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Élisabeth II (1926 - )

Souveraine discrète d'un empire à son déclin


Elisabeth II en 1952, au moment de son couronnement (DR)La reine Élisabeth II accède au trône à la mort de son père George VI, le 6 février 1952. Elle a 25 ans. À la différence de ses prédécesseurs, la jeune souveraine a joui d'une enfance heureuse auprès de parents affectueux et très présents et de sa soeur Margaret, de quatre ans sa cadette. Il est vrai que son père, d'un naturel timide, n'a été pressenti pour le trône qu'à 35 ans.

Bien préparée à monter sur le trône, elle va exercer avec diligence et discrétion son ministère, en digne héritière de Victoria. Pour ses sujets du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, elle apparaît comme un utile symbole de la continuité de l'État et de l'unité nationale. Par-delà leurs différences, tous les citoyens sont unis par leur commune allégeance à une monarchie millénaire.

La reine est également, encore aujourd'hui, le chef d'État de 14 autres nations du Commonwealth (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Jamaïque, Maurice...). 

André Larané
Une princesse préparée à servir

La future Elisabeth II s'adresse aux enfants britanniques en 1940, en présence de sa soeur MargaretAu début de la Seconde Guerre mondiale, Élisabeth (Lilibeth pour les intimes) adresse un message radiophonique au enfants britanniques. C'est sa première intervention publique. 

Puis, dans le cours du conflit, elle sert comme ambulancière. Elle accomplit ensuite son service national comme les autres filles de son âge, tout en nouant une idylle avec un jeune lieutenant, le prince Philip de Grèce.

Leur première rencontre, manigancée par le prince Louis Mountbatten, oncle du jeune homme, remonte à 1939. D'emblée, Lilibeth est séduite par le beau Philip, de 5 ans son aîné.

Le prince, qui descend comme elle de la reine Victoria, est le neveu du roi Constantin 1er de Grèce. Son père, l'année même de sa naissance, est banni de Grèce pour avoir ordonné à ses troupes de fuir devant les Turcs. Philip est naturalisé en 1947 sous le nom de Philip Mountbatten et épouse  Élisabeth  le 20 novembre 1947. La cérémonie est pour la première fois télévisée.

Les naissances s'enchaînent : Charles, le 14 novembre 1948 ; Anne en 1950, Andrew en 1960 et Édouard en 1964. Par un regrettable effet de balancier, les enfants connaissent une éducation rigide sous l'impulsion du prince consort, Philip, duc d'Édimbourg.

C'est au cours d'un voyage officiel au Kénya, dans une réserve naturelle, que le couple royal apprend la mort de George VI, mort dans son sommeil des suites d'un cancer du poumon, à 56 ans.

Surmontant son chagrin, la jeune souveraine est intronisée selon la tradition, déclarant à son peuple : «J'ai le coeur trop gros pour vous dire autre chose que ceci : je travaillerai sans relâche, comme mon père avant moi». Le 15 février suivant ont lieu les funérailles du défunt roi pour lequel Élisabeth avait une affection passionnée. Son propre couronnement se tient seize mois plus tard, le 2 juin 1953, à l'abbaye de Westminster.

Couronnement d'Elisabeth II à Westminster le 2 juin 1952 (DR)
Péripéties et drames

En 1955 survient le premier scandale intime avec le projet de Margaret, soeur cadette de la reine, d'épouser un capitaine divorcé, Peter Townsend. Se soumettant en définitive à une règle d'un autre âge, la princesse renonce à son projet et s'unit plus tard à Anthony Armstrong-Jones (Lord Snowdon). L'union tourne mal et la princesse va se saoûler de plaisirs interdits sur l'ilôt Moustique, dans les Antilles.

En 1973, la princesse Anne, cavalière de niveau international, épouse contre le gré de sa famille le capitaine Mark Philipps, sans titre nobiliaire. Elle connaît un bonheur paisible. Plus conciliant, le prince Charles renonce à la femme de son coeur, Camila Parker-Bowles, pour épouser en 1981 Diana Spencer, la princesse choisie par ses parents. Comme avec sa tante Margaret, le mariage s'achève dans le drame.

Charles et Diana, qui ont eu deux garçons, William et Henry, se séparent en 1992, «annus horribilis» selon l'expression même de la reine. 

Pour ne rien arranger, Élisabeth II voit aussi son cher château de Windsor partir en fumée. Après un début de polémique, elle décide de le reconstruire à l'identique à ses frais. Elle accepte aussi par la même occasion de payer désormais des impôts sur son patrimoine et ses revenus. Ceux-ci sont importants sans être exorbitants. Ils font d'elle tout au plus l'une des 200 personnes les plus riches du royaume. Il est vrai que dès le XVIIIe siècle, la famille royale a cédé à l'État la plus grande partie de ses immenses domaines («Crown Estate») en échange d'une «liste civile», autrement dit du versement d'une rente annuelle.

Pour le prince de Galles, les choses ne s'arrangent pas. Le couple divorce le 28 août 1996. Un an plus tard, le 31 août 1997, Diana et son amant trouvent la mort à Paris dans une course poursuite avec les paparazzi. La princesse a 36 ans. Ses funérailles, un grand moment d'émotion cathodique, témoignent des rapports tendus entre la reine et son peuple.

Dans les années suivantes, la souveraine vieillissante n'aura de cesse de restaurer le lien avec son peuple. Tout indique qu'elle y soit arrivée.

Publié ou mis à jour le : 2012-06-10 10:28:23