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Devinette

Comment appelait-on les soldats américains pendant la Grande Guerre ?

Réponse
Juin 2003
Mensonges d'État

La guerre d'Irak d'avril 2003 s'est fondée sur un mensonge d'État, de ceux dont la diplomatie américaine cultive le secret depuis un siècle.

Washington et Londres sont entrés en guerre en avril 2003 contre l'Irak au motif que le régime de Saddam Hussein détiendrait des «armes de destruction massive» dangereuses pour la paix du monde.

Le Secrétaire d'État Colin Powell s'est prêté au jeu en montrant au Conseil de Sécurité de l'ONU une ampoule de poudre blanche (anthrax) comme preuve de l'existence de ces armes. La suite a montré de façon certaine que ces armes n'existaient pas ou avaient été détruites depuis belle lurette.

Une vieille tradition du mensonge

Ce n'est pas la première fois que Washington est pris en flagrant délit de mensonge pour des motifs géostratégiques (*).

C'est ainsi qu'un banal incident frontalier a permis au président James Polk d'agresser le Mexique en 1848 et de s'emparer d'immenses territoires qui constituent aujourd'hui la Californie, l'Utah, le Nouveau-Mexique et l'Arizona. Rien que ça ! Le député Abraham Lincoln a été l'une des rares personnalités à s'élever contre cette scandaleuse agression caractérisée. Cela lui a coûté son siège à l'élection suivante.

Plus tard, l'explosion en 1898 du croiseur Maine et le torpillage en 1915 du paquebot britannique Lusitania ont permis de mobiliser l'opinion américaine en faveur de l'entrée des États-Unis en guerre contre l'Espagne et contre l'Allemagne.

L'explosion du Maine en rade de la Havane a été immédiatement attribuée par la presse américaine à l'Espagne, qui colonisait alors Cuba... C'est seulement en 1911 qu'une commission d'enquête a admis l'origine accidentelle de l'explosion, bien après que l'armée américaine eut écrasé l'armée espagnole et se soit emparé des oripeaux de l'empire colonial espagnol.

La presse américaine a aussi dénoncé le torpillage du Lusitania par un sous-marin allemand, qui a entraîné la mort de plusieurs citoyens américains. Les Allemands se sont justifiés en affirmant que le paquebot transportait des armes en cachette. Les Anglo-Saxons l'ont farouchement nié (jusqu'en 1972) et pendant près de deux ans, jusqu'en avril 1917, se sont servis de ce drame pour monter l'opinion contre l'Allemagne.

Plus près de nous, la prétendue attaque de deux destroyers américains dans le golfe du Tonkin en août 1964 a fourni au président Johnson le prétexte à des raids aériens sur le Nord-Vietnam. Enfin, chacun garde en mémoire les mensonges qui ont accompagné la guerre du Golfe en 1991, avec notamment les racontars d'une prétendue infirmière koweitienne sur les sévices des troupes irakiennes, destinés à justifier la mobilisation internationale.

Ces mensonges avérés ne sauraient justifier de grotesques calomnies à propos du 11 septembre 2001 ou des allégations fantaisistes sur la connaissance qu'aurait eu le président Roosevelt de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor.

Craignons qu'à trop abuser des mensonges d'État et à faire leur l'adage selon lequel la fin justifierait les moyens, les gouvernants de Washington ne sapent les principes moraux sur lesquels reposent la Constitution des États-Unis et plus généralement la démocratie occidentale.

André Larané.