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Les présidents de la République française
• 28 septembre 1958 : naissance de la Ve République
• 10 janvier 1959 : les «ballets roses de la République»
• 29 octobre 1959 : Astérix s'éclate
• 11 octobre 1963 : mort d'Edith Piaf et Jean Cocteau
• 10 juillet 1969 : Couve de Murville à Matignon
• 5 juillet 1971 : scandale de la Garantie foncière
• 2 avril 1974 : mort du président Pompidou
• 19 mai 1974 : Giscard d'Estaing élu président
• 23 janvier 1978 : enlèvement du baron Empain
• 10 mai 1981 : élection de Mitterrand
• 22 septembre 1981 : inauguration du TGV
• 15 janvier 1990 : le Carrefour du développement est amnistié
• 20 septembre 1992 : référendum sur le traité de Maastricht
• 7 mai 1995 : élection de Chirac
• 5 mai 2002 : réélection troublée de Chirac
• 6 mai 2007 : élection de Nicolas Sarkozy
• 6 mai 2012 : élection de François Hollande
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Un an après son élection, Jacques Chirac est jugé sévèrement d'après un sondage BVA (France 3, 1min 40s).
La première année du président Chirac
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Mars 2004,

Les années Chirac (1974-2007)


La débâcle du parti de Jacques Chirac aux élections régionales des 21 et 28 mars 2004 confirme la «loi des deux ans» : quatre fois en trente ans, Jacques Chirac a pris le pouvoir comme chef du gouvernement ou président dans des conditions très favorables pour la droite et à chaque fois, il l'a perdu en deux ans, laissant son camp éreinté et la France désemparée (mise à jour : février 2007).

Pendant les trente dernières années, Jacques Chirac a dominé la vie politique française comme Premier ministre, chef de l'opposition ou président de la République. La débâcle de son parti aux élections régionales des 21 et 28 mars 2004 confirme la «loi des deux ans».

Trois fois déjà, Jacques Chirac a pris le pouvoir comme chef du gouvernement ou président. Mais il n'a jamais réussi à le conserver plus de deux ans, laissant chaque fois le pays désemparé et la droite éreintée (*).

Retour en arrière
1) 1974-1976

Jeune énarque d'origine corrézienne, brillant, dynamique et séduisant, Jacques Chirac s'est fait connaître comme ministre de l'agriculture sous la présidence de Georges Pompidou et a révélé à ce poste un talent exceptionnel pour séduire sa clientèle d'agriculteurs par de fortes paroles et des cadeaux électoraux. Il ne se départira plus jamais de ce talent.

À la mort du président, le 2 avril 1974, il convainc une partie de ses amis de l'UDR, le parti gaulliste, de soutenir le centriste Valéry Giscard d'Estaing contre le candidat de leur propre parti, Jacques Chaban-Delmas. Cette trahison lui vaut d'être nommé Premier ministre le 27 mai 1974 par le nouveau président de la République. Il a 42 ans et le président 48.

Tandis que l'Europe des «Trente Glorieuses» est frappée par la crise économique née du choc pétrolier d'octobre 1973, Valéry Giscard d'Estaing et son Premier ministre mènent tambour battant une politique hardie qui accroît le marasme économique : les contemporains se souviennent de l'indemnisation des chômeurs à 90% de leur ancien salaire ou encore de la réouverture des mines de charbon avec recrutement de mineurs au Maroc !

En 1975, pour la première fois depuis de nombreuses années, le budget de l'État français passe dans le rouge. Depuis lors, il n'a cessé d'être déficitaire.

Jacques Chirac supporte mal d'être tenu en lisière par le président de la République. Habilement conseillé par deux «éminences grises», Pierre Juillet et Marie-France Garaud, il démissionne avec éclat le 25 août 1976. Il appartiendra à son successeur, l'économiste Raymond Barre, de redresser l'économie du pays par une douloureuse et impopulaire politique de rigueur.

À la tête de l'ancien parti gaulliste, rebaptisé RPR (Rassemblement pour la République), Jacques Chirac joue son va-tout en se portant candidat à la mairie de Paris contre le candidat adoubé par le Président de la République. Il remporte la mairie contre toute attente grâce à son dynamisme et à ses réseaux.

Disposant des ressources énormes de la municipalité, il va dès lors mener la guerilla contre les giscardiens jusqu'aux élections présidentielles de 1981. Éric Raoult, militant chiraquien de la première heure, raconte dans un livre de souvenirs comment, entre les deux tours de scrutin, la direction du parti a discrètement appelé les militants à voter en faveur du candidat de la gauche...

Jacques Chirac pense, non sans raison, qu'une réélection de son rival signerait son arrêt de mort politique tandis que sa défaite et l'arrivée de la gauche au pouvoir ferait de lui le leader de l'opposition de droite. Élu président grâce à cette nouvelle trahison, François Mitterrand se lance dans des réformes radicales et brouillonnes avec Pierre Mauroy à la tête du gouvernement avant d'être contraint à un brutal retour au principe de réalité.

Le nouveau chef du gouvernement, Laurent Fabius, engage le pays dans la voie du libéralisme économique sans cesser de se réclamer du socialisme. Les dirigeants socialistes sombrent dans une impopularité sans précédent au point qu'à la veille des élections législatives de 1986, ils ne trouvent pas de meilleur slogan que d'anticiper le retour de la droite : «Au secours, la droite revient !»

2) 1986-1988

Victorieuse comme prévu, la droite impose son chef Jacques Chirac à la tête du gouvernement le 20 mars 1986. Chacun s'attend à la défaite de François Mitterrand aux présidentielles de 1988. C'est sans compter sur le nouveau Premier ministre.

Jacques Chirac braque le pays par des mesures qui empruntent à l'idéologie ultralibérale (Cette idéologie qui triomphe aujourd'hui dans le monde entier est au libéralisme moral d'Adam Smith ce que le socialisme soviétique est à la social-démocratie suédoise).

Pour imposer ses réformes, Jacques Chirac recourt aux ordonnances. Mais le 14 juillet 1986, le président Mitterrand refuse d'apposer sa signature sur l'une d'elles qui prescrit la privatisation des entreprises natonalisées avant 1981. Le Premier ministre s'incline et dès lors se laisse dominer par le Président.

Son gouvernement va essuyer une succession d'échecs, des manifestations lycéennes de l'hiver 1986, marquées par la mort d'un jeune homme, Malik Oussekine, à l'assaut sanglant de la grotte d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, en pleine campagne électorale, qui fait une dizaine de morts parmi des militants indépendantistes canaques. Ces échecs font oublier le discrédit de la gauche et François Mitterrand est réélu triomphalement à la présidence de la République (on se souvient du slogan : «Tonton, laisse pas béton [ tomber en verlan] !»).

Le deuxième septennat de François Mitterrand s'avère calamiteux. Il débute par une viscérale haine entre le président et son premier chef du gouvernement, Michel Rocard. L'Élysée est ébranlé par une vague de corruption sans précédent dans l'Histoire de la République et la droite reprend les rênes du gouvernement après les élections législatives de 1993.

Averti par l'expérience, Jacques Chirac laisse à son ami Édouard Balladur l'honneur d'entrer à l'hôtel Matignon. Après un parcours sans faute, Édouard Balladur se voit assuré d'une élection confortable aux présidentielles de 1995. Mais il commet l'erreur de lier son destin à Charles Pasqua, ex-bras droit de Jacques Chirac. C'est l'alliance de l'eau et du feu.

L'affaire Schuller, une machination de Charles Pasqua, entraîne la déroute du favori et la victoire in extremis de Jacques Chirac, lequel recueille ainsi le bénéfice de la popularité acquise par les partis de droite sous le gouvernement de son rival malheureux.

3) 1995-1997

Jacques Chirac, président de la République française de 1995 à 2007)Le nouveau président de la République,dominé par la rancune, nomme son fidèle Alain Juppé à la tête du gouvernement et exclut de celui-ci tous les partisans d'Édouard Balladur.

Dès le début de son mandat, Jacques Chirac prend fait et cause pour les Bosniaques en butte à une agression brutale de l'armée serbe. Il rompt avec la mansuétude de son prédécesseur à l'égard de Milosevic et, le 3 juin 1995, propose la création par l'ONU d'une Force de réaction rapide. Celle-ci intervient dès juillet en Bosnie contre les Serbes. Cet engagement des Occidentaux à l'initiative du président français marque un tournant dans la guerre de Bosnie.

Le 16 juillet 1995, à l'occasion du 53e anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv, le président déclare : «La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole,elle livrait ses protégés à leurs bourreaux».

Le tournant de la présidence survient dès le 26 octobre 1995. Ce jour-là, Jacques Chirac renie son discours de campagne électorale sur la «fracture sociale» et annonce une politique de rigueur pour résorber les déficits. Le gouvernement lance des réformes notables comme la suspension du service militaire vieux de deux siècles et surtout la réforme de la Sécurité Sociale. Applaudi par les parlementaires mais mal soutenu en haut lieu, le Premier ministre est victime d'un gigantesque mouvement de grève dans les services publics.

Le président, qui avait négligé de dissoudre l'Assemblée nationale dans la foulée de son élection, s'y résout deux ans plus tard, au plus mauvais moment, sur une suggestion de son secrétaire général, Dominique de Villepin, un fonctionnaire issu de la haute bourgeoisie, imbu de lui-même et qui n'a jamais sollicité les suffrages du peuple.

Les élections législatives tournent à la Bérézina. Elles amènent à l'Assemblée une majorité de gauche et, le 2 juin 1997, Jacques Chirac est contraint d'appeler à la tête du gouvernement Lionel Jospin, le chef du Parti socialiste.

Les socialistes triomphent mais ne prennent pas garde que depuis le gouvernement de Laurent Fabius, dix ans plus tôt, ils se sont progressivement coupés de leur base populaire. Ils ne représentent plus que la moyenne bourgeoisie (cadres, fonctionnaires et enseignants). Le Front national (extrême-droite) est devenu contre toute attente le premier parti ouvrier.

3 bis) 1997-2002

Pendant les cinq ans de cohabitation avec un gouvernement de gauche, le président Jacques Chirac ne reste pas inactif... Le Premier ministre et lui laissent la Côte d'Ivoire s'embourber dans une guerre civile. C'est la ruine du fleuron de l'Afrique francophone, un pays africain que d'aucuns voyaient sur le point de sortir du sous-développement.

En 1999, les deux co-dirigeants français privatisent le consortium Airbus, fleuron industriel de l'Europe, fruit d'une remarquable coopération intergouvernementale. Malgré leur prééminence dans cette entreprise, les Français concèdent aux Allemands une direction collégiale et un partage strict des ressources (usines, emplois). Plombée par ce marchandage insensé, EADS va imploser en 2006, ressuscitant pour le pire les dissensions franco-allemandes enterrées quatre décennies plus tôt par de Gaulle et Adenauer.

Plus grave : en 2001, le duo Chirac-Jospin amène les chefs d'État européens à signer le calamiteux traité de Nice. Il entraîne l'Union dans une course à l'élargissement tout en diluant les liens entre les États membres. Pour tenter de sortir de l'impasse, les Européens élaborent dans l'urgence un traité constitutionnel mais celui-ci est rejeté par les Français et les Néerlandais en mai-juin 2005. Ils n'admettent pas en particulier que l'Union reporte sa frontière jusqu'au coeur du Moyen-Orient et du Kurdistan avec l'élargissement à la Turquie.

3) 2002-2007

Cataclysme aux élections présidentielles d'avril 2002. Une bonne partie des électeurs de gauche dédaignent de voter pour leur candidat naturel, Lionel Jospin,et c'est Jean-Marie Le Pen, candidat du Front National, qui affronte au second tour le président sortant, Jacques Chirac. Ce dernier n'a que 20% des suffrages du premier tour (c'est le plus mauvais résultat qu'ait jamais eu un président de la Ve République) mais il est élu haut la main au second tour par la gauche et la droite réunies avec 82% des suffrages.

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'attire la confiance de l'opinion et prend le risque d'entamer les réformes structurelles qu'attend le pays. Il commence non sans mal à abolir l'écart entre les durées de cotisations retraite entre secteur public (37,5 ans) et secteur privé (40 ans) qu'avait introduit son prédécesseur Édouard Balladur. Fort de ce premier succès, il annonce de nouveaux chantiers.

Le temps presse. La dette publique grossit de plus en plus vite, tandis que la paralysie gagne les administrations et les services publics victimes de leurs rigidités statutaires (Éducation nationale et recherche, hôpitaux, justice, administration des impôts ...). Historiens et économistes se rejoignent dans le diagnostic sur la crise de la société française.

Chaque citoyen comprend au fond de lui-même la nécessité de réformer la gestion corporatiste de la Sécurité Sociale héritée du régime de Vichy et le statut de la fonction publique inspiré par les communistes à la Libération. Ce statut fige les carrières des fonctionnaires et conduit à multiplier les emplois administratifs au lieu d'optimiser ceux qui existent...

Mais en juillet 2003, patatras, le président de la République réaffirme urbi et orbi sa promesse électorale de baisser de 30% l'impôt sur le revenu pendant son quinquennat, en contradiction flagrante avec la politique de rigueur que justifie l'état des finances publiques. Jean-Pierre Raffarin commet la faute d'endosser cette promesse au lieu de jeter sa démission dans la balance. Il doit dès lors assumer une succession de mesures clientélistes et de réformettes qui frisent le ridicule (suppression du lundi de Pentecôte).

Le compte à rebours est engagé jusqu'à la débâcle des élections régionales des 21 et 28 mars 2004 (*). Le président porte Dominique de Villepin, son éminence grise, à la tête du gouvernement après ce nouvel échec. Et, dans son souci de désamorcer les frondes antigouvernementales, il renonce jusqu'au mot de «réforme».

Arrive le fiasco du référendum sur le traité constitutionnel européen (29 mai 2005), l'acceptation de la candidature turque à l'Union européenne et, cerise sur le gâteau, la déculottée française devant le comité olympique, à Singapour, pour la candidature de Paris aux JO de 2012. À l'été 2006, la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, fait voter une résolution pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah libanais mais se défile lorsqu'on lui demande, comme elle l'a promis, de prendre la tête des troupes chargées de mettre en application la résolution... et c'est la modeste Italie de Romano Prodi qui s'y colle ! La parole de la France au Conseil de sécurité s'en trouve derechef démonétisée.

La liste n'en finit pas de s'allonger des démocraties modernes avec lesquelles se fâche la France chiraquienne. En guise de consolation, le président courtise les leaders populistes d'Amérique latine et du monde arabe et multiplie les déclarations tiermondistes ou altermondialistes.

Bénéficiant jusqu'au bout de la mansuétude des dirigeants de la droite dite gaulliste, Jacques Chirac arrive à bout de souffle au terme d'une carrière exceptionnellement longue et chaotique.

La France seule contre tous

Même les plus virulents adversaires de Jacques Chirac lui savent gré de son opposition au président américain George Bush Jr sur le dossier irakien au printemps 2003. Comme les Allemands, les Russes et quelques autres grands pays, les Français ont refusé à bon escient de participer à l'invasion de l'Irak et au renversement du dictateur Saddam Hussein.

On peut toutefois se demander si la position bravache du président était bien pertinente. Tandis que les Russes et les Allemands se sont abstenus d'intervenir en Irak sans esclandre inutile, Jacques Chirac a choisi l'opposition frontale avec Washington et Londres, une opposition il est vrai payante en termes d'image dans l'opinion française et auprès des populations du tiers monde.

Le président n'a pas hésité non plus à tancer les pays d'Europe centrale coupables de ne pas s'aligner sur les positions anti-américaines de l'axe franco-germano-russe ; son ministre de Villepin ne s'est pas contenté d'un discours flamboyant à l'ONU : maladroit, il a aussi fait la tournée des Africains du Conseil de sécurité dans l'illusion de les détourner de Washington, de sorte que le président et lui ont réussi le tour de force de couper les ponts avec les Anglo-Saxons et de se fâcher avec la moitié de l'Europe, réduisant à néant leur capacité d'intervention sur la suite des événements en Irak.

Dans La France qui tombe (Perrin, 2003), Nicolas Baverez qualifie d'Azincourt diplomatique cette gestion par la France de la crise irakienne : de brillantes initiatives pour un résultat désastreux. Pour le diplomate Hubert Védrine, plus pondéré, Jacques Chirac a eu bien évidemment raison sur le fond mais s'est fourvoyé dans la forme.

La roue tourne

2007 : Jacques Chirac, rattrapé par son âge (75 ans), renonce à se représenter pour un troisième mandat présidentiel.

L'alternative a nom Nicolas Sarkozy (50 ans). Ancien avocat, il est brillant, dynamique et séduisant... comme Jacques Chirac trente ans plus tôt. Il partage avec son aîné un extraordinaire appétit de pouvoir, la chaleur humaine en moins, le talent oratoire en plus.

Ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy révèle à ce poste un talent exceptionnel pour séduire l'électorat par de fortes paroles et des mesures spectaculaires. Il dit à chaque électeur ce qu'il attend qu'on lui dise. Ainsi multiplie-t-il les annonces fortes à l'adresse de chaque groupe sans se soucier de leur cohérence.

Il rappelle aux électeurs chrétiens qu'il est de «culture catholique» (mais ne va pas jusqu'à prétendre qu'il a la foi). Aux électeurs musulmans, il promet une réforme de la loi sur la séparation des Églises et de l'État avec financement public des mosquées à la clé. Aux électeurs de droite, il montre des immigrés clandestins renvoyés en charter vers la... Roumanie ; à ceux de gauche il promet une discrimination positive en faveur des néo-Européens ou encore le droit de vote pour les étrangers aux élections locales ...

Son credo tient en une phrase : «J'ai de l'énergie à revendre. Voyez mon menton. Voyez mes mâchoires». C'est l'anti-Blair ou l'anti-Thatcher par excellence.

Nicolas Sarkozy est-il à même de conduire les réformes sévères qu'exige la situation de l'État ? Rien n'est moins sûr. Mais l'opposition de gauche, enfermée dans une vision archaïque de la société et du monde, ne semble guère mieux placée pour réaffirmer contre vents et marées l'autorité de l'État et sortir du statu quo.

On peut s'interroger sur la maturité de la démocratie française et des citoyens de ce pays, portés à plébisciter des tribuns à l'opposé des personnalités de conviction et de caractère qui font la grandeur de la démocratie britannique, de Churchill à Blair en passant par Thatcher.

Allons-nous vers de nouveaux états généraux ? Vers un lent décrochage ?... Il y a deux cents ans, quand la France s'est engagée dans la Révolution, elle comptait une proportion de jeunes adultes plus élevée qu'à aucun autre moment de son Histoire, ceci expliquant cela. Aujourd'hui, rien de tel. La majorité des citoyens a plus de 50 ans. Le rêve de chacun, y compris des plus jeunes, est la sécurité de l'emploi et une retraite assurée. Pas de quoi faire la Révolution.

On peut toutefois espérer que la France, une nouvelle fois, se relève avec une personnalité de rassemblement, portée par le sens de l'État et un réel dévouement à la chose publique (en latin, res publica).

André Larané.
Jacques Chirac face à l'Histoire

Les rares relations du président Chirac à l'Histoire de France se font sur le ton repentant, qu'il s'agisse d'affirmer l'implication de la France dans la persécution des juifs ou de commémorer la traite négrière.

Jacques Chirac possède, il est vrai, une connaissance superficielle de l'Histoire de France et ses goûts le portent plutôt vers les arts primitifs ou «premiers». Le président élu en 1995 se distingue de ses quatre prédécesseurs par son manque de culture. Il n'a rien publié sauf en 1995 un opuscule de campagne de quelques dizaines de pages et se cantonne dans des loisirs simples : télé, radio et magazines «people».

Quelle place laissera-t-il en définitive dans l'Histoire de son pays ? Si l'on fait le bilan de ses trois décennies de pouvoir et d'influence, il apparaît comme l'un des plus décevants chefs d'État qu'ait eu la France (en-dehors de l'occupation allemande), en concurrence avec Charles X (1824-1830) et Charles VI le Fou (1380-1422).

André Larané, 23 août 2006

Publié ou mis à jour le : 2013-04-17 19:13:00

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

aguesse (12-08-200711:32:44)

Bilan, dites-vous ?
Vous être de bien mauvais comptables. Qui a supprimé le service militaire ?(vous savez, ces années que tout jeune (masculin exclusivement car je n'ai pas entendu parler de parité par les féministe sur le sujet) de 20 ans devait donner sans contrepartie. ET accessoirement qui a envoyé le contingent en Algérie ? le contingent c'est-à-dire ces fameux jeunes qui ne demandaient rien et dont un certain nombre ne sont pas revenus ou revenus dans un bien maigre état.
Je... Lire la suite

Or2 (29-06-200716:50:25)

Je trouve que M. Larané ne fait preuve d'aucune objectivité envers M. Chirac. Je suis abonné depuis plusieurs années à ce site et je n'y ai lu que des critiques envers M Chirac. Je pense que M. Larané nous décrit plus la marionnette de Chirac dans les Guignols que le véritable président de la République. Quelques exemples: après un Mitterrand impliqué jusqu'au cou dans la sinistre période de Vichy, c'était très intelligent de faire repentance pour l'histoire de France / le succès du Musée du Qua... Lire la suite

J-F becker (12-11-200617:27:16)

Bravo, cette mise au point synthétique me semble tout à fait pertinente et je dirais objective si l'objectivité n'était pas difficile à affirmer lorsqu'il s'agit d'opinions que l'on partage. Quoiqu'il en soit, je pense que le bilan est difficilement discutable


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