
Au Viêt-nam, les forces nord-vietnamiennes et vietcongs (communistes du sud-Viêt-nam) déclenchent le 30 janvier 1968 l'offensive du Têt (fête du Nouvel An vietnamien). Une centaine de villes, dont Saigon et Hué, la capitale historique de l'Annam, sont simultanément assaillies par plusieurs centaines de milliers de combattants. Mais les Sud-Vietnamiens et leurs alliés américains se ressaisissent rapidement.
L'offensive est un échec militaire mais ne débouche pas moins sur un succès médiatique et politique. Elle relance dans tous les campus d'Occident les manifestations contre l'intervention des États-Unis dans cette guerre. C'est un tournant dans la deuxième guerre d''Indochine (ou guerre du Viêt-nam). Nixon, élu président des États-Unis dix mois plus tard, va amorcer la désescalade (retrait progressif des troupes américaines) et ouvrir à Paris des négociations de paix.
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L'année 1968 traduit une inflexion dans les mentalités. Les années précédentes, joyeuses, exubérantes, décomplexées, portées par la jeunesse issue du «baby-boom», ont vu apparaître la minijupe, les seins nus sur la plage et la pilule, la marijuana et le LSD, les Beatles et les hippies, les yéyé et Salut les Copains. On est aussi entré à pieds joints dans la «société de consommation». Mais derrière la libération des moeurs et de la politique, l'inquiétude affleure...
Le 13 mai 1968, la France manifeste dans la rue contre de Gaulle, à l'occasion du 10e anniversaire de son retour au pouvoir. Les salariés se joignent aux étudiants. Les uns et les autres dénoncent la société de consommation, le culte de la croissance économique et le chômage inhérent aux régimes capitalistes (200 000 chômeurs enregistrés…).
Le sénateur américain Robert Kennedy (43 ans) est touché de deux balles tirées à bout portant par un jeune Palestinien, Sirhan Sirhan, alors qu'il sortait d'un hôtel de Los Angeles où il venait de remporter les primaires démocrates de Californie pour les prochaines élections présidentielles.
Bob Kennedy s'était fait connaître comme general attorney (ministre de la Justice) sous la présidence de son frère John Kennedy. Il était donné favori pour les élections présidentielles de la fin de l'année.
Voici plusieurs vidéos de l'INA (cinéma ou télévision) qui racontent l'année 1968 dans le monde :
- Offensive du Têt (3 minutes)
- Martin Luther King (20 minutes)
- Mai 68 à Paris (1 minute)
- Invasion de la Tchécosloquie (15 minutes)
Le 28 septembre 1968, Marcello Caetano remplace Antonio Salazar (79 ans) à la tête de l'«Estado Novo» (Nouvel État). Au pouvoir depuis 1932, le vieux chef avait été frappé d'hémorragie cérébrale quelques jours plus tôt. Son successeur sera lui-même renversé en 1974 par la «Révolution des oeillets».
Le 2 octobre 1968, quelques jours avant l'ouverture des Jeux Olympiques de Mexico, des étudiants manifestent au centre de la capitale mexicaine, sur la place des Trois Cultures, en un lieu dit Tlatelolco.
L'armée elle-même affronte les manifestants et fait feu de façon délibérée. On compte 300 morts ! Par cette répression brutale, le président Díaz Ordaz a voulu étouffer le mouvement estudiantin avant l'ouverture des Jeux. Ceux-ci allaient se dérouler sans autre drame public,... On allait néanmoins en conserver le souvenir du poing levé des athlètes noirs américains.
Le 17 octobre 1968, pendant les Jeux Olympiques de Mexico (12-27 octobre), les athlètes américains Tommie Smith et John Carlos, champions du 200 mètres, baissent ostensiblement la tête et lèvent leur poing ganté de noir alors qu'ils sont sur le podium et que retentit l'hymne américain. Par ce geste, ils affichent leur soutien au mouvement antiségrégationniste américain des Black Panthers. La lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis prend dès lors un tour plus violent dont témoigne l'assassinat, la même année, du pasteur Martin Luther King. Les mêmes Jeux Olympiques avaient été précédés par des manifestations estudiantes réprimées avec la plus extrême violence. Ils s'étaient aussi signalés par l'exclusion de l'Afrique du Sud pour cause d'apartheid.


