- Janvier 2008 : Que restera-t-il de 2007 dans 30 ans ?
- Novembre 2007 :
Sarkozy comme Giscard
Non-assistance à la Belgique - Octobre 2007 :
La Cité de l'Immigration
Rendez-vous Iran-Occident - Septembre 2007 : Menaces sur la diversité linguistique !
- Mai 2007 : premiers pas de Nicolas Sarkozy
Vrai ou faux changement ?
Fin de l'«état de grâce» ? - Avril 2007 :élections présidentielles françaises
Le retour de la Nation ?
Un roi sans couronne
3 candidats face à l'Histoire - Janvier 2007 : Que restera-t-il de 2006 dans 30 ans ?
A quel architecte français doit-on les plans de Washington ? Réponse
Nous commentons ici les faits d'actualité qui, de notre point de vue, laisseront une trace dans l'histoire...
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L'actualité vue par Herodote.net
27 décembre 2007. La réélection contestée du président Kibaki suscite des émeutes violentes qui se transforment progressivement en luttes ethniques entre Kikouyous et Luos.
Grand comme la France et moitié moins peuplé (34 millions d'habitants), le Kenya faisait jusqu'ici figure de havre de paix en Afrique orientale. Le tourisme et l'agriculture lui assuraient de saines ressources. Si le conflit venait à dégénérer, ce serait pour l'ensemble du continent un très mauvais signal, comme l'effondrement de la Côte d'Ivoire en 1999.
27 décembre 2007. Benazir Bhutto, ancienne Premier ministre du Pakistan, devenue la caution démocratique du dictateur Pervez Moucharraf, est tuée dans un attentat suicide. Ce drame fragilise à l'extrême le Pakistan, poudrière islamiste, dictature inefficace, puissance nucléaire en guerre larvée avec l'Inde, qui abrite dans ses zones frontalières Ben Laden. Au risque de nous répéter, il serait temps que les dirigeants occidentaux et les «experts en stratégie» s'intéressent à ce qui se passe dans ce pays plutôt que de faire une fixation sur l'Iran voisin. On ne le pacifiera pas (bien au contraire) en arrosant son oligarchie de dollars comme persiste à le faire George Bush depuis 2001.
L'histoire longue aussi bien que l'histoire récente et la démographie (voir Emmanuel Todd et Youssef Courbage : Le rendez-vous des civilisations) attestent que le Pakistan est une menace pour la paix mondiale autrement plus dangereuse que l'Iran. Prions que l'attentat de Rawalpindi ne fasse pas écho à un autre attentat, il y 97 ans, à Sarajevo. Ce serait le cas si le Pakistan (160 millions de musulmans dont 50 millions de chiites) venait à tomber comme l'Afghanistan voisin aux mains d'Al Qaida...
19 décembre 2007. Le très contestable Jacob Zuma (65 ans) est élu à la présidence de l'ANC (African National Congress), le parti gouvernemental de l'Afrique du Sud. Le nouvel élu, qui a été accusé de viol et de corruption et s'est ridiculisé par ses déclarations sur l'homosexualité ou le sida, a de bonnes chances de présider le pays en 2009. Beaucoup appréhendent cette éventualité, à commencer par le vieux Nelson Mandela.
13 décembre 2007. Les 27 chefs d'État ou chefs de gouvernement de l'Union européenne ont paraphé le traité de Lisbonne, ou «traité modificatif». Ce texte qualifié par les représentants français (et eux seuls) de «traité simplifié» ou «mini-traité», reprend l'essentiel du «traité constitutionnel» que les Français et les Néerlandais ont rejeté par référendum à une forte majorité les 29 mai et 2 juin 2005.
Herodote.net a manifesté dès la clôture du «Grenelle de l'environnement» son scepticisme à propos de cette opération, au demeurant très réussie sur le plan médiatique. Les faits nous donnent raison. Il ne s'est pas écoulé un mois avant que les organisations écologistes ne rompent l'«union sacrée» et ne dénoncent la duplicité du gouvernement. À ce jour, le résultat le plus tangible du Grenelle est la relance des publicités pour l'achat de petites cylindrées françaises...
lire notre éditorial : «Le réchauffement climatique ?... Connais pas»
11 décembre 2007. Attentat meurtrier à Beyrouth contre un général chrétien. Le Liban n'arrive toujours pas à se doter d'un président par la faute de la Syrie qui persiste à bloquer toute issue pacifique à la crise constitutionnelle. C'est un camouflet pour la diplomatie française qui avait hâtivement renoué avec Damas dans les dernières semaines.
Trois décennies de guerre civile ont eu raison du multiconfessionnalisme religieux qui faisait l'originalité du Liban. Peu à peu chassés du pays, les chrétiens, autrefois majoritaires, ne représentent plus qu'un quart de la population. Leur élimination totale du Liban comme de tout le Moyen-Orient (à l'exception d'Israël) est désormais prévisible à l'horizon d'une génération, comme en témoignent les appels à l'aide que viennent de lancer pour la première fois les chefs religieux de la région.
Faute d'adversaire extérieur, les communautés musulmanes pourraient alors s'entre-déchirer comme jamais.
3 décembre 2007. Un rapport des services secrets américains établit que l'Iran a gelé son programme nucléaire militaire «à la fin de l'année 2003». Ce constat met en porte-à-faux le président George Bush, qui considère la bombe iranienne comme imminente et menace Téhéran de frappes ciblées si les Iraniens persistent dans leur programme nucléaire. En prenant pour argent comptant les rodomontades antisémites du président Ahmadinejad, il ignore que l'autorité de celui-ci est restreinte et de plus en plus contestée.
1er décembre 2007. Les forces spéciales turques ont fait une première incursion dans le Kurdistan irakien, mettant à exécution les menaces du gouvernement à l'encontre des guerilleros kurdes. La Turquie, que d'aucuns voient déjà comme un futur membre de l'Union européenne, se révèle plus que jamais adepte de la manière forte vis-à-vis de sa minorité kurde. Notons que les autorités turques mettent autant d'énergie à traquer leurs minoritaires kurdes que de bienveillance à faciliter le transit des clandestins de toutes origines désireux de s'établir dans l'Union européenne...
Président de la République française depuis le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy affiche sa volonté de rupture. Son parcours présente de frappantes similitudes avec celui de Valéry Giscard d'Estaing, il y a 33 ans...
7 novembre 2007 : après que les élus flamands aient rompu avec la tradition belge du compromis, la Belgique est au bord de la scission.
Le triomphe des particularismes en Belgique et, demain, pourquoi pas? dans le reste de l'Europe, pourrait porter un coup fatal à la solidarité entre les peuples européens, fondement de l'Union...
22 octobre 2007. Les enseignants français sont invités à célébrer la Résistance à travers la lettre de Guy Môquet.
Le Conseil européen adopte à Lisbonne un «traité modificatif» (en anglais «Reform Treaty»). Il clôt ainsi la crise institutionnelle ouverte par le traité de Nice (2000) et portée à son paroxysme par l'échec du traité constitutionnel (2005).
Le texte doit être signé le 13 décembre 2007 sous le nom de traité de Lisbonne.
Il ne s'agit en rien d'un traité «simplifié». Le document reprend en les édulcorant les propositions de feu le traité constitutionnel. C'est ainsi qu'il ne retient ni le terme de Constitution ni les symboles (drapeau, hymne, devise) ; la référence à une «concurrence libre et non faussée» est rejetée en annexe ; à partir de 2014, la France ne sera pas mieux représentée à la Commission européenne qu'un autre Etat, qu'il s'agisse de Malte (300.000 habitants) ou du Luxembourg (600.000 habitants).
Principales différences avec le traité constitutionnel : il ne remplace pas les traités existants mais les modifie, d'où son nom ; il sera ratifié par voie parlementaire et non plus par référendum (sauf en Irlande)...
18 octobre 2007. La France paralysée par une grève des transports. L'avenir dira s'il s'agit d'un baroud d'honneur des syndicats face à la réforme des régimes de retraite spéciaux.
10 octobre 2007. Inauguration en catimini à Paris, près du bois de Vincennes, d'une Cité de l'Immigration, en lieu et place du musée des arts africains et océaniens.
9 octobre 2007. Funérailles en Turquie de 13 soldats tués par des maquisards kurdes. Le premier ministre Erdogan, en accord avec les chefs militaires, envisage publiquement une intervention militaire au Kurdistan irakien...
Rappelons que la Turquie est candidate à l'adhésion à l'Union européenne, que les partisans de cette adhésion y voient un facteur de paix et de tranquillité pour eux-mêmes et que le président Sarkozy, en rupture par rapport à ses promesses de campagne, n'y fait plus obstacle.
1er octobre 2007. Entrée en vigueur de la loi sur la défiscalisation des heures supplémentaires, principale disposition du «paquet fiscal» voté cet été, clé de voûte de la relance économique. Elle devrait coûter 5 à 8 milliards d'euros par an à l'État. Cette «usine à gaz» législative a pour objectif de corriger une autre «usine à gaz», la loi sur les 35 heures.
26 septembre 2007. Les députés français ratifient le protocole de Londres sur les brevets. D'aucuns y voient une menace pour le statut de la langue française et la diversité linguistique en Europe...
lire l'article
21 septembre 2007. François Fillon, en déplacement en Corse, se déclare «à la tête d'un État en situation de faillite».
18 septembre 2007. Le président Sarkozy promet un «nouveau contrat social» mais, pour ne pas heurter les syndicats, il renonce à fixer une date butoir à la réforme des régimes spéciaux de retraites (voir La Croix) !
16 septembre 2007. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, emporté par une emphase très peu diplomatique, évoque le risque d'une guerre avec l'Iran au cas où ce pays poursuivrait ses projets nucléaires.
Ce propos suit de quelques semaines celui du président Nicolas Sarkozy sur l'éventualité d'un «bombardement de Téhéran».
Le gouvernement français se rapproche ainsi de George Bush, qui diabolise l'Iran tout en flattant le Pakistan voisin, pays autrement plus dangereux pour la paix mondiale...
lire notre éditorial : Iran-Occident, les rendez-vous manqués
14 septembre 2007. Sarkozy : «Je veux 3% de croissance économique» (Le Monde). Rendons grâce au Président pour son volontarisme. Mais s'il suffit qu'il émette un voeu pour que celui-ci se réalise, regrettons son manque d'ambition. Pourquoi n'exige-t-il pas 10% de croissance comme en Chine ? et la paix au Proche-Orient en prime ?... Il est vrai que Nicolas Sarkozy, sur les sujets sensibles (dette, économie, réforme des institutions, Europe,...), continue de parler comme le candidat qu'il était il y a quelques mois («je veux...», «je souhaite...») plutôt qu'en président («j'ai décidé...») (*).
Tragédie russe. Les Russes meurent en moyenne plus jeunes que leurs grand-parents du temps de Staline
et la diminution de la population amorcée en 1992, pour cause d'alcoolisme et de mauvaise hygiène, tend à s'accélérer. Cette crise démographique n'a pas de précédent dans un État en paix. Elle atteint qui plus est le pays le plus vaste de la planète, aggravant ses difficultés à exploiter son territoire et le protéger des convoitises extérieures (Chine, Japon,...).
Il va sans dire que cette tendance rend vaine la prétention du président Vladimir Poutine à maintenir son pays parmi les Grands. Le pétrole n'est pas tout...
lire l'article du professeur Gérard-François Dumont : Dépopulation de la Russie
6 septembre 2007. Le Monde rend compte en page 3 d'un rapport des Renseignements Généraux sur le phénomène des bandes en France. «On assiste à un retour sensible du phénomène de bandes ethniques composées en majorité d'individus d'origine subsaharienne, arborant une appellation, des codes ou signes vestimentaires inspirés des groupes noirs américains», peut-on lire.
«Ces formations délinquantes constituées en majorité d'individus originaires d'Afrique noire ont la particularité d'instaurer une violence tribale ne donnant lieu à aucune concession», avec un «rejet violent et total des institutions» et un «total détachement quant à la gravité de l'acte commis».
lire l'article du Monde : Les bandes sous la loupe des renseignements généraux
5-26 septembre 2007. Des moines bouddhistes manifestent contre la dictature qui sévit en Birmanie depuis 45 ans. Après deux semaines d'atermoiements, l'armée du vieux général-dictateur Than Shwe noie dans le sang la «révolution safran» (couleur de la robe des bonzes). La nuit retombe sur la Birmanie. Pékin, ultime soutien de la junte de Rangoon, peut se féliciter du retour à l'ordre...
Rappelons que Bernard Kouchner, avant d'être ministre des Affaires étrangères, a été commis par le groupe Total pour le dédouaner de l'accusation d'employer en Birmanie des travailleurs forcés.
29 août 2007.
La Constitution gaullienne de 1958, ce texte «gravé dans le marbre», apparaît aujourd'hui moins digne de respect qu'une directive européenne sur l'heure d'été.
Après qu'elle ait connu une douzaine de modifications en quinze ans, voilà que le secrétaire d'État pour les Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, envisage sans être contredit par le président de la République de la modifier à nouveau en abrogeant un amendement vieux d'à peine deux ans («l'adhésion d'un État à l'Union européenne est soumis[e] au référendum...», art 88-5) ! Cette désinvolture menace de fait l'État de droit.
Effet de serre. Canicule en 2003, cyclones en 2005, inondations et canicules cet été, fonte de la banquise, dégel du permafrost sibérien...
Le réchauffement climatique nous prépare pour les prochaines années le plus grave bouleversement de l'Histoire humaine. Pendant ce temps, nous débattons doctement de la franchise médicale ou du téléchargement de la musique sur internet:-)
Les causes du réchauffement sont bien identifiées : pillage des ressources naturelles, tout-automobile et avion à prix cassé. La solution passe par une taxation progressive et de plus en plus forte de l'énergie (compensée par une baisse ou une suppression des autres impôts ou taxes) ainsi que par le resserrement spatial des villes.
Le «Grenelle de l'environnement» prévu à Paris en octobre se gardera d'aborder ces sujets impopulaires et s'en tiendra à des débats sur l'ours des Pyrénées, les OGM, les éoliennes et les biocarburants.
29 août 2007. Abdullah Gül, candidat du parti islamiste (Parti de la justice et de la démocratie, AKP), est élu président de la République turque par le Parlement. Les élections législatives anticipées du 22 juillet avaient consolidé la primauté de l'AKP en lui donnant 47% des voix. C'est un désaveu pour l'état-major militaire qui s'accroche aux principes de laïcité édictés par Moustafa Kémal. Mais les islamistes et les militaires se rejoignent dans leur méfiance à l'égard des autonomistes kurdes. Une guerre préventive contre le Kurdistan autonome d'Irak demeure plausible. Quel parti prendrait l'Union européenne dans cette éventualité ?...
Trois à cinq millions de morts. C'est le bilan estimé de la guerre qui sévit depuis 1998 dans la région des Grands Lacs africains, dans l'est du Congo «démocratique» (ex-Zaïre). Saigné à blanc par la corruption sous la dictature de Mobutu, le pays a été déstabilisé après le génocide rwandais
par l'irruption de réfugiés puis l'intervention des milices de Kabila et de ses alliés africains. C'était juste un rappel sur une guerre (la plus meurtrière depuis 1945) que l'on nous reprochera peut-être plus tard d'avoir ignorée...
lire l'article du Potentiel : Congo-Kinshasa, «première guerre africaine» déjà oubliée
27 juillet 2007. Un ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, mis en examen pour «complicité de dénonciation calomnieuse» et son domicile perquisitionné. Son crime ? Il a (peut-être) glissé le nom de certains adversaires dans une liste de détenteurs de comptes à l'étranger (Clearstream) pour salir leur image. Après 25 ans de délits d’initiés et abus de biens sociaux restés en grande partie impunis, voilà la justice mobilisée pour une affaire qui ne s’écarte pas des coups bas que se livrent quotidiennement les hommes politiques. Il est vrai que la principale victime, qui s'est portée partie civile, n’est autre que Nicolas Sarkozy. Le président montre par là son sens des priorités. Que ne s’inspire-t-il de son lointain prédécesseur Louis XII (ex-duc d'Orléans) : «Le roi de France ne venge pas les injures du duc d'Orléans» ?.
23 juin 2007. À Bruxelles, les 27 chefs d'État et de gouvernement européens se sont mis d'accord sur la rédaction avant la fin de l'année d'un «traité modificatif» destiné à relancer l'Union.
Selon la chancelière allemande Angela Merkel, qui en est l'initiatrice principale, le nouveau traité européen, faussement appelé en France «traité simplifié», n'est pas autre chose que le traité constitutionnel de 2005 (apuré de quelques références irritantes au drapeau ou à l'hymne). On y retrouve le principe d'une présidence stable (2 ans et demi), l'extension du vote à la majorité qualifiée, un «haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité», l'introduction progressive du vote à la double majorité (55 % des États membres et 65 % de la population), la reconnaissance de la valeur contraignante de la Charte des droits fondamentaux (sauf pour le Royaume-Uni)...
10 juin 2007. Les élections fédérales belges traduisent une nouvelle poussée du parti indépendantiste flamand. La Belgique, officiellement née en 1830, a forgé sa personnalité au Moyen Âge dans la lutte contre le roi de France.
La voilà en passe de disparaître parce que des Flamands veulent tirer vengeance de l’ancienne prédominance francophone et ne supportent plus de subventionner l’économie wallonne.
Cette querelle survient au cœur de l’Union européenne, dont le siège est lui-même en Belgique et alors que l’on se gargarise dans les instances bruxelloises de beaux discours sur l’intégration européenne. Et tandis que les Flamands se désolidarisent de leurs voisins wallons, on négocie l’adhésion de 70 millions de Turcs autrement plus pauvres que les Wallons ! Que reflète cette contradiction sinon que la rhétorique européenne tourne désormais à vide ? (voir La Croix).
Premiers pas du président Sarkozy... Nous avons comparé ce que promettent d'être les 6 premiers mois de la présidence Sarkozy à ce que furent les 6 premiers mois de Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac. Vrai changement ou fausse rupture ?... lire l'article
10-17 juin 2007 : l'Histoire en direct sur les plateaux télé ! L'opposition parlementaire a amorcé un redressement imprévu entre les deux tours des élections législatives... lire l'article
16 mai 2007 : le président Sarkozy a décidé le jour de son investiture que la lettre de Guy Môquet à ses parents serait désormais lue aux lycéens à chaque rentrée scolaire. Émouvante à souhait, cette lettre relève de l'intimité et de circonstances heureusement exceptionnelles : «Ma petite maman, je vais mourir...». N'aurait-on pu trouver mieux pour engager les jeunes Français à aborder la vie avec confiance, d'autant que Guy Môquet, victime innocente, n'a pas à proprement parler résisté à l'occupant nazi ?... lire l'article
Les élections présidentielles françaises ont débouché le dimanche 6 mai sur le triomphe de Nicolas Sarkozy (51 ans). C'est une nouvelle génération qui accède aux commandes du pays même si le vainqueur doit une bonne part de son succès au vote massif en sa faveur des retraités...
Cette élection cumule les surprises. Il y a d'abord le taux de participation : environ 85% ! Ensuite l'effondrement de l'extrême-gauche et de l'extrême-droite. Enfin, l'émergence d'un centre autonome autour de François Bayrou (7 millions de voix au premier tour).
Le parti socialiste n'a pas réussi à temps sa mue vers la social-démocratie. Cela n'a pas empêché sa candidate Ségolène Royal d'afficher un large sourire dès l'annonce des résultats, étrange pied-de-nez aux millions de ses électeurs qui étaient dans la peine...
Signe des temps nouveaux ? les chaînes de télévision ont largement ignoré François Bayrou mais tendu le micro au chanteur Johnny Halliday, ami du vainqueur...
Autre surprise de la soirée : le futur président a dîné au Fouquet's, un restaurant huppé des Champs-Élysées, au milieu de ses amis du show-biz, pendant que ses partisans ordinaires se trémoussaient sur la place de la Concorde. Nicolas Sarkozy n'a consenti à les rejoindre qu'un quart d'heure, le temps d'un discours et d'une Marseillaise avec Mireille Mathieu et Enrico Macias, des chanteurs d'avant 1968.
Dans l'ordre du symbole, il est troublant que Nicolas Sarkozy ait choisi de passer à l'étranger (Malte), sur un yacht de luxe, ses premiers jours d'élu du peuple français et qu'il ait boudé la commémoration du 8 mai (fin du nazisme) mais pas celle du 10 mai (loi Taubira et «repentance»). Souhaitons qu'il se hisse sans trop tarder à la hauteur requise par la fonction de président de la République... Souhaitons que l'élection soit pour cet ambitieux-né un commencement et non une fin...
lire le portrait au vitriol du nouveau président publié par Marianne
Les élections présidentielles se tiendront en France les 22 avril et 6 mai prochains. Aucune autre démocratie moderne ne confère autant de pouvoirs au président de la République, véritable roi sans couronne... lire l'article
Dans ces conditions, la personnalité de l'élu a-t-elle beaucoup d'importance. Que dire des trois principaux postulants ?... lire l'article
Dans la dernière ligne droite de la campagne, voilà que les débats se sont focalisés sur la Nation et l'identité nationale... lire l'article
Encouragé par le succès planétaire du roman et du film Da Vinci Code, le réalisateur James Cameron (Titanic) vient de sortir une docu-fiction sur le «vrai tombeau de Jésus». Sophie Laurant (Le Monde de la Bible) a interrogé les archéologues sur la réalité qui se cache derrière cette annonce.
Lire le Monde de la Bible : Des cinéastes auraient découvert la « tombe de Jésus »
Le Monde de la Bible (mars-avril 2007) a recherché les références à la Bible et à la religion dans les discours des trois principaux candidats aux élections présidentielles françaises (22 avril et 6 mai 2007) :
- Nicolas Sarkozy, candidat de la majorité sortante et favori des médias,
- Ségolène Royal, socialiste hors-normes qui a su s'imposer à son parti,
- François Bayrou, démocrate du centre, qui s'est immiscé au coeur de la campagne à la surprise générale.
Les conclusions de Jean-Luc Pouthier, directeur de la rédaction du Monde de la Bible, ne manquent pas de surprendre :
Au total, «le discours le plus biblique, prophétique presque de bout en bout, semble être celui de Ségolène Royal. L'attitude la plus laïque est celle de... François Bayrou (...). Quant à Nicolas Sarkozy, il est de loin celui qui cite le plus le passé chrétien de la France (...) mais est aussi celui qui comporte à première vue le moins d'allusions, implicites ou explicites, à la Bible».
Époustouflant. Rien ne prouve que le réchauffement climatique soit dû à l´homme, nous explique un éminent scientifique dans Le Monde du 7 février (page 20). Et de dénoncer une collusion entre scientifiques et politiques. «Lorsque les scientifiques et les politiques font bloc, ça ne présage rien de bon...» écrit-il. «Voir les précédents historiques».
Cette opinion en vaut une autre mais voyons les précédents historiques sur lesquels elle s'appuie :
- Le premier ? «Lorsque Galilée a conclu que la Terre était ronde, le consensus unanime était contre lui, s´accordant sur la platitude de la Terre». L´auteur ignore-t-il que le Grec Ératosthène a mesuré le rayon de la Terre 1800 ans avant Galilée ? Que lui-même et tous les gens cultivés qui l´ont suivi savaient parfaitement que la Terre était ronde ? Que Magellan et Del Cano ont fait le Tour du Monde un siècle avant Galilée ?
Rappelons enfin ce que sait tout bon collégien, que Galilée a été jugé par l'Inquisition pour avoir imprudemment développé la théorie de Copernic sur la rotation de la Terre autour du Soleil («Eppur si muove !»).
- L´autre précédent historique est du même tonneau : «A l´époque nazie, la théorie de la relativité fut rejetée... avec à l´appui une pétition de grands scientifiques».
S'il est vrai que des scientifiques nazis ont prétendu dès les années 1920 nettoyer la science allemande de toute trace non-aryenne, aucun n'a pour autant sérieusement contesté la théorie de la relativité car celle-ci avait dès 1919 recu une confirmation expérimentale éclatante avec la mesure par l´Anglais Eddington de la déviation des rayons lumineux des étoiles à proximité du Soleil, à la faveur d´une éclipse, selon les prévisions d'Einstein.
Faut-il insister ? Ces erreurs témoignent d'un manque de rigueur qui invalide le rapprochement entre climatologues d'aujourd'hui, inquisiteurs et savants nazis que fait l'auteur, Serge Galam, physicien au CNRS et chercheur en épistémologie (l'étude des sciences !) à Polytechnique (*). Elles nous interpellent aussi sur le manque de sérieux du Monde qui ouvre ses colonnes à ce «négationnisme climatique» comme, en 1979, au «négationnisme génocidaire» de Faurisson.
Paradoxe : le chroniqueur Alain Duhamel, coupable d'avoir confessé en comité restreint son penchant pour le candidat François Bayrou, s'est exclu des médias pour toute la durée de la campagne pour l'élection du président de la République française.
Pourquoi pas ?... Mais que l'on se rappelle le référendum sur la Constitution européenne en 2005 ! La plupart des journalistes de la presse écrite et audiovisuelle n'ont pas craint de prendre parti, en général en faveur du Oui, et cela n'a nullement gêné les censeurs. A-t-on songé à interdire d'antenne Bernard Guetta et tant d'autres malgré leurs prises de position ardentes ?...
Que restera-t-il de 2006 dans trente ans ? C'est la question que nous avons posée à nos lecteurs.
Voici les résultats et vos commentaires...
Le premier commentaire sur cet article :
michel.bienvenu (11-01-2008 22:05:59)
Herodote.net vous répond :
Nous voulons dire de façon ramassée qu'en acceptant de participer aux élections voulues par Moucharraf, Bhutto validait celles-ci et leur donnait un caractère démocratique qu'elles n'auraient pas eu dans le cas contraire.
Les Amis d'Hérodote peuvent envoyer un commentaire sur cet article.
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