Qui s'appropria le Congo en 1885 ? Réponse
2/4 - Politiques de Gribouille
Lire aussi Une page se tourne, Fractures nationales et Illusions fatales.
L'Europe est devenue en ce début du XXIe siècle la principale région d'immigration dans le monde, devant l'Amérique du Nord.
Tout oppose en ce domaine les deux rives de l'Atlantique. Aux États-Unis et au Canada, la plupart des immigrants (Chine, Inde, Mexique, Moyen-Orient, Afrique,...) s'intègrent vite et bien en travaillant dur. Ils n'ont d'autre objectif que de devenir d'authentiques Américains ou Canadiens, fiers de leur drapeau et de leur culture.
Rien de tel en Europe où les pouvoirs publics rejettent avec frilosité les immigrants désireux de travailler et n'osent refuser les autres qu'attirent les aides sociales. Cette attitude dissuade les nouveaux-venus de s'intégrer à la société d'accueil (nous sommes «Français de papier mais pas de coeur», entend-on dans certaines banlieues). Elle promet aux sociétés européennes de très graves secousses.
L'explosion de l'immigration extra-européenne est venue paradoxalement des restrictions à l'entrée légale de travailleurs dans les années 1970.
Avant 1974, les pays européens accueillaient librement les travailleurs étrangers dans la mesure où ces derniers trouvaient à s'employer. Certains faisaient souche, la plupart revenaient chez eux au bout de quelques années avec un pécule et se faisaient remplacer par un fils ou un neveu. Mais à la fin des «Trente Glorieuses» (1944-1974), les gouvernements de droite comme de gauche, saisis de peur par la montée du chômage, ont multiplié les obstacles à l'entrée de nouveaux travailleurs au nom d'une certaine forme de «préférence nationale».
Les étrangers déjà installés en Europe n'ont pas eu d'autre choix que d'y vivre à demeure avec leur famille.
Depuis cette époque, les lois européennes organisent la prise en charge des étrangers qui se présentent au titre du regroupement familial ou de l'asile politique. Mais elles rejettent ceux qui prétendent travailler, créer des richesses et ne pas rester à la charge du pays d'accueil !...
La différence entre l'immigration «légale» (réputée utile) et l'immigration «clandestine» (officiellement réprouvée) tient désormais à peu de chose.
D'un côté, bon an mal an, la police fait du «chiffre» en expulsant à prix d'or quelques milliers de réfugiés russes, roumains, maghrébins,... D'un autre côté, son ministre régularise sous un motif passe-partout des dizaines de milliers d'immigrants de toutes origines dont beaucoup se retrouveront ensuite dans des squats ou dans la rue, réclamant un logement décent aux frais de la République.
L'une des ambiguïtés majeures de la réglementation concerne le regroupement familial.
On convient d'appeler «clandestin» (ou plus pudiquement «sans-papier») un jeune Africain qui traverse au péril de sa vie le détroit de Gibraltar pour s'embaucher dans une exploitation agricole ou une entreprise de construction... Mais on considère comme immigrante régulière l'adolescente turque, nord-africaine ou noire qui est vendue par son père à un sien cousin déjà installé en Europe et présentée par ce dernier au consulat de son pays d'adoption comme son «épouse» légitime...
Le droit au regroupement familial se fonde sur une conception traditionnelle et très occidentale de la famille : un homme et une femme unis en principe pour la vie ainsi que les enfants nés de leur union. Mais cette conception est caduque (aucun contrat civil n'est aujourd'hui plus éphémère que le mariage !). Elle est surtout en contradiction avec les conceptions qui prévalent sous d'autres cieux (polygamie, mariage forcé d'adolescentes,...).
De la sorte, le mariage et le «regroupement familial» sont devenus le prétexte à une immigration clandestine déguisée. Cette immigration est de loin la plus importante et la plus pernicieuse car les femmes concernées et leurs enfants sont voués à la relégation dans des logements sociaux avec peu d'espoir d'assimiler un jour les valeurs et le mode de vie du pays d'accueil.
L'assimilation est d'autant plus utopique que la majorité des enfants d'immigrants reviennent dans le pays d'origine de leurs parents pour y prendre un conjoint (98% des jeunes Turcs de France seraient dans ce cas). Chaque nouvelle génération effectue ainsi un retour à la case départ, vidant de son sens le concept de «deuxième ou troisième génération». Avec pour conséquence l'émergence de sociétés séparées et d'une ségrégation de fait.....
Lire aussi Une page se tourne, Fractures nationales et Illusions fatales.
Le premier commentaire sur cet article :
lecteurone (25-07-2006 11:48:31)
Les Amis d'Hérodote peuvent envoyer un commentaire sur cet article.
Janvier 2005


haut de page