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À quel roi la ville de New York doit-elle son nom ?

Réponse

Avril 2005

«Habemus papam»


Il a fallu 24 heures seulement au conclave pour élire le successeur de Jean-Paul II en la personne de son bras droit, le cardinal Ratzinger. Un signal pour les Européens.

En ce 19 avril 2005, Joseph Ratzinger (78 ans) a été porté par le conclave à la tête de l'Église catholique sous le nom de Benoît XVI. A 78 ans, il assure dans la continuité la succession de Jean-Paul II en attendant qui sait ? l'avènement d'un pape latino-américain.

Ancien professeur de théologie, archevêque de Munich et préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le nouveau souverain pontife est connu pour la douceur de ses manières et une certaine réserve, à l'opposé de son prédécesseur.

Théologien de premier plan et homme de grande culture, il aime la France autant que l'Italie. Pétri de fortes convictions, ferme sur le dogme mais ouvert au dialogue, il s'est beaucoup entretenu avec le philosophe Jürgen Habermas sur les rapports entre raison et religion. Il a aussi fréquenté les théologiens francophones Congar et de Lubac (et été reçu en 1992 à l'Académie des Sciences morales et politiques, en qualité de membre étranger).

Un Européen de choc

Benoît XVI n'a pas choisi par hasard son nom de règne. Celui-ci est un signal pour les Européens et en premier lieu les Allemands.

Saint Benoît de Nursie, fondateur de l'ordre bénédictin, est le saint patron de l'Europe. Benoît XIV, pape de 1740 à 1758, manifesta une grande ouverture envers les idées de son temps et correspondit avec Voltaire, qui l'admirait! Plus près de nous, Benoît XV se signala pendant la Grande Guerre (1914-1918) par ses efforts ardents en faveur d'une «paix blanche» sans annexions.

Sur la foi de ces antécédents, on peut penser que Benoît XVI mettra ses quelques années de pontificat au service de l'Europe. Il s'est déjà inquiété à maintes reprises du vide spirituel dans lequel s'anéantit le Vieux Continent, ce qui lui vaut d'être critiqué par ceux qui voudraient voir l'Église aligner sa doctrine sur les comportements dominants de la société post-industrielle.

Aura-t-il assez de charisme (et de temps) pour offrir une alternative à de jeunes générations avides d'espérance ?

On peut espérer aussi que Benoît XVI, premier pape allemand depuis 950 ans, sorte son pays du purgatoire. Saura-t-il réconcilier ses compatriotes avec l'immense et belle culture dont ils sont les dépositaires, par-delà les horreurs du siècle passé ?...

Réponses aux JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) qui, par une coïncidence heureuse, se tiendront cet été à Cologne.

André Larané