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1939-1945

La Seconde Guerre mondiale : le film des événements


La Seconde Guerre mondiale s'inscrit dans la continuité de la Grande Guerre de 14-18 et de la Grande Crise de 1929.

Plus longue et beaucoup plus meurtrière que la première guerre mondiale, avec au total, dans l'ensemble du monde, une cinquantaine de millions de morts, elle se signale surtout par la mise en oeuvre à partir de 1941 et jusqu'en 1945 d'un programme d'extermination systématique des Juifs d'Europe, au nom de théories racistes délirantes, ainsi que par l'emploi pour la première fois dans l'Histoire d'une arme de destruction massive, la bombe atomique.

La responsabilité du conflit retombe de façon écrasante et incontestable sur la volonté de conquête de Hitler, Führer du IIIe Reich allemand... et du gouvernement impérial du Japon. Ce dernier avait dès 1931 agressé la Chine et en 1941, s'étant rapproché de l'Allemagne, il avait attaqué les États-Unis et élargi la guerre européenne à l'ensemble de la planète.

Philippe Prieur
La montée des menaces

Dès 1924, Adolf Hitler définit dans son livre, Mein Kampf, ses objectifs : mettre fin au «Dikat» de Versailles de 1919 et agrandir l'«espace vital» allemand vers l'Est de l'Europe en intégrant les populations germaniques à l'Allemagne.

Le 30 janvier 1933, Hitler est nommé chancelier par le président Hindenburg. En 1934, à la mort de celui-ci, il s'octroie le titre de Reichsführer et instaure un régime totalitaire. Il réarme le pays dès 1935, en violation du traité de Versailles.

En novembre 1936, il conclut avec son homologue italien, Benito Mussolini, une alliance qui est, le même mois, étendue au Japon, lui aussi en proie à un régime totalitaire. On parlera alors d'un Axe Berlin-Rome-Tokyo. Les généraux japonais profitent du soutien allemand pour envahir la Chine à la faveur d'un incident sur le pont Marco Polo, près de Péki, le 7 juillet 1937. La Seconde Guerre mondiale commence à ce moment-là sans que personne s'en rende compte !

En mars 1938, Hitler annexe l'Autriche : c'est l'«Anschluss». Puis il revendique les monts Sudètes, en Tchécoslovaquie, parce que peuplés majoritairement d'Allemands. Les démocraties européennes craignent un retour de la guerre. En septembre 1938, à la conférence de Munich, le premier ministre anglais Chamberlain et le président du conseil français Daladier rencontrent Hitler et Mussolini et n'osent s'opposer à l'annexion des Sudètes.

La guerre éclair

Voici le film des principaux événements :

1939

Pendant l'été 1939, Hitler en rajoute dans ses prétentions en exigeant d'annexer la ville libre de Dantzig, en majorité peuplée d'Allemands. Le 23 août 1939 est conclu à Moscou le pacte germano-soviétique de non-agression dont une clause secrète stipule le partage de la Pologne entre l'Allemagne et l' URSS. La guerre devient dès lors inéluctable.

Front Est

La Seconde Guerre mondiale débute à proprement parler le 1er septembre 1939 quand la Wehrmacht (l'armée allemande) envahit la Pologne grâce à une attaque combinant l'action des blindés et de l'aviation : c'est la «Blitzkrieg» (guerre éclair). Le 3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni ne peuvent faire autrement que déclarer la guerre à l'Allemagne.

Varsovie tombe le 27 septembre 1939 et la Pologne est aussitôt partagée entre l'Allemagne et l'URSS. Staline poursuit son avantage en agressant la Finlande voisine. Mal lui en prend. Les Finlandais résistent avec héroïsme, démontrant la fragilité du commandement soviétique.

Front Ouest

Pendant ce temps, sur le front de l'Ouest, les armées ennemies se regardent en chiens de faïence : c'est la «drôle de guerre», selon une expression de l'écrivain Roland Dorgelès. Les Britanniques, à l'initiative de Winston Churchill, Premier Lord de l'Amirauté, tentent une opération de diversion en Norvège. Elle se solde par un fiasco et l'occupation du pays par la Wehrmacht.

Notons toutefois que, sur les mers, les hostilités s'engagent sans tarder, à preuve les «exploits» du cuirassé Graf Spee.

1940

Le 10 mai 1940, ayant enfin réglé la question polonaise, Hitler lance son armée à l'offensive sur les Pays-Bas, la Belgique et la France. Les forces anglaises et françaises se portent à l'intérieur de la Belgique à la rencontre des troupes allemandes.

Le secteur montagneux des Ardennes est plus ou moins dégarni de troupes car réputé impénétrable. Or, c'est là qu'à la surprise des états-majors alliés, Hitler va porter son principal effort. Le front est percé à Sedan le 14 mai 1940 et les armées alliées se retrouvent bientôt encerclées dans la poche de Dunkerque. 300.000 Britanniques et Français embarquent à Dunkerque, du 28 mai au 3 juin 1940, pour la Grande-Bretagne, en abandonnant leur matériel.

Le 12 juin 1940, le vieux général Maxime Weygand, ancien adjoint du maréchal Foch, appelé en catastrophe à la tête des armées françaises, donne le signal de la retraite, cependant que plusieurs millions de civils quittent en hâte leurs foyers et fuient vers le sud, tenaillés par les mauvais souvenirs de l'occupation allemande en 1914.

Le 14 juin 1940, Paris est occupé, cependant que le gouvernement français s'est enfui à Bordeaux. Le 16 juin 1940, le président Lebrun nomme à la Présidence du Conseil le maréchal Philippe Pétain (84 ans) en lieu et place de Paul Reynaud.

L'armistice est signé à Rethondes, en forêt de Compiègne, le 22 juin 1940, dans le wagon même où avait été signé l'armistice du 11 novembre 1918. Le pays est coupée en deux zones, l'une, au nord, occupée par la Wehrmacht, l'autre, au sud, dite «libre» et administrée par le gouvernement française, installé à Vichy. Les prisonniers, près de 2 milllions au total, doivent rester en Allemagne jusqu'à la conclusion hypothétique d'un traité de paix.

Mussolini, le dictateur italien, croit opportun de se rallier à Hitler. Il déclare la guerre à la France après que celle-ci eût été vaincue par la Wehrmacht, ce qui lui permet d'occuper une zone frontalière dans les Alpes.

La Grande-Bretagne, gouvernée depuis le 10 mai 1940 au soir par Winston Churchill, doit seule résister à l'Allemagne aux puissances de l'Axe. Elle accueille plusieurs dirigeants européens dont le général Charles de Gaulle qui lance aux Français, à partir du 18 juin 1940, à la radio, des appels à la résistance.

Le 13 août 1940, débute la bataille d'Angleterre, par laquelle Hitler veut s'assurer la maîtrise du ciel avant d'envahir les îles britanniques. Mais d'août à octobre 1940, la Royal Air Force résiste vaillamment et oblige Hitler à renoncer à son projet d'invasion. À défaut, le Führer engage la guerre sous-marine, comme lors de la Première Guerre mondiale, contre les convois qui ravitaillent l'Angleterre. C'est la bataille de l'Atlantique.

Le 28 octobre 1940, Mussolini attaque la Grèce sans en référer à son allié. Ses troupes, peu motivées, sont contre toute attente refoulées et il doit appeler la Wehrmacht à la rescousse.

1941

Le 6 avril 1941, les divisions blindées de von Kleist envahissent la Yougoslavie et occupent Belgrade. La Grèce est occupée dans la foulée et le drapeau à la croix gammée flotte bientôt sur l'Acropole d'Athènes. Ce nouveau succès de la Blitzkrieg est aussi un fâcheux contretemps pour Hitler qui se prépare en secret à attaquer son allié Staline.

Pour aider l'Angleterre, Franklin Delano Roosevelt, président des États-Unis, fait voter en mai 1941, la loi prêt-bail, qui permet aux Américains non plus du vendre du matériel mais de le prêter. En août 1941, Roosevelt et Churchill se rencontrent au large de Terre-Neuve et élaborent la Charte de l'Atlantique, par laquelle ils jettent les bases d'un monde nouveau.

Front Est

Sous le nom de code «Barbarossa» (Barberousse), Hitler lance la Wehrmacht à l'attaque de l'URSS le 22 juin 1941. Pour Churchill, c'est une immense source de satisfaction. Désormais, les Soviétiques rejoignent, contraints et forcés, les Britanniques dans la guerre contre Hitler.

Cependant, mal équipée et mal encadrée, affaiblie par les purges de 1938, l'Armée rouge ne peut contenir l'avancée des troupes allemandes. Celles-ci arrivent le 5 décembre 1941 à 20 kilomètres de Moscou. Trop épuisées, elles ne peuvent aller plus loin.

Le génocide

En cette fin d'année 1941, les Allemands entament par ailleurs l'extermination des populations juives d'Allemagne et des territoires occupés. Le 21 janvier 1942, quelques dignitaires nazis mettent au point dans une villa du quartier de Wannsee, à Berlin, les modalités pratiques et logistiques de la «Solution finale».

Quand elles ne sont pas exécutées sur place, les personnes sont déportées dans des camps de concentration situés au centre de l'Europe. Les mieux portantes sont astreintes au travail forcé, les autres exécutées collectivement dans des chambres à gaz et brûlées dans des fours crématoires. En 4 ans, 6 millions d'innocents périssent de cette façon. C'est le plus terrible génocide du XXe siècle.

Des informations relativement détaillées circulent dans les pays occupés et en Angleterre sur ce drame épouvantable et sont même diffusées sur les ondes anglaises. Mais elles paraissent tellement incroyables que l'opinion préfère ne pas les entendre.

Guerre du Pacifique

Au Japon, le général Tojo, chef du parti belliciste, devient Premier ministre le 16 octobre 1941. Le 7 décembre 1941, il déclenche sans déclaration de guerre préalable une attaque aéronavale de la base navale américaine de Pearl Harbor, dans les îles Hawaï.

L'agression entraîne les Américains dans la guerre contre le Japon mais aussi ses alliées de l'Axe, l'Allemagne et l'Italie. La guerre devient véritablement mondiale.

La riposte
1942

Après leur attaque surprise de Pearl Harbor, les Japonais effectuent une progression foudroyante dans le Pacifique et l'Insulinde. S'emparant des Philippines, de Singapour, des îles Salomon et de l'Indonésie, ils en arrivent à menacer Calcutta (Inde) et à bombarder Port-Darwin (Australie). Mais pendant ce temps, les Américains, forts de leur supériorité industrielle, préparent leur riposte.

Du 3 au 6 juin 1942, la flotte américaine de l'amiral Nimitz affronte la flotte japonaise près de l'archipel de Midway, au coeur de l'océan Pacifique. La flotte japonaise perd quatre porte-avions. Les Japonais, combatifs, mais limités en armements modernes, ne représentent plus dès lors une menace sérieuse.

Front Ouest

Les Anglo-Saxons testent les défenses allemandes : 6.000 Canadiens débarquent le 19 août à Dieppe, sur le rivage nord de la France. L'opération se solde par un fiasco avec 1380 tués et deux mille prisonniers ! Le Débarquement est reporté à plus tard...

Front Est

Au printemps 1942, la Wehrmacht reprend l’offensive en URSS, vers les gisements pétroliers de Bakou, sur la mer Caspienne. Une partie des armées bifurquent vers Stalingrad, sur la Volga, qu’elle atteint le 3 septembre. Les généraux Joukov et Vassilevski se voient confier la défense de la ville. Leur tactique : user la résistance allemande pendant que l'on rassemble des troupes pour contre-attaquer. Le 19 novembre 1942 au matin, dans la neige et le brouillard, deux divisions blindées soviétiques combinent des attaques à l'ouest et au sud de Stalingrad. Trois jours plus tard elles font leur jonction à Kalatch, sur le Don, prenant au piège les Allemands du général Paulus dans les ruines de la ville.

Front Sud

Les Allemands connaissent leur première défaite à El-Alamein, dans le désert de Libye, le 23 octobre 1942, face aux Anglo-Saxons soutenus de façon héroïque par un bataillon de Français. Les alliés ne vont plus dès lors connaître de défaite...

L'Affiche rouge du groupe ManouchianLe 9 novembre 1942, les Anglo-Saxons débarquent en Afrique du nord, sous souveraineté française. Ils ne tardent pas à réduire la résistance des Français fidèles au maréchal Pétain et le général de Gaulle peut installer son gouvernement provisoire à Alger en attendant Paris.

Le 11 novembre 1942, en riposte à l'invasion de l'Afrique du nord, Hitler ordonne à ses troupes d'occuper la «zone libre». Il s'agit de la partie sud de la France qui était restée après l'armistice théoriquement administrée par le gouvernement du maréchal Pétain.

Les Français, dès lors, sont tiraillés entre deux camps qui se combattent férocement; d'une part les collaborateurs avoués, d'autre part les résistants clandestins. Les uns et les autres restent cependant minoritaires dans le pays.

Pendant ce temps, les Anglo-Saxons, forts de leur maîtrise du ciel, multiplient les bombardements de sites stratégiques et industriels au-dessus de l'Allemagne et des zones occupées. Le 14 février 1942, une directive britannique spécifie des bombardements massifs«étendus», c'est-à-dire incluant les zones urbaines, et de nuit. Churchill espère de cette façon dresser la population allemande contre Hitler. Ses espérances seront déçues...

1943
Front Est

Les 31 janvier et 2 février 1943, les Soviétiques reçoivent à Stalingrad la capitulation des armées allemandes du maréchal Paulus. Les armées allemandes qui s'étaient avancées vers le Caucase doivent en toute hâte se replier de 600 kilomètres pour éviter l'encerclement.

Le 5 juillet 1943, le général von Manstein tente de reprendre l'initiative dans la région de Koursk, à l'ouest du Don. La bataille met aux prises 3.500 engins blindés allemands et autant de soviétiques. Au bout d'une semaine, les Allemands, qui ont perdu plus de 100.000 hommes, abandonnent la partie. Ils entament leur retraite. Celle-ci s'achèvera près de deux ans plus tard dans les ruines de Berlin.

Front Sud

Le 10 juillet 1943, les Alliés débarquent en Sicile et dès le 17 août, reçoivent la reddition des dernières forces de l'Axe de l'île. Ils remontent lentement la péninsule italienne. À Rome, le Duce Mussolini est démis de ses fonctions par le Grand Conseil faciste et arrêté par le roi Victor-Emmanuel III le 25 juillet 1943. Libéré par un commando allemand, il va constituer un ilôt de résistance en Italie du nord cependant que le gouvernement italien dirigé par le maréchal Badoglio se rallie aux Alliés.

1944
Front Ouest

Winston Churchill et le président américain Franklin Rossevelt mettent sur pied un gigantesque débarquement en Normandie afin de soulager les Soviétiques qui progressent à l'est du continent. Le débarquement a enfin lieu le matin du 6 juin 1944 sous le nom de code «Overlord» (Suzerain).

Du 9 au 18 juillet 1944, l'armée américaine, dirigée par le général Bradley, et l'armée britannique, commandée par le général Dempsey, établissent des têtes de pont sur les côtes françaises. Le 1er août 1944, les lignes allemandes sont percées à Avranches.

Le 15 août 1944, l' armée française dirigée par le général de Lattre de Tassigny et l'armée américaine débarquent en Provence entre Toulon et Marseille. Les Alliés progressent désormais dans la vallée du Rhône. Le 25 août 1944, la 2e division blindée du général Leclerc libère Paris avec l'aide de la Résistance. La Wehrmacht tente une dernière offensive dans les Ardennes en décembre 1944 qui échoue.

1945

Russes et Anglo-Saxons opèrent leur jonction à Wismar le 3 mai 1945. Cependant qu'Hitler se suicide le 30 avril 1945, l'Allemagne capitule sans conditions (7-8 mai 1945).

Guerre du Pacifique

Les Américains, qui ont débarqué aux Philippines en septembre 1945, s'emparent de Manille en février 1945. Ils détruisent ce qui reste de la flotte japonaise à la bataille d'Okinawa, les 6 et 7 avril 1945. Mais la conquête de l'île, premier territoire japonais visé par les Américains après l'île d'Iwojima, va se heurter à une résistance désespérée de l'armée nippone, du 1er avril au 21 juin 1945, occasionnant 110.000 morts du côté japonais et 55.000 tués et blessés du côté américain.

Le Japon est désormais bombardé sans relâche mais sa reconquête risquant de coûter beaucoup de vies (américaines), le président Harry Truman, qui a succédé le 12 avril à Roosevelt, victime d'une hémorragie cérébrale, décide d'utiser une nouvelle arme : la bombe atomique. La première est lâchée sur Hiroshima le 6 août 1945, et la deuxième sur Nagasaki le 8 août 1945. Elles font 150 000 victimes. Le 15 août, l'empereur Hirohito annonce sa reddition. Le 2 septembre 1945, le Japon capitule sans conditions et signe sa capitulation dans la baie de Tokyo, à bord du Missouri.

Tragique bilan

Quand les canons se taisent enfin, l'Allemagne et une grande partie de l'Europe centrale et orientale sont en ruines. Environ 50 à 60 millions de victimes manquent à l'appel, dont une forte majorité de civils : résistants, déportés ou victimes des bombardements de cités.

Incrédules, les soldats alliés découvrent les camps d'extermination. L'horreur unanime suscitée par cette réalité conduit les vainqueurs, fait sans précédent, à traduire devant un tribunal les dirigeants nazis survivants (Hitler et quelques autres se sont suicidés avant d'être capturés). Plusieurs sont condamnés à mort et exécutés.

Suite aux accords de Yalta et Potsdam mais aussi à l'occupation de fait de l'Europe centrale par l'Armée rouge, l'Allemagne et l'Europe sont bientôt partagées entre deux zones d'influences, l'une américaine, l'autre soviétique. C'est le début de la «guerre froide». Celle-ci n'empêche pas les Européens, désormais assagis, de songer enfin à s'unir plutôt qu'à se combattre.

Publié ou mis à jour le : 2012-05-01 20:07:17

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