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Devinette

Qu'appelle-t-on république de Weimar ? Réponse

Mont Saint-Michel
La «Merveille de l'Occident»

Entre Bretagne et Normandie, à l'embouchure du Couesnon, le mont Saint-Michel fut, il y a un millénaire, un haut lieu de la chrétienté occidentale, en concurrence avec Rome, Jérusalem et Saint-Jacques de Compostelle.

En 2001, le site a renoué avec ses origines monastiques avec l'installation de frères et soeurs des Fraternités monastiques de Jérusalem dans l'ancien logis abbatial. Mais c'est évidemment l'activité touristique qui l'emporte de très loin (3 millions de visiteurs par an). Des travaux de désensablement et le remplacement de la digue routière par une passerelle piétonnière devraient le rendre à son insularité.

Le Mont à la fête

À l'occasion du 1300e anniversaire de sa fondation, le mont Saint-Michel donne lieu à de nombreuses festivités et commémorations. L'hebdomadaire Pèlerin Magazine (24 avril 2008) lui a consacré un dossier richement illustré et documenté (photos : Thomas Jouanneau, texte : Philippe Royer). Ne pas manquer de voir aussi la galerie de photos.

Les amateurs d'Histoire ne doivent pas manquer un détour par Avranches et son Scriptorial, un musée où sont conservés et mis en valeur les manuscrits qui témoignent de l'ancienne activité du Mont.

Naissance d'une Merveille

Dès les temps mérovingiens, on note la présence d'ermites ou de moines sur les deux monts granitiques qui se dressent dans la baie du Couesnon : Tombe et Tombelaine.

La tradition attribue à Aubert, évêque de la ville voisine d'Avranches, la dédicace d'un premier sanctuaire, le 16 octobre 708, sur le mont Tombe. Ce faisant, l'évêque n'aurait fait qu'obéir à une injonction de l'archange Saint Michel. Il lui dédie le sanctuaire d'où le nom qui va rester au mont pour la postérité : le mont Saint-Michel.

Grâce à l'afflux de pèlerins et à sa situation exceptionnelle qui le met à l'abri des invasions (y compris pendant la guerre de Cent Ans), le sanctuaire ne va cesser de prospérer tout au long du Moyen Âge.

En 966, à la demande du duc de Normandie Richard 1er, des moines bénédictins de l'abbaye de Saint-Wandrille s'établissent sur le rocher, en remplacement des chanoines. Ils bâtissent une première église, Notre-Dame-sous-Terre, puis, entre 1060 et 1080, l'église abbatiale, chef-d'oeuvre de l'art roman.

L'abbaye s'illustre surtout dans l'étude et la copie de manuscrits (14.000 sont encore conservés au Scriptorial d'Avranches !). Un moine d'origine grecque, Jacques de Venise, vit au monastère de 1127 à sa mort, vers 1150. Il en profite pour traduire l'essentiel de l'oeuvre d'Aristote du grec au latin.

Le mont Saint-Michel atteint sa plus grande gloire sous la direction de Robert de Thorigny, élu abbé en 1154. Au siècle suivant, le roi de France Philippe Auguste, tout à sa joie d'avoir repris aux Anglais la Normandie, fait une grosse donation au monastère. Il s'ensuit la construction de remparts ainsi que de nouveaux bâtiments en style gothique au-dessus des précédents. C'est la «Merveille» dont la silhouette domine le mont (aumônerie, salle des hôtes, réfectoire, cellier, salle des chevaliers, cloître). Sa construction se déroule de 1211 à 1228.

Le monastère résistera aux Anglais pendant la guerre de Cent Ans, sous le règne de Charles VII. En décrépitude à la veille de la Révolution, il est bientôt transformé en prison d'État. C'est seulement en 1874 qu'il sera repris par l'administration des Monuments historiques.

Couleurs d'église

L'église abbatiale du mont Saint-Michel témoigne de l'évolution de la décoration intérieure des églises médiévales au fil des modes et des restaurations.

Si nous nous fions à l'apparence actuelle de nos cathédrales, nous pourrions croire que la pierre apparente était le décor habituel des intérieurs médiévaux, ceci aussi bien pour les édifices religieux que civils. Mais c'est une idée fausse. En fait, tous les intérieurs possédant un peu d'importance ou dévolus à l'habitation étaient enduits à la chaux et souvent décorés de peintures plus ou moins élaborées. Cette habitude remonte à l'Antiquité.

À l'époque romane, les décors étaient généralement simples. Sur le fond blanc issu de l'enduit à la chaux, on traçait dans l'enduit encore humide des motifs architecturaux simplifiés. Les couleurs les plus courantes étaient le noir et le rouge. Les motifs reprenaient souvent les faux appareillages, les fausses arcades et les rinceaux. Le principe était de remplir de manière harmonieuse les grandes surfaces murales en donnant l'illusion d'une architecture idéale.

Avec l'architecture gothique, les surfaces murales se réduisent de façon importante. Le rôle des peintures décoratives se réduit par voie de conséquence au profit des vitraux. C'est ce que l'on peut observer à la «Merveille» du mont Saint-Michel.

Romanes ou gothiques, la plupart des abbatiales et cathédrales ont subi de profondes restaurations au fil des siècles et il n'y a plus guère qu'à la Sainte Chapelle de Paris (XIIIe siècle) que l'on puisse encore admirer une décoration murale d'origine.

Malheureuses restaurations

Au XVIIIe siècle, on a commencé à supprimer de façon systématique les décors peints des églises et des cathédrales. Les enduits souvent dégradés ont été grattés jusqu'à la pierre. Cette mode a provoqué la disparition des décors les plus récents et parfois des plus anciens...

Toutefois, lorsqu'une peinture était refaite, on se contentait parfois de recouvrir l'ancien décor qui, bien que caché, était ainsi préservé. Aujourd'hui, dans les zones épargnées, les archéologues peuvent ainsi relever plusieurs décors qui se superposent et noter leur évolution. Notons qu'au XIXe siècle, un certain nombre d'églises ont été redécorées avec un décor médiévalisant mais dont la précision du tracé trahit la modernité.

Cyrille Castellant, éditeur du site Riches Heures.
Visite virtuelle de l'église abbatiale de 1400 à nos jours

Vers 1400, l'église abbatiale du mont Saint-Michel est encore à peu près intacte. Elle vient de recevoir des stalles gothiques et une clôture qui délimitent l'espace réservé aux moines de l'abbaye. Le reste de l'église est réservé aux nombreux pèlerins qui viennent vénérer les différentes reliques.

En 1421, le choeur s'effondre. Il est remplacé par le choeur en style gothique flamboyant que l'on peut encore voir aujourd'hui. La nef est amputée de trois travées suite à un nouvel incendie à la fin du XVIIIe siècle.

Nous vous proposons ci-dessous la visite d'une reconstitution en trois dimensions de l'intérieur de l'église abbatiale du Mont-Saint-Michel.

Ces visites 3D sont extraites du CD-Rom le Mont-Saint-Michel (éditions Montparnasse Multimédia / Mindscape), Prix spécial 2004 des Amis du Mont-Saint-Michel.

Visite de l'abbatiale en 1400

Visite de l'abbatiale de nos jours

Plugin requis pour les visites 3D Configuration recommandée : PC avec Windows XP/2000Internet Explorer 5.0 ou +Processeur 1 GHz, 256 Mo de RAMCarte 3D DirectX7 avec 32 Mo de mémoire vidéo

(ne fonctionne pas sur Mac)

Pour en savoir davantage, consultez le site www.richesheures.com

Une archive vidéo de l'INA
Histoire du Mont SAINT-MICHEL : importance de ce haut lieu de pèlerinage dans l'histoire de la religion catholique, situation géographique exceptionnelle. Détails de l'abbaye et des églises. Pèlerinage allant au Mont Saint-Michel à marée basse, montant vers le sanctuaire, rentrant dans l'abbaye et assistant à une messe concélébrée. Commentaires de Michel Bouquet.

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Les commentaires des Amis d'Hérodote

Tous les commentaires sur cet article :

Elise (05-12-2008 20:14:01)

Bonjour, j'adore la visite guidée de votre site, je trouve quelle est très bien faite! En plus, je suis en 5° et je suis en train de travailler sur Le crâne percé d'un trou qui se passe au Mont-Saint-Michel et cette visite m'a beaucoup servie à me repérer dans l'abbaye. J'espère qu'un jour il y aura tous le mont !!! =) Merci et bonne continuation.

Eliasz Pierre (23-11-2008 17:49:56)

Il me semble que malgré sa magnificence, le style gothique devait être plus éloigné du peuple que le roman. Il était quand même le fruit, si louable soit-il, des intellectuels de l'époque donc loin du petit peuple. Qu'en pensez-vous, amateurs de belles oeuvres ?


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