Le
Brave des Braves Michel
Ney (1769-1815), héros de la bataille de Borodino
et de la traversée de la Bérézina,
était fils d'un tonnelier de Sarrelouis, une cité fondée par Louis XIV et fortifiée
par Vauban. Engagé volontaire en 1788, d'un naturel très simple,
il gagna le surnom de «Brave des Braves» et devint général en 1796. Il
s'illustra à Hohenlinden sous les ordres de Moreau avant de devenir maréchal lors
de la grande promotion de mai 1804. Il fut fait duc d'Elchingen après
la campagne d'Allemagne (1805) et prince de la Moskowa après celle de Russie (1812)
où son courage et sa détermination avaient fait merveille. Fort de ses
États de service pendant la campagne de France, il s'enhardit à proposer l'abdication
à Napoléon réfugié au château de Fontainebleau (18-20 avril 1814). Après
le débarquement de Golfe-Juan, il promit à Louis XVIII, qui l'avait nommé pair
de France, de «ramener l'usurpateur dans une cage de fer». Mais il se laissa emporter
par l'émotion à Auxerre le 18 mars 1815 et tomba dans les bras de l'empereur.
A ses excuses, Napoléon répondit : Vous n'avez pas besoin d'excuses.
Votre excuse, comme la mienne, est dans les événements, qui ont été plus forts
que les hommes». Il fit de son mieux à Waterloo
sans parvenir à sauver la journée
ni à trouver la mort. Lors de la deuxième
Restauration, il fut traduit devant la Chambre des Pairs pour trahison. Comme
sa ville natale venait d'être cédée à la Prusse, il pouvait utiliser une esquive
juridique pour échapper à sa condamnation. Mais il rejeta cette idée : Je
suis né Français, je veux mourir Français !» Le maréchal refusa
donc de se dérober et devant le peloton d'exécution, près de l'Observatoire de
Paris, le 7 décembre 1815, il eut même le cran de commander : Soldats,
droit au coeur !» Une statue a été élevée par Rude sur
le lieu de son exécution. Michel Ney fut le seul maréchal d'Empire exécuté à la
Restauration (Gabriel Vital-Durand). |