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Le dictionnaire de l'Histoire

chevalerie



 

Au temps de Charlemagne, on privilégie la guerre à cheval. Les guerriers à cheval ou «chevaliers» bénéficient d'une innovation technique : l'étrier, qui leur donne une grande stabilité. Conjugué à une armure en cuir ou en métal, il leur assure une quasi-invincibilité face aux fantassins (combattants à pied).

D'apparence redoutable, l'armure médiévale pèse au maximum 20 à 30 kilogrammes ; pas plus que la charge imposée aux soldats modernes. Bien articulée et répartie sur tout le corps, elle permet au combattant de conserver sa liberté de mouvement, de monter et descendre seul de cheval, voire de courir.

D'origine paysanne aussi bien que noble, les premiers chevaliers sont des hommes avant tout assez aisés pour s'offrir le luxe d'un cheval et d'une armure. Ils vivent dans les villes comme dans les campagnes. Ils partagent leur temps entre la guerre, la chasse et les tournois, ces derniers étant parfois plus meurtriers que la guerre elle-même.

Dès l'An Mil, en France puis dans le reste de l'Europe occidentale, noblesse et chevalerie en viennent à se confondre : les nobles adoptent les pratiques guerrières des chevaliers et bon nombre de chevaliers se hissent dans la noblesse. Celle-ci devient héréditaire et prend la forme d'un groupe social fermé. Les seigneurs empêchent tout fils de paysan d'y accéder et la solidarité familiale préserve tout fils de chevalier d'en être exclu.

L'entrée dans la chevalerie se fait dans la quatorzième année au cours d'une cérémonie appelée «adoubement». Le postulant se voit remettre par son père ou son oncle l'épée et le baudrier (protection de la poitrine en cuir ou en métal), symboles de sa vocation. Puis il reçoit un coup au visage, la «paumée», souvenir d'un ancien rituel de passage (c'est afin qu'il garde le souvenir de ce jour !). Enfin, il se livre à quelques exercices par lesquels il démontre son aptitude au combat.

L'Église s'immisce dans ce rituel profane en introduisant bénédiction et nuit de prières. Par cette christianisation de l'adoubement, elle met au pas les chevaliers et leur transmet ses idéaux de paix et un certain code de l'honneur. Ainsi les chevaliers s'engagent-ils dans la défense de «la veuve et de l'orphelin». L'Église encourage aussi les «trêves de Dieu», c'est-à-dire les pauses dans les guerres privées qui mettent régulièrement à feu et à sang les campagnes.

Voir : Féodalité, Église et chevalerie