19 avril 2005. Le pape polonais Jean-Paul II est mort le 2 avril 2005. ll a fallu 24 heures seulement au conclave pour élire le successeur de Jean-Paul II, mort le 2 avril 2005. C'est son bras droit, le cardinal allemand Joseph Ratzinger, qui monte sur le trône de Saint Pierre...

En ce 19 avril 2005, Joseph Ratzinger (77 ans) a été porté par le conclave à la tête de l'Église catholique sous le nom de Benoît XVI. Proche collaborateur de Jean-Paul II, il assure la succession dans la continuité en attendant, qui sait ? l'avènement d'un pape latino-américain.
Ancien professeur de théologie, archevêque de Munich et préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le nouveau souverain pontife est connu pour la douceur de ses manières et une certaine réserve, à l'opposé de son prédécesseur.
Théologien de premier plan et homme de grande culture, il aime la France autant que l'Italie. Pétri de fortes convictions, ferme sur le dogme mais ouvert au dialogue, il s'est beaucoup entretenu avec le philosophe Jürgen Habermas sur les rapports entre raison et religion. Il a aussi fréquenté les théologiens francophones Congar et de Lubac (et été reçu en 1992 à l'Académie des Sciences morales et politiques, en qualité de membre étranger).
Un Européen de choc
Benoît XVI n'a pas choisi par hasard son nom de règne. Celui-ci est un signal pour les Européens et en premier lieu les Allemands. Saint Benoît de Nursie, fondateur de l'ordre bénédictin, est le saint patron de l'Europe. Benoît XIV, pape de 1740 à 1758, manifesta une grande ouverture envers les idées de son temps et correspondit avec Voltaire, qui l'admirait ! Plus près de nous, Benoît XV se signala pendant la Grande Guerre (1914-1918) par ses efforts ardents en faveur d'une « paix blanche » sans annexions.
Dans les nominations de cardinaux, déterminantes dans le choix de son successeur, le nouveau pape privilégie les Européens et plus particulièrement les Italiens. Ces derniers représentent le tiers du conclave, alors que l'Europe et l'Italie, très largement laïcisées, ne pèsent plus que pour une part mineure dans l'Église catholique.
Manque de chance. Le pontificat de Benoît XVI voit l’arrivée à maturité de la crise d’une papauté dont le centre reste lié aux pays du Nord.
Les références chrétiennes sont écartées en 2005 du projet de Constitution européenne et les débats sociétaux (avortement, transexualité, euthanasie) mettent de plus en plus la papauté en porte-à-faux avec les courants dominants en Europe ou en Amérique du Nord.
Benoît XVI, qui avait fait partie des modernistes de Vatican II, cherche dorénavant à renouer avec la tradition d’avant Vatican II et à remettre de l’ordre dans les scandales négligés par son prédécesseur, notamment les abus pédophiles au sein de l’Église. Il évoque l’idée, venue des milieux conservateurs, d’une politique destinée à soutenir des « minorités créatrices », capables de porter une « opposition prophétique » aux crises que les mutations en cours risquent de semer.
Indifférent comme son prédécesseur à l'administration du Saint-Siège et de l'Église, Benoît XVI se repose pour celle-ci sur son Secrétaire d'État, le cardinal Bertone. Très vite écrasé par l'ampleur des difficultés, les scandales qui agitent l'administration vaticane et le poids de l'âge, Benoît XVI « renonce » à sa charge le 28 février 2013. Une première si l'on met à part Célestin V, le 13 décembre 1294. Elle illustre la capacité de l’institution pontificale à se renouveler. Et c'est ainsi que le (dernier ?) pape européen accueille au Vatican son successeur Jorge Mario Bergoglio, premier pape américain de l'Histoire...















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