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Le monde depuis 1914

Géopolitique mondiale (depuis 1945)
La guerre froide


Tandis que fumaient encore les ruines de l'Allemagne, chacun craignait qu'à la guerre contre le nazisme ne succède un affrontement entre les États-Unis et l'Union soviétique, les deux principaux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale.

Pendant quarante ans, le monde allait ainsi vivre dans la crainte d'un nouveau conflit généralisé.

 

Dès 1943, tandis que se profile l'effondrement de l'Allemagne nazie et du Japon totalitaire, les Alliés préparent l'après-guerre.

Le président américain Franklin Roosevelt, le dictateur soviétique Joseph Staline et le Premier ministre britannique Winston Churchill se réunissent en février 1945 à Yalta, une petite ville de la Crimée, en Union soviétique (URSS).

Ils préparent le sort futur de l'Europe et jettent les bases de l'Organisation des Nations Unies (ONU), une nouvelle organisation internationale destinée à se substituer à la Société des Nations (SDN).

Le sort des armes et les rivalités idéologiques bousculent quelque peu ces projets. Les armées soviétiques, nombreuses et déterminées repoussent les soldats et les civils allemands à l'ouest de l'Oder. Ce fleuve situé à une centaine de kilomètres de Berlin seulement devient la nouvelle frontière entre la Pologne et l'Allemagne.

Les Allemands qui étaient établis en Pologne, en Europe orientale ou en Tchécoslovaquie depuis des siècles sont contraints de fuir en catastrophe. Ils se réfugient par millions à l'ouest.

Les Soviétiques installent brutalement des dictatures communistes dans tous les pays libérés par leurs armées: Pologne, Roumanie, Hongrie, Tchéscoslovaquie, Bulgarie, Allemagne orientale... En Yougoslavie, le chef communiste Josip Broz Tito s'empare du pouvoir. En Grèce, un accord entre Staline et Churchill permet à ce dernier de restaurer un régime démocratique.

L'Europe après 1945

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Les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, l'URSS et les États-Unis, ne vont cesser jusqu'en 1989 de se disputer le leadership de la planète.

C'est la «guerre froide». Le monde vit dans la crainte d'un nouveau conflit généralisé, qui serait, celui-là, atomique. Fort heureusement, il n'adviendra pas.

I] Rideau de fer et Mur de Berlin

Dès après la capitulation de l'Allemagne, les Européens craignent que leur continent ne devienne le lieu d'un nouvel affrontement entre le camp soviétique et le camp des démocraties occidentales.

Mais la possession de l'arme atomique par les États-Unis et bientôt l'Union soviétique dissuade les deux pays d'aller jusqu'au bout d'un affrontement qui pourrait signifier la destruction de l'humanité.

Cette dissuasion nucléaire débouche sur la «guerre froide». Staline impose aux régimes d'Europe de l'Est une stricte allégeance à Moscou et installe une frontière étanche au milieu de l'Europe, le «rideau de fer», pour empêcher les habitants de ces pays de s'enfuir vers l'Occident.

Le «Mur de Berlin» parachève cette coupure de l'Europe. Il est érigé entre les secteurs occidentaux et soviétique de l'ancienne capitale de l'Allemagne.

En Hongrie (1956) comme en Tchécoslovaquie (1968), les successeurs de Staline n'hésitent pas à recourir à la force armée pour maintenir les populations sous leur tutelle.

Jusqu'au début des années 1980, États-Unis et URSS s'affrontent indirectement dans des conflits locaux: Corée, Cuba, Vietnam, Cambodge et Laos, Cachemire, Afrique, Proche-Orient, Afghanistan...

Ils s'affrontent aussi dans la course à l'espace et dans la course aux armements.

En Chine continentale, le parti communiste de Mao Zedong s'empare du pouvoir en 1949. C'est un cinquième de l'humanité qui bascule d'un coup dans le camp de Moscou (avant de s'en détacher dix ans plus tard).

La propagande communiste bénéficie aussi d'un écho bienveillant chez les chefs du tiers monde (les pays pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du sud) qui combattent l'hégémonie occidentale.

Les Britanniques donnent l'autonomie puis l'indépendance à leurs anciennes colonies: Inde et Pakistan (1947), Afrique noire (années 1950 et 1960). Cette émancipation progressive et planifiée permet à ces pays d'échapper plus ou moins à la tentation communiste ou révolutionnaire.

Patrice Lumumba, leader congolais, après son arrestationCe n'est pas le cas avec l'Algérie et les pays de l'Indochine française, qui s'émancipent au prix de guerres longues et cruelles, avec à la sortie des dictatures dites «progressistes», c'est-à-dire alliées à l'URSS. Même phénomène avec les colonies portugaises d'Afrique.

Dans les années 1970, la décolonisation est presque partout achevée. Le monde, qui comptait moins de cinquante nations indépendantes en 1945 en recense près de 200 à la fin du XXe siècle !

II] Victoire par KO de l'Occident

États-Unis et URSS ne se contentent pas de se combattre dans le tiers monde. Ils rivalisent surtout dans la course aux armements et à l'espace.

Ne disposant que d'une industrie et d'une agriculture archaïques, l'URSS s'épuise dans cette course qui absorbe tous ses moyens scientifiques et industriels. Dès les années 1970, le niveau de vie et l'espérance de vie des Soviétiques en viennent même à régresser.

En Europe de l'Est, la situation devient très vite ingérable. Le peuple polonais, électrisé par l'élection en 1978 d'un concitoyen, Jean-Paul II, à la tête de l'Église catholique, frappe à mort la dictature communiste. La révolte s'étend à la Lituanie catholique, l'une des Républiques de l'Union soviétique.

Le secrétaire général du PCUS, Mikhaïl Gorbatchev, tente dans l'urgence de réformer le régime et d'instaurer la démocratie. Il laisse les Allemands abattre le Mur de Berlin le 9 novembre 1989.

Deux ans plus tard, tandis que l'Allemagne se réunifie dans l'allégresse, Mikhaïl Gorbatchev est renversé à la suite d'un coup d'État. Peu après, l'URSS disparaît et ses quinze républiques fédérales deviennent indépendantes. C'est la victoire par KO du camp occidental et apparemment la victoire de la démocratie.

C'est aussi le début d'une immense confusion.

La même année, au Moyen-Orient, l'Irak de Saddam Hussein s'empare du Koweit voisin et suscite contre lui une coalition planétaire.

Aux idéologies communistes, socialistes ou progressistes qui ont fait faillite avec l'implosion de l'URSS se substitue au Moyen-Orient une idéologie islamiste qui prône l'application obligatoire des préceptes religieux dans les pays musulmans.

L'islamisme est né en Iran en 1978 dans la lutte du clergé chiite contre le chah (ou roi), jugé trop occidentalisé. Ce mouvement s'est consolidé en Afghanistan, dans les années 1980, en luttant contre les envahisseurs soviétiques avec le concours des services secrets américains.

Il ne tarde pas à faire vaciller les gouvernements de la plupart des pays à majorité musulmane (Algérie, Égypte, Arabie, Pakistan, Indonésie...).

Il n'hésite pas non plus à recourir au terrorisme, jusqu'à lancer le 11 septembre 2001 des avions de ligne contre les tours du World Trade Center, à New York, et le Pentagone, qui abrite le ministère de la Guerre américain à Washington.

En Afrique noire mais aussi dans les Balkans, en Asie centrale et en Amérique latine (Colombie), la fin de la rivalité entre les «Super-Grands» (États-Unis et URSS) laisse le champ libre à des combattants de toutes sortes : représentants de minorités opprimées, chefs de gangs, fanatiques religieux, révolutionnaires...

Les États-Unis se présentent comme la seule puissance assez forte militairement et économiquement pour mettre un peu d'ordre dans cette confusion... mais ne montrent pas beaucoup d'efficacité dans cette tâche immense.

Pour aller plus loin

- Vivez les moments forts de la guerre froide [dossier]

- Assistez à Vatican II, le grand concile oecuménique du XXe siècle [récit]

- Remontez aux origines des drames qui agitent aujourd'hui le Moyen-Orient [récit]

Des outils pour comprendre
- Animation cartographique : le monde après 1945

Cliquez pour accéder à l'animation
Cette animation cartographique montre les transformations brutales de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale.

Staline, tout-puissant maître de l'Union soviétique, recompose à sa guise l'Europe centrale, occupée par les troupes soviétiques. Les Occidentaux bâtissent à la hâte une nouvelle alliance pour endiguer la menace soviétique présumée.

- Se repérer dans le temps :


Frise chronologique de l'Histoire (1945-2001)

Il ne reste plus rien du monde bipolaire de l'après-guerre (d'un côté les pays industriels, de l'autre les pays pauvres; d'un côté le monde occidental, de l'autre le monde communiste) :

- 1946: début de la guerre froide entre Soviétiques et Américains,

- 1947: l'Inde et le Pakistan deviennent indépendants,

- 1948: proclamation de l'État d'Israël,

- 1949: victoire des communistes en Chine; indépendance de l'Indonésie,

- 1950: début des guerres de Corée et d'Indochine,

- 1954: début de la guerre d'Algérie,

- 1955: conférence des pays non-alignés à Bandoeng,

- 1956: indépendance du Maroc et de la Tunisie; échec du débarquement franco-britannique à Suez,

- 1957: indépendance du Ghana et de la Malaisie,

- 1960: indépendance des colonies françaises d'Afrique,

- 1967: tentative de sécession du Biafra, au Nigéria,

- 1974: révolution à Lisbonne et indépendance des colonies portugaises (Angola, Mozambique...),

- 1978: intervention soviétique en Afghanistan,

- 1979: révolution islamiste en Iran,

- 1991: fin de l'URSS; guerre du Golfe.

Vérifier les connaissances

- D'où vient l'expression tiers monde? [réponse]

- Quatre mots du pape Jean-Paul II ont fait chanceler le bloc soviétique. Quels sont-ils? [réponse]

André Larané

Publié ou mis à jour le : 2012-09-04 12:17:47