à Washington).
La construction de la première ligne transcontinentale a été concédée à deux compagnies privées qui ont reçu des terres tout le long de la ligne dont la vente à des colons est destinée à rentabiliser les travaux. L'État procèdera de la même façon avec les lignes suivantes. Dès 1914, les États-Unis compteront 220.000 kilomètres de voies ferrées. Ce réseau, encore très actif, est surtout voué au transport de marchandises (le fret).
Rencontre à Promontory Point, Utah
Inauguration du canal de Suez
Le 17 novembre 1869, le canal de Suez est inauguré en présence de l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, et de l'empereur d'Autriche François-Joseph.
Au terme des travaux, le canal, d'une longueur de 162 km, sur 54 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur, traverse l'isthme de part en part.
Des villes nouvelles naissent dans le désert : Port-Saïd sur la Méditerranée (ainsi nommée en l'honneur du khédive) et Suez sur la mer Rouge, ainsi qu'Ismaïla, entre les deux...
Funérailles tumultueuses de Victor Noir
Le 12 janvier 1870, les funérailles d'Yvan Salmon, dit Victor Noir, sont suivies par 100.000 personnes...Plébiscite en faveur de l'Empire libéral
Le 8 mai 1870, l'Empire libéral de Napoléon III sort renforcé d'un plébiscite (*) qui lui donne 7.336.000 oui contre 1.560.000 non. A Paris, toutefois, à la différence du reste du pays, une majorité républicaine se prononce contre le régime. Mais la déclaration de guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870, et la défaite de Sedan allaient détruire les illusions de l'empereur et provoquer la chute de son régime le 4 septembre de la même année.La dépêche d'Ems
Dans la ville d'eaux d'Ems, le 13 juillet 1870, le roi Guillaume 1er s'entretient avec l'ambassadeur de France Benedetti de la candidature d'un prince Hohenzollern à la couronne d'Espagne.
La dépêche qui relate l'entrevue est habilement caviardée par le chancelier Bismarck, assisté du chef d'état-major von Moltke et du ministre de la Guerre Roon. L'impulsivité du ministre des Affaires étrangères de Napoléon III, le duc de Gramont, va entraîner la France à déclarer la guerre à la Prusse.
À la tribune de l'Assemblée, le chef du gouvernement Émile Ollivier prononce des paroles malheureuses : « De ce jour commence pour les ministres mes collègues et pour moi une grande responsabilité. Nous l'acceptons d'un coeur léger... d'un coeur confiant ».
Le pape infaillible
Le 18 juillet 1870, le concile Vatican I réunit à l'initiative du pape Pie IX (Giovanni-Maria Ferretti) définit le dogme de l'infaillibilité pontificale.
Les cardinaux reconnaissent comme vraies et irrévocables les interprétations du dogme prononcées par le souverain pontife...
Napoléon III déclare la guerre à la Prusse
Le 19 juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. L'empereur tombe dans le piège préparé par le chancelier Bismarck, par la faute de son ministre des Affaires étrangères, le duc Adolphe de Gramont, partisan d'une politique belliciste.
La déclaration de guerre de la France conduit à l'union de toute l'Allemagne derrière la Prusse. Celle-ci aligne immédiatement 800.000 hommes, transportés en chemin de fer sur la frontière. La France 250.000 seulement, dans le plus grand désordre, faute d'avoir mené à bien la réforme du ministre Adolphe Niel, qui devait, deux ans plus tôt, généraliser le service militaire et créer une armée de seconde ligne (la garde mobile)... Un mois et demi plus tard, l'empereur est fait prisonnier à Sedan.
Charge héroïque de Froeschwiller
Le 6 août 1870, deux semaines après la déclaration de guerre de Napoléon III à la Prusse, une armée française est battue à Forbach, ce qui entraîne pour la France la perte de la Lorraine. Le même jour, le maréchal de Mac-Mahon est battu à Froeschwiller-Woerth, d'où la perte de l'Alsace. Cette défaite est occultée par un fait d'armes héroïque : la folle charge des cuirassiers français dans les houblonnières, près du village de Reichshoffen, où hommes et chevaux s'empêtrent et succombent sous le feu ennemi.Napoléon III est fait prisonnier à Sedan
Le 2 septembre 1870, à Sedan, l'armée française commandée par le maréchal Patrice de Mac-Mahon est obligée de se rendre aux Prussiens. Napoléon III est fait prisonnier...Proclamation de la République
Le 4 septembre 1870, les Parisiens proclament la République (c'est la IIIe du nom). En souvenir de ce jour, de nombreuses rues de France portent le nom du « Quatre Septembre »...Les troupes piémontaises entrent à Rome
Le 20 septembre 1870, quelques jours après la chute du Second Empire français, les troupes piémontaises entrent à Rome. Le roi Victor-Emmanuel profite de la chute de Napoléon III, qui s'opposait à l'annexion par l'Italie des dernières possessions du pape, pour achever l'unification de la péninsule.
Le pape Pie IX se considère dès lors prisonnier au Vatican. Ses successeurs feront de même jusqu'aux accords de Latran qui, en 1929, transformeront le Vatican en un État souverain.
Gambetta quitte Paris en ballon
Le 8 octobre 1870, Léon Gambetta quitte Paris en ballon pour échapper au siège de l'armée prussienne. Il va tenter de regrouper à Tours une armée en vue de relancer la lutte contre l'envahisseur. La reddition honteuse de Bazaine à Metz va ruiner ses efforts.Crémieux francise les juifs d'Algérie
Le 24 octobre 1870, le décret Crémieux donne la citoyenneté française aux juifs d'Algérie...Bazaine capitule à Metz
Le 27 octobre 1870, le maréchal François Bazaine capitule à Metz avec son armée de 180.000 hommes, réduisant à néant les chances de sursaut de la France face à l'offensive allemande.
Il est vrai qu'il considère l'installation de la République en France comme un danger plus grand encore que la victoire ennemie et le démembrement prévisible du pays...
Siège de Belfort
Le 4 novembre 1870 commence le siège de Belfort. Les armées prussiennes prennent place autour de la ville pour plus de cent jours. Le courage du colonel Denfert-Rochereau, qui organise la résistance de la ville, permet que celle-ci résiste aux bombardements comme au froid intense qui s'abat. Denfert-Rochereau ne consentira à se rendre que sur un ordre du gouvernement.Proclamation de l'Empire allemand
Le 18 janvier 1871, l'Empire allemand est proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Ce IIe Reich (Empire) succède au Saint Empire romain germanique fondé par Otton le Grand et aboli par Napoléon...Armistice franco-allemand
Le 28 janvier 1871, le gouvernement provisoire de la France signe un armistice avec le roi de Prusse. Celui-ci a été proclamé empereur d'Allemagne une semaine plus tôt, dans la galerie des glaces de Versailles.
La paix est conclue à Francfort le 10 mai suivant, mettant fin à la guerre franco-prussienne...
Adolphe Thiers chef du gouvernement exécutif
Les premières élections générales depuis la chute de Napoléon III se soldent le 8 février 1871 par une écrasante majorité conservatrice et monarchiste. Le 17 février suivants, les députés, réunis à Bordeaux pour cause d'invasion prussienne, désignent Adolphe Thiers (73 ans) comme « chef du gouvernement exécutif de la République française » en attendant de statuer sur la nature du régime futur : monarchie ou république.Belfort se rend après 103 jours de siège
Le 18 février 1871, la garnison de Belfort se rend aux Allemands qui assiègent la ville alsacienne depuis 103 jours...Début de la Commune de Paris
Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, renonce à la réprimer et s'enfuit à Versailles avec tous les corps constitués.
C'est l'amorce de la «Commune». Maîtres malgré eux de la capitale, les révolutionnaires et militants socialistes vont offrir à la bourgeoisie républicaine l'occasion de se débarrasser une fois pour toutes de la «question sociale». Il en coûtera 20.000 victimes....
Thiers abandonne Paris aux Communards
Le 25 mars 1871, Adolphe Thiers abandonne Paris aux Communards. Les Prussiens campent autour de Paris, l'Assemblée constituante est réfugiée à Bordeaux. Face à une capitale traumatisée par la défaite et secouée par des émeutes sporadiques, Adolphe Thiers, le chef du pouvoir exécutif, décide d'évacuer les soldats et de revenir en force pour débarrasser la ville de ses éléments républicains, socialistes ou révolutionnaires.Cheikh El-Haddad en guerre contre les Français
Le 8 avril 1871, le grand maître d'une confrérie musulmane d'Algérie, Cheikh El-Haddad, proclame la guerre sainte contre l'occupant français. Un tiers de la population musulmane du pays entre en rébellion. C'est la dernière des grandes rébellions algériennes avant la guerre d'indépendance.Traité de Francfort
Le 10 mai 1871, Jules Favre et Adolphe Thiers signent au nom de la France un traité de paix avec l'Allemagne à l'hôtel du Cygne, à Francfort (Allemagne)...Fin sanglante de la Commune
Le 28 mai 1871, au terme d'une Semaine sanglante, la Commune de Paris n'existe plus.
Au prix de plusieurs dizaines de milliers d'exécutions et d'arrestations, Adolphe Thiers peut se flatter d'avoir débarrassé le pays de la «question sociale». Celle-ci sera en effet absente de la scène politique française jusqu'en 1936...
Découverte de Grand Zimbabwe
Le 5 septembre 1871, l'explorateur allemand Karl Mauch découvre en Afrique australe une vaste enceinte en pierre et des murailles et tourelles en ruines. Il croit pouvoir identifier une cité évoquée dans la Bible comme étant celle de la reine de Saba (Ophir).
Les chercheurs finiront par admettre l'origine proprement africaine de ces ruines appelées Grand Zimbabwe. On sait aujourd'hui qu'elles relèvent de la civilisation bantoue des Shona.
« Dr. Livingstone, I presume ? »
Le 10 novembre 1871, dans un village reculé d'Afrique orientale, Ujiji, deux hommes blancs se font face au milieu d'un attroupement d'Africains. Le plus jeune, un aventurier du nom de Stanley, s'avance vers son aîné : «Dr Livingstone, I presume !»...Aïda au Caire
Le 23 décembre 1871, est jouée au Caire la première de Aïda de Giuseppe Verdi, à l'occasion de l'inauguration du nouvel Opéra de la ville. Deux ans plus tôt, l'ouverture du canal de Suez a rapproché l'Egypte de l'Occident.Disraeli exalte les conquêtes coloniales
Le 24 juin 1872, dans le Crystal Palace, le somptueux palais des expositions londonien inauguré vingt ans plus tôt par le prince Albert, Benjamin Disraeli, chef de l'opposition conservatrice, prononce un retentissant discours dans lequel il se propose de promouvoir l'empire colonial britannique (« uphold the Empire of England », dit-il).
Auparavant, les conquêtes coloniales étaient le fait de compagnies marchandes ou d'aventuriers et les gouvernements ne s'y engageaient qu'avec réticence car ils n'y voyaient que des sources de difficultés. On peut dater du discours de Disraeli la naissance de l'impérialisme anglais et plus largement européen, marqué par les péripéties de la « course au drapeau » en Afrique et en Asie.
La même année, le 7 avril 1872, Léon Gambetta, un fougueux républicain français, lance à Angers: « Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C'est par l'expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu'on prend dans la vie générale de l'humanité que les nations persistent et qu'elles durent; si cette vie s'arrêtait, c'en serait fait de la France » (*).
Révélation de Gilgamesh
Le 3 décembre 1872, devant la Société d'Archéologie Biblique de Londres, George Smith (32 ans) raconte le déluge d'après le récit d'un roi mésopotamien, Gilgamesh !...Mac-Mahon succède à Thiers à l'Élysée
Le 24 mai 1873, à Paris, la majorité monarchiste de l'Assemblée nationale retire sa confiance au président de la République Adolphe Thiers. Elle élit à sa place le maréchal Patrice de Mac Mahon, duc de Magenta, héros de Malakoff (65 ans) avec pas moins de 300 voix sur 392 (on qualifie depuis lors d'« élection de maréchal » une élection à la quasi-unanimité !)...
Schliemann découvre le Trésor de Priam
Le 14 juin 1873, l'archéologue amateur Heinrich Schliemann et sa jeune femme découvrent un fabuleux trésor sur le site de la colline d'Hissarlik, en Turquie, qu'ils auront vite fait d'attribuer à Priam, le roi de Troie, selon Homère, l'auteur de L'Iliade.Le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore
Le 23 octobre 1873, le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore et ruine les espoirs des monarchistes.Naissance du septennat en catimini
Le 20 novembre 1873, en France, l'Assemblée nationale vote une loi qui confie la Présidence de la République au maréchal de Mac-Mahon pour sept ans. Cette mesure prise à titre conservatoire sera appelée à durer... 127 ans...Francis Garnier tué par les « Pavillons noirs »
Le 21 décembre 1873, l'officier de marine Francis Garnier (34 ans) meurt près de Hanoi au cours d'un combat entre sa troupe et des irréguliers chinois, les « Pavillons noirs »...
Première exposition de l'Impressionnisme
Le 15 avril 1874, une trentaine de peintres exposent leurs oeuvres dans l'atelier de leur ami, le photographe Félix Tournachon, plus connu sous le pseudonyme Nadar, au 35, boulevard des Capucines.
Nombre d'entre eux ont déjà participé onze ans plus tôt au «Salon des Refusés» autour d'Édouard Manet...
Inauguration de l'Opéra
Le 5 janvier 1875 a lieu la représentation inaugurale de l'Opéra de Paris en présence du président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, de la reine mère d'Espagne, du lord-maire de Londres ainsi que d'environ 2500 spectateurs.
L'architecte Charles Garnier n'a pas été invité et a dû payer sa place. Il n'en est pas moins acclamé par le public...
Le mot république dans l'amendement Wallon
Le 30 janvier 1875, l'amendement Wallon introduit subrepticement le mot République dans les lois constitutionnelles échafaudées par les parlementaires français...
Première de Carmen
Le 3 mars 1875, les Parisiens assistent à la première représentation de Carmen, un opéra de Georges Bizet, d'après une nouvelle éponyme de Prosper Mérimée, mort cinq ans plus tôt à 72 ans.
Le compositeur, qui a lui-même 37 ans, reçoit le jour même la Légion d'honneur.
Quelques mois plus tard, le 3 juin 1875, il meurt suite à un refroidissement après un bain dans la Seine, à Bougival. Carmen, devenu l'opéra le plus populaire du monde, va lui valoir une éternelle renommée.
Toreador, en garde, Toreador, Toreador !
Et songe bien, oui, songe en combattant
Qu'un oeil noir te regarde,
Et que l'amour t'attend,
Toreador, L'amour t'attend !
Congrès de Gotha
Le 22 mai 1875, deux partis socialistes allemands tiennent un congrès commun à Gotha (Thuringe), une petite ville surtout célèbre pour son almanach des têtes couronnées, en vue de s'unir face au chancelier Bismarck.
Bien que d'inspiration marxiste, le parti ouvrier social-démocrate conduit par Wilhelm Liebknecht accepte de fusionner avec l'Association générale des travailleurs fondée par Ferdinand Lassalle pour bâtir un programme réformiste...
Le sultan Abdul-Hamid II contre les réformes
Le 30 mai 1876, le sultan ottoman Abdul-Aziz est obligé d'abdiquer en faveur de son neveu Mourad V (en turc Murat V), fils d'Abdul-Medjid 1er, le précédent sultan. Il meurt cinq jours plus tard dans des conditions mystérieuses. Mais la politique de réformes du Tanzimat, engagée par Abdul-Medjid 1er, prend fin après que Mourad V ait été lui-même déclaré « fou » (il était en fait alcoolique). Il est remplacé par son frère Abdul-Hamid II (en turc Abdulhamit II) le 31 août 1876. Celui-ci proclame une nouvelle Constitution qui instaure une monarchie parlementaire mais la suspend presque aussitôt. Le parlement reprendra ses droits en 1908 et obligera le sultan à la démission l'année suivante.Le général Custer tué à Little Bighorn
Au matin du 25 juin 1876, le général américain George Armstrong Custer tombe dans une embuscade tendue par les Sioux du chef Sitting Bull.
Les 285 hommes du détachement de cavalerie se font proprement massacrer par les Indiens près de la rivière de Little Bighorn, dans le Montana...
Conférence de géographie sur l'Afrique
Le 12 septembre 1876, au palais royal de Bruxelles, le roi Léopold II ouvre une Conférence de géographie destinée à relancer l'exploration de l'Afrique...La dernière bataille des samouraïs
L'empereur du Japon Meiji Tenno ayant remplacé le corps féodal des samouraïs par une armée de conscrits, son ancien ministre de la Guerre Saigo Takamori prend la tête d'une ultime révolte de ces guerriers, nostalgiques de leur code de l'honneur (le bushido), de leurs beaux uniformes et de leur sabre rituel (le katana).
À la tête de quelques centaines de samouraïs, il est défait le 22 février 1877 devant le château de Kumamoto par 30.000 soldats impériaux. Fidèle à l'honneur ancestral, il se suicide par éventrement selon le rite du seppuku (faussement appelé harakiri).
Cinq-Mars de Gounod
Le 5 avril 1877, Charles Gounod crée un opéra intitulé Cinq-Mars. Il présente sous une forme passablement déformée la tragédie d'un jeune conspirateur sous le gouvernement de Richelieu.La Roumanie se proclame indépendante
Le 9 mai 1877, la Roumanie proclame son indépendance à la faveur d'une guerre entre les Russes et l'occupant turc. L'indépendance du pays sera reconnue l'année suivante à la conférence de Berlin.Mac-Mahon affronte la Chambre
Le 16 mai 1877, le maréchal Patrice de Mac-Mahon, président de la République française, renvoie le président du Conseil, le républicain Jules Simon, à cause d'un différend sur les questions religieuses. Le lendemain, il nomme à la tête du gouvernement le très conservateur Albert de Broglie.
La Chambre issue des élections du 5 mars 1876, à forte majorité républicaine, s'irrite de cette attitude et met le gouvernement en minorité le 16 juin. Le président réagit par une dissolution. Il s'ensuit une vive campagne dans tout le pays. Léon Gambetta, leader républicain, lance à l'attention de Mac-Mahon : « Quand la France aura fait entendre sa voix, il faudra se soumettre ou se démettre ».
Contre toute attente, les élections du 28 octobre 1877 renforcent à la Chambre le camp républicain, opposé aux options monarchistes du président. Le 20 novembre, de Broglie démissionne et Mac-Mahon, vaincu, le remplace par un républicain modéré, Jules Dufaure. Dans un message au Sénat le 14 décembre 1877, il reconnaît la prépondérance du Parlement et son « irresponsabilité ». Après cette crise du « Seize Mai », aucun président de la IIIe République n'osera plus dissoudre la Chambre des députés.
Obsèques de Thiers
Le 8 septembre 1877, oublieux de son passé monarchiste et de son attitude à l'égard des Communards, le peuple français unanime offre des obsèques grandioses à Adolphe Thiers, mort cinq jours plus tôt, à 80 ans. Léon Gambetta, son rival de toujours, marche en tête du cortège funéraire. Sa dépouille est ensevelie au Père-Lachaise, sous un énorme monument en forme d'arc de triomphe.Les Russes aux portes de Constantinople
Le 20 janvier 1878, les Russes s'emparent de la ville d'Andrinople, dans la région des Balkans encore soumise aux Turcs ottomans...Premier central téléphonique
Le 28 janvier 1878 est inauguré le premier central téléphonique. Deux ans à peine après l'invention du téléphone par l'américain Graham Bell, le central est mis en place à New-Haven, dans le Connecticut. Les opératrices desservent 21 abonnés.Traité de San Stefano
Le 3 mars 1878, le traité de San Stefano consacre la formation d'une grande Bulgarie.Ouverture du congrès de Berlin
Le chancelier Otto von Bismarck ouvre à Berlin, le 13 juin 1878, le premier grand congrès international depuis celui qui s'est tenu à Vienne en 1814 et 1815.
Ce congrès se réunit pour concilier les Anglais et les Russes, les premiers s'opposant à la mainmise des seconds sur les Balkans et les possessions ottomanes d'Europe, par le traité de San Stefano conclu avec les Turcs le 3 mars de la même année.
Le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli obtient le renoncement de Moscou à une Grande Bulgarie plus ou moins vassale. Il occupe pour sa part l'île de Chypre. La France, là-dessus, proteste et obtient pour son compte la promesse d'un protectorat sur la Tunisie, une province ottomane très largement autonome.
Les Zoulous humilient Sa Majesté
Le 22 janvier 1879, une armée zouloue de 20.000 hommes attaque les Anglais à Isandhlwana, en Afrique australe...
Jules Grévy président de la République
Le 30 janvier 1879, suite à la démission de Maurice de Mac-Mahon, les parlementaires élisent le républicain modéré Jules Grévy (71 ans) à la présidence de la République...
Traité anglo-afghan de Gandamak
Le 26 mai 1879, le traité de Gandamak met un terme à la deuxième guerre anglo-afghane. La première s'était terminée par un désastre britannique. Celle-ci se conclut par un compromis. Les Anglais se gardent d'occuper l'Afghanistan mais se font concéder par l'émir Chêr Ali (ou Chir Ali) la surveillance de la passe stratégique de Kaïber (Khyber pass) et un droit de regard sur sa politique étrangère. Ainsi neutralisent-ils le glacis qui sépare leur colonie des Indes de l'empire russe.
Maîtres chez eux, les Afghans renoncent à s'immixer dans les rivalités entre grandes puissances. C'est une attitude qu'ils conserveront au XXe siècle pendant la « guerre froide » entre URSS et États-Unis.
Mort tragique du Prince impérial
Le 1er juin 1879, le Prince impérial, fils unique de l'empereur déchu Napoléon III, meurt en Afrique australe, en combattant les Zoulous...Le « plan Freycinet » à l'oeuvre
Le 17 juillet 1879, Charles de Saulces de Freycinet, ministre des Travaux Publics, fait voter le plan qui porte son nom, pour la construction de 8.700 kilomètres de voies ferrées d'intérêt local ainsi que de nombreux canaux à petit gabarit (le « gabarit Freycinet »). Ces infrastructures nouvelles vont faire la fierté de la IIIe République. Elles sont aujourd'hui pour la plupart obsolètes...
Charles de Freycinet, surnommé la « souris blanche », va poursuivre une longue et brillante carrière, y compris comme Président du Conseil. Il va soutenir Jules Ferry dans son combat pour la laïcité, faire voter le 22 juin 1886 une loi interdisant aux chefs des familles ayant régné sur la France de séjourner dans le pays et porter à trois ans la durée du service militaire.
Boycott 1er
Le 17 septembre 1879, en Irlande, Charles Parnell, président de la Ligue agraire, inaugure une tactique nouvelle pour faire plier les propriétaires et les régisseurs qui maltraitent ou dépouillent leurs tenanciers : la mise en quarantaine.
La première « victime » est un certain capitaine Charles Boycott, régisseur d'un grand propriétaire. Du jour au lendemain, il ne trouve plus aucun employé ni commerçant qui accepte de traiter avec lui ou seulement de lui parler. Pour éviter que ses récoltes ne pourrissent sur pied, il fait venir des paysans protestants de l'Ulster sous la protection de l'armée. Finalement, il jettera l'éponge et quittera l'Irlande, laissant son nom à la postérité !
Edison invente l'ampoule électrique
Le 22 octobre 1879, un inventeur de génie s'éclaire pour la première fois à la lumière électrique.
Après d'innombrables essais qui témoignent d'une rare détermination, l'Américain Thomas Edison réussit à produire un éclairage durable en faisant passer du courant à travers un filament de carbone, dans une ampoule sous vide...
Jules Ferry expulse les religieux de l'enseignement
Le 29 mars 1880, deux décrets de Jules Ferry expulsent les religieux de l'enseignement...Tahiti devient colonie française
Tahiti est la plus grande et la plus célèbre des îles Sous-le-Vent, dans l'archipel de la Société (1000 km2 et aujourd'hui 200.000 habitants). Séduit par l'accueil de ses habitant(e)s, des Polynésiens à la peau cuivrée, l'explorateur Bougainville, en 1768, l'a baptisée « Nouvelle-Cythère » mais ce nom ne lui est pas resté !Traité entre Savorgnan de Brazza et le roi des Bateké Tio
Le 10 septembre 1880, Pierre Savorgnan de Brazza signe avec un chef africain un traité de protectorat.
Par ce traité auquel l'Africain ne comprend goutte, la République française établit son protectorat sur un vaste territoire qui fait aujourd'hui partie du Congo-Brazzaville...
Achèvement de la cathédrale de Cologne
Le 15 octobre 1880, la cathédrale de Cologne, « mère de toutes les cathédrales allemandes », est enfin achevée, plus de six siècles après le début des travaux !
L'évêque Conrad en avait posé la première pierre en 1248, tandis qu'en France, le roi Louis IX inaugurait la Sainte Chapelle. La construction se traîne jusqu'en 1560, date à laquelle elle est interrompue pour des raisons financières qui dissimulent l'épuisement de l'élan religieux médiéval. Le culte est suspendu en 1794.
En 1841, un courant d'opinion romantique et sensible au renouveau du pangermanisme se mobilise en faveur de la cathédrale. Une société est créée en vue de son achèvement. La construction en style gothique tardif prend fin avec l'achèvement de la tour sud, haute de 157,38 mètres, qui fait de la cathédrale le bâtiment le plus haut du monde jusqu'à l'inauguration de la Tour Eiffel, en 1889.
Les Frères Karamazov
Le 8 novembre 1880 est publié l'un des plus célèbres romans du russe Fédor Dostoievski, Les Frères Karamazov.Les filles entrent au lycée
Le 21 décembre 1880, le député Camille Sée, ami de Jules Ferry, fait passer une loi qui ouvre aux filles l'accès à un enseignement secondaire public.
Jusque-là, les jeunes Françaises qui désiraient prolonger leurs études n'avaient d'autre solution que les établissements confessionnels. Dans les lycées publics qui leur sont ouverts, les cours de religion sont remplacés par des cours de morale. L'Église n'a plus le monopole de la formation des filles.
L'année suivante, Camille Sée fait voter la création de l'École Normale Supérieure de Sèvres en vue de former des professeurs féminins pour ces lycées car il n'est pas encore question de mixité.
assassinat du tsar Alexandre II
Le tsar Alexandre II est assassiné par un groupe de jeunes bourgeois anarchistes appelé Narodnaia volia (Volonté du peuple) le13 mars 1881, le jour où il s'apprêtait à donner une Constitution à son pays et... annoncer son mariage avec sa jeune maîtresse...
Traité du Bardo
Le 12 mai 1881, le gouvernement français et le souverain de Tunisie (aussi appelé bey de Tunis) signent un traité au palais de Kassar Saïd, près du Bardo, dans la banlieue de Tunis...Attentat contre le président James Garfield
Le 2 juillet 1881, en gare de Washington, le président américain James Garfield est blessé par un déséquilibré, Charles J. Guilteau, qui l'accuse de ne pas lui avoir fourni un emploi. Il meurt le 19 septembre suivant. C'est le deuxième des quatre présidents américains assassinés, après Lincoln, avant McKinley et Kennedy...
« Qu'est-ce qu'une nation ? »
Le 11 mars 1882, à la Sorbonne, l'historien Ernest Renan, au faîte de sa gloire, prononce une conférence appelée à un grand retentissement : « Qu'est-ce qu'une nation ? ». Prenant le contrepied des romantiques allemands, devenus les ennemis de la France par la guerre franco-prussienne de 1870, il rejette toute définition culturelle ou raciale de la nation. À ses yeux, celle-ci naît de l'héritage historique et de la volonté de vivre ensemble.Première pierre de la Sagrada Família à Barcelone
Le 19 mars 1882, est lancée la construction d'une nouvelle église à Barcelone, en Espagne. Rien d'extraordinaire a priori, mais le projet va évoluer et prendre une ampleur inattendue avec l'arrivée d'un jeune architecte visionnaire, Antoni Gaudí.
La Sagrada Família, éternel chantier, est devenue le symbole le plus éclatant de Barcelone et de la Catalogne. Quant à Antoni Gaudí, il s'épanouira dans l'Art nouveau, l'un des derniers mouvements artistiques pan-européens.
L'armée anglaise débarque en Égypte
Le 2 août 1882, l'armée anglaise débarque à Alexandrie pour mettre fin à des émeutes populaires et imposer sa protection à l'Égypte...
Apparition des poubelles
Le 24 novembre 1883, sous la IIIe République, Eugène René Poubelle, le préfet du département de la Seine, impose aux Parisiens l'usage de réceptacles fermés pour l'évacuation des ordures ménagères. Il s'agit d'en finir avec la crasse qui fait la mauvaise réputation de la capitale depuis le Moyen Âge et les premières dispositions royales...
Le préfet met en place un ramassage quotidien par des voitures tirées par des chevaux. Il prévoit même un tri collectif avec trois types de réceptacles (déchets organiques, verre, faïence ou coquilles d'huîtres...) mais cette mesure, mal appliquée, disparaîtra du deuxième arrêté relatif à la collecte des ordures, le 7 mars 1884.
Mal accueillis, les arrêtés du préfet suscitent l'hostilité de la grande presse et un journaliste du Figaro qualifie par dérision les réceptacles de «boîtes Poubelle». Le nom leur restera pour l'éternité.
Ces réceptacles se généralisent très vite dans la capitale française puis dans toutes les grandes villes. De façon très bénéfique, ils réduisent considérablement la saleté habituelle aux voies publiques depuis le Moyen Âge et facilitent le travail des éboueurs.
Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier
Le 21 mars 1884, le ministre Pierre Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier de 1791 et autorise les syndicats ouvriers.L'Allemagne annexe le Sud-Ouest africain
Le 24 avril 1884, le chancelier Otto von Bismarck proclame la souveraineté de l'Empire allemand sur le Lüderitz-land ou Sud-Ouest africain (l'actuelle Namibie).Partage de l'Afrique noire
Le 26 février 1885 prend fin la conférence de Berlin sur le partage de l'Afrique noire. Elle a pour principal résultat de confier l'administration du Congo au roi des Belges Léopold II, sous le nom d'«État indépendant du Congo».
Considéré par les Européens comme une terre sans maître, l'immense continent noir est partagé comme une vulgaire tarte aux pommes... sans que les habitants, pas plus que les pommes, aient leur mot à dire...
Hommage au poète disparu
Le 1er juin 1885, les Français communient autour de la dépouille de Victor Hugo, mort dix jours plus tôt. Un million de personnes suivent le corbillard des pauvres dans lequel il a demandé à être conduit. Le Panthéon est rouvert à cette occasion et devient le mausolée des gloires nationales. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un poète reçoit de pareils hommages...Le Viêt-nam devient français
Le 9 juin 1885, la Chine reconnaît le protectorat de la France sur le Viet-nam au traité de T'ien-tsin...Les Anglais annexent la Birmanie
Le 25 novembre 1885, les Anglais font la conquête de la Birmanie. Le royaume s'ajoute pour quelque temps à leur empire colonial des Indes. Il deviendra indépendant 60 ans plus tard.Grève tragique à Decazeville
Le 26 janvier 1886, 2.000 mineurs de Decazeville, dans l'Aveyron, font grève. Ils s'en prennent au sous-directeur de la mine, l'ingénieur Jules Watrin, à l'origine d'une baisse de leurs salaires, et le défenestrent. La victime décède de ses blessures et devient un martyr aux yeux des patrons.
La compagnie minière en appelle à l'armée. Elle promet également aux mineurs de réviser leurs salaires à la hausse mais dès le mois de février revient sur ses promesses. La grève reprend. Elle va durer jusqu'en juin de la même année.
L'opinion se divise. À la Chambre, le député républicain opportuniste Jean Jaurès, fraîchement élu, reproche à ses collègues socialistes de faire l'apologie de l'assassinat en soutenant les grévistes !
Le ministre de la guerre, le général Georges Boulanger, qui a envoyé la troupe, exprime maladroitement son embarras face à la répression : « Ne vous en plaignez pas. Car peut-être à l'heure où je vous parle, chaque soldat partage-t-il avec un mineur sa soupe et sa ration de pain », déclare-t-il à la tribune de la Chambre.
Une grève tragique à Chicago inspire la Fête du Travail
Les syndicalistes américains organisent des actions collectives le 1er mai 1886 en faveur de la journée de huit heures. Un grand nombre de travailleurs obtiennent satisfaction. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.
Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.
Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines (ils seront réhabilités plusieurs années après).
En souvenir de ce drame va être instauré chaque année une « journée internationale des travailleurs » ou « Fête des travailleurs », aujourd'hui plus volontiers appelée « Fête du Travail », bien que l'expression prête à confusion...
Le Symbolisme et l'aube des temps nouveaux
Le 18 septembre 1886, Jean Moréas publie dans Le Figaro le Manifeste du symbolisme. Ce mouvement littéraire annonce le siècle suivant...La Liberté éclairant le monde
« La Liberté éclairant le monde » est inaugurée à l'entrée du port de New York le 28 octobre 1886. Ce cadeau de la France aux États-Unis célèbre l'amitié franco-américaine...
Révélation de Sherlock Holmes
Sherlock Holmes fait sa première apparition le 6 janvier 1887.
Le public britannique découvre le détective et son ami, le docteur Watson, dans une nouvelle intitulée A study in scarlet (titre français : Une étude en rouge) et publiée par le Beeton's Christmas annual. Son auteur est un médecin de 27 ans, Arthur Conan Doyle...
démission de Jules Grévy
Le 2 décembre 1887, Jules Grévy (80 ans), quatrième président de la République française, est contraint de remettre sa démission suite aux malversations de son gendre Daniel Wilson, l'un des fondateurs de la gauche républicaine.
Sadi Carnot président de la République
Le 3 décembre 1887, suite à la démission de Jules Grévy, les parlementaires élisent à la présidence de la République Sadi Carnot (50 ans), petit-fils du conventionnel Lazare Carnot, ami de Robespierre ! Jules Ferry, candidat malheureux, doit s'incliner...
Le Brésil en finit avec l'esclavage
Le 13 mai 1888, au Brésil, la princesse Isabel (Isabelle), fille de l'empereur Dom Pedro II, profite d'un déplacement de son père à l'étranger pour promulguer une loi dite Aurea qui met fin à l'esclavage...Mort de Frédéric III
L'empereur d'Allemagne Frédéric III meurt d'un cancer le 15 juin 1888 après quelques mois d'un règne empreint de générosité. Son fils de 29 ans lui succède sous le nom de Guillaume II. Il congédie au bout de deux ans le vieux chancelier Bismarck (75 ans) et se lance dans une politique aventureuse qui mettra en péril la paix en Europe.Jack l'Éventreur à Whitechapel
Le 8 août 1888, la police découvre dans une rue de Whitechapel, l'un des quartiers pauvres de l'East End de Londres, le corps affreusement mutilé d'une prostituée ; c'est le début du mystère Jack l'Eventreur...
Inauguration de l'Institut Pasteur
L'Institut Pasteur est inauguré à Paris, le 14 novembre 1888, par le président de la République Sadi Carnot. C'est le premier institut de recherche jamais créé au monde. Il se donne pour objectif l'identification des virus.
Financé par une souscription internationale à hauteur de deux millions de francs, il comble les voeux du plus populaire savant qu'ait connu l'humanité et dont il porte le nom...
Tragédie à Mayerling
Le 30 janvier 1889, tragédie au pavillon de chasse de Mayerling. Le prince Rodolphe, fils unique de l'empereur d'Autriche François-Joseph 1er et d'Elizabeth (« Sissi »), se suicide après avoir tué sa maîtresse Mary Vetsera...
Une Constitution pour le Japon
Le 11 février 1889, l'empereur (ou tenno) Meiji dote le Japon d'une constitution moderne.
Inauguration de la Tour Eiffel
La Tour Eiffel est inaugurée le 31 mars 1889, en avant-première de l'Exposition universelle de Paris qui commémore le centenaire de la Révolution française. Elle a été construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours sur les plans audacieux de l'ingénieur Gustave Eiffel. Elle mesure 318 mètres et pèse 10.100 tonnes, avec 18000 pièces de fer et 2500000 rivets.
Prévue pour être détruite après l'exposition, elle doit sa survie à l'installation à son sommet d'un émetteur radio qui a rendu sa conservation indispensable. Si elle n'est plus depuis longtemps le plus haut édifice du monde, la « vieille dame » conserve toujours les faveurs du public et l'amour des Parisiens. À preuve les illuminations et le feu d'artifice qui ont salué l'entrée dans le troisième millénaire...
Traité d'Ucciali entre Italie et Éthiopie
Le 2 mai 1889, le gouvernement italien signe le traité d'Ucciali avec l'empereur d'Éthiopie. Les interprétations douteuses de ce traité lui offriront un motif de partir à la conquête du dernier État indépendant d'Afrique subsaharienne. La campagne se solde par un désastre, à Adoua.La IIe Internationale et la Fête du Travail
La IIe Internationale socialiste réunit son deuxième congrès à Paris, au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française.
Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé). Jusque-là, il était habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'avait pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).
Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera « organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation ». C'est l'origine de notre Fête du Travail.
Le Brésil devient une république
Le 15 novembre 1889, au Brésil, les militaires destituent l'empereur Pierre II et instaurent la République
Ils bénéficient du soutien de la grande bourgeoisie possédante qui en veut à l'empereur d'avoir aboli l'esclavage l'année précédente (il n'était pourtant que temps, tous les autres États occidentaux l'ayant devancé dans cette voie).
Les putschistes bénéficient aussi de l'appui du clergé qui en veut aussi à l'empereur, coupable d'avoir fait emprisonner des ecclésiastiques : il accueille même avec satisfaction la séparation de l'Église et de l'État, décidée le 7 janvier 1890.
En revanche, certaines catégories populaires se soulèvent au nom de l'empereur, derrière des prophètes, comme à Canudos...
Sous l'influence des penseurs positivistes, un courant de pensée influencé par le Français Auguste Comte, les républicains brésiliens choisissent comme devise nationale «Ordre et Progrès» ; elle est inscrite sur le nouveau drapeau. Notons que cette même influence positiviste conduit à faire du 14 juillet un jour férié au Brésil, au nom de la «liberté universelle».
La nouvelle Constitution est adoptée le 24 février 1891. Fédérale (on parle des États-Unis du Brésil), elle est fortement inspirée par l'exemple nord-américain. Après la mise à l'écart des militaires, présidents et vice-présidents se succèdent régulièrement, choisis par les représentants des grandes États de la fédération.
Corruption et violences deviennent monnaie courante, mais durant les années 1920, des mouvements d'opposition les dénoncent vigoureusement et demandent un gouvernement plus autoritaire. Getúlio Vargas va l'incarner après avoir pris le pouvoir par la force le 3 novembre 1930.
Zanzibar devient protectorat britannique
Le 1er juillet 1890, par le traité d'Helgoland (ou Heligoland), les Britanniques cèdent cette île de la mer du Nord aux Allemands. En contrepartie, ceux-ci renoncent à faire obstacle aux visées de Londres sur le sultanat de Zanzibar et l'Ouganda, deux territoires d'Afrique orientale. L'Allemagne se voit reconnaître la possession du Tanganyika, sur les bords de l'Océan Indien.
Un sultan de Zanzibar ayant tenté de rejeter le protectorat britannique, la flotte britannique bombarde son palais le 27 août 1896. À cela près, le protectorat se maintiendra dès lors sans entrave jusqu'à l'indépendance, le 10 décembre 1963.
La colonie allemande du Tanganyika, devenue britannique à l'issue de la Première Guerre mondiale, acquiert quant à elle son indépendance le 9 décembre 1961.
Et Clément Ader inventa l'avion...
Le 9 octobre 1890, dans le parc du banquier Péreire, à Gretz (Seine-et-Marne), Clément Ader s'envole à bord d'un engin volant d'un nouveau type qu'il appelle du mot avion...Le « toast d'Alger »
Le 18 novembre 1890, le cardinal Charles Lavigerie, archevêque d'Alger, prend prétexte d'une visite de l'escadre française de la Méditerranée dans sa ville pour porter un toast à la République...Branly expose le principe de la radio
Le 24 novembre 1890, Édouard Branly présente à l'Académie des Sciences, à Paris, les principes de la radioconduction à l'origine de la TSF (la télégraphie sans fil), ancêtre de la radio.Massacre de Wounded Knee
Le 29 décembre 1890, à Wounded Knee, dans le Dakota du Sud, le massacre de 300 Indiens Sioux met un point final aux guerres indiennes.Paul Gauguin part à Tahiti
Le 4 avril 1891, le peintre Paul Gauguin (43 ans) s'embarque pour Tahiti...Drame ouvrier à Fourmies
Le 1er mai 1891, à Fourmies, une petite ville du nord de la France, la manifestation rituelle en faveur de la journée de 8 heures tourne au drame.
La troupe, équipée des nouveaux fusils Lebel, tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont 8 de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, habillée de blanc et les bras couverts de fleurs, devient le symbole de cette journée.
Avec la fusillade de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.
Léon XIII publie l'encyclique Rerum Novarum
Le 15 mai 1891, le pape Léon XIII publie l'encyclique Rerum Novarum (Les Choses Nouvelles). Dans cette « lettre circulaire » (étymologie grecque du mot encyclique) adressée à tous les catholiques, le souverain pontife exprime sa compassion pour les ouvriers avec une audace inhabituelle.
En avance sur la plupart des responsables de son époque, il condamne la cupidité de la bourgeoisie, la concentration des richesses entre les mains « d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates »... ainsi que la prétention des socialistes à vouloir supprimer la propriété. Il y voit un remède pire que le mal.
Le pape dénonce plus précisément le travail des enfants et les horaires excessifs. Il condamne les patrons qui versent des salaires insuffisants et affirme le droit des ouvriers à se syndiquer.
Mort piteuse d'un général
Le 30 septembre 1891, le général Georges Boulanger se suicide sur la tombe de sa maîtresse, Mme Marguerite de Bonnemains, près de Bruxelles.
Dans les années précédentes, pendant la présidence de Sadi Carnot, il a ébranlé la IIIe République française par sa popularité et la dénonciation des scandales de l'heure. Fort heureusement, le « boulangisme » ne survivra pas à sa fuite et à sa mort...
Méline fait voter la loi protectionniste du double tarif
Le président de la Chambre des députés Jules Méline fait adopter le 11 janvier 1892 le double tarif douanier avec un taux ordinaire et un taux préférentiel pour les États qui concèdent à la France des avantages douaniers équivalents.
Cette « loi Méline » a pour objectif de protéger les agriculteurs français contre les importations à bas prix de produits agricoles. Elle clôt l'épisode de libre-échange inauguré avec le traité de libre-échange de 1860 mais aussi la « grande dépression européenne » (1873-1892).
Brutale, elle va avoir entre autres conséquences de retarder la modernisation de l'agriculture française pendant toute la durée de la IIIe République.
Naissance de la Côte d'Ivoire
Le 10 mars 1893, le gouvernement français regroupe ses comptoirs du golfe de Guinée dans une colonie qui prend le nom de Côte d'Ivoire. Elle perdurera à peine plus d'un demi-siècle, jusqu'à son indépendance en 1960.
La nouvelle colonie constitue un quadrilatère d'environ 322.000 km2, soit les 2/3 de la France, avec un peu plus d'un million d'habitants au début du XXe siècle (20 millions au début du siècle suivant)...
Procès du scandale de Panama
Le 20 mars 1893, le scandale de Panama se solde par la condamnation à 5 ans de prison d'un ancien ministre des travaux publics, Baïhaut, qui a eu seul la naïveté d'avouer son implication dans cette gigantesque escroquerie...
Le divertissement d'Edison
Le 9 mai 1893, Thomas Edison présente à 200 invités du Brooklyn Institute of Arts and Science sa nouvelle invention, le kinétoscope, un appareil individuel à reproduire les images animées. L'invention passe à la trappe après la présentation, quelques mois plus tard, à Paris, du cinématographe des frères Lumière, spectacle collectif et non divertissement individuel.
Une bombe à la Chambre !
Le 9 décembre 1893, l'anarchiste Auguste Vaillant lance une bombe dans l'hémicycle de la Chambre des députés, à Paris, pour protester contre l'exécution de Ravachol, le 11 juillet 1892.
Cet attentat témoigne de la flambée terroriste qui frappe les sociétés occidentales à la fin du XIXe siècle au nom de l'anarchisme : attentats de François Ravachol, Émile Henry et Caserio, « lois scélérates » de Casimir-Perier, attentats également de Bresci contre le roi d'Italie Humbert 1er etc.
Alliance franco-russe
Le 4 janvier 1894 débute l'alliance franco-russe. Quelques mois après la visite de la flotte française à Cronstadt, une convention militaire secrète est signée entre le gouvernement républicain de la France, sous la présidence de Sadi Carnot, et le gouvernement autocratique du tsar Alexandre III...
Alexandre Yersin isole le bacille de la peste
Le 20 juin 1894, Alexandre Yersin, formé à l'institut Pasteur, isole à Hong-Kong le bacille de la peste. Méconnu en France, ce médecin d'origine suisse est encore vénéré au Vietnam en raison de son action en faveur des populations locales...Renaissance des Jeux Olympiques
Le 23 juin 1894, les délégués de neuf pays fondent le Comité International Olympique (CIO), à l'initiative d'un jeune homme de bonne famille, le baron Pierre de Coubertin.
De ce jour date la naissance des Jeux Olympiques de l'ère moderne. Ces Jeux relèvent la tradition antique des Olympiades, qui réunissaient tous les quatre ans les Grecs autour de grandes compétitions pacifiques...
Sadi Carnot assassiné
Le soir du 24 juin 1894, le président de la République française Sadi Carnot, en visite officielle à Lyon, sort d'un banquet offert par le maire de la ville, le dr Gailleton. Il se rend au Grand Théâtre quand un homme monte sur le marchepied de sa voiture et le blesse mortellement d'un coup de poinçon.
Le meurtrier est un anarchiste italien du nom de Caserio qui aurait voulu répliquer aux mesures d'exception contre la flambée d'anarchisme. Dès le lendemain du meurtre, des émeutes anti-italiennes surviennent à Lyon. Elles doivent être réprimées par la troupe ! Caserio, prestement condamné, est guillotiné le 16 août suivant.
Jean Casimir-Périer président de la République
Trois jours après l'assassinat de Sadi Carnot, les parlementaires élisent à la présidence de la République, le 27 juin 1894, Jean Casimir-Périer (47 ans), petit-fils d'un président du Conseil de Louis-Philippe 1er...
Première course automobile
Le 22 juillet 1894 a lieu la première course automobile sur route. Le record de vitesse sur le parcours Paris-Rouen est tenu par le comte de Dion : 22 km/h !... Il est vrai que son prototype avec moteur à vapeur ne pouvait guère faire mieux. Il faudra l'arrivée du moteur à explosion de l'ingénieur allemand Daimler pour que progressent les performances des automobiles.Le Japon soumet la Corée
Le 23 juillet 1894, les troupes japonaises investissent le palais royal de Séoul et renversent le roi de Corée. Son successeur est contraint quatre jours plus tard de déclarer la guerre à la Chine voisine. Quinze ans plus tard, le Japon annexera le royaume.Mucha invente l'Art nouveau
Le dessinateur d'origine tchèque Alfons Mucha lance un nouveau courant artistique, l'Art nouveau, suite à une commande d'affiches inopinée de l'actrice Sarah Bernhardt pour son nouveau spectacle parisien : Gismonda.
L'Art nouveau va se diffuser dans toute l'Europe. Il sera appelé Jugendstil dans les pays germaniques ou encore Liberty en Angleterre et sera illustré par des peintres (Gustav Klimt) ou encore des architectes (Antonio Gaudi, Victor Horta).
Dégradation du capitaine Dreyfus
Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour de l'École Militaire, à Paris, sous l'inculpation de haute trahison. Il sera ensuite envoyé à l'île du Diable, en Guyane. La campagne de réhabilitation va donner lieu à une Affaire judiciaire sans précédent, mobilisant dreyfusards contre antidreyfusards.
Parmi les premiers, Mathieu Dreyfus, frère du condamné, le lieutenant-colonel Picquart, le sénateur Scheurer-Kestner, le député Joseph Reinach, Georges Clemenceau, Émile Zola, Charles Péguy...
Félix Faure président de la République
Suite à la démission de Jean Casimir-Périer, les parlementaires élisent à la présidence de la République Félix Faure (54 ans).
Élu par une coalition de modérés et de monarchistes, celui que l'on surnommera le «Président Soleil», du fait de son amour du faste, restera dans l'Histoire en raison de sa mort heureuse !
On retient aussi de lui qu'il ébaucha une alliance avec la Russie en recevant le tsar Nicolas II, qu'il s'opposa à la révision du procès de Dreyfus et que son gouvernement dut céder aux Anglais le Soudan après le bras de fer de Fachoda.
Seconde guerre d'indépendance à Cuba
Le 24 février 1895, des révolutionnaires cubains se rebellent les armes à la main contre Madrid et sa tutelle coloniale, à l'initiative de José Marti et des frères Antonio et José Maceo. Les États-Unis du président William McKinley prétexteront de la répression menée par le gouvernement espagnol pour entrer en guerre contre l'Espagne et la dépouiller de ses dernières colonies...Première séance de cinéma
Le 22 mars 1895, à Paris, Louis et Auguste Lumière donnent une première séance de cinéma devant la Société d'encouragement à l'industrie nationale...La Chine s'incline devant le Japon à Shimonoseki
Le 17 avril 1895, après une guerre rapide, l'empereur chinois Guangxu s'incline devant son homologue japonais Mutsuhito. Par le traité de Shimonoseki, la Chine cède au Japon la Mandchourie du sud et l'île de Taïwan (Formose).
Le traité sème la consternation parmi les élites chinoises. Il révèle le profond retard du « pays du Milieu » (en mandarin, Tchoung Kouo, nom que donnent les Chinois à leur pays)...
Madagascar sous protectorat français
Le 1er octobre 1895, un corps expéditionnaire français sous le commandement du général Duchesne conquiert Tananarive, principale ville de Madagascar, et obtient la soumission de la reine Ranavalo III...
Röntgen invente les rayons X
Le 22 décembre 1895, le physicien allemand Wilhelm Konrad Röntgen effectue une radiographie sur la main de sa femme ! Ce sont les premiers rayons X.Première séance publique du 7e Art
Le 28 décembre 1895, un magicien, Georges Méliès, assiste à la première représentation publique du cinématographe. Séduit, il va mettre son génie au service du septième art...
Parution de L'État juif
Le 15 février 1896 paraît à Vienne un ouvrage intituléL'État juif. Il prône rien moins que la création d'un État destiné à accueillir les juifs du monde entier. Son auteur, Theodor Herzl (35 ans), est un journaliste hongrois d'origine juive mais très éloigné du judaïsme traditionnel...Les Italiens défaits à Adoua
Le 1er mars 1896, 100.000 Éthiopiens répondent à l'appel de leur empereur ou négus Ménélik II. Bien armés et dotés d'une artillerie grâce à la bienveillance des Anglais, ils écrasent une armée italienne de 18.000 hommes (dont 10.000 Européens) près de la localité d'Adoua. Le héros du jour est un prince éthiopien, le ras Makkonen.
Commandés par le général Baratieri, les Italiens projetaient de conquérir le dernier pays indépendant d'Afrique noire...
Edison fait son cinéma
Le 23 avril 1896, quatre mois après la première séance publique des frères Lumière, le génial inventeur américain Thomas Edison donne une première représentation de cinéma aux États-Unis avec le projecteur Vitascope au Music-hall Koster and Bial's de New York...
La dernière ruée vers l'or
Le 17 août 1896, George Carmack découvre de l'or dans le ruisseau Bonanza, affluent de la rivière Klondike, à la frontière du Canada et de l'Alaska (que les États-Unis ont acheté à la Russie 29 ans plus tôt). Il s'ensuit la dernière « ruée vers l'or » du 2e millénaire.
Naissance de Sécession à Vienne
Le 3 avril 1897, le peintre autrichien Gustav Klimt quitte l'association des artistes viennois. Il fonde avec 40 compères le mouvement de la Sécession. Le but déclaré est d'arracher l'art au négoce !...
Ils sont rejoints par l'architecte Otto Wagner et par le musicien Arnold Schoenberg. Ce dernier, créateur de l'école musicale de Vienne, est à l'origine de la musique moderne.
Incendie du Bazar de la Charité
Le 4 mai 1897, comme les années précédentes, le Bazar de la Charité ouvre ses portes dans une halle somptueusement décorée pour la circonstance (échoppes médiévales en carton-pâte, vélum,...), au 17, rue Goujon, près des Champs-Élysées, à Paris.
Des dames de la bonne société vendent divers objets pour les bonnes oeuvres. La plus remarquée de toutes est la duchesse d'Alençon, soeur de l'impératrice d'Autriche « Sissi ». Une salle de cinéma a été installée pour divertir les 1200 invités. C'est là que vers 16 heures, des vapeurs d'éther s'enflamment. L'incendie se propage à toute allure à l'ensemble de la halle...
Après la bousculade, on comptera 160 victimes brûlées vives dans des conditions atroces, essentiellement des femmes de la haute société que leur robes ont gênées dans leur fuite. Parmi elles la duchesse d'Alençon, qui n'avait pas voulu laisser derrière elle les jeunes filles de son entourage. Le pays est frappé de stupeur. Un service funèbre est célébré à Notre-Dame le 8 mai, en présence du président Félix Faure.
Guerre de Canudos
À la suite de la proclamation de la République et de la séparation de l'Église et de l'État, de nombreuses révoltes éclatent au Brésil. La plus grave est sans conteste celle qui se termine par un bain de sang à Canudos, dans l'État de Bahia.
Des milliers de fidèles ont progressivement rejoint, dans une exploitation abandonnée, Antônio Maciel, prédicateur qui annonce la fin des temps et vomit la république, la séparation de l'Église et de l'État et le mariage laïc, tout en incitant à ne pas payer ses impôts. C'est une véritable ville de plus de 20.000 habitants qui se développe à Canudos, bien structurée autour de l'élevage, l'agriculture et la religion. C'est aussi un défi pour les grands propriétaires, dont la domination toute-puissante sur leur main d'Suvre est ainsi remise en cause, pour l'Église attachée à éradiquer les superstitions, et pour l'État, tourné vers la modernité.
Trois expéditions militaires sont mises en déroute par les hommes de Canudos, avant qu'une quatrième ne finisse par triompher, après de très durs combats entre juin et octobre 1897. Le « conseiller » Antônio Maciel y trouve la mort le 5 octobre 1897. La répression est féroce, dénoncée par le grand écrivain Euclides Da Cunha dans Hautes Terres, La Guerre De Canudos, publié en 1902 et devenu un classique. Plus récemment, Mario Vargas Llosa en a fait un roman, La Guerre de la fin du monde.
J'accuse
À Paris, le 13 janvier 1898, Émile Zola publie une lettre ouverte au président de la République dans L'Aurore sous le titre «J'accuse». Trois ans après la dégradation du capitaine Dreyfus sous l’inculpation de trahison, les intellectuels et les élites parisiennes se déchirent ; les uns invoquant l’erreur judiciaire, les autres rejetant toute mise en cause de la justice militaire.
Le capitaine étant de confession juive, l’Affaire s’accompagne de la première campagne antisémite importante en Occident ; d’autres suivront…
Explosion du croiseur Maine
Le 15 février 1898, le cuirassé américain Maine est victime d'une violente explosion dans la rade de la Havane, à Cuba. Ultimatum américain à l'Espagne
Le 28 avril 1898, les États-Unis adressent un ultimatum à l'Espagne. Saisis par une fièvre impérialiste, les États-Unis lorgnent avec envie sur les dernières colonies espagnoles. Une révolte populaire à Cuba est prétexte à un ultimatum et au déclenchement d'une guerre facile contre l'Espagne.Première indépendance des Philippines
L'indépendance des Philippines est proclamée le 12 juin 1898, tandis que les États-Unis font la guerre à l'Espagne...
Fête nationaleEn souvenir de cet événement, le 12 juin est fête nationale aux Philippines.
Première de La vie de Bohême
Le 13 juin 1898 a lieu à Milan la première représentation de La vie de Bohême, un opéra populaire de Giaccomo Puccini.
Bataille d'Omdurman, au Soudan
Le 2 septembre 1898, à Omdurman (ou Omdourman), près de Khartoum (Soudan), une armée anglo-égyptienne commandée par le prestigieux Lord Kitchener défait les « mahdistes ». Ces rebelles soudanais avaient en 1885, sous la conduite d’un chef religieux, le « Mahdi », chassé les Anglais de Khartoum et tué leur chef, le général Gordon.Culpabilité de Dreyfus confirmée
Le 9 septembre 1898, un Conseil de guerre installé à Rennes confirme la culpabilité du capitaine Alfred Dreyfus malgré les éléments qui démontrent le contraire. Dreyfus est condamné à dix ans de réclusion en raison de « circonstances atténuantes ». C'est un rebondissement dans l'Affaire.Assassinat de « Sissi »
Le 10 septembre 1898, une vieille dame de 61 ans est assassinée à Genève par un anarchiste italien.
Il s'agit d'Élisabeth de Wittelsbach, épouse de François-Joseph 1er de Habsbourg, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, affectueusement surnommée « Sissi ».
Son assassinat témoigne de la violence anarchiste qui saisit l’Europe au tournant du siècle.
La reculade de Fachoda
Le 18 septembre 1898, à Fachoda, au cœur de l'Afrique, se croisent une petite troupe française conduite par un chef de bataillon et l’armée anglo-égyptienne du général Horatio Kitchener, qui vient de vaincre l’armée du «Mahdi».
La confrontation entre la puissante armée anglaise et la «mission Congo-Nil» de Jean-Baptiste Marchand et Charles Mangin provoque à Paris et à Londres une hystérie nationaliste. On est même à deux doigts d'une nouvelle guerre de Cent Ans entre les deux frères ennemis ! C’est la première des crises internationales qui vont conduire à la Grande Guerre. Fort heureusement, le ministre Théophile Delcassé va calmer les esprits…
Arrestation de Samory Touré au Soudan
Le 29 septembre 1898, le chef soudanais Samory Touré est capturé par le capitaine Gouraud.
Vers 1880, le vieux guerrier gouvernait en maître absolu tout le Haut Niger, dans la partie orientale de l'actuelle Guinée, soit un vaste et riche territoire appelé Ouassoulou, peuplé d'environ 300.000 âmes.
Il n'avait d'autre rival que le royaume toucouleur du Ségou, plus au nord. Avec sa capture et la fin de son épopée, la République française achève de soumettre l’Afrique occidentale…
Traité de Paris et fin de la guerre hispano-américaine
Le 10 décembre 1898, les États-Unis mettent fin à leur guerre contre l'Espagne par le traité de Paris. Les Espagnols perdent avec ce traité leurs dernières colonies d'Amérique ainsi que les Philippines. Les Américains prennent leur place à Porto-Rico, aux Philippines et sur l'île de Guam. Ils annexent au passage les îles Hawaï. Cuba obtient une indépendance factice sous la surveillance de son puissant voisin...Les Curie découvrent la radioactivité
Le 26 décembre 1898, Pierre Curie et sa femme Marie, née Sklodowska, annoncent devant l'Académie de Médecine qu'ils ont pu isoler le radium dans de la pechblende de Bohême. Ainsi est mise en évidence la radioactivité naturelle. Cette découverte vaut au couple le prix Nobel de physique en 1903.Paul Gauguin
Naissance le 7 juin 1848 à ParisHoratio Kitchener
Naissance le 24 juin 1850 à Listowell (Irlande, Royaume-Uni)Léon Bourgeois
Naissance le 21 mai 1851 à ParisFerdinand Foch
Naissance le 2 octobre 1851 à TarbesJoseph Joffre
Naissance le 12 janvier 1852 à RivesaltesPierre Savorgnan de Brazza
Naissance le 26 janvier 1852 à Castelgandolfo (Italie)Mutsuhito, Meiji Tenno
Naissance le 3 novembre 1852 à Kyoto (Japon)Vincent Van Gogh
Naissance le 30 mars 1853 à Groot Zundert (Hollande)Alphonse Bertillon
Naissance le 23 avril 1853 à ParisOscar Wilde
Naissance le 16 octobre 1854 à Dublin (Irlande, Royaume-Uni)Louis Hubert Lyautey
Naissance le 17 novembre 1854 à NancyPhilippe Pétain
Naissance le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais, France)Thomas Woodrow Wilson
Naissance le 28 décembre 1856 à Staunton (Virginie, États-Unis)Robert Baden-Powell
Naissance le 22 février 1857 à LondresGeorges Courteline
Naissance le 25 juin 1858 à ToursCharles de Foucauld
Naissance le 15 septembre 1858 à StrasbourgJean Jaurès
Naissance le 3 septembre 1859 à CastresRaymond Poincaré
Naissance le 20 août 1860 à Bar-le-DucGeorges Méliès
Naissance le 8 décembre 1861 à ParisAristide Briand
Naissance le 28 mars 1862 à NantesPiotr Stolypine
Naissance le 14 mai 1862 à Dresde (Saxe, Allemagne)Gustave Klimt
Naissance le 14 juillet 1862 à Baumgarten, Vienne (Autriche-Hongrie)Randolph Hearst
Naissance le 29 avril 1863 à Sanf Francisco (États-Unis)Henry Ford
Naissance le 30 juillet 1863 à Dearborn (Michigan, États-Unis)Éleuthérios Venizélos
Naissance le 23 août 1864 à Murnies (Crète)George V
Naissance le 3 juin 1865 à Londres (Angleterre)Rudyard Kipling
Naissance le 30 décembre 1865 à Bombay (Indes britanniques)Romain Rolland
Naissance le 29 janvier 1866 à Clamecy (Nièvre, France)Sun Yat-sen
Naissance le 12 novembre 1866 à Tsui-heng (Kouang-tong, Chine)Maxime Weygand
Naissance le 21 janvier 1867 à Bruxelles (Belgique)Pierre Bonnard
Naissance le 3 octobre 1867 à Fontenay-aux-RosesMarie Curie
Naissance le 7 novembre 1867 à Varsovie (Pologne, Russie)Alain
Naissance le 13 mars 1868 à Mortagne-au-Perche (Orne, France)Paul Claudel
Naissance le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère (Aisne, France)Alexandra David-Néel
Naissance le 24 octobre 1868 à Saint-Mandé (Seine)Mohandas Gandhi
Naissance le 2 octobre 1869 à Porbandar (Gudjerat, Indes britanniques)Lénine
Naissance le 22 avril 1870 à Simbirsk (aujourd (Russie)Ioannis Metaxàs
Naissance le 12 avril 1871 à Ithaque (Grèce)Marcel Proust
Naissance le 10 juillet 1871 à ParisÉdouard Herriot
Naissance le 5 juillet 1872 à Troyes, Aube (France)Léon Blum
Naissance le 9 septembre 1872 à ParisCharles Péguy
Naissance le 7 janvier 1873 à OrléansJules Rimet
Naissance le 14 octobre 1873 à TheuleyWinston Churchill
Naissance le 30 novembre 1874 à Blenheim (Angleterre)Konrad Adenauer
Naissance le 5 janvier 1876 à Cologne (Allemagne)Mohammed Ali Jinnah
Naissance le 25 décembre 1876 à Bombay (Indes)André Citroën
Naissance le 9 février 1878 à ParisPaul Reynaud
Naissance le 15 octobre 1878 à BarcelonnetteJacques Bainville
Naissance le 9 février 1879 à VincennesAlbert Einstein
Naissance le 14 mars 1879 à Ulm (Allemagne)Trotski
Naissance le 7 novembre 1879 à Elisabethgrad (Russie)Joseph Staline
Naissance le 21 décembre 1879 à Gori (Géorgie, Russie)Moustafa Kémal
Naissance le 19 mai 1881 à Thessalonique (Empire ottoman)Pablo Picasso
Naissance le 25 octobre 1881 à Malaga (Espagne)Jean XXIII
Naissance le 25 novembre 1881 à Bergame (Italie)Franklin Delano Roosevelt
Naissance le 30 janvier 1882 à Hyde Park (New York, États-Unis)Léon Joseph Cardijn
Naissance le 18 novembre 1882 à Schaerbeek (Belgique)Getúlio Vargas
Naissance le 19 avril 1883 à Sao Borja (Rio Grande do Sul) (Brésil)John Maynard Keynes
Naissance le 5 juin 1883 à Cambridge (Angleterre)Pierre Laval
Naissance le 28 juin 1883 à ChâteldonBenito Mussolini
Naissance le 29 juillet 1883 à Dovia di Predappio (Romagne, Italie)Vincent Auriol
Naissance le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne, France)Albert Londres
Naissance le 1er novembre 1884 à VichyFélix Éboué
Naissance le 26 décembre 1884 à Cayenne, Guyane (France)Georges Mandel
Naissance le 5 juin 1885 à ChatouRoland Dorgelès
Naissance le 15 juin 1885 à AmiensFrançois Mauriac
Naissance le 11 octobre 1885 à BordeauxMarc Bloch
Naissance le 6 juillet 1886 à LyonLe Corbusier
Naissance le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds (Suisse)Georges Bernanos
Naissance le 20 février 1888 à ParisThomas Edward dit Lawrence d'Arabie
Naissance le 16 août 1888 à Tremadoc (Grande-Bretagne)Jean Monnet
Naissance le 9 novembre 1888 à CognacAdolf Hitler
Naissance le 20 avril 1889 à Braunau-am-Inn (Haute-Autriche)Abel Gance
Naissance le 25 octobre 1889 à ParisHô Chi Minh
Naissance le 19 mai 1890 à Kimlien (Viet-Nâm)Charles de Gaulle
Naissance le 22 novembre 1890 à LilleErwin Rommel
Naissance le 15 novembre 1891 à Heidenheim (Allemagne)Tito
Naissance le 25 mai 1892 à Kumrovec (Croatie, Autriche-Hongrie)Haïlé Sélassié 1er
Naissance le 23 juillet 1892 à Egersa Soro (Éthiopie)Engelbert Dollfuss
Naissance le 4 octobre 1892 à Kirnberg an der Mank (Basse-Autriche)Francisco Franco
Naissance le 4 décembre 1892 à El Ferrol (Galice, Espagne)Pierre Drieu la Rochelle
Naissance le 13 janvier 1893 à ParisMao Zedong
Naissance le 26 décembre 1893 à Shaoshan (Hunon, Chine)Louis-Ferdinand Céline
Naissance le 27 mai 1894 à CourbevoieÉdouard VIII
Naissance le 23 juin 1894 à Londres (Angleterre)Georges Guynemer
Naissance le 24 décembre 1894 à ParisJohn Edgar Hoover
Naissance le 1er janvier 1895 à Washington (États-Unis)George VI
Naissance le 14 décembre 1895 à Sandringham (Angleterre)Buster Keaton
Naissance le 4 octobre 1896 à Pickway (Kansas, États-Unis)Serge Eisenstein
Naissance le 23 janvier 1898 à Riga (Russie)Alfred Sauvy
Naissance le 31 octobre 1898 à Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales)