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17 juillet 1453

La guerre de Cent Ans prend fin à Castillon


Le 17 juillet 1453, l'armée du roi de France se heurte à un corps expéditionnaire anglais sur les bords de la Dordogne, près du village de Castillon. Cette bataille se solde par une victoire des Français sur les Anglais comme plus tôt celles de Formigny et Patay.

Sans avoir le retentissement des défaites françaises de Crécy, Poitiers ou Azincourt, elle n'en marque pas moins la fin d'un long conflit qui restera connu dans l'Histoire sous le nom de guerre de Cent Ans.

La bataille de Castillon (enluminure de Jean Chartier, XVe siècle, British Library)

Foudroyante reconquête

La phase finale de cette guerre intervient après le traité d'Arras entre le roi Charles VII et le duc de Bourgogne, et la mise sur pied d'une armée permanente, financée par un impôt tout aussi permanent.

Une armée anglaise est écrasée le 15 avril 1450, à Formigny, près de Bayeux, par l'armée française du comte de Clermont, qui bénéficie de l'arrivée impromptue du connétable du connétable de Richemont et de ses Bretons. Cette victoire permet au roi de France de reconquérir la basse vallée de la Seine.

Dans la foulée, l'ost royale, commandée par le comte de Penthièvre, descend la vallée de la Dordogne. Bordeaux se rend enfin aux Français par le traité du 12 juin 1451. Jean Bureau, conseiller du roi, est nommé «maire perpétuel» de Bordeaux. Les Anglais sont chassés de tout le continent à l'exception de Calais. La guerre de Cent Ans pourrait s'arrêter là.

Toutefois, les Bordelais regrettent très vite les Anglais qui ménageaient leurs droits communaux et leur autonomie et les rappellent en catimini.

Bien qu'empêtré dans la guerre dynastique des Deux Roses, le roi Henri VI de Lancastre expédie 3000 hommes en Aquitaine sous le commandement de John Talbot, 1er comte de Shrewsbury, un vieux guerrier de près de 80 ans qui s'est déjà illustré dans la guerre contre Jeanne d'Arc, notamment à Orléans et Patay !

Les Français et leurs alliés bretons, très offensifs, lancent une contre-attaque dès l'été suivant.

Leurs armées n'ont plus rien à voir avec les armées féodales des générations précédentes, qui furent battues à Azincourt, Poitiers, Crécy... Elles comptent des soldats professionnels, francs-archers à la solde du roi. Elles sont aussi commandées par des chefs au sang froid et dispose d'une artillerie opérationnelle : 300 bouches à feu ou «bombardes».

Le choc

La bataille qui va suivre n'a été racontée par aucun témoin direct, de sorte qu'une certaine incertitude continue de planer sur son déroulement.

L'armée royale, forte d'au moins 8.000 hommes, installe un camp retranché à proximité de la cité. Elle se retranche solidement entre la Dordogne et un petit affluent, la Lidoire, à l'aplomb d'un gué, le pas de Rauzan. Un détachement occupe le prieuré de Saint-Florent, au nord de Castillon.

John Talbot attend de pied ferme à Bordeaux l'arrivée des ennemis mais les Castillonnais le supplient de venir à leur secours et il finit par se laisser convaincre. C'est ainsi qu'avec ses Anglais et ses alliés gascons, au total 5.000 à 10.000 hommes, il remonte la Dordogne jusqu'à Libourne où il passe la nuit du 16 au 17 juillet. Le lendemain, sans attendre l'artillerie qui peine à avancer sur les chemins boueux, cavaliers et piétons se dirigent rapidement vers Castillon. Ils attaquent le prieuré. La petite garnison française se replie tant bien que mal vers le camp retranché, de l'autre côté de la Lidoire.

Colonne commémorative, à l'emplacement de la chapelle de Talbot, au bord de la DordogneLà-dessus, les Castillonnais informent Talbot que les Français seraient en train de lever le camp !

Le général décide de les attaquer sans attendre. Las ! L'information était fausse... Quand les Anglais et les Gascons arrivent devant le fossé qui entoure le camp retranché, il sont accueillis par un bombardement nourri de toutes les bouches à feu. Les Anglo-gascons s'entêtent. Les cavaliers mettent pied à terre et combattent au corps à corps, arrivant même à planter un étendard sur la palissade du camp. Mais là-dessus, les Bretons qui campaient de l'autre côté de la Lidoire déboulent et se jettent dans la mêlée aux côtés de leurs alliés français.

C'est la débandade. Des assaillants se noient dans la Dordogne en tentant de fuir. Le vieux Talbot est désarçonné et achevé d'un coup de hâche. Son fils, son porte-étendard et un grand nombre de seigneurs anglo-gascons succombent également. L'affrontement se solde par 9.000 morts, blessés et prisonniers en quelques heures.

Survenant quelques semaines après la chute de Constantinople aux mains des Turcs, la bataille de Castillon passe presque inaperçue des contemporains.

Triomphe capétien

Après leur victoire, le 20 juillet, les Français entrent dans Castillon. Bordeaux se rend sans autre combat le 17 octobre 1453 et les Anglais rembarquent sans demander leur reste. Ils renoncent à jamais à l'Aquitaine et aux possessions continentales de la dynastie royale des Plantagenêt.

Castillon-la-Bataille fait la fête

Chaque été depuis 1976, les habitants de la petite ville de Castillon-la-Bataille célèbrent la bataille dans des spectacles nocturnes d'une très belle prestance, dans un décor naturel, avec cavalcades, reconstitutions en costumes, scénettes pittoresques... Les festivités se prolongent en journée avec ripaille, musique et bonne humeur.

Renseignements et réservations

Publié ou mis à jour le : 2014-07-10 08:35:47