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18 juin 1815

Crépuscule à Waterloo


L'épopée napoléonienne s'achève le 18 juin 1815 à une vingtaine de kilomètres au sud de Bruxelles, entre les villages de Waterloo et Mont-Saint-Jean.

L'empereur Napoléon 1er (45 ans) est vaincu par une coalition anglo-prussienne conduite avec brio par le duc de Wellington, né Arthur Wellesley (45 ans), et le feld-maréchal prussien Gebhardt von Blücher (72 ans !).

Sa défaite va clore la période révolutionnaire et inaugurer en Europe près d'un siècle de prospérité et de paix relative, sous l'égide de monarchies conservatrices.

Le duc de Wellington à Waterloo, par Robert Alexander Hillingford (1825-1904), coll. part.

Fin des Cent Jours

Onze mois après son départ pour l'île d'Elbe, où il avait tenu le rôle d'un roi d'opérette, Napoléon 1er réintègre le 20 mars 1815 son palais des Tuileries.

Il réunit en toute hâte 128.000 vétérans, soit à peu près la moitié de toute l'armée française. Il attaque les Anglais et les Prussiens en Belgique, avant qu'ils ne soient rejoints par les Autrichiens et les Russes.

La bataille

L'Empereur pénètre en Belgique à la tête de ses troupes, le 15 juin, et traverse la Sambre à Charleroi en vue de se placer entre les deux armées ennemies.

– Contre les Prussiens du feld-maréchal Blücher, il envoie son aile droite commandée par Grouchy.

– Contre les Anglais duc de Wellington, il envoie son aile gauche commandée par le maréchal Ney. Lui-même se tient prêt à porter secours aux uns et aux autres.

Les Prussiens sont battus le 16 juin à Ligny, entre Charleroi et Namur. Ils se retirent en bon ordre. Napoléon ordonne à Grouchy de les poursuivre avec 33.000 hommes et d'empêcher leur jonction avec les Anglais.

Les cuirassiers français chargent les carrés anglais (détail), par Félix Philippoteaux (musée Wellington, Londres)Le lendemain, les Anglais se retirent vers le nord et se retranchent solidement sur le plateau du Mont-Saint-Jean, au sud du village de Waterloo. 

Enfin arrive la rencontre fatale...

Le sol est détrempé par un violent orage survenu la veille et l'artillerie française se déplace mal. L'attaque doit être différée jusqu'à la fin de la matinée.

Les défenses anglaises se montrent d'une redoutable efficacité et les canons font des ravages dans les rangs français. Décontenancé, Napoléon se résout à reporter son attaque sur le centre.

Vers 16 heures, Ney emporte la Haie-Sainte, au centre du dispositif ennemi. Wellington fait mine de se retirer. Aussitôt, Ney charge les carrés anglais à la tête de sa cavalerie.

Las ! Les carrés résistent au choc. La cavalerie de Kellermann ne réussit pas mieux à les briser.

À la fin de la journée, Blücher et les restes de son armée débouchent de façon inattendue sur le flanc de l'armée française alors que celle-ci espérait Grouchy.

La débandade

C'est la débandade aux cris de « Trahison ! ». La Garde impériale, le corps d'élite de l'armée française, n'échappe pas au sort commun à l'exception de deux bataillons de grenadiers, dont celui du général Cambronne, qui se disposent en carré et font front.

Mais le général n'a cependant jamais prononcé le mot ni la formule que lui a prêtés la postérité (« La Garde meurt et ne se rend pas !... »).

Napoléon abandonne prestement le champ de bataille, laissant le commandement à son frère Jérôme, et retourne à Paris pour sauver ce qui peut l'être de son trône.

Épilogue

Le bilan des pertes au cours de la journée du 18 juin est évalué à 40.000 Français morts, blessés ou disparus, 15.000 Anglais et 7.000 Prussiens. Mais ce bilan demeure très incertain du fait de nombreuses désertions sur le champ de bataille.

Waterloo marque la fin de l'épopée napoléonienne. C'est aussi la dernière grande bataille « façon XVIIIe siècle ».

Un demi-siècle plus tard, en Crimée, en Italie et aux États-Unis, surviendront des batailles autrement plus meurtrières, dans la boue des tranchées et sous le feu de la mitraille, préfiguration des batailles du XXe siècle.

Waterloo, morne plaine... pas tant que ça !

Le site de la bataille est aujourd'hui en partie protégé de l'urbanisation galopante de l'agglomération bruxelloise.

La Butte du Lion, à Waterloo (photo : Grégory Bellemont)

En son centre, on peut voir un tumulus artificiel de 52 mètres, la Butte du Lion, érigé entre 1823 et 1826 à l'endroit présumé où le prince Guillaume, futur roi des Pays Bas, a été blessé. Du haut du tertre, découvrez l'ensemble du Champ de Bataille resté intact.

Reconstitution de la bataille de Waterloo (photo : Grégory Bellemont)Au sommet des 226 marches est juché un lion en fonte, symbole de la victoire alliée. De façon prématurée, il « annonce le repos que l'Europe a conquis dans les plaines de Waterloo ».

Deux musées valent la peine d'être visités : le musée Wellington à Waterloo et le musée de Ligny.

Tous les ans, des milliers de passionnés d'Histoire et de nostalgiques de l'Empereur se réunissent sur le champ de bataille de Waterloo pour des spectacles et une reconstitution de la bataille. 200.000 spectateurs sont attendus pour les commémorations du bicentenaire (19 et 20 juin 2015).

Publié ou mis à jour le : 2015-06-17 21:11:09

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Voir les 8 commentaires sur cet article

Jean-Louis Taxil (25-06-201523:13:54)

Excellent article. Un aspect de la bataille montre l'importance des communications.Un court passage fait état de Drouet d'Erlon indécis à cause d'ordres contradictoires.C'est vrai.Grouchy n'en a reçu que tardiverment. C'est un violent reproche qu'en fera Napoléon à ses officiers de transmission:" Vous n'avez envoyé qu'un seul messager! Il fallait en envoyer dix!". Anecdote: à la restauration, Ney a été condamné à mort. Son épouse a approché Wellington, alors en poste diplomatique à Paris. Celui-... Lire la suite

Michel Baudrux (23-06-201515:42:32)

Dans la plupart des documents sur la bataille de Waterloo, il est écrit que Napoléon a franchi la frontière belge. Or, la Belgique n'existe que depuis 1830. Il me semble que Waterloo était, en 1815, en territoire français et faisait partie de l'ancien département de la Dyle. Des habitants de ce qui constitue actuellement la Wallonie, faisaient d’ailleurs partie des troupes françaises, d'où le zèle des villageois voisins du champ de bataille à porter secours aux blessés de l'armée de Napoléon. Ai... Lire la suite

ikiru (18-06-201509:57:13)

Il est indiqué dans ce texte, par ailleurs très bien fait : "C'est la dernière fois dans l'Histoire européenne qu'un chef de l'État marche en personne à la guerre". Pourtant il me semble que c'est ce que fera en 1870 Napoléon III en allant à Sedan ...

claudeaemery (18-06-201508:37:32)

La fonction "Imprimé" n'est pas active

Vanos (01-05-201008:17:32)

J'ai vu dans dans plusieurs villes françaises avaient des rues du "18 juin", je suis bien conscient à quel 18 juin elles font référence mais se rendent-elles compte que c'est l'anniversaire d'un événement tragique beaucoup plus important pour la France ?

david Burot (17-06-200709:44:25)

Certes... indécision, traitrise, moral défaillant significatif de la fin d' une époque..... et si tout simplement le génie de Napoléon avait fait des émules chez les commandants adverses?...


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