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Le Moyen Âge et les châteaux forts en images virtuelles comme si vous y étiez

Devinette

Ni voiture, ni pile, qui est Mazda ? Réponse

14 juin 1800
Bonaparte victorieux de justesse à Marengo
 

Le 14 juin 1800, Napoléon Bonaparte bat les Autrichiens à Marengo, près d'Alexandrie, dans le Piémont italien.

Cette victoire de justesse sauve son régime, le Consulat.

La bataille de Marengo (gravure sur bois de François Georgin (1801-1863)

La paix manquée

Devenu Premier Consul quelques mois auparavant, par le coup d'État de Brumaire, Bonaparte veut clore la Révolution.

Il redresse la France à coup de réformes hardies et tente d'établir une paix durable avec le reste de l'Europe. Mais ses offres de paix échouent.

Il doit reprendre les armes et combattre la deuxième coalition. Celle-ci rassemble depuis deux ans déjà l'Angleterre, l'Autriche et la Russie.

Le Premier Consul laisse à ses généraux le soin d'engager l'offensive. Las, l'armée du Rhin, sous le commandement de Moreau, piétine dans sa marche vers Vienne, tandis que l'armée d'Italie, sous le commandement de Masséna, se laisse assiéger dans Gênes sans relâcher la pression sur les Autrichiens.

Bonaparte lève alors dans l'improvisation une armée de réserve : 40.000 hommes, 6.000 chevaux, 40 canons...

Lui-même franchit à sa tête le col du Grand-Saint-Bernard (2469 mètres), en Suisse, dans des conditions qui frappent de stupeur les contemporains : il y a plusieurs mètres de neige au col, et l'équipement de la troupe est radicalement inadapté. Les hommes doivent se transformer en bêtes de somme pour transporter le matériel.

Audace autrichienne

Bonaparte entre sans coup férir à Milan, coupant les liaisons entre Vienne et l'armée autrichienne du feld-maréchal Michel von Melas, qui assiège Gênes.

Mais le 9 juin, il est informé que Gênes est tombé. Melas, libre, remonte vers le nord avec 40.000 hommes. Lannes envoyé en avant-garde bouscule le corps d'armée du général Ott, pourtant très supérieur en nombre.

Bonaparte se laisse alors convaincre que les Autrichiens vont battre en retraite. Il ne sait pas que le vieux Melas (71 ans) a décidé de jouer le tout pour le tout et de faire front à l'armée de réserve, dont les effectifs équivalent aux siens.

Les Autrichiens choisissent le lieu de la rencontre. Ce sera près de la forteresse d'Alexandrie, dans la plaine du Pô, où leurs forces sont en nombre.

La bataille décisive se produit à Marengo. Elle débute mal pour les Français qui, néanmoins, arrivent à se retirer en bon ordre. À une heure de l'après-midi, Melas, blessé, quitte le champ de bataille pour Alexandrie en vue de rédiger un bulletin de victoire !...

La chance change de camp

La mort de Desaix à Marengo, par Jean-Baptiste Regnaut (musée Bargoin, Clermont-Ferrand)Pendant ce temps, Bonaparte, à tout hasard, envoie un messager à son ami Desaix dont l'armée patrouille à bonne distance de Marengo.

Se guidant au son du canon, le général Louis Desaix surgit avec ses deux divisions au début de l'après-midi, tandis que les Autrichiens se préparent à poursuivre les Français.

Il bouscule les Autrichiens sur leur flanc mais périt d'une balle en plein coeur au cours de la bataille. Les grenadiers autrichiens s'apprêtent à reprendre l'offensive.

Mais le jeune général Kellermann (25 ans), fils du héros de Valmy, progresse non loin de là à la tête de 400 cuirassiers.

Il voit le danger et, sans attendre les ordres, se lance à l'attaque avec ses cavaliers. C'est la panique dans les rangs autrichiens. Les Français restent maîtres du champ de bataille.

Un empire à la clé

Le lendemain, à Alexandrie, le général Melas, vaincu, signe un armistice (*) avec le Premier Consul.

Bénéficiant malgré lui de la mort de son ami Desaix et tenant en lisière le malheureux Kellermann dont l'esprit d'initiative avait sauvé la journée, Bonaparte ne manque pas de s'attribuer le mérite de la victoire.

Avec Marengo disparaît la menace d'une nouvelle invasion de la France par le sud, mais la victoire française est insuffisante pour contraindre les Autrichiens à la paix. Les pourparlers s'éternisent à Lunéville, en Lorraine pendant l'automne.

C'est seulement le succès inattendu du général Moreau à Hohenlinden, en Bavière, sur la route de Vienne, qui va contraindre l'archiduc François II à la paix.

La paix sera signée à Lunéville avec l'Autriche avant de l'être avec la Russie et l'Angleterre. Elle durera juste assez pour permettre à Bonaparte de devenir... Napoléon 1er, empereur des Français !

Fabienne Manière
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