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Le mahatma Gandhi
Staline
Watson et Crick, découvreurs de l'ADN
Dubcek et le printemps de Prague
L'OTAN et la guerre froide
La fin du communisme
L'Europe en question en appelle à de Gaulle
Documentaire américain sur la crise bancaire

Les Soviétiques entrent à Varsovie

Le 17 janvier 1945, les Soviétiques libèrent Varsovie. Cinq mois après l'insurrection de Varsovie (1er août 1944), l'Armée Rouge se décide à libérer la capitale polonaise. Entre temps, les Allemands ont pu exterminer la résistance intérieure. De ce fait, il ne se trouve personne à Varsovie susceptible de contester l'autorité des nouveaux occupants. Les communistes polonais n'ont aucune peine à s'installer au pouvoir.

Libération du camp d'Auschwitz-Birkenau

Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques découvrent le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, à l'ouest de Cracovie (Pologne). Elles sont accueillies par 7000 détenus survivants et ont la révélation de la Shoah. Les journaux du lendemain restent néanmoins muets sur cet événement et l'opinion publique mondiale ne prendra la mesure de la tragédie que bien après la fin de la Seconde Guerre mondiale...

Le torpillage du Wilhelm Gustloff

Le 30 janvier 1945, le Wilhelm Gustloff est torpillé dans la Baltique. 7.000 à 9.000 passagers périssent. C'est la plus grande catastrophe maritime de tous les temps...

Conférence de Yalta

Le 4 février 1945 s'ouvre la conférence de Yalta. Pendant une semaine, au bord de la mer Noire, Churchill, Staline et Roosevelt se concertent sur le sort futur de l'Allemagne et du Japon dont la défaite ne fait plus de doute...

Fin de la conférence de Yalta

Le 11 février 1945 se clôture la conférence de Yalta...

Dresde réduite en cendres

Le 14 février 1945, la ville de Dresde est victime du plus brutal bombardement aérien de la deuxième guerre mondiale...

Les Japonais s'emparent de l'Indochine

Le 9 mars 1945, les Japonais attaquent les garnisons françaises d'Indochine. Ils capturent l'amiral Jean Decoux, gouverneur de la colonie, et portent un coup fatal à la présence coloniale de la France dans le Sud-Est asiatique...

Les Français pénètrent en Allemagne

Le lundi 19 mars 1945, à 16h 30, la première armée française commandée par le général Jean de Lattre de Tassigny pénètre en Allemagne à Scheibenhardt (Bas-Rhin) en franchissant la Lauter.

Le pasteur Dietrich Bonhoeffer assassiné

Le 9 avril 1945, quelques semaines avant la capitulation de l'Allemagne nazie, le pasteur allemand Dietrich Bonhoeffer (39 ans) est pendu dans sa prison pour avoir dénoncé dès le début la dictature hitlérienne. Il avait aussi tenté d'ouvrir des négociations avec les Alliés par l'intermédiaire de protestants suédois. On lui doit cette formule : « Celui-là seul qui crie en faveur des juifs a le droit de chanter du grégorien ».

Les Soviétiques libèrent Vienne

Les Soviétiques entrent dans Vienne le 10 avril 1945...

Conférence de San Francisco

Le 25 avril 1945 s'ouvre la conférence de San Francisco. Les représentants des nations libres élaborent la charte de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Le même jour, les armées américaines et soviétiques font leur jonction à Berlin. C'est pratiquement la fin des combats en Europe.

Exécution de Mussolini

Le 28 avril 1945, trois jours après l'ordre d'insurrection générale lancé par les partisans antifascistes, Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci sont exécutés par des résistants italiens sur l'ordre du chef communiste Walter Audisio. Leurs cadavres sont pendus par les pieds et exposés aux quolibets de la foule, sur une place de Milan, jusqu'à l'intervention d'officiers alliés.

Deux jours plus tard, Hitler et sa maîtresse se suicideront dans leur bunker pour échapper à un sort comparable.

Les Françaises votent pour la première fois

Le 29 avril 1945, les élections municipales donnent l'occasion aux Françaises de voter pour la première fois de leur Histoire...

Un demi-siècle après, les Françaises souffrent encore et toujours d'une faible représentation dans les assemblées politiques malgré l'inscription de la parité homme-femme dans la Constitution ! À cela une cause principale : le cumul des mandats, spécifité nationale.

Suicide de Hitler

Le 30 avril 1945, Adolf Hitler se suicide dans son bunker de Berlin. Il s'administre du poison. Sa maîtresse Eva Braun l'accompagne dans la mort après avoir conclu avec lui un engagement de mariage. Les derniers fidèles du Führer ont soin de brûler les corps afin qu'ils ne tombent pas entre les mains des Soviétiques. Une semaine plus tard est signée à Reims la capitulation des armées allemandes. C'est la fin dramatique et sans gloire du IIIe Reich.

Répression sanglante à Sétif

Le 8 mai 1945, le jour même de la victoire alliée sur le nazisme, de violentes émeutes éclatent à Sétif et Guelma, en Algérie.

Les manifestants sont des Algériens de confession musulmane dont beaucoup se sont battus dans les troupes françaises qui ont libéré l'Italie du fascisme. Ils souhaitent avec le retour de la paix gagner un peu d'autonomie. Parmi eux un lycéen de 16 ans : Kateb Yacine, futur poète algérien...

La répression, d'une grande brutalité, fait 8.000 à 20.000 morts parmi les musulmans. C'est un lointain prélude à la guerre d'indépendance.

Capitulation allemande

Le 8 mai 1945, à 23h01, au lendemain de la capitulation allemande, les combats cessent officiellement dans toute l'Europe.

La Seconde Guerre mondiale n'a fini toutefois qu'avec la capitulation du Japon, le 2 septembre 1945. Les Américains distinguent ainsi le V-E (Victory-Europe) Day, jour de la victoire en Europe et le V-J (Victory-Japan) Day, jour de la victoire sur le Japon...

La France commémore la Capitulation

Pour des raisons spécieuses, la France est depuis 1981 le seul pays qui commémore par un jour férié et chômé le 8 mai 1945, fin de la guerre en Europe.

Ni les Anglais, ni les Américains ne chôment le 8 mai. Quant aux Russes, c'est le 9 mai qu'ils célèbrent la capitulation de l'Allemagne nazie et la fin de ce qu'ils appellent la « Grande Guerre patriotique », la cessation des combats ayant été enregistrée ce jour-là à Moscou en raison du décalage horaire.

Conférence de Simla

Pour tenter d'apaiser les dissensions communautaires, Lord Wavell, vice-roi des Indes britanniques, présente en mai 1945 un plan de compromis qui vise à la création d'un conseil exécutif dans lequel hindous et musulmans seraient équitablement représentés. Il convoque une conférence à Simla, au nord de l'Inde, le 25 juin 1945, pour en débattre. Ali Jinnah, qui représente la Ligue musulmane, revendique pour celle-ci le droit de représenter exclusivement les musulmans du pays. Le parti laïc du Congrès conteste sa prétention. La conférence se conclut sur un échec le 14 juillet 1946.

Fondation de l'ONU

Le 26 juin 1945, à San Francisco, les représentants de 51 pays fondent l'Organisation des Nations Unies (ONU) conformément aux principes de la Charte de l'Atlantique (1941).

La nouvelle institution remplace la Société des Nations (SDN), née en 1920 des suites de la Première Guerre mondiale et établie à Genève. Son siège est fixé à New York, au bord de l'East River, dans la métropole de la principale puissance mondiale...

Première explosion atomique à Los Alamos

Le 16 juillet 1945 a lieu dans le désert américain du Nouveau-Mexique, près de Los Alamos, la première explosion atomique. Cet essai en grandeur nature précède de trois semaines le largage meurtrier et sans précédent d'une bombe atomique au-dessus de la ville japonaise d'Hiroshima (6 août 1945).

Conférence de Potsdam

Du 17 juillet au 2 août 1945 se tient une conférence à Potsdam en vue de régler le sort de l'Allemagne vaincue.
Y participent Harry Truman, successeur de Franklin Roosevelt à la Maison Blanche, Clement Attlee, successeur de Winston Churchill au 10, Downing Street, et l’inamovible Staline. L’Allemagne est partagée en 4 zones d’occupation et sa frontière orientale ramenée sur la ligne Oder-Neisse. Cette frontière sera officiellement reconnue par les Allemands par un traité de paix signé à Moscou le… 12 septembre 1990…

Fin de la conférence de Potsdam

Le 2 août 1945 prend fin la conférence de Potsdam au cours de laquelle les vainqueurs du IIIe Reich ont fixé les nouvelles frontières de l'Allemagne.

Une bombe atomique sur Hiroshima !

Le 6 août 1945, la ville japonaise d'Hiroshima est détruite par une bombe atomique, ou bombe à l'uranium 235, de quatre tonnes et demi.

Elle a été larguée par le bombardier B-29 du colonel Paul Tibbets. La veille, il avait donné à son appareil le nom de sa mère, Enola Gay, et surnommé son terrifique chargement Little Boy.

Cette attaque sans précédent fait 70.000 morts et des dizaines de milliers de blessés dont beaucoup mourront des années plus tard...

L'URSS déclare la guerre au Japon

Le 7 août 1945, au lendemain de l'explosion d'Hiroshima, l'URSS de Staline déclare la guerre au Japon. Mais ce dernier signera sa capitulation avec les Américains le 2 septembre avant que les Soviétiques n'aient eu à le combattre.

Une bombe atomique sur Nagasaki

Le largage d'une bombe atomique sur Hiroshima n'ayant pas suffi à vaincre la détermination des dirigeants japonais, les Américains décident, trois jours plus tard, le 9 août 1945, de larguer sur le Japon la deuxième et dernière bombe atomique dont ils disposent. Celle-là est au plutonium et non à l'uranium 235, une différence au demeurant insignifiante du point de vue des futures victimes.

Le bombardier B-29 de Charles Sweeney survole d'abord la ville de Kokura. La cible étant occultée par les nuages, il poursuit sa route vers Nagasaki (250.000 habitants) où une éclaircie du ciel lui permet d'effectuer le funeste largage. 40.000 personnes sont cette fois tuées sur le coup et des dizaines de milliers d'autres gravement brûlées (80.000 morts au total selon certaines estimations). Plusieurs milliers de victimes sont catholiques, la ville étant au coeur du christianisme japonais.

Les Vietnamiens se soulèvent contre les Japonais

Le 10 août 1945, Hô Chi Minh, chef tout-puissant du parti communiste vietnamien, le Vietminh, évince le falot Bao-Daï (on écrit aussi Bao Dai), empereur d'Annam, et soulève la population contre l'occupant japonais. Trois semaines plus tard, le 2 septembre 1945, le Japon ayant officiellement capitulé, il proclame unilatéralement l'indépendance de la République démocratique du Viêt-nam (on écrit aussi Vietnam). Son initiative est ignorée par le gouvernement provisoire du général de Gaulle, à Paris, comme par les conférenciers réunis à Potsdam, lesquels décident de partager l'Indochine suivant le 16e parallèle entre les Chinois de Tchang Kai-chek (au nord) et les Britanniques (au sud). L'imbroglio va déboucher sur la première guerre d'Indochine...

La « Grande Muette » vote !

Le 17 août 1945, les militaires français obtiennent le droit de vote... quelques mois après les femmes ! La « Grande Muette » n'est plus tout à fait muette.

Capitulation du Japon

Le 2 septembre 1945, l'Empire du Soleil Levant capitule face aux États-Unis, mettant fin pour de bon à la Seconde Guerre mondiale (l'Allemagne avait capitulé quatre mois plus tôt)...

Laval fusillé à Fresnes

Le 15 octobre 1945, Pierre Laval, ancien dirigeant de la gauche pacifiste, est fusillé dans la prison de Fresnes pour crime de collaboration avec l'occupant allemand. Ayant tenté de s'empoisonner dans sa cellule, il est traîné moribond jusqu'au peloton d'exécution.

Jour de gloire pour Perón et Evitá

Le 17 octobre 1945, en Argentine, le colonel Perón est sorti de sa prison sous la pression des syndicats et de sa maîtresse Evità...

Tito au pouvoir en Yougoslavie

Le 29 novembre 1945 est proclamée la République populaire de Yougoslavie. Très vite, le chef des communistes yougoslaves, Josip Broz Tito, va s'émanciper de la tutelle soviétique. Il va ériger la Yougoslavie en chef de file des pays non-alignés et devenir le mouton noir du monde communiste.

De Gaulle s'en va !

Le 20 janvier 1946, Charles de Gaulle démissionne de la présidence du gouvernement provisoire. À l'encontre des partis politiques, il réclame un exécutif fort. Contrairement à ses espérances, ses voeux ne seront pas comblés et personne ne viendra le rappeler au pouvoir pour conduire la IVe République...

Début de la guerre froide

Pendant un demi-siècle, le monde a vécu sous la menace d'une guerre majeure entre les États-Unis et l'URSS.

Cette «guerre froide» a été inaugurée le 5 mars 1946 par un discours de Winston Churchill à Fulton, dans le Missouri....

Accord Hô Chi Minh-Sainteny

Le 6 mars 1946, Hô Chi Minh et Sainteny signent un accord par lequel ils reconnaissent l'indépendance de la république du Viêt-nam dans le cadre de l'Union française. Cet accord sera vite rendu caduc sous l'effet de provocations des deux bords.

procès du docteur Petiot

Le 18 mars 1946 débute à Paris le procès du docteur Petiot (49 ans), l'un des plus sinistres criminels en série qui soient. Il a assassiné dans sa cave plusieurs dizaines de personnes qui avaient acheté ses services pour fuir la France occupée…

La République française prend des couleurs

Le 19 mars 1946, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, et la Réunion deviennent des départements d'outre-mer sur un vote à l'unanimité de l'Assemblée nationale française.

Les quatre vieilles colonies ont obtenu cette promotion grâce à l'effort conjoint de leurs députés, Léon Lepervanche et Raymond Vergès (La Réunion), Gaston Monnerville (Guyane), Eberré (Guadeloupe), Bissel et Césaire (Martinique), Aimé Césaire étant le rapporteur de la loi.

Marthe Richard ferme les « maisons closes »

Le 13 avril 1946, la Chambre des députés vote la loi Marthe Richard, du nom de son inspiratrice. Elle impose dans toute la France la fermeture des « maisons closes » (bordels ou maisons de passe). La face cachée de la bourgeoisie balzacienne disparaît pour toujours.

Prostituée à 16 ans puis mariée à un riche industriel, Marthe Richard (1889-1980)mène une vie fantasque. Elle est l'une des premières Françaises à acquérir un brevet de pilote. Elle prétend par ailleurs avoir fait de l'espionnage au service de la France pendant la Grande Guerre. Conseillère municipale de Paris à la Libération en 1945, elle accède enfin à la respectabilité.

Naissance de la République italienne

Le 2 juin 1946, les Italiens sont convoqués à un référendum pour définir les nouvelles institutions du pays après l'aventure fasciste. Par la même occasion, ils sont appelés à élire une assemblée constituante.

Prenant les devants, le roi Victor-Emmanuel III, qui s'est discrédité en amenant Mussolini au pouvoir, tente de sauver la couronne en abdiquant au profit de son fils Humbert II le 9 mai 1946. Mais ce geste ne suffit pas à réhabiliter la monarchie et les citoyens se prononcent à 54% pour la République. Celle-ci est officiellement instaurée le 18 juin suivant.

L'assemblée constituante qui sort des urnes s'avère dominée par trois partis qui vont dès lors régenter la vie politique italienne pendant le demi-siècle suivant. Il y a d'abord la Démocratie chrétienne (Democrazia cristiana) dirigée par Alcide De Gasperi, qui recueille 35% des voix, puis le parti socialiste de Pietro Nenni (20% des voix) et le parti communiste de Palmiro Togliatti (19%).

Le 2 juin est depuis lors fête nationale chômée en Italie.

De Gaulle et le discours de Bayeux

Le 16 juin 1946, à Bayeux, en Normandie, le général Charles de Gaulle formule dans un discours retentissant une critique en règle des institutions de la IVe République...

Attentat de l'hôtel du Roi David

Le 22 juillet 1946, l'Irgoun (nom hébraïque de l'armée secrète juive) fait sauter l'hôtel du Roi David, à Jérusalem. Cet hôtel sert de quartier général à l'armée britannique. De cet endroit, la Grande-Bretagne administre la Palestine. L'attentat fait 91 morts, dont 25 Britanniques. Le gouvernement de Londres est poussé par son opinion publique à se dégager au plus vite du bourbier palestinien.

Jinnah impose la création du Pakistan

Le 16 août 1946, aux Indes britanniques, le président de la Ligue musulmane Mohammed Ali Jinnah lance une journée d'action en vue d'imposer la partition du pays et la création d'un État musulman indépendant, le Pakistan.

Il s'ensuit de violents affrontements entre hindous et musulmans. On relève plusieurs milliers de morts à Calcutta, capitale administrative du British Raj (empire britannique des Indes)...

Première édition du festival de Cannes

Starlette sur la Croisette à Cannes (octobre 1946Irrité par la mainmise hitlérienne et mussolinienne sur la Mostra de Venise, née en 1932, le gouvernement français du Front Populaire décide de créer un festival du cinéma concurrent à Cannes, sur la Côte d'Azur.

L'idée en revient au ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, Jean Zay.

Mais son ouverture en 1939 est reportée du fait de la Seconde Guerre mondiale. C'est donc six ans plus tard, le 20 septembre 1946, que la Croisette reçoit réalisateurs, stars et journalistes, pour la plus grande joie des badauds.

La première Palme d'Or est remise à un film de René Clément qui exalte la Résistance française : La Bataille du Rail.

Verdict du procès de Nuremberg

Le 1er octobre 1946 est rendu le verdict du procès ouvert à Nuremberg (Nürnberg.
Les quatre juges du Tribunal représentent les quatre pays vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale : États-Unis, URSS, Grande-Bretagne et France (le juge français s'appelle Henri Donnedieu de Vabres).

Sont condamnés à la pendaison Göring, von Ribbentrop, Keitel, Kaltenbrunner, Rosenberg, Frank, Frick, Streichner, Sauckel, Jodl, Seyss-Inquart et Bormann (en fuite ou disparu). Hess, Funk, Dönitz, Raeder, von Schirach et Speer sont condamnés à la prison. Schacht, von Papen et Fritzche sont acquittés.

Une seconde vague de procès a lieu l'année suivante à l'initiative des Américains seuls. L'un d'eux juge les responsables des Einsatzgruppen de la Schutzstaffel (SS). Il débouche le 10 avril 1948 sur la condamnation à mort de 14 inculpés (4 seront effectivement exécutés : Ohlendorf, Naumann, Blobel, Braune)...

Première guerre d'Indochine

Le 19 décembre 1946, le parti communiste vietnamien de Hô Chi Minh, le Vietminh, lance une insurrection générale contre le colonisateur français à Hanoi et dans tout le Tonkin. C'est l'échec de la reprise en main négociée par Jean Sainteny et l'amiral Thierry d'Argenlieu et le début de la première guerre d'Indochine...

Vincent Auriol président de la République

Vincent Auriol (63 ans) devient le 16 janvier 1947 le premier président de la IVe République. Il a été élu peu avant par les deux Chambres réunies en Congrès à Versailles.

Révolte à Madagascar

Le 29 mars 1947, une insurrection éclate à Madagascar. Elle se répand comme une traînée de poudre dans la colonie française.

Le gouvernement envoie à Madagascar des renforts, essentiellement des troupes coloniales (tirailleurs sénégalais) : au total 18.000 hommes début 1948. La répression donne lieu à de nombreux débordements et crimes de guerre : tortures, exécutions sommaires, regroupements forcés, mises à feu de villages...

Le plan Marshall

Le 5 juin 1947, dans un discours à l'Université de Harvard, le général George C. Marshall, présente un «programme de reconstruction européenne» (European Recovery Program ou ERP) pour lutter «contre la famine, le désespoir et le chaos».

Ce programme gardera dans l'Histoire le nom de son auteur, Secrétaire d'État (ou ministre des Affaires étrangères) dans le gouvernement du président Harry Truman...

L'Exodus défie la loi anglaise

Le 10 juillet 1947, un bateau panaméen (President Warfield) appareille de Sète avec à son bord 4551 juifs d'Europe centrale, rescapés des camps de la mort. En pleine mer, le bateau, qui a été affrété par l'organisation sioniste clandestine Haganah, change son nom pour celui d'Yetzia Europa (Exode de l'Europe, plus connu dans sa version anglaise : Exodus 47). Il arbore le drapeau marqué de l'étoile de David et se dirige vers la Palestine, encore sous mandat britannique...

Arrivée triomphale du Kon Tiki en Polynésie

Le 7 août 1947, le radeau « Kon Tiki » de l'anthropologue norvégien Thor Heyerdal (32 ans) arrive en Polynésie après un voyage de 6900 km...

Indépendance de l'Inde et du Pakistan

Le 15 août 1947, les Britanniques se retirent des Indes tandis que l'Inde et le Pakistan proclament leur indépendance. À New Delhi, conformément à l'Indian Independance Bill voté le mois précédent par le Parlement britannique, le vice-roi Lord Mountbatten remet ses pouvoirs au pandit Nehru...

La future Élizabeth II se marie

Le 20 novembre 1947, la future reine Élizabeth II épouse à Westminster son cousin, le prince Philip Mountbatten, duc d'Édimbourg.

Indépendance de la Birmanie

Le colonisateur britannique quitte la Birmanie le 4 janvier 1948. Cette fédération de plus d'une centaines d'ethnies aujourd'hui appelée Myanmar (environ 60 millions d'habitants en 2008 sur 676.000 km2) est traversées de puissantes artères fluviales (Irrawaddy,...). Le bouddhisme s'y est épanoui après l'An Mil autour de Pagan (ou Bagan), la « Ville des mille temples » avec ses célèbres stupas (chignons) symboliques de l'ordre cosmique. À Rangoon, l'actuelle capitale, une junte militaire héritière du général Ne Win et de Thakin Aung San, héros de l'indépendance, tient tous les leviers du pouvoir...

Un drapeau pour le Québec

Le 21 janvier 1948, l'Assemblée Législative de la province du Québec (l'actuelle Assemblée Nationale du Québec) adopte le Fleurdelisé comme drapeau distinctif...

Indépendance de Ceylan

Ceylan devient indépendante le 4 février 1948. Rebaptisée Sri Lanka, l'île n'en finit pas de souffrir du contentieux ethnique légué par le colonisateur britannique. Malgré l'énergique politique de Mme Bandaranaike, premier ministre cinghalais presque sans interruption de 1956 à 1997, les indépendantistes de la minorité tamoul (« Mouvement des Tigres de libération de la patrie tamoule », LTTE) poursuivent une guerre d'usure contre le gouvernement de Colombo...

Le coup de Prague

Le 25 février 1948, par le « coup de Prague », le président de la République tchécoslovaque, Édouard Benes, doit céder tout le pouvoir aux communistes et à leur chef, Gottwald, après deux semaines de pressions intenses des Soviétiques...

Massacre de Deir Yassin

Le village musulman de Deir Yassin, en Judée, à proximité de Jérusalem, est attaqué le 9 avril 1948 par des combattants de l'Irgoun, un groupe militaire clandestin sioniste. Une centaine de villageois perdent la vie au cours des combats. Le drame est dénoncé par Ben Gourion, qui veut ainsi affaiblir l'Irgoun, et par les Arabes, qui y voient la preuve que les juifs, sur le point de fonder l'État d'Israël, s'apprêtent à en tuer ou chasser les Palestiniens.

Indépendance d'Israël

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame officiellement la naissance de l'État d'Israël...

Le blocus de Berlin

Le 24 juin 1948, les Soviétiques qui occupent depuis 1944 l'Allemagne orientale, entament le blocus de l'enclave de Berlin-Ouest. Il s'agit d'une fraction du Grand-Berlin (883 km2 et 2,3 millions d'habitants) concédée aux Alliés occidentaux et partagée en trois zones d'occupation (anglaise, américaine, française).

Le blocus est motivé par le rejet par les Soviétiques de la nouvelle monnaie introduite par les Occidentaux en Allemagne, le Deutsche Mark (DM).

Le blocus consiste à couper, «pour des raisons techniques», les communications terrestres entre Berlin-Ouest et l'Allemagne occidentale. La réussite du coup de force que représentait de blocus aurait signifié l'abandon par les alliés occidentaux de Berlin et son occupation par les Soviétiques.

Mais, pendant près de onze mois, jusqu'au 12 mai 1949, les Américains et les Anglais organisent un pont aérien pour ravitailler les berlinois de l'Ouest, soit 277 728 vols en 322 jours. Le principal aéroport actuel de Berlin, Tegel, est d'ailleurs la conséquence de ce pont aérien puisqu'il est construit en secteur français d'août à novembre 1948 pour compléter les aéroports existants de Tempelhof en secteur américain et de Gatow en secteur britannique.

Le pont aérien résiste et à l'hiver et aux brimades des Russes : projecteurs aveuglant les pilotes, interférences radio, tirs sol-sol, tirs de DCA. Il empêche ainsi Berlin-Ouest de tomber dans l'escarcelle soviétique, et son maintien coûte que coûte, malgré 76 morts et un coût financier considérable, finit par contraindre les Soviétiques à mettre fin au blocus, décision annoncée par l'agence Tass le 25 avril 1949. Quelques mois plus tard se concrétise la division de l'Allemagne en deux États rivaux.

Le yougoslave Tito excommunié par le Kominform

Le 29 juin 1948, au terme d'une longue période de tension, le maréchal Josip Broz Tito (66 ans), chef charismatique de la République populaire fédérale de Yougoslavie, est exclu du Kominform, le mouvement communiste international, à l'instigation de Staline, qui voit en lui un rival encombrant. La Yougoslavie va dès lors faire bande à part et Tito s'ériger en promoteur du mouvement des non-alignés (ni l'Est pro-soviétique, ni l'Ouest pro-américain).

Marcel Cerdan champion de boxe

Le 21 septembre 1948, le boxeur Marcel Cerdan est sacré champion du monde des poids moyens après sa victoire sur l'Américain Tony Zale...

Déclaration universelle des droits de l'homme

Le 10 décembre 1948, les 58 membres de l'Organisation des Nations Unies (ONU) siègent pour la dernière fois à Paris, au palais de Chaillot, avant de gagner New York et les rives de l'Hudson. Ils adoptent pour l'occasion la Déclaration universelle des droits de l'homme (en anglais : Universal Declaration of Human Rights).

Eleanor Roosevelet et René CassinElle est rédigée sous l'égide d'Eleanor Roosevelt, veuve du président américain, avec le concours éclairé du juriste français René Cassin.

Ce texte exprime la pensée occidentale du XXe siècle dans ses deux volets, communiste et libéral. Il reprend dans les grandes lignes les principes universels de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.

Mais à la grande différence de celle-ci, concise et d'une portée intemporelle et réellement universelle, la Déclaration de 1948 apparaît verbeuse, avec des formules convenues («agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité»), et surtout singulièrement datée avec des droits qui n'ont de sens que dans les sociétés industrielles du milieu du XXe siècle et dans les sociétés occidentales de la même époque.

L'article sur le mariage, par exemple, n'aurait eu aucune chance d'être agréé au XXIe siècle, tant par les États qui autorisent la polygamie (inégalité de droits entre les sexes) que par ceux qui légitiment les unions homosexuelles («À partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution»).

Émergence du « sous-développement »

Le 20 janvier 1949, dans son traditionnel discours sur l'état de l'Union, le président des États-Unis, Harry Truman, prononce pour la première fois l'expression « sous-développé » à propos des pays qui n'ont pas encore atteint le stade industriel. L'expression fait florès...

Kravchenko dénonce le système stalinien

Viktor Kravchenko devant le tribunal correctionnel (janvier 1949)Le 24 janvier 1949, à Paris, devant le tribunal correctionnel, débute un procès retentissant. Il oppose le dissident soviétique Viktor Kravchenko aux communistes français, représentés par André Wurmser, directeur de l'hebdomadaire Les lettres françaises.

L'hebdomadaire communiste l'a accusé d'être un agent de la CIA américaine, dans un article publié le 13 novembre 1947 dans un article signé Sim Thomas et écrit par André Ullmann.

Viktor Kravchenko s'est réfugié aux États-Unis à l'occasion d'une mission à Washington en 1944. Deux ans plus tard, il a publié son témoignage sur le système répressif soviétique sous le titre : I chose Freedom, (traduction française : J'ai choisi la liberté, La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique).

Le procès parisien se solde au bout de deux mois par une victoire de Kravchenko, qui a pu appeler à la barre des témoins convaincants. Mais sa plaidoirie n'a pas pour autant convaincu l'opinion.

Trop tôt venu, alors que Staline fait figure, non sans raison, de vainqueur du nazisme, son livre suscite l'incrédulité quasi-générale et l'indignation chez les communistes français. Ces derniers préfèrent à tout prendre des injustices faites à des individus au renoncement à leur combat aux côtés de Staline et du prolétariat ! Il faudra attendre un quart de siècle et la publication de L'Archipel du Goulag par Alexandre Soljenitsyne pour que la vérité éclate enfin.

Fondation de l'OTAN

Avec l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), conclue à Washington le 4 avril 1949, les démocraties d'Europe occidentale et d'Amérique du nord se disposent à faire face à la menace soviétique.

La guerre froide entre dans sa phase institutionnelle. L'article 5 du traité précise que tous les signataires s'engagent à se porter secours en cas d'attaque contre l'un ou l'autre d'entre eux...

Schoelcher et Éboué au Panthéon

Le 20 mai 1949, sur une initiative du sénateur Gaston Monnerville, métis originaire de Guyane, la République française transfère au Panthéon les cendres de Victor Schoelcher, en reconnaissance de son action en faveur des esclaves, ainsi que du Guyanais de race noire Félix Éboué, gouverneur du Tchad rallié à la France libre de De Gaulle.

1984, une fiction très actuelle

Le 10 juin 1949, sortie du roman de science-fiction 1984, une oeuvre du britannique George Orwell qui décrit une société totalitaire sous le regard d'un chef omniprésent, « Big Brother » (Grand Frère) en lequel les contemporains pouvaient reconnaître Staline.

En pleine guerre froide entre l'Occident et le monde communiste, l'ouvrage fait scandale. Nul ne se doute alors qu'en 1984, le monde communiste dont il fait la description sera au bord de l'implosion, broyé par le poids de ses contradictions internes.

Première bombe atomique soviétique

Le 23 septembre 1949 explose la première bombe atomique soviétique. La guerre froide entre Américains et Soviétiques arrive à son paroxysme.

Proclamation de la Chine populaire

Le 1er octobre 1949, à Pékin, Mao Zedong (Mao Tsé-toung) proclame la République populaire de Chine. Il lance sa proclamation du balcon de la Porte de la Paix céleste, qui donne sur la grande place Tien An Men, non loin de la Cité interdite des anciens empereurs.

L'anniversaire de ce jour est depuis lors fête nationale en Chine populaire.

Naissance de la RDA

Le 7 octobre 1949, la zone d'occupation soviétique en Allemagne devient un État à part entière sous le nom de République Démocratique Allemande (RDA, en allemand DDR). Il s'oppose à la République Fédérale Allemande (RFA) constituée par les zones d'occupation américaine, anglaise et française.C'est la fin d'un long processus d'éclatement qui a débuté avec la défaite de l'Allemagne nazie en 1945 et a été intensifié par la guerre froide entre les anciens alliés américain et soviétique. La division de l'Allemagne en deux États antagonistes va durer un demi-siècle, jusqu'à la chute du Mur de Berlin.

La guerre civile grecque prend fin

Le 16 octobre 1949, prend fin, faute de combattants, la guerre civile atroce qui a déchiré pendant 5 ans la Grèce. Malgré la trêve de Varkiza (février 1945), le retour d'exil du roi Georges II et le gouvernement de coalition du libéral Papandréou, les deux partis rivaux, l'EAM-EAS communiste et l'EDES monarchiste, se sont combattus jusque dans les moindres villages. Plus d'un demi-siècle après la reddition des communistes, les horreurs de ce « Spaltung » (division) continuent d'endeuiller la mémoire nationale...

Les Français en finissent avec le rationnement

Le 1er décembre 1949 disparaissent les derniers tickets de rationnement, sur le sucre, l'essence et le café ; le gouvernement de la IVe République supprime par ailleurs le haut-commissariat au ravitaillement. Le rationnement, apparu pendant la guerre et l'occupation allemande, avait du être maintenu et même accentué après la chute du nazisme. La « carte de pain », supprimée en mai 1945, avait été rétablie en décembre 1945 pour n'être finalement supprimée que le 1er février 1949.

Les conditions de vie des Français ne commencent à s'améliorer vraiment qu'après la signature du plan Marshall par la France, le 3 avril 1948, et l'octroi de 2,7 milliards de dollars par les États-Unis. La liste des produits de consommation rationnés se réduit très vite... Les Français entrent bientôt dans la « société de consommation ».

Tchang Kai-chek se réfugie à Formose

Le 8 décembre 1949, le généralissime chinois Tchang Kaï-chek (ou Jiang Jieshi) se réfugie à Formose, plus connue aujourd'hui sous le nom de Taïwan (ou T'ai-Wan).

Le chef du parti nationaliste chinois, le Guomindang (on écrit aussi Kuomintang ou KMT), installe sur l'île un État rival de la Chine communiste...

L'Union indienne devient une République

Le 26 janvier 1950, deux ans après son indépendance, l'Union indienne, à l'initiative du Premier ministre Nehru, se dote d'une Constitution qui fait d'elle une République. Elle n'en reste pas moins dans le Commonwealth britannique.

Le maccarthysme à l'oeuvre

Le 9 février 1950, un discours du sénateur Joseph McCarthy inaugure aux États-Unis la « chasse aux sorcières », un épisode peu reluisant de la guerre froide...

Les Français découvrent le salaire minimum

Le 11 février 1950, le gouvernement de Georges Bidault (IVe République) instaure le Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti). L'objectif est d'imposer une limite en-dessous de laquelle aucun salarié à plein temps ne peut être rémunéré.

Indexé simplement sur les prix, le Smig s'est vu distancié par les salaires moyens. Il a donc été remplacé le 1er janvier 1970 par le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance), fondé sur l'inflation et l'évolution du pouvoir d'achat.

Depuis sa création, le nombre de salariés payés au Smic n'a cessé d'augmenter jusqu'à concerner en 2010 un salarié sur dix, soit environ 2,6 millions de personnes. En 2010, la valeur horaire du Smic est de 8,86 euros, soit 1343,77 euros brut pour un temps plein. Depuis quatre ans, le salaire minimum n'a reçu aucun coup de pouce de l'État, n'étant revalorisé que du minimum légal.

Couronnement de Rama IX à Bangkok

Le 5 mai 1950, le roi Bhumibol est couronné à Bangkok sous le nom de Rama IX. Né le 5 décembre 1927 aux États-Unis, ce prince devient le neuvième souverain de la dynastie Chakri, fondée en 1782. Souverain constitutionnel unanimement respecté, il reste le plus solide garant de la paix civile au « royaume du sourire », la Thaïlande.

La Communauté européenne du charbon et de l'acier

Le 9 mai 1950, le ministre français Robert Schuman présente le plan qui portera son nom et annonce la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA)...

Début de la guerre de Corée

Dans la nuit du 24 au 25 juin 1950, à 4 heures du matin, 600.000 soldats nord-coréens franchissent la ligne de démarcation qui sépare leur État, sous gouvernement communiste, de la Corée du Sud, sous régime pro-occidental. C'est le début de la guerre de Corée...

Les Chinois réoccupent le Tibet

Le 7 octobre 1950, 30.000 soldats chinois pénètrent au Tibet. Les troupes locales se débandent presque sans combattre. C'en est fini d'un demi-siècle d'indépendance pour le Tibet, une immense contrée que les Chinois appellent simplement Xizang (« l'Entrepôt del'ouest ») et que nous surnommons « Toit du monde ».

Le chef du bouddhisme tibétain, le quatorzième dalaï-lama, Tenzin Gyatso (16 ans), prend acte de l'état de fait mais, neuf ans plus tard, il devra quitter son palais du Potala, à Lhassa (ou Lhasa) et s'enfuir à Dharamsala, en Inde.

Traité de San Francisco

Le 8 septembre 1951, les représentants du Japon signent le traité de San Francisco avec ceux des États-Unis et de 47 nations alliées de la Seconde Guerre mondiale. L'Inde, la Birmanie et la Chine nationaliste, absentes ce jour, signeront à leur tour un traité de paix avec le Japon dans les mois suivants. L'URSS et la Chine populaire s'abstiennent de toute signature.

Par ce traité de paix, qui est l'aboutissement de la capitulation signée 6 ans plus tôt, le Japon reconnaît l'indépendance de la Corée et renonce à toute revendication sur ses ancienns possessions des îles Kouriles et Sakhaline, devenues soviétiques, ainsi que sur Taiwan (Formose) et ses archipels du Pacifique, passés sous tutelle étasunienne. Il renonce à toute intervention militaire extérieure et se voit seulement autorisé à constituer une « force d'auto-défense » non-nucléaire.

Soucieux de transformer l'archipel en base avancée face aux pays communistes, URSS et Chine populaire, les États-Unis conservent sur place d'importantes bases militaires, notamment à Okinawa.

À l'entrée en vigueur du traité, le 28 avril 1952, le Japon peut enfin recouvrer son indépendance politique et se libérer de la tutelle américaine. La reconstruction étant à peu près achevée, le pays entre dès lors dans une phase d'expansion accélérée qui va le hisser parmi les plus riches pays de la planète.

Le miracle Pinay

Le 8 mars 1952, comme l'inflation menace la croissance économique, le président Vincent Auriol appelle à la tête du gouvernement français un inconnu, Antoine Pinay, maire de Saint-Chamond (Loire). En quelques mois, celui-ci rétablit la confiance des financiers et des consommateurs. Il fait notamment chuter les prix avec la complicité des grands magasins et lance un emprunt indexé sur l'or et défiscalisé, la rente 3,5%. Les souscriptions atteignent 428 milliards de francs !

Bien qu'ayant ainsi rétabli l'équilibre des finances publiques, le président du Conseil est mis en minorité par la défection des députés MRP sur un projet de réforme de la sécurité sociale et de l'impôt foncier. Antoine Pinay, qui n'a pas le goût des batailles politiques, jette l'éponge le 23 décembre 1952. Son passage, malgré sa brièveté, marquera de son empreinte la IVe République.

Fin de la monarchie en Égypte

Dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952, un groupe d'« officiers libres » conduit par Neguib et Nasser prend le pouvoir en Égypte, renverse le roi Farouk 1er et proclame la République.

L'anniversaire de cet événement est depuis lors fête nationale en Égypte...

Procès Slansky à Prague

Le 3 décembre 1952, l'un des plus spectaculaires procès de l'ère stalinienne s'achève à Prague par la pendaison de 14 prévenus et la dispersion de leurs cendres. Leur chef de file est Rudolf Slansky, ex-secrétaire général du Parti communiste tchécoslovaque, un communiste qui a eu le tort de déplaire à Staline.

Les prévenus ont dû avouer des crimes fantaisistes et les accusateurs ne se sont pas privés d'exploiter l'antisémitisme (*) à leur encontre. Arthur London, survivant du procès, a raconté celui-ci dans L'Aveu. Le roman est devenu un film à succès de Costa Gavras, avec Yves Montand dans le rôle principal.

Le « complot des blouses blanches »

Le 13 janvier 1953 éclate à Moscou l'affaire des « médecins empoisonneurs ». Un article de la Pravda accuse ces médecins - tous juifs - de préparer des assassinats médicaux à l'instigation d'une organisation sioniste. Plusieurs médecins sont prestement inculpés et déportés. Parmi eux le médecin personnel de Staline !

Selon sa tactique habituelle, le dictateur prévoit de faire condamner les médecins après leur avoir arraché de faux aveux, de les faire pendre sur la Place Rouge, de susciter des pogroms dans le pays, enfin, à l'appel « spontané » de personnalités juives du monde de la culture, de protéger les juifs soviétiques en leur offrant un « asile » dans les régions orientales du pays !

L'appel est déjà prêt, ainsi que l'explique l'historien Léon Poliakov (*) quand la mort surprend le « petit père des peuples » et l'empêche de mener à bien son dernier exploit...

Naissance du Livre de Poche

Le 9 février 1953, Henri Filipacchi, des éditions Hachette, publie à Paris les premiers titres d'une collection appelée à un grand avenir : Le Livre de Poche. Le n°1 est un roman de Pierre Benoît, Koenigsmark. Avec un prix trois ou quatre fois moindre que les livres conventionnels, les nouveaux livres au format de poche séduisent un public jeune et peu fortuné.

Déjà, en 1905, les éditions Jules Tallandier avaient commercialisé des livres sous l'appellation « livre de poche » mais il ne s'agissait encore que de littérature de gare (petits romans populaires). La véritable naissance du format de poche remonte à la création par Allen Lane, en 1935, en Angleterre, des éditions Penguin. Dans le domaine francophone, on peut citer la collection Marabout, créée à Verviers (Belgique) en 1948.

Staline et Prokofiev s'éteignent à Moscou

Staline s'éteint à Moscou, le 5 mars 1953, à l'âge de 73 ans, selon l'annonce qu'en fait le Kremlin le lendemain matin au monde stupéfait...
Le même jour que le dictateur soviétique et dans la même ville, à quelques heures d'intervalle, c'est dans une totale discrétion que disparaît le compositeur Serge Prokofiev, à la veille de ses 62 ans. Ancien « enfant terrible » de la musique russe, il a émigré aux États-Unis puis s'est épanoui à Paris, avant de revenir finir sa vie en URSS.

Crick et Watson révèlent l'ADN

Le 25 avril 1953, un article de la célèbre revue scientifique Nature signé du biologiste américain Jim Watson (24 ans) et du physicien britannique Francis Crick (36 ans) décrit pour la première fois la structure de la molécule d'ADN (acide désoxyribonucléique), support du patrimoine génétique des êtres humains.

Hillary et Tenzing sur le Toit du monde

Edmund Hillary et son accompagnateur népalais, le Sherpa Tenzing Norgay, devant l'EverestLe 29 mai 1953, le Néo-Zélandais Edmund Hillary et son accompagnateur népalais, le Sherpa Tenzing Norgay, sont les premiers hommes à se hisser sur le Toit du monde, le mont Everest, 8848 mètres.

Celui-ci porte le nom du géographe britannique Sir George Everest (1790-1866) qui a établi la cartographie des Indes et du massif de l'Himalaya. Les Népalais donnent à ce sommet le nom de Sagarmatha. Les Sherpas, habitants du versant tibétain, l'appellent quant à eux Chomolangma.

L'exploit des deux sujets du Commonwealth suscite l'enthousiasme à Londres où se prépare le couronnement d'Elizabeth II, le 2 juin 1953. Chacun y voit un heureux présage...

Insurrection ouvrière à Berlin-Est

Une insurrection ouvrière éclate à Berlin-Est le 17 juin 1953. Elle s'étend le lendemain à toutes les villes de la République démocratique allemande. Le chef du gouvernement communiste, Walter Ulbricht, appelle les Soviétiques à la rescousse. Les chars noient l'insurrection dans le sang, au prix d'un grand nombre de victimes. Au moins 80 morts et 25.000 arrestations...

L'Égypte devient une République

Le 18 juin 1953, la République est proclamée en Égypte par les Officiers libres. Ils portent à la présidence le général Mohamed Neguib (41 ans). Il a le mérite d'être intègre et populaire mais ne possède ni l'ambition ni l'étoffe d'un chef. Le jeune colonel Gamal Abdel Nasser ne tarde pas à le déposer et à devenir le maître tout-puissant du pays, le raïs...

Les Rosenberg sont exécutés

Julius et Ethel Rosenberg meurent sur la chaise électrique le 19 juin 1953. Les deux époux ont été condamnés deux ans plus tôt pour avoir livré aux Soviétiques les secrets de l'arme atomique pendant la seconde guerre mondiale...

Armistice de Panmunjon

Le 27 juillet 1953, l'armistice de Panmunjon met fin à la guerre de Corée. C'est une accalmie dans la guerre froide que se livrent les deux super-puissances.

La mort de Staline, quelques mois plus tôt, facilite la signature d'un compromis qui dure encore aujourd'hui et se traduit par la division de la péninsule coréenne en deux États que tout oppose sauf le sentiment d'appartenance à une même nation. À la Corée du Nord, dirigée d'une main de fer par Kim Il-Sung s'oppose la Corée du Sud, pro-occidentale, présidée par Syngman Rhee.

Renversement de Mossadegh en Iran

Le 19 août 1953, le Premier Ministre du chah d'Iran, Mohammad Mossadegh, est renversé sous la pression des Britanniques, avec le concours de la CIA (service américain de contre-espionnage) dirigée par Allan Dulles.

Les Anglo-Saxons lui reprochent d'avoir nationalisé les gisements pétroliers d'Iran et exproprié l'Anglo-Iranian Oil Company, fondée en 1908 par William d'Arcy et plus tard rebaptisée British Petroleum, BP)...

Le sultan du Maroc est déposé

Le 20 août 1953, le sultan du Maroc Sidi Mohammed est chassé du pouvoir par le Glaoui (le pacha de Marrakech), avec la complicité des Français. Il reviendra avec le titre de roi, sous le nom de Mohammed V...

Singing in the rain

Le 7 septembre 1953, les Américains découvrent le film Singing in the rain (Chantons sous la pluie), avec l'acteur Gene Kelly. Ce chef-d'oeuvre du réalisateur Stanley Donen apparaît comme le modèle le plus parfait de la comédie musicale, un genre inédit à l'image de la société de consommation exubérante et follement créatrice des années 50.

Inauguration de Chandigarh

Le 7 octobre 1953, le président de l'Union indienne, le docteur Rajendra Prasad, inaugure la cité futuriste de Chandigarh.

Prévue pour devenir la capitale de l'État du Pendjab après le rattachement de l'ancienne capitale au Pakistan voisin, Chandigarh est une ville neuve dessinée par l'architecte français d'origine suisse Le Corbusier, avec des constructions basses et des voies séparées selon le type de circulation. Depuis 1966, Chandigarh est à la fois un territoire de l'Union indienne et la capitale des États du Pendjab et d'Haryana.

René Coty président de la République

René Coty (65 ans) succède le 16 janvier 1954 à Vincent Auriol à la présidence de la IVe République...

Appel de l'abbé Pierre

Le 1er février 1954, lors d'un hiver désastreux qui a occasionné de grandes souffrances parmi les sans-abri de France, l'abbé Pierre lance un appel pathétique sur les ondes et dans les journaux : «Mes amis, au secours ! Une femme vient de mourir gelée, cette nuit, à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée...» Les Français se mobilisent.

C'est le début d'un immense mouvement charitable, l'«insurrection de la bonté». Il va conduire le gouvernement à intensifier ses efforts pour la construction de nouveaux logements.

De «Monsieur Vincent» à l'«abbé Pierre»

Appel de l'abbé Pierre le 1er février 1954De son vrai nom Henri Grouès, l'abbé Pierre (1912-2007) entre dans la Résistance et devient député à la Libération.

En 1949, il crée près de Paris la communauté des Compagnons d'Emmaüs : les déshérités qu'elle accueille ne se contentent pas de la charité publique mais se prennent en charge, construisant de leurs mains des maisons, se faisant chiffonniers et retrouvant leur dignité à travers la solidarité et le travail.

À trois siècles de distance, l'abbé Pierre est comme Saint Vincent de Paul une lumière dans un monde ténébreux, en manque de repères spirituels. Comme «Monsieur Vincent», il a servi les humbles et partagé leurs souffrances, côtoyé les puissants... et su mobiliser les médias pour ses bonnes oeuvres.

Siège de Diên Biên Phu

Le 3 février 1954 commence le siège du camp retranché de Diên Biên Phu...

Nasser au pouvoir

Le 25 février 1954, >Gamal Abdal Nasser devient chef du gouvernement égyptien. Ce lieutenant-colonel de 36 ans avait, quelques mois plus tôt, renversé le régime corrompu du roi Farouk avec un groupe de jeunes officiers.

Giap à l'assaut de Diên Bên Phu

Le 13 mars 1954, le général Giap donne l'assaut à Diên Bên Phu. Le camp retranché français, assiégé depuis le 3 février, tombera la veille de la commémoration du 8 mai.

La « théorie des dominos »

Le 7 avril 1954, en pleine guerre froide, alors qu'à Genève s'est ouvert une conférence sur le sort de l'Indochine et de la Corée, le nouveau président américain, le prestigieux général Dwight David Eisenhower, exprime la crainte qu'en tombant aux mains des communistes, le Vietnam n'entraîne ses voisins (l'Indonésie, la Thaïlande...) dans sa chute.

Plus tard connue sous le nom de « théorie des dominos », cette crainte va conduire les États-Unis à intervenir au Vietnam après le départ des Français pour prévenir le basculement de tout le Sud-Est asiatique dans le camp ennemi.

Création de la TVA

Le 10 avril 1954, l'Assemblée nationale vote la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Cet impôt sur la consommation va très vite s'imposer en France et aussi dans le reste du monde, à l'exception notable des États-Unis.

La TVA vient en remplacement des anciens impôts indirects sur la consommation avec une différence proprement révolutionnaire qui fait le génie de son concepteur :
- l'entrepreneur ne se contente plus de déclarer et payer une taxe sur son chiffre d'affaire (ses ventes),
- il déclare aussi le montant de ses achats et se fait rembourser par le service des impôts les taxes qui pèsent sur ceux-ci.

Ses taxes ne pèsent en définitive que sur la différence entre ses ventes et ses achats (la «valeur ajoutée»)...

Conférence de Genève

Le 26 avril 1954 s'ouvre la conférence de Genève avec les délégués de 19 nations dont Anthony Eden (GB), John Foster Dulles (USA), Molotov (URSS), Zhou Enlai (Chine) et Georges Bidault (France). Ce dernier sera relayé par Pierre Mendès France... L'objectif est de régler les deux grands conflits de l'après-guerre, celui de Corée, inauguré par l'attaque communiste du 25 juin 1950, et celui d'Indochine, qui remonte à l'automne 1946.

La conférence se clôturera trois mois plus tard par le partage durable des deux pays et le retrait définitif de la France d'Indochine.

Capitulation de Diên Biên Phu

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 7 mai 1954, dans le haut Tonkin, le camp retranché de Diên Biên Phu tombe aux mains du Vietminh après 57 jours de résistance acharnée.

Un siècle de présence française en Indochine se termine dans cette cuvette où le général Henri Navarre a concentré 15.000 hommes, avec l'objectif de desserrer l'étau des communistes vietnamiens sur le riche delta du Tonkin.

Le 26 avril précédent s'étaient ouverte la conférence de Genève sur le sort de l’Indochine (et de la Corée).

Ségrégation inconstitutionnelle

Le 17 mai 1954, la ségrégation à l'école est déclarée inconstitutionnelle aux États-Unis. La Cour Suprême des États-Unis donne tort à ceux qui justifient la ségrégation scolaire au nom de l'axiome  : « séparés mais égaux ». C'est l'amorce d'une complète intégration des Noirs dans la société américaine.

La CIA renverse Arbenz au Guatemala

Le 27 juin 1954, Jacobo Arbenz, le président réformateur du Guatemala, est chassé du pouvoir au terme d'un soulèvement fomenté par la CIA. C'est l'époque où le poète Pablo Neruda dénonce les « republicas bananas », républiques d'Amérique centrale soumises au bon vouloir des compagnies américaines. United Fruit est la caricature de ces multinationales anonymes accusées d'abuser de la faiblesse des républiques centraméricaines pour exploiter d'immenses plantations de bananes aux meilleures conditions.

Le «miracle de Berne»

Le 4 juillet 1954, l'Allemagne remporte contre toute attente la Coupe du Monde de football : c'est le «miracle de Berne» qui rend sa grandeur et sa respectabilité à toute une nation...

Accords de Genève sur l'Indochine

Le 21 juillet 1954 se termine la conférence de Genève et avec elle la guerre d'Indochine...

Suicide du président brésilien Getúlio Vargas

Le 24 août 1954, le président brésilien Getúlio Vargas (71 ans) se tire une balle dans le cœur. Fin tragique d'un dirigeant complexe et protéiforme, qui a dominé la vie politique de son pays pendant un quart de siècle, évoluant entre nationalisme, autoritarisme, réformisme social et même socialisme.

Brassens à l'Olympia

Le 23 septembre 1954, Georges Brassens (33 ans) triomphe à l'Olympia.

« Toussaint rouge » en Algérie

Le 1er novembre 1954 marque le début de l'insurrection algérienne. Les indépendantistes du FLN (Front de Libération Nationale) d'Ahmed Ben Bella commettent de nombreux attentats causant une dizaine de victimes musulmanes aussi bien qu'européennes. Parmi celles-ci, un jeune instituteur européen, Guy Monnerot.

Surnommés « fellagha » (en arabe coupeurs de route ou bandits de grand chemin), les indépendantistes souffrent d'être encore très minoritaires et sans soutien consistant dans la population musulmane...

Liquidation du maccarthysme

Le 2 décembre 1954, le Sénat américain met un terme aux entreprises calomniatrices du sénateur Joseph McCarthy. Celui-ci voyait un espion communiste derrière chaque personnalité du pays et conduisait une délirante « chasse aux sorcières ».

Le tiers monde se réunit à Bandoeng

Une conférence afro-asiatique se réunit du 18 au 24 avril 1955 à Bandoeng (on écrit aussi Bandoung ou Bandung), sur l'île de Java. Elle réunit pour la première fois les principaux représentants du tiers monde. Parmi eux Nehru, Chou En-lai (Zhou Enlai), Nehru, Nasser, Sihanouk,...

création du Pacte de Varsovie

Le 14 mai 1955, les Soviétiques répliquent à la création de l'OTAN en signant le Pacte de Varsovie avec sept pays satellites d'Europe centrale: Albanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne, République démocratique allemande (RDA), Roumanie et Tchécoslovaquie.

Les forces militaires de ces pays sont placées sous un commandement unifié (soviétique). Elles interviendront dans les pays du Pacte eux-mêmes, en Hongrie puis en Tchécoslovaquie.

L'alliance disparaîtra d'elle-même en 1989 avec l'effondrement de la domination soviétique sur l'Europe centrale.

Émeutes à Philippeville

Le 20 août 1955, sous le prétexte du deuxième anniversaire de la déposition du roi du Maroc, les indépendantistes algériens du FLN organisent des émeutes violentes à Philippeville...

Destitution de Peron en Argentine

Le 19 septembre 1955, en Argentine, le général président Juan Domingo Peron est destitué à la faveur d'un coup d'État militaire. Né en 1895, Peron a exercé pendant une dizaine d'années un pouvoir autoritaire à la tête du parti populiste, avec le concours de son ancienne maîtresse, devenue sa femme, Évita.

Mort de James Dean

Le 30 septembre 1955, en Californie, un jeune homme de 24 ans se tue au volant de sa Porsche. Il a nom James Dean et trois films à son actif : A l'est d'Eden, La fureur de vivre et Géant. Ce dernier va sortir sur les écrans deux mois après sa mort. L'acteur devient un mythe des États-Unis de l'après-guerre, prospères et avides de jouissance. Il dessine dans ses films comme dans sa courte vie et dans sa fin prématurée le portrait d'un rebelle mal dans sa peau et dans sa relation avec ses parents.

Arrestation de Rosa Parks

Le 1er décembre 1955, Rosa Parks, une femme noire de 42 ans, est arrêtée pour avoir refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus de la ville de Montgomery, en Alabama (États-Unis)...

Adoption du drapeau européen

Le 9 décembre 1955, le Conseil de l'Europe adopte le drapeau européen. L'emblème a été conçu par l'Autrichien Arsène Heitz, modeste fonctionnaire, artiste à ses heures et fervent catholique. Selon ses dires, il s'est inspiré de la médaille miraculeuse de la rue du Bac (Paris)...

Poujade sème la panique

Le 12 janvier 1956, aux cris de « Sortez les sortants », 52 députés font leur entrée à l'Assemblée nationale, à Paris... Deux ans plus tard, la Ve République « sortira » tout le monde ! Artisans ou commerçants originaires des petites villes et du monde rural, les nouveaux députés se réfèrent à un chef de file charismatique, Pierre Poujade. Il les a lancés à l'assaut de l'Assemblée en négligeant, lui-même, de se faire élire député…

Rapport de Khrouchtchev au XXe Congrès

Le 24 février 1956, Nikita Khrouchtchev donne lecture d'un rapport sur les crimes de Staline au XXe Congrès du Parti communiste d'URSS...

Indépendance du Maroc

Le 2 mars 1956, la France reconnaît la fin du protectorat instauré sur le sultanat du Maroc en 1912. C'est la conclusion de la conférence ouverte à Aix-les-Bains le 22 août 1955 à l'initiative du président du Conseil Edgar Faure et de son ministre des Affaires étrangères Antoine Pinay.

Le pays devient indépendant et le souverain convertit son titre de sultan en celui de roi sous le nom de Mohammed V. Le 7 mars 1956, annonce à son peuple le retour à l'indépendance. L'Espagne à son tour reconnaît l'indépendance du pays le 7 avril 1956 avant de lui restituer un peu plus tard l'enclave d'Ifni et le littoral méditerranéen (à l'exception de Ceuta et Melilla). Enfin, le statut international de Tanger est aboli le 21 octobre de la même année et le grand port du nord retourne dans le giron du royaume.

Le procès de « l'affaire des fuites »

Le 7 mars 1956, François Mitterrand, alors ministre de l'intérieur de Pierre Mendès France, est blanchi des accusations calomnieuses de haute trahison portées contre lui. Il est injustement accusé d'avoir fourni, en 1953, des informations concernant l'effort de guerre français en Indochine au Parti Communiste et donc indirectement à l'URSS, allié des rebelles communistes indochinois. L'accusation, en temps de guerre, est gravissime et apte à briser la carrière de ce jeune ministre prometteur.

L'affaire se révèle être en fait une machination montée par les mouvements poujadistes, hostiles à Mitterrand depuis que celui-ci a démissionné du gouvernement Daniel pour condamner la politique de répression menée par la France au Maroc et en Tunisie. Elle est à l'origine de la mésentente entre François Mitterrand et Pierre Mendès France, ces deux brillants hommes de gauche de la France de l'après-guerre. Le futur président de la république ne pardonnera en effet jamais, par la suite, à Mendès France de ne pas l'avoir prévenu des suspicions pesant sur lui.

La Tunisie retrouve son indépendance

Le 20 mars 1956, la France met fin à son protectorat sur la Tunisie.

C'est l'aboutissement des revendications menées par le Destour, un parti fondé en 1920, et plus encore le Néo-Destour, un parti indépendantiste plus radical que le précédent, fondé en 1934 par Habib Bourguiba. Celui-ci est arrêté par le résident général Jean de Hauteclocque en janvier 1953.

Là-dessus, coup de théâtre. Le 31 juillet 1954, le président du Conseil Pierre Mendès France se rend à Tunis et, par son « discours de Carthage », reconnaît l'autonomie interne de la Tunisie, premier pas vers l'indépendance. Dans le mois qui suit celle-ci, le Néo-Destour s'assure une majorité écrasante aux élections. Son chef Bourguiba, devenu le chef du gouvernement, abolit le beylicat et proclame la République le 25 juillet 1957.

À Monaco, Grace dit oui à Rainier

Le 19 avril 1956, 30 millions de téléspectateurs assistent au mariage du Prince Rainier III de Monaco (32 ans) et de l'actrice américaine Grace Kelly (26 ans).

Le prince et l'actrice se sont rencontrés en mai de l'année précédente. Lors du festival de Cannes de cette année-là, Grace Kelly devait effectuer une séance photos pour le journal Paris Match. Afin de valoriser la mise en scène, il est très opportunément décidé de réaliser les prises de vue au château de Monaco. Elle y rencontre alors le prince Rainier : c'est le début d'une histoire d'amour comme l'aime le grand public.

Un Âge d'or de la principauté débute avec ce mariage princier... Sous l'impulsion de l'esprit entrepreneur et bâtisseur du prince Rainier, Monaco s'impose à cette époque comme un État prospère et fortuné (2 km2, 32.000 habitants en 2011). Le mariage va également marquer l'acte de naissance d'une presse, promise à un bel avenir, exposant la vie des têtes couronnées, des membres du showbiz, du cinéma et du monde des affaires.

Grace donne naissance à trois enfants, avant de disparaître tragiquement d'un accident de voiture en 1982, laissant derrière elle une légende où le glamour accompagne la tragédie. Rainier s'éteind en 2005, à 82 ans, laissant le trône à son fils Albert.

Réforme administrative de l'Algérie

Le 28 juin 1956, le gouvernement français remplace les trois départements créés en 1848 en Algérie (Alger, Oran, Constantine) et le département de Bône créé en 1955 par douze subdivisions, transformées l'année suivante en autant de départements. Les départements deviendront des wilayas dans l'Algérie indépendante.

Marylin Monroe épouse le dramaturge Arthur Miller

Le 29 juin 1956, Marylin Monroe épouse Arthur Miller, célèbre dramaturge américain. L'actrice en est à alors déjà à son troisième mariage et espère ainsi commencer une nouvelle étape de sa vie. Fatiguée d'être considérée uniquement comme une belle fille écervelée, elle souhaite alors s'engager plus intensément dans sa carrière d'actrice et être reconnue pour ses talents artistiques. Elle prend alors des cours à l'Actor's Studio afin de se perfectionner et obtenir des rôles plus en adéquation avec ses nouvelles ambitions de comédienne.

Alors que sa carrière va s'étoffer dans les années suivantes par des rôles marquants dans des films comme Certains l'aiment chaud ou Les désaxés, ce mariage sera un échec et se soldera par un divorce en 1961. Cette séparation va être un coup fatal pour Marylin, déjà fragilisée psychologiquement par une vie personnelle difficile. Dépressive, elle se suicide l'année suivante, le 5 août 1962, à un âge où sa beauté restera éternelle consacrant ainsi sa légende.

Le coup de Nasser

Le 26 juillet 1956, le président égyptien Gamal Abel-Nasser, qui a le soutien des Soviétiques, annonce à la foule sa décision de nationaliser le canal de Suez et les biens de la compagnie du canal, une société franco-britannique.

Il accompagne sa déclaration d'un retentissant éclat de rire, retransmis en direct par toutes les radios du monde arabe.

Persuadés de leur bon droit, le Président du Conseil français Guy Mollet et le Premier ministre britannique Sir Anthony Eden proclament qu'ils ne céderont donc pas à l'intimidation et décident de réagir à ce coup de force.

Dans cette optique, ils se tournent vers Israël, qui craint également la montée en puissance de son voisin.

Les deux pays mènent une opération conjointe avec Israël et rassemblent plus de 60.000 hommes, 300 avions de combats et 6 porte-avions afin de mettre au pas le leader égyptien. Mais après des premières opérations militaires victorieuses, les trois pays sont contraints de se replier sous la pression de l'URSS et des États-Unis. L'humiliation est cinglante pour les deux anciennes grandes puissances, soumises aux injonctions des deux nouveaux géants, américain et soviétique, soucieux de protéger leurs propres intérêts et d'éviter une conflagration militaire généralisée.

Fidel Castro attaque la caserne de la Moncada

En vue de renverser le dicateur Batista, le jeune Fidel Castro (25 ans) attaque le 26 juillet 1953 la caserne de Moncada, à Santiago-de-Cuba ! Arrêté, il est condamné à 15 ans de prison.

Libéré dès 1954 à la faveur d'une amnistie, il se réfugie au Mexique où il fonde le « Mouvement du 26 juillet ». Le 26 juillet deviendra fête nationale à Cuba, après le retour clandestin de Castro à Cuba sur le Granma et sa prise de pouvoir.

Les Kilowatts de Marcoule

Le 28 septembre 1956, la France devient le premier pays d'Europe occidentale à produire de l'énergie atomique. La première étape de cet événement historique a eu lieu le 7 janvier de la même année lorsque G1, la pile atomique construite à Marcoule dans le Gard, a entamé une réaction nucléaire. À cette occasion, le réacteur est monté en puissance jusqu'à être apte à faire tourner un générateur EDF.

Commence pour la France une ère nouvelle basée sur l'énergie atomique, susceptible de garantir son indépendance énergétique. En 1974, dans l'année qui suit le premier choc pétrolier, elle relance son effort avec le Plan Messmer qui prévoit 58 réacteurs atomiques supplémentaires.

La chasse française arraisonne l'avion des rebelles algériens

Le 22 octobre 1956, cinq chefs algériens du Front de Libération Nationale (FLN) prennent un vol de Rabat au Maroc à destination de Tunis, afin de participer à un sommet sur l'avenir du Maghreb organisé par le président tunisien Bourguiba. Il s'agit d'Ahmed Ben Bella, figure emblématique de la rébellion algérienne, d'Aït Ahmed, Lacheraf, Khider et Boudiaf.

Pour les services secrets français, il s'agit d'une occasion à ne pas laisser passer. Débordant les consignes de leur gouvernement, ils envoient des avions de chasse détourner l'avion sur un aéroport militaire. Très embarrassé par cet acte de piraterie, le gouvernement socialiste de Guy Mollet va devoir conserver les captifs en prison jusqu'aux accords d'Évian qui donneront l'indépendance à l'Algérie.

Cette arrestation entraîne un refroidissement des relations entre la France et les autres pays du Maghreb et déchaîne la colère des peuples arabes. À Meknès, au coeur des plateaux céréaliers du Maroc où sont établis de nombreux colons européens, des manifestants s'en prennent à ces derniers. Les morts se comptent bientôt par dizaines !... Les troupes françaises présentes sur place ont interdiction d'intervenir pour faire cesser la tuerie. Elles restent dans leurs casernes. Notons que le même comportement se renouvellera à Oran à l'issue de la guerre d'Algérie.

Budapest se soulève au nom de la Liberté

Le 23 octobre 1956, Budapest se soulève contre le gouvernement communiste d'Ernö Gerö et l'occupant soviétique...

Les chars soviétiques entrent dans Budapest

Le 4 novembre 1956, les chars entrent avec fracas dans Budapest afin de réprimer les velléités d'indépendance de la Hongrie. Depuis le mois d'octobre, le pays s'est en effet pris à rêver de renverser le joug soviétique.

Sous la pression populaire, Imre Nagy a été nommé à la tête du gouvernement hongrois dans le but de mettre en place une démocratie parlementaire et de rétablir les libertés fondamentales. Il a proclamé la neutralité du pays et sa sortie du pacte de Varsovie (l'alliance est-européenne opposée à l'OTAN).

En pleine guerre froide, Moscou ne peut rester sans réaction face à cette contestation ouverte de sa domination sur les pays de l'est de l'Europe. Au début du mois de novembre, les troupes du Pacte de Varsovie entrent donc dans le pays afin de museler cette opposition. La répression est sanglante et les troupes russes tuent entre 200.000 et 300.000 Hongrois.

En Occident, cette révolte hongroise suscite une grande émotion mais les gouvernements se gardent d'intervenir contre le Kremlin et laissent le géant soviétique faire taire la voix de la liberté hongroise.

Les parachutistes franco-britanniques sautent sur Suez

Le 5 novembre 1956, débute une opération aéroportée franco-britannique contre l'Égypte. À la suite de la nationalisation du canal par le raïs Nasser le 26 juillet 1956, les gouvernements français et britannique de Guy Mollet et Anthony Eden ont convenu avec le gouvernement israélien de Ben Gourion d'attaquer conjointement l'Égypte.

Les Israéliens se lancent dans la péninsule du Sinaï le 29 octobre et les parachutistes franco-britanniques sautent sur Port-Saïd sous le prétexte de protéger le canal.

Mais à peine les paras touchent-ils terre que le maréchal Nicolas Boulganine, chef de l'État soviétique, menace d'intervenir avec des fusées intercontinentales à tête nucléaire si l'attaque n'est pas stoppée ! Le président Dwight Eisenhower (qui vient d'être réélu le 6 novembre avec un pourcentage record de 57% des électeurs) joint sa voix aux Soviétiques pour exiger un cessez-le-feu.

Le tintamarre provoqué par cette expédition de type colonial aura permis à l'URSS de réprimer au même moment une révolte populaire en Hongrie.

L'expédition de Suez tourne au fiasco

Le 6 novembre 1956, les armes se taisent sur les rives du canal de Suez. L'expédition franco-britannique tourne au fiasco. Elle signe la fin de l'ère coloniale et de la «diplomatie de la canonnière»...

« Love me tender »

Le 15 novembre 1956, Love me tender, premier film tourné avec Elvis Presley, sort dans les salles de cinéma américaines.

Les fans du rocker attendent avec impatience la première. Les producteurs sont particulièrement confiants car la chanson vedette du film, chantée par Elvis, s'arrache chez tous les disquaires depuis deux mois.

Cette chanson, «Love me tender», dont le film tire son nom, est un véritable phénomène aux États-Unis. Depuis qu'Elvis l'a chantée dans un grand show télévisé de la chaîne CBS, le succès a été immédiat : Elvis devient la véritable star de cette nouvelle musique, le Rock'n'roll. Elle envahit les États-Unis et bientôt le monde entier...

Les JO de Melbourne et la victoire d'Alain Mimoun au marathon

Ce 22 novembre 1956, s'ouvre à Melbourne la XVIe olympiade. Ce sont les premiers Jeux dans l'hémisphère sud.

Alain Mimoun à l'arrivée du marathon  de Melbourne (1956)Les Français conservent le souvenir éblouissant de la victoire d'Alain Mimoun (35 ans) au marathon. Cet ancien caporal-chef d'origine kabyle avait failli être amputé d'une jambe à l'issue de la bataille du Mont Cassin, en 1944. La veille de l'épreuve, il apprend que son épouse vient d'accoucher. Parti avec le maillot 13, il l'emporte en 2h25 sur son rival et ami, le Tchécoslovaque Emil Zatopek, et termine sous les acclamations des 120.000 spectateurs du stade olympique.

Ces JO sont aussi fortement colorés d'enjeux politiques puisque l'Irak, le Liban et l'Égypte ont décidé de les boycotter afin de protester contre l'intervention franco-britannique sur le canal de Suez. De leur côté, les Pays-Bas, l'Espagne et la Suisse ne sont pas également présents en Australie afin de condamner l'intervention soviétique en Hongrie. Quant à la Chine, elle refuse également d'y participer en raison de la présence de Taïwan.

Et Dieu créa... Bardot

L'année 1956 se termine « en beauté » par la sortie le 28 décembre d'un film sulfureux mettant en scène Brigitte Bardot et Jean-Louis Trintignant. Ce film, Et Dieu créa la femme, propulse l'actrice au rang de star internationale, icône de la féminité et de la libération des mœurs.

Réalisé par Roger Vadim, le film est un succès mondial. De New York à Tokyo, les spectateurs se pressent pour découvrir le film où rayonne la beauté de la jeune actrice française (22 ans). Par ses scènes osées, le film choque toutefois une partie de l'opinion conservatrice, certaines ligues chrétiennes allant même jusqu'à juger le film satanique. Plus de 50 ans après, le film reste un grand classique du cinéma français même si son côté sulfureux n'a plus le même impact.

Début de la bataille d'Alger

Le 7 janvier 1957, le gouvernement français de Guy Mollet, révolté par les attentats du Milk Bar et de la Cafétéria, confie au général Jacques Massu les pleins pouvoirs de police sur le Grand Alger (800.000 habitants dont une moitié de musulmans).

Assisté des colonels Marcel Bigeard, Roger Trinquier et Yves Godard, le général commande les 6.000 hommes de la dixième division parachutiste. Il a mission de mettre fin au terrorisme dans l'agglomération et va s'acquitter de sa tâche en ne reculant pas devant l'emploi de la torture, malgré les réticences du colonel Yves Godard et les protestations du général Jacques Pâris de la Bollardière ou encore du secrétaire de la police Paul Teitgen...

Indépendance de la Gold Coast (Ghana)

Le 6 mars 1957, la Gold Coast, ou Côte de l'or britannique, devient la première colonie d'Afrique noire à accéder à l'indépendance. Elle prend le nom d'un ancien empire bantou, le Ghana.

La Communauté Économique Européenne

Le 25 mars 1957, six pays signent à Rome un traité à l'origine de l'Union européenne.

La ratification du traité de Rome ne va pas sans difficultés. D'éminentes personnalités s'y opposent, comme le député socialiste Pierre Mendès France qui craint que l'industrie nationale ne supporte pas l'ouverture des frontières et la concurrence allemande. Par contre, plus visionnaire, le général Charles de Gaulle, sollicité par ses proches d'y mettre son veto, refuse...

Lancement du premier satellite artificiel

Le 4 octobre 1957, les Soviétiques envoient dans l'espace le premier satellite artificiel, sous le nom de Spoutnik-1...

François Duvalier accède au pouvoir à Haïti

Le 22 octobre 1957, à Haïti, l'arrivée au pouvoir d'un médecin de campagne et ethnologue noir de 50 ans, François Duvalier, laisse espérer une sortie des ténèbres. Mais l'on doit vite déchanter...

Le nouveau président instaure une dictature népotique et sanglante en s'appuyant sur une milice privée, les « tontons macoutes ». À force d'obstination, il obtient du Vatican le droit de désigner lui-même les évêques catholiques du pays et n'a pas de scrupule à livrer les évêchés à de véritables « macoutes » aussi conciliants avec le dictateur qu'avec les prêtres du vaudou.

En 1971, à sa mort, il laisse le pouvoir à son fils, le très médiocre Jean-Claude Duvalier (19 ans). Nouveau président à vie, marié à une représentante de la bourgeoisie mulâtre, celui-ci est chassé vers la France en 1986 par un soulèvement populaire.

Albert Camus Prix Nobel de littérature

Né 44 ans plus tôt dans une famille pauvre de Mondovi (Algérie), Albert Camus se voit remettre le Prix Nobel de littérature à Stockholm le 10 décembre 1957, pour l'ensemble de son oeuvre, notamment deux romans : L'étranger et La peste, et un essai philosophique sur l'absurdité de la condition humaine : Le mythe de Sisyphe.

On est alors en pleine guerre d'Algérie. Pressé de questions par les journalistes, l'écrivain déclare : « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d'Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c'est cela la justice, je préfère ma mère » (*). Ce cri du coeur sera ramassé par ses adversaires « progressistes » du quartier de Saint-Germain-des-Prés, notamment Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, en une formule brutale : « S'il faut choisir entre la justice et ma mère, je choisis ma mère » (il eut été plus juste de préciser : « cette justice-là »).

Alger se révolte

Le 13 mai 1958, les Algérois d'origine européenne, conduits par le leader étudiant Robert Lagaillarde, le journaliste Alain de Sérigny, le général Jacques Massu et l'agitateur Léon Delbecque, manifestent pour le maintien de la souveraineté de la France sur l'Algérie. Raoul Salan, qui commande les troupes en Algérie, lance un vibrant appel au général de Gaulle.

Pendant ce temps, à Paris, la IVe République est aux abois. Le président René Coty nomme à la présidence du Conseil Pierre Pflimlin en remplacement de Félix Gaillard...

De Gaulle : « Je vous ai compris »

Le 4 juin 1958, du balcon du Gouvernement Général d'Alger, le général de Gaulle lance à la foule : « Je vous ai compris. Je sais ce qui s'est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c'est celle de la rénovation et de la fraternité. Eh bien ! de tout cela, je prends acte au nom de la France, et je déclare qu'à partir d'aujourd'hui, la France considère que dans toute l'Algérie, il n'y a qu'une seule catégorie d'habitants : il n'y a que des Français à part entière, des Français à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs... »

Ce cri va semer d'amères illusions chez les Français d'Algérie, ceux-là mêmes qui l'ont ramené au pouvoir. Il les laisse croire à sa résolution de conserver l'Algérie à la France.

Création de la NASA

Dix mois après le lancement du premier satellite par les Soviétiques, les Américains relèvent le défi spatial. Le 29 juillet 1958, ils regroupent tous les organes militaires travaillant sur l'espace dans un organisme unique : la NASA (National Aeronautics and Space Administration, en français : Agence nationale de l'aéronautique et de l'espace). Avec une vingtaine de centres de recherche dont celui de Mountain View, au sud de la Californie, et la base de lancement de Cap Canaveral (ex-Cap Kennedy), en Floride, la nouvelle administration va très vite prendre les devants dans la course à l'espace. Un demi-siècle après, toutefois, elle apparaît usée, victime de gigantisme et surtout de l'absence de projet stimulant.

Référendum sur la Constitution de la Ve République

Le 28 septembre 1958, à l'invitation du général Charles de Gaulle, les Français votent par référendum pour une nouvelle Constitution. Rédigée sous l'égide de Michel Debré, elle marque la naissance de la Cinquième République...

Le « plan Pinay-Rueff »

Rappelé au pouvoir en mai 1958, Charles de Gaulle obtient de l'Assemblée, le 5 octobre 1958, de pouvoir gouverner pendant quatre mois par ordonnances, c'est-à-dire sans passer par la discussion et le vote des textes devant les députés.

Pour remettre l'économie sur pied, son collaborateur Georges Pompidou et le ministre des Finances Antoine Pinay font appel à l'économiste Jacques Rueff. C'est ainsi que Jacques Rueff réunit à partir du 30 septembre 1958 un comité de huit personnes (président de Péchiney, de la Société générale,...).

39 séances plus tard, le rapport, rédigé par Jacques Rueff lui-même, est remis au général de Gaulle le 8 décembre. Il ne compte que 25 pages et s'en tient à quelques mesures essentielles. Le président de Gaulle les fait adopter dans leur intégralité le 23 décembre 1958. Ces mesures sont présentées au public sous le nom de « plan Pinay-Rueff ».

Le plan prescrit en particulier une sévère cure d'amaigrissement de l'administration, allant jusqu'à supprimer la retraite des anciens combattants (cette mesure, symboliquement odieuse, sera plus tard rapportée). Le plan supprime les indexations (notamment sur le blé) et libère résolument les échanges extérieurs.

Last but not least, il dévalue le franc de 17% et, mesure la plus spectaculaire, crée un « nouveau franc » égal à cent anciens francs. Les résultats bénéfiques se font sentir dès 1962 (croissance accrue, balance commerciale excédentaire,...).

Sékou Touré proclame l'indépendance de la Guinée

La colonie française de Guinée devient indépendante le 2 octobre 1958 après que le député Sékou Touré eut appelé ses compatriotes à voter non au référendum instituant la Communauté française. Le général de Gaulle, président de la République française, fait évacuer aussitôt les Français présents sur place et l'abandonne à son sort. Sékou Touré, premier président de la République démocratique de Guinée, entraîne très vite son pays dans un chaos innommable sous le prétexte d'instaurer une version africaine du socialisme.

Le pays est désigné d'après le nom donné au golfe qui court du Sénégal à l'Angola et borde les principales régions forestières du continent africain. Il a 250.000 km2 et 8 millions d'habitants (2006) très majoritairement musulmans. Sa capitale est Conakry, sur la côte atlantique mais son histoire s'est forgée dans l'intérieur, en particulier dans le massif du Fouta Djalon où des Peuls islamisés ont fondé un État relativement puissant au XVIIIe siècle. Des Mandingues descendus de la vallée du Niger ont par ailleurs dominé la région côtière. Le haut Niger, au nord de l'actuelle Guinée, a été exploré par René Caillié en 1827-1828.

Élection du pape Jean XXIII

Au Vatican, Jean XXIII est élu pape par le conclave le 28 octobre 1958, à 76 ans et onze mois.

À la mort de Pie XII, le conclave manque cruellement de ressources pour rajeunir les cadres de l'Église. Son effectif n'est que de 53 cardinaux, pour la plupart d'un âge avancé. Et le candidat le mieux placé à la succession du souverain pontife est l'archevêque de Milan, Giovanni Battista Montini (62 ans), que Pie XII n'a pas voulu nommer cardinal.

Les cardinaux veulent se donner le temps d'une transition avant d'élire un pape d'action. Ils portent leur choix sur Angelo Roncalli. Né près de Bergame (Italie du nord) le 25 novembre 1881, dans une famille très pauvre de dix enfants, il s'est signalé par une extrême bonté pendant toute sa vie consacrée à l'Église, y compris quand il a accédé au prestigieux patriarcat de Venise.

Mais le nouvel élu provoque d'emblée la surprise en annonçant un « aggiornamento » (mise à jour) de l'Église catholique, autrement dit un grand concile oecuménique en vue d'adapter l'Église au monde moderne. Ce sera Vatican II...

De Gaulle Président !

Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle est élu pour sept ans à la présidence de la République par un collège électoral, conformément à la Constitution de la Ve République entrée en application le 8 octobre précédent...

Fidel Castro chasse Batista

Le 1er janvier 1959, ,à Cuba, Fidel Castro (31 ans) chasse le dictateur Batista et s'empare des rênes du pouvoir. Fidel Castro a débarqué sur l'île à bord du Granma deux ans plus tôt, le 2 décembre 1956, avec une troupe de fidèles. Parmi eux le populaire Ernesto Guevara, un jeune médecin argentin surnommé le Che (l'Homme). Solidement installé dans la Sierra Maestra, il a combattu la dictature de Fulgencio Batista et lancé une grève générale. Sitôt au pouvoir, le guerillero nationalise les grandes plantations sucrières. Ses options socialistes lui aliènent la sympathie des États-Unis et l'amènent à s'aligner sur l'Union Soviétique. Cuba devient ainsi le premier pays communiste de l'hémisphère occidental...

Les « ballets roses » de la République

La Ve République débute en 1959 sur un scandale sexuel qui met en cause l'un des plus hauts personnages de la République précédente : André Le Troquer.

Né en 1884, il laisse un bras dans la Grande Guerre puis devient député socialiste de Paris.

En 1940, il fait partie de la poignée de parlementaires qui s'embarque sur le Massalia à destination du Maroc, en vue de poursuivre la lutte contre l'occupant allemand. Plusieurs fois ministre, il est président de l'Assemblée nationale quand sombre la IVe République.

Le 10 janvier 1959, dans un entrefilet du Monde, André Le Troquer publie un démenti aux allégations de l'hebdomadaire Aux écoutes du monde selon lesquelles un pavillon de chasse aurait été mis à sa disposition pour des parties fines accueillant des mineurs des deux sexes.

La presse se met en chasse et met à jour un réseau de prostitution qui implique une fausse comtesse roumaine et des adolescentes de 15 ans auxquelles on promet une carrière à l'opéra ou au cinéma en échange de leur docilité. Pas moins de 23 personnalités se trouvent compromises parmi lesquelles André Le Troquer, qui se pavane sans comprendre l'indignité de son attitude et se prétend victime d'un complot gaulliste.

Bénéficiant de l'indulgence du tribunal et de l'opinion, il s'en tire avec une amende de 3000 francs et un an de prison avec sursis.

Révolte des Tibétains

Le 10 mars 1959, les Tibétains se révoltent contre les Chinois communistes qui occupent leur pays depuis dix ans. Le chef religieux des Tibétains, le dalaï-lama, doit s'enfuir en Inde. Il y est encore et poursuit sans trêve son combat pour la reconnaissance des droits nationaux de son peuple.

Droit des Algériens à l'autodétermination

Le 16 septembre 1959, dans une déclaration télévisée, le général de Gaulle évoque pour la première fois le « droit des Algériens à l’autodétermination ».

Pilote en kiosque

Le 29 octobre 1959 paraît le numéro 1 de l'hebdomadaire Pilote (« Polite, quel journal »).

Le magazine est créé par François Clouteaux, né à Nantes en 1920, chrétien convaincu et ancien résistant. Les 300.000 exemplaires sont immédiatement vendus. Les lecteurs font connaissance avec de nouveaux héros dont un certain... Astérix.

Congrès de Bad-Godesberg

Le 13 novembre 1959, le Parti social-démocrate d’Allemagne (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD) se réunit en congrès à Bad-Godesberg, petite ville sur le Rhin, au sud de Bonn, capitale de la République Fédérale d'Allemagne.

Deux jours plus tard, il ratifie un programme par lequel il renonce au marxisme, se rallie formellement à l'économie de marché et accepte ses contraintes.

Ce changement de cap intervient dans le contexte de la guerre froide et de la division de l'Allemagne, au coeur d'une République fédérale d'Allemagne portée par le « miracle économique allemand ». Pour les participants du congrès, il ne s'agit plus de détruire le système capitaliste mais de l'améliorer de l'intérieur, en négociant avec le patronat dans le cadre du système de cogestion ou codécision (en allemand : Mitbestimmung), qui permet aux représentants des ouvriers de voter dans les entreprises sur des sujets les concernant.

Après trois décennies d'interdiction (sous le nazisme) et d'opposition, les sociaux-démocrates reviennent enfin au pouvoir le 21 octobre 1969 avec l'élection de Willy Brandt à la chancellerie.

Catastrophe de Malpasset

Le soir du 2 décembre 1959, un barrage se rompt à Malpasset, en amont de Fréjus, sur la côte méditerranéenne, entre Toulon et Nice. La ville est inondée et détruite par une vague de 40 mètres de haut. La catastrophe fait 423 morts et des milliers de sans-abri.

Dans un émouvant élan de solidarité, la France entière se mobilise aussitôt au secours des victimes. Des quêtes et des collectes de vêtements sont organisées à grande échelle dans les écoles. Européens et Américains se mobilisent également. Il s'agit de la première manifestation mondiale de solidarité.

Le barrage-voûte de Malpasset, destiné à l'irrigation et assis sur des roches instables, avait été conçu selon des normes moins draconiennes que les ouvrages hydroélectriques et n'aurait de ce fait pas résisté à des pluies diluviennes...

Loi Debré sur l'enseignement privé

Le 31 décembre 1959 est promulguée en France, sous la présidence du général de Gaulle, la loi sur l'enseignement privé, dite loi Debré (du nom du premier ministre Michel Debré).

On lui doit la distinction actuelle entre établissements hors-contrat, établissements sous contrat simple (l'État rémunère les maîtres), établissements sous contrat d'association (l'État participe aussi aux dépenses de fonctionnement et les familles ont en charge les liens avec le culte), établissements privés intégrés à l'enseignement public (écoles d'entreprise).

Le Cameroun ouvre le bal des indépendances africaines

18 colonies africaines accèdent en 1960 à l'indépendance. Le Cameroun, ancienne colonie allemande partagée en 1918 entre la France et le Royaume-Uni, inaugure les festivités en devenant indépendant le 1er janvier 1960 sous le nom de République unie du Cameroun (capitale : Yaoundé). Le premier président en est Ahmadou Ahidjo.

Suivent le Togo (capitale : Lomé, Sylvanus Olympio, président) ; la Fédération du Mali, qui éclate entre Sénégal (capitale : Dakar ; Léopold Sédar Senghor premier président) et Mali (ex-Soudan français, capitale : Bamako, premier président : Modibo Keita) ; Madagascar (capitale : Tananarive, premier président : Philibert Tsiranana).

Le Congo belge devient indépendant avec à sa tête Joseph Kasavubu, président, et Patrice Lumumba, premier ministre (capitale : Léopoldville, aujourd'hui Kinshasa). La Somalia, colonie italienne, et le Somaliland, colonie britannique, fusionnent pour devenir la république de Somalie (capitale : Mogadiscio, premier président : Aden Abdullah Osman Daar). Autres indépendances : le Dahomey, aujourd'hui Bénin (capitale : Porto Novo, premier président : Hubert Maga), le Niger (capitale : Niamey, premier président :Hamani Diori), la Haute-Volta, aujourd'hui Burkina Faso (capitale : Ouagadougou, premier président : Maurice Yaméogo), la Côte d'Ivoire (capitale : Abidjan, puis Yamoussoukro, premier président : Félix Houphouët-Boigny).

L'ancienne AEF (Afrique Équatoriale Française) éclate entre Tchad (capitale : Fort-Lamy, aujourd'hui N'Djamena, premier président : François Tombalbaye), Oubangui-Chari ouRépublique centrafricaine (capitale : Bangui, premier président : David Dacko), Congo-Brazzaville (premier président : Fulbert Youlou), Gabon (capitale : Libreville, premier président : Léon Mba). Autres colonies : Nigeria (capitale : Lagos), Mauritanie (capitale : Nouakchott, premier président : Moktar Ould Daddah).

Colonies plus tard indépendantes : Sierra Leone, Tanganyika ou Tanzanie, Rwanda et Burundi, Ouganda et Kenya, Afrique australe britannique et petite Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Mozambique, Cap-Vert, Angola, Djibouti et Érythrée.

Tremblement de terre d'Agadir

Le 29 février 1960, un tremblement de terre ravage la ville d'Agadir, au sud du Maroc. On dénombrera environ 3 000 victimes. Toute la ville est détruite, à l'exception du vieux ksar (château-fort en arabe). Rapidement rebâtie, Agadir est devenue une cité balnéaire moderne de 50.000 habitants, analogue à celles du littoral méditerranéen de l'Europe.

L'indépendance tranquille du Sénégal

Le 4 avril 1960, par un accord avec le gouvernement du général de Gaulle, Léopold Sédar Senghor obtient l'indépendance de la Fédération du Mali, qui réunit le Sénégal et le Soudan français, deux colonies de l'Afrique occidentale française (AOF) .

L'indépendance est effective le 20 juin suivant. Mais dès le 20 août, le Sénégal se retire de la fédération. Cinq jours plus tard, Léopold Sédar Senghor devient le Président de la nouvelle République, avec une Constitution calquée sur celle de la Ve République...

Brasilia capitale du Brésil

Le 21 avril 1960, Brasilia devient officiellement la capitale du Brésil. Ce n'est sans doute pas un hasard si l'événement survient le jour anniversaire de la fondation de Rome ! Quatre ans plus tôt, le président brésilien Juscelino Kubitschek a décidé de construire une nouvelle capitale en plein coeur du pays, dans les steppes du Mato Grasso, afin de réorienter le développement du Brésil vers l'intérieur.

L'oeuvre de l'urbaniste Lucio Costa et de l'architecte Oscar Niemeyer est fidèle au « style international » inventé par Le Corbusier. Elle ravit les esthètes... mais ne convainc pas ses habitants ni les nostalgiques de l'ancienne capitale, Rio de Janeiro.

Un avion-espion abattu au-dessus de l'URSS

Le 1er mai 1960, un avion-espion américain U-2 est abattu par les Soviétiques tandis qu'il survole leur pays à 19.000 mètres d'altitude.

L'administration américaine est ridiculisée par l'incident et le président Dwight Eisenhower se voit contraint de renoncer à une rencontre au sommet à Paris, avec Khrouchtchev, De Gaulle et MacMillan, Premier ministre britannique, qui devait préparer un traité de limitation des essais nucléaires. C'est un arrêt brutal du processus de détente qui avait été initié par Nikita Khrouchtchev en personne en vue de mettre fin à la guerre froide.

Mise en vente de la pilule

Le 3 mai 1960, la pilule contraceptive du docteur Pincus est mise en vente libre dans les drugstores américains.

La Côte d'Ivoire devient indépendante

Le 7 août 1960, la Côte d'Ivoire devient une république indépendante après avoir été colonie française pendant les 67 premières années de son existence. Son premier président est un médecin de 55 ans devenu planteur de cacao et militant syndical, Félix Houphouët-Boigny.

Indépendance de Chypre

Le 16 août 1960, Chypre, colonie de la Couronne britannique, devient une République indépendante avec un Président élu par la communauté grecque, Mgr Makarios en personne, et un vice-Président élu par la communauté turque, Fasil Füçük.

C'est une péripétie de plus pour cette île méditerranéenne à l'Histoire millénaire où les anciens Grecs situaient la demeure d'Aphrodite (Vénus)...

Procès du « réseau Jeanson »

Le 5 septembre 1960 s'ouvre à Paris, devant le tribunal des forces armées, le procès du « réseau Jeanson ». Il s'agit de 6 Algériens et de 17 Français de métropole qui ont soutenu dans les deux dernières années le FLN (parti indépendantiste algérien).

La plupart ont collaboré à des actions de guerre ou de terrorisme. Ils ont été qualifiés de « porteurs de valises » par l'écrivain Jean-Paul Sartre, ami de leur principal représentant, Francis Jeanson.

Les États-Unis rompent avec Castro

Le 4 janvier 1961, les États-Unis rompent officiellement avec le gouvernement cubain dirigé par Fidel Castro. Le fringant révolutionnaire se tourne par la force des choses vers une alliance avec l'Union soviétique.

Disparition de Patrice Lumumba

Le 17 janvier 1961, disparaît tragiquement le leader congolais Patrice Lumumba...

Ouverture du procès d'Adolf Eichman

Le 11 avril 1961, le monde occidental a les yeux fixés sur Jérusalem où s'ouvre le premier procès d'un criminel nazi depuis les procès de l'après-guerre, à Nuremberg.

Dans le box de l'accusé se tient un petit homme chauve et myope de 55 ans, Adolf Eichmann, adjoint zélé de Reinhard Heydrich et Ernst Kaltenbrunner, chefs du sinistre RSHA...

Un homme dans l'espace !

Le 12 avril 1961, le cosmonaute soviétique Iouri Gagarine (27 ans) accomplit le tour de la Terre en 108 minutes à bord de la fusée Vostok 1...

Débarquement dans la Baie des Cochons

Le 17 avril 1961, une poignée d'opposants à Fidel Castro débarquent dans la Baie des Cochons, à l'ouest de l'île de Cuba. Armés par la CIA (les services secrets américains), ils se donnent pour objectif de renverser le régime castriste, quelques mois après que celui-ci se soit rangé dans le camp soviétique.

Mais les partisans de Castro, qui ont été informés du débarquement, accueillent celui-ci avec des armes lourdes. La tentative échoue piteusement et les assaillants se font tuer sur la plage, sous la clarté de la pleine lune.

C'est un immense succès pour Fidel Castro, qui se présente devant le tiers monde comme le meilleur opposant à l'impérialisme américain. Le président Kennedy, entré en fonction quatre mois plus tôt, s'en veut d'avoir été mal conseillé par les militaires et la CIA. Mais, contre toute attente, il fait publiquement amende honorable et assume à la radio la pleine responsabilité de l'échec. Les Américains lui en manifestent de la reconnaissance...

Putsch d'Alger

Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, d'anciens généraux français tentent de soulever les militaires stationnés en Algérie et les Pieds-noirs dans un effort désespéré maintenir l'Algérie à l'intérieur de la République française. C'est le putsch d'Alger...

Construction du Mur de la honte à Berlin

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, les autorités de la République démocratique allemande (RDA) érigent une enceinte fortifiée sur la ligne qui sépare à Berlin leur zone, sous occupation soviétique, des zones sous occupation américaine, anglaise ou française...

Mort tragique de Dag Hammarskjold

Le 18 septembre 1961, un avion s'abat au-dessus du Katanga (Congo ex-belge), très vraisemblablement à la suite d'un attentat. Parmi les victimes figure le secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies (ONU), le Suédois Dag Hammarskjold (56 ans). Il tentait de résoudre le conflit qui déchirait le Congo depuis l'assassinat du leader Patrice Lumumba. Il recevra à titre posthume le Prix Nobel de la Paix (1961).

Nuit tragique à Paris

Le 17 octobre 1961, une manifestation des indépendantistes algériens se solde par un bain de sang...

L'Inde s'empare de Goa

Le pandit Nehru s'empare de la dernière possession portugaise en Inde le 17 décembre 1961...

Drame au métro Charonne (Paris)

Le 8 février 1962, à l'appel des syndicats et des partis de gauche, les Parisiens se rassemblent autour de la place de la Bastille pour dénoncer les attentats de l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète). Une charge de la police débouche sur l'écrasement de plusieurs manifestants contre les grilles du métro. On comptera huit morts et des centaines de blessés...

John Glenn fait le tour de la Terre

Le 20 février 1962, John Glenn est le premier cosmonaute américain à faire le tour de la Terre. Il accomplit son vol en 4h56 à bord de la capsule Mercury. C'est un pas significatif des Américains dans la course à l'espace inaugurée par les Soviétiques.

Accords d'Évian

Le 18 mars 1962 sont conclus les accords d'Évian destinés à mettre fin à la guerre d'Algérie. Le gouvernement français cède au GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara. Les accords sont signés par le ministre Louis Joxe d'un côté, le vice-président du GPRA Krim Belkacem de l'autre...

Cessez-le-feu en Algérie

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 19 mars 1962, à midi, un cessez-le-feu met fin à huit ans de guerre en Algérie. Le 8 avril précédent, un référendum a ratifié à plus de 90% la décision du général de Gaulle de donner l'indépendance à l'Algérie.

La veille, à Évian, le gouvernement français a cédé au GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara... Les violences se poursuivent néanmoins après le cessez-le-feu et l'indépendance, effective le 3 juillet. Les Européens quittent le pays dans la confusion...

Fusillade de la rue d'Isly

Le 26 mars 1962, à Alger, des Européens se rendent en cortège vers le quartier de Bab el-Oued pour protester contre son bouclage par l'armée française qui soupçonne la présence d'activistes pieds-noirs.

Dans la rue d'Isly, un détachement de tirailleurs algériens de l'armée française, sous le commandement d'un jeune lieutenant kabyle, fait face aux manifestants. Épuisés et ne sachant plus trop à quel drapeau obéir, ils sont nerveux et prêts à en découdre...

Le massacre d'Oran

Indépendance de l'Algérie et fête nationale

Le 5 juillet 1962 est proclamée officiellement l'indépendance de l'Algérie (deux jours après son indépendance effective... et 132 ans après la prise d'Alger par le maréchal Bourmont). Cet anniversaire est fête nationale.

Le jour même de la proclamation de l'indépendance, les Européens encore présents à Oran sont victimes d'une hystérie collective. Beaucoup sont massacrés par la foule musulmane, cependant que les soldats français se tiennent l'arme au pied dans les casernes...

Adenauer et de Gaulle à Reims

Du 2 au 8 juillet 1962, le chancelier allemand Konrad Adenauer effectue une visite officielle en France. En témoignage de réconcilation entre les deux pays, il conclut son voyage à Reims, où il assiste aux côtés du président français Charles de Gaulle à un Te Deum dans la cathédrale Notre-Dame de Reims.

En retour, du 4 au 9 septembre 1962, le général de Gaulle se rend à son tour en RFA (République Fédérale Allemande), où il reçoit un accueil aussi chaleureux des foules. À la suite de ces déplacements sera signé à l'Élysée le traité d'amitié franco-allemand, le 22 janvier 1963.

Attentat du Petit-Clamart

Le 22 août 1962 survient l'attentat du Petit-Clamart, contre le général de Gaulle...

Le président met à profit l'émotion qui secoue le pays pour proposer l'élection du président de la République au suffrage universel direct et non plus indirect. C'est la dernière touche au régime présidentiel qu'il a toujours souhaité pour le pays. On s'apercevra plus tard de l'ambivalence institutionnelle de ce régime, dont le caractère parlementaire se révèle en période de cohabitation...

Ouverture du concile Vatican II

Le pape Jean XXIII ouvre le concile Vatican II le 11 octobre 1962, dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

C'est un «aggiornamento» (mise à jour) de l'Église catholique, autrement dit un grand concile oecuménique destiné à adapter l'Église au monde moderne...

Ultimatum de Kennedy à Khrouchtchev

Le 22 octobre 1962, à Washington, dans un discours mémorable prononcé d'une voix grave, le président américain John Fitzgerald Kennedy lance un ultimatum à peine voilé aux Soviétiques. Il les met en demeure de retirer les fusées à tête nucléaire installées à Cuba, aux portes des États-Unis.

Le monde tremble dans la crainte d'une guerre nucléaire entre les deux superpuissances. Mais Nikita Khrouchtchev, secrétaire général du PCUS, s’incline. Chacun respire…

Référendum sur l'élection du Président

Le général de Gaulle, président de la République française, soumet une révision majeure de la Constitution au référendum de ses concitoyens. Il s'agit d'instituer l'élection du Président au suffrage universel direct (et non plus par un collège de grands électeurs).

Le référendum intervient peu après l'attentat raté du Petit-Clamart contre le général de Gaulle (28 août 1962). Dans l'émotion du moment, la révision est approuvée à une assez large majorité (61,7% de oui contre 38,2% de non) malgré l'opposition de tous les partis à l'exception du parti gaulliste.

La première élection présidentielle au suffrage universel direct a lieu en 1965. Elle reconduit Charles de Gaulle à l'Élysée pour un deuxième mandat qui sera interrompu en 1969 par une démission inopinée.

Traité d'amitié franco-allemand ou traité de l'Élysée

Le 22 janvier 1963, le traité d'amitié franco-allemand de l'Élysée, à Paris, consacre le rapprochement des deux anciens ennemis.

Il est signé par le général de Gaulle, président de la République française, et le chancelier allemand Konrad Adenauer, qui, l'un et l'autre, partagent les mêmes convictions et se sont illustrés avec le même obstination dans la lutte contre le nazisme...

Dernière exécution politique en France

Le 11 mars 1963, le lieutenant-colonel Jean Bastien-Thiry est passé par les armes au fort d'Ivry. Il s'agit de la dernière exécution politique, en France, à ce jour...

Scandale Profumo

Une comédie de boulevard est à l'origine du plus grand scandale politique des années 1960.

Elle est causée par une jolie femme aux moeurs légères, Christine Keeler, 21 ans.

Scotland Yard découvre qu'elle a eu une liaison avec John Profumo, ministre britannique de la Guerre, et en parallèle avec un espion du KGB.

Homme politique intègre et brillant, promis à devenir Premier ministre, John Profumo est soupçonné (à tort) d'avoir dévoilé sur l'oreiller des secrets militaires. Il est obligé de démissionner.

Quelques jours plus tard, il se présente dans une association caritative de l'Est londonien, Toynbee Hall, pour faire la plonge ! Avec sa femme, il va désormais consacrer sa vie aux humbles et y gagnera une pleine réhabilitation...

Luther King à Washington

Martin Luther King devant le Memorial Lincoln, 28 aoput 1963 (Atlanta, 15 janvier 1929 - Memphis, 4 avril 1968)Le 28 août 1963, devant le Memorial Lincoln, à Washington, le pasteur Martin Luther King s'adresse aux 250.000 personnes, dont 80% de Noirs, mobilisées à travers tout le pays pour une Marche vers Washington organisée par le Mouvement des droits civiques.

De son mémorable discours, on a surtout retenu les mots improvisés à la fin : « I have a dream that one day little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers... » (Je fais un rêve qu'un jour, les petits enfants noirs et les petits enfants blancs joindront leurs mains comme frères et soeurs...).

La France pleure Édith Piaf et Jean Cocteau

Le 11 octobre 1963, les Français et les coeurs sensibles de toute la planète pleurent la disparition le même jour de Jean Cocteau, poète touche-à-tout né 74 ans plus tôt, et de la chanteuse Édith Piaf, née 48 ans plus tôt, en 1915, sous le nom de Édith Giovanna Gassion...

Assassinat de Kennedy à Dallas

Le 22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy, 35e premier Président des États-Unis, était assassiné au cours d'un voyage officiel à Dallas (Texas), sur Dealey Plaza, par un désaxé, Lee Harvey Oswald, lui-même tué deux jours plus tard par un certain Jack Ruby avant d'avoir pu communiquer ses mobiles à la police...

Création de la Tanzanie

Le 26 avril 1964, au terme de sanglantes émeutes entre communautés noires et arabes, l'archipel de Zanzibar rejoint le Tanganyika pour former l'actuelle « République unie de Tanzanie ».

Le premier Président de la nouvelle République est Julius Nyerere, surnommé le « mwalimu » (l'instituteur en langue swahilie). Ce leader socialiste, charismatique mais incompétent, énonce en 1967 la « doctrine d'Arusha » en vue de bâtir une société communiste fondée sur les « ujamaas », villages collectivistes. Il va en un temps record entraîner son peuple dans un dénuement extrême.

Le nouvel État se donnera pour capitale politique la ville nouvelle de Dodoma, la ville principale demeurant le port de Dar-es-Salam.

Une feuille d'érable pour le Canada

Le 15 décembre 1964, le Premier Ministre libéral du Canada, Leaster B. Pearson, propose au Parlement d'adopter un drapeau unifolié à la feuille d'érable pour remplacer la «Red Ensign» de la marine britannique assortie des armoiries du Canada.

La feuille d'érable se réfère à l'arbre mythique du pays, dont la sève a nourri les habitants au printemps et continue de les régaler. En 1834 déjà, la Société Saint-Jean-Baptiste l'avait adopté pour emblème.

Tandis que montent les revendications autonomistes au Québec, le nouveau drapeau offre l'avantage de ne plus rappeler l'occupation britannique à la minorité francophone du pays. Il est officiellement adopté par la Chambre des Communes d'Ottawa le 15 février 1965.

Jean Moulin au Panthéon

Le 19 décembre 1964, les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon, à Paris, à l'initiative du général de Gaulle et du ministre des Affaires culturelles, André Malraux. Ce dernier prononce à cette occasion un flamboyant discours en hommage à Jean Moulin et à tous les résistants à l'occupation allemande.

Funérailles de Churchill

Le 30 janvier 1965, le Royaume-Uni célèbre en grande pompe les funérailles du plus grand Anglais du siècle et sans doute du plus grand génie politique de l'ère moderne, sir Winston Churchill. Le héros de la Victoire sur le nazisme est inhumé à Bladon, près du château natal de Blenheim, dans le comté d'Oxford.

Bombardement du Nord-Vietnam

Le 7 février 1965, le président américain Lyndon Baines Johnson prend prétexte d'un incident naval dans le golfe du Tonkin pour lancer les premiers bombardements sur le Nord-Vietnam. C'est un tournant dans la deuxième guerre d'Indochine.

Renversement de Soekarno

Le 30 septembre 1965, sous le prétexte d'une prise de pouvoir par les communistes, l'armée indonésienne chasse le dictateur Soekarno (ou Sukarno) et le remplace par le général Suharto. Le coup d'État se solde par environ 500.000 victimes innocentes, dont beaucoup appartiennent à la minorité chinoise, particulièrement haïe en Indonésie. Le général Suharto sera renversé à son tour en 1998.

Premiers raids américains sur Hanoï

Le 29 juin 1966, le président américain Lyndon Baines Johnson déclenche les premiers raids aériens sur les villes de Haiphong et Hanoï, au Nord-Vietnam.

Il s'agit d'une nouvelle «escalade» dans la guerre non déclarée qui oppose les États-Unis et leur allié sud-vietnamien au Nord-Vietnam...

Révolution culturelle

Le 18 août 1966 débute la Révolution culturelle.

À Pékin, les partisans de Mao Zedong, fondateur du régime communiste et de la Chine dite populaire, mobilisent la jeunesse contre le président Liu Shaoqi et Deng Xiaoping, représentant de l'aide droite pragmatique au bureau du Parti communiste chinois. Ils les accusent de « révisionnisme » et leur reprochent de sacrifier l'idéologie aux impératifs du redressement économique.

Deng Xiaoping est soumis à une rééducation forcée et Liu Shaoqi meurt en prison cependant que les foules de jeunes « gardes rouges », brandissant le Petit livre rouge des Pensées du président Mao, bousculent au sens propre et au sens figuré les institutions du pays. La Révolution culturelle se solde par plusieurs millions de victimes et un profond recul de l'économie du pays.

Le chef des Frères musulmans pendu

Le 26 août 1966, le président ou raïs égyptien Gamal Abdel-Nasser fait pendre Saïd Qutb, l'un des chefs des Frères musulmans.

C'est la rupture entre les jeunes officiers qui ont détrôné la monarchie en 1952 et la confrérie intégriste qui leur a apporté son soutien. Celle-ci ne va plus dès lors cesser de s'opposer à l'armée et aux dirigeants qu'elle place à la tête de l'Égypte…

Dernier concert des Beatles

Le 29 août 1966 se tient le dernier concert des Beatles à San Francisco.

Composé de quatre jeunes Anglais de Liverpool (John Lennon, né en 1940, Paul McCartney, né en 1942, George Harrison, né en 1943 et Ringo Starr, né en 1940), le groupe s'est formé à la fin de la décennie précédente et a pris son nom fétiche en 1960.

Sa séparation signifie la fin de la décennie du rock'n roll, inaugurée par le «dieu de Memphis», Elvis Presley. Mais elle marque aussi l'apogée des années 60, période d'intense créativité culturelle servie par une jeunesse nombreuse.

Inauguration de l'usine marémotrice de la Rance

Le 26 novembre 1966, le président Charles de Gaulle inaugure l'usine marémotrice de la Rance. Cette réalisation technologique prestigieuse restera sans lendemain. L'électricité produite à partir des marées n'étant qu'à peine rentable.

Échouage du Torrey Canyon

Le 18 mars 1967, le pétrolier Torrey Canyon s’échoue dans la Manche et déverse son pétrole sur les côtes bretonnes. Cette première « marée noire » donne le coup d’envoi des mouvements écologiques mais les critiques portent uniquement sur les méfaits de la pollution industrielle et les dangers d'une croissance effrénée. Il n’est pas encore question de réchauffement climatique.

Coup d'État militaire en Grèce

Le 21 avril 1967, un groupe de colonels provoque un coup d'État militaire en Grèce et renverse la monarchie constitutionnelle. Mais la dictature s'effondre lamentablement sept ans plus tard, en 1974, après l'échec d'une intervention dans les affaires chypriotes.

Le Biafra fait sécession du Nigeria

Colonie britannique jusqu'au 1er octobre 1960, le Nigeria, le plus peuplé des États africains, doit faire face le 30 mai 1967 à la sécession de sa région du Sud-Est (77.000 km2).

Les Ibos, habitants de cette région forestière, essentiellement animistes ou chrétiens, se plaignent d'être tenus en sujétion par les habitants du Nord sahélien, les musulmans haoussas. Des officiers ibos tentent de prendre le pouvoir en 1966 mais le perdent rapidement.

En désespoir de cause, le colonel Ojukwu proclame l'indépendance de sa région sous le nom de Biafra. Il s'ensuit une guerre civile de trente mois qui va faire un million de victimes et aboutir à la victoire du Nigeria et de son chef, le général Gowon. Elle donne lieu aux premières interventions d'urgence et aboutit à la création de Médecins sans Frontières par Bernard Kouchner et Jean-Christophe Ruffin.

Après la guerre, la découverte de pétrole dans le delta du Niger relance les luttes d'influence au Nigeria. Elle aggrave l'oppression qui pèse sur les habitants de l'ancien Biafra.

La guerre des Six Jours

Le 5 juin 1967, les Israéliens attaquent la coalition arabe groupée à leurs frontières et la défont dans une « guerre des Six Jours »...

De Gaulle : « Vive le Québec libre ! »

Après avoir débarqué à Québec, le général de Gaulle emprunte le « Chemin du Roy » qui relie la ville de Québec à la métropole provinciale. Reçu à l'Hôtel de ville de Montréal, le président français s'avance de sa propre initiative vers le balcon et s'adresse à la foule qui se presse au pied de l'édifice.

Il conclut son disours par un vibrant : « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec... libre ! Vive le Canada français et vive la France ! »...

Ernesto « Che » Guevara arrêté en Bolivie

Ernesto « Che » Guevara, qui avait tenté de créer un foyer de guerilla en Bolivie, est arrêté le 8 octobre par l'armée régulière et sommairement exécuté le lendemain.

Première greffe du coeur

Le 3 décembre 1967, une greffe du coeur est effectuée pour la première fois au monde. L'événement se produit dans un hôpital du Cap (Afrique du Sud). Du jour au lendemain, le professeur Chris Barnard (45 ans) et son patient, Louis Washkansky, devienent mondialement célèbres...

Fin de la Révolution culturelle

Le 27 janvier 1968, Mao Zedong décide de mettre fin aux turbulences de la Révolution culturelle qu'il a lui-même déclenchée deux ans plus tôt.

Dix sept millions de jeunes «Gardes rouges» sont expédiés manu militari dans les campagnes et confiés aux mauvais soins des paysans... Beaucoup de ces jeunes fanatiques vont du coup devenir des opposants déterminés au maoïsme.

Offensive du Têt au Sud-Vietnam

Le 21 janvier 1968, au plus fort de la guerre du Vietnam, l'armée nord-vietnamienne lance un brutal assaut contre la base américaine de Khé Sanh, près de la piste Hô Chi Minh et de la frontière laotienne. Les Américains y voient une tentative de rééditer l'exploit de Diên Biên Phu et dépêchent sur place des renforts terrestres et aériens. Ce faisant, ils dégarnissent le reste du pays...

C'était l'effet recherché par les Nord-Vietnamiens et les Viet-công (communistes du Sud-Vietnam). Dix jours plus tard, dans la nuit du 30 au 31janvier 1968, ils profitent des festivités du Têt (fête du Nouvel An vietnamien) pour lancer une offensive générale.

Une centaine de villes, dont Saigon et Hué, la capitale historique de l'Annam, sont simultanément assaillies par plusieurs centaines de milliers de combattants. Les Sud-Vietnamiens et leurs alliés américains se ressaisissent rapidement.

Échec militaire, l'offensive du Têt, menée en direct sous les caméras des journalistes occidentaux, n'en constitue pas moins un succès médiatique. Elle relance dans tous les campus d'Occident les manifestations contre l'intervention des États-Unis dans cette guerre.

C'est un tournant dans la guerre. Richard Milhous Nixon, élu président des États-Unis dix mois plus tard, va amorcer la désescalade (retrait progressif des troupes américaines) et ouvrir à Paris des négociations de paix.

Le massacre de My Lai

Le 16 mars 1968, au plus fort de la guerre du Vietnam, 350 à 500 habitants des hameaux de My Lai et My Khé, près du village de Song My, sont massacrés par une compagnie américaine.

La tragédie ne sera révélée par le haut commandement qu'en novembre 1969, au plus fort de la contestation de la guerre. Elle va devenir le symbole des horreurs de cette guerre des rizières, où l'ennemi est invisible.

Un seul responsable sera condamné : le lieutenant Calley. Il sera libéré en 1974...

Assassinat de Martin Luther King

Le 4 avril 1968, le pasteur américain Martin Luther King (39 ans) est assassiné dans un motel de Memphis par un repris de justice, James Earl Ray.

Révulsés par sa mort tragique et ô combien prévisible, les ghettos noirs des grandes villes américaines sombrent aussitôt dans des émeutes d'une extrême violence...

La police évacue la Sorbonne

Le 3 mai 1968, la police évacue par la force 500 étudiants qui occupent la Sorbonne. Des barricades font leur apparition sur le boul'Mich du Quartier Latin, à Paris. C'est le début d'une agitation étudiante et ouvrière qui va faire chanceler le régime mis en place dix ans plus tôt par le général de Gaulle.

Les téléspectateurs découvrent la bouille joyeuse d'un trublion, Daniel Cohn-Bendit, et frissonnent face aux appels à la grève générale du syndicaliste communiste Georges Séguy...

Manifestation contre de Gaulle

Le 13 mai 1968, la France manifeste dans la rue contre de Gaulle, à l'occasion du dixième anniversaire de son retour au pouvoir. Les salariés se joignent aux étudiants. Les uns et les autres dénoncent la société de consommation, le culte de la croissance économique et le chômage inhérent aux régimes capitalistes (200 000 chômeurs enregistrés…).

Attentat mortel contre Robert Kennedy

Le sénateur américain Robert Kennedy (43 ans) est touché de deux balles tirées à bout portant par un jeune Palestinien, Sirhan Sirhan, alors qu'il sortait d'un hôtel de Los Angeles où il venait de remporter les primaires démocrates de Californie pour les prochaines élections présidentielles.

Bob Kennedy s'était fait connaître comme general attorney (ministre de la Justice) sous la présidence de son frère John Kennedy. Il était donné favori pour les élections présidentielles de la fin de l'année.

Le Baas au pouvoir à Bagdad

Le 31 juillet 1968, le général al-Bakr et son cousin Saddam Hussein s'emparent du pouvoir à Bagdad et installent un régime moderniste à la tête de l'Irak, sous l'égide du parti Baas, un parti socialiste et laïc...

Invasion de la Tchécoslovaquie

Au matin du 21 août 1968, les Européens se réveillent en état de choc. Des troupes blindées d'un total de 300.000 hommes ont envahi dans la nuit la Tchécoslovaquie sur décision de l'autocrate soviétique Leonid Brejnev.

Les agresseurs appartiennent à cinq pays du pacte de Varsovie, dont fait partie la Tchécoslovaquie elle-même (URSS, Pologne, Bulgarie, Allemagne de l'Est, Hongrie). C'en est brutalement fini du «Printemps de Prague» et de l'illusion d'un «socialisme à visage humain» cultivée par Alexander Dubcek.

Caetano remplace Salazar à la tête du Portugal

Le 28 septembre 1968, Marcello Caetano remplace Antonio Salazar (79 ans) à la tête de l'« Estado Novo » (Nouvel État). Au pouvoir depuis 1932, le vieux chef avait été frappé d'hémorragie cérébrale quelques jours plus tôt. Son successeur sera lui-même renversé en 1974 par la « Révolution des oeillets ».

Massacre de Tlatelolco (Mexico)

Le 2 octobre 1968, soit une dizaine de jours avant l'ouverture des Jeux Olympiques de Mexico, des étudiants manifestent au centre de la capitale mexicaine, sur la place des Trois Cultures, en un lieu dit Tlatelolco, ainsi qu'ils en avaient pris l'habitude depuis une première manifestation en faveur de Fidel Castro, le 26 juillet 1968, qui s'était soldée par deux morts, victimes de brutalités policières.

Cette fois, c'est l'armée elle-même qui fait face aux manifestants. Elle fait feu de façon délibérée, ouvrent le feu. On compte 300 morts.

Par cette répression brutale, le président Díaz Ordaz a voulu étouffer le mouvement estudiantin avant l'ouverture des Jeux. Ceux-ci allaient se dérouler sans autre drame public. On allait néanmoins en conserver le souvenir du poing levé des athlètes noirs américains.

Révolte noire aux JO de Mexico

Tommie Smith et John Carlos aux JO de Mexico le 17 octobre 1968 (DR)Le 17 octobre 1968, pendant les Jeux Olympiques de Mexico (12-27 octobre), les athlètes américains Tommie Smith et John Carlos, champions du 200 mètres, montent sur le podium à la 1ère et à la 3ème place.

Au moment où retentit l'hymne américain et s'élève la bannière étoilée, ils baissent ostensiblement la tête et lèvent leur poing ganté de noir.

Par ce geste qui leur coûtera la fin de leur carrière, ils affichent leur soutien au mouvement antiségrégationniste américain des Black Panthers.

L'Australien Peter Norman, sur la deuxième marche du podium, manifeste son soutien avec un badge du mouvement de protestation des droits civiques. Exclu des Jeux suivants, il sera porté en terre par ses deux amis afro-américains à sa mort en 2006.

Aux États-Unis, la lutte contre la ségrégation raciale prend un tour de plus en plus violent dont témoigne l'assassinat, la même année, du pasteur Martin Luther King.

Ian Pallach s'immole par le feu à Prague

Le 16 janvier 1969, un étudiant tchèque de 20 ans, Ian Pallach, s'immole par le feu à Prague, pour protester contre l'invasion de son pays par les troupes du pacte de Varsovie.

Yasser Arafat prend la tête de l'OLP

Le 5 février 1969, Yasser Arafat (39 ans) est élu à la tête de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Après l'humiliante défaite des Arabes dans la guerre des Six jours de juin 1967, il va relancer la lutte des Palestiniens contre Israël, sans hésiter à recourir au terrorisme. Son réalisme politique l'amènera pour finir à négocier avec l'ennemi juré et lui vaudra le prix Nobel de la Paix en 1994, de concert avec Isaak Rabin et Shimon Perès.

Démission du président de Gaulle

Le 27 avril 1969, le peuple français est consulté par référendum sur une réforme du Sénat associée à la mise en oeuvre d'un ambitieux projet de régionalisation. Cette réforme proposée par le président Charles de Gaulle est rejetée à la majorité de 52,41% des suffrages exprimés. Les électeurs manifestent de la sorte moins leur opposition à la réforme de la Constitution que leur lassitude après onze ans de présidence gaullienne.

Le soir même, le général de Gaulle assume avec panache son échec et fait porter au président du Conseil constitutionnel Gaston Palewski le message suivant : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ». Le lendemain, lundi 28 avril, le président du Sénat Alain Poher assume donc par intérim la présidence en attendant le scrutin qui verra l'élection de Georges Pompidou, le 15 juin suivant.

Pompidou président de la République

Georges Pompidou, qui fut pendant plus de cinq ans le Premier ministre du général de Gaulle, se fait élire sans trop de mal à la présidence de la République le 15 juin 1969, face à Alain Poher, président du Sénat et président par intérim, inconnu du peuple trois mois plus tôt !

Brillant normalien, fils d'un instituteur, petit-fils d'un paysan du Cantal, il reste à ce jour le seul président de la Ve République d'origine authentiquement populaire, ce qui ne l'empêchait de fréquenter la haute bourgeoisie ! Il nomme sans tarder au poste de Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, ancien héros de la Libération de Paris.

Sa disparition prématurée pour cause de maladie, le 2 avril 1974, à 63 ans, coïncide en France avec la fin des « Trente glorieuses », selon l'expression heureuse de l'économiste Jean Fourastié pour désigner les 30 années de modernisation, de croissance économique, de plein-emploi et de progrès social qui ont marqué l'après-guerre.

On a marché sur la Lune

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969, le module lunaire Eagle de la mission Apollo XI se pose sur la Lune, dans la « mer de la Tranquillité ».

L'astronaute Neil Armstrong annonce : « Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a atterri »... Il débarque, suivi d'Edwin « Buzz » Aldrin. Le troisième cosmonaute de l'équipage, Michaël Collins, poursuit le tour de la Lune dans la capsule Apollo. Le lancement de la fusée Saturn a eu lieu le 16 juillet de la base de Cap Kennedy (aujourd'hui Cap Canaveral)...

le festival de Woodstock

Le 15 août 1969 se tient dans la prairie de Woostock, dans l'État de New York, un festival de musique plus ou moins improvisé. Il réunit pas moins de 400.000 jeunes Occidentaux, désireux de se libérer des codes sociaux et de vivre leurs rêves, au besoin en s'aidant de quelques drogues. La plus en vogue est alors le LSD inventé par le chimiste Timothy Leary.

Ces jeunes gens issus des classes moyennes, aux tenues bariolées et fleuries, se qualifient d'hippies. Ils sont à la pointe du combat pacifiste contre l'intervention américaine au Vietnam avec un mot d'ordre plein de naïve fraîcheur : «Make love, not war» (Faites l'amour, pas la guerre).

Kadhafi renverse le roi Idriss Ier

Le 1er septembre 1969, alors que le roi Idriss 1er est en déplacement en Turquie, le « Mouvement des officiers unionistes libres » du tout jeune capitaine Mouammar Kadhafi, fils de berger âgé de 27 ans, organise à Tripoli un coup d'État et le dépose sans effusion de sang. Un Conseil révolutionnaire est mis sur pied.

La Libye se dote ainsi de l'un des dirigeants les plus mégalomanes et les plus incontrôlables du monde, qui ne lâchera plus le pouvoir pendant plus de quatre décennies...

Prémices du réseau internet

Les prémices du réseau Internet font une discrète apparition le 2 septembre 1969, pendant le week-end de la fête du Travail (premier lundi de septembre aux États-Unis). Il s'agit d'un projet financé par le Pentagone, sous le nom d'ARPAnet (Advanced research Projects Agency network) et destiné à mettre en relation des ordinateurs via le réseau téléphonique.

Un premier noeud est installé ce jour-là à l'UCLA (University of California Los Angeles), à Stanford (Californie) sur un mini-ordinateur Honeywell Model 516, de la taille d'un réfrigérateur, connecté à un unique terminal. Un mois plus tard, un deuxième noeud est installé au Stanford Research Institute (SRI) et connecté au premier par une ligne spécialisée de 50 Ko/s. Plusieurs transferts de données sont réalisés entre l'université de Los Angeles et le SRI durant le mois d'octobre 1969. La première trace documentée de cette connexion est datée du 29 octobre 1969.

On est encore loin de l'internet actuel. Celui-ci prend forme une dizaine d'années plus tard à Genève, dans un laboratoire public, le CERN.

Premier vol de Concorde

Le 1er octobre 1969 a lieu le vol d'essai du Concorde au-dessus de Toulouse, avec à ses commandes le pilote André Turcat. Premier supersonique à vocation commerciale et non militaire, l'avion franco-anglais a réussi son examen de passage.

Mais il a la malchance de naître en même temps que les premiers mouvements écologistes. Aussi est-il violemment critiqué pour son bruit et sa consommation excessive de carburant... Les associations américaines le privent de tout droit d'atterrissage à New York. Échec commercial garanti. Seize appareils de présérie sont néanmoins construits, dont plusieurs volent encore. L'expérience permet aux constructeurs européens de lancer dans la foulée le programme Airbus.

Le 25 juillet 2000, un accident survenu à un Concorde à Gonesse, près de l'aéroport de Roissy, allait coûter la vie à plus d'une centaine de passagers et de membres d'équipage. En conséquence de quoi s'arrêtait en 2003 l'exploitation commerciale des derniers appareils. Fin d'un beau rêve technologique.

Les Rhodésiens blancs proclament leur indépendance

Le 1er mars 1970, les colons blancs de la Rhodésie britannique proclament leur indépendance sous l'égide de Ian Smith. Pour la première fois depuis l'indépendance des État-Unis, la Grande-Bretagne est confrontée à une sécession unilatérale.

Les Blancs de Rhodésie devront en 1979 partager le pouvoir avec la majorité noire. L'année suivante, le leader communiste Robert Mugabe deviendra le Premier ministre d'un nouvel État baptisé Zimbabwe (capitale : Harare, ex-Salisbury).

Allende président du Chili

Le 4 septembre 1970, le socialiste Salvador Allende est élu président de la République du Chili. Le candidat socialiste n'obtient cependant que 37% des voix avec une coalition fragile qui va du centre à l'extrême-gauche maoïste. Le reste des voix se partage entre ses deux adversaires de droite. L'opposition au président ne cessera de se renforcer jusqu'à sa mort tragique...

« Crise d'octobre »

Le 5 octobre 1970, au petit jour, un commando du FLQ (Front de Libération du Québec) enlève à son domicile James Richard Cross, attaché commercial britannique au Canada. Cinq jours plus tard, un autre commando enlève Pierre Laporte, ministre du Travail et de l'Immigration du Québec.

Le 16 octobre, le gouvernement fédéral de Pierre-Elliott Trudeau suspend les libertés individuelles tandis que l'armée canadienne et la police arrêtent quelque 400 personnes soupçonnées d'appartenir ou de soutenir le FLQ. Le lendemain, on retrouve le corps de Pierre Laporte dans le coffre d'une voiture. Cette « Crise d'octobre » a laissé une trace durable dans la vie politique du Québec.

Mort du général de Gaulle

Le 9 novembre 1970, à 19h15, Charles de Gaulle meurt paisiblement, au cours d'une réussite, dans sa maison de La Boisserie, à Colombey-les-deux-Églises (Haute-Marne)...

Willy Brandt à genoux à Varsovie

Le 7 décembre 1970, le chancelier allemand Willy Brandt se rend en Pologne et signe le traité de Varsovie.

Par ce traité, la République Fédérale Allemande reconnaît la frontière germano-polonaise de l'Oder-Neisse, imposée par les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale (ce traité sera confirmé et complété à Moscou le 12 septembre 1990 par le traité dit 2+4).

Après la signature, le chancelier se rend au Mémorial du résistant juif du ghetto, pour un dépôt de gerbe. Il se recueille et s'incline, puis, à la surprise générale, contre toutes les règles protocolaires, ploie les jambes et se met à genoux. Pendant de longues minutes, il demeure dans cette attitude d'humilité inhabituelle aux hommes d'État, faisant acte de contrition au nom du peuple allemand.

Le chancelier Willy Brandt devant le Mémorial juif, à Varsovie, le 7 décembre 1970 (DR)

Ce geste et plus généralement sa politique d'ouverture à l'Est lui vaudront de recevoir le Prix Nobel de la Paix un an plus tard, à Oslo.

Indépendance du Bangladesh

Le 17 avril 1971, le Bangladesh (« pays du Bengale » en bengali) proclame son indépendance et se sépare de la partie occidentale du Pakistan dont il est séparé par 2000 km.

L'indépendance vient de ce que le général-dictateur pakistanais Yahya Khan refuse à la province l'autonomie que réclame la Ligue Awami du cheikh Mujibur Rahman, un parti de notables victorieux aux élections de décembre 1970. Le cheikh lance une campagne de désobéissance civile. La répression brutale par l'armée lui vaut le ralliement de toute la population.

Après la proclamation d'indépendance, l'Inde d'Indira Gandhi intervient militairement au côté du Bangladesh. Il s'ensuit une épouvantable guerre qui se conclut le 17 décembre 1971 par la défaite des Pakistanais.

Le Bangladesh, très pauvre, occupe le delta du Brahmapoutre et du Gange (144.000 km2). Il compte 150 millions d'habitants (2007).

Le scandale de la Garantie foncière

Le 5 juillet 1971, la Commission des Opérations de Bourse (COB) interdit à une société, la Garantie foncière, de solliciter désormais l'épargne par voie d'annonce publicitaire. C'est le début d'un scandale qui va secouer l'opinion publique et déchirer la classe politique française.

Les principaux inculpés, le député André Rives de Lavaysse, plus connu sous le nom de Rives-Henrys, Robert Frenkel et l'avocat Victor Rochenoir, seront condamnés à des peines d'emprisonnement. Il restera de l'affaire une formule de Michel Poniatowski sur « la république des copains et des coquins »...

Fin de la convertibilité du dollar

Le 15 août 1971, à la faveur de la pause estivale, le président américain Richard Milhous Nixon met fin à la convertibilité du dollar. Son gouvernement renonce à soutenir le cours de la monnaie, fixé précédemment à 35 dollars l'once d'or fin.

Cette dévaluation de fait du dollar consacre la fin de la stabilité monétaire de l'après-guerre induite par les accords de Bretton Woods. Les monnaies de tous les pays se mettent à flotter de façon désordonnée. Deux ans plus tard, l'économie mondiale entre dans une durable langueur, caractérisée à la fois par une rapide hausse des prix, un chômage élevé et une croissance poussive. C'est la stagflation.

Naissance du microprocesseur

Le 15 novembre 1971, la société Intel publie l'acte de naissance du microprocesseur. Ce composant surnommé «puce» va produire la troisième révolution industrielle après celles de la vapeur et de l'électricité : la révolution électronique...

«Bloody Sunday» en Irlande du Nord

L'Irlande est devenue indépendante en 1922 à l'exception des provinces du nord (Ulster), majoritairement peuplées par les descendants de colons protestants.

La frontière «provisoire» entre les deux parties de l'île vont se pérenniser et la scission entre l'Ulster et l'État libre d'Irlande devenir irrévocable, laissant en suspens le sort de la minorité catholique d'Irlande du Nord, soumise à de constantes vexations et discriminations.

Cette injustice permanente va déboucher sur une longue guerre civile dans les années 1960-1990, avec en point d'orgue le «Bloody Sunday» : le dimanche 30 janvier 1972, des paras britanniques tirent délibérément sur une manifestation pacifique de catholiques à Derry (Londonderry). 13 morts.

Rencontre entre Mao et Nixon

Le 21 février 1972, Mao Zedong, président du Parti communiste chinois, accueille à Pékin le président des États-Unis Richard Nixon, pour une visite de huit jours en Chine populaire.

Cette ouverture diplomatique spectaculaire prend de court toutes les chancelleries, alors que la Chine populaire se relève mal de la Révolution culturelle et que les États-Unis sont encore embourbés dans la guerre du Vietnam.

Mao Zedong et Richard Nixon se rencontrent à Pékin le 21 février 1972 (DR)

Elle a été préparée en 1971 par la «diplomatie du ping-pong», autrement dit les visites croisées des équipes nationales de tennis de table américaine et chinoise en Chine et aux États-Unis.

Notons que, le 27 janvier 1964, le président français Charles de Gaulle avait été le premier des Occidentaux à oser nouer des relations diplomatiques avec la Chine populaire, de préférence à la Chine nationaliste (Taiwan).

L'affaire criminelle de Bruay-en-Artois

Le 6 avril 1972, un jeune homme découvre le corps inanimé de sa soeur, Brigitte Dewèvre, sur un terrain vague de Bruay-en-Artois.

Le juge d'instruction Henri Pascal incarcère aussitôt un notable, le notaire Pierre Leroy, sur la foi de son « intime conviction ». Il étale sa vie privée en place publique. Les organisations gauchistes lui apportent immédiatement leur soutien, voyant dans le crime une manifestation de la lutte des classes. Le juge sera finalement désavoué et le probable criminel, un ami de la victime, acquitté au bénéfice du doute. L'émotion est telle que la municipalité de la ville a changé son nom en Bruay-la-Buissière.

Avec cette affaire de Bruay-en-Artois, la justice et l'ordre public deviennent une pomme de discorde politique et un enjeu idéologique. Ils ne cesseront plus de l'être.

Les Jeux Olympiques de Munich endeuillés

Le 5 septembre 1972, en Allemagne, les Jeux Olympiques de Munich sont endeuillés par un attentat palestinien contre la délégation israélienne. Le monde abasourdi découvre sur les écrans de télévision deux réalités avec lesquelles il va devoir apprendre à vivre, le terrorisme et la Palestine.

Accords de Paris sur le Viêt-nam

Le 27 janvier 1973, à Paris, Américains et Vietnamiens annoncent la signature d'un accord de cessez-le-feu. C'en est fini de l'intervention militaire de Washington dans le conflit entre le Nord- et le Sud-Vietnam. Les Américains s'engagent à retirer leurs troupes dans les 60 jours cependant que les Nord-Vietnamiens s'engagent à libérer leurs prisonniers américains.

Sont présents à la table des négociations les représentants des deux Viêt-nam ainsi que du Front National de Libération et des États-Unis. Les principaux artisans des accords de Paris, Lê Duc Tho (Nord-Vietnam) et Henry Kissinger (États-Unis) seront récompensés par le Prix Nobel de la paix en octobre 1973.

La guerre ne s'en poursuit pas moins entre communistes et pro-Occidentaux jusqu'à la chute de Saigon et la réunification du pays sous l'égide du Nord.

Mort tragique de Salvador Allende

Le gouvernement d'Union populaire du Chili est renversé dans des conditions dramatiques le 11 septembre 1973 par une junte militaire aux ordres d'Augusto Pinochet, commandant de l'armée de terre...

La guerre du Kippour et ses armes

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 6 octobre 1973, l'armée égyptienne franchit le canal de Suez à la faveur de la fête juive du Yom Kippour ou du Grand Pardon. Elle prend à revers les troupes israéliennes qui stationnent dans le Sinaï depuis juin 1967.

La Syrie lance au même moment 3 divisions blindées et 1000 chars sur le plateau du Golan, également occupé par les Israéliens depuis 1967. En quatre jours, elle s'empare du mont Hermon et de la ville de Qunaytra…

Les Israéliens ripostent, non sans mal. Peu après, les pays arabes exportateurs de pétrole décrètent un embargo sur les livraisons aux pays amis d’Israël comme les Pays-Bas. Ils relèvent très fortement le prix du baril, provoquant le premier « choc pétrolier ». Il s’ensuit dans le monde développé un ralentissement brutal de la croissance économique et une accélération de l’inflation…

Premier choc pétrolier

En réplique à la victoire d'Israël dans la guerre du Kippour, dix jours plus tôt, onze pays arabes membres de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) annoncent un embargo total sur les ventes de pétrole aux soutiens d'Israël, parmi lesquels les États-Unis, le Portugal, l'Afrique du Sud et les Pays-Bas. L'Arabie séoudite, qui représente 21% des exportations mondiales de pétrole, est en flèche dans l'embargo, sous l'impulsion du roi Fayçal et de son ministre du pétrole, le sheikh Yamani.

Sous l'effet de la menace, les Européens, terrorisés, renoncent à soutenir les Pays-Bas et le fournir en pétrole. Chacun de son côté prend des mesures d'urgence dans la perspective d'une pénurie de carburant qui, cependant, ne viendra pas.

Le prix du baril de light Arabian, qui fait référence sur le marché, passe de 3 dollars à 18, mais se stabilise au bout de quelques mois autour de 8 ou 9 dollars. Les pays exportateurs mais aussi les grandes compagnies pétrolières occidentales sont les grands gagnants de ce premier choc pétrolier.

L'augmentation du prix de l'énergie amplifie la récession économique déjà sensible en Occident depuis quelques mois. Le chômage flambe. Les États-Unis reprennent les choses en main en confiant à leur allié, le chah d'Iran, le soin de rétablir les fournitures de pétrole. L'OPEP ne va plus retrouver son influence. Quant au chah Mohammed Réza Pahlévi, flatté dans ses délires mégalomiaques, il ne tarde pas à perdre pied. Sa chute, cinq ans plus tard, entraîne un deuxième choc pétrolier, beaucoup plus grave et durable que le précédent.

Les Britanniques instaurent la semaine de trois jours

Le 7 janvier 1974, le gouvernement conservateur d'Edward Heath impose la semaine de trois jours dans l'industrie britannique. Loin d'annoncer la fin du travail et la prospérité généralisée, la mesure reflète au contraire la situation désespérée de l'économie nationale, confrontée à une très dure grève des mineurs...

Découverte du tombeau du Premier Empereur

Le 29 mars 1974, près du mont Li (Shaanxi), un paysan chinois met à jour sous le soc de sa charrue le fabuleux tombeau du Premier Empereur chinois (Qin Shi Huangdi ou Ts'in Che Houang-ti).

Celui-ci a mis fin aux « Royaumes combattants », unifié la Chine du nord, construit la Grande Muraille et jeté les bases de la Chine moderne...

Mort du président Georges Pompidou

Dans la nuit du 2 avril 1974, les radios francophones s'interrompent pour annoncer la mort de Georges Pompidou.

La maladie du président était connue de tous les cercles du pouvoir mais ignorée de l'opinion publique, laquelle est troublée par cette disparition soudaine. Pour la deuxième fois, Alain Poher, président du Sénat, exerce l'intérim ainsi que le veut la Constitution...

La Révolution des oeillets

Le 25 avril 1974, Lisbonne est le théâtre de la révolution des oeillets. La dictature héritée du docteur Salazar est renversée pacifiquement (fait rarissime !) par une poignée d'officiers...

Élection de Valéry Giscard d'Estaing

Le dimanche 19 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing (48 ans) devient le troisième président de la Ve République... Le nouvel élu est le fondateur et le chef d'une formation centriste, les Républicains Indépendants, ancêtre de l'UDF (Union pour la Démocratie française)...

Coup d'État à Chypre et intervention de la Turquie

Le 15 juillet 1974, avec la complicité des colonels qui exercent le pouvoir à Athènes, en Grèce, la Garde nationale de Chypre fomente un coup d'État contre le président Makarios et tente de réaliser l'Enosis. L'armée turque, prétextant une menace pour les habitants turcophones, envahit aussitôt le nord de l'île. Depuis cette date, les deux communautés vivent séparées, de part et d'autre d'une «ligne verte».

Démission de Richard Nixon

Démission du président Richard Milhous Nixon, le 8 août 1974 (9 janvier 1913 – 22 avril 1994)Le 8 août 1974, Richard Milhous Nixon, 37e président des États-Unis, annonce sa démission à mi-parcours de son deuxième mandat, avant d'y être contraint par le Sénat. Il est remplacé par le vice-président Gerald Ford, du parti républicain comme lui.

Ses concitoyens lui reprochent d'avoir menti à propos d'une effraction des bureaux du Parti démocrate, en juin 1972, dans un ensemble immobilier de Washington, le Watergate.

Son implication dans cette misérable affaire avait été mise à jour après sa triomphale réélection par deux journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, renseignés par le N°2 de la police fédérale, le FBI (« Deep Throat », Gorge Profonde).

Découverte de Lucy

Le 30 novembre 1974, dans les collines desséchées de l'Afar, au nord-ouest de l'Éthiopie, les anthropologues Tom Gray, Donald Johanson et Maurice Taïeb découvrent 52 restes d'un squelette vieux de 3 millions d'années, Lucy.

Lucy appartient à l'espèce Australopithecus afarensis, du groupe des australopithèques (ou « singes du sud », en latin et grec). Maurice Taïeb avertit son collègue Yves Coppens et celui-ci arrive de Paris avec une équipe de télévision pour filmer la découverte...

Le dernier voyage du paquebot France

Le 19 décembre 1974, le paquebot France accomplit son dernier voyage - quelques centaines de mètres seulement - jusqu'au quai du Havre où il va attendre une incertaine résurrection.

Le France, prestigieux paquebot

Orgueil de la France gaullienne, le France a quitté Le Havre douze ans plus tôt, le 19 janvier 1962, pour une croisière inaugurale qui l'avait mené aux Canaries et aux Antilles avec 1705 passagers (dont Mme de Gaulle) et 1100 hommes d'équipage.

Mais les charges sociales et les conflits sociaux à répétition allaient très vite rendre son exploitation gravement déficitaire. Repris par une compagnie norvégienne en 1979, le paquebot effectue depuis lors des croisières tranquilles sous le nom de Norway, avec un personnel moitié moins nombreux et aux salaires de niveau... asiatique.

Les Comores indépendantes, Mayotte française

Le 22 décembre 1974, un référendum officialise l'indépendance des Comores, un archipel entre Madagascar et l'Afrique sous tutelle française depuis 1841. Ses habitants, musulmans pour la quasi-totalité, parlent en majorité une langue bantoue (africaine), le shimaoré. Une minorité parle un dialecte malgache.

Un problème surgit lors du référendum car les Mahorais (habitants de l'île de Mayotte) ne veulent pas du futur chef d'État pressenti par la France et votent non, se retrouvant derechef citoyens à part entière d'un pays, la France, dont ils ignorent tout.

Guerre civile au Liban

Le 13 avril 1975, au Liban, des militants du parti social nationaliste syrien tentent d'assassiner un dirigeant chrétien lors de la consécration d'une église.

Il s'ensuit une guérilla urbaine. Elle dégénère en guerre civile après le massacre des chrétiens de Damou en janvier 1976. Les milices chrétiennes vont dès lors affronter les milices palestiennes établies dans le pays puis les milices chiites.

Lors de l'indépendance, en 1943, un Pacte national avait partagé le pouvoir entre les différentes communautés religieuses en fonction de leur importance démographique respective, les plus nombreux étant de loin les chrétiens maronites. Mais, trente ans plus tard, ces derniers, devenus minoritaires, avaient vu leur prééminence contestée par les autres communautés et en particulier les musulmans chiites.

Coup d'État au Tchad

Le 13 avril 1975 est renversé et tué François Tombalbaye, le premier président du Tchad, colonie de l'Afrique équatoriale française (AEF) devenue indépendante le 11 août 1960. C'est l'un des pays les plus pauvres du monde malgré la présence de pétrole (12 millions d'habitants en 2012 sur 1,2 millions de km2).

Issu des populations du sud, animistes ou chrétiennes, François Tombalbaye a dû faire face à une rébellion des Toubous musulmans du nord sahélien, qui se considèrent comme «Blancs» et méprisent les «Noirs» du sud.

En août 1968, la France a engagé ses propres troupes dans la lutte contre la rébellion. Pour tenter de restaurer son prestige, le chef de l'État a aussi inauguré en 1973 la «tchaditude» et rebaptisé la capitale Fort-Lamy sous le nom de N'Djamena. En vain...

Après sa mort, son successeur Félix Malloum sera à son tour renversé par un chef rebelle, Hissene Habré, auquel vont succéder d'autres chefs, Goukouni Oueddei puis Idriss Déby, la Libye du colonel Kadhafi jouant les uns contre les autres...

Les Khmers rouges vident Phnom Penh de ses habitants

Le 17 avril 1975, Phnom Penh, capitale du Cambodge, est envahie par de longues cohortes d'adolescents. Il s'agit de l'armée des communistes cambodgiens. Surnommés quelques années plus tôt « Khmers rouges » par le roi Norodom Sihanouk, ils ont vaincu les partisans pro-américains du général Lon Nol au terme d'une guerre civile de cinq ans.

Le soir même, l'« Angkar » (l'Organisation) - le Parti communiste du Kampuchea (nouveau nom du pays) - décide de vider la ville de tous ses habitants. C'est le début d'une orgie de massacres qui va se solder par la mort violente de 1.500.000 à 2.200.000 personnes en 44 mois, jusqu'à la chute du régime, le 7 janvier 1979. En d'autres termes, 20% à 30% des 7.500.000 Cambodgiens (1975), auront été victimes de la folie meurtrière des Khmers rouges.

Il faudra attendre 1997 pour que l'ONU y voit officiellement des « actes de génocide ». Le secrétaire général du parti, Pol Pot (de son vrai nom Saloth Sar) , mourra l'année suivante, avant d'avoir été jugé. Douch, directeur de la sinistre prison de Tuol Sleng, a été jugé en 2010 et condamné à 30 ans de prison. Khieu-Samphan, chef de l'État, attend d'être jugé en 2011...

Capitulation du Sud-Vietnam

Le 30 avril 1975, les troupes du Nord-Vietnam et du Viêt-cong entrent à Saïgon...

Acte final de la conférence d'Helsinki

33 États européens, ainsi que les États-Unis et le Canada, signent le 1er août 1975, à Helsinki (Finlande), l'Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE).

La conférence a débuté deux ans plus tôt, le 3 juillet 1973, suite à une suggestion de Leonid Brejnev, homme fort de l'Union soviétique, qui souhaitait que soit entériné le partage de l'Europe issu de la Seconde Guerre mondiale. Toute l'Europe est conviée à Helsinki, y compris le Vatican dont c'est la première participation à un congrès international depuis 1815.

On prévoit des « corbeilles » destinées à recueillir les suggestions des différents congressistes. Pour le coup, le Saint Siège réussit son retour sur la scène diplomatique en imposant une « troisième corbeille » sur les droits de l'Homme et la liberté de conscience, outre les corbeilles sur la sécurité et la coopération.

L'Acte final est un procès-verbal sans portée juridique, à la différence d'un traité. Il ne va pas moins en avoir une grande portée politique...

En effet, Leonid Brejnev, tout-puissant secrétaire général du PCUS (parti communiste de l'URSS), qui se félicite avant tout de la reconnaissance du partage de l'Europe, commet l'erreur de laisser publier l'intégralité du traité dans la presse soviétique.

Les dissidents soviétiques, tel Andreï Sakharov, vont en saisir toute la portée. Ils vont tirer argument de la reconnaissance par l'URSS de la liberté de conscience, pour mieux faire entendre leur voix. À ce titre, l'Acte final d'Helsinki marque le commencement de la désintégration de l'URSS.

La Corse ensanglantée

Le 22 août 1975, pour la première fois depuis 150 ans, en Corse, on tire sur les forces de l'ordre. Deux gendarmes sont tués. Le drame survient après que des militants de l'ARC (Action de la Renaissance de la Corse), un groupuscule dirigé par le médecin Edmond Simeoni, aient occupé une cave viticole de la plaine d'Aléria...

Mort de Franco

Le 20 novembre 1975, à 83 ans, Francisco Franco y Bahamonde meurt après un mois d'une interminable agonie et quarante ans de pouvoir sans partage en Espagne.

L'Indonésie envahit Timor-Est

Le 7 décembre 1975, l'armée indonésienne envahit l'ancienne colonie portugaise de Timor-Est. C'est le début d'une longue lutte ponctuée par de grands massacres d'innocents...

Une junte prend le pouvoir à Buenos Aires

Le gouvernement d'Isabel Perón, au pouvoir en république Argentine depuis la mort de son mari Juan Perón en 1974, est renversé par un coup d'État mené par le général Jorge Rafael Videla. Celui-ci est successivement remplacé à la tête de la junte par le maréchal Roberto Eduardo Viola, le général Leopoldo Galtieri, enfin Reynaldo Bignone.

Au terme d'une « guerre sale » de sept ans, la junte se résout à laisser le pouvoir à un gouvernement civil en la personne du radical Raul Alfonsín...

Inauguration du Centre Pompidou

Le 31 janvier 1977, le centre culturel Georges Pompidou est inauguré par le président Giscard d'Estaing. Par sa conception architecturale novatrice et la réunion en un même lieu de différentes activités culturelles (bibliothèques, expositions temporaires, musée d'art moderne), il bouleverse l'image traditionnelle de la Culture.

Paris-New York en Concorde

Le 22 novembre 1977, le Concorde, premier avion civil supersonique, effectue sa première liaison commerciale entre Paris (aéroport Charles-de-Gaulle) et New York (aéroport John-Fitzgerald Kennedy)... Ce n'est évidemment pas un hasard si la date du vol inaugural coïncide avec l'anniversaire de la naissance de de Gaulle et de l'assassinat de Kennedy !

enlèvement du baron Empain

Le 23 janvier 1978, vers dix heures trente, le baron est enlevé à la sortie de son domicile, 33, avenue Foch, dans le XVIe arrondissement parisien.

L’affaire Empain, l’une des plus symboliques et médiatiques de la police judiciaire parisienne, défraye la chronique en 1978. Cela tient pour partie à la personnalité de la victime : le baron Edouard-Jean Empain est, à 40 ans, à la tête d’un des plus grands groupes industriels européens, le groupe Empain-Schneider, réunissant près de trois cents sociétés. ..

Les Brigades Rouges enlèvent Aldo Moro

Aldo Moro otage des Brigades Rouges (1978)Le 16 mars 1978, les Brigades Rouges enlèvent Aldo Moro (62 ans). Le président respecté de la droite démocrate-chrétienne sera retrouvé assassiné dans le coffre d'une voiture, le 9 mai 1978, au coeur de Rome, à mi-distance du siège de la Démocratie chrétienne et du Parti communiste.

Aldo Moro a été de fait enlevé le jour où il devait concrétiser à la Chambre des députés un rapprochement historique avec le deuxième parti italien.

Les Brigages Rouges (en italien Brigate rosse), un groupe terroriste fondé en 1970 par un néo-fasciste passé à l'extrême-gauche, Renato Curcio, voulaient concrecarrer ce rapprochement et faire sombrer la démocratie italienne dans l'espoir qu'une nouvelle dictature susciterait contre elle un mouvement révolutionnaire !

Le Président du Conseil Giulio Andreotti n'en avalise pas moins le rapprochement entre son parti, la DC, et le PCI. Le gouvernement refuse par ailleurs toute négociation avec les terroristes malgré les messages envoyés par l'otage.

L'émotion est immense en Italie avec ce crime qui porte à son paroxysme la folie terroriste des «années de plomb» de la décennie 70. Des questions restent posées sur les complicités dont les terroristes ont pu bénéficier au sein de la police et de l'administration ainsi que sur l'attitude rigide des dirigeants politiques...

Coup d'État à Kaboul

Le 27 avril 1978, à Kaboul, capitale de l'Afghanistan, un coup d'État met brutalement fin au gouvernement du général Daoud. Leonid Brejnev et les Soviétiques, qui en sont les instigateurs, ne se doutent pas qu'ils s'engagent dans une aventure qui va les perdre. Les Américains ne se doutent pas davantage que l'un de leurs pions en Afghanistan, le Séoudien Oussama Ben Laden, sera quelques années plus tard leur ennemi n°1....

Les paras sautent sur Kolwezi

Le 19 mai 1978, 405 parachutistes français de la Légion étrangère sautent sur Kolwezi, une cité minière du Katanga ou Shaba (Zaïre, ex-Congo belge) où des rebelles ont pris en otage les 3000 expatriés belges et français (plusieurs dizaines ont déjà été massacrés). L'intervention a été décidée dans la nuit par le président Valéry Giscard d'Estaing. C'est un succès. Les Européens survivants sont évacués et l'ordre revient dans la ville. Les paras déplorent un mort...

Le chah fait tirer sur la foule

Le 8 septembre 1978, le chah d'Iran, Mohamed Réza, fait tirer sur des manifestants à Téhéran. Ce « Vendredi noir » marque le début de la fin pour la monarchie des Pahlévi fondée par son père en 1925 et le début de la Révolution islamique conduite par l'ayatollah Khomeiny.

accord israélo-égyptien de Camp David

Fort de sa demi-victoire dans la guerre du Kippour, en octobre 1973, le président égyptien Anouar el-Sadate rencontre son voisin, le Premier ministre israélien Benahem Begin à Camp David (Maryland), la résidence d'été du président américain Jimmy Carter.

Sous l'égide de ce dernier, les deux adversaires concluent un accord le 17 septembre 1978. Cet accord de Camp David débouche le 26 mars 1979 sur un traité de paix en bonne et due forme : l'Égypte reconnaît le droit à l'existence de l'État d'Israël et permet au pavillon israélien d'emprunter le canal de Suez ; elle récupère en contrepartie le Sinaï. Les deux pays ouvrent des représentations diplomatiques et entament des relations commerciales.

Ce succès diplomatique vaut aux trois hôtes de Camp David de recevoir le Prix Nobel de la paix. Il vaut aussi à Anouar el-Sadate d'être assassiné par un islamiste le 6 octobre 1981.

Les Israéliens concluent ensuite un traité de paix avec la Jordanie puis un accord provisoire sur le Golan avec la Syrie. Ils sont désormais seuls ou à peu près face aux Palestiniens et à leurs représentants, qu'ils tentent de réduire au silence en envahissant le Liban en 1982.

Menahem Begin, Jimmy Carter et Anouar el-Sadate à Camp David en 1979

Élection du pape Jean-Paul II

Le 16 octobre 1978, Karol Wojtyla est élu pape sous le nom de Jean-Paul II...

Le chah d'Iran s'enfuit de Téhéran

Le 16 janvier 1979, le chah d’Iran et sa famille s’envolent de Téhéran pour un exil définitif. Le chef d'État déchu cherche un refuge de pays en pays avant de finir sa course au Caire où il meurt d'un cancer le 27 juillet 1980.

La fuite de Mohammed Réza Pahlévi marque le triomphe d’une révolution populaire qui va prendre de court toutes les chancelleries et bouleverser durablement les rapports entre le monde musulman et l’Occident… comme un quart de siècle plus tôt le coup d’État de Mossadegh. Conduite par les religieux chiites, c'est la première révolution post-socialiste.

Retour de Khomeyni à Téhéran

Le 1er février 1979, l'ayatollah Ruhollah Khomeyni (on écrit aussi Khomeiny ou Khomeini) rentre triomphalement à Téhéran (Iran) après un exil de plusieurs mois à Neauphle-le-Château et la fuite du chah.

L'avènement, sous l'égide de ce chef religieux chiite, d'une république islamique fondée sur l'application stricte de la shari'a, la loi du Prophète, va provoquer un regain d'activisme religieux dans l'ensemble du monde musulman.

Margaret Thatcher est élue premier ministre

Entourée de fidèles comme elle convaincue de l'urgence de revenir aux sources du conservatisme, Margaret Thatcher évince en 1975 Edward Heath de la tête du parti conservateur.

Quatre ans plus tard, bénéficiant du mécontentement général dû à une nouvelle grève des mineurs et à la pression fiscale, elle met le gouvernement travailliste de James Callaghan en minorité et remporte les élections législatives qui suivent, le 3 mai 1979. À la tête du gouvernement britannique pour plus de dix ans, elle allait entamer une révolution conservatrice sans guère de précédent.

Assassinat de Lord Mountbatten

Des terroristes de l'IRA font sauter le bateau de pêche sur lequel l'ancien vice-roi des Indes britanniques passe ses vacances, au large du port irlandais de Mullaghmore. La cible n'est pas choisie par hasard : apparenté aux grandes dynasties européennes et oncle maternel du duc Philip d'Edimbourg, époux de la reine, lord Mountbatten incarne la grandeur de la Couronne britannique.

La situation est paradoxale si l'on se rappelle que son père a dû renoncer à sa charge de Premier Lord de la mer durant la Première Guerre mondiale en raison de son origine allemande. Il a dû aussi angliciser son nom de Battenberg en Mountbatten.

Désireux de venger l'affront fait à sa famille, son fils Louis a récupéré la charge de Premier Lord en 1955. Grand militaire et bon connaisseur de l'Asie, ce même Louis a été aussi nommé vice-roi des Indes le 1er janvier 1947, avec pour mission de négocier avec les maharadjas et le parti du Congrès l'indépendance de l'Inde. Le 15 août 1947, ce fut chose faite. Il reprit alors sa carrière militaire tout en présidant diverses associations, dans le plus pur style de la noblesse britannique, jusqu'à ce jour tragique d'août 1979.

Prise d'otages à Téhéran

Le 4 novembre 1979, en pleine révolution islamiste, 56 ressortissants américains sont pris en otage dans leur ambassade, à Téhéran (Iran).

Cinq mois plus tard, en avril 1980, le président Jimmy Carter lance l'opération Eagle Claw en vue de les délivrer par la force. C'est un cuisant et humiliant échec. Parmi les hélicoptères engagés, plusieurs tombent en panne dans le désert. Huit militaires trouvent la mort dans une évacuation précipitée.

Les otages seront en définitive libérés par la voie diplomatique le 20 janvier 1981, le jour même de l'accession à la présidence des États-Unis de Ronald Reagan.

Premier lancement de la fusée Ariane

Le 24 décembre 1979, à Kourou, en Guyane, a lieu le premier vol de la fusée Ariane. Les Européens, unis au sein de l'Agence Spatiale Européenne, font la preuve de leur capacité à entrer dans la course à l'espace, aux côtés des Américains et des Soviétiques.

Les Soviétiques envahissent l'Afghanistan

Le 27 décembre 1979, les troupes soviétiques entrent en Afghanistan. Elles tombent dans un piège qui s'avérera fatal pour le régime de Moscou.

Accords de Gdansk

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 31 août 1980, Lech Walesa, leader du syndicat ouvrier indépendant « Solidarnosc », signe avec le gouvernement communiste d'Edward Gierek les accords de Gdansk en vue de mettre fin à l'agitation ouvrière en Pologne.

Après la séance officielle, l'ouvrier électricien se précipite au-devant de ses camarades. Il brandit le stylo avec lequel il a apposé sa signature. Il s'agit d'un gadget comme on en voit dans les boutiques de souvenirs du Vatican, avec le portrait de Jean-Paul II, premier pape polonais de l'Histoire. Lech Walesa, profondément catholique, veut par là signifier que le Souverain Pontife a guidé son bras et inspiré les accords.

L'Irak de Saddam Hussein attaque l'Iran

Le 22 septembre 1980, l'Irak de Saddam Hussein attaque l'Iran de l'imam Khomeiny. Le dictateur irakien accuse son voisin de diverses provocations, y compris un attentat contre son ministre des affaires étrangères, Tarek Aziz. Il revendique aussi quelques îles du Chat al-Arab qui débouche sur le golfe Persique. Il prétend également porter secours aux minorités arabophones du Khouzistan...

Assassinat de John Lennon

Le 8 décembre 1980, John Lennon (40 ans) est assassiné à New York...

L'ancien chanteur des Beatles et sa compagne Yoko Ono viennent de recevoir dans leur appartement de Central Park la photographe Annie Leibovitz pour une séance photo mémorable (John nu et en position foetale sur les genoux de Yoko).

En sortant, le couple est accosté par plusieurs fans dont un certain Mark David Chapman (25 ans), ex-agent de sécurité et drogué, qui demande et obtient un autographe de son idole.

Après une séance en studio, John et Yoko regagnent le soir leur appartement. À l'instant de franchir le porche, John est foudroyé par quatre balles tirées par Chapman. Il meurt peu après.

L'émotion est immense dans le monde. Chapman explique son geste par le simple désir de sortir de l'anonymat ! Il purge une peine de prison à perpétuité.

Mitterrand président de la République

Le dimanche 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République française...

Attentat contre Jean-Paul II

Le 13 mai 1981, sur la place Saint-Pierre de Rome où l'entourent 20.000 fidèles, le pape Jean-Paul II est gravement blessé par trois balles tirées à bout portant par un terroriste turc, Ali Agca. L'enquête de police montrera que le tueur était très vraisemblablement manipulé par les services secrets bulgares, eux-mêmes aux ordres du KGB, les services secrets soviétiques.

Jean-Paul II attribue sa miraculeuse survie à l'intervention de la Vierge de Fatima, dont la première apparition à des enfants portugais remontait au 13 mai 1917.

Révélation du Sida

Le 5 juin 1981, une revue scientifique évoque une mystérieuse pneumonie. On découvrira un peu plus tard qu'il s'agit en réalité de l'apparition d'un nouveau virus, le HIV. C'est le début d'une effroyable épidémie, le sida (« syndrome immunitaire de déficience acquise »).

La France abolit la peine de mort

Le 18 septembre 1981, à Paris, l'Assemblée nationale vote la loi d'abolition de la peine de mort présentée par le garde des Sceaux, Robert Badinter. 369 députés votent en sa faveur et 113 s'y opposent. Cette initiative met la France au diapason des autres pays d'Europe occidentale...

Anouar el-Sadate meurt en plein triomphe

Le 6 octobre 1981, tandis qu'il assiste dans un stade du Caire à un défilé militaire à l'occasion de la fête nationale, le « raïs » Anouar el-Sadate est assassiné par des soldats islamistes...

État de guerre en Pologne

A l'aube du 13 décembre 1981, le général Jaruzelski proclame l'état de guerre en Pologne...

Israël déclenche la guerre du Liban

Après ses victoires sur ses voisins arabes lors des guerres des Six Jours et du Kippour, Israël doit admettre que la résistance palestinienne n'est pas morte, même si elle se manifeste de façon plus diffuse.

Le gouvernement de Menahem Begin croit pouvoir la vaincre en attaquant le 6 juin 1982 le Liban, justement miné par des graves divisions internes liées à l'attitude à adopter face aux combattants palestiniens repliés dans le pays. Baptisée « Paix pour la Galilée », l'invasion se soldera par une victoire amère et une défaite diplomatique, illustrées par l'assassinat du président libanais Béchir Gemayel et les massacres des camps de Sabra et Chatila...

Londres reconquiert les Malouines

Le 14 juin 1982, les troupes britanniques débarquent à Port-Stanley (archipel des Malouines ou Fakland) et en chassent les Argentins.

Principaux faits d'armes : un sous-marin britannique coule le croiseur General-Belgrano (350 victimes) cependant que les Argentins frappent le lance-missiles HMS Sheffield avec un missile français Exocet tiré d'un avion Super-Etendard.

L'échec argentin se solde par le renversement du général Léopold Galtieri et le retour de la démocratie en la personne du social-démocrate Raul Alfonsin...

Attentat de la rue des Rosiers

Le 9 août 1982, à l'heure du déjeuner, une poignée d'hommes armés force l'entrée de Goldenberg, un populaire restaurant juif de la rue des Rosiers (Paris). Il lance une grenade dans la salle et tire sur les convives avant de s'enfuir. On compte six morts et 22 blessés. L'émotion est immense en France où l'on découvre une nouvelle réalité, le terrorisme.

Il s'agit du deuxième attentat qui vise la communauté juive française après l'explosion d'une bombe devant la synagogue de la rue Copernic (Paris), faisant 4 morts le 3 octobre 1980.

L'enquête confiée au juge Jean-Louis Bruguière ne donne rien même si de forts soupçons pèsent sur le groupe palestinien Abou Nidal. Le président François Mitterrand demande à la cellule antiterroriste de l'Élysée de mener sa propre enquête. Sous la supervision du capitaine Paul Barril, elle débouche sur une mystification avec l'inculpation frauduleuse d'un groupe de sympatisants de l'IRA, les « Irlandais de Vincennes ».

mort de Leonid Brejnev et agonie de l'URSS

Leonid Brejnev, secrétaire général du PCUS (parti communiste de l'Union soviétique) meurt au Kremlin, à 75 ans, au terme d'une longue agonie, le 10 novembre 1982. Dans les années précédentes, le dernier « tsar communiste » a été contraint à des reculades humiliantes sur la question des missiles, en Afghanistan et en Pologne.

Après lui, l'URSS entre en agonie. Lui succède au Secrétariat général du parti communiste de l'Union soviétique (le poste-clé du régime) Iouri Andropov. Sous des dehors inquiétants (l'homme a présidé le KGB, la police politique, pendant 15 ans), Andropov est de fait conscient des impasses du régime et des méfaits de la corruption. Il tente de réformer le régime tout en luttant contre les dissidences de toutes sortes. Mais il n'a pas le temps d'aboutir.

Malade, il meurt à son tour le 9 février 1984. Du coup, le Comité Central fait machine arrière et nomme à sa place un vieux brejnévien, Constantin Tchernenko (73 ans). Il disparaît au bout d'un an. Les réformistes reviennent à l'assaut en imposant le 11 mars 1985 au Secrétariat général le dauphin d'Andropov : Mikhaïl Gorbatchev (54 ans). Deux jours plus tard, le 13 mars 1985, il est élu par le Soviet Suprême à la présidence du Praesidium, en fait à la direction du pays.

Mitterrand devant le Bundestag

Le 20 janvier 1983, François Mitterrand, président de la République française, s'exprime devant les députés du Bundestag, à Bonn (première capitale de l'Allemagne fédérale). Il emploie une formule qui fera date : « Les fusées sont à l'Est, les pacifistes à l'Ouest ! »

L'enjeu est de taille : les Soviétiques installent dans les pays satellites d'Europe centrale des missiles nucléaires (les SS-20) pointés vers l'Europe occidentale. Face à cette menace, les Américains et leurs alliés de l'OTAN se proposent de répliquer en installer en Allemagne fédérale des missiles tout aussi puissants (les Pershing) orientés vers l'Europe communiste et l'URSS. Les pacifistes et gauchistes occidentaux se mobilisent contre ce projet au nom de l'aphorisme : « Plutôt rouges [communistes] que morts ! »

Par sa prise de position énergique devant les députés allemands, François Mitterrand contribue à retourner l'opinion occidentale en faveur des Américains. Les Soviétiques reculent et se résignent à démanteler ses SS-20. S'épuisant à poursuivre les États-Unis du président Ronald Reagan dans une nouvelle course aux armements (surnommée la « Guerre des étoiles »), ils vont conduire leur pays à l'effondrement.

Double attentat à Beyrouth

Le 23 octobre 1983, à 6h20 du matin, un attentat terroriste frappe le Quartier Général des forces américaines à Beyrouth, où sévit la guerre civile entre factions libanaises. L'attentat fait 241 morts. Quatre minutes plus tard, à quelques dizaines de mètres, l'immeuble « Drakkar » explose ! On compte 58 victimes parmi les parachutistes français, dont 56 de la 3ème Compagnie du 1er RCP et 2 du 9ème RCP, l'un et l'autre basés à Pamiers. Les paras français et les marines américains, fraîchement débarqués au Liban, devaient faire respecter la paix civile dans le cadre d'une mission des Nations Unies. Mais ils n'étaient préparés ni à la guerre urbaine, ni au terrorisme des « Fous de Dieu » islamistes, soutenus par la Syrie et l'Iran.

Non sans panache, le président français François Mitterrand se rend à Beyrouth dès le lendemain de l'attentat. Il planifie avec ses alliés américains des représailles sur les bases terroristes du Hezbollah, dans la plaine de la Bekaa, à l'est du Liban. Les Américains y renoncent au dernier moment et, finalement, se retirent du Liban. Mitterrand, malgré l'absence de soutien logistique américain, envoie huit avions Super-Etendard bombarder les camps d'entraînement terroristes le 17 novembre 1983. De mauvaises langues (bien informées) suggèrent que ce baroud d'honneur n'aurait fait d'autre victime qu'une chèvre et son berger.

Assassinat d'Indira Gandhi

Le 31 octobre 1984, Indira Gandhi, Premier ministre de l'Union indienne, est assassinée par ses propres gardes du corps, des Sikhs ralliés à la cause indépendantiste...

Gorbatchev à la tête de l'URSS

Le 11 mars 1985, Mikhail Gorbatchev devient à 54 ans secrétaire général du parti communiste de l'Union Soviétique. Il ne sait pas encore qu'il sera le dernier à porter ce titre mais il porte déjà en lui la volonté de réformer un régime paralysé...

Accords monétaires du Plaza

Au début des années 1980, le président américain Ronald Reagan annonce que son pays n'interviendra plus sur le cours du dollar. Mais en 1983-1984, celui-ci voit son cours monter dangereusement, mettant en péril les échanges mondiaux.

Le 22 septembre 1985, les ministres des finances et les gouverneurs des Banques centrales du G5 (États-Unis, Royaume-Uni, France, Japon, Allemagne) se réunissent à l'hôtel Plaza (New York) et décident dans un bel élan d'intervenir sur les marchés des changes. C'est un succès. Le dernier de l'après-guerre dans le domaine monétaire : le dollar perd la moitié de sa valeur en à peine deux ans. Il passe de 9 à 5 francs et de 260 à 150 yens. Les accords du Plaza closent l'ère de Bretton Woods.

Deux ans plus tard, en février 1987, les mêmes décideurs, réunis au Louvre (Paris), décident qu'il est temps de stabiliser les cours. Mais au bout de quelques mois, sous l'effet de la Bundesbank qui pousse en avant le mark, le cours du dollar revient à la baisse. Il s'ensuit un krach boursier.

Au début du XXIe siècle, avec la montée des économies émergentes d'Asie et la croissance exponentielle des transactions boursières, les banques centrales ont perdu toute possibilité de maîtriser les équilibres des changes et, de toute façon, ne le souhaitent pas, chaque pays poussant sa devise à la baisse pour mieux aider ses exportations.

Explosion de Challenger

Le 28 janvier 1986, la navette spatiale Challenger explose en plein vol. Avec sept morts, c'est la première tragédie de taille dans l'histoire de la conquête spatiale. C'est aussi un coup de frein brutal aux projets de la Nasa.

Assassinat d'Olof Palme

Le 28 février 1986, le Premier ministre suédois Olof Palme (59 ans) est abattu à bout portant par un inconnu alors qu'il sort paisiblement d'un cinéma de Stockholm, au bras de son épouse Lisbet. Son assassin ne sera jamais identifié.

L'émotion est immense en Suède et dans le monde démocratique car Olof Palme, leader respecté du parti social-démocrate, était devenu le symbole d'une société suédoise aussi prospère qu'égalitaire. Tout juste lui reprochait-on, comme à ses concitoyens, de s'ériger trop souvent en «donneur de leçons», à l'abri dans son royaume des neiges, avec des prises de position progressistes sur tous les enjeux mondiaux : guerre du Vietnam, apartheid, colonialisme...

Il avait accédé pour la première fois au poste de Premier ministre le 14 octobre 1969 puis l'avait recouvré le 8 octobre 1982 après en avoir été chassé six ans plus tôt par une coalition «bourgeoise».

Explosion de Tchernobyl

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, dans l'ignorance générale, une explosion gravissime se produit dans l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. En quelques jours, les retombées radioactives affectent la majeure partie de l'Europe.

L'opinion mondiale en est informée par les surveillants d'une centrale nucléaire... suédoise, alertés par une radioactivité plus élevée à l'extérieur de leur centrale qu'à l'intérieur ! L'État mobilise à la hâte 800.000 hommes pour réduire les fuites de radioactivité (largage de béton sur le réacteur...). Un millier de ces « liquidateurs » sont mortellement contaminés. « Sans même en avoir conscience, ils ont accompli l'inimaginable. Sans leur sacrifice, les conséquences de l'accident auraient été bien pires. Pires en Ukraine et en Biélorussie, mais pires aussi dans toute l'Europe... », écrit le journaliste Igor Kostine (Tchernobyl, confessions d'un reporter, Les Arènes, 2006).

Malgré cela, plusieurs milliers de citoyens soviétiques sont voués à une mort anticipée. Des milliers de km2 de terre sont rendues impropres à la vie en Ukraine et en Biélorussie.

La catastrophe est un nouveau coup dur pour une URSS au bord de l'effondrement. L'opinion internationale et les gouvernants formulent le voeu d'une meilleure collaboration internationale en matière de sécurité nucléaire, voeu pieux qui ne sera suivi d'aucune mesure tangible.

Maradona venge l'Argentine de la défaite des Malouines

C'est l'un des buts les plus célèbres de toute l'histoire du football... et il a été marqué de la main. Encore aujourd'hui, de nombreux Anglais tremblent d'indignation lorsqu'on leur rappelle ce quart de finale de la Coupe du Monde mexicaine.

À la 51e minute, le génial numéro 10 argentin, trop court pour atteindre une balle haute, frappe la balle du poing et lobe le gardien anglais Peter Shilton. L'arbitre, n'ayant rien vu, valide le but à la grande fureur des Anglais. Cinq minutes plus tard, le même Maradona marque un des plus authentiquement extraordinaires buts de l'histoire de cette compétition, en passant en revue toute l'aile gauche anglaise avant d'aller tromper le gardien et assurer la qualification de son équipe (2-1). Le capitaine anglais, Gary Lineker, dira par la suite : «Quand Diego nous a mis le deuxième but, j'ai eu envie d'applaudir». Le même Maradona mènera ensuite son équipe jusqu'à la victoire finale, mais c'est ce match qui reste dans toutes les mémoires, tant ses implications politiques dépassaient le cadre sportif.

Lorsque, après le match, le buteur déclare avoir marqué «un peu par la main de Dieu», il transforme cette partie en une affaire politique. En effet, pour les Argentins, cette victoire était une revanche, insuffisante, certes, mais ô combien symbolique, sur les Anglais haïs depuis qu'ils avaient remporté la guerre des Malouines. «La main de Dieu» est dans ce contexte la version moderne du « jugement de Dieu » que constituaient les batailles rangées au Moyen Âge, elle vient justifier leur bon droit. En revanche, elle confirme tous les préjugés des Anglais sur les Latins tricheurs (l'attaque contre les Malouines n'avait pas été précédée d'une déclaration de guerre) et malhonnêtes. Les débats pour savoir si Maradona doit s'excuser ou non continueront sans doute longtemps...

Achèvement du Plan Delta

Le 4 octobre 1986 marque l'achèvement du plan Delta, aux Pays-Bas. Le plus grand chantier de génie civil de tous les temps a été lancé au début des années 50, après qu'un raz-de-marée eût inondé les terres les plus basses du pays et provoqué la mort de 1 800 personnes.Toutes les îles côtières de la province de Zélande sont désormais reliées par une digue. Le delta du Rhin, de l'Escaut et de la Meuse est fermé, à l'exception d'un chenal de navigation.

Assassinat du président burkinabé Thomas Sankara

Militaire dans l'armée de ce qui s'appelle alors encore la Haute-Volta, une ex-colonie de l'Afrique occidentale française, le capitaine Thomas Sankara se fait rapidement remarquer et devient Premier ministre en janvier 1983, à 33 ans, avant d'être démis de ses fonctions et emprisonné quatre mois plus tard. Mais un coup d'État orchestré par son ami Blaise Compaoré le porte au pouvoir le 4 août 1983.

Président, Sankara mène tambour battant une diplomatie qui se veut anti-impérialiste et socialiste, sans pour autant s'aligner sur Moscou ou Pékin. Au nom du rejet du colonialisme, il change le nom de son pays pour celui de Burkina Faso, « le pays des hommes intègres ». Il oblige également les officiels à se vêtir de cotonnades locales.

Il mène une politique très volontariste en luttant contre le pouvoir traditionnel des chefferies et défendant les droits des femmes. L'excision et la polygamie sont ainsi interdites. La vente des voitures de luxe de l'administration, remplacées par des Renault 5, lui assure une grande popularité, mais aussi de non moins fortes inimitiés. Avec l'aide des Comités de Défense de la Révolution, il vise l'auto-suffisance alimentaire et obtient d'incontestables succès, tout comme en matière de santé et d'éducation. Il lutte également contre la désertification en plantant des arbres.

Cependant, son style autoritaire suscite des tensions, même parmi la jeunesse qui lui était à l'origine ralliée. Le même Blaise Compaoré qui l'avait porté au pouvoir le fait assassiner le 15 octobre 1987, pour prendre sa place avec, sans doute, l'appui au moins tacite de la France. Cette mort a fait de Thomas Sankara une icône pour de nombreux Africains jusqu'à nos jours.

Bourguiba déposé par Ben Ali

Le 7 novembre 1987, Habib Bourguiba, président à vie de la Tunisie, surnommé le « Combattant suprême » en raison de son combat pour l'indépendance du pays, est déposé par son Premier ministre, Zine el-Abidine Ben Ali (51 ans), qui fait valoir un empêchement dû au grand âge (84 ans) et à une santé défaillante.

Des commentateurs en mal de floklore qualifient cette opération de « Révolution du jasmin » (le jasmin est la fleur fétiche de la Tunisie).

Le nouvel homme fort du pays justifie ce qui ressemble à un coup d'État par la crainte d'une guerre civile avec les islamistes du mouvement Ennahda. Avec un incontestable savoir-faire, Ben Ali, qui fut auparavant général puis ministre de l'Intérieur, va neutraliser les islamistes en douceur et engager la Tunisie dans la voie du libéralisme économique tout en maintenant une forte pression policière.

Le pays, sous sa férule, connaît une rapide modernisation, tant sur le plan économique que sur celui des moeurs. Il se rapproche des normes européennes par le niveau d'éducation comme par l'indice de fécondité (2 enfants par femme en 2009). On peut y voir le résultat d'un effort engagé dès l'indépendance, sous la présidence de Bourguiba.

Mais, à partir de la fin des années 1990, le président et sa famille, protégés par la censure, profitent de leur situation pour s'enrichir sans vergogne jusqu'à l'explosion révolutionnaire de janvier 2011.

Gaz mortels à Halabja

Le dimanche 16 mars 1988, alors qu'elle combat l'Iran depuis huit ans déjà, l'armée irakienne attaque avec des gaz mortels la ville kurde de Halabja. On évalue le nombre des victimes civiles à plusieurs milliers.

Le dictateur Saddam Hussein, violant toutes les conventions internationales, a employé les gaz parce que cette ville était tombée aux mains de résistants kurdes, les peshmergas du commandant Talabani, soutenus par les gardiens de la Révolution iraniens. Ce crime de guerre commis avec les armes chimiques fournies par les industriels occidentaux suscite une protestation molle de la part des démocraties mais il pèsera lourd lors du procès du dictateur en 2007.

Les Soviétiques se retirent d'Afghanistan

Le 14 avril 1988, à Genève, Soviétiques et Afghans signent un accord par lequel Moscou accepte de retirer ses troupes du pays. Signé en présence du secrétaire général de l'ONU José Perez de Cuellar, et des représentants des États-Unis et du Pakistan, cet accord consacre l'échec de l'intervention armée soviétique huit ans plus tôt. Pour l'Afghanistan, ce n'est qu'une éclaircie dans une suite de conflits interminables.

Réélection de François Mitterrand

François Mitterrand est réélu à la présidence de la République française le 8 mai 1988 face à Jacques Chirac. Vilipendé deux ans plus tôt, le leader de l'union de la gauche a été remis en selle par les erreurs tactiques et les maladresses de son rival, qu'il avait dû appelé à l'hôtel Matignon (résidence du Premier ministre) après la victoire de la droite aux élections législatives de 1986.

James Hansen planche sur le réchauffement climatique

Le 23 juin 1988, devant une commission du Sénat américain, James Hansen, climatologue en chef de la NASA, fait sensation en assurant que l'atmosphère terrestre est en train de se réchauffer. Il explique le phénomène par l'amplification de l'« effet de serre » naturel du fait des émissions de gaz carbonique liées à la combustion du charbon, du gaz et du pétrole...

Fin de la guerre Irak-Iran

Le 20 août 1988, un cessez-le-feu à l'initiative de l'ONU met un point final à la guerre Irak-Iran. Celle-ci a été déclenchée huit ans plus tôt par le dictateur irakien Saddam Hussein qui voulait tirer profit de l'état de guerre civile dans lequel était plongé son voisin et rival depuis la révolution islamique. Dans les faits, l'Iran s'est vite ressaisi et obtient en fin de compte un retour aux frontières initiales, au prix d'un million de morts au total...

Yasser Arafat annonce la création d'un État palestinien

Yasser Arafat devant le Conseil National Palestinien, à Alger, 1988 (DR)Devant le Conseil National Palestinien réuni à Alger, le chef charismatique de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) annonce la création d'un État palestinien.

L'OLP, fondée en 1964, n'a plus de contact direct ni avec l’«ennemi sioniste», ni avec les Palestiniens des territoires occupés depuis que la guerre du Liban, l’a contrainte de s'installer à Tunis.

Faute de mieux, l'organisation tente de promouvoir sa cause par des actions terroristes à travers le monde. Mais les résultats sont mitigés… En décembre 1987, le déclenchement de la première «Intifada» (soulèvement en arabe) dans les territoires occupés fait craindre à Yasser Arafat d'être marginalisé. Il reprend la main en annonçant la création de l'État palestinien.

Pour l'historien franco-israélien Alain Michel, cette création, si virtuelle qu'elle soit, marque un tournant dans le conflit israélo-palestinien car, en filigrane, elle signifie aussi la reconnaissance du droit à l’existence de l’État d’Israël et de son droit à des frontières sûres et reconnues, selon les termes de la résolution 242 de l'ONU de 1967, consécutive à la guerre des Six Jours. Elle va ainsi ouvrir la voie aux accords d'Oslo, cinq ans plus tard.

Tim Berners-Lee invente le World Wide Web

En 1980, Tim Berners-Lee, informaticien britannique de 22 ans tout juste sorti d'Oxford, est en stage à Genève, au CERN (Centre Européen pour la Recherche Nucléaire), pour une durée de six mois...

Pour faciliter la lecture de la base de données du centre, il conçoit une connexion directe entre tout mot-clé et le dossier référent. Ainsi naît le lien hypertexte...

Neuf ans plus tard, de retour au CERN après un détour par une entreprise britannique, il a l'idée de relier par des liens hypertexte non plus seulement les dossiers du CERN mais toutes les bases de données scientifiques mises en relation à travers le monde par le réseau internet, dérivé du réseau ARPAnet.

Le 13 mars 1989, il crée à cet effet une interface visuelle qu'il baptise World Wide Web (« Toile d'Araignée Mondiale »). C'est le début d'une révolution planétaire.

Massacre des étudiants sur la place Tien An Men

Le 4 juin 1989, l'armée chinoise massacre à l'arme lourde les étudiants qui s'étaient réunis sur la place Tien An Men (on écrit aussi Tian'anmen ou Tienanmen), à Pékin, en hommage à Hu Yaobang, ancien secrétaire général du Parti communiste chinois et réformiste convaincu, mort le 15 avril précédent. Ce massacre dit du 4/6 (en chinois : «Liu Si»), orchestré par Deng Xiaoping, met un terme brutal au « printemps de Pékin». Le gouvernement est repris en main par Jiang Zemin...

Milovesic enflamme les Serbes

Le 28 juin 1989, Slobodan Milosevic, élu le mois précédent président de la République fédérative de Serbie, commémore en grande pompe le 600e anniversaire de la bataille du Champ du Merle qui a mis fin à l'indépendance de la Serbie médiévale.

Sur le site même de la bataille, un million de Serbes, soit le cinquième de la population adulte du pays (!) lui font un triomphe lorsqu'il annonce un programme de « reconquête » du Kosovo, une province autonome de la Serbie.

Les 200.000 Serbes du Kosovo, qui s'inquiètent de leur marginalisation face à près de 2 millions de musulmans de langue albanaise, se montrent les plus ardents soutiens du projet de Milosevic. Les autres républiques de la Fédération, plus ouvertes sur l'Occident, s'inquiètent de la dérive belliciste de la Serbie. Elle va déboucher sur les dernières guerres européennes du XXe siècle.

Le Mur de la honte s'écroule

Le 9 novembre 1989, sous les caméras du monde entier, la jeunesse allemande se précipite à l'assaut du Mur de la honte..

Libération de Nelson Mandela

Le 11 février 1990, Nelson Mandela (72 ans) est libéré après 27 ans de captivité ans par le président sud-africain Frederik de Klerk, sous la pression internationale.

Avocat issu d'une chefferie xhosa, Mandela rejoint le Congrès National Africain (African National Congress, ANC) pour lutter contre l'apartheid et la domination blanche dans son pays avant d'être incarcéré à Robben Island. Par les relations entretenues avec le monde extérieur et son refus de tout compromis avec le pouvoir, le prisonnier s'est acquis une réputation internationale de vieux sage ou nouveau Gandhi.

Il reçoit le Prix Nobel de la paix en novembre 1993 à Oslo, de concert avec le président Frederik de Klerk, qui a eu la clairvoyance de le libérer et d'engager des négociations avec l'ANC. Élu à la présidence de la République le 10 mai 1994, il forme un gouvernement multiracial et réalise son rêve d'une Afrique du Sud « arc-en-ciel ».

La Russie se proclame souveraine au sein de l'URSS

Le 12 juin 1990 se réunit à Moscou le 1er Congrès du peuple de la RSFSR (République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie), qui correspond à la Russie historique.

Alors que leur république est encore l'une des quinze composantes de l'URSS, les députés adoptent une Déclaration sur la souveraineté étatique de la république de Russie. Cette atteinte à l'intégrité de l'URSS est sans conséquence pratique dans l'immédiat mais va être plus tard considérée comme l'acte d'émancipation de la Russie nouvelle.

Boris Eltsine (59 ans), un député de Moscou fantasque, chaleureux et porté sur la vodka, s'illustre dans le vote de la Déclaration. Poursuivant son oeuvre, il jouera l'année suivante un rôle clé dans l'éclatement de l'URSS...

La fête nationale russe

Le jour anniversaire de cette Déclaration est devenu dès 1994 fête nationale chômée en Russie.

Discours de La Baule

Le 20 juin 1990, à La Baule, station balnéaire de la côte bretonne, le président François Mitterrand réunit les chefs d'État africains et les invite à développer la démocratie dans leur pays à l'image des Européens de l'Est qui viennent de s'affranchir de la tutelle communiste.

Il subordonne l'aide française à l'introduction du multipartisme, déclarant à ses hôtes : « La France liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté »...

Traité 2+4 ou traité de Moscou

Le 12 septembre 1990 est mis un terme diplomatique à la Seconde Guerre mondiale avec la signature à Moscou d'un traité de paix, dit 2+4 (ou 4+2), entre la République fédérale d'Allemagne (RFA), la République démocratique allemande (RDA), les États-Unis, la République française, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et l'Union des Républiques socialistes soviétiques.

Par ce texte, les Allemands renoncent officiellement à l'arme nucléaire et reconnaissent leurs frontières comme « inaltérables », ce qui veut dire qu'elles ne peuvent être modifiées même par accord mutuel avec leurs voisins ! La ligne Oder-Neisse devient la frontière définitive entre l'Allemagne et la Pologne. Ce traité de paix, préalable à la réunification des deux Allemagnes, clôt la Seconde Guerre mondiale.

L'Allemagne réunifiée

Le 3 octobre 1990, onze mois après la chute du Mur, la République Fédérale Allemande et la République Démocratique Allemande célèbrent officiellement leur réunion en un seul État.

Fête nationale

L'anniversaire de ce jour est depuis lors fête nationale en Allemagne.

« Droit d'ingérence humanitaire »

Le 14 décembre 1990, à New York, l'Assemblée générale des Nations Unies vote à l'initiative de la France une résolution qui légitime le « droit d'ingérence humanitaire », autrement dit la possibilité pour des États de secourir des populations menacées par leurs propres gouvernants, avec l'accord des Nations Unies et au besoin par les armes. « Le temps de la souveraineté absolue et excessive est révolu », lance avec emphase le secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros Ghali.

La résolution est concomitante de la chute de l'URSS et de la fin de la guerre froide. Elle donne un deuxième souffle à l'OTAN. L'alliance nord-atlantique, pilotée par les États-Unis, va se chercher de nouvelles missions dans la lutte contre le terrorisme et les « États-voyous »...

Aristide président d'Haïti

Le 16 décembre 1990, après plusieurs années de désordre, le père Jean-Bertrand Aristide (37 ans) est élu à la présidence de la république d'Haïti. L'élection démocratique de ce militant des droits de l'homme est accueillie avec enthousiasme par l'opinion démocratique mondiale qui se prend à espérer un changement de cap à Haïti. Mais ses maladresses valent au prêtre d'être renversé par un coup d'État militaire sanglant le 29 septembre 1991.

Aristide revient au pouvoir dans les fourgons de l'armée américaine, avec la bénédiction de l'Organisation des Nations Unies, le 19 septembre 1994. Mais à peine les militaires de Washington et les casques bleus de l'ONU sont-ils repartis que l'ancien « curé des bidonvilles » renoue avec les pratiques dictatoriales et sanglantes de ses prédécesseurs. Défroqué et marié à une avocate de la bourgeoisie mulâtre, il pille sans vergogne les caisses de l'État tandis que le peuple se repose pour sa survie sur les organisations caritatives occidentales.

Aristide est chassé du pouvoir le 1er mars 2004 cependant que des militaires américains débarquent à Port-au-Prince une nouvelle fois.

Opération Tempête du désert

Le 17 janvier 1991, débute l'opération «Tempête du désert» contre la dictature de Saddam Hussein.

Cette guerre, dite guerre du Golfe parce qu'elle se déroule sur les bords du golfe Persique, trouve son origine dans la précédente guerre engagée par l'Irak contre l'Iran. Terminée en 1988, ce conflit meurtrier a laissé les deux pays exsangues...

Indépendance de l'Ukraine

Le 24 août 1991, dans la confusion qui suit l'éviction de Mikhaïl Gorbatchev, dirigeant de l'Union soviétique, le Parlement ukrainien proclame l'indépendance de la République d'Ukraine dans les frontières artificielles dessinées par les dirigeants bolchéviques. C'est la troisième renaissance de l'État kiévien en l'espace d'un millénaire.

Les Ukrainiens ont fait de l'anniversaire de ce jour leur fête nationale.

L'URSS décède à seulement 69 ans.

Le 21 décembre 1991, à Alma-Ata, au Kazakhstan, les représentants de onze républiques de l'URSS constatent le décès de la fédération...

Le traité de Maastricht

Le 7 février 1992, les douze ministres des affaires étrangères de l'Union européenne signent un « traité d'union économique, monétaire et politique » à Maastricht, aux Pays-Bas...

Bombardement de Sarajevo

Le 6 avril 1992, Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, est le théâtre d'une grande manifestation pacifique. Mais des franc-tireurs serbes tirent dans la foule. Alors commence le long siège de Sarajevo par l'armée yougoslave.

C'est la dernière étape de la guerre engagée par Slobodan Milosevic, qui mènera au démembrement complet de la Yougoslavie, avec l'indépendance des Républiques fédératives de Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine et Monténégro, ainsi que du Kossovo (ou Kosovo)...

Assassinat de Mohamed Boudiaf (vidéo)

Lors d'un important discours à Annaba (Bône), le 29 juin 1992, l'éphémère président de la République algérienne Mohamed Boudiaf est assassiné par un sous-lieutenant supposé islamiste...

Naissance de la Slovaquie

Le 1er janvier 1993, la Slovaquie, nation improbable qui n'a auparavant jamais eu d'existence officielle, se sépare en douceur de la République tchèque, à laquelle elle avait été unie au sortir de la Première Guerre mondiale sous le nom de Tchécoslovaquie.

Entrée en vigueur du Marché unique

Avec l'entrée en vigueur de l'Acte unique européen, les transporteurs se voient dispensés des formalités douanières aux frontières intérieures de l'Union.

L'Acte unique a été signé le 17 février 1986 à Luxembourg, sous l'égide de Jacques Delors, président de la Commission européenne. En vue d'instaurer la libre circulation des marchandises, des services, des personnes et des capitaux à l'intérieur de l'Union, il élargit le champ des décisions à la majorité qualifiée au détriment des décisions à l'unanimité.

Cette accélération spectaculaire de l'intégration économique de l'Europe suit de près la signature du traité de Maastricht, qui projette son intégration monétaire. Mais par une triste coïncidence, l'année 1993 voit aussi la première année de récession économique en Europe, depuis la Libération.

Signature des accords d'Oslo

Les accords d'Oslo (ou accords de Jéricho-Gaza) sont signés à Washington par l'Israélien Shimon Pérès et le Palestinien Mahmoud Abbas, en présence d'Yitzhak Rabin, premier ministre israélien, de Yasser Arafat, président de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et du président américain Bill Clinton.

Par ces accords, qui font suite à deux années de négociations ultra-secrètes à Madrid et Oslo, l'OLP reconnaît le droit d'Israël à l'existence. Il est par ailleurs convenu que l'armée israélienne se retirera en cinq ans de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, occupées en 1967, et que l'administration de ces territoires sera confiée à une Autorité palestinienne, en attendant la création d'un véritable État palestinien.

Dévaluation du franc CFA

Le 11 janvier 1994, le gouvernement français d'Édouard Balladur décide courageusement de dévaluer de moitié le franc CFA...

Berlusconi change l'Italie

Le 18 janvier 1994, quatre jours après la dissolution du Parlement italien, Silvio Berlusconi, connu pour être un richissime entrepreneur de télévision, annonce la création d'une nouvelle formation politique, Forza Italia, et se lance dans la campagne électorale.

Contre toute attente, il remporte les élections législatives des 27 et 28 mars 1994 et, le 10 mai 1994, est appelé à former un gouvernement de coalition avec ses alliés de droite ou d'extrême-droite : la Ligue du Nord d'Umberto Bossi et l'Alliance nationale de Gianfranco Fini. C'en est fini de cinq décennies de pouvoir sans partage de la Démocratie chrétienne...

Génocide au Rwanda

Le 6 avril 1994, le président-dictateur du Rwanda, Juvénal Habyarimana, est tué dans un attentat contre son avion personnel. Ses fidèles de la majorité hutu entreprennent aussitôt le massacre de la minorité tutsie (10% de la population) et des hutus modérés. En trois mois, 800.000 innocents sont massacrés à coups de machette.

C’est le dernier génocide du XXe siècle. Il est suivi d’un embrasement guerrier dans la région des Grands Lacs africains : 3 à 5 millions de morts à ce jour…

Fondation de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

Le 15 avril 1994 est instituée à Marrakech l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Cette instance internationale de concertation et d'arbitrage est destinée à promouvoir et garantir la liberté de circulation des marchandises entre les pays adhérents.

L'OMC constitue l'aboutissement des négociations entreprises en 1947, sous le nom d'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Son siège est établi à Genève.

Dans la déclaration fondatrice, il est question de «l’ouverture des marchés pour les marchandises», «la protection des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce», la volonté de résister aux pressions protectionnistes de toute nature», «l’accroissement de la production et du commerce de marchandises et de services»… Mais on n'y trouve aucun rappel des droits sociaux élémentaires ni des aspirations humaines.

En 2001, désireuse de promouvoir la mondialisation des échanges et la baisse des prix, l'OMC prend le risque d'admettre en son sein la Chine populaire, en 2001, en dépit d'une économie très peu respectueuse des règles libérales.

Inauguration du tunnel sous la Manche

Depuis le 6 mai 1994, l'Angleterre n'est plus tout à fait une île. La reine Elizabeth II et le président Mitterrand inaugurent ce jour-là le tunnel sous la Manche.

Mandela président de l'Afrique du Sud

Le 10 mai 1994, Nelson Mandela (76 ans) est intronisé président de la République d'Afrique du Sud. La plupart des dirigeants de la planète se sont déplacés pour ce moment de grâce qui scelle la réconciliation des Sud-Africains après un siècle de ségrégation raciale, dans une période par ailleurs obscurcie par la guerre de Bosnie et le génocide du Rwanda...

Découverte des peintures paléolithiques de Chauvet-Pont d'Arc

Le dimanche 18 décembre 1994, le spéléologue Jean-Marie Chauvet, accompagné de deux amis, explore une falaise, près du village de Vallon-Pont-d'Arc et des magnifiques gorges de l'Ardèche.

Les trois amis découvrent une grotte aux parois décorées de dessins aux teintes ocres, parmi lesquels de nombreuses représentations animales. Immédiatement alerté, le préhistorien Jean Clottes authentifie les peintures. Elles font de la grotte de la Combe d'Arc, ou grotte Chauvet, du nom de son inventeur, l'un des trois plus beaux témoignages de l'art pariétal du Paléolithique européen, avec Altamira et Lascaux. Les unes et les autres sont l'oeuvre de l'homme de Cro-Magnon...

Massacre de Srebrenica

Le point culminant de l'horreur dans la guerre de Bosnie a été atteint à Srebrenica, une petite ville de 20.000 habitants majoritairement musulmane, enclavée dans une région orthodoxe, à l'est de la Bosnie-Herzégovine...

Enlèvement des moines de Tibéhirine

Le 27 mars 1996, on apprend l'enlèvement de sept moines cisterciens trappistes dans leur monastère de Notre-Dame-de-l'Atlas, à Tibéhirine, près de Médéa (Algérie). Un mois plus tard, le chef du Groupe Islamique armé (GIA), Jamel Zitouni, revendique l'enlèvement. Le 23 mai 1996, le GIA annonce avoir égorgé les moines deux jours plus tôt. On ne retrouvera que leurs têtes. L'émotion est immense en France.

Comme le mystère demeure autour de l'enlèvement, une plainte est déposée contre X en 2003 et une information judiciaire confiée au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière. Celui-ci laisse dormir le dossier jusqu'à son départ de la magistrature, en 2007. L'enquête est relancée par le juge Marc Trévidic.

Armand Veilleux, procureur général de l'ordre monastique, suggère que la sécurité algérienne (de connivence avec la DST française) aurait arrangé l'enlèvement des moines pour les obliger à partir mais l'affaire aurait mal tourné et abouti à la mort des otages dans un combat entre le commando et l'armée algérienne. D'où le malaise du juge Bruguière...

Ce drame a inspiré un film magnifique au cinéaste Xavier Beauvois : Des hommes et des dieux (2010).

Fin de la conscription en France

Le 28 mai 1996, le président de la République française Jacques Chirac annonce la fin du service militaire obligatoire au détour d'une allocution télévisée. Sa décision est spontanément approuvée par les éditorialistes, la classe politique et l'opinion publique. Elle est officialisée par la loi du 28 octobre 1997 qui « suspend » la conscription mais réserve la possibilité de la rétablir en cas de crise grave menaçant l'existence de la nation.

Les derniers conscrits ont fêté la « quille » en 2002, soit plus de deux siècles après le vote de la loi Jourdan. En se cantonnant à une armée de métier, la France s'aligne sur les démocraties à l'anglo-saxonne (Royaume-Uni, États-Unis, Pays-Bas,...).

Une femme à la tête de la Suisse

Le 9 décembre 1998, une femme accède pour la première fois à la présidence de la Confédération helvétique. Elle se nomme Ruth Dreifuss.

Six milliards d'hommes sur la Terre

Le 12 octobre 1999, selon une estimation des démographes de l'ONU, la population de la Terre a atteint le seuil symbolique de six milliards d'êtres humains vivants (dont environ 13% d'Européens). La barre du premier milliard a été franchie vers 1850 et, au début du XXe siècle, la population mondiale s'élevait à 1,6 milliard d'êtres humains (dont environ 26% d'Européens)...

Coup d'État en Côte d'Ivoire

Le 24 décembre 1999, en Côte d'Ivoire, un coup d'État militaire renverse le président Henri Konan Bédié qui avait succédé six ans plus tôt à Félix Houphouët-Boigny...

Référendum sur le quinquennat en France

Le gouvernement français soumet à référendum un amendement à la Constitution de la Ve République qui instaure le quinquennat et aligne la durée du mandat présidentiel (5 ans) sur la durée des législatures (mandats des députés de l'Assemblée nationale). C'est la mort du septennat instauré 127 ans plus tôt.

73% des votants s'expriment en faveur de l'amendement constitutionnel mais la participation est très faible (30% des inscrits). Le manque d'enthousiasme de l'électorat vient de ce que la réforme a été mise en oeuvre pour des raisons de convenance partisane par le président Jacques Chirac et son Premier ministre Lionel Jospin.

Le premier de droite, le second de gauche, ils visent l'un et l'autre l'élection présidentielle de 2002. Lionel Jospin juge habile de prévoir aussi que les élections législatives se dérouleront dans la foulée des présidentielles, de façon à assurer au Président nouvellement élu une majorité automatique à l'Assemblée.

Cette modification d'apparence anodine aura pour effet de transformer le Parlement en une chambre d'enregistrement, tout juste bonne à entériner les décisions du Président.

Découverte de Toumaï

Le 19 juillet 2001, Michel Brunet, un paléontologue de Poitiers, découvre au nord du lac Tchad un crâne fossile. Vieux de 7 millions d'années, il appartient à l'homme le plus ancien connu à ce jour. Il est baptisé Toumaï par son découvreur.

Attentats à New York et Washington

Le 11 septembre 2001, pour la deuxième fois de leur Histoire après la guerre anglo-américaine de 1812, les États-Unis sont agressés sur leur propre sol.

Quatre avions de ligne sont détournés par des terroristes islamistes de la mouvance Al Qaida. Deux s'écrasent avec leurs occupants sur les tours jumelles du World Trade Center, à New York, et un troisième sur le Pentagone (le ministère des armées), à Washington. Le quatrième s'écrase dans un bois de Pennsylvanie, les passagers ayant tenté au sacrifice de leur vie de maîtriser les terroristes. Au total, environ 3000 morts et disparus.

L'effondrement des tours ayant été filmé en direct, l'émotion est immense dans le monde...

« Guerre contre le terrorisme » en Afghanistan

Dans la nuit du 7 au 8 octobre 2001 surviennent les premières frappes américaines en Afghanistan, dans le cadre d'une opération baptisée « Enduring Freedom » (« Liberté Immuable »). C'est la riposte aux attentats du mois précédent contre le World Trade Center de New-York et le Pentagone de Washington...

L'euro, une nouvelle monnaie pour l'Europe

Le 1er janvier 2002 (il y a 10 ans), 304 millions d'Européens, dans douze pays de l'Union européenne, découvrent leur nouvelle monnaie, l'euro, sous forme de billets et pièces.

L'euro, à vrai dire, est né trois ans plus tôt quand les devises de ces mêmes pays avaient été arrimées les unes aux autres par des parités fixes. Au même moment, la politique monétaire des onze pays concernés (l'Eurogroupe), notamment la fixation des taux de réescompte, est confiée à une Banque Centrale Européenne (BCE) établie à Francfort (Allemagne). C'est l'aboutissement du Système Monétaire Européen (SME) créé le 13 mars 1979...

La « Vénus hottentote » inhumée en Afrique du Sud

Le 9 août 2002, soit près de deux siècles après sa mort misérable à Londres, en 1815, la « Vénus hottentote », de son vrai nom Sawtche, a retrouvé enfin son pays d'origine, où ses restes ont été inhumés.

Pourvue de fesses surdimensionnées, cette femme aborigène avait quitté l'Afrique du Sud en 1810 pour devenir un objet de curiosité en Europe. Après sa mort, son corps a été étudié par les plus grands scientifiques français avant d'être conservé dans les collections du Musée de l'Homme à Paris.

La Suisse entre à l'ONU

Le 10 septembre 2002, la Suisse est devenue le 190e membre de l'Organisation des Nations Unies, précédant de peu le Timor-Oriental. C'est en mars de la même année que  les Suisses ont approuvé par référendum ce choix en rupture avec la neutralité traditionnelle de la confédération.

Sommet des Açores

Manuel Barroso, Tony Blair, George Bush Jr et Jose Manuel Aznar, Açores, 16 mars 2003 (DR)Le 16 mars 2003, le Premier ministre portugais Manuel Barroso accueille sur l'île des Açores le Premier ministre britannique Tony Blair, le président des États-Unis George Bush Jr et le Premier ministre espagnol Jose Manuel Aznar.

Ils conviennent d'une opération militaire conjointe contre l'Irak, malgré l'opposition résolue de la France, de l'Allemagne, de la Russie et des Nations Unies.

Moins d'un mois plus tard, le 9 avril 2003, l'armée coalisée entre à Bagdad d'où s'est enfui le tyran. L'opération va se solder par un dramatique fiasco.

Liberté pour l'Irak

Le 20 mars 2003, les troupes américaines envahissent une deuxième fois l'Irak de Saddam Hussein avec, cette fois, la ferme intention de renverser le dictateur.

Dix-huit mois après les attentats d'al-Qaida contre les tours du World Trade Center et le Pentagone, le président américain George W. Bush ne s'est pas contenté de traquer les commanditaires dans leur repaire afghan. Il a souhaité aussi en profiter pour liquider le régime irakien, bien que celui-ci fut plutôt hostile aux terroristes d'al-Qaida.

Sur la foi d'un grossier mensonge concernant d'hypothétiques « armes de destruction massive », le président et son Secrétaire d'État Colin Powell ont obtenu l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU.

L'opération « Freedom for Iraq » conduit à la prise de Bagdad dès le 9 avril 2003. Avec une maladresse insigne, les Américains congédient aussitôt toute l'administration et l'armée, hissant aux commandes du pays des opposants plus ou moins recommandables.

L'intervention prend fin le 15 décembre 2011, en avance de deux jours sur le calendrier officiel, avec un bilan piteux : 4.500 tués du côté américain et de nombreuses « bavures » dans la population civile, une dette américaine accrue de mille milliard de dollars, mais aussi du côté irakien un million de déplacés, 100.000 morts, un pays ruiné et éclaté entre chiites, sunnites et Kurdes, la fin de deux mille ans de présence chrétienne sur les bords du Tigre...

Last but not least, le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, laborieusement installé par les Américains, est aux mains de la majorité chiite et allié de son voisin, la République islamique d'Iran, ennemie déclarée des États-Unis.

Entrée des Américains à Bagdad

Le 9 avril 2003, une armée coalisée sous commandement américain entre à Bagdad d'où s'est enfui le dictateur Saddam Hussein...

«Révolution orange» à Kiev

Le 21 novembre 2004, en Ukraine, l'élection truquée du candidat pro-russe Viktor Ianoukovitch à la présidence de la République jette l'opposition dans la rue. La capitale Kiev est en ébullition.

Activement soutenue par des organisations occidentales comme la fondation Soros, la «révolution orange», d'après la couleur des écharpes arborées par les manifestants, obtient l'annulation de l'élection.

Il n'empêche qu'aux élections suivantes, en 2010, le même homme, favori de Moscou et de l'importante minorité russophone établie à l'Est du Dniepr et en Crimée, réussit à se faire élire de façon régulière.

Comme si de rien n'était, Ianoukovitch poursuit les négociations engagées avec Bruxelles par son malchanceux prédécesseur Viktor Iouvchtchenko, en vue d'un rapprochement avec l'Union européenne. Mais il ne remédie pas aux déficiences de l'État, à la corruption endémique et au pouvoir de l'oligarchie issue des anciens cadres communistes. Celle-ci, à à l'image de sa propre famille, s'enrichit prodigieusement enrichie en pillant les ressources industrielles, agricoles et minières du pays.

Le peuple français dit non au traité constitutionnel

Au terme d'un débat démocratique d'une exceptionnelle vitalité, le peuple français rejette à une écrasante majorité (55%) le traité constitutionnel européen, pourtant encensé par la quasi-totalité des médias et de la classe dirigeante.

Le 2 juin suivant, le peuple hollandais rejette à son tour le traité. Il ne faudra que deux ans aux dirigeants français et européens pour remettre malgré tout le traité en selle sous le nom de « traité modificatif »... Sans doute est-ce la dernière fois que le peuple français a été consulté par référendum.

Inauguration du musée du quai Branly

Le 20 juin 2006 est inauguré le « musée du quai Branly » à Paris. Ce curieux musée, conçu par l'architecte Jean Nouvel, a été voulu par le président Jacques Chirac, que l'on dit amateur d'arts exotiques, primitifs ou « premiers ».

Crise des «subprimes»

Le 24 juin 2007 est annoncée la faillite de Queen's Walk, un fonds spéculatif de couverture («hedge funds») qui appartient à la puissante banque d'investissements américaine Bear Stearns. Ainsi le monde de la finance et l'opinion publique découvrent-ils la «crise des subprimes», prêts bancaires à taux évolutif accordés sans précaution à des ménages américains pauvres et virtuellement insolvables.

Comme la plupart des banques de la planète détiennent ces créances douteuses, la panique s'empare des marchés boursiers.

Le Kossovo se proclame indépendant

Lassé par les tergiversations de l'ONU et des démocraties occidentales, le président du Kossovo proclame unilatéralement l'indépendance de la province (10.000 km2 et 2 millions d'habitants dont 90% d'albanophones musulmans et 10% de Serbes orthodoxes). Plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne, reconnaissent le nouvel État. Mais la Russie proteste à l'unisson de la Serbie. Le spectre des guerres yougoslaves réapparaît. L'Espagne et d'autres pays occidentaux craignent que l'initiative kossovar ne donne des idées à leurs propres minorités.

Mort du dernier poilu français

Le 12 mars 2008 s'est éteint Lazare Ponticelli (110 ans), dernier « poilu » français de la Grande Guerre (1914-1918).

À cette occasion, l'historien Jean-Jacques Becker (né en 1928), spécialiste de la Grande Guerre et du XXe siècle, professeur émérite à l'Université de Paris-X Nanterre et président du centre de recherche de l'Historial de la Grande Guerre (Péronne), évoque pour nous les origines de la Grande Guerre de 14-18 et la signification qu'elle peut encore revêtir.

Retour des maoïstes au... Népal

Au Népal, l’élection d’une assemblée constituante donne la victoire à un parti qui se réfère au… maoïsme !

La première tâche de l’Assemblée, le 28 mai 2008, fut de liquider la monarchie. Cette institution ancestrale a été profondément déstabilisée par le massacre de la famille royale, le 1er juin 2001, par l’un des siens et l’arrivée sur le trône de l’actuel monarque, Gyanendra, réputé arrogant et impopulaire.

La guérilla maoïste a déposé les armes en 2006 à la condition que soit établie une République fédérale. Pour le Népal, l’avenir s’annonce incertain.

Dans ce petit pays de 147.000 km2 et 30 millions d’habitants (2012), en majorité hindouistes, au cœur de l’Himalaya, beaucoup de vallées pourraient être tentées d’échapper à la tutelle de Katmandou, la capitale.

Offensive géorgienne contre l'Ossétie du Sud

Le soir du 7 août 2008, tandis que le monde a les yeux rivés sur Pékin, où s'ouvrent les Jeux Olympiques, l'armée géorgienne entame le bombardement de la petite république séparatiste d'Ossétie du Sud.

La Russie intervient au secours des Ossètes. Le dimanche 10 août, elle bombarde le port géorgien de Poti et un aéroport militaire de la capitale Tbilissi. Son armée reprend le contrôle de l'Ossétie du Sud. Dès le lendemain 11 août, le président russe Dimitri Medvedev annonce la fin des opérations militaires, satisfait d'avoir atteint son but : la mise au pas de la Géorgie.

Le 12 août, tandis que les forces géorgiennes battent en retraite, Nicolas Sarkozy, président de l'Union européenne, se rend à Moscou et à Tbilissi pour officialiser le cessez-le-feu. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, le président géorgien Mikheïl Saakachvili, qui a péché par imprudence, reconnaît son échec et assume le retour de la Géorgie sous tutelle soviétique.

Ouverture des Jeux Olympiques de Pékin

Les 29e Jeux Olympiques ouvrent à Pékin le 8 août 2008 à 20h08 («Quadruple Huit», gage de prospérité pour les Chinois superstitieux !). Ces premiers Jeux chinois sont placés sous le signe du gigantisme : 42 milliards de dollars dépensés pour leur préparation, 100.000 personnes mobilisées pour leur sécurité, 90 chefs d’État présents dans la tribune pour la cérémonie d’ouverture.

Pour le régime de Pékin, ils incarnent avec éclat la modernité triomphante de la Chine, qui remporte 51 médailles d’or, et sa fierté retrouvée après un siècle d'humiliations de la part des Occidentaux et un siècle de guerres civiles et d'occupation étrangère (par le Japon).

Dix soldats français tués en Afghanistan

Dix soldats trouvent la mort dans une embuscade en Afghanistan. Ils faisaient partie du corps expéditionnaire français (3000 hommes). Tombés pour l'honneur de leur pays, ils ne seront hélas pas les derniers. Car il est exclu que la guerre d'Afghanistan aboutisse à une victoire des forces alliées engagées aux côtés des Américains... 

Faillite de Lehman Brothers

Inaugurée un an plus tôt, la «crise des subprimes» (créances douteuses sur l'immobilier) culmine le 15 septembre 2008 avec la mise en faillite de Lehman Brothers, le fleuron de Wall Street. Le gouvernement américain a refusé de l'aider afin de faire un exemple.

Mais trois jours plus tard, le Secrétaire du Trésor Henry Paulson annonce un plan massif de soutien au secteur bancaire pour éviter son effondrement, avec un crédit de 700 milliards de dollars. Il nationalise aussi AIG, autre banque puissante, pour lui éviter la faillite.

Les bourses de toute la planète connaissent néanmoins une très brutale chute des cours le 6 octobre 2008. C'est le début d'une longue crise qui affecte principalement l'Europe et les États-Unis.

L'Afrique des Grands Lacs en guerre

La ville de Goma, à l'est de la République démocratique du Congo (province du nord-Kivu), a été abandonnée par les troupes gouvernementales et occupée par les troupes de Laurent Nkunda, un rebelle congolais d'origine tutsie. La guerre n'en finit pas de ravager la région depuis le génocide du Rwanda, en 1994, malgré la présence sur place de plusieurs milliers de casques bleus de l'ONU. Elle aurait déjà provoqué 3 à 5 millions de morts violentes, sans compter les mutilations et les viols.

Attentats de Bombay

La capitale économique de l'Inde à feu et à sang pendant près de 60 heures ! Des terroristes sèment la terreur dans les deux plus luxueux hôtels de la ville : le Taj Mahal et l’Oberoi Trident, dans lesquels de nombreux touristes sont retenus en otage. Ce «11 septembre indien» (172 morts et plus de 300 blessés) réveille les tensions entre l’Inde et le Pakistan.

La jeunesse grecque se révolte

Le 6 décembre 2008, suite à la mort d'un adolescent de 15 ans, la jeunesse se soulève dans toutes les villes du pays. Elle manifeste son désespoir face à une classe dirigeante vieillissante, pourrie par la corruption et qui ne leur offre aucune perspective de mieux-être.

Les jeunes diplômés issus des classes moyennes et voués à des salaires de misère rejoignent les jeunes déshérités et avec eux enflamment les centres urbains. Cette jacquerie d'un nouveau genre rappelle irrésistiblement les prédictions de l'historien Emmanuel Todd dans son dernier essai, Après la démocratie (Fayard, 2008)...

Investiture d'Obama

Le 20 janvier 2009, la cérémonie d'investiture de Barack Hussein Obama, 44e président américain, a rassemblé environ 2 millions de personnes sur le Mall de Washington, ce qui en fait le plus important rassemblement de foule qui ait jamais eu lieu à ce jour aux États-Unis !...

Haïti frappée par un séisme

Haïti est frappée dans la nuit du 12 janvier 2010 par un séisme de force 7,3 sur l'échelle de Richter. Bilan effroyable : 250.000 morts, 300.000 blessés, 1,2 million de sans-abris...

La destruction quasi-totale de Port-au-Prince attire l'attention sur ce pays de dix millions d'habitants déjà affecté par la déforestation, le sida, l'analphabétisme, la misère et la corruption, dépourvu de structures étatiques et dont la bourgeoisie ignore ce que signifient l'«intérêt national» et le «bien public».

Un an plus tard, on constate avec effarement que les onze milliards de dollars d'aide promis par la communauté internationale (un record) se sont pour l'essentiel volatilisés ou perdus dans les poches de quelques hiérarques. Victime qui plus est du choléra introduit par des «Casques bleus» népalas, la population continue de s'en remettre à la bienveillance des humanitaires occidentaux et des organisations caritatives (ONG), qui ont fait de Haïti leur principal domaine d'intervention.

Les Jeux Olympiques d'hiver à Vancouver

Les premières compétitions sportives sur la neige ou la glace remontent à la fin du XIXe siècle.

L'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver à Vancouver, le 12 février 2010, avec plus de 80 nations participantes, une centaine de disciplines et près de 3.000 athlètes, témoigne du chemin parcouru par ces disciplines...

Homo sapiens convole avec Neanderthal

Dans une étude publiée par la revue Science le 7 mai 2010, le généticien suédois Svante Pääbo montre que des croisements auraient eu lieu au Proche-Orient entre les derniers hommes de Neanderthal et des homo sapiens venus d'Afrique, il y a 80.000 ans environ.

Les Neanderthaliens, présents en Eurasie depuis plus de 300.000 ans, se seraient en définitive éteints il y a 30.000 ans environ. Les fruits de leurs amours avec les homo sapiens se seraient toutefois répandus en Asie et en Europe, où on les connaît sous le nom de Cro-Magnon.

Des croisements entre les deux groupes résulterait la présence de 1 à 4% de gènes issus de Neanderthal dans le génome des Européens, des Asiatiques et des Océaniens actuels. Les Africains en seraient exempts du fait d'un lien exclusif avec l'homo sapiens, l'ancêtre commun de toute l'humanité.

Al-Qaida s'implante au Sahara

Le 22 juillet 2010, l'armée mauritanienne, assistée de militaires français, lance une attaque sur le territoire du Niger pour tenter de délivrer Michel Germaneau, un humanitaire français de 78 ans enlevé le 19 avril précédent par des bandits. Deux jours plus tard, l'un des bandits, l'Algérien Abou Zeïd, annonce la mort de l'otage. On ne sait s'il a été exécuté à la faveur de l'attaque ou est mort par manque de soins.

Le 22 septembre 2010, les bandits, qui se présentent sous le label Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), récidivent en enlevant cinq Français, un Togolais et un Malgache à Arlit, au nord du Niger, où la société française Areva exploite un gisement d'uranium. Ils présentent leur acte comme une réplique à la mort de sept des leurs dans l'attaque franco-mauritanienne.

Le 8 janvier 2011, d'autres bandits se revendiquant également d'AQMI enlèvent deux jeunes Français dans un restaurant de Niamey, la capitale du Niger. Les deux Français sont exécutés lors d'une attaque lancée par l'armée nigérienne, assistée de militaires français.

Ainsi le Sahara est-il en passe de devenir le nouveau champ d'action de la nébuleuse Al-Qaida, laquelle peinait à survivre dans son refuge des confins pakistano-afghans...

Révolution tunisienne

Le 14 janvier 2011, en Tunisie, trois semaines après qu'un marchand ambulant se soit immolé par le feu en guise de protestation contre le régime policier et voleur du président Ben Ali, celui-ci s'enfuit piteusement en avion vers l'Arabie séoudite, emmenant avec lui sa famille et ses trésors.

C'est la première étape d'une révolution démocratique et sociale, la première qu'ait jamais connue le monde arabe...

Séisme de Sendai et accident nucléaire de Fukushima

Le 11 mars 2011, à 14h26, un tremblement de terre d'une magnitude 9 sur l'échelle de Richter (la plus forte amplitude servant de mesure) a lieu au large de Sendai, au nord-est de l'île de Honshu (Japon). Elle provoque des dégâts considérables et fait plusieurs milliers de victimes dans la préfecture de Fukushima.

La catastrophe est amplifiée par un impressionnant tsunami qui balaye les côtes 10 minutes seulement après les premières secousses, endommageant gravement plusieurs villes comme Ishinomaki, Natori ou encore Okuma.

Dans cette ville, le risque nucléaire s'ajoute à la désolation car la centrale atomique, construite au bord de la mer, est balayée par le raz-de-marée qui met hors circuit les circuits de refroidissements de plusieurs réacteurs. Des fuites radioactives sont constatées et un nuage se propage dans l'atmosphère, provoquant un début de panique dans la population.

Cette double catastrophe est sans doute la plus grave qu'ait jamais connue le Japon, justifiant une intervention exceptionnelle de l'Empereur Akihito. Le Premier ministre Naoto Kan et son administration se voient reprocher l'opacité de l'information et la lenteur de leurs réactions.

Mariage de Kate et William

Le 29 avril 2011, le prince William, petit-fils de la reine Elisabeth II et futur roi d'Angleterre, doit épouser la jeune Kate Middleton devant des milliards de téléspectateurs, dans la légendaire cathédrale de Westminster.

Il inscrira ainsi ses pas dans ceux de ses illustres prédécesseurs, qui furent couronnés, unis ou enterrés sur les bords de la Tamise. Larmes, grandeur, bonheur et magnificence : il est rare qu'un monument concentre autant d'émotions en ses murs...

Béatification de Jean-Paul II

Le 1er mai 2011, sur la place Saint-Pierre de Rome, doit se dérouler la messe de béatification de Karol Wojtyla, pape sous le nom de Jean-Paul II, de 1978 à 2005.

Le nouveau « Bienheureux » sera peut-être, un jour prochain, également canonisé et inscrit au catalogue des Saints. Ce sera l'aboutissement d'un processus complexe dont l'Église catholique a le secret, même si elle n'a pas le monopole de la sainteté.

Naissance du Sud-Soudan

Le 9 juillet 2011 est officiellement né le Sud-Soudan, 193e État des Nations Unies et 50e État africain (capitale : Juba ou Djouba)...

Les États-Unis rattrapés par la dette

Le vendredi 5 août 2011, la note de la dette publique américaine a été dégradée par l'agence Standard & Poor's.

Ce fait sans précédent témoigne des doutes des marchés financiers sur la capacité du président Obama et du Congrès à freiner la croissance irrésistible de la dette publique, laquelle s'élève à plus de 14000 milliards de dollars et dépasse désormais le Produit intérieur brut (PIB) américain.

Les Américains voient s'éloigner l'époque bénie durant laquelle ils ont pu vivre à crédit, grâce aux émissions de dollars destinées à financer notamment les entreprises militaires de Waashington.

L'année précédente, pour la première fois depuis la naissance de la nation américaine, l'espérance de vie de ses habitants a connu une baisse. Et depuis deux ou trois ans, avec une croissance économique en progression moins rapide que la croissance démographique, la population étasunienne voit aussi son niveau de vie moyen régresser. Cette régression est d'autant plus sévère qu'elle va de pair avec une progression toujours très rapide des revenus de l'oligarchie. L'appauvrissement des classes moyennes n'en est que plus important.

La mort de Kadhafi clôt le «printemps arabe»

Kadhafi et le dernier carré de ses fidèles ont résisté à Syrte jusqu'à ce qu'une attaque aérienne de l'OTAN frappe la ville natale du dicateur libyen, le 20 octobre 2011. Blessé et traqué, Kadhafi est finalement abattu par ses ennemis. C'est pour la Libye le début d'une nouveau cauchemar...

Naufrage du Concordia

Le 13 janvier 2012, dans la nuit, le Costa Concordia s'échoue sur un récif près de l'île du Giglio (Toscane). Le commandant de bord Francesco Schettino voulait s'offrir une «parade» comme on en voit dans le film de Federico Fellini, Amarcord (1973).

L'échouage de ce somptueux paquebot de croisière avec à son bord 4200 passagers et hommes d'équipage se solde par la mort de trente-deux personnes. Le commandant, bellâtre déconfit, se disqualifie par sa couardise pendant les opérations de secours. Deux mois après l'éviction de Silvio Berlusconi de la présidence du Conseil, ce scandaleux comportement achève de consterner les Italiens…

Amarcord (Fellini, 1973)

Insurrection touarègue au Mali

Le 6 avril 2012, le mouvement des rebelles touarègues (le MNLA) déclarait unilatéralement l’indépendance de l’État d’Azawad au nord du Mali.

Les médias ont mis en avant la composante islamiste en rappelant la contribution d’AQMI dans ces opérations et en faisant le lien avec les événements survenus en Libye ; ce faisant, l’origine profonde du conflit, qui trouve ses racines jusque dans l’Histoire précoloniale, a été souvent occultée.

Élection de François Hollande

Le 6 mai 2012, les électeurs français ont à choisir entre le président sortant Nicolas Sarkozy et  son rival socialiste François Hollande. Ils élisent le second avec 51,64% des voix, un résultat en définitive très modeste.

Quand François Hollande est adoubé à l'automne 2011 par les sympathisants socialistes, sa victoire ne fait pas de doute tant est grande l'impopularité de Nicolas Sarkozy, donné battu avec dix points d'écart. En définitive, les sondages à la sortie des urnes montrent que François Hollande ne l'a emporté que grâce au vote massif en sa faveur, à plus de 80%, des «minorités visibles» (outre-mer, Africains, musulmans).

C'est tout le contraire de la précédente alternance, en 1981. Le président sortant Giscard d'Estaing était alors donné très largement vainqueur, au point que le comique Coluche (Michel Colucci) s'était porté candidat pour pimenter un tant soit peu la campagne...

Massacre de Marikana

Le 16 août 2012, en Afrique du Sud, à Marikana, à l'ouest de Pretoria, des mineurs d'une mine de platine manifestent pour des augmentations de salaires et des conditions de travail plus dignes. La police tire. On compte 34 morts.

C'est la consternation dans le pays, où l'on constate que l'accession de la majorité noire au pouvoir n'a pas remédié à la fracture sociale.

Les masses laborieuses se détournent du gouvernement et des syndicats, gangrénés par la corruption et le népotisme. Les investisseurs étrangers quittent sur la pointe des pieds un pays où l'insécurité et les inégalités battent des records mondiaux... L'après-Mandela s'annonce rude.

La Palestine entre à l'ONU comme État non membre

Le drapeau de l'Autorité palestinienne65 ans jour pour jour après le partage de la Palestine par l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies, celle-ci accorde à l'Autorité Palestinienne présidée par Mahmoud Abbas le statut d'État observateur non membre, à l'instar du Saint-Siège.

le 29 novembre 1947, l'ONU votait le partage de la Palestine, alors sous mandat britannique, en trois entités : un État hébreu (Israël) et un État palestinien, Jérusalem étant placé sous contrôle international. Les pays arabes ayant refusé ce plan, il allait s'ensuivre quatre guerres et une tension constante entre Israël et ses voisins.

En ce 29 novembre 2012, tandis que l'enclave palestinienne de Gaza est tombée sous la coupe du parti extrémiste Hamas, la Cisjordanie, dirigée par le Fatah, un parti plus conciliant, accède à un début de reconnaissance internationale. Cette décision devrait normalement rapprocher la région de la paix. Mais elle risque aussi d'approfondir un peu plus le fossé entre la Palestine traditionnelle (la Cisjordanie) et le prolétariat de Gaza.

Shinzō Abe relance l'économie japonaise

Petit-fils d'un Premier ministre et fils d'un ministre des Affaires étrangères, Shinzō Abe (58 ans) est revenu au pouvoir le 26 décembre 2012, après une première primature décevante d'un an, en 2006-2007.

Soutenu par une majorité libérale-démocrate dans les deux chambres du Parlement, affichant un programme d'inspiration nationaliste, le Premier ministre a aussitôt inauguré une série de grandes réformes destinées à sortir le Japon du marasme dans lequel il se traîne depuis 1989.

Notons tout de même que le pays, en dépit de ce marasme et de son asthénie démographique (très faible fécondité), conserve une base industrielle solide, une population bien formée et une balance commerciale équilibrée. Sa dette publique, quoique exceptionnellement élevée (250% du PIB), est entièrement souscrite par des Japonais, ce qui oblige ces derniers à faire preuve de solidarité envers l'État.

Surnommées « Abenomics », les réformes de Shinzō Abe se caractérisent en premier lieu par des injections de liquidités destinées à combattre la déflation (baisse des prix), affaiblir le yen et relancer les exportations (on peut à ce propos évoquer une « dévaluation compétitive » dans la mesure où la balance commerciale du Japon est déjà équilibrée et ne justifie pas un tel coup de pouce).

Le Premier ministre a aussi injecté l'équivalent de 70 milliards d'euros en un an dans le secteur de la construction.

Cette politique a eu un début de réussite (croissance &conomique : + 1,1%/an) mais elle a été très vite entravée par le manque de dynamisme ambiant. Le pays est peut-être en train de renouer avec la tradition de repli de l'ère Tokugawa.

Steven Spielberg

Naissance le 18 décembre 1947 à Cincinnati (Ohio, États-Unis)

Nicolas Sarkozy

Naissance le 28 janvier 1955 à Paris

Steve Jobs

Naissance le 24 février 1955 à San Francisco (États-Unis)
Décès le 5 octobre 2011 à Palo Alto (États-Unis)

Louise Brown

Naissance le 25 juillet 1979 à Londres (Angleterre)
1945
1946
1947
1948
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2010
2011
2012
| 17 jan. 1945 : Les Soviétiques entrent à Varsovie
| 27 jan. 1945 : Libération du camp d'Auschwitz-Birkenau
| 30 jan. 1945 : Le torpillage du Wilhelm Gustloff
| 4 fév. 1945 : Conférence de Yalta
| 11 fév. 1945 : Fin de la conférence de Yalta
| 14 fév. 1945 : Dresde réduite en cendres
| 9 mars 1945 : Les Japonais s'emparent de l'Indochine
| 19 mars 1945 : Les Français pénètrent en Allemagne
| 9 avr. 1945 : Le pasteur Dietrich Bonhoeffer assassiné
| 10 avr. 1945 : Les Soviétiques libèrent Vienne
| 25 avr. 1945 : Conférence de San Francisco
| 28 avr. 1945 : Exécution de Mussolini
| 29 avr. 1945 : Les Françaises votent pour la première fois
| 30 avr. 1945 : Suicide de Hitler
| 8 mai 1945 : Répression sanglante à Sétif
| 8 mai 1945 : Capitulation allemande
| 25 juin 1945 : Conférence de Simla
| 26 juin 1945 : Fondation de l'ONU
| 16 juil. 1945 : Première explosion atomique à Los Alamos
| 17 juil. 1945 : Conférence de Potsdam
| 2 août 1945 : Fin de la conférence de Potsdam
| 6 août 1945 : Une bombe atomique sur Hiroshima !
| 7 août 1945 : L'URSS déclare la guerre au Japon
| 9 août 1945 : Une bombe atomique sur Nagasaki
| 10 août 1945 : Les Vietnamiens se soulèvent contre les Japonais
| 17 août 1945 : La « Grande Muette » vote !
| 2 sep. 1945 : Capitulation du Japon
| 15 oct. 1945 : Laval fusillé à Fresnes
| 17 oct. 1945 : Jour de gloire pour Perón et Evitá
| 29 nov. 1945 : Tito au pouvoir en Yougoslavie
| 20 jan. 1946 : De Gaulle s'en va !
| 5 mars 1946 : Début de la guerre froide
| 6 mars 1946 : Accord Hô Chi Minh-Sainteny
| 18 mars 1946 : procès du docteur Petiot
| 19 mars 1946 : La République française prend des couleurs
| 13 avr. 1946 : Marthe Richard ferme les « maisons closes »
| 2 juin 1946 : Naissance de la République italienne
| 16 juin 1946 : De Gaulle et le discours de Bayeux
| 22 juil. 1946 : Attentat de l'hôtel du Roi David
| 16 août 1946 : Jinnah impose la création du Pakistan
| 20 sep. 1946 : Première édition du festival de Cannes
| 1 oct. 1946 : Verdict du procès de Nuremberg
| 19 déc. 1946 : Première guerre d'Indochine
| 16 jan. 1947 : Vincent Auriol président de la République
| 29 mars 1947 : Révolte à Madagascar
| 5 juin 1947 : Le plan Marshall
| 10 juil. 1947 : L'Exodus défie la loi anglaise
| 7 août 1947 : Arrivée triomphale du Kon Tiki en Polynésie
| 15 août 1947 : Indépendance de l'Inde et du Pakistan
| 20 nov. 1947 : La future Élizabeth II se marie
| 4 jan. 1948 : Indépendance de la Birmanie
| 21 jan. 1948 : Un drapeau pour le Québec
| 4 fév. 1948 : Indépendance de Ceylan
| 25 fév. 1948 : Le coup de Prague
| 9 avr. 1948 : Massacre de Deir Yassin
| 14 mai 1948 : Indépendance d'Israël
| 24 juin 1948 : Le blocus de Berlin
| 29 juin 1948 : Le yougoslave Tito excommunié par le Kominform
| 21 sep. 1948 : Marcel Cerdan champion de boxe
| 10 déc. 1948 : Déclaration universelle des droits de l'homme
| 20 jan. 1949 : Émergence du « sous-développement »
| 24 jan. 1949 : Kravchenko dénonce le système stalinien
| 4 avr. 1949 : Fondation de l'OTAN
| 20 mai 1949 : Schoelcher et Éboué au Panthéon
| 10 juin 1949 : 1984, une fiction très actuelle
| 23 sep. 1949 : Première bombe atomique soviétique
| 1 oct. 1949 : Proclamation de la Chine populaire
| 7 oct. 1949 : Naissance de la RDA
| 16 oct. 1949 : La guerre civile grecque prend fin
| 1 déc. 1949 : Les Français en finissent avec le rationnement
| 8 déc. 1949 : Tchang Kai-chek se réfugie à Formose
| 26 jan. 1950 : L'Union indienne devient une République
| 9 fév. 1950 : Le maccarthysme à l'oeuvre
| 11 fév. 1950 : Les Français découvrent le salaire minimum
| 5 mai 1950 : Couronnement de Rama IX à Bangkok
| 9 mai 1950 : La Communauté européenne du charbon et de l'acier
| 25 juin 1950 : Début de la guerre de Corée
| 7 oct. 1950 : Les Chinois réoccupent le Tibet
| 8 sep. 1951 : Traité de San Francisco
| 8 mars 1952 : Le miracle Pinay
| 23 juil. 1952 : Fin de la monarchie en Égypte
| 3 déc. 1952 : Procès Slansky à Prague
| 13 jan. 1953 : Le « complot des blouses blanches »
| 9 fév. 1953 : Naissance du Livre de Poche
| 5 mars 1953 : Staline et Prokofiev s'éteignent à Moscou
| 25 avr. 1953 : Crick et Watson révèlent l'ADN
| 29 mai 1953 : Hillary et Tenzing sur le Toit du monde
| 17 juin 1953 : Insurrection ouvrière à Berlin-Est
| 18 juin 1953 : L'Égypte devient une République
| 19 juin 1953 : Les Rosenberg sont exécutés
| 27 juil. 1953 : Armistice de Panmunjon
| 19 août 1953 : Renversement de Mossadegh en Iran
| 20 août 1953 : Le sultan du Maroc est déposé
| 7 sep. 1953 : Singing in the rain
| 7 oct. 1953 : Inauguration de Chandigarh
| 16 jan. 1954 : René Coty président de la République
| 1 fév. 1954 : Appel de l'abbé Pierre
| 3 fév. 1954 : Siège de Diên Biên Phu
| 25 fév. 1954 : Nasser au pouvoir
| 13 mars 1954 : Giap à l'assaut de Diên Bên Phu
| 7 avr. 1954 : La « théorie des dominos »
| 10 avr. 1954 : Création de la TVA
| 26 avr. 1954 : Conférence de Genève
| 7 mai 1954 : Capitulation de Diên Biên Phu
| 17 mai 1954 : Ségrégation inconstitutionnelle
| 27 juin 1954 : La CIA renverse Arbenz au Guatemala
| 4 juil. 1954 : Le «miracle de Berne»
| 21 juil. 1954 : Accords de Genève sur l'Indochine
| 24 août 1954 : Suicide du président brésilien Getúlio Vargas
| 23 sep. 1954 : Brassens à l'Olympia
| 1 nov. 1954 : « Toussaint rouge » en Algérie
| 2 déc. 1954 : Liquidation du maccarthysme
| 18 avr. 1955 : Le tiers monde se réunit à Bandoeng
| 14 mai 1955 : création du Pacte de Varsovie
| 20 août 1955 : Émeutes à Philippeville
| 19 sep. 1955 : Destitution de Peron en Argentine
| 30 sep. 1955 : Mort de James Dean
| 1 déc. 1955 : Arrestation de Rosa Parks
| 9 déc. 1955 : Adoption du drapeau européen
| 12 jan. 1956 : Poujade sème la panique
| 24 fév. 1956 : Rapport de Khrouchtchev au XXe Congrès
| 2 mars 1956 : Indépendance du Maroc
| 7 mars 1956 : Le procès de « l'affaire des fuites »
| 20 mars 1956 : La Tunisie retrouve son indépendance
| 19 avr. 1956 : À Monaco, Grace dit oui à Rainier
| 28 juin 1956 : Réforme administrative de l'Algérie
| 29 juin 1956 : Marylin Monroe épouse le dramaturge Arthur Miller
| 26 juil. 1956 : Le coup de Nasser
| 26 juil. 1956 : Fidel Castro attaque la caserne de la Moncada
| 28 sep. 1956 : Les Kilowatts de Marcoule
| 22 oct. 1956 : La chasse française arraisonne l'avion des rebelles algériens
| 23 oct. 1956 : Budapest se soulève au nom de la Liberté
| 4 nov. 1956 : Les chars soviétiques entrent dans Budapest
| 5 nov. 1956 : Les parachutistes franco-britanniques sautent sur Suez
| 6 nov. 1956 : L'expédition de Suez tourne au fiasco
| 15 nov. 1956 : « Love me tender »
| 22 nov. 1956 : Les JO de Melbourne et la victoire d'Alain Mimoun au marathon
| 28 déc. 1956 : Et Dieu créa... Bardot
| 7 jan. 1957 : Début de la bataille d'Alger
| 6 mars 1957 : Indépendance de la Gold Coast (Ghana)
| 25 mars 1957 : La Communauté Économique Européenne
| 4 oct. 1957 : Lancement du premier satellite artificiel
| 22 oct. 1957 : François Duvalier accède au pouvoir à Haïti
| 10 déc. 1957 : Albert Camus Prix Nobel de littérature
| 13 mai 1958 : Alger se révolte
| 4 juin 1958 : De Gaulle : « Je vous ai compris »
| 29 juil. 1958 : Création de la NASA
| 28 sep. 1958 : Référendum sur la Constitution de la Ve République
| 30 sep. 1958 : Le « plan Pinay-Rueff »
| 2 oct. 1958 : Sékou Touré proclame l'indépendance de la Guinée
| 28 oct. 1958 : Élection du pape Jean XXIII
| 21 déc. 1958 : De Gaulle Président !
| 1 jan. 1959 : Fidel Castro chasse Batista
| 10 jan. 1959 : Les « ballets roses » de la République
| 10 mars 1959 : Révolte des Tibétains
| 16 sep. 1959 : Droit des Algériens à l'autodétermination
| 29 oct. 1959 : Pilote en kiosque
| 15 nov. 1959 : Congrès de Bad-Godesberg
| 2 déc. 1959 : Catastrophe de Malpasset
| 31 déc. 1959 : Loi Debré sur l'enseignement privé
| 1 jan. 1960 : Le Cameroun ouvre le bal des indépendances africaines
| 29 fév. 1960 : Tremblement de terre d'Agadir
| 4 avr. 1960 : L'indépendance tranquille du Sénégal
| 21 avr. 1960 : Brasilia capitale du Brésil
| 1 mai 1960 : Un avion-espion abattu au-dessus de l'URSS
| 3 mai 1960 : Mise en vente de la pilule
| 7 août 1960 : La Côte d'Ivoire devient indépendante
| 16 août 1960 : Indépendance de Chypre
| 5 sep. 1960 : Procès du « réseau Jeanson »
| 4 jan. 1961 : Les États-Unis rompent avec Castro
| 17 jan. 1961 : Disparition de Patrice Lumumba
| 11 avr. 1961 : Ouverture du procès d'Adolf Eichman
| 12 avr. 1961 : Un homme dans l'espace !
| 17 avr. 1961 : Débarquement dans la Baie des Cochons
| 21 avr. 1961 : Putsch d'Alger
| 12 août 1961 : Construction du Mur de la honte à Berlin
| 18 sep. 1961 : Mort tragique de Dag Hammarskjold
| 17 oct. 1961 : Nuit tragique à Paris
| 17 déc. 1961 : L'Inde s'empare de Goa
| 8 fév. 1962 : Drame au métro Charonne (Paris)
| 20 fév. 1962 : John Glenn fait le tour de la Terre
| 18 mars 1962 : Accords d'Évian
| 19 mars 1962 : Cessez-le-feu en Algérie
| 26 mars 1962 : Fusillade de la rue d'Isly
| 5 juil. 1962 : Le massacre d'Oran
| 8 juil. 1962 : Adenauer et de Gaulle à Reims
| 22 août 1962 : Attentat du Petit-Clamart
| 11 oct. 1962 : Ouverture du concile Vatican II
| 22 oct. 1962 : Ultimatum de Kennedy à Khrouchtchev
| 28 oct. 1962 : Référendum sur l'élection du Président
| 22 jan. 1963 : Traité d'amitié franco-allemand ou traité de l'Élysée
| 11 mars 1963 : Dernière exécution politique en France
| 22 mars 1963 : Scandale Profumo
| 28 août 1963 : Luther King à Washington
| 11 oct. 1963 : La France pleure Édith Piaf et Jean Cocteau
| 22 nov. 1963 : Assassinat de Kennedy à Dallas
| 26 avr. 1964 : Création de la Tanzanie
| 15 déc. 1964 : Une feuille d'érable pour le Canada
| 19 déc. 1964 : Jean Moulin au Panthéon
| 30 jan. 1965 : Funérailles de Churchill
| 7 fév. 1965 : Bombardement du Nord-Vietnam
| 30 sep. 1965 : Renversement de Soekarno
| 29 juin 1966 : Premiers raids américains sur Hanoï
| 18 août 1966 : Révolution culturelle
| 26 août 1966 : Le chef des Frères musulmans pendu
| 29 août 1966 : Dernier concert des Beatles
| 26 nov. 1966 : Inauguration de l'usine marémotrice de la Rance
| 18 mars 1967 : Échouage du Torrey Canyon
| 21 avr. 1967 : Coup d'État militaire en Grèce
| 30 mai 1967 : Le Biafra fait sécession du Nigeria
| 5 juin 1967 : La guerre des Six Jours
| 24 juil. 1967 : De Gaulle : « Vive le Québec libre ! »
| 8 oct. 1967 : Ernesto « Che » Guevara arrêté en Bolivie
| 3 déc. 1967 : Première greffe du coeur
| 27 jan. 1968 : Fin de la Révolution culturelle
| 30 jan. 1968 : Offensive du Têt au Sud-Vietnam
| 16 mars 1968 : Le massacre de My Lai
| 4 avr. 1968 : Assassinat de Martin Luther King
| 3 mai 1968 : La police évacue la Sorbonne
| 13 mai 1968 : Manifestation contre de Gaulle
| 5 juin 1968 : Attentat mortel contre Robert Kennedy
| 31 juil. 1968 : Le Baas au pouvoir à Bagdad
| 21 août 1968 : Invasion de la Tchécoslovaquie
| 28 sep. 1968 : Caetano remplace Salazar à la tête du Portugal
| 2 oct. 1968 : Massacre de Tlatelolco (Mexico)
| 17 oct. 1968 : Révolte noire aux JO de Mexico
| 16 jan. 1969 : Ian Pallach s'immole par le feu à Prague
| 5 fév. 1969 : Yasser Arafat prend la tête de l'OLP
| 27 avr. 1969 : Démission du président de Gaulle
| 15 juin 1969 : Pompidou président de la République
| 20 juil. 1969 : On a marché sur la Lune
| 15 août 1969 : le festival de Woodstock
| 1 sep. 1969 : Kadhafi renverse le roi Idriss Ier
| 2 sep. 1969 : Prémices du réseau internet
| 1 oct. 1969 : Premier vol de Concorde
| 1 mars 1970 : Les Rhodésiens blancs proclament leur indépendance
| 4 sep. 1970 : Allende président du Chili
| 5 oct. 1970 : « Crise d'octobre »
| 9 nov. 1970 : Mort du général de Gaulle
| 7 déc. 1970 : Willy Brandt à genoux à Varsovie
| 17 avr. 1971 : Indépendance du Bangladesh
| 5 juil. 1971 : Le scandale de la Garantie foncière
| 15 août 1971 : Fin de la convertibilité du dollar
| 15 nov. 1971 : Naissance du microprocesseur
| 30 jan. 1972 : «Bloody Sunday» en Irlande du Nord
| 21 fév. 1972 : Rencontre entre Mao et Nixon
| 6 avr. 1972 : L'affaire criminelle de Bruay-en-Artois
| 5 sep. 1972 : Les Jeux Olympiques de Munich endeuillés
| 27 jan. 1973 : Accords de Paris sur le Viêt-nam
| 11 sep. 1973 : Mort tragique de Salvador Allende
| 6 oct. 1973 : La guerre du Kippour et ses armes
| 17 oct. 1973 : Premier choc pétrolier
| 7 jan. 1974 : Les Britanniques instaurent la semaine de trois jours
| 29 mars 1974 : Découverte du tombeau du Premier Empereur
| 2 avr. 1974 : Mort du président Georges Pompidou
| 25 avr. 1974 : La Révolution des oeillets
| 19 mai 1974 : Élection de Valéry Giscard d'Estaing
| 15 juil. 1974 : Coup d'État à Chypre et intervention de la Turquie
| 8 août 1974 : Démission de Richard Nixon
| 30 nov. 1974 : Découverte de Lucy
| 19 déc. 1974 : Le dernier voyage du paquebot France
| 22 déc. 1974 : Les Comores indépendantes, Mayotte française
| 13 avr. 1975 : Guerre civile au Liban
| 13 avr. 1975 : Coup d'État au Tchad
| 17 avr. 1975 : Les Khmers rouges vident Phnom Penh de ses habitants
| 30 avr. 1975 : Capitulation du Sud-Vietnam
| 1 août 1975 : Acte final de la conférence d'Helsinki
| 22 août 1975 : La Corse ensanglantée
| 20 nov. 1975 : Mort de Franco
| 7 déc. 1975 : L'Indonésie envahit Timor-Est
| 24 mars 1976 : Une junte prend le pouvoir à Buenos Aires
| 31 jan. 1977 : Inauguration du Centre Pompidou
| 22 nov. 1977 : Paris-New York en Concorde
| 23 jan. 1978 : enlèvement du baron Empain
| 16 mars 1978 : Les Brigades Rouges enlèvent Aldo Moro
| 27 avr. 1978 : Coup d'État à Kaboul
| 19 mai 1978 : Les paras sautent sur Kolwezi
| 8 sep. 1978 : Le chah fait tirer sur la foule
| 17 sep. 1978 : accord israélo-égyptien de Camp David
| 16 oct. 1978 : Élection du pape Jean-Paul II
| 16 jan. 1979 : Le chah d'Iran s'enfuit de Téhéran
| 1 fév. 1979 : Retour de Khomeyni à Téhéran
| 3 mai 1979 : Margaret Thatcher est élue premier ministre
| 27 août 1979 : Assassinat de Lord Mountbatten
| 4 nov. 1979 : Prise d'otages à Téhéran
| 24 déc. 1979 : Premier lancement de la fusée Ariane
| 27 déc. 1979 : Les Soviétiques envahissent l'Afghanistan
| 31 août 1980 : Accords de Gdansk
| 22 sep. 1980 : L'Irak de Saddam Hussein attaque l'Iran
| 8 déc. 1980 : Assassinat de John Lennon
| 10 mai 1981 : Mitterrand président de la République
| 13 mai 1981 : Attentat contre Jean-Paul II
| 5 juin 1981 : Révélation du Sida
| 18 sep. 1981 : La France abolit la peine de mort
| 6 oct. 1981 : Anouar el-Sadate meurt en plein triomphe
| 13 déc. 1981 : État de guerre en Pologne
| 6 juin 1982 : Israël déclenche la guerre du Liban
| 14 juin 1982 : Londres reconquiert les Malouines
| 9 août 1982 : Attentat de la rue des Rosiers
| 10 nov. 1982 : mort de Leonid Brejnev et agonie de l'URSS
| 20 jan. 1983 : Mitterrand devant le Bundestag
| 23 oct. 1983 : Double attentat à Beyrouth
| 31 oct. 1984 : Assassinat d'Indira Gandhi
| 11 mars 1985 : Gorbatchev à la tête de l'URSS
| 22 sep. 1985 : Accords monétaires du Plaza
| 28 jan. 1986 : Explosion de Challenger
| 28 fév. 1986 : Assassinat d'Olof Palme
| 26 avr. 1986 : Explosion de Tchernobyl
| 22 juin 1986 : Maradona venge l'Argentine de la défaite des Malouines
| 4 oct. 1986 : Achèvement du Plan Delta
| 15 oct. 1987 : Assassinat du président burkinabé Thomas Sankara
| 7 nov. 1987 : Bourguiba déposé par Ben Ali
| 16 mars 1988 : Gaz mortels à Halabja
| 14 avr. 1988 : Les Soviétiques se retirent d'Afghanistan
| 8 mai 1988 : Réélection de François Mitterrand
| 23 juin 1988 : James Hansen planche sur le réchauffement climatique
| 20 août 1988 : Fin de la guerre Irak-Iran
| 15 nov. 1988 : Yasser Arafat annonce la création d'un État palestinien
| 13 mars 1989 : Tim Berners-Lee invente le World Wide Web
| 4 juin 1989 : Massacre des étudiants sur la place Tien An Men
| 28 juin 1989 : Milovesic enflamme les Serbes
| 9 nov. 1989 : Le Mur de la honte s'écroule
| 11 fév. 1990 : Libération de Nelson Mandela
| 12 juin 1990 : La Russie se proclame souveraine au sein de l'URSS
| 20 juin 1990 : Discours de La Baule
| 12 sep. 1990 : Traité 2+4 ou traité de Moscou
| 3 oct. 1990 : L'Allemagne réunifiée
| 14 déc. 1990 : « Droit d'ingérence humanitaire »
| 16 déc. 1990 : Aristide président d'Haïti
| 17 jan. 1991 : Opération Tempête du désert
| 24 août 1991 : Indépendance de l'Ukraine
| 21 déc. 1991 : L'URSS décède à seulement 69 ans.
| 7 fév. 1992 : Le traité de Maastricht
| 6 avr. 1992 : Bombardement de Sarajevo
| 29 juin 1992 : Assassinat de Mohamed Boudiaf (vidéo)
| 1 jan. 1993 : Naissance de la Slovaquie
| 1 jan. 1993 : Entrée en vigueur du Marché unique
| 13 sep. 1993 : Signature des accords d'Oslo
| 11 jan. 1994 : Dévaluation du franc CFA
| 18 jan. 1994 : Berlusconi change l'Italie
| 6 avr. 1994 : Génocide au Rwanda
| 15 avr. 1994 : Fondation de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC)
| 6 mai 1994 : Inauguration du tunnel sous la Manche
| 10 mai 1994 : Mandela président de l'Afrique du Sud
| 18 déc. 1994 : Découverte des peintures paléolithiques de Chauvet-Pont d'Arc
| 7 juil. 1995 : Massacre de Srebrenica
| 27 mars 1996 : Enlèvement des moines de Tibéhirine
| 28 mai 1996 : Fin de la conscription en France
| 9 déc. 1998 : Une femme à la tête de la Suisse
| 12 oct. 1999 : Six milliards d'hommes sur la Terre
| 24 déc. 1999 : Coup d'État en Côte d'Ivoire
| 24 sep. 2000 : Référendum sur le quinquennat en France
| 19 juil. 2001 : Découverte de Toumaï
| 11 sep. 2001 : Attentats à New York et Washington
| 7 oct. 2001 : « Guerre contre le terrorisme » en Afghanistan
| 1 jan. 2002 : L'euro, une nouvelle monnaie pour l'Europe
| 9 août 2002 : La « Vénus hottentote » inhumée en Afrique du Sud
| 10 sep. 2002 : La Suisse entre à l'ONU
| 16 mars 2003 : Sommet des Açores
| 20 mars 2003 : Liberté pour l'Irak
| 9 avr. 2003 : Entrée des Américains à Bagdad
| 21 nov. 2004 : «Révolution orange» à Kiev
| 29 mai 2005 : Le peuple français dit non au traité constitutionnel
| 20 juin 2006 : Inauguration du musée du quai Branly
| 24 juin 2007 : Crise des «subprimes»
| 17 fév. 2008 : Le Kossovo se proclame indépendant
| 12 mars 2008 : Mort du dernier poilu français
| 10 avr. 2008 : Retour des maoïstes au... Népal
| 7 août 2008 : Offensive géorgienne contre l'Ossétie du Sud
| 8 août 2008 : Ouverture des Jeux Olympiques de Pékin
| 18 août 2008 : Dix soldats français tués en Afghanistan
| 15 sep. 2008 : Faillite de Lehman Brothers
| 29 oct. 2008 : L'Afrique des Grands Lacs en guerre
| 27 nov. 2008 : Attentats de Bombay
| 6 déc. 2008 : La jeunesse grecque se révolte
| 20 jan. 2009 : Investiture d'Obama
| 12 jan. 2010 : Haïti frappée par un séisme
| 12 fév. 2010 : Les Jeux Olympiques d'hiver à Vancouver
| 7 mai 2010 : Homo sapiens convole avec Neanderthal
| 22 juil. 2010 : Al-Qaida s'implante au Sahara
| 14 jan. 2011 : Révolution tunisienne
| 11 mars 2011 : Séisme de Sendai et accident nucléaire de Fukushima
| 29 avr. 2011 : Mariage de Kate et William
| 1 mai 2011 : Béatification de Jean-Paul II
| 9 juil. 2011 : Naissance du Sud-Soudan
| 5 août 2011 : Les États-Unis rattrapés par la dette
| 20 oct. 2011 : La mort de Kadhafi clôt le «printemps arabe»
| 13 jan. 2012 : Naufrage du Concordia
| 6 avr. 2012 : Insurrection touarègue au Mali
| 6 mai 2012 : Élection de François Hollande
| 16 août 2012 : Massacre de Marikana
| 29 nov. 2012 : La Palestine entre à l'ONU comme État non membre
| 26 déc. 2012 : Shinzō Abe relance l'économie japonaise
| 18 déc. 1947 : naissance de Steven Spielberg
| 28 jan. 1955 : naissance de Nicolas Sarkozy
| 24 fév. 1955 : naissance de Steve Jobs
| 25 juil. 1979 : naissance de Louise Brown