Adhérez au Amis d'Hérodote
et offrez-vous chaque dimanche quelques minutes d'évasion avec
Les Chroniques d'Hérodote
L'Afrique romaine a été déchirée par le schisme donatiste. Pour quel motif ?
RéponseLe dictionnaire de l'Histoire
cannibale, cannibalisme
Le 4 novembre 1492, tandis qu'il explore les Antilles, Christophe Colomb raconte dans son journal de bord qu'il existerait dans les îles voisines des hommes avec un museau de chien («cynocéphales»), qui mangeraient de la chair humaine. Ces fantaisies lui sont suggérées par la lecture d'Imago Mundi, un célèbre ouvrage de cosmographie médiévale.
Les chroniqueurs font bientôt le rapprochement entre les Cynocéphales anthropophages dont Colomb a entendu parler et les habitants de certaines îles des Antilles, les redoutables Cariba ou Caraïbes (d'un mot amérindien qui veut dire hardi). Du coup, par déformation phonétique, leur nom va devenir un mot commun pour désigner les mangeurs de chair humaine : les cannibales.
À la fin du siècle suivant, le cannibalisme est évoqué par Jean de Léri, un protestant qui a participé à une tentative de colonisation française dans la baie de Rio (Brésil). En 1573, réfugié à Sancerre pendant les guerres de religion, il voit des parents réduits à la famine se résoudre à manger le cadavre de leur enfant. Cela le décide à écrire le récit de son voyage au Brésil, quinze ans plus tôt, et à établir une comparaison entre ce cannibalisme ultra-violent et celui, très ritualisé, qu'il a observé chez les Indiens Tupi.
À la même époque, Montaigne, qui s'est informé sur les moeurs des Amérindiens par l'intermédiaire d'un domestique qui a vécu au Nouveau Monde, écrit des pages remarquables sous le titre Des cannibales : «Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage». Le débat demeure actuel.






