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Vichy

L'Art nouveau en Auvergne


Vichy sort de son sommeil. La cité auvergnate se remémore les heures joyeuses du Second Empire et de la Belle Époque sans pouvoir toutefois se libérer des ombres de l'Occupation...

Eau minérale, pastilles, Occupation, thermalisme et remise en forme... Vichy évoque tout cela mais c'est aussi une ville qui sent bon l'atmosphère joyeuse et festive du Second Empire et de la Belle Époque.

Il suffit pour s'en rendre compte de pousser la porte de la confiserie Aux Marocains, qui a conservé son décor et ses recettes du temps où elle recevait les coloniaux en cure !

Quoique aujourd'hui somnolente, alanguie au bord de l'Allier, la cité auvergnate conserve de beaux témoins de son histoire et se rappelle aussi bien la première visite de l'empereur Napoléon III en 1861 que celle du chah de Perse en 1905 !

Fabienne Manière.
Un passé qui ne passe pas

Ce titre emprunté à l'historien Henri Rousso pourrait s'appliquer à Vichy. L'ancienne capitale de l'État français (1940-1945) se refuse toujours à communiquer sur son histoire et ses pudeurs ne font qu'alourdir le climat qui l'enveloppe, comme l'a montré l'organisation d'une conférence européenne sur l'immigration, début 2009.

D'aucuns souhaiteraient à Vichy la création d'un «musée du Régime» qui éclairerait chacun sur cette période noire... mais sans doute faudra-t-il encore patienter une génération et que l'on arrête en haut lieu d'en ressasser les aspects les plus troubles, de Guy Môquet au plateau des Glières.

La reine des villes d'eaux

Cliquez pour voir la carte de VichyLa réputation des eaux de Vichy remonte aux Romains qui appelaient le lieu Aquis Calidis («Eaux chaudes»). Mais le nom actuel de la ville vient d'une villa gallo-romaine voisine, Vipiacus. Au XVIIe siècle, Mme de Sévigné redécouvre les vertus des eaux de Vichy. Leur exploitation commence au XVIIIe siècle mais elle est entravée par les crues de l'Allier et Vichy demeure une modeste bourgade en limite du Bourbonnais.

Le destin de la ville bascule sous le Second Empire. Napoléon III décide d'en faire la reine des villes d'eaux, en concurrence avec Baden-Baden (Allemagne), Carlsbad (aujourd'hui Karlovy Vary, en Bohême)... Lui-même, qui souffre de rhumatismes et de calculs rénaux (la maladie de la pierre), délaisse Plombières, dans les Vosges, pour Vichy. Il y vient en cure à cinq reprises de 1861 à 1866.

Par décret, l'empereur ordonne l'embellissement de la gare, la construction de digues (pour prévenir les crues de l'Allier), d'un nouveau parc, d'une mairie etc.

Des chalets dits impériaux sont aménagés pour l'accueillir sans délai. Pourquoi des chalets ? Parce que l'empereur, qui a été élevé en exil dans les montagnes suisses, souhaite retrouver en cure l'atmosphère de son enfance...

Les thermes et les principaux monuments et hôtels s'ordonnent autour du parc des Sources. Le 2 juillet 1865 sont enfin inaugurés simultanément l'église Saint-Louis et le Casino !

Quand cure rimait avec fête...

Sous la IIIe République, le parc des Sources est embelli avec la célèbre galerie couverte en fer forgé, oeuvre du ferronnier d'art Émile Robert.

Quant au Casino, il est doté en 1907 d'une somptueuse marquise dans le style Art Nouveau plein de fraîcheur, d'élégance et de vie. À côté du Casino, l'architecte Charles Lecoeur construit en 1903 un Opéra de 1500 places, le seul de France qui reflète l'Art Nouveau.

On baigne alors dans la Belle Époque. Belle pour la haute aristocratie européenne qui multiplie les fêtes. Vichy est l'un de ses rendez-vous préférés où, sous prétexte de cures, l'on se retrouve en bonne et galante compagnie...

La Grande Guerre et, plus encore, la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation mettront un terme final à ces joyeusetés.

Hôtes indésirables

Après l'invasion de la France par la Wehrmacht et l'armistice du 22 juin 1940, le nouvel homme fort du pays, Pierre Laval, convainc le maréchal Pétain d'installer le gouvernement et les institutions nationales à Vichy. La cité thermale fait partie de la zone que les Allemands dédaignent d'occuper ; elle est proche de la ligne de démarcation ; elle est proche également de Châteldon, fief de Laval. C'est surtout la troisième ville hôtelière de France après Paris et Nice. Elle dispose d'un aéroport, d'une gare.

Les hôtels sont donc réquisitionnés, les curistes expulsés et les propriétaires correctement indemnisés. Pas moins de 30.000 personnes débarquent dans la cité (les fonctionnaires, les parlementaires et leurs familles) ! Les administrations choisissent leurs locaux par ordre d'importance hiérarchique. Laval, Pétain et les Affaires étrangères s'installent dans l'hôtel du Parc, en bordure du parc des Sources. C'est alors l'hôtel le plus cher de France !...

Les 9 et 10 juillet 1940, dans le cadre chatoyant de l'Opéra, les parlementaires votent les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et officialisent la mort de la IIIe République. Une plaque (ci-contre) rappelle l'événement en ne retenant curieusement que le souvenir des 80 parlementaires (sur 649) qui ont refusé les pleins pouvoirs.

Une villa du nom de Castel François, rue Albert Colombier, accueille le service du reclassement des prisonniers de guerre. L'un de ses animateurs est le jeune François Mitterrand...

Les hôtels sortiront en piteux état de l'Occupation. Pillés, saccagés, ils seront péniblement restaurés et convertis en résidences privées à l'exception d'un seul, l'hôtel Aletty, qui a retrouvé son charme d'antan et sa vocation première.

Aujourd'hui, Vichy pallie le déclin inexorable des cures thermales en se réorientant vers le sport (son centre d'entraînement pour les sportifs de haut niveau a peu d'équivalents dans le monde), le thermalisme haut de gamme, la balnéothérapie et les cures de remise en forme ainsi que les congrès.

La ville s'est aussi dotée d'une antenne universitaire et d'une école d'enseignement accéléré de la langue française pour les étudiants étrangers ayant à séjourner en France (3500 étudiants inscrits dont une moitié de Chinois !).

Vichy s'honore de deux enfants célèbres : le romancier Valéry Larbaud (1881-1957), auteur de Fermina Marquez (1911), le roman-culte des adolescents de la Belle Époque, et le journaliste Albert Londres (1884-1932), qui ne craignait pas de «porter la plume dans la plaie» quand tant de ses successeurs préfèrent la flagornerie...

Publié ou mis à jour le : 2013-05-27 14:57:19