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9 avril 30

Pâques et la résurrection du Christ


Principale fête chrétienne, Pâques rappelle la résurrection du Christ.

Les Évangiles nous disent que Jésus-Christ aurait été crucifié à Jérusalem une veille de sabbat, donc un vendredi, et que ce jour était aussi celui de la «préparation» de la Pâque juive, donc le 14 du mois de Nissan dans le calendrier hébraïque. Ces deux éléments coïncident en l'an 30 de notre ère, le 7 avril.

La résurrection du Christ, le troisième jour de sa mort, serait donc datée de la Pâque suivante, le 9 avril 30.

Pâque juive, Passion et résurrection du Christ

- La Pâque juive (au singulier) célèbre la fuite d'Égypte et la sortie de l'esclavage, selon le livre de l'Exode, dans la Bible. Le mot vient de l'hébreu Pesah ou Pessah qui signifie passage.

Au moment de s'enfuir d'Égypte sous la conduite de Moïse, les Hébreux se contentèrent de pain sans levain pour ne pas perdre de temps. Depuis lors, chaque année, la Pâque est l'occasion pour les juifs de commémorer cet événement. Le pain azyme (du grec a- privatif et zymé, levain) figure encore parmi les rituels de cette fête, ainsi que les herbes amères et l'agneau des bergers.

- Les chrétiens, qui s'inscrivent dans la continuité du judaïsme, célèbrent également la fuite d'Égypte à leur manière mais à cette Pâque juive, ils en ajoutent une autre qui leur est propre et est célébrée le même jour : la résurrection du Christ. Ils célèbrent donc les Pâques (au pluriel).

Pâques (avec un s) est la fête la plus importante dans toutes les religions chrétiennes car elle commémore la résurrection du Christ, autrement dit l'événement fondateur du christianisme.

Ainsi que l'écrit Saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens : «si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi (...). Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est illusoire, vous êtes encore dans vos péchés (...). Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes» (1 Co 15.14-19).

Un comput savant

La célébration de Pâques a été fixée au dimanche suivant la pleine lune après l'équinoxe de printemps. En conséquence, elle varie selon les années entre le 22 mars (début du printemps) et le 29 avril. 

C'est le résultat d'un calcul savant (comput) établi au concile oecuménique de Nicée (325) qui prend en compte la date supposée de la résurrection. Qui plus est, les commémorations orthodoxe et catholique sont le plus souvent décalées de quelques jours suite à la réforme du calendrier par le pape en 1582.

Avant la fête de Pâques, qui commémore la résurrection du Christ, les chrétiens vivent traditionnellement une période consacrée à la prière, au partage et à la pénitence : le Carême (le mot vient du latin quadragesima dies qui signifie quarantième jour, car cette période dure quarante jours, non compris les dimanches).

– Entrée de Jésus à Jérusalem

Les Évangiles racontent que Jésus-Christ venait d'arriver à Jérusalem pour célébrer la Pâque juive au milieu de ses disciples.

Il entre dans la Ville sainte sous les acclamations de la foule (ce souvenir est commémoré par le dimanche des Rameaux, qui précède celui de Pâques). Dans les jours suivants, il s'en prend aux marchands du Temple, les chassant à coup de lanières de ce lieu sacré. Les grands prêtres du Temple, jaloux et inquiets, le dénoncent aux Romains.

– La dernière Cène

Pressentant sa mort, Jésus réunit ses disciples pour un dernier repas ou Cène. En un lieu connu aujourd'hui comme le Cénacle, il leur annonce le sort qui l'attend. Il leur lave aussi les pieds en un témoignage d'humilité et de fraternité. Il consacre enfin le pain et le vin, les transformant selon ses propos en sa chair et en son sang. «Ceci est mon corps», dit-il du pain (Luc, XXII, 19) ; «Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, qui va être répandu pour une multitude», dit-il du vin (Marc, XIV, 24).

Dans toutes les confessions chrétiennes, le rituel de la dernière Cène est reproduit au cours des offices religieux avec des hosties (pain azyme) ou du pain normal que les fidèles sont invités à consommer, parfois avec une larme de vin. C'est le sacrement d'eucharistie.

– Arrestation et condamnation de Jésus

Après la Cène, Jésus-Christ se retire pour prier sur le mont des Oliviers, dans le jardin de Gethsémani («pressoir à olives» en araméen, la langue commune de la Palestine de l'époque). Dans l'angoisse de son destin, il supplie Dieu, qu'il appelle Abba («père» en araméen) : «éloigne de moi cette coupe...» (Marc, XIV, 36).

Arrivent les soldats, précédés par Judas, l'apôtre qui a trahi et dénoncé Jésus. Celui-ci est arrêté puis conduit à l'aube devant le grand prêtre Caïphe. Ce dernier demande : «Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ?» ; Jésus dit : «Je le suis, et vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite du Tout-Puissant et venant avec les nuées du ciel»(Marc, XIV, 61-62). Le grand prêtre déclare à l'assemblée des prêtres, anciens et scribes, le Sanhédrin, qu'il s'agit là d'un blasphème méritant la mort. Comme les juifs n'ont pas le droit d'exercer eux-mêmes la justice, il envoie Jésus chez Ponce Pilate, le procurateur romain qui gouverne la province au nom du roi Hérode Antipas.

- La Passion

Embarrassé, Ponce Pilate présente Jésus à la foule : «Ecce Homo» («Voici l'Homme»), dit-il (Jean, XIX, 5). Finalement, après maintes tergiversations, il se résout à condamner Jésus à à la crucifixion, supplice qu'applique le droit romain aux non-citoyens. Il l'abandonne aux gardes qui le couvrent de crachats, le flagellent, l'humilient, posent sur sa tête une couronne d'épines pour se moquer de sa prétendue royauté....

Jésus doit ensuite monter du prétoire vers le lieu du supplice, aux portes de Jérusalem, sur une colline appelée Golgotha (le mot signifie lieu du crâne en hébreu et se traduit en latin par calvaria, dont nous avons fait calvaire).

Tout le long de ce «chemin de croix» à travers les ruelles de la ville, le condamné doit porter sur son épaule le patibulum, une traverse de bois destinée à être attachée sur un pieu pour former la croix.

Sur le Golgotha, au milieu d'une foule vociférante, Jésus est dépouillé de ses vêtements et crucifié entre deux brigands. Au pied de la croix se tiennent sa mère Marie et son disciple Jean. Il meurt le vendredi précédant la Pâque juive (l'anniversaire de ce jour est pour les chrétiens qualifié de Vendredi Saint).

Matthias Grünewald, Retable d'Issenheim (détail), 1516, Colmar, musée Unterlinden
– Pâques et la résurrection du Christ

En mourant sur la croix comme un brigand de la pire espèce, le Christ, Dieu, fils de Dieu, témoigne selon la foi chrétienne de son amour pour les hommes. Ses souffrances ont pour effet d'effacer le péché originel des hommes et de leur ouvrir le chemin de la réconciliation avec Dieu.

Les disciples du Christ sont encore loin d'être pénétrés de cette conviction quand leur Maître meurt sur la croix. Ils sont remplis de doutes à l'égard d'un Messie qui n'a apparemment pas tenu ses promesses. Ils se cachent pour échapper à la vindicte des prêtres.

Seules deux femmes ont assez de courage et de foi pour se rendre au tombeau avec l'intention d'oindre le corps d'aromates. Parmi elles, Marie, dite Marie-Madeleine (parce qu'originaire de Magdala, sur la rive ouest du lac de Tibériade).

Elles découvrent le tombeau vide et Jésus en personne leur apparaît. Il leur demande d'annoncer sa résurrection, ce qu'elles font sans attendre en informant les disciples Pierre et Jean.

En ressuscitant le troisième jour suivant sa mort, qui est le jour de Pâques, Jésus témoigne de sa victoire sur la mort.

– L'Ascension et la Pentecôte 

Peu après Pâques, sur la route d'Emmaüs, le Christ se fait reconnaître de ses disciples. Après quelques autres retrouvailles, il monte au ciel. Cet événement est commémoré par l'Église quarante jours après le dimanche de Pâques. C'est le jeudi de l'Ascension.

Livrés à eux-mêmes, les disciples sont désemparés. Craignant d'être pris à partie par la population des environs, ils s'enferment dans une maison et se morfondent lorsque, soudain, ils sont «remplis de l'Esprit Saint». Celui-ci, troisième composante de la Sainte Trinité aux côtés du Père et du Fils (le Christ), se manifeste aux apôtres sous la forme de langues de feu. Il efface leurs doutes et leur confère le don de prêcher l'évangile (d'un mot grec qui signifie la Bonne Nouvelle) dans toutes les langues.

Quittant leur refuge, les apôtres vont au-devant des foules et s'adressent à elles dans leurs langues respectives en «proclamant les merveilles de Dieu».

Ce jour où le Saint Esprit, troisième personne de la Sainte Trinité aux côtés du Père et du Fils, est venu sur terre est commémoré sous le nom de Pentecôte (le mot dérive du grec pentêkosté qui désigne le cinquantième jour, parce que la Pentecôte survient cinquante jours après Pâques). C'est l'événement véritablement fondateur de la religion chrétienne, le moment où commence à être prêchée la Bonne Nouvelle.

Alban Dignat

 

Publié ou mis à jour le : 2014-02-04 22:32:36

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