Toute l'Histoire en un clic
Ami d'Herodote.net

Les Amis d'Herodote.net
ont accès à un dossier complet
autour de ce sujet :

Articles récents
Les 10 articles les plus lus
Publicité
Suivez Herodote.net sur twitter
Offrez-vous quelques minutes d'évasion
avec Les Chroniques d'Herodote.net

Adhérez aux Amis d'Herodote.net

À quand remonte l'expression « France » ?

Réponse
Publicité

8 avril 1904

L'Entente cordiale


Le 8 avril 1904 est officialisée l'Entente cordiale entre le Royaume-Uni et la République française. Il ne s'agit pas d'une alliance mais d'un simple accord destiné à aplanir les différends coloniaux entre les deux ennemis héréditaires.

C'est déjà beaucoup si l'on songe que les deux pays avaient été sur le point de se combattre six ans plus tôt à propos de Fachoda, une misérable bourgade du Soudan.

Un équilibre européen menacé

En 1882, le chancelier allemand Bismarck a réuni l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie au sein de la Triple Alliance ou Triplice en vue de prévenir une éventuelle agression de la Russie ou de la France.

Après l'éviction du «chancelier de fer» (1891), l'empereur allemand Guillaume II manifeste rien moins que l'ambition de concurrencer le Royaume-Uni sur les mers. Il se lance dans la construction d'une puissante flotte de guerre, affirmant que «l'avenir de l'Allemagne est sur l'eau».

L'opinion contre l'Entente cordiale

Les dirigeants britanniques s'inquiètent du «splendide isolement» de leur pays et songent à un rapprochement avec la France.

En France, le rapprochement avec Londres est discrètement mais fermement promu par le ministre des Affaires étrangères Théophile Delcassé. Celui-ci, républicain de gauche anticlérical et nationaliste, souhaite une revanche sur l'Allemagne qui s'est emparée de l'Alsace-Lorraine en 1871 et prépare de futures alliances contre elle.

Il tire parti de la passion du roi Édouard VII pour le gai Paris. Passionnément désireux de voir aboutir l'Entente cordiale, le souverain anglais a accédé au trône deux ans plus tôt, à l'âge déjà avancé de 60 ans. Il n'hésite pas à «mouiller sa chemise». C'est ainsi qu'il débarque en France pour un voyage officiel de trois jours en vue de rallier l'opinion anglophobe à sa cause.

L'accueil des Parisiens est glacial. On entend des : «Vive Jeanne d'Arc !» ou «Vive les Boers !» sur le trajet du cortège. Mais la bonhommie et l'amour sincère du roi pour la France ont raison de l'anglophobie ambiante. Au théâtre, il lance un compliment émouvant à une actrice en vogue. L'anecdote fait le tour du pays et le voyage s'achève sous les vivats.

L'accord, réduit à quatre articles, est enfin signé à Londres. Il va se renforcer d'année en année jusqu'à déboucher sur une alliance pleine et entière dans la Première Guerre mondiale dix ans plus tard.

Publié ou mis à jour le : 2010-04-03 21:04:08