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2 avril 999

Gerbert d'Aurillac devient Sylvestre II


Le 2 avril 999, Gerbert d'Aurillac devient pape sous le nom de Sylvestre II grâce à la protection de son élève et ami l'empereur Otton III.

La mort prématurée de l'empereur empêchera les deux hommes, l'un et l'autre idéalistes, d'instaurer un empire chrétien universel.

André Larané

Un pape d'exception pour l'An Mil

Premier pape français, Gerbert est aussi un grand savant et un acteur politique majeur. Sa vie nous est connue par ses nombreuses lettres.

Le pape Sylvestre II rend hommage au Diable (Miniature de la fin du XIVe siècle, Bibliothèque de l'Arsenal, Paris)Né vers 945 dans une famille de paysans, Gerbert est éduqué à l'abbaye Saint-Géraud d'Aurillac, dans l'esprit moderniste de Cluny. Remarqué par le comte de Barcelone Borrell, le garçon poursuit son instruction dans les abbayes catalanes de Vich et de Ripoll.

Il y découvre le «quadrivium», c'est-à-dire les quatre sciences profanes de son époque : l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie, à travers des manuscrits en latin traduits de l'arabe et inspirés d'auteurs grecs ou persans.

Ce faisant, le moine précède de plus d'un siècle les étudiants des universités de Paris, Montpellier et Oxford qui vont au XIIe siècle traverser comme lui les Pyrénées pour compléter leur connaissance de la philosophie grecque à travers les manuscrits arabes.

En 970, le comte Borrell amène Gerbert à Rome où il étonne le pape Jean XII et l'empereur Otton 1er par sa science. Mais le moine ne s'éternise pas dans la cité papale.

Il reprend ses études à Reims et la faveur de l'archevêque Aldabéron lui vaut de prendre la direction de l'école épiscopale de la ville. Il en devient, autrement dit, l'«écolâtre». Parmi ses élèves figure Robert, fils du comte de Paris Hugues Capet, qui règnera après son père sur le royaume de France.

La réputation de Gerbert grandit, ce qui lui vaut de recevoir la direction de l'abbaye de Bobbio, en Italie, en 982. La bibliothèque du monastère comble le savant de bonheur. Il n'en poursuit pas moins son enseignement à Reims. Conseiller de l'archevêque de Reims, Adalbéron, Gerbert prend le parti de Hugues Capet dans son conflit contre le dernier des Carolingiens.

Il devient archevêque de Reims en 991 après la mort d'Aldabéron et l'éviction de son remplaçant, Arnoul, qui avait eu le tort de s'opposer à Hugues Capet. Cette nomination, acquise sur décision du roi Hugues Capet et contre la volonté du pape Jean XV, lui vaut d'entrer en conflit avec ce dernier.

Peu désireux de semer la zizanie dans l'Église, Gerbert abandonne l'archevêché et se rend auprès du nouvel empereur, le jeune Otton III (14 ans), qui lui demande en 997 de devenir son précepteur avant de lui confier l'archevêché de Ravenne puis de l'inviter à porter la tiare.

Devenu pape, Gerbert tente avec Otton III d'instaurer un empire chrétien universel, par l'union du pouvoir séculier et du pouvoir ecclésial. Le nom qu'il se choisit, Sylvestre, rappelle d'ailleurs un précédent mythique vieux de 7 siècles, le partenariat entre le pape Sylvestre 1er et l'empereur Constantin 1er le Grand.

Sa tentative va échouer mais laissera des traces durables avec la christianisation de l'Europe orientale et la création de deux nouvelles Églises en Pologne et Hongrie.

Chiffres hindous, chiffres arabes

Avant de devenir pape en 999 sous le nom de Sylvestre II, le savant Gerbert d'Aurillac a introduit en Europe les chiffres arabes (on le surnomme parfois pour cela le «pape des chiffres»). Gerbert avait découvert ces chiffres lors de ses études en Espagne.

Avant lui, les Occidentaux s'en tenaient aux chiffres romains, très peu pratiques du point de vue du calcul. Les opérations même les plus simples échappent en effet à toute logique : comment justifier par exemple que XIV + CII = CXVI ?

Au Xe siècle, les Arabes, suite aux conquêtes de l'islam, font de leur capitale Bagdad un lieu de rencontre entre l'Orient et l'Occident. C'est ainsi qu'ils empruntent aux Persans une numération que ceux-ci ont découverte en Inde. Cette numération s'avère infiniment mieux adaptée au développement des mathématiques que la numération romaine. Elle comporte 9 signes distincts (ou chiffres) qui désignent les premiers nombres. Les nombres ultérieurs s'écrivent par addition de colonnes supplémentaires (dizaines, centaines...).

Surprenant zéro

La numération hindoue se caractérise aussi par l'usage du zéro. Le mot est une déformation de l'arabe as-sifr qui nous a donné aussi le mot chiffre.

Le zéro a été imaginé par les Hindous pour combler les manques dans leur système de numération fondé sur le rang des chiffres. En effet, si les Hindous n'avaient pas de difficulté à écrire 23, ils ne savaient pas en revanche écrire 2 0 3... Le zéro désigne donc au départ le néant ou le vide, une notion familière aux Hindous (nirvana...) mais étrangère aux Occidentaux. Ces derniers n'accepteront pleinement le zéro qu'au XIIIe siècle. Ils en tireront ensuite l'immense profit que l'on sait dans le développement des mathématiques, jusqu'à l'informatique actuelle.

Une graphie variable

Les Arabes orientaux ont conservé jusqu'à nos jours la graphie indo-persane des 9 chiffres. Mais les savants arabes d'Afrique du nord et de Kairouan (Tunisie) ont développé quant à eux une nouvelle graphie appelée maghrébine ou tout simplement arabe. Ce sont les chiffres de cette graphie, dits gobar, que le pape Sylvestre II a introduits en Europe. Ils sont employés aujourd'hui par les scientifiques du monde entier.

Si l'on en croit une tradition populaire encore vivante en Tunisie, les chiffres gobar se caractérisaient à leur origine par autant d'angles que leur valeur numérique : ainsi, 1 s'écrivait avec un angle, 2 avec deux, 3 avec trois... Les utilisateurs se seraient écartés de ces règles au fil du temps et il est vrai que l'on a du mal à identifier aujourd'hui les angles originels dans nos chiffres courants.

Publié ou mis à jour le : 2013-03-19 10:36:27

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