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1800 à nos jours

La papauté entre tradition et ouverture


Après avoir au Moyen Âge guidé la chrétienté européenne, la papauté est entrée dans une longue période d'épreuves, de la Réforme protestante à la Révolution française.

Elle s'est néanmoins relevée de ces épreuves, sous la conduite de papes très divers, les uns prônant le retour à la tradition, les autres l'adaptation au monde moderne. Et, de façon surprenante, cela leur a valu une popularité ou du moins une notoriété immense, bien au-delà de la communauté des fidèles.

Les papes de 1800 à nos jours
[Les papes de 1800 à nos jours]

Entre tradition et modernité

– Pie VII (1800-1823)

Le pape Pie VII (14 août 1740 - 21 août 1823), par David (musée du Louvre)Gregorio Barnaba Chiaramonti est élu pape avec le concours d'un diacre romain, Ercole Consalvi, dont il fera un cardinal et son Secrétaire d'État. 

Succédant au malheureux Pie VI, mort en exil en France, il prend pour nom officiel Pie VII afin de bien souligner son intention de résister lui aussi aux révolutionnaires et libre-penseurs quels qu'ils soient mais se montre par ailleurs singulièrement ouvert aux idées nouvelles de démocratie. 

Dans un premier temps, il choisit le dialogue avec les gouvernants français. C'est ainsi qu'il signe avec le Premier Consul un Concordat par lequel est rétablie en France la religion catholique.

La lune de miel ne dure pas. En définitive trompé et humilié par Bonaparte, le pape sera exilé et emprisonné dans des conditions indignes comme son prédécesseur. Mais sa résistance lui vaudra le respect et permettra au Saint-Siège de franchir ce premier cap des tempêtes révolutionnaires.

– Léon XII (1823-1829) et Pie VIII (1829-1831)

Annibal della Genga, devenu Léon XII par son élection du 28 septembre 1823, ne laisse d'autre trace dans l'Histoire que celle d'un malade. Son successeur, François-Xavier Castiglioni, n'occupe guère plus de place. Tous les deux et leur successeur sont de farouches «zelanti», fermés aux idées nouvelles, à la différence de Pie VII.

Grégoire XVI (1831-1846)

Bartolomeo Alberto Cappellari (65 ans) est élu le 2 février 1831 sous le nom de Grégoire XVI à l'issue d'un long conclave et alors que les États pontificaux sont agités par des révolutions libérales comme une grande partie de l'Europe (France, Belgique, Pologne...). 

Le nouveau pape se veut, plus encore que les précédents, le fidèle soutien des autocrates de la Sainte-Alliance.

Mais il encourage par ailleurs la dévotion populaire (notamment le culte de la Vierge Marie...), rénove les congrégations religieuses et rétablit les Jésuites, traqués au siècle précédent, dans leur vocation de pédagogues.

– Pie IX (1846-1878)

Pie IX (Giovanni Ferretti, 13 mai 1792 - 7 février 1878) en 1875Giovanni Ferretti, élu le 16 juin1846 sous le nom de Pie IX est d'abord perçu comme un homme d'ouverture. Les catholiques libéraux ainsi que les républicains italiens reportent sur lui leurs espoirs d'ouverture. Ils devront déchanter après l'échec des soulèvements révolutionnaires de 1848.

Effrayé par ceux-ci, le pape va lui-même perdre ses illusions libérales et se faire le chantre du conservatisme.

Le 18 juillet 1870, au terme d'un débat agité, le concile  Vatican I attribue au souverain pontife l'infaillibilité en matière de dogme. Avec une nuance toutefois : ses décisions n'ont de valeur que si elles sont prononcées de façon solennelle, devant le peuple, ex cathedra, ce qui est une manière de respecter la démocratie des origines.

Suite à l'occupation des États pontificaux et de Rome elle-même par les troupes italiennes en 1870, le pape se considère comme prisonnier de l'État italien.

 Léon XIII (1878-1903)

Léon XIII (2 mars 1810- 20 juillet 1903)La papauté va montrer une nouvelle fois qu'elle a du ressort avec l'avènement de Gioacchino Pecci sous le nom de Léon XIII le 20 février 1878.

Ce pape est le premier après Pie VII à comprendre que la foi chrétienne est parfaitement compatible avec les idéaux démocratiques et il va le faire savoir en amorçant un rapprochement avec la République française.

À son initiative, le 18 novembre 1890, le cardinal Charles Lavigerie, archevêque d'Alger, prend prétexte d'une visite de l'escadre française de la Méditerranée dans sa ville pour lever son verre devant les officiers. Il émet alors le souhait d'une réconciliation entre la République laïque et l'Église catholique. C'est le fameux «toast d'Alger».

Mais il faudra encore beaucoup d'années, une quinzaine, avant que les extrémistes des deux camps ne laissent la place à une cohabitation de bon aloi, fondée sur la séparation des Églises et de l'État.

La grande oeuvre de Léon XIII est la publication le 15 mai 1891 de sa célèbre encyclique sociale Rerum Novarum (Les Choses Nouvelles). Dans cette lettre circulaire (étymologie grecque du mot encyclique) adressée à tous les catholiques, le souverain pontife exprime sa compassion pour les ouvriers avec une audace inhabituelle.

En avance sur la plupart des responsables de son époque, il condamne la cupidité de la bourgeoisie, la concentration des richesses entre les mains d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates... ainsi que la suppression de la propriété prônée par les socialistes. Il y voit un remède pire que le mal. Le pape dénonce plus précisement le travail des enfants et les horaires excessifs. Il condamne les patrons qui versent des salaires insuffisants et affirme le droit des ouvriers à se syndiquer.

Léon XIII entrouvre aussi la porte à une lecture historico-critique des textes sacrés et rétorque à ceux qui s'y opposent : «Dieu n'a pas besoin de nos mensonges». L'émotion est immense à sa mort, le 20 juillet 1903, à l'âge de 93 ans. À preuve cette épitaphe du journal anticlérical Le Matin : «Chaque fois que ses lèvres parlent, elles ont toujours laissé tomber, sur la misère de notre époque, des paroles de charité infinie, de mansuétude et de pardon».

– Pie X (1903-1914)

À la mort de Léon XIII, pape d'ouverture, le conclave élit un inconnu à la surprise générale : le patriarche de Venise, Giuseppe Sarto (68 ans), un ancien curé de campagne qui ne parle d'autre langue vivante que l'italien, premier pape moderne issu des milieux populaires.

Il faut dire que les jeux ont été faussés avec la maladroite intervention de l'Autriche-Hongrie. Par la voix d'un cardinal polonais, Vienne a en effet publiquement récusé l'un des favoris. Cet incident met fin à l'«exclusive», la possibilité pour un État catholique de récuser un postulant.

– Benoît XV(1914-1922)

Benoît XV - Giocomo della Chiesa, 21 novembre 1854 - 22 janvier 1922)Son successeur, Giacomo della Chiesa (59 ans), est élu contre toute attente le 3 septembre 1914, trois mois à peine après avoir obtenu le chapeau de cardinal. Alors que l'Europe entre dans la Grande Guerre, on peut s'interroger sur la capacité de cet homme frêle à relever les défis à venir. Il amorce une rupture en relevant le nom de Benoît qui fut aussi celui d'un pape d'ouverture du XVIIIe siècle.

Dès le 8 septembre 1914, il lance un appel pathétique où il se dit «frappé d'une horreur et d'une angoisse inexprimables devant le spectacle monstrueux de cette guerre, dans laquelle une si grande partie de l'Europe, ravagée par le fer et par le feu, ruisselle de sang chrétien». Pendant toute la guerre, il ne va cesser de se battre avec opiniâtreté et souplesse pour tenter d'amener les belligérants à une paix de compromis.

Hélas, ses appels restent vains. Le 1er août 1917, suite à l'échec de ses interventions souterraines en faveur d'une paix blanche (sans vainqueur ni vaincu), il publie un mémorandum avec des propositions de paix concrètes. C'est immédiatement un tollé...

– Pie XI (1922-1939)

Achille Ratti est élu pape sous le nom de Pie XI le 6 février 1922, à 65 ans. Premier pape polyglotte, il manifeste d'emblée son souhait d'ouverture en donnant la bénédiction traditionnelle à la Ville et au monde (urbi et orbi) depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, qui était restée fermée depuis 1870.

Il met fin à la réclusion dans les murs du Vatican, par les accords du Latran, conclus avec le dictateur Mussolini. Le Saint-Siège est dès lors reconnu comme un État souverain. Dans la foulée, le pape multiplie les concordats, pas toujours de façon heureuse, par exemple avec le Mexique et l'Allemagne hitlérienne en 1933.

Mais le 14 mars 1937, il dénonce le nazisme et l'idôlatrie de la race dans une encyclique publiée en allemand et lue en chaire par les évêques allemands : Mit brenneder Sorge : «Quiconque prend la race ou le peuple, ou l'État , ou la forme de l'État, pour (...) les diviniser par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l'ordre des choses créé et ordonné par Dieu...» Il s'ensuit en Allemagne même une vague de répression contre l'Église catholique.

Pour faire bon poids, le pape publie quelques jours plus tard, le 19 mars 1937, l'encyclique Divinis Redemptori qui condamne le communisme athée jugé «intrinsèquement pervers». Tout cela est hélas de peu d'effet. Le pape en est conscient. Le 8 septembre 1937, recevant des pèlerins belges, il lance ces mots célèbress : «Il n'est pas possible aux chrétiens de participer à l'antisémitisme. Spirituellement, nous sommes tous des sémites».

– Pie XII (1939-1958)

Proche collaborateur de Pie XI et diplomate hors pair, Eugenio Pacelli (63 ans) est élu sans difficulté à sa succession, sous le nom de Pie XII. Imbu de la grandeur de sa fonction et de sa tâche, il ambitionne de prendre rang dans le concert mondial.

Son pontificat débute avec la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Pie XII affronte la situation avec une foi ardente et un charisme immense. Mais ses manières onctueuses vont se révéler inappropriées à l'extrême brutalité de l'époque.

Ouverture et «aggiornamento»

– Jean XXIII (1958-1963)

Jean XXIII (Angelo Roncalli, 25 novembre 1881 - 3 juin 1963) DRAvec Pie XII s'éteint l'Église magistrale d'antan. Son successeur, le patriarche de Venise Angelo Giuseppe Roncalli, 76 ans et de santé fragile, est  issu d'une famille paysanne très pauvre de dix enfants.

Le conclave qui l'élit le 28 octobre 1958, après onze tours de scrutin, voit en lui un simple «pape de transition».  Contre toute attente, le nouveau pape fait le choix de tout remettre à plat et ordonne l'ouverture de Vatican II. C'est le 21e concile oecuménique de l'Histoire de l'Église, mais le premier depuis 80 ans, avec un objectif clairement affiché : l'«aggiornamento» de l'Église ; son adaptation au monde moderne.

Jean XXIII meurt bien avant la fin du concile. Il a le temps de publier le 11 avril 1963 une belle encyclique adressée aux gouvernants de la planète : Pacem in terris.

– Paul VI (1963-1978)

De façon presque automatique, c'est l'archevêque de Milan Giovanni Battista Montini (66 ans) qui est élu le 21 juin 1963 sur le trône de Saint Pierre sous le nom de Paul VI à la mort de Jean XXIII. Collaborateur proche des trois précédents papes, il n'a dû qu'au fait de n'être pas encore cardinal de ne pas succéder directement à Pie XII.

Il multiplie les voyages autour de la planète, y compris en Terre Sainte, en dépit du conflit israélo-arabe (il est le premier pape à prendre l'avion !).

Fin diplomate, il conclut avec brio le concile et adapte les institutions de l'Église, en premier lieu, son gouvernement, la Curie, à la nouvelle donne. Il déçoit cependant l'opinion occidentale avec sa prise de position très réservée sur la contraception dans l'encyclique Humanae Vitae.

– Jean-Paul 1er (1978)

Le 26 août 1978, à l'issue d'un bref conclave, c'est à la surprise générale un inconnu, le patriarche de Venise Albino Luciani (66 ans) qui est élu à la succession de Paul VI. Le nouveau pape n'est pas le moins surpris. «Dieu vous pardonne pour ce que vous avez fait», déclare-t-il aux cardinaux, dans un scénario qui rappelle le film Habemus Papam (2011) de Nanni Moretti, avec Michel Piccoli dans le rôle principal.

Prenant le nom de Jean-Paul 1er par égard pour ses deux prédécesseurs, il est très vite écrasé par le poids des responsabilités et meurt à sa table de travail 33 jours à peine après son élection, victime d'une crise cardiaque.

– Jean-Paul II (1978-2005)

Le pape Jean-PaulII (Karol Wojtyla, 1920-2005)Premier pape non italien depuis un demi-millénaire, l'archevêque de Cracovie Karol Wojtyla est élu pape à 58 ans le 16 octobre 1978. Sous le nom de Jean-Paul II, il conduit les Polonais et les autres peuples d'Europe orientale à rejeter la domination soviétique et le communisme en usant de quelques mots forts : «N'ayez pas peur !».

Charismatique et immensément populaire au-delà de la chrétienté, il survit à un attentat, sur la place Saint-Pierre, à Rome, en 1981, mais reste très affaibli. Dès lors, son pontificat prend l'allure d'un long chemin de croix. Il parcourt le monde comme aucun pape avant lui, prêchant ici l'insoumission, là la justice, ailleurs le retour à la foi (104 voyages et 129 pays visités, Italie non comprise, au cours de ses 27 ans de pontificat). Il est béatifié le 1er mai 2011.

– Benoît XVI (2005-2013)

Proche collaborateur de Jean-Paul II, Allemand d'origine mais déjà âgé de 77 ans à son avènement, Josef Ratzinger est élu pape sous le nom de Benoît XVI le 19 avril 2005. Il tranche sur son prédécesseur par sa réserve. Avec lui se tourne la page du concile Vatican II.

Indifférent comme son prédécesseur à l'administration du Saint-Siège et de l'Église, il se repose pour celle-ci sur son Secrétaire d'État, le cardinal Bertone. Très vite écrasé par l'ampleur des difficultés, les scandales qui agitent l'administration vaticane et le poids de l'âge, Benoît XVI «renonce» à sa charge le 28 février 2013. Une première depuis Célestin V, le 13 décembre 1294.

Il est remplacé dès le 13 mars 2013 par l'archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio (76 ans), issu de la Compagnie de Jésus. Il devient pape sous le nom de François.

Publié ou mis à jour le : 2014-01-22 19:27:20

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