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13 juillet 1870

La dépêche d'Ems


Le 13 juillet 1870, une dépêche habilement caviardée par Bismarck soulève une tempête dans l'opinion française comme dans l'opinion allemande. Des deux côtés du Rhin, on en appelle à la guerre contre le voisin. C'est le début d'un terrible enchaînement qui va changer la face de l'Europe, jusque-là insouciante et prospère.

Le spectre de Charles Quint

L'affaire a commencé en septembre 1868, quand la reine d'Espagne Isabelle II (38 ans) a renoncé au trône pour demeurer auprès de son dernier amant !

Le chancelier prussien Otto von Bismarck songe à mettre à sa place le prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen. Émotion à Paris.

Le ministre de la Guerre, le maréchal Leboeuf, assure que l'armée française, «admirable, disciplinée, exercée, vaillante», est prête à toutes les éventualités. La perspective de la guerre s'insinue dans les esprits.

Le roi de Prusse Guillaume 1er, à ce moment-là, fait une cure à Ems, une ville d'eau proche de Coblence et du Rhin.

Discrètement, il tente de faire renoncer Léopold à sa candidature : heureuse surprise, le 12 juillet, le père de Léopold télégraphie à l'ambassadeur espagnol que son fils retire sa candidature.

La modération de Guillaume 1er et de Napoléon III semblent l'avoir emporté.

Mais voilà que le duc de Gramont, ministre des Affaires étrangères, demande à son ambassadeur d'exiger du roi Guillaume 1er l'assurance en bonne et due forme qu'il s'associe à la renonciation du prince de Hohenzollern...

La téméraire manoeuvre de Bismarck

Le 13 juillet 1870, l'ambassadeur Benedetti rencontre le roi Guillaume 1er sur sa promenade des sources à Ems. Un peu plus tard, Guillaume reçoit une lettre du prince de Hohenzollern confirmant le retrait de sa candidature. Il envoie aussitôt son aide de camp de service en informer l'ambassadeur. Et l'aide de camp de préciser à l'ambassadeur : «Par là, Sa Majesté considère l'affaire comme liquidée»...

À Berlin, Bismarck dîne ce soir-là avec son chef d'état-major von Moltke et son ministre de la Guerre Roon. Arrive un télégramme d'Ems qui raconte en termes neutres l'entrevue du matin entre le roi et l'ambassadeur, la lettre du prince de Hohenzollern et la visite de l'aide de camp à Benedetti.

Le chancelier, d'abord décu, se ressaisit et rédige un résumé à sa manière du télégramme sans rien retrancher ni ajouter :

«Ems, 13 juillet 1870. Après que les nouvelles de la renonciation du prince-héritier de Hohenzollern eussent été communiquées au gouvernement impérial français par le gouvernement royal espagnol, l'ambassadeur de France a exigé encore de Sa Majesté, à Ems, l'autorisation de télégraphier à Paris que Sa Majesté le roi s'engageait pour tout l'avenir à ne plus jamais donner son autorisation, si les Hohenzollern devaient à nouveau poser leur candidature.
Là-dessus, Sa Majesté le roi a refusé de recevoir encore une fois l'ambassadeur et lui a fait dire par l'aide de camp de service que Sa Majesté n'avait plus rien à communiquer à l'ambassadeur»
( *).

Tout y est mais en des termes proprement humiliants pour la France comme pour l'opinion publique allemande. Le soir même, la dépêche est distribuée dans les rues de Berlin. Le tollé est immédiat. «Comment ose-t-on traiter notre roi !»

À Paris, le Conseil des ministres se réunit d'urgence. Le soir même, le ministre de la Guerre rappelle les réservistes. Le lendemain, Guillaume 1er signe un décret de mobilisation. Le 19 juillet enfin, la France déclare officiellement la guerre à la Prusse...

Publié ou mis à jour le : 2011-07-15 20:18:35

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