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2008
Regards sur l'actualité


Nous commentons ici les faits d'actualité qui, de notre point de vue, laisseront une trace dans l'histoire... Retrouvez nos commentaires sur la lettre mensuelle gratuite : L'actualité vue par Herodote.net

Vos réactions

3 juillet 2008 : Ingrid Betancourt libre !

L'armée colombienne libère 14 otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et 3 Américains. Immense soulagement. Immense succès pour le président colombien Alvaro Uribe qui a persisté dans son refus de toute concession aux terroristes des FARC. Sous son impulsion, la Colombie marque la différence avec ses voisins, le Venezuela et l'Equateur, en voie d'être ruinés par des cliques autocratiques et populistes.
Les dirigeants français, de Dominique de Villepin à Nicolas Sarkozy, en surfant sur le soutien populaire à Ingrid, ont pris le risque de compromettre les efforts des Colombiens en tentant de dialoguer avec le Vénézuelien Chavez comme avec le chef des terroristes lui-même...
En définitive, Ingrid Betancourt a été libérée par un coup d'éclat de l'armée colombienne, sans un seul coup de feu. L'otage est apparue en pleine forme, sans plus de rides que toute autre belle femme de 46 ans. C'est la preuve de sa force de caractère mais aussi de ce que ses conditions de détention n'étaient en rien comparables à celles des prisonniers de guerre dans les camps japonais ou vietminh, contrairement à ce qu'avaient pu laisser penser les informations antérieures...
On peut lire notre dossier sur la Colombie d'hier et d'aujourd'hui

Flashbacks : l'armée française en débat

Libé Labo, Flashbacks Écoutez notre débat radiophonique (15 minutes) sur le Drakkar, contentieux douloureux entre France et Syrie, le Québec a 400 ans, la violence en Colombie... (avec André Larané)

2 juillet 2008 : l'Iran calme le jeu

Le Guide Suprême de la Révolution, premier personnage de la République islamique d'Iran, au-dessus du président Ahmadinejad, propose un compromis aux Occidentaux sur le dossier nucléaire. Il est autrement dit prêt à reporter la création d'une bombe nucléaire par l'Iran.
Cette annonce confirme notre analyse sur le caractère conciliant de l'Iran post-révolutionnaire, tel qu'il ressort de l'essai d'Emmanuel Todd et Youssef Courbage sur le rendez-vous des civilisations. Mais le pire demeure possible si les présidents George Bush et Nicolas Sarkozy persistent dans leur volonté d'en découdre.
NB : interrogé sur Al-Qaida, le président français ne savait pas lors d'un récent entretien si l'organisation était d'obédience chiite (pro-iranienne) ou sunnite (pro-arabe), ce qui donne à penser de la pertinence de ses analyses géostratégiques...

23 juin 2008 : espoirs décus au Zimbabwe

Morgan Tsvangirai, qui était arrivé en tête au premier tour des élections présidentielles, le 29 mars, jette l'éponge et se réfugie à l'ambassade des Pays-Bas. Le Zimbabwe, ex-Rhodésie du Sud, qui était encore prospère il y a quelques années, sombre dans la famine et le chaos du seul fait de l'obstination d'un octogénaire, Robert Mugabe, à se maintenir à la tête du pays. Les pays riverains, y compris l'Afrique du Sud, menacent d'être entraînés dans la tourmente...

Flashbacks : l'armée française en débat

Libé Labo, Flashbacks Écoutez notre débat radiophonique (17 minutes) sur l'armée française, la femme, l'islam et la Méditerranée, les suffragettes,... (avec André Larané)

18 juin 2008 : la Constitution, fourre-tout médiatique ?

Suite à une mobilisation inaccoutumée de l'Académie française, le Sénat rejette l'amendement au projet de réforme constitutionnelle qui prévoyait d'inscrire dans l'article 1 (!) de la Constitution : «Les langues régionales appartiennent à son [la France] patrimoine.». Il est heureux que deux institutions réputées pour leur conservatisme mettent le hola à une initiative des députés qui dévalorise la Constitution en la surchargeant de banalités qui n'ont rien à y faire.
Rappelons que l'emploi du français demeure obligatoire dans l'administration depuis l'ordonnance de Villers-Côtterets.

17 juin 2008 : l'Argentine dans la spirale populiste

Élue à la présidence de la République haut la main en 2007, Cristina Fernandez-Kirchner est confrontée à une crise majeure depuis qu'elle a annoncé en mars 2008 une augmentation brutale des taxes à l'exportation des produits agricoles (soja, céréales,...). Elle a accepté le 17 juin de renvoyer la décision devant le Parlement. Le gouvernement péroniste renoue ainsi avec les errements du passé.

Il y a 50 ans, après la Seconde Guerre mondiale, les cultivateurs argentins avaient bénéficié comme aujourd'hui de la très forte hausse des cours mondiaux des produits agricoles. Le président Juan Perón les avait alors pressurés à mort pour résorber les déficits publics, multiplier les dépenses sociales à l'attention de sa clientèle électorale et faire la fortune de son épouse et de ses acolytes... Faute d'investissements productifs, le pays n'allait jamais tout à fait se remettre de ce traitement de choc.

13 juin 2008 : l'Europe à nouveau en panne

Coup de tonnerre dans les capitales de l'Union. Seuls citoyens consultés par référendum sur le traité de Lisbonne, les Irlandais ont, la veille, voté Non, exprimant ainsi leur rejet de la manière qu'ont les dirigeants européens de prendre des décisions graves dans leur dos, qu'il s'agisse de la suppression des barrières douanières sans contrepartie ou de l'élargissement de l'Union à la Turquie.
Le vote irlandais est un échec cinglant pour la chancelière Angela Merkel, à l'origine du traité modificatif, et le président Nicolas Sarkozy qui voit voler en éclats la principale initiative de sa première année à la tête de la France...

Pourquoi pas une Assemblée Constituante ?

On se prend à espérer que les dirigeants européens prennent enfin la mesure de l'enjeu. Ils pourraient ainsi décider que les prochaines élections au Parlement européen, en juin 2009, auront valeur constituante, c'est-à-dire que les futurs élus auront mandat pour réformer les institutions européennes et redéfinir l'avenir de l'Union (frontières, objectifs,...). Il serait bon, au passage, d'introduire un scrutin uninominal (par circonscription et non plus par liste), afin que les citoyens sachent qui les représente au Parlement de Strasbourg. Ainsi la démocratie serait-elle rétablie dans ses droits sans contestation possible...

26 mai 2008. Les guérilleros du FARC (Colombie) annoncent avec deux mois de retard la mort de leur chef, le sinistre Marulanda (79 ans). Les Colombiens reprennent espoir, d'autant que la guérilla est en perte de vitesse depuis l'élection en 2002 de l'actuel président de la République, Alvaro Uribe. Le pays (44 millions d'habitants sur 1,1 million km2) jouit d'une prospérité et d'une stabilité qui contrastent avec les désordres des pays andins voisins (Venezuela, Équateur, Pérou).

26 mai 2008. Michel Psellos, historien du droit constitutionnel, dresse un bilan de santé de la Constitution française à la veille de ses 50 ans et d'une énième modification de son contenu. Il suggère quelques pistes pour sa modernisation mais constate aussi le caractère inutile, voire néfaste, de la révision proposée par la commission Balladur.

25 mai 2008. Le jury du festival de Cannes attribue la Palme d'Or 2008 au film Entre les murs. Au fait, qui se souvient de la Palme d'Or 2007? Et de celle de 2006?...

21 mai 2008. Silvio Berlusconi (71 ans) tient son premier conseil des ministres à Naples, manière d'afficher sa volonté de résoudre le problème de la ville : les ordures ! Le nouveau président du Conseil est assuré du pouvoir pendant cinq ans grâce à une majorité parlementaire confortable.
Avec son ami Nicolas Sarkozy qui, comme lui, doit gérer un pays fortement endetté, il est en passe d'ébaucher une alliance Paris-Rome pour tenter de faire contrepoids à Bruxelles et Berlin, soucieux de rigueur budgétaire.

20 mai 2008. Les accords de Doha (Qatar) mettent fin aux combats qui ont déchiré la capitale libanaise, Beyrouth. Ils aboutissent, après six mois de déshérence, à l'installation d'un Président de la République, le général Michel Sleimane. Le parti chiite Hezbollah, à l'origine des troubles, sort vainqueur de ce bras de fer. Il garde le droit d'entretenir sa propre armée et, avec son allié Michel Aoun, s'arroge une minorité de blocage au sein du gouvernement. La diplomatie française, qui s'est illustrée par son amateurisme, quitte la scène.

Flashbacks : le Liban et la Constitution

Libé Labo, Flashbacks

Dos de Mayo (Goya) Écoutez notre débat radiophonique (12 minutes) sur la Constitution du Liban, Roland Garros et les femmes, la guérilla, pas touche à ma Constitution !... (avec André Larané)

19 mai 2008. Le plongeur archéologue Luc Long a révélé la découverte en septembre 2007, dans le Rhône, au niveau d'Arles, d'un buste de Jules César. Réalisé en 46 avant JC, c'est sans doute le seul buste existant réalisé du vivant de son modèle.

Le 19 mai 2008 commence un deuil national de trois jours en Chine, suite au tremblement de terre de la semaine précédente au Sichuan (environ 50.000 morts). C'est la première fois que le gouvernement de Pékin joue la transparence et la compassion face à une catastrophe naturelle. À l'avant-veille des Jeux Olympiques, cette attitude conforme aux canons occidentaux fait utilement oublier la répression au Tibet en mars dernier.

11 mai 2008. Les élections législatives en Serbie donnent contre toute attente une nette au Parti démocrate (pro-européen) du président Boris Tadic. Le parti nationaliste est défait. Soulagement dans les capitales européennes même si les Serbes ne sont pas prêts pour autant à entériner l'indépendance du Kossovo.

11 mai 2008. Les habitants misérables du quartier d'Alexandra, dans la banlieue de Johannesbourg (Afrique du Sud) s'en prennent avec violence à leurs voisins immigrés, essentiellement des Zimbabwéens qui ont fui le régime dément de Robert Mugabe. On compte plusieurs dizaines de morts. La «nation arc-en-ciel» du sage Nelson Mandela appartient au passé.

10 mai 2008. Les rebelles noirs du Darfour effectuent un raid jusqu'à Omdourman, aux portes de la capitale soudanaise, Khartoum. La dictature islamiste du président Omar el-Béchir accuse le coup mais se redresse avec le concours de la Chine. Français et autres Européens ne savent plus que faire dans cet imbroglio.

Faut-il réhabiliter les fusillés de 14-18 ?

Le gouvernement français redouble d'imagination dans sa volonté de préparer le pays aux défis du XXIe siècle.
À preuve, le 10 mai 2008, l'annonce par le secrétaire d'État aux Anciens Combattants d'une prochaine réhabilitation au cas par cas par Nicolas Sarkozy des 600 fusillés de la Grand Guerre ! Rappelons que de grandes vagues de réhabilitations ont déjà eu lieu... dans les années 1920 et il serait paradoxal de remettre le sujet sur le tapis alors que la Grande Guerre vient symboliquement d'entrer dans l'Histoire avec la mort du dernier poilu.

Notons que la repentance et la rumination des mauvais souvenirs du passé ne se sont jamais aussi bien portées que depuis la dernière élection présidentielle, avec Guy Môquet et la cascade du bois du Boulogne, le plateau des Glières, la Shoah à l'école et maintenant les fusillés de 14-18 (autant de sujets propres à dégrader un peu plus la relation entre le président français et la chancelière allemande).

Le 28 avril 2008, lors d’une parade dans un stade de Kaboul, le chef de l’État afghan Hamid Karzaï a été visé par des tireurs en embuscade. Il est sorti indemne de l’attentat. Celui-ci n’en démontre pas moins la capacité des talibans («étudiants en théologie»), miliciens islamistes, de frapper l’État en son cœur, malgré la présence de l’armée et des Occidentaux. Mauvais signe pour l’avenir du pays et celui de la coalition onusienne engagée sur place.

De De Gaulle à Sarkozy, l'année de toutes les réformes

Nicolas Sarkozy a dit de sa première année au pouvoir : «Il n'y a pas eu une telle action réformatrice depuis de Gaulle». Pour en juger, voici la liste de ses principales mesures et celles de ses cinq prédécesseurs, dans la première année de leur mandat. Sans contestation possible, le tiercé gagnant de l'action réformatrice est...

De de Gaulle à Sarkozy, l'année de toutes les réformes

Le 14 avril 2008, les élections législatives en Italie se soldent par une victoire sans nuages de la coalition de droite et de son leader Silvio Berlusconi (71 ans). Celui-ci revient à la présidence du Conseil après deux passages sans gloire (mai 1994 – janvier 1995 et juin 2001 – mai 2006). En Italie comme en France, il y a un an, la gauche sort sonnée des élections, en peine d’apporter une alternative politique cohérente à un corps électoral désormais dominé par les «seniors» et les retraités.

Le 10 avril 2008, au Népal, l’élection d’une assemblée constituante donne la victoire à un parti qui se réfère au… maoïsme ! La première tache de l’Assemblée, le 28 mai 2008, sera de liquider la monarchie. Cette institution ancestrale a été profondément déstabilisée par le massacre de la famille royale le 1er juin 2001 par l’un des siens et l’arrivée sur le trône de l’actuel monarque, Gyanendra, réputé arrogant et impopulaire. La guérilla maoïste a déposé les armes en 2006 à la condition que soit établie une République fédérale. Pour le Népal, l’avenir s’annonce incertain. Dans ce petit pays de 147.000 km2 et 26 millions d’habitants, en majorité hindouistes, au cœur de l’Himalaya, beaucoup de vallées pourraient être tentées d’échapper à la tutelle de Katmandou, la capitale.

Émeutes de la faim

Du jamais vu ! Les émeutes de la faim, qui ont éclaté simultanément dans de nombreux pays, en Haïti, en Égypte ou encore au Sénégal constituent un phénomène inédit. Dans le passé, on a connu des émeutes ouvrières provoquées par des baisses de salaires dans les sociétés en voie d’industrialisation. On a aussi connu des disettes ou des famines dans les sociétés à dominante rurale. C’est la première fois que des populations urbaines s’insurgent du fait de la hausse du prix des aliments de base.

Ces révoltes sonnent comme un avertissement pour les élites dirigeantes du monde qui ont jusqu’ici donné la priorité aux biens de consommation et aux services.

«Pour un monde meilleur»

Ne reculant devant aucune audace pour manifester leur soutien aux Tibétains, les sportifs français ont décidé d'arborer un badge avec l'inscription : «Pour un monde meilleur». Prions qu'ils ne croisent jamais sur leur route une foule partisane d'«un monde pire»...

Entrée en vigueur le 30 mars 2008 de l'accord «ciel ouvert» entre les États-Unis et l'Europe. Désormais, les compagnies aériennes pourront organiser des vols entre n'importe quels aéroports des deux rives de l'Atlantique. Cette exacerbation de la concurrence laisse espérer un développement des vols à bas prix. Bonne nouvelle pour les touristes. Tant pis pour le CO2 et les ours blancs...

Au Zimbabwe, à l'issue des élections générales du 29 mars 2008, qui devaient renouveler les assemblées et le chef de l'État, Robert Mugabe (84 ans) et son parti sont donnés perdants malgré des fraudes massives.
On n'ose espérer la fin du cauchemar pour ce pays autrefois prospère, aujourd'hui ruiné et en proie à la disette par la faute du vieux dictateur, à la tête de l'ancienne Rhodésie depuis 28 ans.

Jugé trop cher le 27 mars 2008, le train à sustentation magnétique du consortium Siemens-Thyssen, le Transrapid, ne reliera pas Munich à son aéroport. C'est un coup dur, sans doute fatal, pour cette technologie d'avant-garde.

À Taïwan (République de Chine), les élections présidentielles du 21 mars 2008 débouchent sur la victoire du candidat du Guomindang (ou Kuomintang), le vieux parti nationaliste de Tchang Kaï-chek, ennemi des communistes continentaux, mais, comme eux, farouchement attaché à l'unité de la Chine.
Ces élections mettent fin à la parenthèse ouverte, huit ans plus tôt, par la victoire du parti indépendantiste taïwanais, qui avait profondément irrité Pékin. Taipeh n'exclue plus un rapprochement avec la Chine populaire, sous réserve que celle-ci fasse un pas vers la démocratie. Ce n'est pas pour tout de suite...

Le 18 mars 2008, la banque centrale américaine (Federal Reserve) ramène son taux d'intérêt directeur à 2,25% (3 points de moins qu'il y a 6 mois). Pareille baisse confirme la crainte d'une récession économique aux États-Unis, avec des retombées dans le reste du monde. Les Bourses s'affolent...
Chacun craint le retour de la Grande Crise de 1929, quand les banques, fragilisées par des spéculations imprudentes, avaient brutalement restreint leurs prêts aux entreprises, avec, au final, la chute des investissements et la faillite des entreprises les plus fragiles.
Le président Bush Jr se veut toutefois rassurant : «À long terme, tout ira bien pour notre économie». S'il le dit...

Chrétiens et musulmans : je t'aime, moi non plus

Le 15 mars 2008 a été consacrée une première église à Doha, capitale du Qatar, pour les 100.000 travailleurs immigrés de confession chrétienne qui vivent dans cet émirat. Des discussions sont en cours pour une église également en Arabie séoudite... Cette bonne nouvelle a été hélas occultée par l'assassinat, deux jours plus tôt, de l'archevêque chaldéen de Mossoul, en Irak, qui illustre le calvaire des chrétiens d'Orient, naguère plusieurs millions, aujourd'hui en voie d'éradication.

Le drapeau du Tibet Le 10 mars 2008, à la veille du 49e anniversaire de la fuite du dalaï-lama, des Tibétains manifestent à Lhassa contre la présence de plus en plus envahissante des Chinois et pour le retour de leur chef spirituel.
Les manifestations, auxquelles s'associent de nombreux moines, dégénèrent très vite. Aux lynchages de Chinois, les forces de l'ordre répliquent par des bastonnades, voire des tirs. De sa résidence de Dharamsala, en Inde, le dalaï-lama appelle au calme.
En Occident, les opinions publiques s'émeuvent et beaucoup de voix appellent à un boycott, sinon des prochains Jeux Olympiques de Pékin, en août, du moins de leur cérémonie d'ouverture...

À Hanovre, le 3 mars 2008, la chancelière allemande Angela Merkel obtient du président Nicolas Sarkozy qu'il associe à son projet d'Union méditerranéenne les 27 pays de l'Union européenne (y compris les pays de la Baltique !).
Le projet-phare de Nicolas Sarkozy se voulait un décalque (et un concurrent) de l'Union européenne. Rebaptisé Union pour la Méditerranée, il est désormais intégré au processus de Barcelone, un programme de coopération conçu en 1995 et toujours au point mort. Aucune décision ne pourra plus se prendre à son propos sans l'unanimité des 27 pays de l'Union.

17 février 2008. Lassé par les tergiversations de l'ONU et des démocraties occidentales, le président du Kossovo proclame unilatéralement l'indépendance de la province (10.000 km2 et 2 millions d'habitants dont 90% d'albanophones musulmans et 10% de Serbes orthodoxes). La Russie proteste à l'unisson de la Serbie. Le spectre des guerres yougoslaves réapparaît..

13 février 2008. En pleine campagne des municipales, le président Sarkozy lance l'idée de confier aux écoliers du CM2 la mémoire d'un enfant victime de la Shoah.

7 février 2008. À Londres, Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry, suggère que les citoyens britanniques de confession musulmane puissent faire appel au droit islamique, la charia. Ces propos du chef de l'Église anglicane suscitent scandale et trouble, y compris au Nigeria, en Afrique, où les chrétiens du Nord sont en butte à l'intolérance des musulmans qui leur imposent la charia.
Dans le même temps, à Cologne, le Premier ministre turc Recip Erdogan appelle ses concitoyens installés en Allemagne à conserver leur identité turque et refuser toute forme d'intégration...

3 février 2008. À N'Djamena (Tchad), une bande encercle le palais présidentiel et s'apprête à en chasser son locataire. Le président Idriss Déby, qui avait pris le pouvoir en 1990 à la faveur d'un coup de force similaire, est aux abois. L'armée française lui sauve provisoirement la mise et l'Élysée promet de l'exfiltrer en dernier ressort. Le président, qui n'a plus rien à refuser à ses protecteurs, promet dare-dare d'amnistier les six Français de L'Arche de Zoé condamnés pour trafic d'enfants.

Alerte rouge en Afrique

Le Tchad est atteint par le conflit dans le Darfour limitrophe. Il est également victime de la découverte de gisements pétroliers au sud du pays, qui a ravivé les luttes claniques. La déstabilisation du pays, un mois après celle du Kenya, témoigne de l'entrée de l'Afrique noire dans un nouveau cycle de violences. L'élection en décembre du populiste Zumo à la tête de l'ANC sud-africaine ne présage rien de bon non plus.

25 janvier 2008. En visite à Kigali, Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères tente d'apaiser les tensions entre son gouvernement et le gouvernement tutsi de Paul Kagamé. Il confesse «des fautes politiques commises par la France» pendant le génocide des Tutsis, en 1994. Le ministre va devoir montrer sa capacité à ne pas renouveler les mêmes «fautes» dans d'autres pays liés à la France, en particulier au Tchad, où Paris doit assumer presque seul la mission Eufor (protection militaire des réfugiés du Darfour).

L'ombre de Mussolini

24 janvier 2008. Romano Prodi doit pour la troisième fois démissionner de la présidence du Conseil italien suite à la défection, au Sénat, d'un petit parti de sa coalition de centre-gauche. Les élections législatives (13 et 14 avril) pourraient voir le retour de Silvio Berlusconi, leader de la droite, à la tête du gouvernement, après un intermède de deux ans.
Notons que le chef du gouvernement a pu être censuré par le Sénat en vertu d'une particularité italienne inconnue ailleurs (ni le Sénat français, ni le Bundesrat allemand, ni la Chambre des lords britannique n'ont en effet le pouvoir de censurer un Premier ministre)... La Chambre italienne des députés n'ayant pas eu le courage de s'opposer à la dictature de Mussolini, les constituants italiens instaurèrent en 1945 la double responsabilité politique devant les deux Chambres en espérant que l'une des deux au moins s'opposerait le cas échéant à tout nouveau candidat à la dictature. L'effet pervers de cette disposition s'observe aujourd'hui.

21 janvier 2008. Les bourses asiatiques et européennes chutent lourdement. C'est la conséquence tardive de la crise des subprimes qui a éclaté l'été dernier aux États-Unis. Personne n'est en mesure de prédire l'issue de la crise. Toujours est-il que ses prémices ressemblent à celles de la crise de 1929. Il s'agit dans l'un et l'autre cas de surendettement massif des ménages américains. Il y a 80 ans, ces ménages s'étaient surendettés pour acheter des actions et profiter du boum boursier. Cette fois-ci, ils se sont surendettés pour se loger, tout simplement.

France : Attali et «la République des imbéciles»

300 décisions pour changer la France Le député Claude Goasguen (UMP) s'étant inquiété de l'émergence d'une «république des experts» après que le président de la République eut avalisé le rapport de Jacques Attali, ce dernier rétorque sur Europe 1, le 28 janvier, que ledit député aurait fait bonne figure dans une «République des imbéciles»...
Nous vous proposons une analyse critique du rapport présenté le 18 janvier 2008 par Jacques Attali : 300 décisions pour changer la France.

Le rapport Attali

9 janvier 2008. «Je crains qu'une guerre au Moyen-Orient ou dans le monde musulman n'ait des répercussions graves au Pakistan, plutôt qu'en Iran», déclare au quotidien panarabe Al-Hayat Mohamed Elbaradei, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA, Vienne). Il poursuit : «Je crains que le chaos (...) ou un régime extrémiste ne s'installe dans ce pays doté de 30 à 40 armes [nucléaires]» et se dit «inquiet sur le fait que l'arme nucléaire puisse tomber entre les mains d'un groupe extrémiste au Pakistan ou en Afghanistan» (*). Ces propos prennent à contrepied le président George W. Bush qui, après avoir semé le chaos en Irak et cultivé une alliance contre nature avec le Pakistan, s'apprête à en découdre avec l'Iran.

4 janvier 2008. Le Dakar annulé. Ce rallye automobile à travers les pays du Sahel paraissait à beaucoup obscène, du point de vue écologique comme du point de vue éthique. Mais l'on peut regretter que la décision d'y mettre un terme ait été prise, non pour ces raisons mais en réponse aux menaces d'attentat d'Al-Qaida. C'est un mauvais signal adressé aux terroristes que de leur laisser croire qu'en assassinant quelques touristes dans un pays ou un autre, hier la Mauritanie, demain peut-être le Sénégal, ils peuvent conduire à l'abandon de ce pays par les diplomates et les touristes occidentaux.

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