D'où la capitale de Malte tire-t-elle son nom ? Réponse
1/4 - Une page se tourne
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L'immigration est devenue en trois décennies le principal facteur de changement des sociétés européennes.
Pendant les «Trente Glorieuses» (1944-1974), l'Europe affichait un indice de fécondité (nombre moyen d'enfants par femme) proche de 3. C'était un signe de bonne santé sociale et de dynamisme. «N'y voyons pas un hasard !...» note le philosophe Roland Hureaux. «La société du baby-boom est la plus favorable qu'il y ait eu aux jeunes dans le partage de la richesse au cours du XXe siècle» (*).
Mais le nombre de naissances a brusquement chuté à partir de 1974 dans presque tous les pays occidentaux. L'indice de fécondité est tombé très vite au-dessous du seuil indispensable au remplacement des générations (2,1). Aujourd'hui, dans certaines régions (Italie du nord, Allemagne orientale,...), les couples ont en moyenne un enfant tout juste, ce qui implique à terme une division par deux de la population d'une génération à la suivante...
Cette implosion démographique est en passe de rompre la transmission des connaissances sur lesquelles la civilisation européenne a prospéré pendant un millénaire.
La rupture de la chaîne des générations s'accompagne d'une vague d'immigration sans précédent dans l'Histoire humaine par son ampleur et sa rapidité. Du jamais vu, même pendant les «Grandes Invasions » de la fin de l'empire romain.
Pour la première fois depuis l'arrêt des invasions hongroises, il y a mille ans, l'Europe est devenue terre d'accueil et d'immigration. Avec 1,5 million d'immigrants par an, le Vieux Continent est même aujourd'hui le premier pôle d'attraction mondial devant l'Amérique du nord.
La Russie cumule les handicaps. Le plus vaste pays du monde, et l'un des moins denses (8 habitants/km2), perd près d'un million d'âmes par an ! De foyer d'émigration, elle devient terre de peuplement. C'est ainsi que les immigrants chinois remplacent peu à peu les Russes en Sibérie orientale...
Concernant la France, rappelons qu'elle n'a connu aucune immigration pendant un millénaire, entre l'établissement des Normands à l'embouchure de la Seine en 911 et l'arrivée de mineurs dans les houillères du Nord à la fin du XIXe siècle. Cette exceptionnelle stabilité démographique lui a permis de rassembler ses composantes (Français, Picards, Flamands, Bretons, Basques, Alsaciens, Corses, Languedociens,...) sous l'égide d'un État fort.
L'immigration s'est intensifiée au cours du XXe siècle et, d'européenne, elle est devenue mondiale. Le nombre d'entrées est passé de 100.000 par an vers 1980 à plus de 200.000 par an en ce début du XXIe siècle. A quoi s'ajoute l'importante contribution des néo-Européens à la natalité. Il s'ensuit que la France métropolitaine abrite d'ores et déjà la plus importante minorité d'origine africaine du Vieux Continent. En l'absence de statistiques officielles, on l'estime à près de 10% de sa population, soit 2 à 3 millions d'Africains installés en métropole et 2,3 millions de ressortissants des DOM-TOM dont 700.000 en métropole (en 1963, le territoire métropolitain comptait officiellement 50.000 immigrants d'Afrique noire) (*).
Au vu de ce bouleversement continental, on peut prédire sans trop de risque d'erreur qu'une ère historique se clôt et qu'une nouvelle se profile. Le passage de l'une à l'autre s'annonce d'autant plus périlleux que les leaders politiques ont choisi la politique de l'autruche. N'osant aborder de front les questions migratoires, ils gèrent tant bien que mal le court terme, ce qui les conduit à des contresens dramatiques.
L'échec de la «politique d'intégration» à la française fait écho à celui de la «mission civilisatrice» de la France républicaine et laïque dans ses colonies.....
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Novembre 2004


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