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L'Art Nouveau de Klimt
L'Affaire Dreyfus
Le Maine, prétexte de la guerre hispano-étasunienn
Révolte des Boxers
Dimanche rouge à Saint-Pétersbourg
Les Japonais vainqueurs à Tsushima
Les scientifiques se disputent les pôles
Le républicain Sun Yat sen
Attentat de Sarajevo
Verdun
Le Lusitania
Lénine
Le fascisme
Moustafa Kémal
Mermoz
Krach boursier à Wall Street
L'Exposition coloniale
L'incendie du Reichstag
Gandhi
Guernica
La Nuit de Cristal
Invasion de la France
Le pape Pie XII
Churchill
L'Affiche rouge
Stalingrad
Conférence de Yalta

J'accuse

À Paris, le 13 janvier 1898, Émile Zola publie une lettre ouverte au président de la République dans L'Aurore sous le titre «J'accuse». Trois ans après la dégradation du capitaine Dreyfus sous l’inculpation de trahison, les intellectuels et les élites parisiennes se déchirent ; les uns invoquant l’erreur judiciaire, les autres rejetant toute mise en cause de la justice militaire.

Le capitaine étant de confession juive, l’Affaire s’accompagne de la première campagne antisémite importante en Occident ; d’autres suivront…

Explosion du croiseur Maine

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 15 février 1898, le cuirassé américain Maine est victime d'une violente explosion dans la rade de la Havane, à Cuba.
À l’initiative du magnat Randolph Hearst, qui a inspiré au cinéaste Orson Welles son chef d’œuvre Citizen Kane, la presse américaine accuse les Espagnols, qui gouvernent Cuba, d'avoir placé une mine sous la coque du navire...
Dans les faits, une commission d'enquête conclura - mais en 1911 seulement - à une explosion accidentelle dans la salle des machines.

Ultimatum américain à l'Espagne

Le 28 avril 1898, les États-Unis adressent un ultimatum à l'Espagne. Saisis par une fièvre impérialiste, les États-Unis lorgnent avec envie sur les dernières colonies espagnoles. Une révolte populaire à Cuba est prétexte à un ultimatum et au déclenchement d'une guerre facile contre l'Espagne.

Première indépendance des Philippines

L'indépendance des Philippines est proclamée le 12 juin 1898, tandis que les États-Unis font la guerre à l'Espagne...

Fête nationale

En souvenir de cet événement, le 12 juin est fête nationale aux Philippines.

Première de La vie de Bohême

Le 13 juin 1898 a lieu à Milan la première représentation de La vie de Bohême, un opéra populaire de Giaccomo Puccini.

Bataille d'Omdurman, au Soudan

Le 2 septembre 1898, à Omdurman (ou Omdourman), près de Khartoum (Soudan), une armée anglo-égyptienne commandée par le prestigieux Lord Kitchener défait les « mahdistes ». Ces rebelles soudanais avaient en 1885, sous la conduite d’un chef religieux, le « Mahdi », chassé les Anglais de Khartoum et tué leur chef, le général Gordon.

Culpabilité de Dreyfus confirmée

Le 9 septembre 1898, un Conseil de guerre installé à Rennes confirme la culpabilité du capitaine Alfred Dreyfus malgré les éléments qui démontrent le contraire. Dreyfus est condamné à dix ans de réclusion en raison de « circonstances atténuantes ». C'est un rebondissement dans l'Affaire.

Assassinat de « Sissi »

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 10 septembre 1898, une vieille dame de 61 ans est assassinée à Genève par un anarchiste italien.

Il s'agit d'Élisabeth de Wittelsbach, épouse de François-Joseph 1er de Habsbourg, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, affectueusement surnommée « Sissi ».

Son assassinat témoigne de la violence anarchiste qui saisit l’Europe au tournant du siècle.

La reculade de Fachoda

Le 18 septembre 1898, à Fachoda, au cœur de l'Afrique, se croisent une petite troupe française conduite par un chef de bataillon et l’armée anglo-égyptienne du général Horatio Kitchener, qui vient de vaincre l’armée du «Mahdi».

La confrontation entre la puissante armée anglaise et la «mission Congo-Nil» de Jean-Baptiste Marchand et Charles Mangin provoque à Paris et à Londres une hystérie nationaliste. On est même à deux doigts d'une nouvelle guerre de Cent Ans entre les deux frères ennemis ! C’est la première des crises internationales qui vont conduire à la Grande Guerre. Fort heureusement, le ministre Théophile Delcassé va calmer les esprits…

Arrestation de Samory Touré au Soudan

Le 29 septembre 1898, le chef soudanais Samory Touré est capturé par le capitaine Gouraud.

Vers 1880, le vieux guerrier gouvernait en maître absolu tout le Haut Niger, dans la partie orientale de l'actuelle Guinée, soit un vaste et riche territoire appelé Ouassoulou, peuplé d'environ 300.000 âmes.

Il n'avait d'autre rival que le royaume toucouleur du Ségou, plus au nord. Avec sa capture et la fin de son épopée, la République française achève de soumettre l’Afrique occidentale…

Traité de Paris et fin de la guerre hispano-américaine

Le 10 décembre 1898, les États-Unis mettent fin à leur guerre contre l'Espagne par le traité de Paris. Les Espagnols perdent avec ce traité leurs dernières colonies d'Amérique ainsi que les Philippines. Les Américains prennent leur place à Porto-Rico, aux Philippines et sur l'île de Guam. Ils annexent au passage les îles Hawaï. Cuba obtient une indépendance factice sous la surveillance de son puissant voisin...

Les Curie découvrent la radioactivité

Le 26 décembre 1898, Pierre Curie et sa femme Marie, née Sklodowska, annoncent devant  l'Académie de Médecine qu'ils ont pu isoler le radium dans de la pechblende de Bohême. Ainsi est mise en évidence la radioactivité naturelle. Cette découverte vaut au couple le prix Nobel de physique en 1903.

Condominium anglo-égyptien sur le Soudan

Le 19 janvier 1899, les Britanniques établissent un « condominium anglo-égyptien » sur le Soudan. C'est le moment où l'Empire de la reine Victoria arrive à son apogée.

La conquête du bassin supérieur du Nil ouvre la voie à une Afrique anglaise du Cap au Caire. Le rêve se concrétisera après la Première Guerre mondiale, grâce à l'annexion de la colonie allemande du Tanganyika (aujourd’hui la Tanzanie). Mais il ne durera guère car, dès 1922, la Grande-Bretagne devra rendre à l'Égypte son indépendance…

Révolte anti-américaine aux Philippines

Le 4 février 1899 éclate une révolte anti-américaine aux Philippines. Les insurgés protestent contre le refus de Washington d'accorder l'indépendance à leur pays après sa libération de la tutelle espagnole.

La mort « heureuse » de Félix Faure

Émotion à l'Élysée. Le président de la République est mort dans les bras d'une admiratrice, une demi-mondaine du nom de Maguy (Meg) Steinheil... Cela s'est passé le 16 février 1899.

La victime, Félix Faure, était un bel homme de 58 ans avec une fine moustache tournée à la façon de Guy de Maupassant. Ses contemporains le surnommaient affectueusement le «Président Soleil» en raison de son amour du faste...

Émile Loubet président de la République

Le 18 février 1899, deux jours après la mort soudaine de Félix Faure, les parlementaires élisent à la présidence de la République Émile Loubet (71 ans). Son adversaire malheureux est Jules Méline, connu pour ses convictions protectionnistes et antidreyfusardes...

Funérailles de Félix Faure

Le 23 février 1899 se déroulent les funérailles nationales du président de la République Félix Faure, mort à la tâche dans les bras d'une admiratrice. Un nationaliste exalté, Paul Déroulède, tente mais en vain d'entraîner des militaires dans un coup d'État.

La mission Voulet-Chanoine suspendue pour cause de massacres

En guise de revanche après l'humiliation de Fachoda, le gouvernement français décide de soumettre la région du lac Tchad. Il s'agit d'une région semi-désertique et sans intérêt mais sa colonisation est une question d'honneur pour les Français engagés dans la « course au drapeau ».

Les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine, qui se sont illustrés par leur conquête sanglante du pays mossi (la Haute-Volta, aujourd'hui le Burkina Faso), quittent les bords du Niger en janvier 1899 en direction de l'Est, avec six autres officiers français et de nombreux tirailleurs sénégalais et porteurs.

Se croyant tout permis, les deux officiers sèment la mort et la désolation sur leur passage. L'un de leurs jeunes subordonnés, le lieutenant Peteau, s'insurge. Il est renvoyé mais il fait à sa fiancée le récit des atrocités de la colonne et sa lettre atterrit sur le bureau du ministre des colonies Florent Guillain, qui la transmet au président du Conseil Charles Dupuy.

La France est alors en pleine affaire Dreyfus et, pour ne pas fournir aux dreyfusards un motif supplémentaire de critiquer l'armée, le gouvernement donne, le 20 avril 1899, l'ordre d'interrompre la colonne Voulet-Chanoine.

Le colonel Arsène Klobb, basé à Tombouctou reçoit mission d'arrêter les criminels mais ces derniers se rebellent et redoublent de cruauté. Pénétrant en pays haoussa, théoriquement sous souveraineté britannique, ils se heurtent aux archers de Sarraounia, une reine locale.

Enfin, le 14 juillet 1899, à Zinder, près du village de Dankori, les deux troupes françaises s'affrontent. Klobb est tué le premier. Voulet et Chanoine le sont les jours suivants.

Leur folie meurtrière (plusieurs milliers de victimes) est mise sur le compte de la « soudanite », déséquilibre induit en Afrique par la chaleur et l'éloignement de la métropole et, dès l'année suivante, la conquête du Tchad est relancée par les lieutenants Joalland et Meynier.

Guerre des Boers

Le 11 octobre 1899, les Britanniques entrent en guerre contre les Boers du Transvaal, en Afrique du sud, après un ultimatum adressé au président Paul Kruger. La guerre révèlera aussi les premières fissures dans l'empire de Sa Très Gracieuse Majesté.

Création du Trophée Davis

Le 9 février 1900, un joueur de tennis américain, Dwight Filley Davis, étudiant à Harvard, crée à partir d'un bloc de 18 kg d'argent massif le Trophée qui porte son nom, en forme de saladier ! Cette coupe Davis sera disputée dès le mois d'août suivant par plusieurs équipes nationales de tennis à Boston (Massachustts).

Fouilles à Cnossos

Le 19 mars 1900, début des fouilles de Cnossos. Arthur John Evans restaure à ses frais le site crétois, haut lieu de la civilisation minoenne (IIe millénaire avant JC).

Découverte de la civilisation minoenne en Crète

Le 30 mars 1900, Sir Arthur John Evans découvre une grande quantité de tablettes en argile sur le site de Cnossos, au coeur de la Crète, une île de Méditerranée orientale un peu moins étendue que la Corse. Ces tablettes viennent de la civilisation minoenne qui se développa sur l'île jusqu'aux environs de 1200 avant JC. Cette civilisation tire son nom de Minos, roi mythologique de la Crète associé à la légende du Minotaure, qui serait devenu après sa mort juge aux Enfers. Les Minoens utilisent deux écritures encore mystérieuses : Linéaire A et Linéaire B.

Exposition universelle à Paris

Le 15 avril 1900, Paris quitte le XIXe siècle avec la plus grande exposition universelle jamais organisée en France. 50 millions de visiteurs jusqu'à sa clôture le 12 novembre suivant.

Pour cette exposition sont construits le pont Alexandre III, le Grand Palais et le Petit Palais ainsi que les gares d'Orsay, des Invalides et de Lyon. Les frères Lumière présentent leurs films sur écran géant.

Le 19 juillet est inaugurée la première ligne du métro parisien (Porte Maillot-Porte de Vincennes). Au terminus de la ligne, dans le bois de Vincennes, se déroulent qui plus est, du 14 mai au 28 octobre, les IIe Jeux Olympiques de l'ère moderne !...

Pour parfaire le tout, le président Émile Loubet invite les maires de France à un banquet géant dans le jardin des Tuileries... Nous nous consolerons en songeant que pour l'entrée dans le IIIe millénaire, nous avons eu droit au scintillement de la Tour Eiffel.

Conquête du Tchad

Le 22 avril 1900, trois expéditions françaises font leur jonction près du lac Tchad, au coeur de l'Afrique. Elles affrontent et écrasent la petite armée du potentat local, Rabah. Ce dernier est tué et sa tête offerte au commandant français.

La région du Tchad passe désormais sous la souveraineté française. Cette conquête des armées de la République a été précédée de graves excès de la part de l'une des expéditions, plus connue sous le nom de colonne Voulet-Chanoine. L'histoire tragique de cette colonne a révélé la sinistre réalité qui se cachait derrière les entreprises coloniales.

Exposition des oeuvres de Rodin

Le 4 juin 1900 sont exposées les oeuvres d'Auguste Rodin. Vilipendé quelques années plus tôt à propos de la statue de Balzac qui figure aujourd'hui sur le boulevard Raspail (à Paris), le sculpteur est enfin honoré comme il le mérite. Mais son réalisme continue de faire peur. À preuve la polémique sur la statue de Victor Hugo, que certains le soupçonnent d'avoir moulé sur nature.

Inauguration du métro de Paris

Le 19 juillet 1900, à la faveur d'une grande Exposition universelle, Paris inaugure sa première ligne de métro. Elle relie la Porte Maillot (ouest) à la Porte de Vincennes (est). Les stations sont conçues en « style nouille » par l'architecte Guimard, selon les principes artistiques de l'Art nouveau.

C'est l'aboutissement tardif d'un vieux projet. Le premier projet d'un transport souterrain à Paris remonte en effet à 1855 mais sa réalisation a été longtemps différée et beaucoup d'autres métropoles, à commencer par Londres, ont pu construire leur propre métro avant que Paris ne s'y mette.

La réalisation des travaux est confiée à l'ingénieur Fulgence Bienvenüe dont le nom a été donné à la station de la gare Montparnasse. Les chroniqueurs de l'époque prédisent l'achèvement du réseau dans les huit ans à venir… Dans les faits, un siècle plus tard, le métropolitain continue de s'étendre et de se moderniser.

Le roi Humbert Ier assassiné à Monza

Le roi d'Italie Umberto 1 (Humbert 1er, 1844 - 1900) Le roi d'Italie Humbert 1er le Bon (en italien Umberto 1) est assassiné à Monza, près de Milan, le 29 juillet 1900, par l'anarchiste Gaetano Bresci, revenu des États-Unis pour « venger » des syndicalistes tombés lors des émeutes de Milan, en 1898.

C'est une manifestation parmi d'autres de la violence anarchiste à la « Belle Époque ».

Né en 1844, le roi avait succédé en 1878 à son père Victor-Emmanuel II sur le trône d'Italie. À peine intronisé, il avait été agressé par un anarchiste alors qu'il se promenait en calèche ouverte dans les rues de Naples. Dix ans plus tard, dans les rues de Rome, à nouveau agressé par un anarchiste, il déclarait crânement : « Ce sont les risques du métier ! ».

Un corps expéditionnaire à Pékin

Le 14 août 1900, un corps expéditionnaire européen entre à Pékin. Les diplomates assiégés par les Boxeurs (en anglais : Boxers) sont délivrés. Le gouvernement de l'impératrice Ci Xi (Ts'eu-Hi), qui avait encouragé en sous-main les émeutiers, est condamné à payer des indemnités jusqu'en... 1940. La Chine à demi-colonisée est une fois de plus humiliée.

Le banquet des maires de France

Le 22 septembre 1900 a lieu le Banquet des maires de France. À l'invitation du président Émile Loubet, la France des notables célèbre d'une agréable façon le culte de la République (108 ans jour pour jour après sa première fondation), en marge de l'Exposition universelle et des festivités du nouveau siècle.

Elle tente d'oublier aussi les dissensions nées de l'Affaire Dreyfus.

Le banquet des maires de France dans le jardin des Tuileries (Paris, 22 septembre 1900)

23.000 maires répondent à l'invitation présidentielle. Ils se réunissent dans le jardin des Tuileries, sous deux tentes immenses, autour de 700 tables. 400 cuisiniers et 2000 maîtres d'hôtel sont mobilisés à leur service par le traiteur Potel & Chabot, maison fondée en 1820 par le pâtissier Jean-François Potel et le cuisinier Étienne Chabot. En moins de 90 minutes défilent cinq services : darnes de saumon, filet de boeuf, pains de caneton, poulardes de Bresse, ballotines de faisan...

Création du parti républicain radical

Le «parti républicain radical» est fondé à l'occasion d'un congrès, à Paris, les 21-23 juin 1901. C'est le plus ancien parti politique français. Auparavant, les élus se regroupaient par affinités mais ne disposaient d'aucune structure solide, avec financement et militants, pour les soutenir.

Quelques années plus tard, le 23 avril 1905, Jean Jaurès et Jules Guesde fondent à Paris le deuxième grand parti de la gauche française : la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière).

La loi sur les associations

Le 1er juillet 1901, le président du Conseil Pierre Waldeck-Rousseau a fait voter une loi sur les associations encore bien connue de tous les créateurs d'associations sans but lucratif. Cette loi établit la liberté d'association mais son article 13 fait une exception pour les congrégations religieuses en soumettant leur création à une autorisation préalable. Interprétée de façon restrictive par le Conseil d'État dès l'année suivante, elle va porter à son paroxisme le conflit entre l'Église et la République.

McKinley assassiné !

Le 6 septembre 1901, le président américain William McKinley (58 ans) arrive à Buffalo, dans l'État de New York, pour inaugurer la Pan-American Exposition.

Avocat originaire de l'Ohio, d'abord élu à la Chambre des Représentants, McKinley s'est signalé le 1er octobre 1890 par la mise au vote d'une grande loi protectionniste qui porte son nom, le « McKinley Tariff » : elle porte à 50% en moyenne les tarifs douaniers sur les importations.

McKinley est élu une première fois à la présidence des États-Unis en novembre 1896 sous l'étiquette républicaine. Il engage contre l'Espagne une guerre très profitable qui marque le début de l'impérialisme américain et lui vaut une réélection triomphale.

C'est donc l'esprit serein, impeccablement vêtu comme à son habitude, qu'il se rend à Buffalo. Après un discours d'inauguration, il assiste en fin d'après-midi à une fête au Temple de la Musique et serre les mains du public quand il tombe en arrière, frappé de deux balles en pleine poitrine.

L'assassin est un ouvrier anarchiste au chômage d'origine polonaise, Leon Czolgosz (28 ans), qui voyait dans le Président un « ennemi du peuple ». Il sera électrocuté le 29 octobre suivant.

McKinley en s'écroulant, murmure à son secrétaire : « My wife, be careful, Cortelyou, how you tell her - oh, be careful » (« Ma femme, faites attention en lui disant la nouvelle, Cortelyou, faites attention »). Il meurt après une semaine d'agonie. Le vice-président Théodore Roosevelt (42 ans), qui lui succède, va poursuivre sa « diplomatie du gros bâton » (« Speak softly and carry a big stick » ; en français : « Parlez avec douceur mais portez un gros bâton »).

Un traité met fin à la révolte des Boxeurs

Le 7 septembre 1901, la révolte de la secte des Boxeurs (en anglais : Boxers)contre les Occidentaux se termine par un traité entre la Chine et les puissances occidentales. L'Empire du Milieu est une dernière fois humilié...

Attribution des premiers prix Nobel

Le 10 décembre 1901, le roi de Suède et le Parlement de Norvège décernent les cinq premiers prix de la fondation Nobel.

Au roi revient l'attribution des Prix Nobel de physique, de chimie, de médecine et de littérature ; au Parlement l'attribution du Prix Nobel de la paix. Ces cinq Prix annuels résultent de la volonté posthume d'Alfred Nobel (1833-1896)...

Marconi réalise la première transmission radio

Le 12 décembre 1901, le physicien italien Guglielmo Marconi (27 ans) réalise la première transmission radio au-dessus de l'océan Atlantique, entre son laboratoire de Poldhu, dans les Cornouailles anglaises, et Saint-Jean-de-Terre-Neuve.

D'abord appelée « télégraphie ou téléphonie sans fil » (TSF), la radio naît ainsi sous la forme de trois petits signes brefs désignant en morse la lettre S.

Le succès de Marconi a été rendu possible par les recherches d'Édouard Branly, brillant scientifique et médecin français, professeur à l'Institut catholique de Paris, qui a découvert dix ans plus tôt le principe de la radioconduction.

Mais l'invention de la radio, qui vaudra à Marconi le prix Nobel de physique en 1909, est aujourd'hui plus volontiers attribuée à Nikola Tesla, physicien génial mais moins habile en affaires, qui aurait déposé les brevets correspondants en 1900.

Naissance de l'Académie Goncourt

Le 19 janvier 1902 naît l'Académie Goncourt. Issue du testament d'Edmond de Goncourt (1822-1896). L'Académie a vocation de promouvoir de jeunes talents littéraires en remettant chaque automne un prix à un auteur d'avenir. Son choix se fait à l'issue d'un déjeuner des académiciens dans le restaurant Drouant (Paris).

À la différence de sa rivale du quai de Conti (l'Académie française), elle ne craint pas d'étaler les conflits de personnes ni d'être suspectée de compromissions commerciales avec les grands éditeurs. Ses choix n'en sont pas moins heureux. C'est par l'Académie Goncourt que Proust et Malraux ont été révélés au grand public.

Accord anglo-japonais contre la Russie

Le 30 janvier 1902, lord Landsdowne et l'ambassadeur japonais concluent un accord par lequel, en cas de guerre entre la Russie et le Japon, l'Angleterre s'engage à ne pas intervenir au secours de la Russie. Elle invite la France et l'Allemagne à s'abstenir également. Cet accord permettra la retentissante défaite russe face au Japon.

Éruption de la Montagne Pelée

Le 8 mai 1902 a lieu l'éruption de la Montagne Pelée. La ville de Saint-Pierre, à la Martinique, est ruinée en quelques heures. On évalue à plus de 28.000 le nombre de victimes. On compte deux survivants dont un prisonnier protégé par les murs de sa cellule  !...

Méliès présente Le Voyage dans la Lune

Le 15 mai 1902, Georges Méliès présente Le Voyage dans la Lune. Il s'agit du premier film de fiction avec trucages. Sept ans après l'invention du cinéma, le 7e Art naît véritablement ce jour-là.

Fin de la guerre des Boers

Le 31 mai 1902, Vereeniging, à la pointe de l'Afrique, un traité met fin à une guerre de 30 mois entre les Boers, des paysans d'origine franco-hollandaise, et les Anglais.

Il s'agit de la plus dure guerre coloniale qu'aient eu à soutenir les Anglais. Elle se solde par une victoire en demi-teinte pour Londres ; c’est un premier accroc pour la principale puissance du monde en ce début du XXe siècle…

Bertillon inventeur de la police scientifique

Le 24 octobre 1902, Alphonse Bertillon démontre pour la première fois l'utilité des empreintes digitales en criminologie...

Le roi et la reine de Serbie assassinés

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1903, le roi de Serbie Alexandre 1er Obrenovitch et la reine Draga Machin (sic) sont assassinés dans leur chambre par un petit groupe de vingt-huit officiers ralliés à la famille rivale des Karageorgevitch. Leur corps sont défenestrés et hachés menu au sabre par les insurgés...

Arrivée du premier Tour de France cycliste

Le 19 juillet 1903 s'achève à Paris le premier Tour de France cycliste. Le vainqueur Maurice Garin a pédalé un total de 94 h 33 minutes à la vitesse moyenne de 26 km/h. Le succès de l'épreuve témoigne de l'engouement du public pour la bicyclette, affectueusement surnommée la « petite reine ». Cet engin est né d'une succession d'heureux hasards qui ont conduit de la draisienne au vélocipède et au grand-Bi...

Scission du Parti Social-Démocrate Russe

Le 30 juillet 1903, à Bruxelles, les congressistes du Parti Social-Démocrate Ouvrier Russe (PSDOR) se divisent à propos des thèses de Lénine. Dans son opuscule Que faire ?, celui-ci préconise de confier à une avant-garde révolutionnaire la prise de pouvoir en Russie et l'établissement d'une dictature.

Ceux qui s'opposent à Lénine et préconisent de respecter la démocratie se regroupent autour de Martov. Mais lors du vote final, ils sont momentanément mis en minorité par la sortie des députés juifs du Bund (une association progressiste d'Europe centrale).

Les partisans de Lénine en profitent pour s'octroyer l'épithète de bolcheviks ou bolcheviques (majoritaires en russe). Ils se qualifieront plus tard de communistes. En attendant, sans vergogne, ils qualifient leurs rivaux de mencheviks (minoritaires)!

Cette minuscule affaire serait restée inconnue des historiens si elle n'avait débouché à la faveur de la Grande Guerre sur le renversement de la démocratie russe et l'établissement d'un totalitarisme d'un genre encore inédit.

Mise en vente de l'aspirine

L'aspirine est mise en vente en Allemagne le 10 octobre 1903.

C'est l'aboutissement d'une très longue recherche. Elle remonte à la découverte par les Sumériens et le Grec Hippocrate des propriétés antidouleur de l'écorce de saule. Le principe actif est mis en évidence au XIXe siècle. C'est l'acide acétylsalicylique.

Le chimiste Felix Hoffmann, du laboratoire Dreser, met au point l'aspirine à partir d'un composé équivalent : l'acide spirique extrait de la spirée ou reine-des-prés. Son employeur dépose le brevet à Munich le 6 mars 1899 et l'entreprise Bayer se charge de le commercialiser.

Sitôt sur le marché, ce médicament anti-fièvre et antalgique (atténuateur de la douleur) recueille un immense succès et suscite en Allemagne le développement d'une puissante industrie pharmaceutique. L'aspirine a les honneurs du traité de Versailles (1919), une clause de celui-ci faisant tomber le brevet dans le domaine public (en France exclusivement !).

Dans les années 1950, l'aspirine semble condamnée par l'arrivée d'un nouvel antalgique, le paracétamol. Mais l'on découvre là-dessus ses facultés de prévention des accidents vasculaires et la voilà repartie pour une deuxième vie...

Le Panamá, un État sur mesure

Le 3 novembre 1903, l'isthme de Panama fait sécession d'avec la Colombie tandis que des vaisseaux de guerre américains mouillent devant les villes de Colon et Panama. La création du nouvel État est téléguidée par le gouvernement américain qui souhaite avoir les mains libres pour y creuser un canal...

Premiers vols des frères Wright

Le 17 décembre 1903, les frères Wibur et Orville Wright (36 et 32 ans) effectuent à tour de rôle quatre vols de quelques dizaines de mètres sur la plage de Kill Devil, à Kitty Hawk, en Caroline du Nord (États-Unis).

Quelques villageois témoins de ces modestes exploits ne se doutent pas qu'ils vont déboucher sur la naissance de l'aviation...

Les Hereros se révoltent... et meurent

Le 12 janvier 1904 débute la révolte des Hereros contre les colons allemands qui occupent leur territoire, le Sud-Ouest africain (aujourd'hui la Namibie).

Les Allemands réagissent avec une brutalité extrême et exterminent la presque totalité du peuple herero...

Les Japonais assaillent Port-Arthur

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Dans la nuit du 8 au 9 février 1904, la flotte de guerre japonaise attaque la base russe de Port-Arthur, à la pointe de la Chine, sans déclaration de guerre préalable.

Présents à Port-Arthur (en chinois Liu-chouen) depuis un traité signé avec la Chine le 27 mars 1898, les Russes avaient fait de ce port le point d’appui de leur flotte d’Extrême-Orient.

Les Japonais coulent plusieurs de leurs navires dans la rade. Dans le même temps, 8.000 soldats japonais débarquent en Corée et marchent vers Séoul. C'est le début de la guerre russo-japonaise. Port-Arthur capitulera le 2 janvier 1905 et la guerre se concluera à Portsmouth, le 5 septembre 1905, par la victoire du Japon.

L'Entente cordiale

Le 8 avril 1904, à Londres, le Royaume-Uni et la République française officialisent leur Entente cordiale.

Les représentants des deux nations signent non pas une alliance mais un simple accord destiné à aplanir les différends coloniaux entre les deux ennemis héréditaires. C'est déjà beaucoup si l'on songe que les deux pays avaient été sur le point de se combattre six ans plus tôt à propos de Fachoda, une misérable bourgade du Soudan.

L'Entente cordiale est le fruit de la subtile diplomatie du ministre des Affaires étrangères français Théophile Delcassé et de son ambassadeur à Londres Paul Cambon. Elle a bénéficié de l'extraordinaire popularité en France du roi Édouard VII...

Jean Jaurès fonde L'Humanité

Le 18 avril 1904, le leader socialiste Jean Jaurès fonde son propre journal, L'Humanité, et s'attire rapidement un grand succès grâce à ses talents journalistiques.

Tiré à 140.000 exemplaires, le nouveau quotidien ne tarde pas à réunir d'illustres signatures comme Léon Blum, Anatole France, Aristide Briand, Jules Renard, Octave Mirbeau, Tristan Bernard, Henri de Jouvenel...

Les congrégations religieuses interdites d'enseignement

Le 7 juillet 1904, les congrégations religieuses n'ont plus le droit d'enseigner. Au nom de la laïcité, le président du Conseil, Émile Combes, peut annoncer : « L'anticléricalisme est l'oeuvre la plus considérable et la plus importante pour l'émancipation de l'esprit humain ». Après avoir supprimé l'enseignement religieux, le gouvernement français songe à l'abrogation du Concordat de 1802 et à la séparation des Églises et de l'État.

Le général André et l'affaire des fiches

Le 4 novembre 1904, le ministre de la Guerre, le général Louis André, est giflé à la Chambre par le député nationaliste Syveton, un désaxé qui se suicidera peu après. Ce drame met un point final à l'« affaire des fiches ».

Il était reproché au ministre comme à son homologue le ministre de la Marine Camille Pelletan, d'avoir favorisé la promotion des officiers laïques et athées sans prendre en compte le critère de compétence. Le scandale précipite la chute du ministère d'Émile Combes...

Capitulation de Port-Arthur

Le 2 janvier 1905, au début de la guerre russo-japonaise, la garnison russe de Port-Arthur capitule face à l'armée japonaise, après onze mois de résistance. Le port, qui commande l'accès à la province chinoise de Mandchourie, passe d'un colonisateur à un autre. Un demi-siècle s'écoulera avant que la souveraineté de Pékin sur la ville soit reconnue.

Dimanche rouge à Saint-Pétersbourg

Le 22 janvier 1905 est qualifié de « Dimanche rouge » par les Russes. Ce jour-là, 100.000 grévistes manifestent en silence et sans armes à Saint-Pétersbourg, devant le Palais d'Hiver. Tout d’un coup, les Cosaques chargent la foule. Dans les heures qui suivent, étudiants et ouvriers décrètent la grève. L’embrasement est aggravé par les échecs militaires du régime face au Japon.

Le tsar Nicolas II fait mine d’ouvrir la voie à un régime démocratique. Mais l’expérience ne durera pas et la Révolution démocratique avortée de 1905 ouvrira la voie à des révolutions autrement plus radicales en 1917...

Du « coup de Tanger » au « coup d'Agadir »

Le 31 mars 1905, l'empereur d'Allemagne Guillaume II débarque spectaculairement à Tanger, au Maroc. Par ce « coup de Tanger », il tente de s’opposer aux visées de la France sur le pays. Son initiative n’a d’autre résultat que de réveiller la germanophobie des Français...

Fondation de la SFIO

Du 23 au 26 avril 1905, 286 représentant des différents partis français qui se réclament du socialisme fondent la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière). Son nom fait référence à l'Internationale ouvrière et socialiste née en 1864 et refondée en 1889...

Les Japonais défont les Russes à Tsushima

Le 27 mai 1905, les flottes de guerre russe et japonaise s'affrontent au large de Tsushima, dans le bras de mer qui sépare la Corée du Japon.

Plus de 5.000 Russes sont tués et 6.000 faits prisonniers. Les Japonais n'ont eux-mêmes à déplorer que la perte de trois destroyers et 700 hommes.

C'est la première fois qu'un État européen est défait par un État asiatique...

La Norvège devient indépendante

Le 7 juin 1905, la Norvège devient indépendante. Le pays avait été rattaché à la Suède en 1814, sur une décision du Congrès de Vienne, malgré une première proclamation d'indépendance.

Mutinerie du Potemkine

Le 27 juin 1905, dans la mer Noire, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, principal cuirassé de la flotte russe de la mer Noire.

Le drame commence avec une histoire de viande avariée. Protestations des marins. Menaces des officiers. Cet épisode secondaire de la première Révolution russe va plus tard accéder au rang de mythe historique par la vertu d'un film à lui consacré par le réalisateur Eisenstein…

Traité russo-japonais de Portsmouth

Le 5 septembre 1905, Russes et Japonais signent le traité de Portsmouth (New Hampshire, États-Unis), qui consacre la défaite militaire de l'empire tsariste. Pour la première fois, une puissance européenne est vaincue par une puissance asiatique !

Sidérés par la victoire du Japon, les peuples d'Asie se disent que les Européens ne sont pas si invincibles qu'ils le paraissent. Certains Européens se rendent compte aussi que leur suprématie est fragile et touche à sa fin. Le président des États-Unis Théodore Roosevelt reçoit le prix Nobel de la paix pour sa médiation…

Einstein découvre la relativité

Le 28 septembre 1905, la revue allemande Annalen der Physik publie un article sur une mystérieuse théorie de la relativité, ultérieurement qualifiée de «théorie de la relativité restreinte».

L'auteur est un scientifique de 25 ans qui signe Albert Einstein et n'a même pas encore son doctorat ! Il va en quelques années chambouler la physique classique héritée d'Isaac Newton et ouvrir un champ immense à la science...

Manifeste du tsar Nicolas II

Le 30 octobre 1905, suite à la Révolution de janvier et à sa défaite face aux Japonais, le tsar Nicolas II doit publier un Manifeste par lequel il instaure un régime constitutionnel en Russie. Mais cette expérience ne durera pas plus de quelques mois et son échec conduira le tsarisme à sa mort.

Séparation des Églises et de l'État

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 9 décembre 1905, le Parlement français vote la loi de séparation des Églises et de l'État à l'initiative du député Aristide Briand. La loi sera mise en application non sans tensions par le gouvernement de Maurice Rouvier puis celui de Georges Clemenceau, Aristide Briand étant ministre de l'instruction publique et des cultes.

C’est l’aboutissement d’un long processus de laïcisation des institutions politiques né avec… le roi Philippe le Bel, six siècles plus tôt, qui n’aura pas empêché 5 cardinaux (Tournon, Richelieu, Mazarin, Dubois, Fleury) d’exercer dans l’intervalle la fonction de Premier ministre.

La Veuve Joyeuse triomphe à Vienne

Le 30 décembre 1905, La Veuve Joyeuse triomphe à Vienne. Le compositeur austro-hongrois Franz Lehar renouvelle l'opérette. Dans le même temps, la ville impériale voit le triomphe de l'Art nouveau ou Jugendstil, inventé par les artistes de la Sécession.

Conférence d'Algésiras

Le 16 janvier 1906, la conférence d'Algésiras règle pour quelques années le contentieux entre la France et l'Allemagne, toutes deux désireuses d'imposer leur protectorat sur le Maroc. C'est finalement la France qui a gain de cause en 1912.

Armand Fallières président de la République

Succédant à Émile Loubet, Armand Fallières (65 ans) est élu président de la République française le 17 janvier 1906 comme candidat des gauches. Sa mine débonnaire lui vaut le surnom de «Père Fallières»...

La catastrophe de Courrières

Le 10 mars 1906, un coup de poussière ensevelit plus d'un millier de mineurs dans la région de Courrières. Les travailleurs du bassin minier débraient en masse pour protester contre une reprise prématurée de l'activité...

San Francisco en ruines

Le 18 avril 1906, la ville de San Francisco, en Californie centrale, est détruite par un tremblement de terre. Plusieurs secousses de magnitude 8,5 sur l'échelle de Richter soulèvent le sol à plusieurs reprises.

Le séisme entraîne près de 700 morts et la destruction totale de la ville...

La Cour de Cassation réhabilite Dreyfus

Onze ans après la dégradation publique du capitaine Alfred Dreyfus sous l'accusation d'espionnage, celui-ci est solennellement réhabilite par la Cour de Cassation de Paris, qui constate que « de l'accusation, rien ne tient debout ».

Réforme agraire de Stolypine

Le 22 novembre 1906, le Premier ministre russe Piotr Stolypine engage une vigoureuse réforme agraire en liquidant les vestiges de la féodalité et du servage et en permettant aux paysans les plus dynamiques d'acquérir des terres.

Les premiers résultats sont prometteurs. La Russie voit son économie progresser à pas de géants. Mais ses progrès sont brutalement interrompus par l'assassinat du Premier ministre, la Grande Guerre et la Révolution.

La révolte viticole vire au drame

Le 19 juin 1907 a lieu à Narbonne un affrontement tragique entre les forces de l'ordre et des vignerons languedociens. On relève deux morts. Un nouvel affrontement, le lendemain, occasionne cinq nouvelles victimes.

Victimes de la surproduction, aggravée par la « chaptalisation » du vin (ajout de sucre), les vignerons de l'Aude se sont soulevés à l'appel d'un cafetier local, Marcelin Albert. Leur colère va en définitive être habilement endiguée par le Président du Conseil Georges Clemenceau...

Naissance du scoutisme

Le 29 juillet 1907, le mouvement scout, d'un mot anglais qui signifie éclaireur, est officiellement fondé en Angleterre par le colonel Robert Baden-Powell.

En ce début du XXIe siècle, le scoutisme réunit 16 millions de jeunes garçons et jeunes filles dans 136 pays, au sein de groupements confessionnels ou laïcs.

Notons aussi que l’esprit du scoutisme a été dévoyé après la Première Guerre mondiale par les partis totalitaires qui ont créé sur le même modèle des mouvements de jeunesse à leur dévotion…

Premier vol en hélicoptère

Le 13 novembre 1907, près de Lisieux, Paul Cornu réussit à s'élever pour la première fois à bord d'un hélicoptère. Il atteint l'altitude de 1,5 mètre...

Manifestation des « suffragettes »

Le 21 juin 1908, les « suffragettes » manifestent violemment à Hyde Park, à Londres. Malgré leur nombre, 250.000 environ, les manifestantes ne réussissent pas à faire avancer leur revendication : le vote des femmes. Elles n'obtiendront une demi-victoire que le 28 décembre 1918 avec l'octroi du droit de vote aux femmes de plus de... 30 ans.

Révolution des «Jeunes-Turcs». 

Les officiers «Jeunes-Turcs». , à l'origine du sentiment national turc, obligent le sultan ottoman Abdul-Hamid II à rétablir une Constitution le 24 juillet 1908...

Inauguration du chemin de fer du Hedjaz

Le 30 juillet 1908 est inauguré le chemin de fer du Hedjaz, qui relie Damas à Médine en longeant de loin la mer Rouge. Les deux villes saintes musulmanes de La Mecque et Médine deviennent du coup plus facilement accessibles aux pèlerins du monde entier. Ce succès politique est porté au crédit de l'empire ottoman, puissance tutélaire de la région, et de son nouvel allié, l'empire allemand, dont les ingénieurs ont supervisé la construction du chemin de fer.

Dès 1889, l'Allemagne, soucieuse de se donner un rôle international à la mesure de sa puissance industrielle, s'est rapprochée de la Turquie. Elle a lancé la construction d'une première voie ferrée en Anatolie, entre Izmir et Ankara. En mars 1903, une compagnie germano-turque, la Bagdadbahn, avait aussi obtenu une concession pour une voie ferrée de la Méditerranée à Bagdad, via Alep.

Ces réalisations pacifiques se doublaient d'une assistance militaire qui permit aux Turcs de vaincre les Grecs à Domokos, en 1897, et allait trouver son aboutissement pendant la Grande Guerre...

Henry Ford produit la première voiture de grande série

Le 12 août 1908, Henry Ford présente la première voiture produite en grande série, le modèle T, par la Ford Motor Company.

C'est le début de la production standardisée en grande série, obtenue par une « organisation scientifique du travail » (OST), appelée « taylorisation » ou « taylorisme », du nom de l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor. Henry Ford y ajoute le souci d'améliorer la condition ouvrière (dans l'intérêt bien compris de son entreprise). Cette approche sociale baptisée « fordisme » va permettre à la classe ouvrière de renforcer les rangs des classes moyennes.

L'Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine

Le 5 octobre 1908, l'empire austro-hongrois annexe formellement la Bosnie-Herzégovine, une province ottomane qu'il occupait légalement depuis le congrès de Berlin de 1878. C'est le début d'une succession de troubles qui vont agiter les Balkans et finalement mettre le feu à l'Europe entière...

Le Congo colonie belge

Le 15 novembre 1908, après une longue délibération, le Parlement belge accepte le legs encombrant du roi Léopold II, rien de moins que sa propriété personnelle : l'« État indépendant du Congo ». Celui-ci devient officiellement une colonie belge...

Peary et Henson au pôle Nord

Le 6 avril 1909, six hommes atteignent pour la première fois le pôle Nord. Il s'agit de Robert Edwin Peary, de Matthew Henson, son serviteur de race noire, et de quatre Inuits (Esquimaux) : Ootah, Egingwah, Seegloo et Ooqueah. Ils réalisaient l'exploit avec des traineaux à chiens. Bientôt, réchauffement climatique oblige, c'est en navire de croisière que les riches touristes y accèderont...

Le sultan Abdul-Hamid II déposé

Le 27 avril 1909, à Istamboul, les nationalistes « Jeunes Turcs » déposent le sultan Abdul-Hamid II, auquel ils reprochent de livrer l'empire aux appétits étrangers et de montrer trop de complaisance pour les Arabes, et le remplacent par son frère Mehmed V.

Blériot traverse la Manche

Le 25 juillet 1909, moins de 6 ans après le saut de puce des frères Wright, a lieu la première traversée aérienne de la Manche. Ingénieur centralien enrichi dans la fabrication de phares automobiles, Louis Blériot consacre sa fortune à créer des prototypes d'avions.

Après 32 échecs qui lui ont valu le surnom de « roi de la casse », il tente le tout pour le tout et, en 27 minutes, traverse la Manche aux commandes de son dernier-né, le Blériot XI. Fort de son triomphe, il va se lancer dans la construction d'avions en grande série jusqu'à sa mort, le 1er août 1936.

Naissance des auberges de jeunesse

Parti en randonnée avec sa classe, Richard Schirrmann, instituteur dans la petite ville d'Altena (Westphalie), se trouve bloqué par un orage en pleine forêt, dans la nuit du 26 août 1909.

Il songe alors à créer un réseau de gîtes à bon marché pour la jeunesse allemande... Trois ans plus tard, il ouvre une première «auberge des écoliers» dans sa salle de classe en installant des lits de fortune pour accueillir les jeunes randonneurs du week-end.

Transférée ensuite dans le château d'Altena, l'«auberge» va devenir l'amorce du réseau international des auberges de jeunesse.

Le premier Tournoi des Cinq Nations

Le 1er janvier 1910 a lieu le premier Tournoi des Cinq Nations (Angleterre, Écosse, France, Irlande, Pays de Galles). Au chapitre de la rivalité franco-britannique, les canons cèdent la place au rugby. Lors du premier match, à Swansea, l'équipe française est battue par le pays de Galles (49-14).

Crue exceptionnelle à Paris

Le 28 janvier 1910, une crue d'exception recouvre le centre de Paris et les bords de la Seine. Le débordement atteint un maximum de 8,62 mètres, du jamais vu dans la capitale. Les dégâts matériels sont très importants. Des milliers d'immeubles et de maisons sont inondés et 200.000 Parisiens sinistrés, mais l'on ne déplore pas de victimes à part un sapeur pompier emporté avec son embarcation.

Fondation de l'Union sud-africaine

Le 31 mai 1910 est fondée l'Union sud-africaine, qui consacre le rapprochement entre les anciens ennemis de la guerre des Boers.

La Corée devient colonie japonaise

Le Japon des Lumières officialise le 22 août 1910 l'annexion de la Corée, le « Pays du Matin calme » (Cho-Sen ou Chôsen). La péninsule coréenne restera colonie de l'empire nippon jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945. Malgré leur parenté linguistique et ethnique avec les Japonais, ses habitants conservent un souvenir amer de cette période...

Le royaume médiéval de Corée était devenu un État vassal de la Chine au XVIIe siècle. Au siècle suivant, une bonne partie de sa population est convertie au christianisme par une poignée de prédicateurs coréens et chinois. Ces derniers ont été formés par des jésuites à la cour des empereurs mandchous, à Pékin, et sont entrés en fraude en Corée !

À la signature du traité de Shimonoseki avec le Japon, la Chine reconnaît la pleine indépendance de la Corée mais celle-ci tombe du coup sous la coupe des Russes et des Japonais. Après la guerre russo-japonaise, les Russes sont évincés de Corée et laissent les coudées franches aux Japonais...

Le Monténégro devient un royaume

Le 28 août 1910, Nicolas 1er Petrovitch Niegoch se proclame roi du Monténégro.

Le Portugal devient une République

Le 5 octobre 1910, à Lisbonne, le roi Manuel II est chassé par un coup d'État militaire : le Portugal devient une République.

Le pays reste un fidèle allié de l'Angleterre et participe à la Première Guerre mondiale. Mais une fois la paix revenue, les divisions dans le camp républicain entraînent pas moins de seize nouveaux coups d'État jusqu'à la prise de pouvoir par le général Gomes da Costa le 28 Mai 1926.

Fête de la République

L'anniversaire de ce jour est devenue au Portugal la fête de la République.

Le pays célèbre par ailleurs sa fête nationale le 10 juin, jour anniversaire de la mort du grand poète lusitanien Luís Vaz de Camões, dit «&nsp;le Camoëns » en français (1525-1580).

Naissance de l'aéronavale

Le 14 novembre 1910, un avion biplan décolle du croiseur américain Birmingham. C'est la naissance de l'aéronavale. Onze mois plus tard, le pilote Eugène Ely réussit l'opération dans les deux sens (décollage et atterrissage) sur une plate-forme spécialement aménagée à l'arrière du cuirassé Pennsylvania. Le porte-avions est né.

Début de la Révolution mexicaine

Francisco Indalecio Madero publie le 20 novembre 1910 le plan de San Luis Potosí. C'est un appel à la rébellion contre le dictateur Porfirio Díaz.

En 35 ans, ce dernier a développé l'économie mexicaine au profit de la bourgeoisie et des grandes propriétés (latifundias) mais au détriment des peones (paysans indiens ou métis) et de leurs terres communales (ejidos). Du fait du mécontentement social, l'appel à la rébellion est immédiatement suivi d'effet et débouche sur une révolution longue et douloureuse...

Fondation de La Main noire à Belgrade

Un groupe de nationalistes serbes fondent, le 3 mars 1911, dans un appartement de Belgrade, l'organisation secrète : Ujedinjenje ili smrt ! (« L'Union ou la mort ! »), plus communément connue sous le nom de « Main noire ».

Cette organisation prône la création d'une « Grande Serbie » qui réunirait autour de Belgrade tous les territoires peuplés par des Serbes (ou supposés tels). Elle naît en réaction à l'annexion de la Bosnie-Herzégovine à l'Autriche-Hongrie.

Parmi ses promoteurs figurent des officiers qui ont participé à l'horrible attentat contre le roi de Serbie Alexandre 1er et la reine Draga Machin. Le principal est Dragutin Dimitrievitch : surnommé «Apis» par ses admirateurs en raison de sa carrure imposante qui évoque le taureau de la mythologie égyptienne, il est entré dans les services secrets serbes et va organiser dans l'ombre l'attentat de Sarajevo.

Assez comparable aux organisations djihadistes du XXIe siècle, la « Main noire » compte très vite quelques milliers de membres et ouvre des camps d'entraînement en vue d'attentats et d'opérations clandestines.

La France adopte le méridien de Greenwich

Par une loi du 9 mars 1911, la France renonce à imposer le méridien de Paris comme référence temporelle et point de départ des fuseaux horaires. Elle se rallie comme le reste du monde au méridien de Greenwich, ville proche de Londres, où se situe l'observatoire royal anglais. Ce méridien passe à proximité du Havre, de Caen et du Mans.

Dans la nuit du 18 au 19 mars 1911, toutes les horloges de France s'arrêtent à minuit pour repartir 9 minutes et 21 secondes plus tard afin de se mettre en concordance avec le temps universel (Greenwich Mean Time, en abrégé « GMT » ou « temps moyen à Greenwich »). C'en est bel et bien fini de la rivalité franco-anglaise, en astronomie comme dans en politique.

Révolution au Mexique

Le 25 mai 1911, au Mexique, le dictateur Porfirio Diaz est renversé. C'est le début d'une longue et douloureuse Révolution.

Découverte du Machu Picchu

Le 24 juillet 1911, l'archéologue américain Hiram Bingham arrive au sommet d'une montagne, au Pérou, en compagnie d'un officier péruvien et d'un jeune paysan de la région.

Il aperçoit alors d'énormes murs de maisons en ruines. Il vient de découvrir (ou redécouvrir) les restes de la cité inca du Machu Picchu...

On a volé la Joconde

Au lendemain du lundi 21 août 1911, un gardien du musée du Louvre constate la disparition de la Joconde, célèbre portrait par Léonard de Vinci d'une dame florentine, Madonna Lisa, troisième épouse de Giacomo del Giaocondo.

Le public se passionne pour l'enquête policière mais celle-ci ne débouche sur rien, jusqu'à ce que, deux ans plus tard, à Florence, un ouvrier vitrier italien, Vincenzo Peruggia, se fasse prendre en tentant de vendre le tableau à un receleur.

Il confesse qu'ayant eu à travailler au Louvre, il avait volé le tableau pour le restituer à sa patrie, l'Italie !... La Joconde a retrouvé sa place au Louvre où pas moins de 20.000 visiteurs admirent chaque jour son sourire indéfinissable.

Le Premier ministre russe Stolypine assassiné

Le 18 septembre 1911, lors d'une représentation à l'opéra de Kiev en présence du tsar, un avocat anarchiste, Dimitri Bogrov, tire à bout portant sur le Premier ministre russe Piotr Stolypine (49 ans)...

Les troupes italiennes débarquent à Tripoli

Giovanni Giolitti, chef du gouvernement italien, s'émeut de voir que la France s'installe au Maroc suite au « coup d'Agadir ». Il décide de réaliser la promesse secrète qui a été faite en 1902 à son pays par la France de prendre la Libye, l'une des dernières possessions ottomanes. Comme tout le monde, pourrait-on dire, l'Italie aspire à sa part du gâteau colonial...

Sitôt dit, sitôt fait. Le 3 octobre 1911, des troupes italiennes débarquent à Tripoli, en vue d'enlever la Libye à la Turquie. En dépit des moyens employés (bombardements de populations civiles, gaz etc), les envahisseurs vont avoir le plus grand mal à soumettre les tribus de l'intérieur.

Faute d'y arriver, ils décident de porter la guerre dans les eaux ottomanes, bombardent les Détroits et occupent quelques îles du Dodécanèse. Sous la pression de l'Autriche et de la Russie, qui s'émeuvent de l'arrêt de la navigation dans les Détroits, les Turcs consentent à céder la Tripolitaine et la Cyrénaïque à l'Italie par un traité secret, le 15 octobre 1912.

Mais cette violation délibérée du droit international, approuvée par la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne, Russie), déclenche les appétits des petits États balkaniques. Les Serbes se disent que le moment est venu de liquider ce qui reste de possessions ottomanes en Europe et se liguent avec les Bulgares contre les Turcs. L'affaire va se clore à Sarajevo...

Insurrection républicaine en Chine du sud

À Canton (Chine du sud), le 10 octobre 1911, une rébellion militaire met fin à la dynastie mandchoue, vieille de 250 ans, et débouche sur la proclamation de la République chinoise.

Le premier président en est le démocrate et socialiste Sun Yat-sen, qui a fondé le parti du Guomindang.

Depuis sa mort, en 1925, ses héritiers n’en finissent pas de se disputer la Chine : d’un côté les communistes, de l’autre les nationalistes conduits par Tchang Kaï-chek, successeur de Sun Yat-sen à la tête du Guomindang...

Le «Double-Dix»

L'anniversaire du 10 octobre est encore commémoré chaque année par plus d'un milliard d'hommes sous l'appellation commune «Double-Dix» (10-10 pour dix octobre).

Il est jour de fête nationale à Taïwan et également honoré en Chine populaire. Les deux gouvernements, bien qu'antagonistes, continuent en effet de se réclamer l'un et l'autre de Sun Yat-sen, le père de la République.

Zapata publie le « Plan de Ayala »

Le 25 novembre 1911, le révolutionnaire mexicain Émiliano Zapata publie un généreux programme de réforme agraire, le « Plan de Ayala ».

Amundsen atteint le pôle Sud

Le vendredi 14 décembre 1911, le Norvégien Roald Amundsen est le premier homme à atteindre le pôle Sud...

Premier hold-up motorisé de l'Histoire

Le 21 décembre 1911 survient le premier hold-up motorisé de l'Histoire.

Les malfrats blessent grièvement de deux balles un garçon de recettes de la succursale de la Société Générale, rue Ordener, à Paris. Ils s'emparent de sa sacoche et s'enfuient à bord d'une Delaunay-Belleville de 12 chevaux, ce qui se fait alors de mieux en matière d'automobile. Le véhicule, volé quelques jours plus tôt, est abandonné à Dieppe.

Les attaques du même genre se multiplient dans les mois qui suivent. La police du préfet Louis Lépine identifie leurs auteurs comme la « bande à Bonnot », du nom de leur chef, Jules Bonnot, un mécanicien auto sympathisant de la cause anarchiste. Il sera tué à Choisy-le-Roi, près de Paris, le 28 avril 1912. Ses trois derniers complices, parmi lesquels Raymond-la-Science, seront guillotinés le 21 avril 1913 devant la prison de la Santé par le bourreau Anatole Deibler.

Proclamation de la République en Chine

Le 30 décembre 1911, Sun Yat-Sen proclame la République de Chine. Il devient le premier président du gouvernement provisoire installé à Nankin.

Les républicains dénoncent la légitimité du gouvernement impérial de Pékin. Celui-ci, affaibli par les séditions et les humiliations que lui ont fait subir les puissances occidentales, ne tardera pas à disparaître.

Fin de l'empire mandchou

Le 13 février 1912, la Chine devient une République avec l'abdication du dernier empereur de la dynastie mandchoue, P'ou Yi (six ans !)...

Le Maroc devient protectorat français

Le 30 mars 1912, suite au « coup d'Agadir » et à la convention de Fès, le sultanat du Maroc devient protectorat français après avoir conservé son indépendance contre vents et marées pendant douze siècles !

La République française complète ainsi sa domination sur l'Afrique du Nord... mais pour moins d'un demi-siècle. Le général Hubert Lyautey, nommé « résident général » auprès du sultan, à Rabat, va s'appliquer à moderniser les institutions du pays dans le respect de ses traditions.

Naufrage du Titanic

Le paquebot heurte un iceberg et sombre au large de Terre-Neuve, au cours de son voyage inaugural, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912.

C'est la catastrophe maritime la plus médiatique de tous les temps à défaut d'être la plus meurtrière (1502 victimes)...

La mort de Bonnot

Les hommes de la Sûreté emmenés par le préfet Lépine encerclent une villa de Choisy-le-Roi où a trouvé refuge Jules Bonnot.

L’ennemi public numéro un terrorise les Parisiens depuis la fin de l’année précédente. Avec sa bande de malfrats issus des milieux anarchistes, il a multiplié en quelques mois les braquages de banques et les actions violentes contre les forces de l’ordre.

Les policiers dynamitent la maison et abattent Bonnot et son complice Dubois lors de l’assaut final. Il faudra cependant attendre le 14 mai suivant pour que le reste de la «bande à Bonnot» soit neutralisé dans l’attaque d’un pavillon à Nogent-sur-Marne.

Première guerre balkanique

Le 18 octobre 1912, la Serbie, la Bulgarie, le Monténégro et la Grèce se coalisent contre la Turquie et franchissent ses frontières. Usé et vieilli, l'empire ottoman ne résiste pas à cette première guerre balkanique, fomentée par le ministre russe des Affaires étrangères Izvolski.

Après une campagne de trois semaines, il perd les territoires qui lui restent en Europe à l'exception de la région de Constantinople, sa capitale. Par le traité de Londres du 30 mai 1913, il renonce à ces territoires, essentiellement la Macédoine et sa capitale Salonique. Il reconnaît aussi l'indépendance de l'Albanie et cède la Crète à la Grèce.

Mais les vainqueurs se montrent incapables de s'entendre sur le partage des dépouilles et vont bientôt s'affronter dans une seconde guerre balkanique.

Indépendance de l'Albanie

Le 28 novembre 1912, Ismaël Kemal Vlorë proclame l'indépendance de l'Albanie...

L'anniversaire de ce jour est fête nationale en Albanie. C'est aussi l'anniversaire d'une première libération du «pays des Aigles» par Skanderbeg en 1443.

Raymond Poincaré président de la République

Le 17 janvier 1913, les parlementaires élisent à la présidence de la République Raymond Poincaré, précédemment président du Conseil (chef du gouvernement).

Toujours soucieux de préparer la «revanche» ou du moins de mettre la France en situation de résister à une agression allemande, Poincaré fait voter en juillet 1913 une loi sur le service militaire de 3 ans pour tous (curés compris !)...

Manifestation contre la loi des trois ans

Au Pré-Saint-Gervais, près de Paris, Jean Jaurès et la SFIO réunissent 150.000 personnes pour protester contre la loi qui doit porter de deux à trois ans le service militaire obligatoire... Dans les casernes de l'Est, des soldats menacent de se mutiner à la perspective de rester un an supplémentaire en service.

La loi sera en définitive votée malgré l'hostilité de la majorité de l'opinion publique le 19 juillet 1913, sous l'égide du président Raymond Poincaré et du président du Conseil Louis Barthou.

Discours de Jean Jaurès le 25 mai 1913 au Pré-Saint-Gervais à l’issue d’une manifestation contre la loi des trois ans (photo : Henri Roger)

Le Sacre du Printemps fait scandale

Le 29 mai 1913, lors de sa première représentation dans le nouveau théâtre des Champs Élysée, à Paris, le Sacre du Printemps (tableaux de la Russie païenne) surprend le public par son impression de chaos et la répudiation des critères conventionnels de la beauté.

Ce spectacle a été créé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev, sur une musique d'Igor Stravinsky, avec une chorégraphie de Vaslav Nijinski. En dépit ou à cause du hourvari de la première, il va ouvrir la voie à de nouvelles formes musicales.

création de la police judiciaire parisienne

Le 2 août 1913 est créée la direction régionale de la police judiciaire de Paris, plus communément appelée PJ. Son siège est fixé sur l'île de la Cité, au 36, quai des Orfèvres, un lieu devenu mythique par la grâce des cinéastes et des romanciers, tel Georges Simenon…

Traité de Bucarest

Le 10 août 1913, le traité de Bucarest met fin à la deuxième guerre balkanique.

Les Bulgares, responsables des hostilités, restituent Andrinople aux Turcs et cèdent une partie de la Dobroudja à la Roumanie. La Macédoine est partagée entre la Serbie et la Grèce.

Plus gravement, la défaite de la Bulgarie a pour effet un renversement des alliances balkaniques, avec de graves conséquences pour l'Europe : la Russie jusque-là alliée de la Bulgarie se range aux côtés de ses vainqueurs, la Serbie et la Roumanie, cepandant que la Bulgarie se voit contrainte de rechercher l'alliance de l'Autriche-Hongrie.

Traversée de la Méditerranée par Roland Garros

Fils d'un avocat de La Réunion, l'aviateur Roland Garros (25 ans) réussit la traversée sans escale, de Fréjus à Bizerte, en Tunisie, en moins de huit heures.

Du côté de chez Swann

Le 14 novembre 1913, Marcel Proust publie à compte d'auteur Du côté de chez Swann. L'écrivain ajoutera six tomes à ce livre pour en faire le roman le plus long et l'un des plus beaux de la langue française sous le titre À la recherche du temps perdu. Au total 17 ans de travail acharné.

Mme Caillaux tire sur Gaston Calmette

Le 16 mars 1914, Henriette Caillaux tue Gaston Calmette, directeur du Figaro, par crainte que son passé sentimental soit étalé sur la place publique. 

Ce coup de revolver est le premier d'une série de trois qui entraîneront la France et l'Europe dans la plus grande tragédie de leur Histoire (le second tuera l'archiduc Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin, et le troisième aura raison de Jean Jaurès à Paris, au café du Croissant, le 31 juillet de la même année)...

Naufrage de l'Empress of Ireland

Le 29 mai 1914, à 1h45 du matin, le paquebot Empress of Ireland sombre en quinze minutes au large de Rimouski, dans l'estuaire du St-Laurent (province de Québec). Il a été éperonné en plein brouillard par le charbonnier norvégien Storstad.

Moins médiatique que le naufrage du Titanic, la catastrophe n'en fait pas moins 1012 victimes sur 1477 personnes à bord... Notons que l'un des survivants du Empress avait également survécu au naufrage du Titanic en 1912 !

Assassinat d'un archiduc à Sarajevo

Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie, est assassiné à Sarajevo par un nationaliste serbe. Cet attentat est le prétexte que vont utiliser quelques semaines plus tard les grandes puissances européennes pour s'entredévorer...

Course à la guerre

Le 5 juillet 1914, l'empereur allemand Guillaume II assure l'émissaire du gouvernement austro-hongrois de son soutien en cas de conflit avec la Serbie. C'est le début de la course à la Grande Guerre...

La France adopte l'impôt sur le revenu

Le président de la République Raymond Poincaré obtient de la majorité parlementaire, hostile à la guerre, qu'elle renonce à abroger la loi du 19 juillet 1913 prolongeant le service militaire à trois ans.

En échange, il lui concède l'impôt progressif sur le revenu. Il est adopté par la Chambre des députés le 15 juillet 1914...

Ultimatum de Vienne à la Serbie

Un mois après l'attentat de Sarajevo, Vienne remet une note au gouvernement serbe le 23 juillet Elle ne menace la Serbie d'aucune annexion mais en dix points exige de Belgrade l'engagement public de ne plus soutenir les menées terroristes en Bosnie. Elle exige aussi que soient recherchés les responsables serbes de l'attentat de Sarajevo et souhaite que des fonctionnaires austro-hongrois participent à l'enquête.

Le gouvernement serbe a 48 heures pour répondre à ces dix points. Il se dispose à les accepter quand le tsar de Russie s'immisce dans le différent. Sur son intervention, Belgrade rejette l'ultimatum de Vienne... La guerre devient inéluctable.

Assassinat de Jean Jaurès

Le soir du 31 juillet 1914, Jean Jaurès est tué d'un coup de revolver dans le café du Croissant, rue Montmartre, à Paris (2e arrondissement), alors qu'il dînait avec deux collaborateurs, Jean Longuet et Pierre Renaudel...

Début de la Grande Guerre

Le samedi 1er août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie. À 4 heures de l'après-midi, tous les clochers de France font entendre un sinistre tocsin. C'est la mobilisation générale...

Premiers morts de la Grande Guerre

Le dimanche 2 août 1914, à Joncherey, sur le territoire de Belfort, le caporal français Jules Peugeot, du 44e RI, et le sous-lieutenant allemand Albert Mayer, du 5e régiment de chasseurs à cheval basé à Mulhouse, échangent des coups de feu. Ils tombent l'un et l'autre avant même la déclaration de guerre.

Berlin déclare la guerre à la France

Le 3 août 1914, l'Allemagne de Guillaume II, déjà en guerre depuis deux jours avec la Russie, déclare la guerre à la France et à la Serbie. Elle envahit dès le lendemain la Belgique en vertu du plan Schlieffen. La Grande-Bretagne, à son tour, déclare le lendemain la guerre à l'Allemagne au motif que celle-ci a violé la neutralité de la Belgique. C'est le début de la Grande Guerre.

Défaits dans la « bataille des frontières », les Français commandés par Joseph Gallieni lancent la contre-offensive de la Marne, à l'initiative de Joseph Gallieni, gouverneur militaire de Paris. Il s'ensuit la « course à la mer ». Le front se stabilise dans la boue et les tranchées...

Invasion de la Belgique

À l'aube du 4 août 1914, deux divisions allemandes de 60.000 hommes franchissent la frontière germano-belge à Gemmenich. Elles se dirigent vers Liège, première place fortifiée de Belgique, sur les bords de la Meuse...

La « bataille des frontières »

Les Français imaginent comme les Allemands une guerre fulgurante et croient encore aux vertus de la cavalerie. Le commandant en chef des armées du nord et de l'est Joseph Joffre applique le plan XVII concocté en 1913, qui prévoit une offensive dans les Ardennes et en Lorraine. Mais il est pris de court par l'offensive allemande en Belgique.

Conformément au plan Schlieffen, les Allemands repoussent Belges et Français sur tous les fronts. Joffre organise toutefois une retraite générale en bon ordre.

Ouverture du canal de Panama

Le 15 août 1914 a lieu dans la discrétion l'ouverture officielle du canal de Panama. L'Europe, qui vient d'entrer dans la plus effroyable guerre de son Histoire, est indifférente à la portée de cet événement attendu depuis plusieurs décennies.

Le Japon dans la Grande Guerre

L'empire du Japon entre dans la guerre par pur opportunisme, en vue de s'emparer des possessions allemandes d'Extrême-Orient. Il occupe dès novembre la concession allemande de Qindao (Chine) puis, un peu plus tard, les îles Marianne. Tout cela sans perte humaine ou presque. Le Japon est le vainqueur le plus heureux de la Grande Guerre (et le seul empire à lui survivre).

« Situation inchangée de la Somme aux Vosges »

Par ce mémorable communiqué du Grand Quartier Général daté du 29 août 1914, au premier mois de la Grande Guerre, les Français découvrent avec stupeur que leur pays a été envahi et que leurs armées battent en retraite sur tous les fronts.

Jusque-là, tous les communiqués du quartier général du général Joffre laissaient supposer que l'offensive allemande était contenue, voire stoppée !... Ainsi la guerre moderne amenait-elle avec elle la propagande et le mensonge.

Les Russes défaits à Tannenberg

Le 30 août 1914, moins d'un mois après le début de la Première Guerre mondiale, victoire surprise des Allemands sur les Russes à Tannenberg.

Le général Paul von Hindenburg (67 ans) a quitté sa retraite pour prendre en catastrophe la tête de la IIe Armée, assisté du général Erich Ludendorff. Ils ont attaqué séparément et battu l'armée du général Samsonov et celle du général Rennenkampf...

La première bataille de la Marne

Le 6 septembre 1914, un mois après la percée allemande en Belgique, le général Joseph Joffre et le général Joseph Gallieni, gouverneur militaire de Paris, lancent sur le flanc ennemi la VIe armée du général Maunoury. Celle-ci oblige les généraux von Kluck et von Bülow à battre en retraite vers l'Aisne.

Grâce à cette contre-offensive de la Marne, les Français échappent à une défaite sans rémission (une seconde bataille de la Marne aura lieu à la fin de la guerre, en juillet 1918).

La cathédrale de Reims est bombardée

Le 4 septembre 1914, un mois après le début de la Grande Guerre, les Allemands entrent sans combat dans le fort de la Pompelle, érigé à l'orée de Reims dans les années 1880 et... désarmé en 1913. De cette position, les canons bombardent la ville. Le 19 septembre 1914, la cathédrale Notre-Dame elle-même est touchée. Sa charpente prend feu et le plomb de la toiture entre en fusion. L'édifice va manquer de disparaître.

La contre-offensive de la Marne permet aux Français de reprendre le fort dès le 24 septembre 1914 mais jusqu'à la fin de la guerre, quatre ans plus tard, la ville et sa cathédrale n'en finiront pas d'être touchées par des obus.

Grâce à un don de John Rockefeller, la cathédrale est reconstruite dans les années 1920 par l'architecte Henri Deneux, qui conçoit une ingénieuse charpente en ciment armé.

Albert 1er engage la bataille de l'Yser

Le 16 octobre 1914, après s'être emparée d'Anvers, la IVe armée allemande se heurte aux débris de l'armée belge commandés par le roi Albert 1er (39 ans) en personne, sur les bords de l'Yser...

Première bataille d'Ypres

Dans le cadre de la « course à la mer », la VIe armée allemande tente une première offensive dans les Flandres, sur le saillant d'Ypres. Mais cette première offensive dans les Flandres est repoussée le 20 octobre 1914 par le corps expéditionnaire britannique du général John French (il sera fait 1er comte d'Ypres).

La Royal Navy humiliée à Coronel

Le 1er novembre 1914, tandis que vient de débuter la Première Guerre mondiale, cinq navires allemands, sous les ordres de l'amiral comte Maximilian von Spee, défient l'escadre anglaise de l'amiral Cradock réfugiée dans le port de Coronel, au Chili...

Pancho Villa et Zapata à Mexico

Le 6 décembre 1914, Pancho Villa et Émiliano Zapata entrent ensemble à Mexico au terme de quatre ans de luttes révolutionnaires mais leur succès est éphémère et ils sont chassés de la capitale mexicaine par le dictateur Carranza.

Naissance d'une Nation au cinéma

Le 8 février 1915, tandis que l'Europe se meurt dans la Grande Guerre, les Américains découvrent le film Naissance d'une Nation (The birth of a Nation, 1915).

Ce fim de David Wark Griffith raconte l'histoire de la guerre de Sécession, qui s'était terminée 50 ans plus tôt. Il est fortement imprégné des préjugés racistes de l'époque et fait l'éloge du Ku Klux Klan.

Naissance d'une Nation apparaît avant tout comme la première superproduction de l'Histoire.

Avec ce film, le cinéma sort du théâtre filmé ! D'un coût initial de 100.000 dollars, le film en rapporte infiniment plus et se révèle l'un des plus rentables de l'histoire du cinéma. Griffith réinvestit ses bénéfices dans une nouvelle superproduction, Intolerance (1916) qui se révèlera quant à elle un gouffre financier.

Grâce à lui, les studios d'Hollywood, près de Los Angeles, n'en accèdent pas moins au premier rang de la production cinématographique mondiale.

Né en France vingt plus tôt, le cinéma va dès lors devenir l'une des industries les plus représentatives du dynamisme américain.

Offensive des Dardanelles

Le 19 février 1915, un bombardement naval annonce la bataille des Dardanelles. Elle aboutira à un dramatique fiasco des armées alliées franco-britanniques.

La « fée verte » prohibée

Le 17 mars 1915, au début de la Première Guerre mondiale, le gouvernement français interdit la production et la consommation des liqueurs anisées extraites de l'absinthe.

L'absinthe a été mise au point par la mère Henriod dans le Val-de-Travers (Suisse) et diffusée en France par Henri-Louis Pernod. Surnommée « fée verte » par Oscar Wilde, elle attaque le système nerveux à cause d'une substance toxique, la thuyone...

Les Turcs repoussent la flotte franco-britannique

Le 18 mars 1915, dans le détroit des Dardanelles, les cuirassés de l'amiral français Émile Guépratte et du vice-amiral britannique de Robek attaquent avec fougue les défenses turques. Leur projet est de s'emparer d'Istamboul. La perte de plusieurs navires ne dissuade pas les amiraux de reprendre l'offensive dès le lendemain mais ils en sont empêchés par leurs états-majors qui préfèrent un débarquement ultérieur. Ce sera l'offensive ratée des Dardanelles.

Horreur, les gaz asphyxiants !

Le 22 avril 1915, dans le secteur d'Ypres, sur le front des Flandres, les Allemands emploient pour la première fois des obus au gaz asphyxiant contre les Français et les Britanniques terrés dans leurs tranchées.

À base de chlore, ce gaz sera appelé l'ypérite, d'après le lieu de son premier emploi, ou gaz moutarde d'après son odeur. Cette arme chimique, qui brûle les yeux et les voies respiratoires, est dénoncée par les conventions internationales.

Le génocide arménien

Le 24 avril 1915, 600 notables arméniens d'Istamboul sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide, le premier de ce siècle. Il fera un à deux millions de morts dans la population arménienne...

Débarquement franco-britannique à Gallipoli

Le 25 avril 1915, un corps expéditionnaire franco-britannique débarque sur la presqu'île de Gallipoli (Canakale en turc), à l'entrée du détroit des Dardanelles, en Turquie. Le débarquement aboutit à un dramatique fiasco face aux défenses turco-allemandes, sous le commandement du général allemand Liman von Sanders et d'un général turc promis à un grand avenir, Kemal Atatürk.

L'ANZAC Day

Les troupes d'Australie et de Nouvelle-Zélande ayant été particulièrement éprouvées, le souvenir de la bataille de Gallipoli est commémoré tous les 25 avril dans leur pays par un jour férié, l'ANZAC Day (ou jour de l'ANZAC, du nom de leur détachement).

Traité secret de Londres entre l'Italie et les Alliés

Le 26 avril 1915 est signé le traité secret de Londres entre les Alliés et l'Italie...

Le torpillage du Lusitania

Le paquebot britannique Lusitania, en provenance de New York, est coulé par un sous-marin allemand pour la raison qu’il transportait des armes à destination des belligérants. Parmi les victimes, de nombreux citoyens américains.

Ce fait divers dramatique va être rappelé deux ans plus tard par le gouvernement américain pour justifier son entrée en guerre contre l’Allemagne et ses alliés...

Les marines débarquent à Port-au-Prince

Le 28 juillet 1915, les troupes américaines débarquent à Haïti pour officiellement y restaurer la stabilité et la sécurité. Elles vont y rester pendant près de vingt ans, jusqu'au 21 août 1934.

Le rétablissement de l'ordre par les marines ne vas pas sans mal ni brutalités. Il se heurte en particulier à la résistance des « cacos » d'un certain Charlemagne Péralte...

Premier numéro du Canard Enchaîné

Le 10 septembre 1915 paraît le premier numéro du Canard Enchaîné.

Appelé à devenir une institution de réputation mondiale, le journal satirique naît pendant la Première Guerre mondiale, avec la volonté de dénoncer la censure, la propagande, les mensonges et le bourrage de crânes que pratiquent tous les journaux de l'époque.

Service militaire obligatoire en Angleterre

En 1914, la Grande-Bretagne ne dispose que d'une armée de métier de 300.000 hommes et fait appel au volontariat pour compléter ses effectifs. Patriotisme aidant, 700.000 jeunes Britanniques s'engagent d'eux-mêmes dès les premiers mois de la guerre. Les activités sociales telles que les matches de rugby ou de cricket, pratiquées à grande échelle à l'arrière du front, contribuent à maintenir la cohésion des troupes.

En 1915, les recrutements se font plus difficiles. Pour convaincre les hésitants, l'état-major encourage les « bataillons de copains » : les amis de quartier ou d'école vont ensemble au bureau de recrutement avec l'assurance de combattre côte à côte. Mais cette consolation ne suffit bientôt plus à vaincre les réticences et le gouvernement se résout à instaurer le service militaire obligatoire le 24 janvier 1916. 3 millions de conscrits viennent ainsi s'ajouter aux 3 millions de volontaires.

Avènement de Dada

Le 8 février 1916, dans un cabaret de Zurich, en réaction contre l'absurdité de la Grande Guerre, le poète Tristan Tzara et ses amis proclament l'avènement du mouvement Dada. Ce mouvement artistique et littéraire est une ébauche du surréalisme de l'après-guerre.

L'enfer de Verdun

Le 21 février 1916, à 16h 45, l'infanterie allemande se lance à l'attaque contre les positions françaises autour de Verdun, en Lorraine. Aucune bataille, aucune tragédie n'a autant marqué la mémoire des Français que la bataille de Verdun.

Elle dure dix mois et pratiquement tous les soldats de la Grande Guerre y participent chacun à leur tour. Le sort de la France se joue dans cet affrontement...

« Pâques sanglantes » à Dublin

Le lundi de Pâques du 24 avril 1916, à Dublin, un groupe d'Irlandais du Sinn Fein et de l'IRB se soulève contre le colonisateur britannique, à l'initiative de Sir Roger Casement et James Connolly. Ils forment ce que l'on appellera un peu plus tard l'Irish Republican Army (IRA)... Parmi eux, Sean Mac Bride, qui deviendra Premier ministre de la République d'Irlande avant de fonder Amnesty International et d'obtenir pour cela le Prix Nobel de la Paix !

L'insurrection annonce l'indépendance de l'Irlande du sud, cinq ans plus tard. Eamon de Valera, rescapé de l'insurrection, deviendra le premier président de la nouvelle République...

Accord secret Sykes-Picot

En pleine guerre mondiale, le Britannique sir Mark Sykes et le Français François Georges-Picot négocient un accord qui prévoit le démantèlement de l'empire ottoman après la guerre et le partage du monde arabe entre les deux Alliés. Les Français se réservent le Liban, la Syrie et la région de Mossoul, au nord de la Mésopotamie ; les Britanniques le reste de la Mésopotamie (Irak) et la Transjordanie. La Palestine doit devenir zone internationale et le port d'Alexandrette (Syrie) acquérir le statut de port franc.

L'accord est signé à Londres le 16 mai 1916 par sir Edward Grey, ministre britannique des Affaires étrangères, et Paul Cambon, ambassadeur de France. Il sera modifié à la marge par Lloyd George et Clemenceau, le 1er décembre 1918, de façon toute aussi secrète, Londres s'octroyant toute la Mésopotamie, y compris Mossoul, ainsi que la Palestine ; Paris la Syrie toute entière et une part de la Turkish Petroleum.

Par cet accord secret, mais qui sera dévoilé dès 1917, les Alliés violent outrageusement la promesse faite aux Arabes de leur offrir une indépendance complète en contrepartie de leur aide contre les Turcs, promesse dont le «colonel» Thomas Edward Lawrence, dit «Lawrence d'Arabie» s'était porté garant auprès de l'influent chérif de La Mecque, Hussein, et de son fils Fayçal.

La conférence de San Remo, du 19 au 26 avril 1920, confirme l'accord Sykes-Picot et les protectorats de Londres et Paris sur le Moyen-Orient. Une bonne partie des soubresauts actuels du monde arabe résultent de l'application de cet accord.

Bataille du Jutland

Le 31 mai 1916, au plus fort de la Grande Guerre, une bataille navale oppose dans le Jutland, au large du Danemark, 37 navires britanniques à 21 allemands. Ces derniers, sous le commandement de l'amiral von Scheer, évitent l'encerclement et obligent la Royal Navy, commandée par l'amiral Jellicoe, à rompre le combat. Les pertes sont lourdes des deux côtés et le résultat indécis.

La Royal Navy sort quelque peu humiliée de cette bataille navale, la plus importante du conflit. Il n'en reste pas moins que la marine allemande, fragilisée, devra à partir de là renoncer à gagner la haute mer. Elle se cantonnera à la guerre sous-marine.

Folle offensive sur la Somme

Le 1er juillet 1916, à 7h30, débute une gigantesque offensive anglo-française sur la Somme, la plus insensée et la plus sanglante de toutes les batailles de la Grande Guerre de 1914-1918. Son souvenir demeure très vif chez les Britanniques, dont toute une génération de jeunes soldats a été fauchée sur la Somme...

Les chars arrivent

Le 15 septembre 1916, à Flers, au cours de la sanglante bataille de la Somme, les Britanniques alignent pour la première fois des chars d'assaut (nom de code : les tanks, ou réservoirs).

Ces engins blindés, montés sur chenille (une innovation apparue en 1905 dans le milieu agricole), se montrent capables de franchir tous les obstacles y compris les rideaux de barbelés qui protègent les tranchées. En Angleterre, les chars d'assaut sont promus par le lieutenant-colonel Ernest Swinton, qui rallie à son idée le premier Lord de l'Amirauté, Winston Churchill.

En France, le promoteur des chars d'assaut est le général d'artillerie Jean-Baptiste Estienne (1860-1934), qui a été aussi parmi les premiers à comprendre l'intérêt militaire de l'aviation. Mais les résistances du ministère de l'Armement ne permettront de mettre en ligne les premiers chars français que le 16 avril 1917, dans des conditions au demeurant décevantes. Les Allemands attendront la fin de la guerre pour se laisser convaincre par cette nouvelle technique.

Mort du vieil empereur François-Joseph 1er

Le 21 novembre 1916, en pleine guerre mondiale, s'éteint le vieil empereur d'Autriche, François-Joseph 1er (86 ans), après 68 ans de règne et beaucoup de malheurs familiaux.

Son neveu et successeur Charles 1er lui succède et essaie sans tarder de retirer l'Autriche-Hongrie du conflit qui l'entraîne vers sa perte Le vieil empereur décède le 21 novembre 1916, à Vienne. Il entame des négociations secrètes par l'intermédiaire de son épouse Zita, de ses beaux-frères et du pape Benoît XV...

Nivelle remplace Joffre à la tête des armées françaises

Le général Joseph Joffre, vainqueur de la première bataille de la Marne, voit son prestige écorné par les échecs sanglants de l'année 1915. Il est hissé à la dignité de maréchal de France, qui avait disparu à la chute de Napoléon III et est restaurée pour l'occasion.

Le même jour, le 25 décembre 1916, il est remplacé par le général Robert Nivelle comme commandant en chef des armées françaises. Ce dernier se disqualifiera avec l'offensive désastreuse du Chemin des Dames.

Assassinat de Raspoutine

Le 30 décembre 1916 (selon le calendrier grégorien actuel), Gregori Iefimovitch (44 ans), plus connu sous le surnom de Raspoutine (« débauché » en russe), est empoisonné et achevé de deux coups de revolver. Encore vivant, il est jeté dans la Neva glacée par ses assassins.

Raspoutine, que l'on présente à tort comme un moine, est un guérisseur illettré et mystique originaire de Tioumen, en Sibérie. Il s'acquiert dès 1906 à la cour du tsar une réputation de thaumaturge grâce aux soins qu'il prodigue au tsarévitch Alexis, le jeune prince héritier, atteint d'hémophilie (en fait, le seul bienfait qu'il lui procure est d'interdire la prise de médicaments dont l'aspirine qui a pour effet de liquéfier le sang et aggraver le mal, ce que chacun ignore au début du XXe siècle).

Protégé par l'impératrice Alexandra Fedorovna, qui le considère comme un envoyé de Dieu, il profite de son immunité de fait pour placer ses protégés à des places de haut rang. Il se signale aussi par des orgies avec les femmes de la haute société, ce qui le fait haïr du peuple et des nobles.

Malgré ses défauts, Raspoutine est assez lucide pour tenter de dissuader le tsar Nicolas II d'entrer en guerre contre l'Autriche et l'Allemagne en 1914. Son pacifisme lui vaut d'être soupçonné d'être à la solde de l'Allemagne ennemie. Son assassinat par le prince Youssoupov et le grand-duc Dimitri Pavlovitch n'arrête pas la course à l'abîme de la Russie impériale.

Télégramme de Zimmerman

Le 16 janvier 1917, Arthur Zimmerman, secrétaire d'État allemand aux Affaires étrangères, adresse un télégramme secret à son homologue mexicain. Il lui fait part de l'intention de son pays de reprendre la guerre sous-marine à outrance dans le gigantesque conflit qui l'oppose aux Alliés, notamment la France et le Royaume-Uni (la guerre sous-marine reprend en effet dès le 1er février 1917).

Le scandale occasionné par la publication du télégramme Zimmerman pousse l'opinion américaine, jusque-là neutraliste, dans la guerre aux côtés des Alliés. C'est chose faite le 6 avril 1917 avec la déclaration de guerre des États-Unis à l'Allemagne.

Charles 1er échoue à faire la paix

Le 29 janvier 1917, en pleine guerre mondiale, l'empereur d'Autriche Charles 1er de Habsbourg-Lorraine engage des négociations de paix secrètes avec l'Entente, par le biais de l'impératrice Zita, de ses beaux-frères Sixte et Xavier et du pape Benoît XV...

La Révolution de Février en Russie

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 8 mars 1917, à l'occasion de la Journée des femmes, des travailleurs défilent paisiblement à Petrograd (ex-Saint-Pétersbourg), capitale de l’empire russe. La manifestation se dégrade très vite et entraîne l'effondrement du régime tsariste. Une semaine plus tard, au terme de la Révolution de Février (ainsi nommée d’après le calendrier russe), le tsar Nicolas II abdique et laisse la place à une République russe démocratique. Celle-ci s'effondrera à son tour neuf mois plus tard, laissant le pouvoir aux bolcheviques...

Les Britanniques entrent à Bagdad

Le 11 mars 1917, les troupes britanniques entrent pour la première fois dans Bagdad et en chassent les Turcs après de difficiles combats dans l'ancienne Mésopotamie...

Abdication de Nicolas II

Le soir du 15 mars 1917, le tsar Nicolas II abdique au profit de son frère, le grand-duc Michel. Mais celui-ci décline l'honneur. C'en est fini de la dynastie des Romanov. La Russie devient pour quelques mois une République démocratique.

Les États-Unis entrent dans la Grande Guerre

Le 6 avril 1917, le Congrès des États-Unis vote la guerre à l'Allemagne. Sa décision est motivée par le torpillage du paquebot Vigilentia, le 19 mars 1917 et le souvenir du sort similaire du Lusitania, en 1915. Elle est également motivée par la publication du télégramme secret adressé le 16 janvier 1917 par Arthur Zimmerman, secrétaire d'État allemand aux Affaires étrangères, à son homologue mexicain pour lui suggérer une alliance contre les États-Unis...

Offensive du Chemin des Dames

Le 16 avril 1917, le général Nivelle tente de briser la résistance allemande sur le front de l'Aisne en lançant la désastreuse et dramatique offensive du Chemin des Dames.

Mal préparée, mal engagée, elle va entraîner un profond ressentiment chez les soldats et une reprise en main des questions militaires par le gouvernement...

Apparitions de Fatima

Le dimanche 13 mai 1917, trois enfants de Fatima, un petit village portugais au nord de Lisbonne, sont témoins d'une apparition lumineuse tandis qu'ils gardent leurs moutons.

Francisco, Lucia et Jacinta ne doutent pas qu'il s'agit de la Sainte Vierge, la mère de Jésus-Christ. Celle-ci les convie à six rendez-vous successifs tous les 13 du mois, jusqu'en octobre de la même année. Elle leur confie trois secrets à ne confier qu'au pape (l'un d'eux ferait état de l'attentat à venir contre Jean-Paul II, le... 13 mai 1981). Fatima devient très vite le deuxième lieu de pèlerinage marial du monde, après Lourdes.

Les bolchéviques en conflit avec Kerenski

Le 29 juin 1917, le gouvernement russe, dirigé par le socialiste Alexandre Kerenski, entre en conflit avec les bolcheviques. Une manifestation violente téléguidée par Lénine sert de prétexte à des mesures de répression contre les extrémistes. Lénine abandonne ses partisans et s'enfuit sous un déguisement en Finlande. Quatre mois plus tard, en Octobre, il réussit enfin à éliminer le gouvernement républicain et démocratique issu de la révolution de Février.

bataille de Passchendaele

Après trois ans de piétinement dans la plaine flamande, le commandant en chef britannique Douglas Haig lance le 31 juillet 1917 à Passchendaele (ou Passendale), près d'Ypres, une grande offensive en direction des ports belges de Bruges et Ostende...

La dernière mission de Georges Guynemer

Le 11 septembre 1917, l'As de l'aviation Georges Guynemer est abattu par un adversaire allemand après 53 victoires. Il a 22 ans...

Mata Hari est fusillée pour espionnage

Le 15 octobre 1917, Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Geertruida Zelle, est fusillée pour espionnage dans le champ militaire du château de Vincennes. La danseuse paie de sa vie son inconscience et sa légèreté. Son procès et son exécution continuent d'enflammer les esprits...

La Déclaration Balfour

Le 2 novembre 1917, en pleine guerre, le ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Balfour, publie une lettre où il indique que son gouvernement est disposé à créer en Palestine un « foyer national juif ». Il cherche de cette façon à obtenir le soutien des juifs américains, a priori plus favorables aux Puissances centrales qu'à une alliance où figure la Russie au lourd passé antisémite. Sa déclaration va légitimer 30 ans plus tard la création de l'État d'Israël...

La Révolution d'Octobre

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, Lénine et les bolcheviques déclenchent la « Révolution d'Octobre »...

Désastre italien à Caporetto

Deux ans et demi après leur entrée en guerre aux côtés des Alliés, les Italiens engagent une première grande bataille du 24 octobre au 9 novembre 1917 à Caporetto, sur l'Isonzo, un cours d'eau alpin. Face aux Austro-Hongrois qui bénéficient de l'appui bienvenu des Allemands, ils reculent en désordre jusque sur la Piave, à 140 km au sud-ouest, abandonnant à l'ennemi la plus grande partie de la Vénétie.

Le chef d'état-major Luigi Cadorna, qui était allé de revers en revers depuis la déclaration de guerre, tente de reporter la responsabilité de la défaite sur le manque de combativité de la troupe. Il multiplie les« décimations » pour l'exemple (plus de six cents fusillés !). Cela ne l'empêche pas d'être limogé et remplacé par Armando Diaz, lequel rétablira la situation à la fin de la guerre seulement, à Vittorio-Veneto, les 24-28 octobre 1918 (Cadorna sera plus tard réhabilité par Mussolini et le Duce lui confèrera le titre de maréchal).

Le romancier américain Ernest Hemingway, qui a assisté à la bataille de Caporetto, la raconte dans son roman : L'Adieu aux armes (1929).

Clemenceau forme un gouvernement de choc

Le 17 novembre 1917, Georges Clemenceau (76 ans) forme un gouvernement de choc pour poursuivre et intensifier la guerre avec l'Allemagne.

Dans son discours d'investiture en qualité de nouveau président du Conseil et ministre de la Guerre, il manifeste devant la Chambre des députés sa volonté de conduire une guerre intégrale et de sortir le pays de ses errements.

Par ses visites sur le front, il redresse le moral des troupes. Sa détermination lui vaut les surnoms de « Tigre » et « Père de la Victoire ». Avec affection, les poilus qui combattent dans les tranchées l'appellent plus simplement « Le Vieux »...

Indépendance de la Finlande

Le 6 décembre 1917, la Finlande s'émancipe de la Russie et proclame son indépendance en profitant des désordres occasionnés par la guerre de 1914-1918 et les Révolutions russes de 1917...

Les Quatorze Points de Wilson

Le 8 janvier 1918, Woodrow Wilson, 28e Président des États-Unis, énonce un programme en Quatorze Points pour mettre fin à la Grande Guerre.

Il préconise la création d'une Pologne indépendante avec accès à la mer (ce qui revient à couper en deux l'Allemagne) et une instance internationale, la Société des Nations. Ses préconisations inspireront le traité de paix de Versailles...

De la paix de Brest-Litovsk à la guerre civile

Le 3 mars 1918, à Brest-Litovsk, en Biélorussie, les bolcheviques russes signent la paix avec les Allemands et leurs alliés. Ils se retirent de la Grande Guerre, laissant choir la France et l'Angleterre qui s'étaient engagées aux côtés du tsar.

Les Allemands en profitent pour une offensive de la dernière chance sur le front français...

Offensive allemande à Château-Thierry

Le 21 mars 1918, après quatre ans de guerre et au prix d'un gigantesque effort, les Allemands lancent une offensive de la dernière chance. Soucieux d'arracher la décision avant l'arrivée des Américains, ils enfoncent les troupes britanniques du général Douglas Haig autour d'Amiens et arrivent à Château-Thierry.

Conférence interalliée de Doullens

Le 26 mars 1918, à Doullens (Somme), les Alliés désignent le général français Ferdinand Foch (66 ans) comme généralissime des troupes franco-britanniques. Il lui reviendra de faire face à l'ultime offensive allemande...

L'église Saint-Gervais (Paris) bombardée

Lors de leur ultime offensive contre Paris, pendant la Grande Guerre, les Allemands bombardent la capitale avec trois canons géants, surnommés Langer Friedrich (« Frédéric le Long ») en hommage à l'industriel Friedrich Krupp ou Gross Gustav en hommage à son gendre.

L'un de ces canons à longue portée situé dans la forêt de Saint-Gobain, à 140 km au nord de la capitale, tire un obus à l'aveuglette le 29 mars 1918. Il atteint l'église Saint-Gervais, pendant les vêpres du Vendredi Saint, occasionnant 91 morts (dont 52 femmes) et 68 blessés parmi les fidèles. L'événement a un retentissement jusqu'en Amérique.

Au total, entre le 23 mars et le 9 août 1918, 183 projectiles firent 256 tués et 620 blessés parmi les Parisiens. Ceux-ci confondirent longtemps ces canons à très longue portée avec un autre canon de bien moindre portée, surnommé Gross Bertha, d'après le prénom de l'héritière Krupp, qui avait bombardé Liège, Maubeuge et Dunquerque à l'été 1914.

Effondrement de la voûte de l'église Saint-Gervais (Paris), le 29 mars 1918

Le « Baron rouge » abattu

Le 21 avril 1918 disparaissait au-dessus de la Somme le capitaine Manfred von Richthofen (26 ans), As des As de la Grande guerre (80 victoires confirmées). Surnommé le Baron rouge, ce pilote allemand égale par la bravoure ses homologues français, Georges Guynemer, René Fonck et Roland Nungesser.

Assassinat de Nicolas II et sa famille

Le 16 juillet 1918, dans la nuit, huit mois après la Révolution d'Octobre, le tsar Nicolas II et sa famille sont assassinés sans jugement à Ekaterineburg, à l'est de l'Oural. Quatre- vingts ans plus tard, jour pour jour, leurs restes ont été transportés à Saint-Pétersbourg et ensevelis dans la nécropole impériale de la cathédrale Pierre et Paul. Par ce geste spectaculaire, les Russes ont voulu effacer les cicatrices du communisme !

Deuxième bataille de la Marne

Le 18 juillet 1918, après quatre ans de guerre, le généralissime Foch passe à la contre-offensive avec les premières troupes américaines dans la région de Villers-Cotterêts.

Pour la première fois sont utilisés à grande échelle les chars d'assaut. Les Allemands sont partout repoussés. Ils subissent leur plus grave défaite à Montdidier, le 8 août, et dès lors engagent une retraite générale.

La Bulgarie se retire de la Grande Guerre

Les troupes bulgares sont enfoncées suite à l'offensive de l'armée d'Orient, aussi appelée armée de Salonique (650.000 hommes dont 210.000 Français), lancée deux semaines plus tôt par le général Louis Franchet d'Esperey. Sofia demande l'armistice dès le 29 septembre 1918. La Bulgarie est la première des puissances centrales à se retirer de la Grande Guerre.

Victoire italienne à Vittorio-Veneto

Les Italiens, après avoir éprouvé dans la Grande Guerre une succession humiliante de défaites, lancent une dernière offensive sur la Piave, à l'est de Trévise. Les troupes austro-hongroises, démoralisées et privées de leurs combattants tchèques et yougoslaves, se débandent sans attendre.

Ce triomphe équivoque est mis au crédit du général Armando Diaz, qui a succédé un an plus tôt au général Luigi Cadorna, rendu responsable du désastre de Caporetto, à la tête de l'état-major italien.

La Tchécoslovaquie proclame son indépendance

Le 28 octobre 1918, la Tchécoslovaquie proclame son indépendance sur les ruines de l'empire austro-hongrois.

Cet État slave artificiel est créé à partir de la Bohème-Moravie et de la Slovaquie. Sur les frontières du «quadrilatère de Bohème», dans les monts Sudètes, il compte une importante minorité germanophone d'environ 3 millions de personnes soit plus du quart de la population totale du pays. À l'Est, la Slovaquie compte elle-même d'importantes minorités hongroises et polonaise. Par son hétérogénéité et avec des frontières étirées et indéfendables, le nouvel État va devenir le maillon faible de l'Europe...

Mutinerie à Kiel

Le 3 novembre 1918, une mutinerie éclate à Kiel, un port militaire allemand de la mer Baltique. Les dirigeants allemands s'inquiètent d'une contagion révolutionnaire dans tout le pays. Ils pressent l'empereur Guillaume II de démissionner, ce qui sera fait le 9 novembre, et entament des négociations avec les Alliés occidentaux pour un armistice qui mettrait fin à la Grande Guerre.

Abdication de Guillaume II

Le 9 novembre 1918, l'empereur allemand Guillaume II abdique et le socialiste Scheidemann proclame la République. Préoccupé par la révolution qui menace d'emporter le pays, il va demander l'armistice aux Alliés deux jours plus tard.

Un armistice met fin à la Grande Guerre

Le 11 novembre 1918, un armistice met fin à la Grande Guerre, première guerre totale, qui a meurtri l'Europe comme aucune autre. On veut croire qu'elle restera la dernière de l'Histoire, la « der des der ».

Un moment fort de la vie civique

La commémoration de l'Armistice, tous les 11 novembre, demeure l'un des temps forts de la vie civique en France et dans les principaux pays alliés, soit que l'on se recueille devant l'un des nombreux monuments aux morts ou la tombe du Soldat inconnu, soit que l'on arbore un coquelicot comme au Canada ou en Angleterre.

Naissance de la Yougoslavie

Le 1er décembre 1918 naît officiellement le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes...

Naissance de la Roumanie

Le 1er décembre 1918, sur les décombres de l'Autriche-Hongrie et de l'empire ottoman naît une grande Roumanie. C'est un royaume avec à sa tête le roi Ferdinand de Hohenzollern-Sigmaringen. Le 1er décembre est fête nationale de la Roumanie.

Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht assassinés

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés dans leur prison. Ex-animateurs du groupe révolutionnaire Spartakus, ils avaient fondé le 30 décembre 1918 le Parti communiste allemand et tenté d'importer en Allemagne la Révolution russe à la faveur des troubles consécutifs à la défaite de leur pays et à l'armistice.

Ayant déclenché une grève générale, leur tentative de soulèvement est écrasée par le chancelier social-démocrate Friedrich Ebert au cours de la « Semaine sanglante » du 11 au 15 janvier 1919. Dans la foulée est mise en place une République parlementaire par l'Assemblée constituante allemande.

Naissance de la République de Weimar

L'Assemblée constituante allemande se réunit le 6 février 1919 au théâtre de Weimar. Elle fonde la République et lui donne un Président ou Reichspresident en la personne de Friedrich Ebert...

Première liaison aérienne commerciale

La première liaison aérienne régulière, pour le transport du courrier, est établie le 8 février 1919 par un bimoteur Farman F60 Goliath qui relie en 3 heures et demi Toussus-le-Noble, près de Paris, à Kenley, près de Londres. Vitesse maximale de l'appareil : 150 km/h. C'est l'époque héroïque de l'aviation.

Attentat contre Clemenceau

Ce matin du 19 février 1919, aors qu'une limousine transporte Georges Clemenceau de son domicile de la rue Benjamin Franklin au ministère de la Guerre, un jeune anarchiste de 23 ans tire neuf balles sur la voiture. L'une d'elles atteint le Président du Conseil au poumon. Non mortelle, elle ne sera jamais extraite.

L'assassin, un ouvrier du nom d'Émile Cottin, est condamné à mort et sa peine commuée en dix ans de détention. Il se fera tuer en Espagne en 1936 (comme l'assassin de Jean Jaurès).

Les Coréens manifestent pour l'indépendance

Le 1er mars 1919, les Coréens défilent en masse à Séoul, capitale du pays, pour réclamer leur indépendance. Un gouvernement est bientôt constitué en exil à Shanghai, sous la présidence du docteur Syngman Rhee. Quelques années plus tôt, le 22 août 1910, le « royaume du Matin calme », précédemment vassal de la Chine, avait été annexé par le Japon.

Dictature de Bela Kun en Hongrie

Le 21 mars 1919, le communiste Bela Kun installe à Budapest, capitale de la Hongrie, une république des Soviets. Inspiré par l'exemple de Lénine, le jeune leader va instaurer une dictature sanglante qui, heureusement, ne durera que trois mois.

Elle aura pour effet de favoriser la prise de pouvoir par Miklos Horthy de Nagybanya, amiral d'un pays désormais sans accès à la mer et qui se proclamera Régent d'un royaume sans roi. C'est à lui qu'il reviendra de signer le traité de Trianon avec les vainqueurs de la Grande Guerre.

Mussolini crée les « fasci »

Le 23 mars 1919, à Milan, Benito Mussolini crée les premiers Faisceaux italiens de combat (Fasci italiani di combattimento). Ces groupes paramilitaires formeront l'embryon du parti fasciste...

Zapata tombe dans un guet-apens

Le 10 avril 1919, le révolutionnaire indien Émiliano Zapata est assassiné à Cuernavaca à l'instigation du président mexicain Carranza...

arrestation de Landru

Le 12 avril 1919, la police parisienne arrête un homme respectable de 51 ans, Henri-Désiré Landru, qui va se révéler être un redoutable tueur en série. Son procès va soulever les passions du fait de l'horreur de ses crimes et plus encore de son sens de la répartie…

Le massacre d'Amritsar

Le 13 avril 1919, 20.000 Indiens manifestent à Amritsar pour dénoncer les difficultés économiques du moment, demander l'abolition des lois Rowlatt qui permettent d'emprisonner sans jugement tout agitateur et exiger l'autonomie de la colonie des Indes, évoquée deux ans plus tôt par le secrétaire d'État lord Montagu.

Le général Dyer réprime brutalement la manifestation, faisant 379 morts. C'est la rupture...

Les étudiants se soulèvent à Pékin

Le 4 mai 1919, trois mille étudiants chinois manifestent à Pékin, sur la place Tien An Men. Ce « Mouvement du 4-mai » réclame la démocratie et dénonce les « 21 conditions » présentées par le Japon à leur gouvernement...

Les Grecs entrent à Smyrne

Le 15 mai 1919, l'armée grecque débarque à Smyrne, une cité à majorité hellénophone sur le littoral oriental de la mer Égée, revendiquée par le gouvernement d'Athènes. Il s'ensuit des violences contre les habitants turcs.

Les Alliés présents sur place s'abstiennent d'intervenir. Quant au sultan Mehmet VI, il fait tout ce qu'il peut pour s'attirer la bienveillance des vainqueurs, à la grande indignation de l'opinion turque.

Apprenant le débarquement des Grecs en Anatolie, Moustafa Kémal (38 ans), héros de la guerre relégué comme inspecteur militaire en Anatolie (la Turquie d'Asie), décide d'organiser la résistance. Il entre en rébellion contre le sultan et rassemble les troupes qui lui restent en vue de sauver la Turquie dont les Alliés préparent le dépeçage par le traité de paix de Sèvres...

La flotte allemande se saborde à Scapa Flow

Le 21 juin 1919, la flotte de guerre allemande se saborde pour ne pas subir de déshonneur lors de la signature du traité de Versailles soumettant l'Allemagne au bon vouloir de ses vainqueurs. La fière Kriegsmarine de l'empereur Guillaume II avait été désarmée et rassemblée dans la rade britannique de Scapa Flow, dans les îles Orcades, au nord de l'Écosse, par les vainqueurs de la Grande Guerre. Son sabordage met un terme final à la rivalité navale entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne, qui fut l'une des causes de la Première Guerre mondiale.

Paix bâclée à Versailles

Le 28 juin 1919, dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, là même où fut proclamé le IIe Reich allemand en 1871, un traité entre l'Allemagne et les Alliés règle le conflit qui débuta à Sarajevo 5 ans plus tôt, jour pour jour.

Pour la forme, les représentants de 27 pays alliés font face aux Allemands. Mais le traité a été concocté en cercle fermé par quatre personnes seulement : le Français Georges Clemenceau, le Britannique David Lloyd George, l'Américain Thomas Woodrow Wilsonsans oublier l'Italien Vittorio Orlando. À la signature du « Diktat », le comte de Brockdorff-Rantzau lit une longue protestation au nom de l'Allemagne ; c'est le début d'un grand malentendu entre le principal vaincu de la guerre et les Alliés...

L’Allemagne est amputée du huitième de son territoire et du dixième de sa population. Elle est par ailleurs soumise à des limitations de souveraineté humiliantes et tenue pour seule responsable de la guerre !

Dans les mois qui suivent, d’autres traités sont aussi conclus avec les autres vaincus de la Grande Guerre. La carte du continent européen en sort complètement transformée avec la disparition de quatre empires, l'allemand, l'austro-hongrois, le russe et l'ottoman, au profit de petits États nationalistes, souvent hétérogènes, revendicatifs... et impuissants…

Traité de Saint Germain-en-Laye

Le 10 septembre 1919, près de trois mois après le traité de Versailles entre les Alliés et l'Allemagne, le traité de Saint Germain-en-Laye met fin officiellement à l'Autriche-Hongrie.

Les Alliés refusent aux Autrichiens de langue allemande le droit de s'unir à l'Allemagne. Cédant à la pression des indépendantistes tchèques, ils créent une petite Autriche indépendante de 7 millions d'habitants. Trop petite pour être viable, avec une capitale démesurée de 2 millions d'habitants, Vienne. 17 ans à peine s'écouleront avant qu'Hitler ne décide de la rattacher au IIIe Reich

Entrée de D'Annunzio à Fiume

Dans la nuit du 11 au 12 septembre 1919, le poète Gabriele D'Annunzio fait une entrée triomphale à Fiume à la tête de 287 volontaires italiens, ce qui a pour effet d'entraîner l'Italie et la Yougoslavie à signer le traité de Rapallo.

Le Bloc national au pouvoir

Le 16 novembre 1919, les élections amènent à la Chambre des députés une majorité de droite, le Bloc national, avec beaucoup d'anciens combattants (la Chambre est dite « bleu horizon », de la couleur de l'uniforme).

Cette coalition devait à l'initiative d'Alexandre Millerand regrouper toutes les formations qui avaient fait partie de l'union sacrée pendant la Grande Guerre. Mais les socialistes en avaient été exclus en raison de leurs compromissions avec les bolchéviques russes et les radicaux s'en étaient exclus du fait de l'absence des socialistes...

Atteinte dans sa vitalité par le carnage de la Grande Guerre et son contrecoup sur la natalité, la France peine à retrouver sa prospérité d'antan et compte sur les réparations allemandes pour la sortir d'affaire. Président du Conseil, Raymond Poincaré, fait occuper la Ruhr pour garantir leur versement. C'est un échec que les électeurs sanctionnent lors du scrutin du 11 mai 1924 en remplaçant le Bloc national par le Cartel des gauches.

Traité de Neuilly avec la Bulgarie

Le 27 novembre 1919, les Alliés vainqueurs de la Grande Guerre signent à Neuilly un traité de paix avec la Bulgarie.

Naissance de la SDN

La SDN ou Société des Nations naît officiellement le 10 janvier 1920, date d'entrée en vigueur du traité de Versailles, avec 32 États membres. Les États-Unis n'y rentrent pas pour ne pas être impliqués de nouveau dans une guerre européenne !

La « Prohibition » en vigueur aux États-Uni

Le 16 janvier 1920, le XVIIIe amendement à la Constitution des États-Unis d'Amérique interdit la vente mais aussi la consommation d'alcool sur toute l'étendue du pays. Cette « Prohibition » marque le triomphe es ligues de vertu.

Mais il s'ensuit paradoxalement une explosion des trafics illégaux par des « bootleggers », ainsi appelés parce qu'ils cachent des bouteilles dans leurs bottes. Les organisations mafieuses d'origine sicilienne, transplantées aux États-Unis par la dernière vague d'immigration, sautent sur l'occasion pour étendre leurs activités avec des hommes comme Al Capone ou Lucky Luciano. La corruption gangrène la police et l'administration. La criminalité s'étend...

Devant un pareil échec, le gouvernement américain choisit sagement de reculer. Le 17 février 1933, au tout début de la présidence de Franklin Delanoo Roosevelt, est voté le Blaine Act du sénateur John J. Blaine, qui autorise la vente de bière. Et le 5 décembre 1933 est voté le XXIe amendement qui, tout simplement, annule le XVIIIe. La Prohibition cesse dès lors de ronger la société américaine...

Paul Deschanel président de la République

Paul Deschanel (13 février 1855, Schaerbeek (Bruxelles) - 28 avril 1922, Paris)Le 17 janvier 1920, les parlementaires français se montrent avant tout soucieux de barrer la route de l'Élysée à Georges Clemenceau (79 ans) auquel ils reprochent moins son âge que sa supposée modération à l'égard de l'Allemagne lors des négociations du traité de Versailles !... Ils élisent donc à la présidence de la République son concurrent Paul Deschanel (66 ans).

Surmené, celui-ci montre des signes de fatigue. Sous l'emprise de médicaments ou d'une crise de somnabulisme, il descend d'un train en marche, en pleine nuit et en pyjama. La garde-barrière à laquelle il s'adresse voit de suite qu'il s'agit de quelqu'un d'important car il a les pieds propres !

Contraint de démissionner au bout de neuf mois, Paul Deschanel recouvre la santé après un séjour en maison de repos et poursuit une carrière de sénateur... Clemenceau persifle : «Ils craignaient un gâteux, ils l'ont eu quand même !»

Fayçal roi de « Grande Syrie »

Le 11 mars 1920, l'émir Fayçal, fils du chérif Hussein, gardien des Lieux Saints de La Mecque et ami de « Lawrence d'Arabie » se fait élire roi de « Grande Syrie » à Damas, après que les Anglais en ont chassé les Turcs. Mais les Français, au nom d'une longue tradition de protection des chrétiens orientaux, revendiquent et obtiennent de la Société des Nations (SDN) un mandat sur le Liban ainsi que sur la Syrie. Le général Gouraud chasse aussitôt Fayçal de Damas. Les Anglais offrent à celui-ci le trône d'Irak en lot de consolation.

Mandat français au Liban et en Syrie

Le 28 avril 1920, la France est officiellement investie par la Société des Nations d'un « mandat pour la Syrie et le Liban » (en fait un protectorat)...

Le traité de Trianon rabaisse la Hongrie

Le 4 juin 1920, les vainqueurs de la Grande Guerre signent au Trianon (Versailles) un traité de paix avec la Hongrie. Le traité consacre la fin de l'Autriche-Hongrie, au sein de laquelle la Hongrie jouissait d'une quasi-indépendance. Le nouvel État est amputé des deux tiers de son territoire. Trois millions de Hongrois se retrouvent à l'extérieur, dont la plus grande partie en Roumanie...

Les Espagnols défaits par Abdelkrim à Anoual

Le général espagnol Silvestre lève une puissante armée pour en finir avec les Beni Ouriaghel et leur chef Abdelkrim, dans le Rif (Maroc espagnol). Mais il essuie une dramatique défaite à Anoual le 20 juillet 1921.

14.000 soldats espagnols sont tués, blessés ou portés disparus dans la bataille, soit la presque totalité de ses troupes. Le général lui-même se suicide. C'est le début de la guerre du Rif...

Le traité de Sèvres dépèce la Turquie ottomane

Le 10 août 1920, signature à Sèvres, près de Paris, du premier traité entre les Alliés et la Turquie.

Pour punir l'empire ottoman de sa participation à la guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne, les Alliés lui imposent un démembrement qui le réduit à une fraction de l'Anatolie, exclusivement peuplée de Turcs.

La Grèce s'approprie la côte égéenne, peuplée de Grecs depuis l'Antiquité. À l'Est, l'Arménie et le Kurdistan obtiennent le droit à l'indépendance. C'est plus que n'en peuvent supporter les nationalistes turcs. Contre l'avis du sultan, ils exigent, les armes à la main, une révision du traité...

Alexandre Millerand président de la République

Le 23 septembre 1920, à une écrasante majorité, les parlementaires français élisent à la présidence de la République Alexandre Millerand (65 ans), en remplacement de Paul Deschanel qui a du se démettre pour raison de santé...

Le traité de Rapallo

Le 12 novembre 1920, l'Italie et la Yougoslavie signent le traité de Rapallo. C'est la première entorse aux traités de paix qui prétendent, mais en vain, installer un ordre pacifique en Europe...

L'« Armée blanche » défaite à Sébastopol

Le 16 novembre 1920, la défaite de l'« Armée blanche » de Wrangel, à Sébastopol, met fin à la guerre civile en Russie et consacre la victoire des bolcheviques et de Lénine.

Congrès de Tours des socialistes français

Le 25 décembre 1920, les socialistes français tiennent leur 18e congrès à Tours.

À l'initiative de Marcel Cachin et Ludovic Frossard, 2/3 des congressistes quittent la SFIO (section française de l'Internationale Ouvrière) et fondent la section française de l'Internationale Communiste (SFIC), affiliée à la IIIe Internationale de Lénine. Ils acceptent ce faisant les 21 conditions de celui-ci. La SFIC deviendra plus tard le Parti communiste français (PCF).

L'année suivante, la CGT (Confédération Générale du Travail) opère à son tour une scission mais seule une minorité de militants rejoint le camp communiste, fondant la CGTU (CGT Unitaire).

Premier long métrage de Charlot

Le 5 février 1921, les spectateurs américains découvrent The Kid, le premier long métrage de Charlie Spencer Chaplin...

Les marins de Cronstadt contre Lénine

Le 28 février 1921, les marins de Cronstadt se soulèvent contre la dictature bolchevique. C'est l'acte de désespoir de révolutionnaires bolcheviques, déboussolés par l'évolution du régime de Lénine vers une dictature brutale.

La révolte est noyée dans le sang. Son échec marque la fin de la période révolutionnaire ouverte en Russie en 1917 par la Révolution démocratique de Février et la Révolution bolchevique d'Octobre...

Lénine lance la Nouvelle Politique Économique (NEP)

Le 12 mars 1921, Lénine surprend les communistes de son parti en annonçant une Nouvelle Politique Économique (en russe : NEP)...

Traité de Riga et fin de la guerre russo-polonaise

Le 18 mars 1921, la Pologne et la Russie bolchevique signent le traité de Riga (Lettonie), qui met fin à une guerre inaugurée deux ans plus tôt, consécutive de la Grande Guerre...

Répression de Cronstadt

Le 21 mars 1921, l'Armée rouge de Trotski massacre les marins de Cronstadt (ou Kronstadt), coupables de réclamer la restitution du pouvoir aux soviets (conseils populaires) et la restauration de la démocratie. Cette rébellion montre à Lénine qu'il est devenu nécessaire de lâcher du lest et d'assouplir la dictature communiste.

Scandale de la Banque industrielle de Chine

Le 30 juin 1921 éclate un scandale qui met en lumière la collusion entre diplomatie et finance. Elle implique les fils du grand chimiste et homme politique Marcelin Berthelot : André, fondateur en 1913 de la Banque industrielle de Chine, et Philippe, secrétaire général du ministère des Affaires Étrangères, qui contribua aux négociations du traité de Versailles.

André place les emprunts du gouvernement chinois sur le marché français. Mais bientôt, son activité fléchit. Philippe convainc alors le riche et influent Horace Finaly, directeur de la Banque de Paris et des Pays-bas, de renflouer la banque de son frère. Il se prévaut du soutien du président du Conseil Aristide Briand et du président de la République Alexandre Millerand.

Mais il faut toujours plus d'argent et le ministre des finances, Paul Doumer, qui a partie liée avec un établissement concurrent, la Banque d'Indochine, rechigne à sauver la Banque industrielle de Chine. Il exige que le Parlement l'autorise à émettre un emprunt. Le scandale éclate le 30 juin 1921, avec la fermeture des guichets de la banque.

L'extrême droite royaliste sonne la charge dans l'Action française, mais la grande presse, largement tenue par Horace Finaly, continue à défendre les Berthelot. Philippe Berthelot est contraint de démissionner à la fin de l'année lorsqu'on s'aperçoit qu'il a écrit des télégrammes au nom du président du Conseil sans le prévenir. Aristide Briand démissionne à son tour en janvier 1922. Raymond Poincaré, nouveau président du Conseil, fait condamner le secrétaire général du Quai d'Orsay à dix ans d'exclusion de la fonction publique... En 1925, Briand, de retour au gouvernement, le réintègre au ministère.

Naissance de l'État libre d'Irlande

Après deux ans de guerre civile et plusieurs siècles d'oppression, les Irlandais obtiennent leur indépendance le 6 décembre 1921 par le traité de Londres...

Démission d'Aristide Briand

Le 12 janvier 1922, le Président du conseil Aristide Briand constate l'hostilité quasi générale de ses ministres et du président Millerand à sa politique de réconciliation avec l'Allemagne. Il démissionne sans attendre d'être renversé par une motion de censure de la Chambre des députés. Il est remplacé par l'ancien président Raymond Poincaré.

Mussolini accède au pouvoir

Le 29 octobre 1922, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III nomme Benito Mussolini président du Conseil (l'équivalent de Premier ministre)...

« Marche sur Rome »

Le 30 octobre 1922, les militants fascistes du parti de Benito Mussolini célèbrent par une « Marche sur Rome » la nomination, la veille, de leur chef à la tête du gouvernement. C'est la première victoire d'un parti non-démocratique en Europe occidentale.

Découverte du tombeau de Toutânkhamon

Le 5 novembre 1922, Howard Carter découvre le tombeau du pharaon Toutânkhamon...

Baptême de l'URSS

Le 30 décembre 1922, cinq ans après le coup d'État des bolcheviques (la Révolution d'Octobre), la Russie change son nom pour celui d'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS).

Il s'agit d'une fédération qui regroupe la Russie proprement dite, l'Ukraine, la Biélorussie et la Transcaucasie. Au fil des décennies, elle en viendra à compter quinze Républiques à l'autonomie très formelle....

Les Français occupent la Ruhr

Le 11 janvier 1923, en Allemagne, 60.000 soldats français et belges pénètrent dans le bassin de la Ruhr pour obliger l'Allemagne à verser les réparations de guerre inscrites dans le traité de Versailles.

Le chancelier allemand Wilhelm Cuno proteste et appelle ses concitoyens à la « résistance passive ». Il s'ensuit une dévaluation massive du mark et des troubles politiques. L'année 1923 aura mérité d'être qualifiée par les Allemands d'« année inhumaine »...

Le traité de Lausanne fonde la Turquie moderne

Le 24 juillet 1923, le traité de Lausanne entre les Alliés et la Turquie corrige le traité de Sèvres.

Moustafa Kémal, fort de sa victoire sur les Grecs, obtient pour son pays une pleine souveraineté sur les Détroits, Istamboul et son arrière-pays européen, ainsi que sur l'Arménie occidentale, le Kurdistan occidental et la côte orientale de la mer Égée (Smyrne, Éphèse...)...

Tokyo détruite par un séisme

Le 1er septembre 1923, à 11h58, l'un des plus gros tremblements de terre enregistrés au Japon ravage la plaine très peuplée du Kanto, situé à Honshu, l'île principale de l'archipel...

Primo de Rivera au pouvoir en Espagne

Le 13 septembre 1923, le général Miguel Primo de Rivera (53 ans) commet un pronunciamento à Barcelone pour tenter d'en finir avec les désordres de la monarchie espagnole...

Naissance de la République turque

Le 29 octobre 1923, à l'instigation du général Moustafa Kémal, une Assemblée nationale réunie à Ankara proclame la naissance de la République turque sur les ruines de l'empire ottoman.

Fête nationale

Les Turcs célèbrent leur fête nationale tous les 29 octobre, en hommage à Moustafa Kémal, qui les a relevés de l'humiliation où les avait plongés les derniers sultans ottomans.

Le Putsch de la Brasserie

Le 9 novembre 1923, après une soirée agitée dans une brasserie de Munich, un agitateur brave la police de la ville à la tête de 3.000 militants et en compagnie du prestigieux général Ludendorff, héros de la Grande Guerre. Il a nom Adolf Hitler...

Première de Knock

Le 14 décembre 1923, la Comédie des Champs-Élysées donne la première représentation de Knock, avec Louis Jouvet dans le rôle du célèbre docteur. La pièce de Jules Romains obtient un immense succès et Jouvet la jouera au total plus de 2000 fois dans le cours de sa vie.

Premiers Jeux Olympiques d'hiver

Le 25 janvier 1924 débutent à Chamonix les premiers Jeux Olympiques d'hiver avec 16 nations participantes. Cette initiative consacre la vogue des sports d'hiver. Elle survient 28 ans après la naissance des premières Olympiades modernes à Athènes, à l'initiative du baron Pierre de Coubertin.

Alexandra David-Néel pénètre à Lhassa

Chanteuse lyrique, orientaliste, exploratrice, aventurière, anarchiste, féministe, écrivain, « jétsunema » (« dame-lama »)... Aucun substantif n'est suffisant pour définir Alexandra David-Néel, première Occidentale à pénétrer à Lhassa, au cœur du Tibet interdit, le 28 janvier 1924. Elle a 55 ans...

Fin du séparatisme rhénan

Le 12 février 1924, 40 séparatistes rhénans sont massacrés à Pirmasens, une petite ville proche de la frontière française...

Le califat disparaît après 1292 ans d'existence

Le 3 mars 1924, les députés turcs votent l'abolition du califat. La Turquie devient le premier État officiellement laïc du monde musulman...

Victoire du Cartel des gauches

Aux élections législatives du 11 mai 1924, la victoire du Cartel des gauches consacre l'échec de la politique du président du Conseil Raymond Poincaré, notamment à l'égard de l'Allemagne (occupation de la Ruhr). Réunis au sein du Cartel, radicaux et socialistes s'entendent pour obliger à la démission le président de la République Alexandre Millerand.

Le Président du Conseil Édouard Herriot adopte une diplomatie d'ouverture : acceptation du plan Dawes sur les réparations, évacuation de la Ruhr, acceptation de l'Allemagne au sein de la Société des Nations (SDN), reconnaissance de l'URSS.

Mais les diatribes anticléricales du Cartel mobilisent contre lui la Fédération nationale catholique, conduite par le prestigieux général de Castelnau. Socialistes et radicaux se divisent d'autre part sur la politique économique. Les déficits budgétaires entraînent un début de panique financière. D'aucuns croient y voir les manigances du «Mur d'argent». De fait, le conseil des gouverneurs de la Banque de France (les «200 familles»), refuse de relever le plafond des avances à l’État, à cause de sa défiance - légitime - en la capacité de remboursement du gouvernement.

La majorité de gauche se résigne à appeler Raymond Poincaré, un homme de droite, à la présidence du Conseil. Celui-ci forme le 23 juillet 1926 un gouvernement d'Union nationale et, fort de son prestige et de son savoir-faire, rétablit l'équilibre des finances...

Enlèvement du député Matteotti

Giacomo Matteotti (22 mai 1885 - 10 juin 1924)Le 10 juin 1924, des miliciens fascistes enlèvent le député italien Giacomo Matteotti (39 ans), secrétaire général du parti socialiste et principal opposant à l'autorité grandissante de Mussolini. On ne retrouve son cadavre que deux mois plus tard. Sa mort provoque une vague d'indignation en Italie et à l'étranger.

Le fascisme perd une bonne part de la sympathie qu'il s'était acquise dans les milieux intellectuels et politiques. Mussolini, qui n'avait pas souhaité la mort de Matteotti pas plus que d'aucun autre opposant, n'en couvre pas moins les responsables. Il poursuit la mise en place d'un pouvoir dictatorial.

Gaston Doumergue président de la République

Le 13 juin 1924, suite à la démission d'Alexandre Millerand, les parlementaires élisent à la présidence de la République Gaston Doumergue (61 ans).

Cet avocat, fils d'un vigneron du Gard, est un homme de bon aloi, consensuel, à la faconde méridionale, gentiment qualifié de «Gastounet national»...

Le plan Dawes entre en vigueur

Le 1er septembre 1924 entre en vigueur le plan Dawes, du nom du banquier américain Charles Dawes qui l'a élaboré.

Adopté à Londres par un comité d'experts, il fixe le montant des réparations dues par l'Allemagne au titre du traité de Versailles (269 milliards de mark-or) et prévoit leur paiement sous la forme d'un emprunt ainsi que d'impôts avec, pour les Alliés, des gages sur l'industrie et les chemins de fer allemands. Une Banque centrale allemande (Reischsbank) doit éviter le retour de l'inflation. Il est prévu une mise sous tutelle de l'économie allemande pendant cinq ans et l'évacuation progressive de la Ruhr par les troupes françaises et belges.

Le plan Dawes va plutôt bien fonctionner jusqu'au plan Young qui prendra sa suite en 1929. L'Allemagne va payer l'essentiel des réparations mais la crise économique et la montée des tensions politiques enterreront définitivement le reliquat dès 1932.

Churchill réévalue la livre sterling

Le mardi 28 avril 1925, Winston Churchill, chancelier de l'Échiquier (ministre des finances) dans le gouvernement conservateur de Stanley Baldwin, annonce le retour à la convertibilité or de la livre (suspendue en 1919).

On s'apercevra très vite des implications désastreuses pour la Grande-Bretagne et le reste du monde de cette réévaluation de la sterling, recommandée par les financiers de la City et Norman Montagu, gouverneur de la Banque d'Angleterre...

Première exposition surréaliste

Le 14 septembre 1925 s'ouvre la première exposition surréaliste. À Paris, Max Ernst, Man Ray, Pablo Picasso, Juan Miro et Giorgio de Chirico révèlent au public une peinture fortement inspirée par les développements de la psychanalyse.

L'Allemagne fait bonne figure à Locarno

Le 16 octobre 1925 se conclut la conférence internationale ouverte le 5 octobre précédent à Locarno, en Suisse...

Avènement de la dynastie iranienne des Pahlévi

En Perse, sous la dynastie finissante des Qadjars, après la Première Guerre mondiale, un officier énergique restaure un semblant d'ordre avec le concours des Anglais et chasse les bolcheviques russes. Il exerce les fonctions de Premier ministre puis, les religieux ne voulant pas d'une république, se fait couronner le 31 octobre 1925 sous le nom de Réza chah Pahlévi...

Le cuirassé Potemkine au cinéma

Le 21 décembre 1925, les Moscovites découvrent le premier chef d'oeuvre d'un cinéaste de 27 ans, Serguei Eisenstein. Le film s'intitule Le cuirassé Potemkine et relate une mutinerie qui s'est déroulée vingt ans plus tôt.

Sortie de Metropolis

La salle des machines (Metropolis)Le 10 janvier 1926 sort en salle, à Berlin, le film Metropolis de Fritz Lang (37 ans). Long de 210 minutes dans sa première version, le film apparaît immédiatement comme un chef-d'oeuvre du cinéma expressionniste allemand. Il présente une société industrielle divisée entre seigneurs et esclaves et en appelle à la réconciliation des classes sociales sous l'égide du Seigneur.

On y découvre a posteriori une prémonition du nazisme. Les références religieuses et bibliques sont nombreuses (on s'interroge sur une étoile sur la porte du savant fou, qui pourrait désigner celui-ci comme le prototype du Juif pervers).

Naissance de la télévision

Le 26 janvier 1926 a lieu à Londres la première démonstration officielle de télévision, par l'inventeur John Baird...

Grève générale des mineurs britanniques

Le 4 mai 1926, la Grande-Bretagne connaît une grève générale d'une ampleur jamais vue.

Face à la fermeté du gouvernement conservateur de Stanley Baldwin et de son Lord Chancelier Winston Churchill, les mineurs et leurs syndicats, le Trades Union Congress, doivent bientôt rendre les armes. Ils ne retrouveront semblable combativité qu'un demi-siècle plus tard...

Pilsudski prend le pouvoir à Varsovie

Le 12 mai 1926, à Varsovie, le maréchal Joszef Pilsudski (59 ans) renverse la démocratie, trop instable à son goût, et établit son pouvoir personnel jusqu'à sa mort, neuf ans plus tard, le 12 mai 1935...

Abdelkrim se rend aux Français

Le 27 mai 1926, le chef berbère Abdelkrim se rend aux troupes françaises, mettant un terme à cinq ans de lutte anticoloniale dans le Rif...

Coup d'État à Lisbonne

Le 28 mai 1926, le général Gomes de Costa commet un énième coup d'État à Lisbonne, capitale du Portugal. Il met fin au régime parlementaire et instaurant une dictature militaire. Celle-ci se consolide avec l'arrivée en 1928 d'Antonio de Oliveira Salazar, un professeur d'économie politique de 39 ans, au poste de ministre des Finances.
En exigeant que son ministère puisse seul autoriser les dépenses, Salazar redresse rapidement la balance des paiements en déficit depuis plus d'un siècle. Cette performance lui vaut d'être nommé président du Conseil en 1932, charge qu'il occupera jusqu'à sa maladie, en 1968 (il mourra deux ans plus tard). On appelle cette période de l'Histoire portugaise « Estado Novo » (Nouvel État).

Répression anticommuniste à Shanghai

Le 12 avril 1927, la ville chinoise de Shanghai (ou Chang-haï) est le théâtre d'une violente répression politique. Tchang Kaï-chek et le parti nationaliste du Guomindang (ou Kouo-min-tang) éliminent sans pitié les communistes de la grande cité ouvrière. Certains prisonniers sont grillés dans des chaudières de locomotives. Le parti communiste chinois, très éprouvé par la répression de Shanghai, délaisse dès lors le monde ouvrier et se retourne vers les paysans sous l'impulsion de son leader Mao Zedong.

L'écrivain français André Malraux a fait de la répression de Shanghai le cadre de son roman La condition humaine. Il lui a valu le prix Goncourt en 1933.

Disparition de Nungesser et Coli

Le 9 mai 1927, les Français apprennent avec consternation la disparition en mer des aviateurs Nungesser et Coli dans leur tentative d'effectuer la première traversée de l'Atlantique Nord sans escale...

Lindbergh traverse l'Atlantique

Le 21 mai 1927, l'Américain Charles Lindbergh (25 ans) réussit la première traversée en avion sans étapes de l'Atlantique Nord, quelques jours après la tentative malheureuse de Nungesser et Coli dans l'autre sens...

Drame sur la Côte

Le 14 septembre 1927, sur la Promenade des Anglais, à Nice, la célèbre danseuse irlandaise Isadora Duncan meurt par étranglement, sa longue écharpe s'étant enroulée dans la roue arrière de sa voiture.

Sortie du premier film parlant

Le 6 octobre 1927 sort aux États-Unis le film Jazz singer. Il s'agit du premier film parlant, chantant et musical, avec en vedette le comédien Al Jolson, d'origine russe. L'acteur apparaît grimé en Noir...

Premier vol entre la France et le Sénégal

Les 10 et 11 octobre 1927, les pilotes Jean Mermoz et Élisée Négrin effectuent la première liaison directe et sans escale entre Toulouse et Saint-Louis-du-Sénégal sur un Latécoère 26 (4470 km en 23 h 30)...

Trotski exclu du PCUS

Le 15 novembre 1927, Léon Bronstein, alias Trotski (on écrit aussi Trostsky) est exclu du Parti communiste d'URSS...

Fondation du Birobidjan juif

Le 28 mars 1928, Staline décide de créer une région autonome à l'Est de la Sibérie en vue d'y installer les juifs d'Union soviétique. Le territoire prend le nom de Région autonome des Juifs du Birobidjan en 1934.

Glaciale et désolée, la région n'attire guère d'immigrants. Les juifs eux-mêmes, malgré les encouragements officiels, ne représentent jamais plus de 25% de la population totale de la région. À la fin du XXe siècle, ils ne sont plus que quelques milliers sur une population totale de 200.000 habitants.

La création du Birobidjan relève du désir de freiner l'émigration des juifs soviétiques vers la Palestine tout en les poussant loin de la Russie utile. Elle témoigne de l'antisémitisme très virulent sous les régimes totalitaires, socialistes ou populistes, au début du XXe siècle. Cet antisémitisme perdurera en Pologne comme en URSS (l'actuelle Russie) après 1945 et la défaite du nazisme. Seule la mort privera Staline de l'occasion de persécuter les juifs de son empire.

Le franc Germinal disparaît

Le 25 juin 1928, le président du Conseil Raymond Poincaré dévalue le franc. Celui-ci ne vaut plus que le cinquième de la contrepartie en or du franc d'avant 1914, le franc Germinal, créé par Napoléon Bonaparte.

Poincaré évite ainsi l'erreur de Churchill, chancelier de l'Échiquier, qui a, trois ans plus tôt, réévalué la livre à son niveau de 1914 et porté de ce fait un coup sévère aux exportations britanniques...

Pacte Briand-Kellog

Le 27 août 1928, à Paris, dans le salon de l'Horloge du ministère des Affaires étrangères, les représentants de quinze nations bientôt suivies par 48 autres (y compris l'Allemagne, le Japon et l'URSS) signent le pacte Briand-Kellogg par lequel ils renoncent solennellement à la guerre.

Trois personnages président à la cérémonie : Aristide Briand, Frank Kellogg et Gustav Stresemann, en charge des affaires étrangères en France, aux États-Unis et en Allemagne.

Ce pacte conclu dans l'enthousiasme général marque la fin de l'après-guerre ; le krachde Wall Street, l'année suivante, et la crise économique qui s'ensuivra vont le réduire à néant.

Congrès de Lucknow

Le 28 août 1928, un Congrès réuni à Lucknow réclame pour les Indes, alors colonie britannique, un statut de dominion comparable à celui du Canada ou de l'Australie, avec l'autonomie à la clé. La Seconde Guerre mondiale va différer l'aboutissement de cette revendication et c'est seulement en 1947 que naîtront dans la douleur deux nouveaux États : l'Union indienne et le Pakistan.

Alexander Fleming découvre la pénicilline

De retour de vacances, le 3 septembre 1928, le savant anglais Alexander Fleming (47 ans) remarque sur sa paillasse de laboratoire un champignon qui, en contaminant une boîte de culture, en a éliminé les bactéries Par cet heureux hasard, les antibiotiques sont découverts. Mais il faudra encore plus de dix ans avant qu'ils soient mis en oeuvre...

Accord d'Achnacarry

Le 17 septembre 1928, les patrons de Standard Oil of New Jersey (Walter Teagle), Anglo-Persian (John Cadman) et Royal Dutch Shell (Henri Deterding), principales compagnies pétrolières du monde, concluent un accord décisif en vue de se partager les réserves de pétrole du Moyen-Orient et de maintenir des prix élevés tout en s'évitant les désagréments d'une concurrence sauvage.

Le château d'Achnacarry (Écosse)L'accord est conclu dans le plus grand secret, sous le prétexte d'une partie de chasse au coq de bruyère, dans le château d'Achnacarry, en Écosse, propriété de sir Henry Deterding, président de la Shell.

Les autres membres du cartel pétrolier des Sept Sœurs (« The Seven Sisters ») ne tardent pas à s'y associer.

L'accord d'Achnacarry sera gardé secret jusqu'en 1952. Cette année-là, le gouvernement américain le rendra public pour obliger les firmes à jouer le jeu de la concurrence et baisser leurs prix... de façon que les crédits accordés aux Européens dans le cadre du plan Marshall ne servent pas simplement à enrichir les pétroliers !

Naissance de Mickey

Le 18 novembre 1928, les spectateurs du Colony Theater de New York applaudissent Mickey Mouse dans le film Steamboat Willie.

La petite souris, qui devait initialement s'appeler Mortimer, a été rebaptisée Mickey sur les instances de Mme Disney, la femme de son créateur....

Apparition de Tintin et Milou

Le 10 janvier 1929, le dessinateur belge Georges Rémi (21 ans), plus connu sous son pseudonyme Hergé (d'après ses initiales), publie la première aventure de Tintin et Milou.

Éternel témoin de son temps, le jeune reporter du Petit Vingtième est amené dans cette première aventure à visiter le pays des Soviets... Il rencontrera plus tard le capitaine Haddock, le professeur Tournesol, la Castafiore, le général Tapioca etc.

Le Saint-Siège signe les accords de Latran

Le 11 février 1929, le cardinal Gasparri, représentant du Saint-Siège, et le Duce Mussolini, chef du gouvernement italien, signent un concordat dans le palais du Latran, près de la basilique de Saint-Jean-de-Latran.

Ces accords consacrent l'existence d'un nouvel État souverain, la Cité du Vatican...

Plan Young

Le 31 mai 1929, une commission interalliée réunie à Paris met sur pied un plan pour le rééchelonnement sur 59 ans (jusqu'en 1988) du reliquat des réparations de guerre dues par l'Allemagne au titre du traité de Versailles. Il prend le nom de plan Young, d'après l'un des membres américains de la Commission. Les négociations aboutissent malgré le refus des États-Unis de lier le remboursement des dettes alliées au paiement des réparations allemandes (Anglais et Français ne voyaient pas de raison de rembourser aux Américains leurs emprunts de guerre dès lors que les Allemands ne leur versaient pas leur dû).

Le plan Young se substitue au précédent plan, dit plan Dawes (1924). Il va néanmoins échouer du fait du krach d'octobre 1929 et de l'entrée en crise de l'économie allemande.

Trois ans plus tard, une nouvelle conférence, à Lausanne, du 16 juin au 9 juillet 1932, réduit le montant des réparations à cinq milliards de marks, payables après un moratoire de trois ans. Avec l'arrivée de Hitler au pouvoir l'année suivante, il ne sera plus question de réparations allemandes… jusqu'en 1980, avec le règlement du solde par la République Fédérale Allemande.

Le Vatican « s'arrange » avec le Mexique

Le 22 juin 1929, le Vatican signe avec le gouvernement mexicain du président Portes Gil les arrangements (« los Arreglos »)...

« Jeudi noir » à Wall Street

Le 24 octobre 1929 est un « Jeudi noir » à la bourse de Wall Street, à New York. La crise boursière, due une spéculation sur les titres, débouche sur une crise du crédit et entraîne le monde entier dans une crise économique sans précédent. On compte treize millions de chômeurs aux États-Unis en 1933...

« Mardi noir » à Wall Street

Le 29 octobre 1929 est un « Mardi noir » à la Bourse de New York. Le krach du 24 octobre se confirme avec une chute de 43 points de l'indice des valeurs boursières (ce que l'on appellerait aujourd'hui le CAC40).

Aucun spécialiste n'imagine encore que la crise de confiance boursière va entraîner une baisse de 54% de la production industrielle en trois ans. Le monde occidental entre dans la plus grave crise économique de son Histoire.

Staline met fin à la NEP

Le 6 janvier 1930, un décret de Staline sur les kolkhozes supprime les exploitations agricoles individuelles. Il met fin à la NEP (Nouvelle Politique Économique) inaugurée par Lénine neuf ans plus tôt.

En assouplissant les contraintes qui pesaient sur les petites entreprises russes et en mettant un terme à une gigantesque famine, la NEP avait sauvé le pouvoir communiste. Son succès menace désormais ce même pouvoir en invitant les citoyens à étendre la sphère de la liberté.

Staline rétablit l'orthodoxie communiste en nationalisant par la force l'agriculture et l'ensemble des activités économiques. Mais il étend aussi la répression à des dizaines de millions d'opposants ou présumés tels. La terreur s'abat sur le pays comme aux premiers temps du communisme, sous Lénine.

Construction de la ligne Maginot

Le 14 janvier 1930, André Maginot, ministre de la Guerre dans le gouvernement Tardieu, fait voter une loi en vue de construire une ligne fortifiée sur les frontières orientales de la France...

Gandhi entame la « marche du sel »

Le 12 mars 1930, le Mahatma Gandhi lance une première campagne de désobéissance civile contre le pouvoir colonial anglais aux Indes. 

Au terme d'une marche de 300 km, il arrive avec ses partisans au bord de la mer et recueille un peu de sel dans ses mains, violant ainsi symboliquement le monopole d'État sur la distribution du sel...

Première traversée aéropostale de l'Atlantique Sud

Le 13 mai 1930 s'achève la première traversée aéropostale de l'Atlantique Sud. Un hydravion Latécoère, piloté par Jean Mermoz, relie Saint-Louis-du-Sénégal à Natal, au Brésil, en 52 heures. Trois ans plus tôt, le même aviateur avait réalisé la première liaison Toulouse-Dakar.

Projet d'union douanière entre l'Autriche et l'Allemagne

Le 21 mars 1931, les gouvernements autrichien et allemand, tous deux parfaitement démocratiques, annoncent leur intention de réaliser une union douanière entre leur deux pays. L'Autriche réclame cette union pour sauver son industrie, asphyxiée par la perte de ses débouchés dans l'ancienne Autriche-Hongrie, démantelée en 1919.

Le gouvernement français de Pierre Laval met son veto au projet dans lequel il voit l'amorce d'une union austro-allemande, proscrite par le traité de Versailles. Tirant parti de ce que la France est le seul grand pays à disposer encore d'excédents financiers, il coupe les crédits à court terme à l'Autriche pour obliger son gouvernement à reculer sur l'union douanière. Cette mesure va contribuer à la faillite de la principale banque du pays, la Kreditanstaldt Bank, et relancer la crise économique provoquée par le krach de Wall Street, deux ans plus tôt, et qui commençait tout juste à se résorber.

Deuxième République espagnole

Le 14 avril 1931, deux jours après des élections municipales qui ont donné la majorité à une coalition antimonarchiste, l'Espagne inaugure une Deuxième République, la première ayant duré sans éclat de 1873 à 1876. Celle-là finira quelques années plus tard dans une épouvantable guerre civile.

Inauguration de l'Exposition coloniale

Le 6 mai 1931, le ministre français des Colonies, Paul Reynaud, inaugure en fanfare l'Exposition coloniale du bois de Vincennes, à l'orée de Paris...

Faillite de la Kreditanstalt Bank

Le 11 mai 1931, la Kreditanstalt Bank (ou Kredit anstalt) se déclare en faillite du fait que ses pertes dépassent la moitié de son capital.

Cette banque est la principale d'Autriche et détient la moitié de l'industrie nationale. Sa faillite est due à la crise endémique qui sévit en Autriche depuis la fin de la Grande Guerre, en raison de l'éclatement de l'Autriche-Hongrie en petits États rivaux. Elle est accélérée par les difficultés de mise en place d'un projet d'union douanière entre l'Autriche et l'Allemagne.

Le gouvernement autrichien tente de sauver la banque et réclame l'aide des autres pays. Mais la France, seul grand pays à disposer d'un excédent financier, tergiverse : elle réclame du gouvernement autrichien qu'il renonce d'abord à son projet d'union douanière. La panique s'installe et les capitaux s'enfuient d'Autriche et d'Allemagne.

La banque est in fine sauvée mais, entretemps, la crise économique issue du krach de Wall Street, qui semblait en voie de résorption, fait son irruption en Europe et frappe de plein fouet l'Autriche mais aussi l'Allemagne, très fortement liée à sa petite voisine...

Paul Doumer président de la République

Le 13 mai 1931, les parlementaires de la IIIe République élisent à la présidence de la République le radical Paul Doumer (75 ans), de préférence à Aristide Briand...

Moulinex « libère » la femme

Le 16 février 1932, un modeste industriel de la région parisienne, Jean Mantelet, dépose le brevet du presse-purée. C'est en voulant rendre service à sa femme qu'il a eu l'idée de cet appareil à manivelle. Le succès est immédiat.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'industriel lance les premiers appareils électroménagers à moteur. Pour la sortie d'un moulin à café électrique, par crainte d'un insuccès fatal à son activité, il baptise son entreprise « Moulin X » ou Moulinex. On sait ce qu'il adviendra de ce nom. Pionnier de la décentralisation, Jean Mantelet a transporté ses ateliers dans les petites villes normandes. Faute d'héritier, il a échoué à transmettre son entreprise en de bonnes mains à sa mort en 1991.

Premières allocations familiales en France

Confrontée à une grave crise de dénatalité, la France, après la Première Guerre mondiale, ébauche une politique de soutien aux familles avec enfants. À partir de 1919, l'État et quelques entreprises proposent des suppléments salariaux à leurs salariés chargés de famille. Mais cette politique a un effet pervers en dissuadant l'embauche de pères de famille... Quelques entreprises pionnières surmontent cet inconvénient en créant des caisses de compensation financées par l'ensemble des salariés.

La loi du 11 mars 1932, entrée en application le 14 juin suivant, généralise ce système en rendant obligatoire l'adhésion des entreprises à une caisse de compensation. C'est l'amorce d'une politique familiale qui permettra à la France de retrouver une nouvelle jeunesse dans la décennie suivante.

Assassinat du président Paul Doumer

Le 6 mai 1932, le président de la République Paul Doumer, élu moins d'un an plus tôt, se rend à l'hôtel Salomon de Rothschild, afin d'inaugurer une grande exposition consacrée aux écrivains de la Grande Guerre.

Le chef de l'État salue les écrivains présents et achète quelques livres. Alors que le président est en pleine discussion avec l'écrivain Claude Farrère, plusieurs coups de feu retentissent. Deux de ces coups de feu atteignent le président à la base du crâne et à l'aisselle droite. Paul Doumer s'effondre au beau milieu de l'assistance, tétanisée.

Le chef de l’État est transporté à l’hôpital Beaujon. Victime d’une hémorragie, il meurt le lendemain, à 4 heures 37 du matin.

Son agresseur, Paul Gorgulov, est un médecin russe qui déclare, une fois interpellé par les inspecteurs de la Sûreté après avoir opposé une vive résistance, avoir assassiné le président pour se venger de la France, celle-ci n’ayant pas voulu intervenir en Russie contre les bolcheviques.

Son procès s'ouvre devant la cour d'assises de la Seine le 25 juillet 1932. Le surlendemain, rejetant la démence, les jurés le condamnent à mort. Paul Gorgulov est guillotiné le 14 septembre à la prison de la Santé. L’affaire aura été conduite par le commissaire-divisionnaire Marcel Guillaume, «l’as de la PJ» dont Georges Simenon s’inspira librement pour son personnage du Commissaire Maigret en 1937.

Albert Lebrun président de la République

Albert Lebrun (29 août 1871, Mercy-le-Haut (Moselle) - 6 mars 1950, Paris)Le 10 mai 1932, suite à la mort tragique de Paul Doumer, les parlementaires des deux Chambres, réunis en Congrès à Versailles, selon la coutume, élisent à la présidence de la République le modéré et discret Albert Lebrun (61 ans), polytechnicien et ingénieur des Mines.

Le nouvel élu va devoir encaisser les émeutes de février 1934, la déflation de Laval, le Front populaire avec des menaces extérieures sans cesse croissantes.

Réélu pour un second mandat le 10 mai 1939, il n'aura cependant aucune prise sur les événements tragiques de l'époque et se résoudra à appeler le Maréchal Pétain à la présidence du Conseil au plus fort de l'invasion allemande en juin 1940.

Le 10 juillet 1940, il quittera sa charge sans mot dire, abandonnant les pleins pouvoirs au Maréchal. N'ayant pas démissionné de facto, il caressera un moment l'espoir de retrouver sa charge à la Libération...

Incendie du « Georges Philippar »

Dans la nuit du 15 au 16 mai 1932, un incendie se déclare à bord du paquebot « Georges Philippar » alors qu'il vogue au large de Djibouti, en provenance de la Chine et en direction de Marseille. Plusieurs navires se précipitent vers le lieu du sinistre.

Malgré cela, 67 passagers périssent, asphyxiés dans leur cabine ou noyés. Parmi eux, le grand reporter Albert Londres (48 ans), qui revenait d'une longue enquête sur les trafics d'armes et d'opium en Chine...

Accords de Lausanne sur les réparations

Le 9 juillet 1932, par les accords de Lausanne, les réparations qui avaient été imposées à l'Allemagne vaincue lors du traité de Versailles sont définitivement abolies. Cette mesure d'apaisement vient trop tard. L'Allemagne, frappée par la crise économique, succombe aux harangues funestes de Hitler.

La « loi des épis » et le génocide ukrainien

Le 7 août 1932, le gouvernement de l'URSS promulgue une loi qui punit de dix ans de déportation, voire de la peine de mort, « tout vol ou dilapidation de la propriété socialiste », y compris le simple vol de quelques épis dans un champ.

Cette « loi des épis » survient alors que les campagnes soviétiques connaissent un début de famine du fait des réquisitions forcées par le pouvoir et de la « dékoulakisation » (élimination des paysans considérés comme riches).

On estime qu'en Ukraine, six millions de paysans vont mourir de faim dans les mois suivants. Cette « Grande famine » (« Holodomor », « extermination par la faim » en ukrainien), intentionnellement entretenue et amplifiée par Staline, est assimilée à un génocide par la plupart des historiens ainsi que par les Ukrainiens...

Naissance au forceps de l'Arabie séoudite

L'Arabie séoudite (ou Arabie saoudite) a été fondée par le chef d'une famille bédouine, Ibn Séoud (en anglais Ibn Saud), le 22 septembre 1932, au terme d'une longue et meurtrière guerre fratricide dont on évalue à 200.000 le nombre de victimes (dans une péninsule à peine peuplée de 3 millions d'habitants).

Abd el-Aziz III ibn Séoud s'est d'abord emparé de l'oasis de Riyad en 1902 par un coup de main audacieux puis s'est proclamé émir de Nedjd et imam des wahhabites. Le 5 décembre 1924, il s'empare de Médine et chasse de La Mecque le chérif Hussein, chef de la famille des Hachémites, qui régnait de longue date sur les deux villes saintes. Il se fait proclamer roi le 22 septembre 1932, unifiant sous sa férule la péninsule arabe à l'exclusion du Yémen et des émirats du Golfe Persique.

Depuis sa mort, le 9 novembre 1953, ses fils se succèdent sur le trône de Riyad. Le temps n'a pas effacé la méfiance entre les Séoud et les Hachémites, dont les descendants se sont vu offrir en compensation par les Anglais un royaume en Transjordanie, l'actuelle Jordanie (capitale : Amman).

Hitler devient chancelier de l'Allemagne

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est appelé à la Chancellerie par le président de la République allemande, le maréchal von Hindenburg...

Incendie du Reichstag

Le 27 février 1933, à Berlin, le Reichstag, siège du Parlement allemand, prend feu, sans doute à l'initiative des SA nazis, commandités par Hermann Göring. Un demi-fou communiste Marinus van der Lubbe est cependant accusé du forfait.

Adolf Hitler, chancelier depuis moins d'un mois, en prend prétexte pour interdire aussitôt le KPD (Kommunistische Partei Deutschlands, parti communiste allemand. 10.000 personnes proches du parti ou opposants avérés aux nazis sont internées dans les nouveaux camps de concentration.

Dès le lendemain est promulgué un «décret pour la protection du peuple et de l'État» qui suspend les libertés fondamentales, donne des pouvoirs de police exceptionnels aux Régions (Länder) et met fin à la démocratie !...

Investiture de Roosevelt

Le 4 mars 1933, le président américain Franklin Delano Roosevelt entre en fonction tandis que le pays se débat dans la plus grave crise économique de son histoire.

Dans son discours d'investiture, il annonce un « New Deal » (une Nouvelle Donne). Il s'agit d'un ambitieux programme politique destiné à remettre les États-Unis sur pied et les sortir de la crise économique (ainsi que le monde occidental). Pour mener ses réformes, fondées sur la dépense publique et la solidarité, il demande au Congrès de lui laisser les mains libres. Pour la première fois depuis la panique boursière du 24 octobre 1929, le pays reprend confiance.

Le triomphe de Hitler

Sur les conseils de son ministre de la propagande Josef Goebbels, le chancelier Hitler ouvre en grande pompe le nouveau Reichstag (Parlement allemand) dans l'église de Potsdam où repose le grand Frédéric II. La cérémonie a lieu le 21 mars 1933, jour anniversaire de l'ouverture par Bismarck du premier Reichstag du précédent Reich, en 1871, moins d'un mois après l'incendie de ce même Reichstag. Le vieux maréchal-président von Hindenburg, héros de Tannenberg, en a les larmes aux yeux et serre chaleureusement la main du chancelier nazi, qu'il avait précédemment en horreur.

Deux jours plus tard, le 23 mars, l'Assemblée se réunit à Berlin, à l'Opéra Kroll. Elle se voit soumettre par Hitler un « décret d'habilitation » qui ne projette rien moins que de donner au chancelier un pouvoir législatif exclusif pendant quatre ans, autrement dit le droit de gouverner et légiférer à sa guise sans l'accord des députés !

« Autodafé rituel des écrits juifs nuisibles »

Le 10 mai 1933 au soir, à Berlin, des étudiants nazis escortent, en brandissant des flambeaux, deux camions de livres de la porte de Brandebourg jusqu'à la place de l'Opéra, ou Franz-Josef Platz, face à l'université de Berlin.

Là, en dépit d'une pluie battante, ils déchargent le contenu des camions et organisent un «autodafé rituel des écrits juifs nuisibles». 20.000 livres sont brûlés. Parmi les auteurs voués au feu figurent Heinrich Heine, Karl Marx, Sigmund Freud, Albert Einstein, Franz Kafka, Stefan Zweig, Felix Mendelssohn-Bartholdy.

Présent sur place, Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich, dénonce dans un discours radiodiffusé le «mauvais esprit du passé» et appelle les étudiants à lutter pour que «l'esprit allemand triomphe définitivement dans une Allemagne à jamais réveillée».

Des manifestations similaires, soigneusement planifiées, ont lieu au même moment dans d'autres villes allemandes. C'est le point d'orgue d'une campagne d'épuration entamée dans les semaines précédentes dans les universités, contre les enseignants juifs ou réputés hostiles au régime nazi. Les oeuvres des artistes « dégénérés », tels Van Gogh, Picasso, Matisse, Cézanne et Chagall, sont par ailleurs bannies des musées.

Autodafé, Berlin, 10 mai 1933 (crédit photographique : Mémorial de la Shoah/CDJC)

Conférence économique et monétaire de Londres

Le 12 juin 1933, la conférence de Londres réunit les représentants de 66 pays avec l'objectif de remettre en marche l'économie mondiale, gravement perturbée depuis le krach du 24 octobre 1929 et la dévaluation de la livre britannique du 21 septembre 1931.

La France, représentés par Georges Bonnet, se fait la championne de la déflation et du retour immédiat à un taux de change fixe fondé sur l'étalon-or (selon ce principe, toutes les monnaies sont échangeables contre une quantité d'or prédéterminée). Ces propositions apparaissent à juste titre irréalistes aux Américains qui ont dévalué leur monnaie l'année et abandonné l'étalon-or l'année précédente, le 19 avril 1932.

La conférence se clôt le 27 juillet 1933 sur un constat d'échec, suite à un message du président américain Franklin D. Roosevelt, transmis par son Secrétaire d'État Cordell Hull, qui rappelle son opposition à un accord de stabilisation des taux de change.

Les différents pays vont dés lors se battre à coup de dévaluations « compétitives », suivant l'exemple donné par la Grande-Bretagne. La crise mondiale est relancée cependant que s'effondre le système monétaire international fondé sur l'étalon-or. Il faudra attendre la conférence de Bretton Woods, en 1944, pour instaurer un nouveau système monétaire international.

Le parti nazi seul autorisé en Allemagne

Le 14 juillet 1933, à l'initiative du ministre nazi de la propagande Joseph Goebbels, le parti nazi (NSDAP, pour Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei ou Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands) devient seul autorisé en Allemagne. Il est décrété parti unique et les autres formations politiques sont dissoutes. Les syndicats sont remplacés par un organisme corporatiste : le Deutscher Arbeiter Front (Front du Travail Allemand). En six mois et malgré le soutien d'une minorité des électeurs, le chancelier Hitler aura réussi à renverser la démocratie allemande.

Arrestation de Violette Nozières

Le 28 août 1933, Violette Nozières est arrêtée pour avoir empoisonné ses parents. Son père est décédé, sa mère a survécu. Ce fait divers a passionné la France tant il semblait incarner les dérives d'une société trop permissive...

L'affaire Stavisky

Le 9 janvier 1934, l'escroc Alexandre Stavisky est retrouvé dans un chalet de Chamonix, tué d'une balle. Suicide ou meurtre ?

Sa mort, d'après le rapport de police, est consécutive à un suicide mais l'opinion publique soupçonne aussitôt des hommes politiques de l'avoir fait assassiner pour l'empêcher de dénoncer ses complices...

Manifestation sanglante à Paris

Le 6 février 1934, des ligues antiparlementaires manifestent violemment à Paris, autour du Palais-Bourbon. La République vacille...

« Nuit des longs couteaux »

Le 30 juin 1934, à Berlin, reste connu comme la « Nuit des longs couteaux ». Avec le concours des SS et de leur chef Himmler, Hitler élimine les extrémistes de son parti, groupés autour des SA de Röhm.

On évalue à 85 le nombre d'assassinats. Parmi les victimes figurent surtout des nazis de la première heure : Ernst Röhm, chef des SA, Kurt von Schleicher, Karl Ernst, Gregor Strasser,... mais aussi des opposants catholiques : Erich Klauser, secrétaire général de l'Action catholique, Edgar Jung, autre dirigeant de l'Action catholique, Adalbert Probst, directeur national de l'Association sportive des Jeunesses catholiques, Fritz Gerlic, directeur de l'hebdomadaire catholique Der gerade Weg.

Hitler devient Reichsführer

Le 2 août 1934 meurt le Reichspresident allemand, le maréchal Paul von Hindenburg (86 ans), « soldat égaré dans la politique » selon ses propres termes. Le chancelier Adolf Hitler fait ériger en l'honneur du héros de Tannenberg un mausolée (il sera détruit en 1945 par les Soviétiques).
Mais il décide également de cumuler sa fonction de chancelier et celle de président avec le titre de Reichsführer. Fort de pouvoirs dictatoriaux, il proclame l'avènement du IIIe Reich allemand. C'est l'aboutissement de la vision nazie de l'État : « Ein Volk, ein Reich, ein Führer » (un Peuple, un État, un Guide).

Le roi de Yougoslavie est assassiné

Le roi Alexandre 1er de Yougoslavie est assassiné à Marseille le 9 octobre 1934 par des terroristes croates du mouvement oustachi d'Ante Pavelic. Le ministre français des Affaires étrangères, Louis Barthou, qui était venu accueillir le roi à la descente du bateau, est mortellement blessé...

Incident à la frontière éthiopienne

Le 23 novembre 1934, des inspecteurs italiens sont agressés aux confins de leur colonie de Somalia et de l'empire d'Éthiopie. L'Italie fasciste se saisit de ce prétexte pour déposer une plainte à Genève, auprès de la Société des Nations (SDN). Moins d'un an plus tard, Mussolini lance son armée à la conquête de l'Éthiopie.

Assassinat de Kirov

Le 1er décembre 1934 est assassiné Kirov, dauphin de Staline. Sa mort va être le prétexte à une sinistre vague d'épuration au sein du Parti communiste de l'Union Soviétique, connue sous le nom de «procès de Moscou».

Les accusés de ces trois procès, des bolchéviques de la vieille garde léniniste, plaideront tous coupables et feront amende honorable. La plupart seront exécutés....

Laval rencontre Mussolini à Rome

Le 4 janvier 1935, le ministre français des Affaires étrangères, Pierre Laval, se rend à Rome, capitale de l'Italie fasciste...

Plébiscite pro-allemand en Sarre

Le 13 janvier 1935, un plébiscite se déroule en Sarre, une région frontalière entre la France et l'Allemagne, conformément aux dispositions du traité de Versailles. à une écrasante majorité, les habitants demandent leur réintégration au sein de l'Allemagne... sans prêter attention au fait que celle-ci est depuis deux ans passée sous la botte nazie !...

À Berlin, Hitler exulte. Le choix librement exprimé par les Sarrois cautionne son gouvernement, sa propagande et également ses succès économiques. Le Führer annonce peu après que son pays n'a plus de revendication territoriale à l'Ouest. Il renonce officiellement à toute prétention sur l'Alsace-Lorraine ! Ce discours rassure les pacifistes français et européens qui n'en demandaient pas tant.

Hitler rétablit le service militaire

Le samedi 16 mars 1935, profitant de l'atonie du week-end, Adolf Hitler annonce le rétablissement du service militaire obligatoire...

Conférence de Stresa

Le 11 avril 1935, à Stresa, sur le lac Majeur, le président du Conseil français Pierre Laval rencontre ses homologues, le Duce italien Benito Mussolini et le Premier ministre britannique Ramsay Mac-Donald.

La réunion est provoquée par le rétablissement du service militaire par Hitler, le 16 mars précédent, en violation du traité de Versailles.

Les trois dirigeants prennent l'engagement de ne plus tolérer aucune nouvelle violation du traité mais le « front de Stresa » est rompu suite à l'invasion de l'Éthiopie par les Italiens le 2 octobre 1935 et à la condamnation qu'en font les Français et les Britanniques. Contre son gré, Mussolini est poussé dans une alliance avec Hitler.

La Pologne sur la mauvaise pente

Après la mort du vieux maréchal Pilsudski, le12 mai 1935, la Pologne s'oriente dans une voie franchement nationaliste et même antisémite avec un slogan favori : « Pas de place pour les Juifs en Pologne » ! Précisons que le pays compte alors 3,2 millions de juifs sur 32 millions d'habitants. Ils sont d'autant plus haïs qu'ils vivent pour la plupart en ville et sont nombreux dans le commerce et les fonctions d'encadrement.

Les Endeks, militants nationaux-démocrates de l'Endecja, installent au pouvoir des colonels issus de leurs rangs. Cette « République des colonels » est dirigée de mai 1936 à l'invasion allemande (septembre 1939) par le général Felician Slawoj Skladkowski. Son souci primordial n'est pas de contrer les menaces extérieures mais de pressurer les juifs de l'intérieur ! Ces derniers sont accablés de taxes et chassés de diverses professions au nom d'une politique « politique d'aryanisation » dont les nazis allemands, on le constate, n'ont pas l'exclusivité. Le pouvoir polonais encourage également le boycottage des commerces juifs et les pogroms. Celui du 9 mars 1936, dans la petite ville de Przytyk, suscite une vive émotion et débouche sur une grève générale de protestation le 17 mars suivant.

Les affaires étrangères restent le domaine réservé du colonel Beck, lequel persiste à dédaigner l'alliance de la France tout en flirtant jusqu'à l'issue fatale avec ses puissants voisins, l'Allemagne et l'URSS.

Un armistice met fin à la guerre du Chaco

La vaste plaine du Chaco, inhospitalière mais supposée riche en pétrole, a été l'enjeu d'une guerre meurtrière entre le Paraguay et la Bolivie de 1932 à 1935. Elle s'achève sur un armistice, le 12 juin 1935, avec de graves conséquences pour le pays vaincu, la Bolivie...

L'heure de gloire de Stakhanov

Le 31 août 1935, en Union soviétique, un mineur du Donbass, Alexeï Stakhanov, se flatte d'avoir extrait 14 fois plus de charbon que la norme journalière (102 tonnes en 6 heures).

Vive le travail !

Dès 1935, la propagande de Staline a encouragé les Soviétiques à suivre l'exemple de Stakhanov : travailler sinon pour la gloire, du moins pour le triomphe du socialisme ! Depuis lors, le mot stakhanoviste est entré dans le langage courant pour désigner des travailleurs acharnés.

Des lois pour séparer les Juifs des autres Allemands

Le 15 septembre 1935, à Nuremberg, pendant le congrès du parti nazi, Hitler promulgue un ensemble de lois antisémites qui visent à séparer les citoyens juifs des autres Allemands. ...

L'Italie attaque l'Éthiopie

Le 2 octobre 1935, sur ordre de Mussolini, les armées italiennes envahissent l'Éthiopie (ou Abyssinie) sur un fallacieux prétexte.

Le souverain (négus) Haïlé Sélassié 1er va devoir s'enfuir et plaidera en vain sa cause à Genève devant la SDN. Le 2 mai 1936, le maréchal Badoglio, chef des armées d'Afrique, pénètre à Addis-Abéba, la capitale, et le 9 mai, le roi Victor-Emmanuel III est proclamé empereur d'Éthiopie, future «Africa Orientale Italiana»...

Fin de la Longue Marche

Le 19 octobre 1935 s'achève la Longue Marche.

Les communistes chinois de Mao Zedong fuient devant les troupes de Tchang Kaï-chek et de son parti, le Guomingand. Après une épopée de douze mille kilomètres à travers la Chine, ils se réfugient au Shaanxi...

Hitler réoccupe la Rhénanie

Le 7 mars 1936, prenant prétexte d'un accord franco-soviétique, Hitler occupe la Rhénanie en violation du pacte de Locarno d'octobre 1925. Des détachements de son armée traversent le Rhin et entrent dans Cologne, Mayence et Trèves sans que les Français ne s'interposent. Strasbourg est désormais sous le feu des canons allemands.

Plus rien ne subsiste des garanties militaires que la victoire de 1918 avait données à la France. « Le 7 mars 1936 était probablement la dernière occasion de porter un coup d'arrêt à la politique du fait accompli du 3ème Reich », écrit l'historien René Rémond.

Un Front populaire en France

Le 3 mai 1936, en France, le deuxième tour des élections législatives donne la victoire au Front populaire. Un immense espoir de réformes sociales traverse les classes populaires...

L'Italie annexe l'Éthiopie

Le 5 mai 1936, Mussolini annexe l'Éthiopie après une campagne militaire brutale de plusieurs mois. Le roi d'Italie est proclamé empereur d'Éthiopie. Mais rien ne justifie les prétentions de l'Italie fasciste sur l'Ethiopie, un État indépendant reconnu par la communauté internationale. Placées devant le fait accompli, les démocraties occidentales prennent des sanctions. Le seul résultat auquel elles aboutissent est de pousser Mussolini (malgré lui) dans les bras de Hitler.

Institution des congés payés

Le 8 juin 1936, le gouvernement de Front Populaire institue les congés payés.

Le négus Haïlé Sélassié à la SDN

Le 30 juin 1936, devant la Société des Nations, à Genève, le négus Haïlé Sélassié plaide avec émotion la cause de son pays, l'Éthiopie, envahi par l'armée de Mussolini. L'empereur en exil devient le symbolede la résistance au fascisme... et de l'impuissance des démocraties.

Calvo Sotelo assassiné en Espagne

Le 13 juillet 1936, en Espagne, le leader Calvo Sotelo est assassiné. A l'assemblée des Cortes, Calvo Sotelo dirigeait la droite monarchiste; il personnifiait l'opposition au gouvernement du Front Populaire. Sa mort encourage les militaires conservateurs à se rebeller. La guerre civile devient imminente.

Les militaires espagnols se soulèvent

Le 17 juillet 1936, plusieurs garnisons militaires espagnoles se soulèvent contre le gouvernement républicain, sous le commandement du général Franco.

C'est le début de la Guerre civile espagnole et un prélude aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale...

Hitler ouvre les Jeux de Berlin

Le 1er août 1936, à 16 heures, devant 120.000 spectateurs rassemblés dans le nouveau stade de Berlin, Adolf Hiltler ouvre les XIe Jeux Olympiques modernes. Spectaculaire démonstration de prestige du régime nazi né seulement 3 ans plus tôt, qui sera immortalisée par la cinéaste Leni Riefenstahl.

Le Pourquoi pas ? sombre en Islande

Le 16 septembre 1936, le Pourquoi-Pas ? de l'explorateur Jean-Baptiste Charcot, se brise sur des récifs au large de l'Islande. Tous les marins sauf un y laissent leur vie...

Suicide de Roger Salengro

Maire de Lille et député socialiste du Nord, Roger Salengro devient en 1936, à 46 ans, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Léon Blum issu de la victoire du Front populaire aux élections législatives. Il participe activement à la conclusion des accords de Matignon.

Mais en août 1936, l'hebdomadaire de droite Gringoire et son directeur Henri Béraud (un ancien journaliste du Canard Enchaîné !) l'accusent d'avoir déserté pendant la Grande Guerre. Une enquête montre qu'il avait été en fait capturé en allant chercher le corps de l'un de ses compagnons de tranchée, avec l'accord de son chef.

Disculpé mais affecté par la campagne de calomnies et, qui plus est, déprimé par la mort de sa femme, Roger Salengro se suicide le 17 novembre 1936 dans sa cuisine de Lille.

Pacte anti-soviétique nippo-allemand

Le 25 novembre 1936, l'Allemagne nazie et les généraux qui règnent en maître au Japon signent un pacte anti-soviétique. L'Italie, déçue par l'attitude des Occidentaux après sa conquête de l'Éthiopie, y adhère le 6 novembre 1937. C'est l'amorce d'une alliance entre les trois dictatures.

Mermoz décolle de Dakar pour le Brésil

Le 7 décembre 1936, Jean Mermoz décolle de Dakar en direction de Natal, au Brésil, sur un hydravion Laté 300 baptisé Croix-du-Sud. À 10h47, l'hydravion émet un signal : « Coupons moteur arrière droit » avant de disparaître dans l'Atlantique Sud avec son équipage : Pichodou, Ezan, Lavidallie et Cruveilher. Le 30 décembre, ces pilotes de légende auront droit à des funérailles nationales.

Édouard VIII annonce son abdication

Le 10 décembre 1936, Édouard VIII annonce son abdication. Le roi d'Angleterre cède son trône pour pouvoir épouser la femme qu'il aime, l'Américaine Wallis Simpson, doublement divorcée.

Il devient duc de Windsor et son frère cadet, le duc d'York, lui succède sous le nom de George VI. Il lui incombera de garder le trône dans une Europe à feu et à sang. En apprenant la nouvelle, il manque de défaillir.

C'est un véritable séisme, notamment quand Édouard s'explique à la radio, dès le lendemain, dans une allocution à ses sujets : « J'ai estimé impossible de porter le lourd fardeau de responsabilités et de remplir les devoirs qui m'incombent en tant que roi, sans l'aide et le secours de la femme que j'aime ».

Bataille de Guadalajara

Le 18 mars 1937, en Espagne, après dix jours de bataille près de Guadalajara, les troupes du gouvernement républicain alliées aux brigades internationales repoussent les rebelles carlistes et leurs alliés italiens, qui tentaient de s'emparer de Madrid.

Guernica ou le massacre des innocents

Le 26 avril 1937, pendant un jour de marché, la petite ville basque de Guernica est bombardée par l'aviation italo-allemande et notamment la redoutable Légion Condor, une unité spéciale fondée quelques mois plus tôt par le général Hugo Speerle et le lieutenant-colonel baron Wolfram von Richthofen. C'est la première fois qu'une population civile est sciemment bombardée par l'aviation...

Le dirigeable Hindenburg en flammes

Le 6 mai 1937, le Zeppelin 129 Hindenburg, un dirigeable à coque rigide, en provenance de Francfort, s'enflamme à son arrivée à Lakehurst près de New York avec 200.000 m3 d'hydrogène dans ses flancs de 245 mètres de long...

George VI remplace Édouard VIII sur le trône

Le 12 mai 1937, le monde a l'oreille tournée vers l'abbaye de Westminster. Chacun oublie un instant les menaces qui pèsent sur l'Europe, la guerre qui s'étend en Chine et en Espagne, la répression qui s'abat sur l'URSS et les gesticulations d'un fou furieux de l'autre côté du Rhin.

Dans l'abbaye se déroule en effet le couronnement du nouveau roi de Grande-Bretagne et d'Irlande (le Royaume-Uni), par ailleurs Empereur des Indes, George VI. Pour la première fois, la cérémonie est radiodiffusée.

« Incident du triple 7 »

Le 7 juillet 1937 au soir, un incident met aux prises une poignée de soldats chinois et des troupes japonaises en manoeuvre près du célèbre pont Marco Polo, aussi appelé pont de Lugou, à 15 kilomètres de Pékin (il s'agit d'un superbe pont de pierre construit en 1189 et qu'évoque le voyageur vénitien dans ses mémoires).

Prétextant l'enlèvement de l'un des leurs, les Japonais se lancent dès le lendemain de cet incident du « triple 7 » (7-7-1937) à la conquête de la Chine.

L'Italie se retire de la SDN

Le 11 décembre 1937, l'Italie se retire de la SDN. C'est la conséquence des sanctions prises par l'organisation internationale contre l'État fasciste, suite à l'invasion de l'Éthiopie. Mussolini, par cette décision, fait un pas de plus vers Hitler, dans une alliance qui lui sera fatale.

Le « viol de Nankin »

Le 13 décembre 1937, les Japonais s'emparent de Nankin, capitale provisoire de la République chinoise, gouvernée par Tchang Kaï-chek. La chute de la ville est suivie par de gigantesques massacres de civils (plus de 100.000 victimes)...

Démission des chefs militaires allemands

Le 3 février 1938, le maréchal baron Werner von Fritsch remet sa démission de chef d'état-major à Hitler. Quelques jours plus tôt, le 27 janvier 1938, il a été précédé par le maréchal Werner von Blomberg, ministre des Armées.

Avec le départ de ces deux représentants de l'ancienne Wehrmacht, il ne reste plus personne pour s'opposer au velléités bellicistes du Führer...

Anschluss de l'Autriche

Le 12 mars 1938, Hitler occupe l'Autriche et réalise l'Anschluss (le « rattachement »)...

« Mourir pour Dantzig ? »

Marcel Déat (Guérigny, Nièvre, 7 mars 1894 - Piossasco, Piémont, 5 janvier 1955)Le 4 mai 1939, paraît à la Une de L'Oeuvre un violent article intitulé : « Mourir pour Dantzig ? »

Son auteur est un député socialiste et pacifiste de 45 ans, Marcel Déat. Il plaide pour un soutien limité de la Pologne, que menace l'Allemagne hitlérienne.

Celle-ci, après avoir brutalement annexé la Bohême-Moravie, revendique le port de Dantzig, dont la population est majoritairement allemande. Il s'agit d'une « ville libre » instituée par le traité de Versailles de 1919 pour ménager à la Pologne un accès portuaire sur la mer Baltique. Elle coupe en deux le territoire du IIIe Reich...

C'est dans ces conditions que Marcel Déat publie son fameux article. Il ne recueillera cependant guère d'assentiment dans l'opinion publique. Comme d'autres intellectuels pacifistes de gauche, le député va très vite évoluer vers la Collaboration après que la Wehrmacht aura envahi la Pologne puis la France.

Conférence d'Évian

Désemparé face à l'antisémitisme nazi, le président américain Franklin Roosevelt propose une conférence internationale en vue de secourir les Juifs dont ne veulent plus les Allemands. Celle-ci se réunit du 6 au 14 juillet 1938 à l'Hôtel Royal d'Évian, au bord du lac Léman.

32 pays s'y font représenter (l'Allemagne n'est pas invitée, l'URSS et la Tchécoslovaquie ne s'y font pas représenter). C'est pour affirmer, à la seule exception de la République dominicaine, leur refus d'ouvrir leurs ports aux Juifs allemands !

Les refus se fondent sur des préjugés ou des hypothèses bien plus que sur des faits, comme l'avoue ingénument le délégué australien : « Dans les circonstances présentes, l'Australie ne peut faire plus... Nous n'avons pas de problème racial notable et nous ne voulons pas en importer un ». La presse allemande, triomphante, titre au lendemain de la conférence : « Personne n'en veut ! ».

Après la Nuit de Cristal, l'émigration juive va néanmoins s'intensifier. Beaucoup d'émigrants tentent de gagner la Palestine sous des formes illégales, le gouvernement britannique s'y opposant pour ne pas se mettre à dos les Arabes. Quelques milliers de Juifs saisissent aussi l'opportunité offerte par le port chinois de Shanghai, qui les dispense d'un visa d'entrée ! Les échecs sont cruels. En mai 1939, le Saint-Louis, refoulé de Cuba et de Floride, doit revenir à Hambourg avec ses réfugiés juifs !

Les accords de Munich

Le 30 septembre 1938 se clôt à Munich une conférence de la dernière chance. Hitler réclame à ses interlocuteurs Daladier, Chamberlain et Mussolini le droit d'intervenir en Tchécoslovaquie à l'appel de la minorité de langue allemande qui peuple les monts Sudètes. En cédant une nouvelle fois à la menace, les Occidentaux confirment le dictateur allemand dans la conviction que tout lui est permis...

La Nuit de Cristal

Le 9 novembre 1938, Joseph Goebbels prend prétexte de l'assassinat d'un diplomate, Ernst vom Rath, pour déclencher avec les sections d'assaut nazies (« Sturm Abteilung » ou SA) le pogrom de la « Nuit de Cristal » (en allemand « Reichskristallnacht » ou « NovemberPogrom »). Son principal objectif est d'accélérer l'exode des Juifs en vue d'un Reich « judenrein » (sans Juifs). Hermann Goering (ou Göring) en profite pour rançonner les Juifs.

Après cela, la « question juive » (en allemand « Judenfrage »), qui était le lot de différents acteurs agissant dans « le sens de la volonté du Führer », reviendra désormais exclusivement à Reinhard Heydrich et Heinrich Himmler, autrement dit aux SS (Schutzstaffel)...

Intronisation du pape Pie XII

Le 12 mars 1939, Eugenio Pacelli, élu dix jours plus tôt à la succession de Pie XI, est intronisé pape sous le nom de Pie XII (Pius XII)...

La Wehrmacht entre à Prague

Le 15 mars 1939, l'armée allemande occupe sans combat la Bohême-Moravie, une région d'Europe centrale, peuplée de Tchèques et d'Allemands, qui constitue depuis 1918 la Tchécoslovaquie avec la Slovaquie.

La veille, Hitler, chancelier du IIIe Reich, a convoqué à Berlin le président tchèque Hacha, qui a succédé au président Benès après les accords de Munich, six mois plus tôt. Il le somme de « remettre en pleine confiance entre les mains du Führer le destin du peuple et du pays tchèques » sous peine de réduire Prague en cendres.
C'est ainsi que la croix gammée flotte désormais sur le Hradschin, le château royal qui domine Prague !

La Bohême-Moravie devient un protectorat du Reich. C'est la première fois qu'un État européen est ainsi asservi et réduit à l'état de colonie. Le même jour, le 14 mars 1939, les Slovaques portent par ailleurs à leur tête Monseigneur Josef Tiso, un prêtre devenu le chef du parti populiste. Il fait de la Slovaquie un État indépendant mais vassal du Reich... Au vu de ce coup de force de Hitler, beaucoup d'Européens prennent conscience de l'imminence d'une guerre généralisée.

Entrée des franquistes à Madrid

Le 28 mars 1939, les nationalistes espagnols entrent à Madrid. Ils font le défilé de la victoire devant le «caudillo» Francisco Franco.

C'est la fin d'une guerre civile qui aura coûté à l'Espagne 400.000 morts et autant d'exilés. C'est aussi la fin de la «République démocratique des travailleurs de toutes classes», née en 1931...

Mussolini envahit l'Albanie

Le Vendredi Saint de l'an 1939, faisant fi de la trêve pascale, les troupes italiennes envahissent l'Albanie...

Le pacte germano-soviétique

Le 23 août 1939, le monde apprend avec stupéfaction la signature au Kremlin, à Moscou, d'un pacte germano-soviétique de «non-agression» entre Molotov et Joachim von Ribbentrop, représentants respectifs de Staline et Hitler...

La Wehrmacht envahit la Pologne

Le 1er septembre 1939, la Wehrmacht se rue à l'attaque de la Pologne. C'est le début de la Seconde Guerre mondiale...

Déclaration de guerre à l'Allemagne

Le 3 septembre 1939, suite à l'agression de la Pologne, la Grande-Bretagne puis la France déclarent la guerre à l'Allemagne. Les hommes répondent sans joie mais avec détermination à l'ordre de mobilisation. Certains pacifistes manifestent néanmoins leurs réticences, tel le polémiste Marcel Déat, qui publie dans L'Oeuvre, en août 1939, un article intitulé : « Faut-il mourir pour Dantzig ? ».

Dans les mois précédents, sous la pression de l'opinion, Neville Chanberlain, Premier ministre de Sa Majesté Georges VI, et son secrétaire au Foreign Office Lord Halifax avaient dû mettre en sourdine leurs tentatives de conciliation avec Hitler et la politique d'appeasement illustrée par les accords de Munich.

La Wehrmacht ayant violé les frontières de la Pologne, Londres envoie un ultimatum à Berlin en suggérant une ultime conférence internationale ! Hitler dédaignant de répondre, la guerre est de facto déclarée à l'expiration de l'ultimatum, le 3 septembre à 11 heures.

Le Président du Conseil français Édouard Daladier et son ministre des affaires étrangères Georges Bonnet demandent au président de la République Albert Lebrun de déclarer à son tour la guerre au nom des engagements internationaux de la France (et sans consulter le Parlement). C'est chose faite à 17h.

Les troupes franco-anglaises, sous le commandement du général Maurice Gamelin (68 ans), ancien vainqueur de la Marne aux côtés de Joffre, ne profitent pas de ce que le front occidental est dégarni, la Wehrmacht étant presque toute entière occupée à envahir la Pologne. Les soldats se tiennent l'arme au pied derrière la ligne Maginot et traînent leur ennui, au grand désespoir des Polonais. C'est la « drôle de guerre », d'après une expression de Roland Dorgelès. Elle prendra fin dans des conditions tragiques le 10 mai 1940 avec l'invasion allemande.

Les Soviétiques envahissent la Pologne

Le 17 septembre 1939, deux semaines après les armées allemandes, les armées soviétiques entrent à leur tour en Pologne. Staline et Hitler se partagent le malheureux pays en vertu d'une clause secrète du pacte germano-soviétique signé le 24 août 1939. La France et l'Angleterre, qui s'étaient engagées à secourir la Pologne, restent l'arme au pied,... en attendant leur tour.

Partage de la Pologne

Le 28 septembre 1939, au lendemain de la conquête de Varsovie par les troupes allemandes, Hitler et Staline signent un traité pour le partage de la Pologne. Ce n'est jamais que la quatrième fois en deux siècles que ce pays fait l'objet d'un partage entre ses dangereux voisins.  

Attentat contre Hitler à Munich

Le soir du 8 novembre 1939, à Munich, dans la brasserie Bürgerbräukelle, Hitler fête l'anniversaire de son putsch raté de 1923. Ce putsch lui avait valu d'être incarcéré pendant plusieurs mois, mais cela ne l'avait pas empêché d'accéder dix ans plus tard à la Chancellerie, autrement dit à la tête du gouvernement allemand...

Georg Elser, un humble menuisier originaire du petit village de Hermaringen, dans le Jura souabe, veut profiter de l'occasion pour assassiner le Führer dont, plus lucide que la plupart de ses contemporains, il a mesuré la malfaisance. Mais par une circonstance imprévue, Hitler quitte les lieux quelques minutes avant l'explosion de la bombe (il bénéficiera d'une chance comparable lors de l'attentat de la Tanière du Loup en 1944).

La bombe provoque l'effondrement d'une partie du local, faisant huit morts et 63 blessés. Georg Elser est arrêté le soir même et déporté dans un camp de concentration, à Dachau.

Hitler ne l'oublie pas. En avril 1945, alors qu'il est sur le point de se suicider après avoir mené son pays au chaos, il donne par téléphone l'ordre express de l'exécuter. Le film Georg Elser, de et avec Klaus Maria Brandauer (octobre 1989) retrace cette histoire.

Staline attaque la Finlande

Le 30 novembre 1939, Staline lance les troupes soviétiques à l'assaut de la petite Finlande...

Sabordage du cuirassé de poche Graf Spee

Le 17 décembre 1939, le sabordage du cuirassé allemand Graf Spee met un terme à la bataille du Rio de la Plata et restaure la suprématie britannique sur les mers, trois mois après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Le cuirassé porte le nom d'un héros du précédent conflit, l'amiral comte Maximilian von Spee. Sous les ordres du commandant Hans Langsdorff, il sillonne l'océan Atlantique et l'océan Indien dès septembre 1939, coulant pas moins de neuf navires marchands britanniques.

Traqué par trois vaisseaux anglais, l'Achille, l'Ajax, et l'Exeter, il affronte ceux-ci au large de Montevideo, dans le rio de la Plata, le 13 décembre 1939, puis se réfugie dans le port uruguayen. Mais l'Uruguay, pays neutre, le somme de prendre le large en vertu des conventions internationales. Le commandant du Graf Spee s'y résout mais, doutant de pouvoir résister aux navires britanniques qui l'attendent à la sortie de l'estuaire, il fait évacuer son équipage et saborde son navire au milieu de l'estuaire. Lui-même se suicide trois jours plus tard à Buenos Aires.

Ce drame témoigne de l'âpreté des combats navals dès le début de la guerre, pendant que, sur le Continent, les soldats alliés restent l'arme au pied, dans la « drôle de guerre » (une expression de l'écrivain Roland Dorgelès).

L'Altmark hors de combat

Le 16 février 1940, le premier Lord de l'Amirauté britannique Winston Churchill ordonne la mise hors de combat d'un navire allemand, l'Altmark, dans un fjord de Norvège. Piqué au vif, Hitler va prendre la décision d'envahir le pays scandinave, en dépit de sa neutralité.

Le plan Manstein

L'invasion de la Hollande, de la Belgique et de la France en mai-juin 1940 est le fruit d'un plan téméraire, concocté par Hitler suite à sa rencontre inopinée avec un obscur général d'infanterie, Erich von Manstein, le 17 février 1940...

La première phase du plan Manstein, le « Fall Gelb » (« Plan Jaune »), entraînera en mai 1940 l'enfermement des troupes alliées dans la nasse de Dunkerque, par un mouvement tournant de la Wehrmacht. Après quoi, en juin 1940, celle-ci appliquera le « Fall Rot » (« Plan Rouge »), autrement dit l'invasion de la France...

Traité de Moscou entre la Finlande et l'URSS

Trois mois après l'invasion brutale de la Finlande par les troupes soviétiques, Staline, surpris par la résistance des Finnois, se résigne à une paix de compromis.

Il renonce à l'occupation complète du pays et conclut avec son adversaire le traité de Moscou du 12 mars 1940 par lequel il annexe la Carélie orientale et les abords du lac Ladoga. La plupart des habitants (environ un dixième de la population finlandaise) quittent leurs foyers pour la Finlande libre.

Sa victoire à l'arraché a pour effet d'isoler un peu plus l'URSS sur le plan international. Elle met aussi en évidence la médiocrité du commandement soviétique et la faible motivation des troupes. Vorochilov, commissaire du peuple (ministre) à la Défense, est d'ailleurs démis de ses fonctions dès le 7 mai.

Hitler va en tirer d'utiles enseignements quand il prendra la décision d' attaquer son associé le 22 juin 1941...

Paul Reynaud à la tête du gouvernement français

Le 21 mars 1940, dans l'émotion suscitée par l'armistice entre les Finlandais et les Soviétiques, dix jours plus tôt, Paul Reynaud remplace Édouard Daladier, l'homme des accords de Munich, à la présidence du Conseil (le gouvernement français)...

Hitler envahit la Norvège

Le 9 avril 1940, les armées de Hitler envahissent la Norvège. Les Alliés franco-anglais répliquent par un débarquement sur la côte septentrionale de la Norvège, en vue de protéger les gisements de fer de Suède. Tandis que le gros de leurs armées reste l'arme au pied le long de la frontière française, ils engagent à Narvik leur première campagne contre la Wehrmacht.

Hitler envahit la Belgique

Le 10 mai 1940, sept mois après la déclaration de guerre de la France et de l'Angleterre à l'Allemagne, celle-ci rompt le front occidental.

Conformément au plan audacieux du général Erich von Manstein, le Führer porte son principal effort dans les Ardennes, une région montagneuse qui n'est pas protégée par la ligne Maginot et que le généralissime Gamelin n'a pas cru nécessaire de défendre...

Churchill Premier ministre contre Hitler

Le 10 mai 1940, tandis que les armées de Hitler rompent le front de l'ouest, Winston Churchill devient Premier ministre de Grande-Bretagne. Il remplace à ce poste Neville Chamberlain, qui s'est déconsidéré par ses hésitations et ses reculades face au Führer.

Trois jours plus tard, le 13 mai 1940, Winston Churchill lance à l'adresse des députés et de ses concitoyens : «Je n'ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur !...»

Churchill présente son cabinet de guerre

Le 13 mai 1940, trois jours après avoir été nommé Premier ministre par le roi George VI, Winston Churchill (66 ans) présente son cabinet de guerre à la Chambre des Communes. Empruntant une formule adressée par le nationaliste italien Giuseppe Garibaldi à ses Chemises rouges en 1860, l'orateur lance à l'adresse des députés et de ses concitoyens : « Je n'ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur ! » En France, Hitler a lancé une guerre-éclair fulgurante et chacun s'attend à une invasion de la Grande-Bretagne elle-même. Le vieux Lion va changer le destin.

L'Italie déclare la guerre à la France

Le 10 juin 1940, l'Italie déclare la guerre à la France et à l'Angleterre, tandis que ces deux pays tentent désespérément de résister à l'invasion allemande. Mussolini se repentira sur le tard de ce « coup de pied de l'âne » qui entraînera son régime dans la débâcle hitlérienne.

L'entrée de l'Italie dans la guerre favorisera paradoxalement les Alliés. En 1941, Hitler devra différer l'attaque de l'URSS pour secourir Mussolini empêtré dans les Balkans et en Grèce, de sorte que le terrible hiver russe frappera les Allemands avant qu'ils aient le temps de conquérir Moscou. En 1943 enfin, c'est par la Sicile que les Anglo-Saxons entameront la reconquête du continent.

Formation du gouvernement Pétain

Le soir du dimanche 16 juin 1940, à Bordeaux, Paul Reynaud démissionne et laisse au maréchal Pétain le soin de former un nouveau gouvernement et de décider de l'attitude à prendre devant l'invasion allemande...

Pétain demande l'armistice

Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain demande aux Allemands quelles sont leurs conditions d'armistice. À midi, il prononce à la radio une allocution mémorable : « C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat... » Le même jour, le général de Gaulle prend l'avion pour Londres.

Naufrage du Lancastria

Le 17 juin 1940, tandis que la France est envahie par la Wehrmacht, le Lancastria, un paquebot chargé de soldats britanniques, quitte à la hâte le port de Saint-Nazaire. Bombardé par des Junker allemands, il explose et coule en 24 minutes. On recueillera près de 2500 survivants. Faute d'un enregistrement des passagers de fortune, le nombre de victimes est quant à lui évalué à 5200 !

L'Appel

Le 18 juin 1940, sur les ondes anglaises, le général de Gaulle lance aux Français qui se trouvent en Angleterre ou viendraient à s'y trouver un appel à le rejoindre pour poursuivre la lutte contre les Allemands qui, au même moment, envahissent la France. L'Appel est diffusé sur les ondes le soir, vers 22 heures, et rediffusé le lendemain vers 16 heures...

Premier sabotage

Le 20 juin 1940, deux jours avant l'armistice qui consacrera la défaite des armées françaises face à la Wehrmarcht, un inconnu, Étienne Achavanne, prend l'initiative de saboter des lignes téléphoniques allemandes. Fusillé le 4 juillet 1940 près de Rouen, il peut être considéré comme le premier résistant français à l'occupation allemande.

Armistice franco-allemand

Le 22 juin 1940, la France du maréchal Pétain signe à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, un armistice avec l'Allemagne d'Adolf Hitler. Entre cette date et l'invasion de l'URSS, l'Angleterre de Churchill sera seule au monde à combattre le nazisme...

Attaque de Mers el-Kébir

Le 3 juillet 1940, la Royal Navy attaque la flotte française amarrée dans la base nord-africaine de Mers el-Kébir. Seuls contre les nazis après l'armistice franco-allemand, les Anglais craignent non sans raison que la flotte française ne soit réquisitionnée par les Allemands. Sous le nom de code Catapult, ils lancent une opération destinée à s'emparer de tous les navires français à leur portée ou de les neutraliser.

La brutalité de l'attaque de Mers el-Kébir (près de 1300 morts) réveille en France une anglophobie latente. C'est une aubaine pour les partisans d'une collaboration avec l'occupant. Quelques jours plus tard, l'Assemblée nationale issue des élections de 1936 et du Front populaire vote à une écrasante majorité les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

Pleins pouvoirs au Maréchal Pétain

Le 10 juillet, dans le casino de la ville d'eaux de Vichy, la Chambre élue en 1936 sous les couleurs du Front Populaire vote les pleins pouvoirs au maréchal Philippe Pétain. 80 députés sur 649 s'y opposent. C'est la fin de la IIIe République et le début de ce qu'on appelle le « régime de Vichy ».

Pierre Laval, vice-président du Conseil, s'est chargé de lire devant les députés la lettre du maréchal demandant les pleins pouvoirs en vue de préparer une nouvelle Constitution. Pétain lui-même a veillé à ne pas se présenter devant « ces gens-là » qu'il méprise. Sitôt le vote acquis, la Chambre est dissoute et le nouveau chef de l'État, outrepassant la mission qui lui a été confiée, s'arroge les pleins pouvoirs. Il entame à 84 ans une carrière de dictateur.

Le Maréchal fait très vite l'objet d'un véritable culte de la personnalité. Beaucoup de sommités se retrouvent aux côtés du vainqueur de Verdun avec l'espoir de régénérer le pays grâce à une « Révolution nationale ».

La bataille d'Angleterre

Le 30 juillet 1940, Hermann Goering, qui dirige la Luftwaffe, l'aviation de combat allemande, annonce le début de la «grande bataille aérienne» contre l'Angleterre, selon ses propres mots.

L'offensive va tourner court en raison de la résistance héroïque des pilotes britanniques du «Fighter Command» et d'une innovation révolutionnaire, le radar...

Le Juif Süss à la Mostra de Venise

Célèbre film de propagande nazi, Le Juif Süss (Jud Süss en allemand) ouvre la Mostra de Venise le 5 septembre 1940, quelques mois après le début de la Seconde Guerre mondiale. Dans les mois qui suivent, il est vu par 20 millions de spectateurs en Allemagne et dans l'Europe occupée (dont un million en France).

Le film a été réalisé par Veit Harlan, sous l'égide du ministre de la Propagande du Reich Joseph Goebbels, avec d'importants moyens matériels. Il se présente habilement comme un film historique et d'aventure, propre à séduire tous les publics. Son antisémitisme (*) odieux se cache derrière une technique d'une indéniable qualité et un scénario élaboré avec le plus grand soin.

Le scénario s'inspire d'un roman de Lion Feuchtwanger, paru en 1925. Ce roman raconte l'histoire d'un financier du XVIIIe siècle, Joseph Süss Oppenheimer, qui servit le duc de Wurtemberg et finit par être pendu à Stuttgart. Mais ce fond de vérité est outrageusement déformé. Ainsi le film attribue-t-il au financier juif le viol de la fille du conseiller alors que c'est ce dernier qui dans la réalité viola la fille de Süss.

L'objectif est de présenter Süss et ses coreligionnaires comme des êtres maléfiques, avides d'argent et de sexe, visant à s'introduire dans les villes allemandes pour s'en approprier les richesses et les femmes.

Depuis la fin de la guerre, le visionnage intégral du film est réservé aux chercheurs ; le public n'étant autorisé qu'à en voir des extraits.

Londres victime du Blitz

Le 7 septembre 1940, suite à l'échec des attaques aériennes contre l'Angleterre, Hitler inaugure une nouvelle tactique destinée à abattre le moral de l'ennemi : 364 bombardiers allemands, escortés par 515 chasseurs, bombardent Londres de 17h à 4h30 du matin, faisant 430 morts, surtout dans les quartiers populaires de l'East End.

C'est le début de ce que les Britanniques appellent le «Blitz»...

Découverte de Lascaux

Le 12 septembre 1940, près du village de Montignac, au coeur du Périgord noir, quatre enfants suivent leur chien dans une faille de rocher. C'est ainsi qu'ils découvrent des grottes recouvertes de dessins mystérieux.

Ils font part de leur découverte à leur instituteur, Léon Laval, lequel en informe l'abbé Henri Breuil, éminent spécialiste de la Préhistoire. Celui-ci se rend sur le site, appelé Lascaux, et au terme de patients relevés, à la lueur d'une bougie, il identifie des peintures rupestres vieilles de 18.000 ans. Le site est classé monument historique dès le 27 décembre suivant. La qualité exceptionnelle de ses fresques lui a valu d'être surnommé la « Sixtine de la Préhistoire », en référence au chef-d'oeuvre de Michel-Ange.

Premier statut des Juifs

Assommée par la défaite, la France s'est abandonnée en juillet 1940 à une coalition de jeunes technocrates issus d'une grande banque d'affaires, la banque Worms, et de politiciens impatients de rompre avec la politique antérieure et de revenir à ce qu'ils considèrent comme des valeurs nationales menacées : la terre, la patrie, la religion etc.

Les nouveaux dirigeants appartiennent à la droite comme à la gauche. Le vice-président du Conseil Pierre Laval est lui-même un ancien député socialiste. Ces hommes remettent au goût du jour les idées nauséabondes exprimées au siècle précédent par Édouard Drumond dans La France juive et reprises par l'Action française.

Avec les encouragements du Chef de l'État français, le Maréchal Pétain, ils promulguent dès le 3 octobre 1940 le premier statut des juifs sans y avoir été obligés par les nazis. Le statut exclut les Français identifiés comme Juifs de la plupart des fonctions publiques et de nombreuses autres professions.

En dépit de son aspect scandaleux, il passe à peu près inaperçu. Il est vrai que les Français se battent au même moment dans les difficultés du quotidien et très peu connaissent des juifs concernés par le statut. L'opinion sera plus sensible à la promulgation, l'année suivante, le 2 juin 1941, d'un statut plus rigoureux, en remplacement du premier.

Rencontre de Montoire

Le 24 octobre 1940, le maréchal Pétain rencontre Hitler dans la petite gare de Montoire-sur-le-Loir, par l'entremise de Pierre Laval. C'est le début de la politique officielle de « collaboration » entre le « régime de Vichy » et le IIIe Reich.

Le chef de l'État s'en explique à la radio quelques jours plus tard, le 30 octobre 1940 : « C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française, une unité de dix siècles, dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen,que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration (...). Cette collaboration doit être sincère... »

Le Manifeste de Brazzaville

Le 27 octobre 1940, en réaction à la rencontre de Montoire, le général Charles de Gaulle lance un Manifeste de Brazzaville, capitale de l'Afrique Équatoriale Française (AEF). Par ce discours sobre et vigoureux, il affirme son autorité et annonce la constitution  d'un Conseil de Défense de l'Empire.

Y figurent les principales personnalités qui l'ont déjà rejoint : le général Georges Catroux, l'amiral Muselier, le général Larminat, les gouverneurs Félix Éboué et Sautot, le colonel Philippe Leclerc de Hauteclocque, le médecin-général Sicé, le professeur René Cassin et le révérend-père Georges Thierry d'Argenlieu.

Le Grec Metaxàs répond « Ochi » à Mussolini

Le 28 octobre 1940, le Premier ministre Ioannis Metaxàs répond fermement « Ochi » (« non ») à un ultimatum du dictateur italien Mussolini qui le somme de laisser ses troupes entrer dans son pays.

Le petit royaume grec est aussitôt envahi par les troupes italiennes qui occupent déjà l'Albanie voisine. À la surprise générale, les Grecs résistent avec une âpreté étonnante à l'invasion et parviennent à repousser les Italiens...

Le jour du Ochi

Depuis la Libération du pays, le 28 octobre a été proclamé fête nationale. Cet anniversaire rappelle l'héroïque résistance du peuple grec à l'invasion italo-allemande.

De Gaulle crée l'ordre de la Libération

Le général Charles de Gaulle, avec la croix de la Libération (Brazzaville, 14 juillet 1941), photo : chancellerie de l'ordre de la Libération De passage à Brazzaville, capitale de l'Afrique Équatoriale Française, le chef de la France Libre fonde l'ordre de la Libération.

Cinq mois après l'invasion de la France par l'armée allemande, il veut avec cet ordre honorifique «récompenser les personnes ou les collectivités militaires ou civiles qui se seront signalées dans l'oeuvre de libération de la France et de l'empire».

1.059 croix ont été ainsi décernées jusqu'à la cessation d'attribution en janvier 1946.

18 l'ont été à des unités militaires et cinq à des communes françaises : Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors et l'Ile de Sein. 271 personnes ont par ailleurs reçu la croix à titre posthume. À titre exceptionnel, Winston Churchill et feu le roi George VI l'ont reçue en 1958 et 1960.

Le 16 novembre 2012, les Compagnons de la Libération, réduits à une vingtaine, transmettront aux cinq communes «compagnons» le soin d'entretenir leur souvenir ainsi que le musée installé aux Invalides. Il reviendra aussi à ces villes de désigner le successeur de l'actuel chancelier, le colonel Fred Moore, ancien de la 2 DB.

Deuxième après la Légion d'Honneur dans l'ordre protocolaire, l'ordre de la Libération n'a eu qu'un seul Grand-Maître, le général de Gaulle. Il se flatte de ne compter dans ses rangs que d'authentiques résistants (à l'exception peut-être du trop flamboyant André Malraux) parmi lesquels des hommes de grand mérite comme François Jacob, Prix Nobel de médecine 1965.

Renvoi de Laval

Le 13 décembre 1940, le Maréchal Pétain renvoie son vice-président du Conseil, Pierre Laval, avec ces simples mots : « Vous n'avez plus ma confiance... ». Il le remplace par Pierre-Étienne Flandin.

Mais, soutenu par l'occupant, Laval revient dès le 17 avril 1942 à la tête du gouvernement et renforce dès lors la politique de collaboration avec l'Allemagne.

Exécution de Jacques Bonsergent

Le 23 décembre 1940, Paris se couvre de cette affiche : « L'ingénieur Jacques Bonsergent a été condamné à mort par le tribunal militaire allemand pour acte de violence envers un membre de l'armée allemande. Il a été fusillé ce matin ».

Le jeune homme (28 ans) est l'un des premiers Français fusillés par l'occupant allemand. Il a été arrêté six semaines plus tôt après une rixe nocturne avec des soldats. En le faisant exécuter pour ce simple motif, Hitler veut lancer un avertissement au maréchal Pétain, qui avait révoqué dix jours plus tôt le vice-président Pierre Laval et refusé d'assister aux Invalides au retour des cendres de l'Aiglon.

Rommel débarque à Tripoli

Le 14 février 1941, le général Erwin Rommel débarque à Tripoli, capitale de la Libye italienne, à la tête d'un corps d'armée allemand, l'Afrikakorps. Son offensive contre les Anglais se brisera à El-Alamein en octobre 1942.

Le « serment de Koufra »

Le 2 mars 1941, le colonel Leclerc (38 ans) enlève aux Italiens l'oasis de Koufra, au sud de la Libye.

Avec ses hommes, qui ont rejoint comme lui le général de Gaulle après l'invasion de la France par la Wehrmacht, il fait le serment de ne plus déposer les armes avant que le drapeau français ne flotte sur Strasbourg.

Ce «serment de Koufra» marque le début d'une longue marche glorieuse qui passera par la Libération de Paris...

La « rafle du billet vert »

En mai 1941, à Paris, des milliers de Juifs étrangers reçoivent une convocation, le « billet vert » : ils sont « invités à se présenter » le 14 mai dans divers lieux de rassemblement « pour examen de situation ».

Persuadés qu'il s'agit d'une simple formalité, beaucoup s'y rendent. Ils sont alors retenus, tandis que la personne qui les accompagne est priée d'aller chercher pour eux quelques vêtements et vivres.

3.700 Juifs sont ainsi arrêtés. Conduits à la gare d'Austerlitz en autobus, ils sont transférés le jour même en train vers le Loiret, dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Ils vont y rester pendant plus d'un an, dans l'ignorance totale du sort qui leur est réservé...

Les Britanniques de retour à Bagdad

Le 1er juin 1941, sous une chaleur torride, un corps expéditionnaire britannique entre à Bagdad et en chasse le gouvernement de Rachid Ali, un putschiste en cheville avec les Allemands...

La Wehrmacht envahit l'URSS

Le 22 juin 1941, à 4 heures du matin, Staline est réveillé par un coup de fil du général Joukov dans sa datcha des environs de Moscou : «C'est la guerre !»

Les troupes allemandes viennent de pénétrer en Union soviétique. Cette guerre non déclarée survient un an jour pour jour après l'armistice franco-allemand...

Mgr von Galen dénonce le massacre des innocents

Le 3 août 1941, Monseigneur von Galen, évêque de Munster, dénonce en chaire le meurtre organisé des handicapés par les nazis au nom de l'eugénisme (nom de code de l'opération : « Aktion T4 »). C'est la première fois qu'une personnalité allemande s'en prend publiquement à la politique de Hitler. Le fait est d'autant plus remarquable qu'il survient quelques semaines après l'entrée en guerre de l'Allemagne contre l'URSS.

La Charte de l'Atlantique

Le 14 août 1941, le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill se rencontrent à bord du navire de guerre Prince of Wales «quelque part en mer», au large de Terre-Neuve.

Ils proposent une série de principes moraux devant guider les puissances démocratiques et garantir le rétablissement durable de la paix...

Attentat au métro Barbès

Le 21 août 1941, à Paris, un militant communiste de 22 ans, Pierre Georges, futur «colonel Fabien», se rend au métro Barbès et abat le premier Allemand qu'il croise sur le quai, l'aspirant Moser.

Cet attentat fait suite à l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht et à l'entrée des communistes français dans la résistance contre l'occupant nazi.

L'objectif des communistes est l'affrontement frontal avec l'ennemi. Ils veulent de la sorte attiser la répression et immobiliser en France un maximum de divisions allemandes qui seront de ce fait rendues indisponibles pour combattre sur le front oriental, en URSS.

À Vichy, dès qu'est connu l'attentat du métro Barbès, le ministre de l'Intérieur Pierre Pucheu décide de punir le crime sans attendre en faisant exécuter six «communistes». De cette façon, il espère dissuader les Allemands de s'immiscer dans le maintien de l'ordre.

Dès le 23 août, une loi crée un nouveau tribunal, les Sections Spéciales, habilité à rejuger des condamnés en violation du sacro-saint principe de non-rétroactivité des lois (nulla poena sine lege).

Trois malheureux emprisonnés pour des délits mineurs ou la diffusion de tracts communistes sont extraits des prisons de Paris, rejugés à la hâte en qualité de présumés terroristes et guillotinés dès le lendemain matin dans la cour de la prison de la Santé. Les juges requis pour le tribunal n'osent cependant aller au bout de leur mission.

Ce n'est que le 24 septembre 1941 que le ministre obtient ses trois autres têtes, après avoir dû créer le 7 septembre un nouveau Tribunal d'État composé d'un seul magistrat «en activité ou en retraite» !

Le massacre de Babi Yar

Les 29 et 30 septembre 1941, à Kiev (Ukraine), pas moins de 33.000 juifs de tous âges et des deux sexes sont tués au lieu-dit Babi Yar (le « ravin de la vieille femme » en yiddish) par les Einsatzgruppen de la Schutzstaffel (SS)...

Exécution de 27 otages dont Guy Môquet

Le mercredi 22 octobre 1941, à Châteaubriant, en Bretagne, les Allemands fusillent 27 détenus (dont Guy Môquet) en riposte à l'assassinat du commandant allemand de Nantes, le Feldkommandant Fritz Holtz.

Celui-ci a été abattu deux jours plus tôt, le 20 octobre, en plein centre de Nantes, par un militant communiste, Gilbert Brustlein. Le 21 octobre, à Bordeaux, un conseiller militaire allemand, Hans Reimers, a été à son tour abattu par un autre résistant communiste, Pierre Rebière...

Les Japonais attaquent Pearl Harbor

Au matin du dimanche 7 décembre 1941, des nuées d'avions japonais attaquent par surprise la flotte de guerre américaine basée à Pearl Harbor, dans les îles Hawaï. Trois heures plus tard, le gouvernement japonais transmet à son homologue américain une déclaration de guerre en bonne et due forme...

75 otages, dont Gabriel Péri, fusillés au mont Valérien

Le 15 décembre 1941, pendant l'occupation allemande, 75 otages juifs et/ou communistes sont fusillés au mont Valérien...

Jean Moulin est parachuté en France

Le 2 janvier 1942, Jean Moulin est parachuté en France pour organiser la résistance intérieure et la placer sous les ordres du général de Gaulle...

Mise au point de la « Solution finale »

Le 20 janvier 1942, mise au point de la « Solution finale » à la conférence de Wannsee par Reinhard Heydrich, le chef des services de sécurité allemands - la Sicherheitspolizei (SD) et le Reichsicherheits-Hauptamt (RSHA) -, en présence de dignitaires et hauts fonctionnaires nazis (Adolf Eichmann).

Ils mettent au point la déportation des Juifs de l'ouest de l'Europe vers les camps d'extermination situés en Pologne...

Singapour capitule face aux Japonais

Le 15 février 1942, au coeur de la Seconde Guerre mondiale, le port britannique de Singapour capitule devant les armées japonaises. En faisant sauter ce verrou, le Japon ouvre à sa marine et à son armée l'Océan Indien, l'Insulinde et même l'Australie. Pour la Grande-Bretagne, depuis peu soutenue par les États-Unis et l'URSS, c'est le moment le plus critique de sa lutte contre les puissance de l'Axe, Allemagne, Italie et Japon.

Ouverture du procès de Riom

Le 19 février 1942, s'ouvre le procès de Riom. À la suite de la défaite de 1940, le gouvernement de Vichy entend juger les responsables de l'impréparation de l'armée et poursuit quelques-uns des dirigeants de l'entre-deux-guerres. Léon Blum, Édouard Daladier, le général Gamelin entre autres, sont au banc des accusés...

Rawa-Ruska, le camp de la mort lente

Le 13 avril 1942, deux mille prisonniers de guerre français entraient dans le camp de représailles de Rawa-Ruska (ou Ravaruska). Ils furent bientôt suivis de nombreux autres...

Traité anglo-soviétique de Londres

Suite à l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht et à la rupture du pacte germano-soviétique, l'URSS est rejetée dans le camp occidental. Le 26 mai 1942, le Secrétaire aux Affaires étrangères britannique Anthony Eden et son homologue soviétique Viatcheslav Molotov scellent l'alliance par la signature à Londres d'un traité d'assistance mutuelle de vingt ans. Par ce traité, le premier concède au second le droit à un glacis de sécurité et à des frontières stratégiques. Un avant-goût de la conférence de Yalta.

Attentat contre Heydrich

Le 27 mai 1942, Reinhard Heydrich (38 ans) est blessé dans un attentat commis à Prague par des résistants tchèques parachutés de Londres.

Il mourra le 4 juin de ses blessures. Il s'ensuivra une vague de répression sanglante contre les Tchèques. Le village de Lidice sera rasé et les sept auteurs de l'attentat (Jan Kubis, Adolph Opalka, Josef Volcik,...) tués dans l'assaut de l'église pragoise où ils s'étaient réfugiés.

Homme de confiance de Hitler, Heydrich était « Reichsprotektor » (« Protecteur du Reich ») de Bohême-Moravie et par ailleurs chef des services de sécurité nazis (RSHA) et grand ordonnateur de la « Solution finale », à ce titre l'homme le plus puissant d'Europe après Hitler ! Son assassinat est le premier coup porté à la toute-puissance nazie.

La bataille de Midway

Du 3 au 6 juin 1942, les flottes japonaise et américaine s'affrontent près de l'île de Midway, au coeur du Pacifique.

Pour la première fois dans une bataille navale, l'aviation fait figure de vedette. Les Japonais perdent leurs quatre porte-avions. Abasourdis six mois plus tôt par le choc de Pearl Harbor, les Américains redressent la tête et entament une contre-offensive victorieuse...

Le martyre de Lidice

Le 10 juin 1942, un détachement de SS pénètre dans le village tchèque de Lidice, sous le commandement du Standartenführer Max Rostock. 263 adultes, dont 71 femmes, sont massacrés. 198 autres sont déportés à Ravensbrück et 98 enfants dispersés dans des orphelinats (16 seulement survivront à l'épreuve). Le village est incendié et rasé.

Cet acte de barbarie fait suite à l'assassinat de Reinhard Heydrich, « protecteur du Reich » en Bohême-Moravie, par des résistants tchèques commandités par Londres, deux semaines plus tôt. Deux ans plus tard, jour pour jour, un autre village, Oradour-sur-Glane, connaîtra le même sort.

Rafle du Vél d'Hiv

Le 16 juillet 1942 a lieu la rafle du Vél d'Hiv. Sous le nom de code « Vent printanier », les Allemands ont projeté d'arrêter un grand nombre de Juifs dans toute l'Europe occupée.

En France, l'administration, jalouse de ses droits (!), veut s'en charger elle-même. C'est ainsi qu'à Paris, 7.000 policiers et gendarmes sous les ordres de René Bousquet, jeune et efficace fonctionnaire du gouvernement de Vichy, arrêtent 13.000 Juifs, y compris 4.000 enfants que les nazis n'avaient pas formellement réclamés. La moitié sont parqués dans le camp de Drancy, au nord de Paris, les autres dans le vélodrome d'hiver de la rue Nélaton (15e arrondissement). Quelques jours après, tous sont convoyés vers les camps d'extermination. Quelques dizaines seulement en reviendront.

La rafle scelle la collaboration entre Vichy et l'occupant allemand. Mais elle entraîne aussi une fracture dans l'opinion française, jusque-là massivement indifférente ou attentiste. Beaucoup de citoyens basculent dans la Résistance, plus ou moins active ; d'autres, à l'inverse, se radicalisent et basculent dans l'antisémitisme et la collaboration.

Il a fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'à la faveur d'un très beau et très émouvant discours, un président, Jacques Chirac, reconnaisse officiellement «  que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français  ».

Débarquement de Dieppe

Le 19 août 1942, environ 6000 hommes de troupe débarquent sur les plages de Dieppe, au nord de la Seine. Parmi eux figurent 1005 commandos britanniques, 50 rangers américains, 15 Français et 4963 hommes et officiers de la 2e division d'infanterie canadienne, dont le régiment franco-canadien des fusiliers Mont-Royal.

Les Anglo-Saxons veulent par cette opération tester les défenses allemandes et préparer un futur débarquement de masse. Mais un convoi allemand repère la flotte alliée et donne l'alerte. Le débarquement vire à la tragédie. L'aviation allemande mitraille et bombarde sans répit les plages sur lesquelles les chars d'assaut se révèlent incapables de manoeuvrer. La retraite en désordre laisse 1380 tués et deux mille prisonniers.

Les Alliés tirent heureusement toutes les leçons de cet échec héroïque. Ils décident que le futur débarquement en Europe de l'Ouest aura lieu sur des plages à l'écart des ports existants. Dans cette perspective, ils se lancent dans la mise au point d'un grand port artificiel. Ce sera Arromanches.

La bataille d'El-Alamein

Le 23 octobre 1942, l'Afrikakorps du maréchal Rommel recule à El-Alamein devant la VIIIe armée britannique du général Montgomery.

C'est le premier coup d'arrêt infligé à l'armée allemande après une guerre éclair qui lui a valu d'occuper la plus grande partie de l'Europe continentale et du bassin méditerranéen. Il a été rendu possible par l'héroïque résistance d'une brigade française à Bir Hakeim, au sud du dispositif britannique...

Débarquement en Afrique du Nord

Le 8 novembre 1942, dans le cadre de l'opération «Torch», 100.000 soldats américains et anglais débarquent en Afrique du nord. Bénéficiant de l'effet de surprise, ils s'emparent de Casablanca, Oran et Alger, en vue de préparer la libération du continent européen...

Occupation de la zone « libre »

Le 11 novembre 1942, Hitler déclenche l'opération « Attila ». En réponse au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, l'armée allemande franchit la ligne de démarcation qui sépare la France occupée de la France dite « libre » depuis l'armistice de 1940. À Toulon, sur ordre de l'amiral Jean de Laborde, la flotte française se saborde pour échapper aux Allemands sans pour autant tomber entre les mains des Anglais ! À Vichy, le gouvernement du maréchal Pétain et de Pierre Laval est placé sous le contrôle direct de l'occupant. Il perd la fiction de son indépendance.

La flotte française se saborde à Toulon

Le 27 novembre 1942, la flotte française se saborde en rade de Toulon. L'ordre vient de l'amiral Jean de Laborde. Il veut éviter de livrer la flotte aux Allemands qui viennent d'envahir la zone libre. Il ne veut pas pour autant l'envoyer combattre avec les ennemis de Hitler, car parmi eux figurent les Anglais, ennemis traditionnels de la France et de ses marins ! Les navires de guerre ne serviront ni aux Allemands… ni aux Alliés...

Assassinat de l'amiral Darlan

Le 24 décembre 1942, l'amiral François Darlan (61 ans), est assassiné à Alger par un jeune activiste royaliste, Bonnier de la Chapelle, exécuté aussitôt après.

Quelques semaines plus tôt, au moment du débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord, le dauphin du maréchal Pétain, qui se trouvait alors à Alger au chevet de son fils malade, était devenu presque malgré lui l'interlocuteur des Américains. Ces derniers, qui ne prenaient pas au sérieux la France libre et le mouvement gaulliste, souhaitaient négocier avec lui le ralliement des colonies françaises à la guerre contre le nazisme. Sa mort inopinée va amener Washington à se tourner vers le terne général Giraud avant de reconnaître enfin le général de Gaulle.

Les Allemands capitulent à Stalingrad

Le 31 janvier 1943, le maréchal Friedrich Paulus signe la capitulation de la VIe armée allemande à Stalingrad...

Cette métropole industrielle russe située sur la Volga avait renoncé en 1925 à son nom : Tsaritsyne, pour celui du dictateur soviétique ; en 1961, dans le cadre de la déstalinisation voulue par Khrouchtchev, la ville avait changé son nom pour Volgograd, la «ville de la Volga»...

De nombreuses voix s'élèvent en ce début de XXIe siècle pour qu'elle reprenne le nom sous lequel elle s'est illustrée pendant la «grande guerre patriotique» (1941-1945) , fût-il celui d'un dictateur sanguinaire...

Manifeste du peuple algérien

Le 10 février 1943, un Algérien musulman, Ferhat Abbas, publie le Manifeste du peuple algérien et revendique une pleine autonomie pour l'Algérie.

Service du Travail Obligatoire (STO)

affiche de propagande sur le Service de Travail Obligatoire, STOLe 16 février 1943, une loi de l'État français institue le Service Obligatoire du Travail, rebaptisé très vite Service du Travail Obligatoire (STO) en raison des moqueries suscitées par ses initiales.

Dès le début de l'Occupation allemande, des Français se sont portés volontaires pour aller travailler en Allemagne dans les fermes ou les usines d'armement, en échange d'une bonne rémunération. On en compte au total 240.000, dont 70.000 femmes.

Ces travailleurs volontaires ne suffisant pas à colmater les manques de main-d'oeuvre occasionnés par la mobilisation, Fritz Sauckel, responsable de l'emploi dans le IIIe Reich hitlérien, presse le gouvernement de Vichy de lui fournir 350.000 travailleurs qualifiés supplémentaires.

Le 22 juin 1942, Pierre Laval met donc en place la « Relève », promettant qu'au départ de trois travailleurs répondrait la libération d'un prisonnier français. L'opération se solde par un fiasco. Il se résout alors à organiser le STO. C'est le seul exemple d'un gouvernement européen qui ait livré ses travailleurs à l'Allemagne. On compte jusqu'en juin 1944 un total de 650.000 départs au titre du STO. Mais aussi environ 200.000 réfractaires. Beaucoup de ceux-ci entrent dans la Résistance et prennent le maquis.

Décapitation de la « Rose blanche »

Le 22 février 1943, l'étudiante allemande Sophie Scholl, son frère Hans et leur ami Christoph Probst sont guillotinés pour s'être rendus coupables de résistance au nazisme. Ils avaient formé un mouvement clandestin dénommé La Rose blanche et distribué des tracts dans leur établissement...

Cri d'amour dans la Rosenstraße

Le 27 février 1943, les nazis raflent à Berlin les derniers Juifs de la ville. Il s'agit pour la plupart d'hommes mariés à des femmes de souche « aryenne ». Ils attendent dans un bâtiment de la Rosenstraße d'être déportés dans un camp d'extermination. Mais leurs épouses vont obliger le pouvoir à faire marche arrière...

Découverte du charnier de Katyn

Le 13 avril 1943, la radio allemande annonce la découverte d'un charnier à Katyn, dans une forêt de Biélorussie. Il s'agit des restes de 4.143 officiers polonais, délibérément exécutés par les Soviétiques lorsque ceux-ci, conformément au pacte germano-soviétique, s'étaient emparés en 1939-1940 de la partie orientale du pays. Pendant plusieurs décennies, niant l'évidence, les communistes persisteront à rejeter le crime sur les nazis. Il faudra attendre 1990 pour que les Soviétiques, par la voix de Mikhaïl Gorbatchev, assument la paternité du massacre...

En 2007, le cinéaste Andrzej Wajda a tiré un film témoignage remarquable de ce drame dont son propre père a été l'une des victimes.

Découverte du LSD

Le 16 avril 1943, le chimiste suisse Albert Hofmann (37 ans), employé dans les laboratoires Sandoz (aujourd'hui Novartis), à Bâle, s'injecte par mégarde un dérivé de l'acide lysergique dont il était en train d'étudier les propriétés stimulantes. Il éprouve alors des sensations euphorisantes.

Cette découverte inopinée va ouvrir la voie à la drogue hallucinogène mythique des années 60 (les années « hippies » : le LSD (Lyserg Säure Diäthylamid ou diéthylamide de l'acide lysergique).

Mort de l'amiral Yamamoto

Le 18 avril 1943, un bombardier japonais en route vers les îles Salomon est abattu par la chasse américaine avec à son bord l'amiral Isokoru Yamamoto, le maître d'oeuvre de l'attaque sur Pearl Harbor. Les États-Unis avaient eu vent de sa présence à bord de l'avion en déchiffrant des messages radio et ils allaient profiter de l'aubaine pour se débarrasser de leur ennemi. Cette affaire illustre l'importance des services secrets pendant la deuxième guerre mondiale.

Soulèvement du ghetto de Varsovie

Le 19 avril 1943, les 60.000 juifs qui subsistent dans le ghetto de Varsovie se soulèvent contre les SS du général Jürgen Stroop, qui a reçu de Hitler l'ordre de les exterminer. Leur combat sans espoir durera jusqu'au 16 mai 1943. Tous seront dirigés vers les camps d'extermination sauf 7.000 d'entre eux, morts les armes à la main ou qui se seront suicidés comme leur chef, le jeune Mordechai Alinewicz...

Le Chant des Partisans

Le 30 mai 1943, dans un hôtel de la banlieue de Londres, l'écrivain-journaliste Joseph Kessel, son neveu Maurice Druon, la musicienne Anna Marly et quelques amis composent un chant qui deviendra sous le nom de Chant des Partisans l'hymne de la Résistance française au nazisme et à l'occupation allemande.

Arrestation de Jean Moulin

Le 21 juin 1943, la Gestapo investit la villa du docteur Dugoujon, à Caluire, une petite ville proche de Lyon, où se tient une réunion importante du Conseil National de la Résistance. Sans doute le chef de la Gestapo de Lyon, Klaus Barbie, a-t-il été informé par l'un des participants, le dénommé René Hardy.

Celui-ci seul arrive à s'enfuir. Parmi les résistants arrêtés, les Allemands ne tardent pas à identifier Jean Moulin, chef de la résistance intérieure. Ils le transfèrent à Paris puis à Berlin où il n'arrivera jamais. Le 8 juillet 1943, il meurt des suites des tortures et des mauvais traitements en gare de Metz.

Bataille de chars à Koursk

Le 5 juillet 1943, autour de la ville russe de Koursk, commence la plus grande bataille de chars de l'Histoire. Quelques mois après la gigantesque bataille de Stalingrad, elle met aux prises 3.500 engins blindés allemands et autant de soviétiques.

Au bout d'une semaine, les Allemands, qui ont perdu plus de 100.000 hommes, abandonnent la partie. C'est l'échec de l'opération baptisée « Citadelle ». Ils entament leur retraite. Celle-ci s'achèvera près de deux ans plus tard dans les ruines de Berlin.

Débarquement anglo-saxon en Sicile

Le 10 juillet 1943, les Anglo-Saxons débarquent en Sicile. C'est l'opération « Husty ». La 8e armée britannique du général Bernard Montgomery pose le pied sur la côte méridionale ; la 7e armée américaine du général George Patton sur la côte occidentale. Les troupes italiennes et allemandes sont prises au dépourvu et en cinq semaines, les Alliés s'emparent de l'île. À Rome, le gouvernement est pris de panique...

Mussolini renversé

Le 25 juillet 1943, deux semaines après le débarquement allié en Sicile, Mussolini est mis en minorité par le Grand Conseil fasciste, destitué et placé en résidence surveillée. Ses anciens fidèles, sous la direction du maréchal Badoglio, tentent dès lors de conclure un armistice avec les envahisseurs en s'efforçant d'écarter leurs anciens alliés allemands.

Les nazis enlèvent Mussolini

Le 12 septembre 1943, Benito Mussolini, qui était assigné à résidence dans le nid d'aigle du Gran Sasso (2912 m), dans les Abbruzes, est enlevé par un commando de SS et de parachutistes emmenés par le capitaine Otto Skorzeny...

Raids anglo-américains sur Nantes

Le 16 septembre 1943, à 16h35, 79 bombardiers B17 de la 8e Air Force, commandée par le général Travis et venus d'Angleterre, larguent 1450 bombes sur Nantes.

Une semaine plus tard, le 23 septembre, les bombardements sont renouvelés à 8h30 et 18h10 : en une quinzaine de minutes, une centaine de bombardiers larguent un millier de bombes sur le grand port de la côte atlantique. Il s'ensuit au total de ces deux journées 1444 morts identifiés, 27 disparus, 113 corps non identifiés, 2.600 blessés, six mille sinistrés, sept cents immeubles détruits, trois mille immeubles inhabitables, cinquante voie de circulation centrales obstruées sur une surface de plus de deux cents hectares.

Ce raid destiné en principe à détruire des installations industrielles, portuaires et militaires est l'un des plus meurtriers sur la France occupée. Il est toutefois sans commune mesure avec les raids de terreur qui ont frappé les ville allemandes. L'acteur américain Clark Gable, en cours de tournage d'un film de propagande, a fait partie de la deuxième escadrille qui a frappé Nantes.

Bombardement de Nantes, les 16 et 23 septembre 1943

L'Italie se retire de la guerre

Le 29 septembre 1943, le maréchal Badoglio, qui remplace Mussolini à la tête du gouvernement italien, signe un armistice avec les Alliés. L'Italie fasciste n'est plus aux côtés de l'Allemagne nazie.

Indépendance du Liban

Le 22 novembre 1943, en pleine guerre mondiale, les Libanais, forts du soutien des Anglo-Saxons, imposent l'indépendance complète de leur pays aux représentants de la France Libre du général de Gaulle.

La classe politique libanaise conserve les institutions léguées par la France. Elle choisit aussi, par un « Pacte national » non écrit, de consolider la répartition officieuse des postes de responsabilité entre les différentes communautés. L'objectif proclamé est de rendre chrétiens et musulmans solidaires dans une communauté arabophone à cheval entre Orient et Occident.

Fête nationale

Le 22 novembre est depuis lors la fête nationale du Liban. L'indépendance officielle est programmée pour le 1er janvier 1944. En définitive, c'est seulement en 1946 que les troupes françaises et anglaises quitteront pour de bon le pays.

Création des FFI

Le 29 novembre 1943 sont créées les Forces Françaises de l'Intérieur. Elles regroupent les différents mouvements de résistance en vue du combat aux côté des Alliés qui préparent un débarquement sur les côtes françaises.

Fin de la conférence de Téhéran

Staline, Roosevelt et Churchill à la conférence de Téhéran (28 novembre-1er décembre 1943)Tandis que l'Allemagne nazie recule sur tous les fronts, Churchill, Staline et Roosevelt se réunissent à Téhéran, en Iran, le 28 novembre 1943.

Trois jours plus tard, le 1er décembre, ils concluent leur conférence par un plan de débarquement militaire en Europe de l'Ouest (le « second front » réclamé par Staline depuis plus de deux ans), et un projet de démembrement de l'Allemagne après la défaite des nazis. Le président américain Roosevelt sort de cette conférence ébranlé et séduit par la rencontre de Staline...

De Gaulle décide de reconquérir l'Indochine

Le 8 décembre 1943, le général de Gaulle, qui préside à Alger le Comité français de libération nationale, prévient de son intention de reconquérir l'Indochine après la défaite de Hitler et de son allié japonais. Dépités, les résistants Vietnamiens se préparent à de nouvelles luttes.

La France reconnaît l'indépendance de la Syrie et du Liban

Le 3 janvier 1944, la France reconnaît la souveraineté de la Syrie et du Liban, qui avaient été placés sous son protectorat vingt-deux ans plus tôt. Dans le Liban à majorité chrétienne, quarante années de prospérité et de paix s'écouleront avant que l'intolérance religieuse ne dilapide l'héritage du protectorat.

Conférence de Brazzaville

Du 30 janvier au 8 février 1944, le gouvernement provisoire du général de Gaulle organise à Brazzaville, capitale de l'AEF (Afrique Équatoriale Française), une réunion destinée à rétablir son autorité dans les colonies françaises d'Afrique.

Le chef de la France Libre prononce à cette occasion un discours où il énonce sa vision de la vocation coloniale de la France et écarte toute idée d'indépendance pour les colonies : « En Afrique française comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n'y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n'en profitaient pas moralement et matériellement, s'ils ne pouvaient s'élever peu à peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C'est le devoir de la France de faire en sorte qu'il en soit ainsi ».

Le gouverneur Félix Éboué, petit-fils d'esclave originaire de Guyane, qui s'est rallié dès 1940 au général de Gaulle, figure parmi les principaux inspirateurs du discours.

La bataille de l'eau lourde

Le dimanche 20 février 1944, sur le lac Tinn, dans le comté norvégien de Telemark, le ferry SF Hydro explose et sombre avec ses passagers et son chargement de dioxyde de deutérium («eau lourde») en provenance de l'usine Vemork Nors Hydro.

Ce fait divers passe inaperçu dans un monde rempli des derniers rugissements de la Seconde Guerre mondiale. Ce n'en est pas moins le dernier épisode d'un long conflit entre services secrets alliés et militaires allemands, la «bataille de l'eau lourde».

L'Affiche rouge

Le 21 février 1944, les murs de Paris se couvrent de grandes affiches rouges qui font état de l'exécution de 23 terroristes membres d'un groupe de FTP (francs-tireurs partisans) dirigé par Michel Manouchian...

L'Indien Bose attaque les Indes britanniques

Bien que méconnu en Occident, Subhas Chandra Bose est entré dans l'histoire indienne comme « l'ennemi le plus déterminé des Britanniques ». En refusant de combattre aux côtés du Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale, il a fait un choix radicalement différent de ceux de Gandhi et Nehru. Allant jusqu'au bout de sa logique, il a mis sur pied une armée nationale indienne (Indian National Army, INA) avec laquelle il a attaqué les Indes britanniques, le 18 mars 1944, en appui des troupes japonaises...

Déportation des Tchétchènes

Le 23 mars 1944, dans les villes et villages tchétchènes et ingoutches du Caucase, les hommes sont convoqués sur les places publiques en vue d'un prétendu recensement. Ils sont aussitôt désarmés et déportés par les troupes soviétiques, selon des ordres donnés par le dictateur Staline.

Le lendemain, c'est le tour des femmes et des enfants. Au total 500.000 personnes. Les malheureux sont accusés de collaboration avec l'ennemi hitlérien... bien que celui-ci se soit depuis plusieurs mois déjà replié loin du territoire.

La bataille des Glières

Le dimanche 26 mars 1944, sur le plateau des Glières, à 1400 mètres d’altitude, en Haute-Savoie, près de la Suisse, des résistants français se heurtent à un détachement de quelques dizaines d’hommes envoyé en reconnaissance par le commandant allemand du secteur...

La Gestapo investit la maison d'Izieu

Créée en 1943 pour accueillir des enfants juifs clandestins, la Maison d'Izieu, dans le village du même nom, dans l'Ain, est investie le 6 avril 1944 par la Gestapo de Lyon, sous le commandement de Klaus Barbie.

Les Allemands arrêtent 44 enfants et leurs sept éducateurs. Seul un adolescent arrive à s'échapper. 42 enfants et cinq adultes seront gazés à Auschwitz-Birkenau. Deux adolescents et le directeur seront fusillés en Estonie. Des sept éducateurs, une seule personne reviendra d'Auschwitz.

Barbie, par ailleurs responsable de l'arrestation de Jean Moulin, après une longue cavale en Bolivie, sera condamné pour crime contre l'humanité à Lyon, en 1987.

Bataille du Mont Cassin

Le 17 mai 1944, à la bataille du Mont Cassin, entre Naples et Rome, les Marocains du général Juin brisent la résistance des armées allemandes et permettent aux Alliés de poursuivre leur progression en Italie. C'est l'un des principaux faits de gloire de la France Libre pendant la Seconde Guerre mondiale.

De Gaulle chef du gouvernement provisoire

Le 3 juin 1944, à quelques jours du débarquement allié en Normandie, le général de Gaulle constitue officiellement à Alger le gouvernement provisoire de la République française et en devient naturellement le chef. C'est l'ultime étape avant l'éviction du « régime de Vichy ».

Un an plus tôt, Charles de Gaulle avait quitté son exil londonien et s'était installé à Alger, qui venait d'être débarrassée des autorités vichystes par les troupes anglo-saxonnes. Il avait constitué le 3 juin 1943 un Comité français de libération nationale co-présidé par lui-même et le général Henri Giraud.

Dans les mois suivants, avec l'appui de résistants comme Jean Moulin et Georges Bidault, le chef de la France Libre avait surmonté son conflit de préséance avec le général Giraud, en qui les Américains voyaient un interlocuteur plus malléable, et était enfin devenu le chef incontesté de la Résistance. C'est ainsi qu'il avait pu transformer le Comité en gouvernement provisoire.

Le débarquement de Normandie

Le 6 juin 1944, à l'aube, 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s'approchent des côtes normandes avec pas moins de 130.000 hommes, sous la protection de plus de 10.000 avions. Cette opération aéronavale du nom d’« Overlord » (suzerain en français), la plus gigantesque de l'Histoire, était attendue par tous les Européens qui, en Europe occidentale, luttaient contre l'occupation nazie.

Le débarquement est placé sous le commandement du général américain Dwight Eisenhower, assisté des généraux Omar Bradley et George Patton ainsi que du maréchal britannique Bernard Montgomery. L'Abwehr (services secrets allemands) et le feld-maréchal Erwin Rommel, commandant des forces allemandes de Normandie, sont induits en erreur sur le lieu du débarquement par l'opération «Fortitude».

Deux mois après le Jour J («D Day» en anglais) et le débarquement sur les plages aux noms codés Utah et Omaha (troupes américaines), Gold (troupes britanniques), Juno (troupes canadiennes) et Sword (troupes britanniques), 2 millions d'hommes, 438.000 véhicules et 3 millions de tonnes de matériels ont déjà foulé le sol français et entamé leur progression vers Berlin…

Atrocités nazies à Tulle

Le 9 juin 1944 est un jour de grand deuil pour Tulle. Sous les yeux de la population, 99 otages, des hommes de seize à soixante ans, sont pendus aux réverbères et aux balcons de la ville par les SS de la division Das Reich.

Trois jours après le débarquement des Alliés sur les plages normandes, les troupes d'occupation allemandes veulent de la sorte terroriser la population et dissuader les maquis de la région d'entraver leurs déplacements...

Le martyre d'Oradour-sur-Glane

Le 10 juin 1944, deux ans après le massacre de Lidice, 642 habitants du village d'Oradour-sur-Glane, une bourgade proche de Limoges, sont assassinés dans des conditions abominables par une compagnie de 120 hommes de la division SS Das Reich. Oradour-sur-Glane est devenu en Europe occidentale le symbole de la barbarie nazie...

Une fusée V1 dans la Tamise

Le 13 juin 1944, la première fusée V1 (« Vergeltungswaffe » ou arme de la vengeance) s'écrase dans l'estuaire de la Tamise.

C'est le début d'une fantastique course aux armements : les savants allemands et en particulier le célèbre Wernher von Braun, développent les premières fusées autopropulsées (les V2) dans le centre ultra-secret de Peenemünde...

Attentat contre Hitler

Le 20 juillet 1944, Hitler échappe à la bombe qui devait le tuer, au Grand Quartier Général de Rastenburg, en Prusse orientale, dans son repaire dit la Tanière du Loup (« Wolfsschanze »).

L'attentat , baptisé « Opération Walkyrie », a été préparé par des militaires sous la direction du comte Claus von Stauffenberg, avec l'assentiment du maréchal Erwin Rommel. Les conjurés passent devant le Tribunal du Peuple, présidé par le redoutable Roland Freisler, et sont pendus...

Accords de Bretton Woods

Le 22 juillet 1944 prend fin à Bretton Woods (New-Hampshire, États-Unis) une conférence financière réunissant 44 nations alliées. Après trois semaines de travaux, cette conférence met en place un nouveau système financier destiné à corriger l'instabilité monétaire d'entre les deux guerres mondiales.

À l'instigation de l'économiste britannique John Maynard Keynes, l'étalon-or est abandonné au profit d'un étalon-change or (le « Gold Exchange Standard ») qui accorde une place prépondérante au dollar. Ce système perdurera jusqu'à l'abandon par le président Nixon de la convertibilité du dollar en or, le 15 août 1971. À Bretton Woods sont par ailleurs créés le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BIRD, Banque Internationale pour la reconstruction et le développement).

Les accords de Bretton Woods inaugurent une longue période de relative stabilité monétaire. Elle connaît son chant du cygne avec les accords du Plaza, quatre décennies plus tard.

Soulèvement de Varsovie

Le 1er août 1944, à Varsovie, la résistance intérieure polonaise déclenche un soulèvement contre l'occupant allemand...

Débarquement de Provence

Le 15 août 1944, les Alliés débarquent en Provence. Aux côtés des troupes anglo-saxonnes figure un puissant corps d'armée constitué de 120.000 Français Libres (y compris de nombreux soldats des colonies) sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny. C'est le troisième débarquement après ceux de Sicile et de Normandie...

La Libération de Paris

Le vendredi 25 août 1944, à 15h 30, le général Jacques Philippe Leclerc de Hauteclocque (43 ans) reçoit à Paris, devant la gare Montparnasse, la capitulation des troupes d'occupation de la capitale.

Un peu plus tard, sur le perron de l'Hôtel de Ville, devant une foule enthousiaste et joyeuse, sous un beau soleil estival, le général Charles de Gaulle improvise en des termes flamboyants la Libération de la capitale...

Projet de partage des Balkans

Le 10 octobre 1944, à Moscou, Churchill et Staline scellent en tête-à-tête le sort des pays balkaniques après la chute du IIIe Reich allemand...

Les communistes tentent de s'emparer d'Athènes

Le 3 décembre 1944, le Parti communiste grec (ELAS) tente de s'emparer d'Athènes. Un corps expéditionnaire britannique intervient. C'est le début d'une atroce guerre civile (tortures et meurtres de civils, femmes et enfants en grand nombre). Cessez-le-feu le 14 janvier 1945. La victoire reste aux partis parlementaires pro-occidentaux.

Les Soviétiques entrent à Varsovie

Le 17 janvier 1945, les Soviétiques libèrent Varsovie. Cinq mois après l'insurrection de Varsovie (1er août 1944), l'Armée Rouge se décide à libérer la capitale polonaise. Entre temps, les Allemands ont pu exterminer la résistance intérieure. De ce fait, il ne se trouve personne à Varsovie susceptible de contester l'autorité des nouveaux occupants. Les communistes polonais n'ont aucune peine à s'installer au pouvoir.

Libération du camp d'Auschwitz-Birkenau

Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques découvrent le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, à l'ouest de Cracovie (Pologne). Elles sont accueillies par 7000 détenus survivants et ont la révélation de la Shoah. Les journaux du lendemain restent néanmoins muets sur cet événement et l'opinion publique mondiale ne prendra la mesure de la tragédie que bien après la fin de la Seconde Guerre mondiale...

Le torpillage du Wilhelm Gustloff

Le 30 janvier 1945, le Wilhelm Gustloff est torpillé dans la Baltique. 7.000 à 9.000 passagers périssent. C'est la plus grande catastrophe maritime de tous les temps...

Conférence de Yalta

Le 4 février 1945 s'ouvre la conférence de Yalta. Pendant une semaine, au bord de la mer Noire, Churchill, Staline et Roosevelt se concertent sur le sort futur de l'Allemagne et du Japon dont la défaite ne fait plus de doute...

Fin de la conférence de Yalta

Le 11 février 1945 se clôture la conférence de Yalta...

Dresde réduite en cendres

Le 14 février 1945, la ville de Dresde est victime du plus brutal bombardement aérien de la deuxième guerre mondiale...

Les Japonais s'emparent de l'Indochine

Le 9 mars 1945, les Japonais attaquent les garnisons françaises d'Indochine. Ils capturent l'amiral Jean Decoux, gouverneur de la colonie, et portent un coup fatal à la présence coloniale de la France dans le Sud-Est asiatique...

Les Français pénètrent en Allemagne

Le lundi 19 mars 1945, à 16h 30, la première armée française commandée par le général Jean de Lattre de Tassigny pénètre en Allemagne à Scheibenhardt (Bas-Rhin) en franchissant la Lauter.

Le pasteur Dietrich Bonhoeffer assassiné

Le 9 avril 1945, quelques semaines avant la capitulation de l'Allemagne nazie, le pasteur allemand Dietrich Bonhoeffer (39 ans) est pendu dans sa prison pour avoir dénoncé dès le début la dictature hitlérienne. Il avait aussi tenté d'ouvrir des négociations avec les Alliés par l'intermédiaire de protestants suédois. On lui doit cette formule : « Celui-là seul qui crie en faveur des juifs a le droit de chanter du grégorien ».

Les Soviétiques libèrent Vienne

Les Soviétiques entrent dans Vienne le 10 avril 1945...

Conférence de San Francisco

Le 25 avril 1945 s'ouvre la conférence de San Francisco. Les représentants des nations libres élaborent la charte de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Le même jour, les armées américaines et soviétiques font leur jonction à Berlin. C'est pratiquement la fin des combats en Europe.

Exécution de Mussolini

Le 28 avril 1945, trois jours après l'ordre d'insurrection générale lancé par les partisans antifascistes, Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci sont exécutés par des résistants italiens sur l'ordre du chef communiste Walter Audisio. Leurs cadavres sont pendus par les pieds et exposés aux quolibets de la foule, sur une place de Milan, jusqu'à l'intervention d'officiers alliés.

Deux jours plus tard, Hitler et sa maîtresse se suicideront dans leur bunker pour échapper à un sort comparable.

Les Françaises votent pour la première fois

Le 29 avril 1945, les élections municipales donnent l'occasion aux Françaises de voter pour la première fois de leur Histoire...

Un demi-siècle après, les Françaises souffrent encore et toujours d'une faible représentation dans les assemblées politiques malgré l'inscription de la parité homme-femme dans la Constitution ! À cela une cause principale : le cumul des mandats, spécifité nationale.

Suicide de Hitler

Le 30 avril 1945, Adolf Hitler se suicide dans son bunker de Berlin. Il s'administre du poison. Sa maîtresse Eva Braun l'accompagne dans la mort après avoir conclu avec lui un engagement de mariage. Les derniers fidèles du Führer ont soin de brûler les corps afin qu'ils ne tombent pas entre les mains des Soviétiques. Une semaine plus tard est signée à Reims la capitulation des armées allemandes. C'est la fin dramatique et sans gloire du IIIe Reich.

Répression sanglante à Sétif

Le 8 mai 1945, le jour même de la victoire alliée sur le nazisme, de violentes émeutes éclatent à Sétif et Guelma, en Algérie.

Les manifestants sont des Algériens de confession musulmane dont beaucoup se sont battus dans les troupes françaises qui ont libéré l'Italie du fascisme. Ils souhaitent avec le retour de la paix gagner un peu d'autonomie. Parmi eux un lycéen de 16 ans : Kateb Yacine, futur poète algérien...

La répression, d'une grande brutalité, fait 8.000 à 20.000 morts parmi les musulmans. C'est un lointain prélude à la guerre d'indépendance.

Capitulation allemande

Le 8 mai 1945, à 23h01, au lendemain de la capitulation allemande, les combats cessent officiellement dans toute l'Europe.

La Seconde Guerre mondiale n'a fini toutefois qu'avec la capitulation du Japon, le 2 septembre 1945. Les Américains distinguent ainsi le V-E (Victory-Europe) Day, jour de la victoire en Europe et le V-J (Victory-Japan) Day, jour de la victoire sur le Japon...

La France commémore la Capitulation

Pour des raisons spécieuses, la France est depuis 1981 le seul pays qui commémore par un jour férié et chômé le 8 mai 1945, fin de la guerre en Europe.

Ni les Anglais, ni les Américains ne chôment le 8 mai. Quant aux Russes, c'est le 9 mai qu'ils célèbrent la capitulation de l'Allemagne nazie et la fin de ce qu'ils appellent la « Grande Guerre patriotique », la cessation des combats ayant été enregistrée ce jour-là à Moscou en raison du décalage horaire.

Conférence de Simla

Pour tenter d'apaiser les dissensions communautaires, Lord Wavell, vice-roi des Indes britanniques, présente en mai 1945 un plan de compromis qui vise à la création d'un conseil exécutif dans lequel hindous et musulmans seraient équitablement représentés. Il convoque une conférence à Simla, au nord de l'Inde, le 25 juin 1945, pour en débattre. Ali Jinnah, qui représente la Ligue musulmane, revendique pour celle-ci le droit de représenter exclusivement les musulmans du pays. Le parti laïc du Congrès conteste sa prétention. La conférence se conclut sur un échec le 14 juillet 1946.

Fondation de l'ONU

Le 26 juin 1945, à San Francisco, les représentants de 51 pays fondent l'Organisation des Nations Unies (ONU) conformément aux principes de la Charte de l'Atlantique (1941).

La nouvelle institution remplace la Société des Nations (SDN), née en 1920 des suites de la Première Guerre mondiale et établie à Genève. Son siège est fixé à New York, au bord de l'East River, dans la métropole de la principale puissance mondiale...

Première explosion atomique à Los Alamos

Le 16 juillet 1945 a lieu dans le désert américain du Nouveau-Mexique, près de Los Alamos, la première explosion atomique. Cet essai en grandeur nature précède de trois semaines le largage meurtrier et sans précédent d'une bombe atomique au-dessus de la ville japonaise d'Hiroshima (6 août 1945).

Conférence de Potsdam

Du 17 juillet au 2 août 1945 se tient une conférence à Potsdam en vue de régler le sort de l'Allemagne vaincue.
Y participent Harry Truman, successeur de Franklin Roosevelt à la Maison Blanche, Clement Attlee, successeur de Winston Churchill au 10, Downing Street, et l’inamovible Staline. L’Allemagne est partagée en 4 zones d’occupation et sa frontière orientale ramenée sur la ligne Oder-Neisse. Cette frontière sera officiellement reconnue par les Allemands par un traité de paix signé à Moscou le… 12 septembre 1990…

Fin de la conférence de Potsdam

Le 2 août 1945 prend fin la conférence de Potsdam au cours de laquelle les vainqueurs du IIIe Reich ont fixé les nouvelles frontières de l'Allemagne.

Une bombe atomique sur Hiroshima !

Le 6 août 1945, la ville japonaise d'Hiroshima est détruite par une bombe atomique, ou bombe à l'uranium 235, de quatre tonnes et demi.

Elle a été larguée par le bombardier B-29 du colonel Paul Tibbets. La veille, il avait donné à son appareil le nom de sa mère, Enola Gay, et surnommé son terrifique chargement Little Boy.

Cette attaque sans précédent fait 70.000 morts et des dizaines de milliers de blessés dont beaucoup mourront des années plus tard...

L'URSS déclare la guerre au Japon

Le 7 août 1945, au lendemain de l'explosion d'Hiroshima, l'URSS de Staline déclare la guerre au Japon. Mais ce dernier signera sa capitulation avec les Américains le 2 septembre avant que les Soviétiques n'aient eu à le combattre.

Une bombe atomique sur Nagasaki

Le largage d'une bombe atomique sur Hiroshima n'ayant pas suffi à vaincre la détermination des dirigeants japonais, les Américains décident, trois jours plus tard, le 9 août 1945, de larguer sur le Japon la deuxième et dernière bombe atomique dont ils disposent. Celle-là est au plutonium et non à l'uranium 235, une différence au demeurant insignifiante du point de vue des futures victimes.

Le bombardier B-29 de Charles Sweeney survole d'abord la ville de Kokura. La cible étant occultée par les nuages, il poursuit sa route vers Nagasaki (250.000 habitants) où une éclaircie du ciel lui permet d'effectuer le funeste largage. 40.000 personnes sont cette fois tuées sur le coup et des dizaines de milliers d'autres gravement brûlées (80.000 morts au total selon certaines estimations). Plusieurs milliers de victimes sont catholiques, la ville étant au coeur du christianisme japonais.

Les Vietnamiens se soulèvent contre les Japonais

Le 10 août 1945, Hô Chi Minh, chef tout-puissant du parti communiste vietnamien, le Vietminh, évince le falot Bao-Daï (on écrit aussi Bao Dai), empereur d'Annam, et soulève la population contre l'occupant japonais. Trois semaines plus tard, le 2 septembre 1945, le Japon ayant officiellement capitulé, il proclame unilatéralement l'indépendance de la République démocratique du Viêt-nam (on écrit aussi Vietnam). Son initiative est ignorée par le gouvernement provisoire du général de Gaulle, à Paris, comme par les conférenciers réunis à Potsdam, lesquels décident de partager l'Indochine suivant le 16e parallèle entre les Chinois de Tchang Kai-chek (au nord) et les Britanniques (au sud). L'imbroglio va déboucher sur la première guerre d'Indochine...

La « Grande Muette » vote !

Le 17 août 1945, les militaires français obtiennent le droit de vote... quelques mois après les femmes ! La « Grande Muette » n'est plus tout à fait muette.

Capitulation du Japon

Le 2 septembre 1945, l'Empire du Soleil Levant capitule face aux États-Unis, mettant fin pour de bon à la Seconde Guerre mondiale (l'Allemagne avait capitulé quatre mois plus tôt)...

Laval fusillé à Fresnes

Le 15 octobre 1945, Pierre Laval, ancien dirigeant de la gauche pacifiste, est fusillé dans la prison de Fresnes pour crime de collaboration avec l'occupant allemand. Ayant tenté de s'empoisonner dans sa cellule, il est traîné moribond jusqu'au peloton d'exécution.

Jour de gloire pour Perón et Evitá

Le 17 octobre 1945, en Argentine, le colonel Perón est sorti de sa prison sous la pression des syndicats et de sa maîtresse Evità...

Tito au pouvoir en Yougoslavie

Le 29 novembre 1945 est proclamée la République populaire de Yougoslavie. Très vite, le chef des communistes yougoslaves, Josip Broz Tito, va s'émanciper de la tutelle soviétique. Il va ériger la Yougoslavie en chef de file des pays non-alignés et devenir le mouton noir du monde communiste.

Serge Eisenstein

Naissance le 23 janvier 1898 à Riga (Russie)
Décès le 11 février 1948 à Moscou (URSS)

Alfred Sauvy

Naissance le 31 octobre 1898 à Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales)
Décès le 30 octobre 1990 à Paris

Alfred Hitchcock

Naissance le 13 août 1899 à Londres (Royaume-Uni)
Décès le 29 avril 1980 à Los Angeles (Etats-Unis)

Edmond Michelet

Naissance le 8 octobre 1899 à Paris
Décès le 9 octobre 1970 à Marcillac (Corrèze, France)

Maurice Thorez

Naissance le 28 avril 1900 à Noyelles (Pas-de-Calais, France)
Décès le 11 juillet 1964

Heinrich Himmler

Naissance le 7 octobre 1900 à Munich (Allemagne)
Décès le 23 mai 1945 à Lüneburg (Allemagne)

Hirohito, Shôwa

Naissance le 29 avril 1901 à Tokyo (Japon)
Décès le 7 janvier 1989 à Tokyo (Japon)

André Malraux

Naissance le 3 novembre 1901 à Paris
Décès le 22 novembre 1976 à Créteil

Walt Disney

Naissance le 5 décembre 1901 à Chicago (Illinois, États-Unis)
Décès le 15 décembre 1966 à Los Angeles (Californie, États-Unis)

Jean Mermoz

Naissance le 9 décembre 1901 à Aubenton (Aisne)
Décès le 7 décembre 1936

Marcel Aymé

Naissance le 29 mars 1902 à Joigny
Décès le 14 octobre 1967 à Paris

Philippe Leclerc de Hauteclocque

Naissance le 22 novembre 1902 à Belloy-Saint-Léonard (Somme, France)
Décès le 28 novembre 1947 à Colomb-Béchar (Algérie)

Marguerite Yourcenar

Naissance le 8 juin 1903 à Bruxelles (Belgique)
Décès le 17 décembre 1987 à Mount Desert Island (États-Unis)

George Orwell

Naissance le 25 juin 1903 à Motihari (Indes britanniques)
Décès le 21 janvier 1950 à Londres (Angleterre)

Pierre Brossolette

Naissance le 25 juin 1903 à Paris
Décès le 22 mars 1944 à Paris

Habib Bourguiba

Naissance le 3 août 1903 à Monastir (Tunisie)
Décès le 6 avril 2000 à Monastir (Tunisie)

Reinhard Heydrich

Naissance le 7 mars 1904 à Halle (Allemagne)
Décès le 4 juin 1942 à Prague (République tchèque)

Salvador Dali

Naissance le 11 mai 1904 à Figueras (Catalogne, Espagne)
Décès le 23 janvier 1989 à Figueras (Catalogne, Espagne)

Raymond Aron

Naissance le 14 mars 1905 à Paris
Décès le 17 octobre 1983 à Paris

Jean-Paul Sartre

Naissance le 21 juin 1905 à Paris
Décès le 15 avril 1980 à Paris

Guy Mollet

Naissance le 31 décembre 1905 à Flers (Orne)
Décès le 3 octobre 1975 à Paris

Joséphine Baker

Naissance le 3 juin 1906 à Saint-Louis, Missouri (États-Unis)
Décès le 12 mars 1975 à Paris

Léopold Sedar Senghor

Naissance le 9 octobre 1906 à Joal (Sénégal)
Décès le 20 décembre 2001 à Verson

Pierre Mendès France

Naissance le 11 janvier 1907 à Paris
Décès le 18 octobre 1982 à Paris

Germaine Tillion

Naissance le 30 mai 1907 à Allègre
Décès le 19 avril 2008 à Paris

Paul-Émile Victor

Naissance le 28 juin 1907 à Genève (Suisse)
Décès le 7 mars 1995 à Bora-Bora (Polynésie)

Oscar Niemeyer

Naissance le 15 décembre 1907 à Rio de Janeiro (Brésil)
Décès le 5 décembre 2012 à Rio de Janeiro (Brésil)

Simone de Beauvoir

Naissance le 9 janvier 1908 à paris
Décès le 14 avril 1986 à Paris

Salvador Allende

Naissance le 26 juin 1908 à Santiago (Chili)
Décès le 11 septembre 1973 à Santiago (Chili)

Claude Lévi-Strauss

Naissance le 28 novembre 1908 à Bruxelles (Belgique)
Décès le 31 octobre 2009 à Paris

Marcel Carné

Naissance le 18 août 1909 à Paris
Décès le 31 octobre 1996 à Clamart

Eugène Ionesco

Naissance le 13 novembre 1909 à Slatina (Roumanie)
Décès le 28 mars 1994 à Paris

Georges Pompidou

Naissance le 5 juillet 1911 à Montboudif (Cantal, France)
Décès le 2 avril 1974 à Paris

Eva Braun

Naissance le 6 février 1912 à Munich (Allemagne)
Décès le 30 avril 1945 à Berlin (Allemagne)

Alan Turing

Naissance le 23 juin 1912 à Londres (Royaume-Uni)
Décès le 7 juin 1954 à Londres (Royaume-Uni)

Albert Camus

Naissance le 7 novembre 1913 à Mondovi (Algérie)
Décès le 4 janvier 1960

Louis de Funès

Naissance le 31 juillet 1914 à Courbevoie
Décès le 27 janvier 1983 à Nantes

Édith Piaf

Naissance le 19 décembre 1915 à Paris
Décès le 11 octobre 1963 à Paris

Françoise Giroud

Naissance le 21 septembre 1916 à Genève (Suisse)
Décès le 19 janvier 2003 à Paris

François Mitterrand

Naissance le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente, France)
Décès le 8 janvier 1996 à Paris

John Fitzgerald Kennedy

Naissance le 29 mai 1917 à Boston (Massachusetts, États-Unis)
Décès le 22 novembre 1963 à Dallas (Texas, États-Unis)

Indira Gandhi-Nehru

Naissance le 19 novembre 1917 à Allahabad (Indes britanniques)
Décès le 31 octobre 1984 à New-Delhi (Inde)

Gamal Abd el-Nasser

Naissance le 15 janvier 1918 à Beni Mor (Assiout, Égypte)
Décès le 28 septembre 1970 à Le Caire (Égypte)

Nelson Mandela

Naissance le 18 janvier 1918 à Mvezo (Le Cap, Afrique du Sud)
Décès le 5 décembre 2013(Afrique du Sud)

René Rémond

Naissance le 30 septembre 1918 à Lons-le-Saunier
Décès le 14 avril 2007 à Paris

Zao Wou-Ki

Naissance le 1er février 1920 à Pékin (Chine)
Décès le 9 avril 2013 à Nyon (Suisse)

Karol Wojtyla (Jean-Paul II)

Naissance le 18 mai 1920 à Wadowice (Pologne)
Décès le 2 avril 2005 à Vatican

Geneviève Anthonioz-de Gaulle

Naissance le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valeriscle (Gard)
Décès le 15 février 2002 à Paris

Pierre Clostermann

Naissance le 28 février 1921 à Curitiba (Brésil)
Décès le 22 mars 2006 à Montesquieu-des-Albères

Andreï Sakharov

Naissance le 21 mai 1921 à Moscou (Russie)
Décès le 14 décembre 1989 à Moscou (URSS)

Georges Brassens

Naissance le 22 octobre 1921
Décès le 29 octobre 1981

Howard Zinn

Naissance le 24 août 1922 à Brooklin (New York) (États-Unis)
Décès le 27 janvier 2010 à Santa Monica (Californie) (États-Unis)

Raymond Barre

Naissance le 12 avril 1924 à Saint-Denis de la Réunion
Décès le 25 août 2007 à Paris

Margaret Thatcher

Naissance le 13 octobre 1925 à Dartford (Angleterre)
Décès le 8 avril 2013(Angleterre)

Élisabeth II

Naissance le 21 avril 1926 à Londres (Angleterre)

Fidel Castro

Naissance le 13 août 1926 à Biran (Cuba)

Ernesto Guevara

Naissance le 14 juin 1928 à Rosario (Argentine)
Décès le 9 octobre 1967 à La Higuera (Bolivie)

Martin Luther King

Naissance le 15 janvier 1929 à Atlanta (États-Unis)
Décès le 4 avril 1968 à Memphis (États-Unis)

Hassan II

Naissance le 9 juillet 1929 à Rabat (Maroc)
Décès le 23 juillet 1999 à Rabat (Maroc)

Neil Armstrong

Naissance le 5 août 1930 à Wapakoneta, Ohio (États-Unis)
Décès le 25 août 2012(États-Unis)

Jacques Chirac

Naissance le 29 novembre 1932 à Paris

Vaclav Havel

Naissance le 5 octobre 1936 à Prague (Tchécoslovaquie)
Décès le 18 décembre 2011 à Hradecek (République tchèque)

Hu Jintao

Naissance le 21 décembre 1942 à Anhui (Chine)
1898
1899
1900
1901
1902
1903
1904
1905
1906
1907
1908
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1910
1911
1912
1913
1914
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1916
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1919
1920
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1927
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1938
1939
1940
1941
1942
1943
1944
1945
| 13 jan. 1898 : J'accuse
| 15 fév. 1898 : Explosion du croiseur Maine
| 28 avr. 1898 : Ultimatum américain à l'Espagne
| 12 juin 1898 : Première indépendance des Philippines
| 13 juin 1898 : Première de La vie de Bohême
| 2 sep. 1898 : Bataille d'Omdurman, au Soudan
| 9 sep. 1898 : Culpabilité de Dreyfus confirmée
| 10 sep. 1898 : Assassinat de « Sissi »
| 18 sep. 1898 : La reculade de Fachoda
| 29 sep. 1898 : Arrestation de Samory Touré au Soudan
| 10 déc. 1898 : Traité de Paris et fin de la guerre hispano-américaine
| 26 déc. 1898 : Les Curie découvrent la radioactivité
| 19 jan. 1899 : Condominium anglo-égyptien sur le Soudan
| 4 fév. 1899 : Révolte anti-américaine aux Philippines
| 16 fév. 1899 : La mort « heureuse » de Félix Faure
| 18 fév. 1899 : Émile Loubet président de la République
| 23 fév. 1899 : Funérailles de Félix Faure
| 20 avr. 1899 : La mission Voulet-Chanoine suspendue pour cause de massacres
| 11 oct. 1899 : Guerre des Boers
| 9 fév. 1900 : Création du Trophée Davis
| 19 mars 1900 : Fouilles à Cnossos
| 30 mars 1900 : Découverte de la civilisation minoenne en Crète
| 15 avr. 1900 : Exposition universelle à Paris
| 22 avr. 1900 : Conquête du Tchad
| 4 juin 1900 : Exposition des oeuvres de Rodin
| 19 juil. 1900 : Inauguration du métro de Paris
| 29 juil. 1900 : Le roi Humbert Ier assassiné à Monza
| 14 août 1900 : Un corps expéditionnaire à Pékin
| 22 sep. 1900 : Le banquet des maires de France
| 21 juin 1901 : Création du parti républicain radical
| 1 juil. 1901 : La loi sur les associations
| 6 sep. 1901 : McKinley assassiné !
| 7 sep. 1901 : Un traité met fin à la révolte des Boxeurs
| 10 déc. 1901 : Attribution des premiers prix Nobel
| 12 déc. 1901 : Marconi réalise la première transmission radio
| 19 jan. 1902 : Naissance de l'Académie Goncourt
| 30 jan. 1902 : Accord anglo-japonais contre la Russie
| 8 mai 1902 : Éruption de la Montagne Pelée
| 15 mai 1902 : Méliès présente Le Voyage dans la Lune
| 31 mai 1902 : Fin de la guerre des Boers
| 24 oct. 1902 : Bertillon inventeur de la police scientifique
| 10 juin 1903 : Le roi et la reine de Serbie assassinés
| 19 juil. 1903 : Arrivée du premier Tour de France cycliste
| 30 juil. 1903 : Scission du Parti Social-Démocrate Russe
| 10 oct. 1903 : Mise en vente de l'aspirine
| 3 nov. 1903 : Le Panamá, un État sur mesure
| 17 déc. 1903 : Premiers vols des frères Wright
| 12 jan. 1904 : Les Hereros se révoltent... et meurent
| 8 fév. 1904 : Les Japonais assaillent Port-Arthur
| 8 avr. 1904 : L'Entente cordiale
| 18 avr. 1904 : Jean Jaurès fonde L'Humanité
| 7 juil. 1904 : Les congrégations religieuses interdites d'enseignement
| 4 nov. 1904 : Le général André et l'affaire des fiches
| 2 jan. 1905 : Capitulation de Port-Arthur
| 22 jan. 1905 : Dimanche rouge à Saint-Pétersbourg
| 31 mars 1905 : Du « coup de Tanger » au « coup d'Agadir »
| 26 avr. 1905 : Fondation de la SFIO
| 27 mai 1905 : Les Japonais défont les Russes à Tsushima
| 7 juin 1905 : La Norvège devient indépendante
| 27 juin 1905 : Mutinerie du Potemkine
| 5 sep. 1905 : Traité russo-japonais de Portsmouth
| 28 sep. 1905 : Einstein découvre la relativité
| 30 oct. 1905 : Manifeste du tsar Nicolas II
| 9 déc. 1905 : Séparation des Églises et de l'État
| 30 déc. 1905 : La Veuve Joyeuse triomphe à Vienne
| 16 jan. 1906 : Conférence d'Algésiras
| 17 jan. 1906 : Armand Fallières président de la République
| 10 mars 1906 : La catastrophe de Courrières
| 18 avr. 1906 : San Francisco en ruines
| 12 juil. 1906 : La Cour de Cassation réhabilite Dreyfus
| 22 nov. 1906 : Réforme agraire de Stolypine
| 19 juin 1907 : La révolte viticole vire au drame
| 29 juil. 1907 : Naissance du scoutisme
| 13 nov. 1907 : Premier vol en hélicoptère
| 21 juin 1908 : Manifestation des « suffragettes »
| 24 juil. 1908 : Révolution des «Jeunes-Turcs». 
| 30 juil. 1908 : Inauguration du chemin de fer du Hedjaz
| 12 août 1908 : Henry Ford produit la première voiture de grande série
| 5 oct. 1908 : L'Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine
| 15 nov. 1908 : Le Congo colonie belge
| 6 avr. 1909 : Peary et Henson au pôle Nord
| 27 avr. 1909 : Le sultan Abdul-Hamid II déposé
| 25 juil. 1909 : Blériot traverse la Manche
| 26 août 1909 : Naissance des auberges de jeunesse
| 1 jan. 1910 : Le premier Tournoi des Cinq Nations
| 28 jan. 1910 : Crue exceptionnelle à Paris
| 31 mai 1910 : Fondation de l'Union sud-africaine
| 22 août 1910 : La Corée devient colonie japonaise
| 28 août 1910 : Le Monténégro devient un royaume
| 5 oct. 1910 : Le Portugal devient une République
| 14 nov. 1910 : Naissance de l'aéronavale
| 20 nov. 1910 : Début de la Révolution mexicaine
| 3 mars 1911 : Fondation de La Main noire à Belgrade
| 9 mars 1911 : La France adopte le méridien de Greenwich
| 25 mai 1911 : Révolution au Mexique
| 24 juil. 1911 : Découverte du Machu Picchu
| 21 août 1911 : On a volé la Joconde
| 18 sep. 1911 : Le Premier ministre russe Stolypine assassiné
| 3 oct. 1911 : Les troupes italiennes débarquent à Tripoli
| 10 oct. 1911 : Insurrection républicaine en Chine du sud
| 25 nov. 1911 : Zapata publie le « Plan de Ayala »
| 14 déc. 1911 : Amundsen atteint le pôle Sud
| 21 déc. 1911 : Premier hold-up motorisé de l'Histoire
| 30 déc. 1911 : Proclamation de la République en Chine
| 13 fév. 1912 : Fin de l'empire mandchou
| 30 mars 1912 : Le Maroc devient protectorat français
| 14 avr. 1912 : Naufrage du Titanic
| 28 avr. 1912 : La mort de Bonnot
| 18 oct. 1912 : Première guerre balkanique
| 28 nov. 1912 : Indépendance de l'Albanie
| 17 jan. 1913 : Raymond Poincaré président de la République
| 25 mai 1913 : Manifestation contre la loi des trois ans
| 29 mai 1913 : Le Sacre du Printemps fait scandale
| 2 août 1913 : création de la police judiciaire parisienne
| 10 août 1913 : Traité de Bucarest
| 23 sep. 1913 : Traversée de la Méditerranée par Roland Garros
| 14 nov. 1913 : Du côté de chez Swann
| 16 mars 1914 : Mme Caillaux tire sur Gaston Calmette
| 29 mai 1914 : Naufrage de l'Empress of Ireland
| 28 juin 1914 : Assassinat d'un archiduc à Sarajevo
| 5 juil. 1914 : Course à la guerre
| 15 juil. 1914 : La France adopte l'impôt sur le revenu
| 23 juil. 1914 : Ultimatum de Vienne à la Serbie
| 31 juil. 1914 : Assassinat de Jean Jaurès
| 1 août 1914 : Début de la Grande Guerre
| 2 août 1914 : Premiers morts de la Grande Guerre
| 3 août 1914 : Berlin déclare la guerre à la France
| 4 août 1914 : Invasion de la Belgique
| 14 août 1914 : La « bataille des frontières »
| 15 août 1914 : Ouverture du canal de Panama
| 23 août 1914 : Le Japon dans la Grande Guerre
| 29 août 1914 : « Situation inchangée de la Somme aux Vosges »
| 30 août 1914 : Les Russes défaits à Tannenberg
| 6 sep. 1914 : La première bataille de la Marne
| 19 sep. 1914 : La cathédrale de Reims est bombardée
| 16 oct. 1914 : Albert 1er engage la bataille de l'Yser
| 20 oct. 1914 : Première bataille d'Ypres
| 1 nov. 1914 : La Royal Navy humiliée à Coronel
| 6 déc. 1914 : Pancho Villa et Zapata à Mexico
| 8 fév. 1915 : Naissance d'une Nation au cinéma
| 19 fév. 1915 : Offensive des Dardanelles
| 17 mars 1915 : La « fée verte » prohibée
| 18 mars 1915 : Les Turcs repoussent la flotte franco-britannique
| 22 avr. 1915 : Horreur, les gaz asphyxiants !
| 24 avr. 1915 : Le génocide arménien
| 25 avr. 1915 : Débarquement franco-britannique à Gallipoli
| 26 avr. 1915 : Traité secret de Londres entre l'Italie et les Alliés
| 7 mai 1915 : Le torpillage du Lusitania
| 28 juil. 1915 : Les marines débarquent à Port-au-Prince
| 10 sep. 1915 : Premier numéro du Canard Enchaîné
| 24 jan. 1916 : Service militaire obligatoire en Angleterre
| 8 fév. 1916 : Avènement de Dada
| 21 fév. 1916 : L'enfer de Verdun
| 24 avr. 1916 : « Pâques sanglantes » à Dublin
| 16 mai 1916 : Accord secret Sykes-Picot
| 31 mai 1916 : Bataille du Jutland
| 1 juil. 1916 : Folle offensive sur la Somme
| 15 sep. 1916 : Les chars arrivent
| 21 nov. 1916 : Mort du vieil empereur François-Joseph 1er
| 25 déc. 1916 : Nivelle remplace Joffre à la tête des armées françaises
| 30 déc. 1916 : Assassinat de Raspoutine
| 16 jan. 1917 : Télégramme de Zimmerman
| 29 jan. 1917 : Charles 1er échoue à faire la paix
| 8 mars 1917 : La Révolution de Février en Russie
| 11 mars 1917 : Les Britanniques entrent à Bagdad
| 15 mars 1917 : Abdication de Nicolas II
| 6 avr. 1917 : Les États-Unis entrent dans la Grande Guerre
| 16 avr. 1917 : Offensive du Chemin des Dames
| 13 mai 1917 : Apparitions de Fatima
| 29 juin 1917 : Les bolchéviques en conflit avec Kerenski
| 31 juil. 1917 : bataille de Passchendaele
| 11 sep. 1917 : La dernière mission de Georges Guynemer
| 15 oct. 1917 : Mata Hari est fusillée pour espionnage
| 2 nov. 1917 : La Déclaration Balfour
| 6 nov. 1917 : La Révolution d'Octobre
| 9 nov. 1917 : Désastre italien à Caporetto
| 17 nov. 1917 : Clemenceau forme un gouvernement de choc
| 6 déc. 1917 : Indépendance de la Finlande
| 8 jan. 1918 : Les Quatorze Points de Wilson
| 3 mars 1918 : De la paix de Brest-Litovsk à la guerre civile
| 21 mars 1918 : Offensive allemande à Château-Thierry
| 26 mars 1918 : Conférence interalliée de Doullens
| 29 mars 1918 : L'église Saint-Gervais (Paris) bombardée
| 21 avr. 1918 : Le « Baron rouge » abattu
| 16 juil. 1918 : Assassinat de Nicolas II et sa famille
| 18 juil. 1918 : Deuxième bataille de la Marne
| 29 sep. 1918 : La Bulgarie se retire de la Grande Guerre
| 24 oct. 1918 : Victoire italienne à Vittorio-Veneto
| 28 oct. 1918 : La Tchécoslovaquie proclame son indépendance
| 3 nov. 1918 : Mutinerie à Kiel
| 9 nov. 1918 : Abdication de Guillaume II
| 11 nov. 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre
| 1 déc. 1918 : Naissance de la Yougoslavie
| 1 déc. 1918 : Naissance de la Roumanie
| 15 jan. 1919 : Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht assassinés
| 6 fév. 1919 : Naissance de la République de Weimar
| 8 fév. 1919 : Première liaison aérienne commerciale
| 19 fév. 1919 : Attentat contre Clemenceau
| 1 mars 1919 : Les Coréens manifestent pour l'indépendance
| 21 mars 1919 : Dictature de Bela Kun en Hongrie
| 23 mars 1919 : Mussolini crée les « fasci »
| 10 avr. 1919 : Zapata tombe dans un guet-apens
| 12 avr. 1919 : arrestation de Landru
| 13 avr. 1919 : Le massacre d'Amritsar
| 4 mai 1919 : Les étudiants se soulèvent à Pékin
| 15 mai 1919 : Les Grecs entrent à Smyrne
| 21 juin 1919 : La flotte allemande se saborde à Scapa Flow
| 28 juin 1919 : Paix bâclée à Versailles
| 10 sep. 1919 : Traité de Saint Germain-en-Laye
| 12 sep. 1919 : Entrée de D'Annunzio à Fiume
| 16 nov. 1919 : Le Bloc national au pouvoir
| 27 nov. 1919 : Traité de Neuilly avec la Bulgarie
| 10 jan. 1920 : Naissance de la SDN
| 16 jan. 1920 : La « Prohibition » en vigueur aux États-Uni
| 17 jan. 1920 : Paul Deschanel président de la République
| 11 mars 1920 : Fayçal roi de « Grande Syrie »
| 28 avr. 1920 : Mandat français au Liban et en Syrie
| 4 juin 1920 : Le traité de Trianon rabaisse la Hongrie
| 20 juil. 1920 : Les Espagnols défaits par Abdelkrim à Anoual
| 10 août 1920 : Le traité de Sèvres dépèce la Turquie ottomane
| 23 sep. 1920 : Alexandre Millerand président de la République
| 12 nov. 1920 : Le traité de Rapallo
| 16 nov. 1920 : L'« Armée blanche » défaite à Sébastopol
| 25 déc. 1920 : Congrès de Tours des socialistes français
| 5 fév. 1921 : Premier long métrage de Charlot
| 28 fév. 1921 : Les marins de Cronstadt contre Lénine
| 12 mars 1921 : Lénine lance la Nouvelle Politique Économique (NEP)
| 18 mars 1921 : Traité de Riga et fin de la guerre russo-polonaise
| 21 mars 1921 : Répression de Cronstadt
| 30 juin 1921 : Scandale de la Banque industrielle de Chine
| 6 déc. 1921 : Naissance de l'État libre d'Irlande
| 12 jan. 1922 : Démission d'Aristide Briand
| 29 oct. 1922 : Mussolini accède au pouvoir
| 30 oct. 1922 : « Marche sur Rome »
| 5 nov. 1922 : Découverte du tombeau de Toutânkhamon
| 30 déc. 1922 : Baptême de l'URSS
| 11 jan. 1923 : Les Français occupent la Ruhr
| 24 juil. 1923 : Le traité de Lausanne fonde la Turquie moderne
| 1 sep. 1923 : Tokyo détruite par un séisme
| 13 sep. 1923 : Primo de Rivera au pouvoir en Espagne
| 29 oct. 1923 : Naissance de la République turque
| 9 nov. 1923 : Le Putsch de la Brasserie
| 14 déc. 1923 : Première de Knock
| 25 jan. 1924 : Premiers Jeux Olympiques d'hiver
| 28 jan. 1924 : Alexandra David-Néel pénètre à Lhassa
| 12 fév. 1924 : Fin du séparatisme rhénan
| 3 mars 1924 : Le califat disparaît après 1292 ans d'existence
| 11 mai 1924 : Victoire du Cartel des gauches
| 10 juin 1924 : Enlèvement du député Matteotti
| 13 juin 1924 : Gaston Doumergue président de la République
| 1 sep. 1924 : Le plan Dawes entre en vigueur
| 28 avr. 1925 : Churchill réévalue la livre sterling
| 14 sep. 1925 : Première exposition surréaliste
| 16 oct. 1925 : L'Allemagne fait bonne figure à Locarno
| 31 oct. 1925 : Avènement de la dynastie iranienne des Pahlévi
| 21 déc. 1925 : Le cuirassé Potemkine au cinéma
| 10 jan. 1926 : Sortie de Metropolis
| 26 jan. 1926 : Naissance de la télévision
| 4 mai 1926 : Grève générale des mineurs britanniques
| 12 mai 1926 : Pilsudski prend le pouvoir à Varsovie
| 27 mai 1926 : Abdelkrim se rend aux Français
| 28 mai 1926 : Coup d'État à Lisbonne
| 12 avr. 1927 : Répression anticommuniste à Shanghai
| 9 mai 1927 : Disparition de Nungesser et Coli
| 21 mai 1927 : Lindbergh traverse l'Atlantique
| 14 sep. 1927 : Drame sur la Côte
| 6 oct. 1927 : Sortie du premier film parlant
| 10 oct. 1927 : Premier vol entre la France et le Sénégal
| 15 nov. 1927 : Trotski exclu du PCUS
| 28 mars 1928 : Fondation du Birobidjan juif
| 25 juin 1928 : Le franc Germinal disparaît
| 27 août 1928 : Pacte Briand-Kellog
| 28 août 1928 : Congrès de Lucknow
| 3 sep. 1928 : Alexander Fleming découvre la pénicilline
| 17 sep. 1928 : Accord d'Achnacarry
| 18 nov. 1928 : Naissance de Mickey
| 10 jan. 1929 : Apparition de Tintin et Milou
| 11 fév. 1929 : Le Saint-Siège signe les accords de Latran
| 31 mai 1929 : Plan Young
| 22 juin 1929 : Le Vatican « s'arrange » avec le Mexique
| 24 oct. 1929 : « Jeudi noir » à Wall Street
| 29 oct. 1929 : « Mardi noir » à Wall Street
| 6 jan. 1930 : Staline met fin à la NEP
| 14 jan. 1930 : Construction de la ligne Maginot
| 12 mars 1930 : Gandhi entame la « marche du sel »
| 13 mai 1930 : Première traversée aéropostale de l'Atlantique Sud
| 21 mars 1931 : Projet d'union douanière entre l'Autriche et l'Allemagne
| 14 avr. 1931 : Deuxième République espagnole
| 6 mai 1931 : Inauguration de l'Exposition coloniale
| 11 mai 1931 : Faillite de la Kreditanstalt Bank
| 13 mai 1931 : Paul Doumer président de la République
| 16 fév. 1932 : Moulinex « libère » la femme
| 11 mars 1932 : Premières allocations familiales en France
| 6 mai 1932 : Assassinat du président Paul Doumer
| 10 mai 1932 : Albert Lebrun président de la République
| 16 mai 1932 : Incendie du « Georges Philippar »
| 9 juil. 1932 : Accords de Lausanne sur les réparations
| 7 août 1932 : La « loi des épis » et le génocide ukrainien
| 22 sep. 1932 : Naissance au forceps de l'Arabie séoudite
| 30 jan. 1933 : Hitler devient chancelier de l'Allemagne
| 27 fév. 1933 : Incendie du Reichstag
| 4 mars 1933 : Investiture de Roosevelt
| 21 mars 1933 : Le triomphe de Hitler
| 10 mai 1933 : « Autodafé rituel des écrits juifs nuisibles »
| 12 juin 1933 : Conférence économique et monétaire de Londres
| 14 juil. 1933 : Le parti nazi seul autorisé en Allemagne
| 28 août 1933 : Arrestation de Violette Nozières
| 9 jan. 1934 : L'affaire Stavisky
| 6 fév. 1934 : Manifestation sanglante à Paris
| 30 juin 1934 : « Nuit des longs couteaux »
| 2 août 1934 : Hitler devient Reichsführer
| 9 oct. 1934 : Le roi de Yougoslavie est assassiné
| 23 nov. 1934 : Incident à la frontière éthiopienne
| 1 déc. 1934 : Assassinat de Kirov
| 4 jan. 1935 : Laval rencontre Mussolini à Rome
| 13 jan. 1935 : Plébiscite pro-allemand en Sarre
| 16 mars 1935 : Hitler rétablit le service militaire
| 11 avr. 1935 : Conférence de Stresa
| 12 mai 1935 : La Pologne sur la mauvaise pente
| 12 juin 1935 : Un armistice met fin à la guerre du Chaco
| 31 août 1935 : L'heure de gloire de Stakhanov
| 15 sep. 1935 : Des lois pour séparer les Juifs des autres Allemands
| 2 oct. 1935 : L'Italie attaque l'Éthiopie
| 19 oct. 1935 : Fin de la Longue Marche
| 7 mars 1936 : Hitler réoccupe la Rhénanie
| 3 mai 1936 : Un Front populaire en France
| 5 mai 1936 : L'Italie annexe l'Éthiopie
| 8 juin 1936 : Institution des congés payés
| 30 juin 1936 : Le négus Haïlé Sélassié à la SDN
| 13 juil. 1936 : Calvo Sotelo assassiné en Espagne
| 17 juil. 1936 : Les militaires espagnols se soulèvent
| 1 août 1936 : Hitler ouvre les Jeux de Berlin
| 16 sep. 1936 : Le Pourquoi pas ? sombre en Islande
| 17 nov. 1936 : Suicide de Roger Salengro
| 25 nov. 1936 : Pacte anti-soviétique nippo-allemand
| 7 déc. 1936 : Mermoz décolle de Dakar pour le Brésil
| 10 déc. 1936 : Édouard VIII annonce son abdication
| 18 mars 1937 : Bataille de Guadalajara
| 26 avr. 1937 : Guernica ou le massacre des innocents
| 6 mai 1937 : Le dirigeable Hindenburg en flammes
| 12 mai 1937 : George VI remplace Édouard VIII sur le trône
| 7 juil. 1937 : « Incident du triple 7 »
| 11 déc. 1937 : L'Italie se retire de la SDN
| 13 déc. 1937 : Le « viol de Nankin »
| 3 fév. 1938 : Démission des chefs militaires allemands
| 12 mars 1938 : Anschluss de l'Autriche
| 4 mai 1938 : « Mourir pour Dantzig ? »
| 6 juil. 1938 : Conférence d'Évian
| 30 sep. 1938 : Les accords de Munich
| 9 nov. 1938 : La Nuit de Cristal
| 12 mars 1939 : Intronisation du pape Pie XII
| 15 mars 1939 : La Wehrmacht entre à Prague
| 28 mars 1939 : Entrée des franquistes à Madrid
| 7 avr. 1939 : Mussolini envahit l'Albanie
| 23 août 1939 : Le pacte germano-soviétique
| 1 sep. 1939 : La Wehrmacht envahit la Pologne
| 3 sep. 1939 : Déclaration de guerre à l'Allemagne
| 17 sep. 1939 : Les Soviétiques envahissent la Pologne
| 28 sep. 1939 : Partage de la Pologne
| 8 nov. 1939 : Attentat contre Hitler à Munich
| 30 nov. 1939 : Staline attaque la Finlande
| 17 déc. 1939 : Sabordage du cuirassé de poche Graf Spee
| 16 fév. 1940 : L'Altmark hors de combat
| 17 fév. 1940 : Le plan Manstein
| 12 mars 1940 : Traité de Moscou entre la Finlande et l'URSS
| 21 mars 1940 : Paul Reynaud à la tête du gouvernement français
| 9 avr. 1940 : Hitler envahit la Norvège
| 10 mai 1940 : Hitler envahit la Belgique
| 10 mai 1940 : Churchill Premier ministre contre Hitler
| 13 mai 1940 : Churchill présente son cabinet de guerre
| 10 juin 1940 : L'Italie déclare la guerre à la France
| 16 juin 1940 : Formation du gouvernement Pétain
| 17 juin 1940 : Pétain demande l'armistice
| 17 juin 1940 : Naufrage du Lancastria
| 18 juin 1940 : L'Appel
| 20 juin 1940 : Premier sabotage
| 22 juin 1940 : Armistice franco-allemand
| 3 juil. 1940 : Attaque de Mers el-Kébir
| 10 juil. 1940 : Pleins pouvoirs au Maréchal Pétain
| 30 juil. 1940 : La bataille d'Angleterre
| 5 sep. 1940 : Le Juif Süss à la Mostra de Venise
| 7 sep. 1940 : Londres victime du Blitz
| 12 sep. 1940 : Découverte de Lascaux
| 3 oct. 1940 : Premier statut des Juifs
| 24 oct. 1940 : Rencontre de Montoire
| 27 oct. 1940 : Le Manifeste de Brazzaville
| 28 oct. 1940 : Le Grec Metaxàs répond « Ochi » à Mussolini
| 16 nov. 1940 : De Gaulle crée l'ordre de la Libération
| 13 déc. 1940 : Renvoi de Laval
| 23 déc. 1940 : Exécution de Jacques Bonsergent
| 14 fév. 1941 : Rommel débarque à Tripoli
| 2 mars 1941 : Le « serment de Koufra »
| 14 mai 1941 : La « rafle du billet vert »
| 1 juin 1941 : Les Britanniques de retour à Bagdad
| 22 juin 1941 : La Wehrmacht envahit l'URSS
| 3 août 1941 : Mgr von Galen dénonce le massacre des innocents
| 14 août 1941 : La Charte de l'Atlantique
| 21 août 1941 : Attentat au métro Barbès
| 29 sep. 1941 : Le massacre de Babi Yar
| 22 oct. 1941 : Exécution de 27 otages dont Guy Môquet
| 7 déc. 1941 : Les Japonais attaquent Pearl Harbor
| 15 déc. 1941 : 75 otages, dont Gabriel Péri, fusillés au mont Valérien
| 2 jan. 1942 : Jean Moulin est parachuté en France
| 20 jan. 1942 : Mise au point de la « Solution finale »
| 15 fév. 1942 : Singapour capitule face aux Japonais
| 19 fév. 1942 : Ouverture du procès de Riom
| 13 avr. 1942 : Rawa-Ruska, le camp de la mort lente
| 26 mai 1942 : Traité anglo-soviétique de Londres
| 27 mai 1942 : Attentat contre Heydrich
| 3 juin 1942 : La bataille de Midway
| 10 juin 1942 : Le martyre de Lidice
| 16 juil. 1942 : Rafle du Vél d'Hiv
| 19 août 1942 : Débarquement de Dieppe
| 23 oct. 1942 : La bataille d'El-Alamein
| 8 nov. 1942 : Débarquement en Afrique du Nord
| 11 nov. 1942 : Occupation de la zone « libre »
| 27 nov. 1942 : La flotte française se saborde à Toulon
| 24 déc. 1942 : Assassinat de l'amiral Darlan
| 31 jan. 1943 : Les Allemands capitulent à Stalingrad
| 10 fév. 1943 : Manifeste du peuple algérien
| 16 fév. 1943 : Service du Travail Obligatoire (STO)
| 22 fév. 1943 : Décapitation de la « Rose blanche »
| 27 fév. 1943 : Cri d'amour dans la Rosenstraße
| 13 avr. 1943 : Découverte du charnier de Katyn
| 16 avr. 1943 : Découverte du LSD
| 18 avr. 1943 : Mort de l'amiral Yamamoto
| 19 avr. 1943 : Soulèvement du ghetto de Varsovie
| 30 mai 1943 : Le Chant des Partisans
| 21 juin 1943 : Arrestation de Jean Moulin
| 5 juil. 1943 : Bataille de chars à Koursk
| 10 juil. 1943 : Débarquement anglo-saxon en Sicile
| 25 juil. 1943 : Mussolini renversé
| 12 sep. 1943 : Les nazis enlèvent Mussolini
| 23 sep. 1943 : Raids anglo-américains sur Nantes
| 29 sep. 1943 : L'Italie se retire de la guerre
| 22 nov. 1943 : Indépendance du Liban
| 29 nov. 1943 : Création des FFI
| 1 déc. 1943 : Fin de la conférence de Téhéran
| 8 déc. 1943 : De Gaulle décide de reconquérir l'Indochine
| 3 jan. 1944 : La France reconnaît l'indépendance de la Syrie et du Liban
| 30 jan. 1944 : Conférence de Brazzaville
| 20 fév. 1944 : La bataille de l'eau lourde
| 21 fév. 1944 : L'Affiche rouge
| 18 mars 1944 : L'Indien Bose attaque les Indes britanniques
| 23 mars 1944 : Déportation des Tchétchènes
| 26 mars 1944 : La bataille des Glières
| 6 avr. 1944 : La Gestapo investit la maison d'Izieu
| 17 mai 1944 : Bataille du Mont Cassin
| 3 juin 1944 : De Gaulle chef du gouvernement provisoire
| 6 juin 1944 : Le débarquement de Normandie
| 9 juin 1944 : Atrocités nazies à Tulle
| 10 juin 1944 : Le martyre d'Oradour-sur-Glane
| 13 juin 1944 : Une fusée V1 dans la Tamise
| 20 juil. 1944 : Attentat contre Hitler
| 22 juil. 1944 : Accords de Bretton Woods
| 1 août 1944 : Soulèvement de Varsovie
| 15 août 1944 : Débarquement de Provence
| 25 août 1944 : La Libération de Paris
| 10 oct. 1944 : Projet de partage des Balkans
| 3 déc. 1944 : Les communistes tentent de s'emparer d'Athènes
| 17 jan. 1945 : Les Soviétiques entrent à Varsovie
| 27 jan. 1945 : Libération du camp d'Auschwitz-Birkenau
| 30 jan. 1945 : Le torpillage du Wilhelm Gustloff
| 4 fév. 1945 : Conférence de Yalta
| 11 fév. 1945 : Fin de la conférence de Yalta
| 14 fév. 1945 : Dresde réduite en cendres
| 9 mars 1945 : Les Japonais s'emparent de l'Indochine
| 19 mars 1945 : Les Français pénètrent en Allemagne
| 9 avr. 1945 : Le pasteur Dietrich Bonhoeffer assassiné
| 10 avr. 1945 : Les Soviétiques libèrent Vienne
| 25 avr. 1945 : Conférence de San Francisco
| 28 avr. 1945 : Exécution de Mussolini
| 29 avr. 1945 : Les Françaises votent pour la première fois
| 30 avr. 1945 : Suicide de Hitler
| 8 mai 1945 : Répression sanglante à Sétif
| 8 mai 1945 : Capitulation allemande
| 25 juin 1945 : Conférence de Simla
| 26 juin 1945 : Fondation de l'ONU
| 16 juil. 1945 : Première explosion atomique à Los Alamos
| 17 juil. 1945 : Conférence de Potsdam
| 2 août 1945 : Fin de la conférence de Potsdam
| 6 août 1945 : Une bombe atomique sur Hiroshima !
| 7 août 1945 : L'URSS déclare la guerre au Japon
| 9 août 1945 : Une bombe atomique sur Nagasaki
| 10 août 1945 : Les Vietnamiens se soulèvent contre les Japonais
| 17 août 1945 : La « Grande Muette » vote !
| 2 sep. 1945 : Capitulation du Japon
| 15 oct. 1945 : Laval fusillé à Fresnes
| 17 oct. 1945 : Jour de gloire pour Perón et Evitá
| 29 nov. 1945 : Tito au pouvoir en Yougoslavie
| 23 jan. 1898 : naissance de Serge Eisenstein
| 31 oct. 1898 : naissance de Alfred Sauvy
| 13 août 1899 : naissance de Alfred Hitchcock
| 8 oct. 1899 : naissance de Edmond Michelet
| 28 avr. 1900 : naissance de Maurice Thorez
| 7 oct. 1900 : naissance de Heinrich Himmler
| 29 avr. 1901 : naissance de Hirohito, Shôwa
| 3 nov. 1901 : naissance de André Malraux
| 5 déc. 1901 : naissance de Walt Disney
| 9 déc. 1901 : naissance de Jean Mermoz
| 29 mars 1902 : naissance de Marcel Aymé
| 22 nov. 1902 : naissance de Philippe Leclerc de Hauteclocque
| 8 juin 1903 : naissance de Marguerite Yourcenar
| 25 juin 1903 : naissance de George Orwell
| 25 juin 1903 : naissance de Pierre Brossolette
| 3 août 1903 : naissance de Habib Bourguiba
| 7 mars 1904 : naissance de Reinhard Heydrich
| 11 mai 1904 : naissance de Salvador Dali
| 14 mars 1905 : naissance de Raymond Aron
| 21 juin 1905 : naissance de Jean-Paul Sartre
| 31 déc. 1905 : naissance de Guy Mollet
| 3 juin 1906 : naissance de Joséphine Baker
| 9 oct. 1906 : naissance de Léopold Sedar Senghor
| 11 jan. 1907 : naissance de Pierre Mendès France
| 30 mai 1907 : naissance de Germaine Tillion
| 28 juin 1907 : naissance de Paul-Émile Victor
| 15 déc. 1907 : naissance de Oscar Niemeyer
| 9 jan. 1908 : naissance de Simone de Beauvoir
| 26 juin 1908 : naissance de Salvador Allende
| 28 nov. 1908 : naissance de Claude Lévi-Strauss
| 18 août 1909 : naissance de Marcel Carné
| 13 nov. 1909 : naissance de Eugène Ionesco
| 5 juil. 1911 : naissance de Georges Pompidou
| 6 fév. 1912 : naissance de Eva Braun
| 23 juin 1912 : naissance de Alan Turing
| 7 nov. 1913 : naissance de Albert Camus
| 31 juil. 1914 : naissance de Louis de Funès
| 19 déc. 1915 : naissance de Édith Piaf
| 21 sep. 1916 : naissance de Françoise Giroud
| 26 oct. 1916 : naissance de François Mitterrand
| 29 mai 1917 : naissance de John Fitzgerald Kennedy
| 19 nov. 1917 : naissance de Indira Gandhi-Nehru
| 15 jan. 1918 : naissance de Gamal Abd el-Nasser
| 18 jan. 1918 : naissance de Nelson Mandela
| 30 sep. 1918 : naissance de René Rémond
| 1 fév. 1920 : naissance de Zao Wou-Ki
| 18 mai 1920 : naissance de Karol Wojtyla (Jean-Paul II)
| 25 oct. 1920 : naissance de Geneviève Anthonioz-de Gaulle
| 28 fév. 1921 : naissance de Pierre Clostermann
| 21 mai 1921 : naissance de Andreï Sakharov
| 22 oct. 1921 : naissance de Georges Brassens
| 24 août 1922 : naissance de Howard Zinn
| 12 avr. 1924 : naissance de Raymond Barre
| 13 oct. 1925 : naissance de Margaret Thatcher
| 21 avr. 1926 : naissance de Élisabeth II
| 13 août 1926 : naissance de Fidel Castro
| 14 juin 1928 : naissance de Ernesto Guevara
| 15 jan. 1929 : naissance de Martin Luther King
| 9 juil. 1929 : naissance de Hassan II
| 5 août 1930 : naissance de Neil Armstrong
| 29 nov. 1932 : naissance de Jacques Chirac
| 5 oct. 1936 : naissance de Vaclav Havel
| 21 déc. 1942 : naissance de Hu Jintao