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Les Chroniques d'Herodote.net
Qui a accompli le premier Tour du monde à la voile ?
RéponseUne histoire de la Grande Crise
L'effondrement des années 2000
À l'aube du IIIe millénaire, une sourde inquiétude traverse l'Europe. On cherche en vain dans les fêtes du Millénaire l'exubérance joyeuse et la foi dans le progrès qui avaient accompagné l'entrée dans le siècle précédent, en 1900... On s'en tient au scintillement de la Tour Eiffel et dans le même temps, on guette avec appréhension le «Bogue de l'An 2000» qui, en définitive, ne viendra pas !
La décennie précédente n'a rien résolu des problèmes en suspens en Europe et dans le monde.
- Le gouvernement américain maintient la pression sur l'Irak et asphyxie le pays sans réussir à abattre le régime. À Nairobi (Kénya) et ailleurs, des attentats attestent de la persistance du terrorisme islamiste.
- Le gouvernement chinois encourage à tout va les exportations tout en gardant la mainmise sur son appareil économique et bancaire.
- L'Allemagne boucle l'immense chantier de la réunification et les onze ou douze pays de la future zone euro ajustent dans la douleur leurs finances publiques aux «critères de Maastricht».
Mais, dès le début de la décennie, on perçoit dans l'ensemble de la planète et plus spécialement en Asie l'amorce d'une croissance économique exceptionnelle. En Amérique et en Europe, la révolution internet, vieille d'à peine dix ans, fait tourner les têtes. Et Google (1998), Wikipedia (2001) et Facebook (2004) restent à découvrir !...
On peut déjà identifier les trois détonateurs à l'origine des déséquilibres ultérieurs : 1) l'entrée de la Chine dans l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en novembre 2001, 2) l'ouverture des vannes du crédit aux États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001, 3) la fusion en 1999 de la puissante «zone mark» et de l'Europe méditerranéenne dans une même zone monétaire.
À la conférence de Doha (Quatar), en novembre 2001, la Chine devient le 143e membre de l'OMC. Cette organisation née en 1995 se donne pour objectif de développer le commerce mondial en éliminant par la négociation les entraves de toutes sortes.
Dans les faits, la Chine est loin de répondre à ses exigences. L'essentiel de son système bancaire et la plupart de ses grandes entreprises demeurent sous l'emprise de l'État, cependant que les investissements étrangers sont sévèrement encadrés. Si elle réussit malgré tout à se faire accepter par l'OMC, c'est qu'elle bénéficie de la complicité active des grands distributeurs et industriels occidentaux, désireux de maximiser leurs profits en achetant en Chine à des prix «chinois» et en revendant en Europe à des prix «européens».
La Chine va ainsi pouvoir violer en toute impunité les règles du libre-échange : au lieu que les devises acquises en contrepartie des exportations soient converties en importations, le gouvernement chinois, par le biais de ses banques, les garde en réserve et les prête aux gouvernements occidentaux pour combler leurs déficits budgétaires. Ainsi maintient-il le cours de sa monnaie, le yuan, à un niveau anormalement bas. Ses exportations en sont d'autant plus facilitées.
Cerise sur le gâteau, les exportations chinoises de textiles cessent d'être contingentées en 2005, avec la fin de l'accord multifibres. C'est un coup mortel pour l'industrie textile européenne et un coup très dur pour les fabricants du Sud (Turquie, Tunisie, Maroc, Maurice...). Mais c'est aussi du pain bénit pour les distributeurs européens qui accroissent leurs marges et se gardent de baisser les prix de vente.
La Chine connaît dès lors, pendant plusieurs années de suite, une croissance à deux chiffres (+10% par an) qui la propulse à l'avant-scène mondiale. Les Jeux Olympiques de Pékin, le 8 août 2008, consacrent son triomphe et effacent deux siècles d'humiliations et de misère. Il n'est plus question pour les Occidentaux de morigéner les Chinois sur les droits de l'Homme ou la liberté du Tibet.
Assoiffée de matières premières et de produits agro-industriels, la Chine se tourne vers l'Afrique et la met en coupe réglée avec la bénédiction intéressée de ses dirigeants. Mais elle entre aussi en concurrence avec ses voisins du Sud-Est asiatique, l'Inde et le Japon, et cette concurrence prend même une tonalité martiale dans la mer de Chine.
L'Union européenne encaisse plutôt bien le choc, ses importations venues de Chine étant contrebalançées par des ventes de machines, d'avions ou encore de produits de luxe.
Mais l'«Empire du Milieu» montre de plus en plus d'intérêt pour le savoir-faire européen. Ses entreprises d'État achètent tant qu'elles peuvent les entreprises de haute technologie occidentales. Précautionneux, le gouvernement chinois prend des gages en accordant des crédits aux États européens, telle la Grèce, de façon à les rendre dépendants.

Au début du millénaire, les États-Unis, comme les Européens, ne s'inquiètent guère du réveil de la Chine. Ils ont l'esprit tout occupé par les promesses d'internet et la spéculation bat son plein autour des jeunes entreprises du web. En 2000, l'une de ces entreprises, AOL, s'empare même du vénérable groupe de presse Time. Mais la «bulle internet» explose brutalement en 2001 : «adieu veau, vache, cochon, couvée...» (Time et AOL divorcent en 2009).
Là-dessus surviennent les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone. Pour restaurer la confiance dans le pays après le choc émotionnel, le gouvernement de George Bush Jr convainc la Réserve Fédérale et les banques de libérer le crédit.
À vrai dire, les banques n'ont pas besoin de se faire prier. Elles ont obtenu dès 1999 l'abrogation de la loi Glass-Seagall de 1933 qui séparait les banques de dépôt des banques d'investissement. Désormais, les premières peuvent se défaire de leur prudence et prendre tous les risques, comme les secondes.
Les ménages modestes se voient offrir la possibilité d'acquérir la maison de leurs rêves sans aucun apport de capital, grâce au crédit hypothécaire à taux variable, gagé sur la valeur du bien.
Les organismes de crédit empruntent l'argent dont ils ont besoin à deux sociétés soutenues par l'État américain, Fannie Mae et Freddie Mac. Elles-mêmes doivent faire appel au marché bancaire. Mais quel banquier raisonnable accepterait de prêter de l'argent pour l'achat à crédit d'une maison par un ménage pauvre et aux revenus incertains?
Pour contourner l'obstacle et vendre ces créances douteuses, dites «subprimes», c'est-à-dire : inférieures aux «primes» (créances fiables), les banques les compilent avec des titres fiables, de façon à diversifier les risques. Cette «titrisation» va on ne peut mieux fonctionner et concourir à une nouvelle bulle spéculative sur l'immobilier.
Les premières alertes surviennent à la fin 2006 avec la multiplication des défaillances chez les emprunteurs.
Des ménages pauvres, en nombre croissant, sont en effet affectés par la désindustrialisation, la concurrence asiatique et la baisse des salaires, ce qu'on appelle la «walmartisation» de l'économie américaine, du nom de Walmart, géant de la grande distribution, qui multiplie les emplois précaires et mal payés. Il est oublié le temps lointain où Ford et General Motors recrutaient des ouvriers à hauts salaires...
La «crise des subprimes» éclate le 24 juin 2007, avec la faillite de Queen's Walk, un «hedge funds» ou fonds de couverture. C'est la panique car toutes les banques de la planète craignent de détenir des fonds pourris et hésitent à emprunter à leurs consoeurs.

La crise culmine le 15 septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers, le fleuron de Wall Street. Le gouvernement américain a refusé de l'aider afin de faire un exemple.
Mais trois jours plus tard, le Secrétaire du Trésor Henry Paulson annonce un plan massif de soutien au secteur bancaire pour éviter son effondrement, avec un crédit de 700 milliards de dollars. Il nationalise aussi AIG, autre banque puissante, pour lui éviter la faillite.
Le 6 octobre 2008, les bourses de la planète connaissent une brutale chute des cours. La croissance économique est modérément affectée en Asie et dans les nouveaux «pays émergents» tels que le Brésil, mais elle s'effondre plus durablement aux États-Unis et surtout en Europe.
En 2009, le géant de l'automobile General Motors se place «sous la protection de l'article 11», autrement dit se déclare en cessation de paiement. Le gouvernement américain le nationalise provisoirement et le recapitalise
Douloureuse pour l'économie américaine, cette crise va avoir des effets encore plus violents et dramatiques sur l'économie européenne, pourtant relativement peu engagée dans les «hedge funds». Le paradoxe vient de ce que l'économie européenne a été entre-temps affaiblie par la question monétaire...
Le 1er janvier 2002, les habitants de douze pays de l'Union européenne ont accueilli avec un plaisir manifeste les pièces et les billets de leur nouvelle monnaie, l'euro.
Annoncée par le traité de Maastricht (1992), elle a dans les faits remplacé les anciennes monnaies nationales trois ans auparavant, avec la fixation autoritaire du taux de change entre celles-ci et l'euro. Mais l'opinion publique n'a pris la mesure du changement qu'avec l'apparition de la monnaie fiduciaire (pièces et billets), que l'on peut voir et toucher. Même les sceptiques, comme l'historien Emmanuel Todd, ont alors participé à la félicité générale.
C'est la première fois dans l'Histoire qu'une monnaie est ainsi créée en-dehors de toute attache à un État, sous l'égide d'une Banque Centrale Européenne (BCE) indépendante dont la seule mission est de prévenir le retour de l'inflation, hantise des épargnants et des détenteurs de capitaux. Les promoteurs de la monnaie unique assurent que celle-ci va réduire les écarts de niveau de vie entre les peuples en facilitant les comparaisons de prix et de revenus d'un pays à l'autre.
En attendant, les États et les investisseurs de la façade méditerranéenne profitent de ce que les banques sont disposées à leur prêter à des conditions aussi avantageuses qu'aux pays de l'ancienne «zone mark». En Espagne, mais aussi en Irlande, les investisseurs se détournent de l'industrie, trop risquée, pour l'immobilier. La Grèce et le Portugal préfèrent quant à eux étendre leurs infrastructures : Jeux Olympiques d'Athènes, Exposition de Lisbonne, aéroports, autoroutes, ponts, armements... La France s'offre le luxe de laisser filer sa dette publique en allégeant principalement ses impôts et accroissant ses dépenses.
Gardons-nous de critiquer a posteriori ces choix économiques. Souvenons-nous que l’Espagne, en 2008, quand a éclaté la crise bancaire, faisait encore figure de modèle avec des finances publiques saines, une balance commerciale à peu près équilibrée et un boum immobilier, tandis que la Grèce afficha, pendant les premières années de la décennie, un taux de croissance de 4% par an, parmi les plus élevés en Europe.
Dans un rapport présenté au président Nicolas Sarkozy en janvier 2008, on peut lire ces lignes d’anthologie : «L’Italie, le Portugal, la Grèce et plusieurs nouveaux États membres ont (...) mené des réformes courageuses, pour contrôler leurs dépenses publiques, moderniser leur administration, et mieux recruter leurs agents publics. L'Espagne a œuvré pour l'accès de tous à la propriété du logement, dans une économie en quasi plein-emploi» (page 13 du rapport). Parmi les signataires de ces lignes d'anthologie figurent Jacques Attali et le professeur Mario Monti. Avant de succéder à Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement italien, en novembre 2011, ce dernier dirigea la Concurrence à la Commission de Bruxelles. La France lui doit d’avoir perdu Péchiney et le leadership mondial dans l’aluminium…
En Allemagne, après les affres de la réunification, le chancelier Gerhard Schröder restaure la compétitivité de l'industrie, fer de lance des exportations et moteur de la prospérité. Les grandes entreprises délocalisent leurs activités à faible valeur ajoutée en Europe de l'Est où elles profitent d'une main-d'oeuvre bon marché.
En Allemagne même, l'élite ouvrière hautement qualifiée accepte des efforts salariaux, d'autant mieux qu'ils vont de pair avec des baisses de prix sur les services et les produits alimentaires.
Ces baisses de prix dans les services et l'agriculture sont obtenues en 2003-2005 par une dérégulation massive du marché du travail sous l'impulsion de Peter Hartz, directeur du personnel de Volkswagen.
Les chômeurs sans qualification professionnelle, Allemands de souche ou immigrés, se voient contraints d'accepter le premier emploi venu, parfois à un euro de l'heure. C'est une aubaine pour le secteur agro-alimentaire qui recrute en masse des Polonais et des Roumains sous-payés et rafle des parts de marché à l'étranger. C'est ainsi que la France, vieux et riche pays agricole, passe derrière l'Allemagne en matière d'exportations agro-alimentaires dès 2007 !
Le gouvernement allemand décourage par ailleurs les importations et la consommation intérieure en augmentant très fortement la TVA, sans se soucier là aussi de ses partenaires européens.
Les résultats de cette politique se font sentir dès 2005 avec d'une part une baisse des importations, d'autre part une très forte poussée des exportations dans les pays de la zone euro...
La démocratie européenne en panne
Pendant ce temps, comme prévu, les Européens ressentent la nécessité de resserrer leurs liens pour mieux encadrer la monnaie unique et relever le défi de l'élargissement de l'Union très au-delà de ses frontières initiales. En 2007 sont attendues la Bulgarie et la Roumanie, 26e et 27e pays membres, et déjà l'on évoque l'entrée de la Turquie.
Une assemblée d'experts, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, rédige un projet de traité constitutionnel de quelques centaines de pages. Il est soumis à référendum en Espagne et massivement approuvé par les citoyens espagnols, reconnaissants à l'Union de la prospérité qu'elle leur a apportée.
Les Français et les Hollandais sont à leur tour appelés à se prononcer par référendum. Les 29 mai et 2 juin 2005, après des campagnes passionnées et des débats de haute volée, ils rejettent massivement le projet, révulsés par une classe dirigeante qui ne tient aucun compte des aspirations populaires sur la candidature de la Turquie comme sur l'ouverture des frontières, les règles sociales et économiques etc.
Le traité constitutionnel est néanmoins entériné par les dirigeants européens sous le nom de «traité de Lisbonne» le 13 décembre 2007 mais, comme le craignaient ses opposants, il ne va améliorer en rien le fonctionnement de l'Union. Sur la scène internationale, celle-ci pointe aux abonnés absents.
Elle se divise qui plus est dans toutes les crises régionales (Palestine, Libye, Syrie, Mali...). Elle n'ouvre aucun chantier nouveau et s'en tient à menacer de sanctions les États jugés trop laxistes. Par contre, forte de son droit d'initiative, la Commission de Bruxelles déréglemente à tout va, à seule fin de satisfaire les lobbies économiques établis dans la capitale belge (parmi les dernières mesures en date, le retour en grâce des farines animales).
Qui sait si les historiens du futur ne fixeront pas à 2005 le décès de la démocratie représentative ?
La course à l'abîme
La tempête bancaire venue des États-Unis atteint de plein fouet l'Europe à l'automne 2008.
Elle prend de court la Commission européenne, ce qui ne doit pas surprendre. Les chefs d'État et de gouvernement qui choisissent les membres de cette Commission veillent à ce qu'ils ne leur fassent jamais d'ombre. En conséquence, ils choisissent le plus souvent des personnalités qui ont démontré chez eux leur absence de charisme et de vision. Ainsi le président Barroso...
C'est en définitive le président français Nicolas Sarkozy qui mobilise ses collègues sur un plan de sauvetage du secteur bancaire, après une réunion de crise avec Jean-Claude Trichet, président de la BCE, Jean-Claude Junker, président de l'Eurogroupe, et surtout Gordon Brown, Premier ministre britannique, réputé pour ses compétences économiques.
La chancelière allemande Angela Merkel, qui veut s'en tenir au traitement cas par cas des banques en difficulté, se fait tirer l'oreille. C'est la première des divergences franco-allemandes qui vont émailler la crise.
Mais en promettant d'importantes facilités de prêts et de recapitalisation aux banques qui ont imprudemment spéculé sur les emprunts toxiques, les États européens fragilisent leur propre équilibre financier. On se met à redouter que certains États ne puissent plus rembourser leurs emprunts. Leurs créanciers réclament en conséquence des intérêts plus élevés pour couvrir leur prise de risque.
Sont concernés en premier lieu les pays qui se sont endettés pour combler leur déficit commercial (en premier lieu la Grèce et le Portugal) et ceux qui se sont lancés dans des spéculations hasardeuses dans l'immobilier (l'Espagne ou encore l'Irlande).
Le 6 décembre 2008, la Grèce connaît une première révolte sociale, motivée par la mort d'un jeune homme de 15 ans sous les balles d'un policier. Un an plus tard, les élections et l'arrivée au pouvoir du socialiste Georges Papandréou mettent en lumière l'ampleur de la dette grecque et son maquillage par la banque Goldman Sachs. Une «troïka» constituée de représentants de la BCE, du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Commission Européenne s'installe à Athènes pour veiller à l'application d'une stricte politique de rigueur par le gouvernement.
Le gouvernement grec taille à tout va dans les salaires et les prestations sociales. La population plonge dans la misère et voit ressurgir le spectre du sous-développement.
Et contrairement aux attentes des techniciens bruxellois, le déficit des finances publiques ne se réduit pas. La raison en est simple à comprendre : la baisse des revenus freine la consommation et l'absence de perspective annihile les investissements ; il s'ensuit un effondrement de l'activité et, comme les entreprises en faillite ne paient pas d'impôt, l'État voit ses recettes fiscales diminuer plus vite que ses dépenses. CQFD.
En octobre 2012, Olivier Blanchard, N°2 du FMI, reconnaît une erreur d'appréciation dans la rigueur imposée aux États européens, à commencer par la Grèce. Il admet qu'a été gravement sous-évalué, dans un rapport de 1 à 3, l'impact négatif des économies budgétaires sur l'activité. Mais le mal est fait. Aux antipodes des belles promesses de la monnaie unique, les pays méditerranéens découvrent le chômage et la pauvreté de masse.
La France elle-même est frappée en 2012 avec une désindustrialisation qui prend l'allure d'un maëlstrom (PSA, Goodyear, Continental, chimie...). Dans les écoles d'ingénieurs, des enseignants recommandent aux élèves de partir à l'étranger, au Canada ou en Allemagne, non pour un stage mais pour la vie. Impensable il y a seulement deux générations quand la France figurait encore le fer de lance de la civilisation.
En Grèce, l'émigration des jeunes diplômés est déjà bien engagée, avec les encouragements de la chancelière Angela Merkel, inconsciente du tragique parallélisme avec l'Europe allemande de 1942.
Entre l'Europe méditerranéenne et l'Europe germanique, les écarts deviennent béants et cet échec grandiose survient sur fond de récession généralisée car même l'Allemagne connaît maintenant, en 2012-2013, une croissance nulle ou négative, avec une baisse de l'espérance de vie de la fraction la plus pauvre de sa population, alors que le reste du monde, y compris les États-Unis, jouit d'une croissance économique plutôt rapide.
De ce survol de quatre décennies d'Histoire européenne et de l'effondrement des années 2000, nous allons nous efforcer de tirer un diagnostic et chercher une issue possible par le haut. Pourquoi pas la conversion de la monnaie «unique» en monnaie «commune» ? Une solution qui offre l'avantage d'une monnaie continentale solide et respecte la diversité des économies nationales.
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